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SUPPLÉMENT
AU
-a
GLOSSAIRE
Dfi
LA LANGUE ROMANE.
;
•*
SUPPLEMENT
••
AU
GLOSSAIRE
DE LA
LANGUE ROMANE,
• ,- . * • • • •
COHTKRAIIT
X'éfymologie et la signification des mots usités dans l'ancienne langue
des François, avec de nombreux exemples puisés dans les manuscrits
de la bibliothèque du Aoi, les chroniques ^ lés fabliaux, etc. ;
Par j. b. de roquefort,
Des Acadëmies de Goettingue , et des antiquaires de France , etc.
GB SUPPLÉMBHT FOEMB LE TOME III DU GLOSSAIRE PVBLli EN 1808,
»AR LE MÊME AUTEUR.
Il fax précédé de deux dissertations inédites :
L^une sur l'Origiits des François , par M. ***, de F Académie des inscriptions
et belles-lettres ;
L'autre sur le Gév» de la Langue Françoise , par M. AU617IS , de rAcadémie
des antiquaires de France , et de plusieurs autres sociétés sayantes.
PARIS,
Cbex CHASSEAiAU et HÉGART,^ Libraires 5 au dépét bibliographique ,
tue de Ghotseul , v^ 3*
1820^
SUPPLÉMENT
AU
-a
GLOSSAIRE
Dfi
LA LANGUE ROMANE.
•*•
f
* V
IMPRIMERIE DE P.-F. DUPONT,
' HOTEL DES FERMES.
■*-MMiW*aHPWHB.BWBa*MiMBHKMaMHB[i^aB^M<hp^ia
#■1 ^
SUPPLEMENT
■ ■♦ ■
AU
GLOSSAIRE
t. ■ ■ I
DE LA
LANGUE ROMANE,
COHTSKÀIIT
L*é/jinologie et la signification des mots usités dans Tancienne langue
des François , avec de nombreux exemples puisés dans les manuscrits
de la bibliothèque du Aoi, les chroniques ^ lés fabliaux, etc. ;
Par j. b. de roquefort,
Des Académies de GroetUngue , et des antiquaires de France , etc.
CE SVPPLiMBKT FOEHB LE TOME III BIT CLOSSÀIEE PVBLli BU 18089
PAR LE MÊME AUTEUR.
Il e^t précédé de deux dissertations inédites :
L^une sur l^Origivk des François, par M. ***, de F Académie des inscriptions
et belles-lettres ;
L'autre sur le GiviE de la Langue Françoise , par M. AUGTTIS , de l'Académie
Ae& antiquaires de France , et de plusieurs autres sociétés savantes.
PARIS,
Chez GUASSEAIAU bv HÉCART, Libraires, au dépét bibliographique,
fue de ChoîseuV , w'' ^.
1820^
. \
V
AVERTISSEMENT
DU LIBRAIRE ÉDITEUR.
public accueillit avec intérêt le Glossaire de la
ujzgue romane , lorsqu'il parut ^ il y a douze ans^ en
Leux gros volumes în-8o.
Mais l'auteur ëtoit alors très - jeune ; et malgré
on zèle et ses lumières, il lui étoit échappé des erreurs ;
l avoit omis surtout un grand nombre de mots que
^on trouve à chaque instant dans nos anciens poètes et
listoriens.
Il a revu, depuis , son travail avec soin, l'a enrichi
SL'une foule d'articles nouveaux et de citations in-
téressantes. Enfin il a éclairci plusieurs points obscurs de
.'histoire, de la littérature et des antiquités du moyen
C'est le résultat de ce nouveau travail que je publie
aujourd'hui, comme un Supplément nécessaire aux
ieux premiers volumes du Glossaire. A l'aide de cet
Duvrage , les savants , les littérateurs , tous ceux qui
aiment à fouiller dans les vieux monuments delà litté-
rature, de la poésie et de l'histoire de notre patrie,
pourront y découvrir, avec facilité, les richesses, plus
abondantes gu'pn ne le croit comm\i\\^TM.\i\ ^ ^3^^
a
VI AVERTISSEMEN*.
sont renfermées ; y étudier les progrès des arts , les
phases des opinions politiques et religieuses; noter
le caractère de la poésie à diverses époques de notre
histoire littéraire ; suivre ^ en un mot, la marche tantôt
progressive, tantôt rétrograde de notre civilisation.
Je me suis déterminé d'autant plus volontiers à pu-
blier ce supplément au Dictionnaire de notre ancienne
langue françoise, qu'il contient l'interprétation des
mots les plus difficiles à comprendre dans les Poésies de
Marie de France y cette femme célèbre du xin« siècle,
de l'édition desquelles je m'occupois. Je fais paroître
ces poésies en même temps que le Glossaire , qui con-
tribuera à en rendre la lecture plus intéressante encore
et plus agréable (i).
j'ai placé en tête du nouveau Glossaire, deux dis-
sertations qui m'ont semblé propres à servir d'intro-
duction à l'ouvrage. I
L'une, par M. '^^ , de TAcadémie des inscriptions f
et belles-lettres, contient des recherches curieuses strr '
Yorigine des François^ R seroit utile de connoître
avec précision , de quelle contrée de la Germanie les
Francs sont partis pour envahir les Gaules. L'étymo-
logie d'im assez grand nombre de mots de notre langue.
o
(i) Ces poésies, inédites jusqQ^à ce jour,formeDt deux vokimes in-S
ornés de figures. Elles contiennent des lais ou contes en vers, des
fables y etc., et se trouvent chez les libraires" chargés de là distribution
da Sapplénient au Glossaire de la Langue tvfnane*
AVERTISSEMENT, vu
qui n*ont aucune affinité avec la langue latine , devien-
droit alors moins difficile et plus certaine. C'est ce qui
m'a décidé à publier cette dissertation qui , dn moins ^
jettera quelque lumière sur un des points les plu$
obscurs de notre histoire.
L'autre dissertation a un rapport plus direct avec
le Glossaire. Elle a poiœ objet la formation de la
langue JrançoUe , ses caractères distinctifs , enfin son
génie. On peut la considérer comme un supplément au
Discours préUminaire que M. de Roquefort a placé
dans le i ^^ volume de son ouvrage. Cette dissertation est
de M. Auguis^ honune de lettres, qui s'est livré à d^
pénibles recherches sur nos langues modernes.
Pendant que l'on publioit un nombre considérable
d'ouvrages sur l'ancienne langue françoise ; pendant
qu'on livroit à l'impression les romans et les fabliaux
de nos vieux poètes, on sembloit oublier qu'un autre
idiome dérivé du latin, comme le françois , et peut-être
plus que le françois, méritoit aussi d'être l'objet de l'at-
tention et des études des hommes de lettres. Un célèbre
académicien, M. Raynouard, qui allie le talent de la
poésie à une profonde érudition, a vengé la langue
romane des troubadours, de notre injuste insouciance.
U a prouvé, dans une excellente granunaire, que,
malgré l'opinion contraire, trop généralement adoptée,
cette langue avoit des règles bien déterminées, une
Syntaxe, etc.; et il donne en ce momibnt au public.
viu AVERTISSEMENT.
un choix de poésies des troubadours, qui ne permet
pas de douter de son abondance et de sa flexibilité.
Au reste ces idiomes, qui ont été long -temps en
usage l'un dans le nord, l'autre dans le midi de la
France , et dont il existe tant de monuments dans les
bibliothèques de toute l'Europe , diffèrent peu par les (
racines des mots, mais beaucoup par leurs désinences.
Leur non - conformité est doijc plus apparente que '
réelle ; et les principes que M. Raynouard a étabUs \
dans sa grammaire de la langue des troubadours y \
seroîent probablement applicables, en grande partie, à
la langue des troWerres.
On assure que ce savant prépare un Glossaire de la
langue qu'il vient d'illustrer. Il est à désirer qu'il le \
publie incessamment. Ce Glossaire formerait, avec '\
celui de la Langue des trouperres^ que nous complé-
tons aujourd'hui , et dont il seroit comme le pendant
ou l'appendice , un corps d'ouvrage de la plus grande
utilité pour les hommes de lettres , les historiens , les
poètes, etc. Alors, les deux principales langues de Tan- :
cienne France , celles dont tous les dialectes et patois \
de nos provinces sont dérivés, celles qu'ont employées,
tant dans le nord que dans le midi de la France , nos
plus anciens auteurs , auroient chacune leur Diction- \
naire complet.
CHASSERIAU, Éditeur.
DISSERTATION
SUR
rORIGiNE DES FRANÇOIS,
On a tam imagîné de systèmes sur l'origine des François, qu*U
seroit trop long de les rapporter tous ; je ne discuterai donc
que ceux qm m'ont paru avoir pla3 de probabilité que les
autres.
Le plus ancien de tous ces systèmes est celui de St.-Grégoire
de Tours. Il dit ( L. II , ch. 9 de son Histoire) : Tradunt enim
multi eosdem de Pannonia fuisse digressoSjf et prùnum
quidem lUcora Bheni amnis incoluisse: de hincy transacto
Bheno, Thoringiam transmeassej etc. On pourroit citer à Tap-
pui de son assertion la Chronique d'Alexandrie (i), suivant
laquelle les Décius furent tués en combattant contre les Francs,.
Comme on sait , par le témoignage de Zozyme et de Lac-»
tance (a) , qu'ils périrent dans la Pannonie , on pourroit penser
que les Francs étoient un des peuples contre lesquels ils com-»
battoientt Telle et oit au moins l'opinion du célèbre Pucange>
dans ses notes $ur cette chrouique (5) ; mais la suite prouvera,
que ce système est dépourvu de fondement.
D'autres les font originaires de la Germanie ^ et du pays
même qu'ils occupoieut entre les Allemands et les Saxons. Inter
Saxones et ^/ama/?;iojj< dit St. -Jérôme (4)> gens est non tam
(i) Ed. regia, pag. 371,
(1) Zozym. L. i , cap. a3. •«» Lactantiuif dâ mort, Per$,^ cap. 4«
(3) Pag. 546 de sei notes,
(4) Fiui S. HïùHonis,
lo DISSERTATION
lata quant valida, apudhistoricos Germaniaj nuncFrancia
vocatur. Un témoignage aussi positif semble ne rien laisser
à désirer. Procope (i) dit de même, que les Francs furent d'a-
bord connus sous le nom de Germains. On pourroit donc
supposer que différentes nations de la Germanie, plus exposées
que les autres aux armes des Romains, telles que les Sicambres,
les Chanques,les Amprivaires, les Cattes, etc., se réunirent
enfin sous le nom de Francs, qui signifie libres (2).
Cette conjecture est d'autant plus vraisemblable , que Stra-
bon (3) nous parle de ces nations comme étant très - affaiblies
de son temps, et que nous les retrouvons presque toutes avec
le nom de Francs. La table de Peutinger place sur les bords
du RKin les Francs Cbamàves (4) ; Ammîen-Marcellin (5) parle
des Francs Attuaîçes.On sçait le vers de Fortunatus (6) à Cari*
bert, roi des François :
•OoM sis progeniius dora de gente sicamira»
Celui de Sidonius (7).
Ifeionsus VacluUius j, bibat Sicamher.
Enfin, le mot que St.-Remy dit à Clovis en le baptisant : Mitis,
depone colla, Sicamber (8). Ce qui prouve qu'on regardoit
les Sicambres et les Francs comme synonymes. Voici un pas-
(i) De Bello Gothico , pag. 54o. (4) Scheyb. Peutingeriana Tabula ;i«j-
^ (3) D. Boaquet, préf. du tome H des nerana , etc.
Bistor, de France. — Gibbon, Hisiory (5) L. XK.,cap. 10.
qfthe décline andfull ofthe Roman cm- (6) D. Bouquet , tom. H, pag. 5o6.
pire , 1. 1 , pag. 33a. (7) Carminé i3.^
9) Tçin. I, pag. 444 et 448. (8) D. Bouquet, tom. m, pag. 377.
SUR L'ORIGINE DES FRANÇOIS. il
sage de St. -Grégoire (i) qui prouve qu'il regardoît comme le
même peuple les Francs , les Bructères , les Chamaves , les
Amprivaîres et les Cattes : De hinc refert quod eoâem anno
Arhogastes Surmonem et Marcomerem subregulos Franco-^
rwriy gentUibus odiis insectanSj Agrippinam vigente maxime
hiem,e petiit : rursus tuto onvies Franciœ recessus penetran^
dos urendosque Collecta ergo exercitUj transgressas
Hhenurrij Bructeros ripœ proxifnos y pagum -etiam quem
Chamaviincolunt y depopulatus est y nullo unquam occur^
santé y rùsi quod pauci ex Amprivariis et Chattis Marco -
mère duce in ulteriorihus collium jugis apparuere. On voit,
par ce passage , que les nations dont il parle étoient soumises
■ aux mêmes rois que les Francs. Enfin , nous voyons à chaquo
' instant les Francs et les Germains pris les uns pour les autres,
par les écrivains des iv«. et v«. siècles.
Telles sont les preuves en faveur de ce système j mais nous
ne pouvons nous dissimuler» i^ que le passage de St.- Jérôme
ne peut s'adapter à cette supposition : Gens non tam lata
quam fvalida, dit -il ; cela pourroit-il s'appliquer à ime ligue
qui auroit occupé toute la Germanie, depuis le Rhin jusqu'à
l'Elbe ?
2®. Nous trouvons à la vérité, le nom de Francs réuni à
celui de beaucoup de peuples Germains; mais nous trouvons
encore plus souvent le nom de ces peuples tout seul. Claudien,
Ansone et les panégyristes parlent à chaque instant des Bruc*
tères , des Cattes , des Chamaves , des Quades et de tous les
peuples de la prétendue ligue. Ib en parlent même de mai^ièrt
(i) <Sîi& /Sue, £. n , cap. 9.
19 DISSERTATION
à nous faire croire qu'ils ctoient absolument séparés des Francs,
Ausone dans sa Moselle (i).
Accèdent vires quas Francia, quasque Chamovia,
Germanique tremant. .... ^
Claudien (2) dans le quatrième consulat d'Honorius.
Ante ducem nostrum , flavam sparsere Sycamhri
Cœsariem, pavidoque orantes murmure Franci,
Ptocuhutre solo .
. F^enit accola sUvas
Bructerus Ùereguiœ , latisque paludibus exit
Cimier j et ingénies Albim liquere Cherusci.
Enfin , Nazaire (5) dans le Banégyrlque de Conslanlin , après
avoir parlé de la victoire que cet empereur a remportée sur les
Francs , parle dans le chapitre suivant de celle qu'il a remportée
sur les Bructères , les Chamaves et les Chérusques.
Il me paroît clair , d'après tout cela , que ces peuples n'ont
quelquefois été désignés sous le nom de Francs^ que par une
erreur provenue sans doute de ce qu'également poussés par
l'amour du pillage , ils combattoient souvent sous les ordres
dés Francs , dont la bravoure étoit reconnue.
Enfin, si quelqu'un pouvoit encore douter que les Francs
formassent une nation particulière, je citerois le passage de
Vopiscus (4) , où il en est mention pour la première fois j les
vers suivants de Clarndien (5) :
.....•.•;... Provincia missos
JExpellet citiusjusca, quam Franciaregesj,
Quos dederis,
Enfin, Zozypie (6) en parle comme d'une nation particulière,
(i) V. 434* (4) -^'^ Aurelianoy cap, 7.
(a) y. 44^* (^) De Laudibus Stilichoni, v, aaOt
(3) l, X;VU et XVm, (6) L. m, cap. 7.
SUÎl L'OMGÏNE DES FÎIANÇOIS. iS
On verra par la suite d'autres preuves contre ce sysiêràe, il
est inutile de s'y arrêter pour le moment ; j'en viens donc à
celui qui m'a paru le plus vraisemblable.
Il doit son origine au célèbre Leibnitz , qui l'a fondé sur un
passage du géographe de Ravenne (i), que je vais rapporter :
Quarta uthora noctis y Nortumunorum est patria y quœ et
Dania ah antiquis dicitur^ cujus ad frontem Alba vel
patria Albis, Maurungani certissime antiquitiis dicebantur,
in qua patria Alhis^ per multos annos Francorum linea
remorata est. D'après ce géographe le sol originaire des Fran-
çois auroit été au-delà de l'Elbe, à peu près dans lés mêmes
pays qu'occupoient les Sa:£ons , d'où sont venus les Normands,
et qu'occupent maintenant les Danois.
Comme l'autorité de ce géographe n'est pas assez considé*
Table pour qu'on puisse s'y rapporter absolument , jè com^
mencerai par prouver que les Francs habitèrent d'abord au-delà
de FElbe. Nous examinerons ensuite quelle étoit la partie qu'ils
pouvoient habiter.
Il n'y a aucun doute sur l'origine des Saxons ; M arcianus-
Gerachota (s^Ia place à l'entrée de la Chersonnèse Cimbrique.
Or , nous allons prouver que les Francs habitoient dahs 1q
voisinage immédiat des Saxons. Nous avons , là - dessus un-
témoignage bien positif, celui de Julien l'empereur qui leur
avoit si souvent fait la guerre. Voici ses propres termes (3) :
(i ) L. I, cap, I X •
(a) Geograpki minores , tom. X y pu g. 5?«>
^) Orau i''. , p^g. 34*
14 DISSERTATION
Aderant una et afft.nitatis nomine Franci et Sùxottes (fui
ultra Rhenum et occidentis mare habitant; rtationes om-^
niuni belUcosissimœ. Ce fut conjointeiuent avec les Saxons
qu'ils prirent la défense du tyran Catausius et d'Allectus son
successeur. Voyez Orose(i) et Eutrope (3)* Ce fut, chassés de
leur pays par les Sajions, que quelques-uns d'entre eut vinrent
s'établir sur les bords du Rhin et dans les isles qu'il forme à son
embouchure (5) ; enfin , ce fut sur leurs frontières , in ipsis
Francoriim JinibuSj dit Orose (4), que Valentinien défit les
Saxons.
Nous avons d'ailleurs le témoignage de Claudiea , qui, mal-
gré toutes les interprétations qu on a voulu lui donner, ne peut
se rapporter qu'aux Francs établis au-delà de TElbc. Il dit (5) :
MedUumque ingressa per Alhim,
Hallica Francorum, montes armenta pererrani»
Je sais bien que l'abbé Dubos (6) , et D. Bouquet (7) aprèsl
lui, ont prétendu quil s^agissoit ici d'une petite rivière
nommée Alve qui coule dans la Lorraine, et sur les bords
de laquelle ils prétendent que s'étoit établie une colonie de
Francs. J'obsetverai , 1°. que je ne sais où Dubos a été chercher
cette colonie de Francs. Il cite pour les prouver le passage sui-
vant de Vopiscus (8) : Cassis prope quadraginta millibus qui
romanum occupaçerant solum j reliquias ultra Nicrumjlu-
vium et Albam remoçiu Mais il ne s'agit point des Francs dans
ce passage ^ lîsez-le entièrement , et vous verrez que Vopiscus
(i) L, "\^, cap. a5.
(2) L. IX, cap, ai.
(5) Zozym, , JL. III, cop, 6.
(4) /..VU, Cil/?. 3a.
(5) De Laudibus Stilichonis, v, 2a6.
(6) Hist. crit. de rëtabl. de It Monarchie fr.
(^) Loc, cit,
(8) In Probo, , cap, i5,
SUR L'ORIGINE IXES FRANÇOIS. il
parle des Germaios. D'un autre côté , Gruter (i) croit qu'il faut
y lire Albis ; et cela est d'autant plus probable , que Vopiscw
joint le Nicer à TAlba : or, le Pficer coule très^certainemeut ea
Allemagne? Quelle apparence donc qu'il les eût repousses
les uns en France les autres en Allemagne ? La seconde preutè
de l'abbé Dubos n'est pas plus évidente , il cite le fers de
Sidonius (a)*
. • Chattuifufuepalustrij
Alligat Albis aquaé ....•,
D'abord , il n'est pas prouvé que les Cattes fussent des
Francs : ensuite, au lieu de les placer sur le bord de FAlve,
il est bien plus simple de les laisser où Tacite les a placés (8),
dans la forêt Géréguîenne , où l'Elbe prend ssl naissance , et
alors le vers de Sidonius s'explique tout naturellement, r
Je ne vois donc pas que nous puissions entendre le vêts de
Claudien , autrement que des Francs établis au-delà de l'Elbé*
L'exagération est un peu forte ^ mais elle ne doit point sur-
prendre ceux qui sont familiers arec tes auteurs,, et surtout
les panégyristes de ce siècle. Cest sans doute de cette Franco
au-dcMi de l'Elbe , que parle Ëumène dans son panégyrique de
Constantin (4) ' Çuid loquar rursus intimas Franciœ ria-
tionesy non jam ah ils locis quœ olùn Romani tnçaserant,
sed a propriis suis sedibus j atque ab ultitnis Bàrbaricb
littoribus at^uIsaSj ut in desertis Gallice collocatcb etpacênt
Romani imperii cultujuvarentj, et arma dilectu. H distingue
bien clairement deux espèces de Francs. Les uns établis entre
le Rhin et l'Elbe : Us locis quœ olim Romani inyaserant.
(i) In Proboy cap, i3^. (3j De Moribus Germanim , cap, So«-
(2) Paiiegjrricus Aviti,^ v. Sgi. (4) Cap* 6.
i
lé btssËiitÀTiôtt
Les autres .restés au-delà de TElbe : UlUmis harbaricè Uttô*
ribus. Cette expression s'applique d'autant mieux aux pays au-
delà de l'Elbe , que de l'aveu de Strabon (i), ils étoient abso^
lument inconnus aux Romains : tî» ^f vî^^v rS aaAW r« -xfos r»
^autmi , w«fT«»â»/iF «7»«(* nMu itL Quœ autem tram Alhim ad
Oceanum suntj nobis prorsus ignota.
Enfin , remarquez que ces pays éloignés , sont suivant
Ëumène -, le pays d'où les Francs sont originaires : Proprice
tsedes. Je ne crois pas que d'après cela il puisse y avoir le
moindre doute sur l'origine des Francs*
11 s'agit maintenant de savoir quelle partie de ces pays ils
babitoient , et j'avoue que cela n'est pas facile à déterminer. Â
^n juger par leurs expéditions, ils dévoient habiter les bords
de la mer» Nous les voyons d'abord sous Gallien ravager les
Gaules (2) , et s'emparer de Tarragone en Espagne. Ce qui n'a
j)u se faire que par mer; car il n'est pas à présumer qu'ils aient
travejrsé toutes les provinces de la Gaule pour pénétrer dans
i'Ëspagtie. Nous les voyons ensuite sous Probus revenir par
tner du Pont - Euxin dans leur pairie , en ravageant les côtes
de la Grèce, de l'Asie et de la Lybie (3). Ce qui prouve qu'ils
étoient très -accoutumés à la mer. Nous les voyous enfin sous
Carausius ravagef avec les Saxons les côtes de la Guule (4) *
^ S'etnparet ensuite des isles que le Rhin forme à son embou*
chure (5) , ravager de concert avec les Saxons les côtes des
. Gaules , sous Valentinien (6)4 D'après toutes ces expéditions
(i) Tbm. 1, pag; ^^ix
(2) Aurel, Victor, cap. 33;
(l)) Eumen. pan. Comtanti f cap, 18. — Zotyfnè, L, 1, cap, 711
(4) Orose. L, VII , cap, 25. — Eutrope. L, IX , capi, 2Xt
(5) ïllcerii pânegyru Muxim, et Conit, , cap, 4*
tjS) Éimhiiihi'Manellin^ L, XXVII , top. 8<
StiR L'OlliGÎNÈ DEâ FtlAN^Olâ. 19
t)n tie peut guères douter qu'ils habitasseint les bords de là
Hier , ou tout auprès.
«Tavoue qu'il est dil&cile de pousser plus loin les conjec-
tures. Si nous en croyons le géographe de Ravenne , les Francs
àuroient précisément occupé la Chersonnèse Cimbrique ; c'est*
à-dire le Danemarck. Il paroît même que cette opinion étoit
généralement reçue dans les viii«. et ix«. siècles. En voici la
preuve dans des vers d'Ermoldus -^ Nigellus , en parlant deà
r^ormands (i)»
itic popuii porrô veteri , cognomine t)eni
Antè vocabantur^ et vocitantur adhuc.
Nort quoque Francisco dicuntur nominc Mannij
Vdoees, ngiles, armigerique nimis.
Ipse qiUdem pppulus late pernotus habetur^
LirUre dapts quœrit, incolitatque mare.
Pulcher adestfacie^ vultuque statuque decorus^
Vnde genus Francis aclforefama refetU
Gomme ce pays étoit précisément celui qu'occupoient lei
Cimbres , il est possible que les Francs soient le même peuple.
Je n'oserois cependant l'affirmer, ainsi que l'a fait Eccard ,
dans ses notes sur la dissertation de Leibnitz (a).
Je ne pousserai pas plus loin ces recherches sur l'origine des
FrancSv Tout ce que je pourrois dire de plus ne seroit fondé
que sur des conjectures trop foibles pour qu'on pût y ajouter
foi* J'aime mieux chercher à les suivre dans leurs différentes
conquêtes et émigrations.
Leibnitz prétend que leur première émigration fut pou*
(l) yita LudoP\ pii, Zr. IV, v; ii. — Des HitU de France, tom. VI.
(1) Leiènitzii opéra , tom» IV. — ffistorici , tom. XVUl , i^a%« iS^v
it OiSftERTATIOK
s'établir entre VElbe et le W,eser (i). Ecctrd pré|:eiid niéoM
qu'ils s'étendirent jusqu'à la Sale , rivière de Franconie ; qu'ib
s'établirent ensuite entre le Weser et lé Rhin , d'où ils pas-
sèrent sur les terres de l'empire.
Ils tirent lun et l'autre leurs preures du préambule de la Im
Salique; et il paroit , suivant eux > que le bourg Saloghève^ dont
il est fait mention dans ce préambule , se trouve sur le bord àt
la Sale, et a même conservé ce nom long-temps après, puis-
qu'on le retrouve dans des chartes du monastère de Fulde (3).
Par la même raison que Salaghève est le bourg sur la Sale,
Bodoghève et Wisoghève seroient les bourgs sur la Bode et le
Weser; mais j'avoue que toutes ces C0J9^)ectares me paroissent
trèsfoibles. On ne voit pasi, eA effet, que les Francs se soient
étendus dans l'intérieur de la Germanie. Toutes les autorités
que nous avons nous prouvent , au contraire , qu'ils y sont
venus par mer, et qu'ils ne se sont jamais ifort éloignés des
bords du Rhin.
Je ne parlerai point de toutes leurs expéditions maritimes ,
que j'ai déjà citées. Nous voyons de plus que leurs efforts
ont tciatdu , pendant long-temps, à s'emparer des isles que k
Rhin formé à son embouchure. Sous Constance d'abord,
multa illa Francorum milUa, qui Bataçiam aliasque in
Rhenum terras invaserant, inteifecit, depulit^ cepit ^ ah
dumty dit le panégyriste (5). Nous avons moins de détails sut
k guerre que Constantin leur fit j mais il par<^ qu'il s'agissoit
(i) Leibniizius y tom. IV> pag. i58.
(a) Xb, y Ib,, pag. i6a. — Eccardus ^ ihid, et ad pramicem legis salicœ*
(3) Incerti paneg. Maxim, et Constant, dictus , c. 4- — ^/- Eumen, Panegyricui
Eunien, Constant, dictus , c* S. -i-- Guid, oraiio pro resiMiPé sobolis, c. ai. — Ouid»
paneg Constant. , c»5, .
ÎSCR L'OHÎGINE DES FRANÇOIS. 1»
également de les chasser dès isles ; car le panégyriste continue
en s'adressant à lui : Tu jçim ah ipsis eorum regibus auspi^
catus es, simulque et prœterita iUorum scelera purUsti^ et
totius gentis lubncam Jidem timoré uinœisti ( i ). Il est vrai
qu'Eumène , dans son panégyrique de Constantin , semble dire
qu'ils habitoient de l'autre côté du Rhin j sciunt posse Franci
transire Rhenum, quos ad necem suam lib enter admittas;.
sed nec "victoriam possunt sperare, nec veniam. Quid ipsos
maneatj eac regum suorum cruciatibus metiuntury ideoque
tantumabestutamnis illius transitum moUantwr , magis i/(
cœpto ponte desperent... Jani ne procul quidem Rhenum
audetis accolere, et vice securiJLumina interiora posse tis (2).
Mais cela s'explique par ce qu'il dit plus bas (3). Constantin
les ayant forcés de se retirer des isleé qu'ils occupoient dans
rintérieur des terres , fit bâtir un pont au-dessous de Cologne
pour les pourisuiyrç. 11 ne dit donc point qu'ils fussent venus
de l'intérieur des terres , UMiis qu'on les y avoit repoussés.
Ils n'y demeurèrent pas assez long-temps pom* y faire aucun
établissement qui puisse justifier l'opinion de ceux qui sup-
posent qu'il y a eu une France au-delà du Rhin ; car nous
les voyons , sous le règne des enfants de Constantin , revepir
dans Tisle des Bataves (4) , occuper , comme nous le prou-^
Yerons par la suite , la rive du Rhin qui avoislne les Gaules ^
et y jeter les fondements de leur empire. Nous ne pouvons
donc douter qu'au moins , depuis le règne de Dlocléticu ,
toutes leurs entreprises sur les Gaules , ne se soient faites par
mer , et je ne crois pas qu'on puisse en citer aucune 011 ils
aient été obligés de venir par terre.
(i) Inceri. paneg.y ibid. (3) Ibid., cap, i3.
(•} Eumen, paneg. Constant», c. 11. (4) Zosp». L,\\\, cap.^.
*ô toiSSEATATlÔN
Un seul passage de St.-Grégoire de Tours peut favoriset
Topinion de ceux qui supposent que les Francs ont eu des
établissements de Tautre côté du Rhin; le voici : Tradunt
erdm multi eosdem de Pannonia esse digressos et primum
quidem Uttora Rheni amnis incoluisse ; de hinc , transacto
Rhehoy Thoringiam transmeassey ihique reges crinitos super
se creavisse de prima et, ut ita dicam, de nohiUori suorutn
famiiia ....... Ferunt ettam tune Chlogionem utilem ac
nohilissimum in génie sua regem Francorum fuisse j qui
apud Dispargum castrum habitabat, quod est in termino
Thoringorum; in his autem partibuSj id est ad meridiona-
lem plagam^habitabant Romani usque ad Ligerimjlui^ium.
Chlogio autem missis exploratoribus ad urbem Camaracum
perlustrata omnia, ipse secutus , Romanos proterit, civi^
tatem adprehendit in qua paiicum tempus residens , usque
Suminam Jlu{>ium occupa\^it[\). On a pris les Thuringi dont
il est ici question, pour les Thuringiens d'Allemagne, et, pour
favoriser cette opinion, on a proposé divers changements dans
le texte, parce qu'il paroissôit ridicule de faire traverser le
Rhin à un peuple qui venoit de la Pannonie , pour s'établir
dans la Germanie . En conséquence , Valois (a) a proposé de
lire Mœnum; mais le reste du passage n'en est pas moins inin-
telligible. Comment entendre ces mots t In his autem par-
HbuSj id est ad meridionalem plagam. Romani habitabant,
usque ad Ligerim fiuvium. Les Romains avoient bien quel-
ques garnisons au-delà du Rhin, mais on ne peut pas dire
qu'ils y habitoient j et d'ailleurs , comment Clodion auroit-il
(i) Zozjm.^ L, n y cap, 9.
fat) Rerum Francicarum 9 tom. I»
SUR L'ORIGINE DES FRANÇOIS, ai
pu envoyer de si loin des espions jusqu'à Cambray, et surtout
les suivre. Si on vouloit faire quelque correction dans ce
passage, ce seroil en lisant Tongri au lieu de Thoringi; mais
il n'en est pas besoin, comme l'observe l'abbé Dubos (i). II
s'agit ici des Thoringiens à qui Auguste avait permis d'habiter
les Gaules (2) , et qui donnèrent leur nom au pays de Tongres.
Nous verrons, par la suite, qu'ils étoient dans le voisinage
immé^at des premiers établissements françois,
Nous allons maintenant chercher l'époque du premier éta-
blissement des Francs dans les Gaules. Nous avons vu qu'ils
y faisoient de, fréquentes incursions ; mais il est probable que
telles que les incursions que firent les Normands par la suite ^
éïes avoient pour unique but de remporter dans leur pays le
butin qu'ils avoient fait. Il en fut ainsi , suivant les apparences ,
jjosqu'au règne de Julien. Ce n'est pas que nous ne trouvions,
avant cette époque, quelques Francs établis dans les Gaules,
On pourroit même conjecturer, d'après un passage de VHis*
toùre Auguste, qu'ils y avoient déjà quelques colonies sous le
règne de Probus : Hune (Proculum) tamen ProbuSj /ugatum
lisçue ad ultirhas terras et cupientem in Francorum auxi^
liian njenirCj a quibus origlnem se trahere ipse dicebat ,
ipsis prodentibus Francis , quibus familiare est ridendq
Jidem frangere, ^vicit et interemit (5). On voit , par ce pas-
sage , que Proculus se retira sur les terres des Francs. Peut-
être avoient - ils déjà quelques établissements dans l'isle des
Bataves , où ils mettoient leur butin en sûreté ; mais nQUfi
(x) Loc, ciu
(a) Procopius , de Bello Gothico y pag. 340.
(3) f^opiêcus p m Procuh' «
M DISSERTATION
n'avons rien de certain là-dessus. Nous apercevons de xnémé ,
h travers le style etiflé des panégyristes , que Maxîmien et Cons-
tance essayèrent d*en établir quelques-uns dans les Gaules (i);
mais il parott que, du temps de Julien, detix: colonies frant; Jtses
étaient Tune, dans Tisle des Bataves, Tautre, sur la rivé gauloise
du Rhin; et je me fondis sur le passage même de Zo^yme^ qui
6e peut être entendu autrenient ; il dit , eu effet (2) , que les
Quades , ayant voulu traverser le Rhin , eti ftirent empêchés
par les Francs établis vers ses bords ; qu'alors ib firent des
bateaux ; et , laissant de côté les établissements francs , ils
descendirent dans l'îsle des Bataves , d'où ils chassèrent les
Francs Saliens , pour se venger de ceux qui leur avoietit refusé
le passage. Or, îl est très-clair que si les Francs avoient habité
la rite germaine du Rhin, ils auroient empêché les Quades de
s'embarquer ; au-lieu qu'ils ne s'opposèrent qu'au débarque-
ment : cela ne peut souffrir d'équivoque.
■
' Zozynie préterid (3) que les Quades forcèrent les Salièm
dé marcher avec eux contre l'empire ; mais Ammien (4) ne
parle point de cette circonstance ; îl dit seulement que Julien,
ayant appris que les Saliens s'étoient établis sur le territoire
romain , dans la Toxiandrie , marcha à leur rencontre. Leurs
fitmbassadeurs vinrent au-devant de lui à Tongres , et deman-*
dèrent la permission de demeurer sur les terres romaines. Julien
lès renvoya porter les conditions qu'il proposoit. Comtne ils
if entendoiént apparemment point être tributaires , îl continua
sk inarchc j et , ayant trouvé les François au dépourvli , il
les força à accepter les conditions qu'il voulut leur imposer;
(i) Ef, Eumen. pafieg. Constant. , L, XXI , cap, 9.
(a) un. yL.m, c. 6. (3) laid. , Ibid, (-
(3) Ibid. , Ibid. (4) Ibid. L. XVn , c. 8.
0UR L'ORIGINE DES FRANÇOIS. i3
nais il ne les chassa point du pays , comoie semble le croire
Dubos(i). 11 se contenta de les soumettre à la domination
romaine; c*est, au moins, ce qu'il semble dire lui-même dans
sa lettre aux Athéniens (2) , et on ne peut entendre autrement
le pacage d'Ammien Marcellin : Dedentes se cum opïbus
liberisque suscepit (5).
Nous voyons donc, à cette époque, deux colonies de Francs
établies dans les Gaules, l'une sur les bords du Rhin, et qui
prit apparemment de-là le nom de Ripuaire ; l'autre, dans les
environs de la ville de Tongres, qui fonda le royaume françois»
comme nous le verrons par la suite.
On pourroit soupçonner, d'après divers passages des histo*
riens , que ces deux colonies de Francs ne furent pas les seules
qui s'établirent dans les Gaules. Un passage de Grégoire de Tours
( lib. II, cap. 42 ), sembleroit prouver que les Francs étoient
divisés i^ous un grand nombre de rois; mais comme il ajoute
que ces rois étoient presque tous parents de Clovis , il parolt
probable ou qu il s'est trompé en donnant le titre de roi à des
chefi inférieurs à Clovis , ou qu'il étoit arrivé avant lui c^
qui arriva à sa mort; c'est-à-dire, que le royaume avoit été
partagé entre divers cohéritiers. En effet, nous voyons que
Ragnacaîre régnoit à Cambray, et cette "^Ue avoit certainement
appartenu à Clodion.
Ces deux tribus, savoir lesSaliens et les Ripuaires , eurent leurs
chefs et leurs lois à part , puisqu'au règne de Clovis qui les réu-
nit tous sous le nom de Francs , nous ne connoissons presque
les Ripuaires que par la loi qui porte leur nom* A quelques
(i) Tom. I, pag.aSg. (5) L. XVIJ , c. 9.
(a) JuL opcr. , pagriiSo.
•4 DISSERTATION
batailles près, et qui n'étoient même pas rares entre les su)eu
de Fempire , dans un siècle où il tendoit à sa décadence , et où
souvent chaque province reconnoissoit un empereur différent,
il paroit que les Francs furent assez fidelles alliés de l'empire ;
ils servirent même avec distinction dans ses 'armées; mais une
révolution qui changea la face des Gaules , les força bientôt à
reprendre les armes pour leur propre compte.
Les Saxons et tous les peuples de l'intérieur de l'Allemagne,
avoient déjà fait plusieurs tentatives pour pénétrer dans les
Gaules; mais leurs incursions passagères n'avoient pu faire
changer de domination à cette vaste province ; et la supériorité
de la discipline mettoit toujours l'avantage du côté desRomaips,
lorsque la trahison de Stilicon les fit sortir, pour jamais, de la
domination de l'empire. Ce général, si nous croyons Orose,
voulant faire associer son fils à l'empire; appela, pour se rendre
plus nécessaire, les barbares de toutes les parties du Nord. Le
soin qu'il avoit eu de dégarnir de troupes les rives du Rhin,
leur procura un accès facile. Les François furent alors les seuls
défenseurs de l'empire; mais, après plusieurs combats opH
niâtres , dans l'un desquels un roi va^dale perdit la vie , ils
furent obligés de céder au nombre ; et les Suaves , les Vandales
et les Âlains couvrirent les Gaules jusqu'aux Pyrénées, par où
les Vandales s'ouvrirent un chemin dans l'Espagne.
La langue latine , que parloient les Graulois, s'étoit déjà bien
corrompue , par l'effet de l'établissement des Francs. On peut
juger de ce qu'elle devint après l'invasion de toutes ces hordes;
du Nord.
DU GENIE
DE
LA LANGUE FRANÇOISE.
S- i".
Idées générales sur ie Génie des Langties.
i ANT que le langage humain n'est autre choae que TexpressioA
des premiers besoins > il ne diffère pas beaucoup de celui des
autres animaux. Parmi les Sauvages absolument isolés , il se
borne à des cris » ou sons articulés ; mais cet état de l'homme
Bntièrement solitaire et sauvage est rare et dure peu. L'auteui!
de tous les êtres , en douant Tétre humain de la pensée et de
l'organe de la parole , a voulu qu'il fût bientôt social ; il a
Eait de ces qualités et des affections conjugales et paternelles
[es élén^ents de la société ; la famille est la souche de l'arbre
social.
On a remarqué que les mots qui expriment les premiers^
sentiments de la nature , les relations du père , de la mère et
de l'enfant, sont à peu près les mémçs chez tous les peuples*
Il en résulte que les premiers éléments sociaux sont aussi les
premiers éléments du langage , et que l'homme , en sortant
des maius de la nature, suit . partout, la même impubioa
9» DU GÉNIE
qu'elle lui donue pour les premiera développements de sei
affections et de ses pensées.
Cette impulsion naturelle « partout la même , forme la
naïveté des sentiments et du langage. Ainsi toutes les langues
primitives sont naïves , principalement dans lexpression des
affections naturelles. Les peuples que lamour de la famille a
gouvernés le plus long-temps , sous lempire des mœurs pa*
triarchales , ont eu les couleurs du langage les plus naïves
pour peindre les sentiments que ces mœurs avoient fait naître-
Les livres hébreux sont très-naïfs dans la peinture de tous les
objets relatifs à la vie des patriarches. C'est parmi eux que le
langage s'est fermé avec plus de douceur et d'abondance : le
loisir et le repos de la vie pastorale » le rapprochement conti-
quel des famillee , ont développé tous les sentiments et toutes
les formes les plus naturdles pour les eiprimer. Les sociétés
les plus policées n'ont rien ajouté au langage , dans cette partie;
au contraire elles ont dû Taffoiblir à mesure que la dissipation
des mœurs éloignoit de la vie de famille : plus elles ont perdu ■ i
les mœurs naïves , plus elles ont vu s'effacer de leur langage le | ^
caractère primitif de la naîv^é.
Les peuples qui ont moins cultivé l'esprit de famille, comme
les peuples nomades ou chasseurs, n'ont jamais eu un lan- 1]
gage aussi doux , aussi naïf, aussi abondant que les peuples
dont les mœurs furent pastorales. Les nations qui doivent leur ■]
origine aux peuplades vagabondes, en ont hérité les éléments li
d'une langue âpre , rude et barbare ; elles ont eu beau se civi-
liser et s'exercer dans lès arts; elles ont pu adoucir, eUes n'ont
pu changqr ' le vice originel de leur langage ; les vestiges de
l'anoienne barbarie percent de tous câtés, même à travers l'^é-
\
DE LA LANGUE FRANÇOISE. ty
gance la plus soignée; on trouve toujours dans ces langues,
nées pour ainsi dire féroces , une grande infériorité en douceur,
en naifeté, âdes langues moins cultÎTées d ailleurs, mais dont
Toriginea été plus pure et plus conforme à la nature humaine»
Toute 1 élégance moderne n a rien de comparable aui^ livres
hébreux de Ruth ^ de Tobie ^ de Joseph j pour lexpressiou
des sentiments naturels qulnspiroient les mœurs patriar*
châles.
Le génie des langues tient donc immédiatement aux carac-
tères de$ peuples , et le caractère de chaque nation dépend du
climat qu'elle habite , de sa religion , de son gouvernement «
de ses moeurs. Plus les oi^anes d'un peuple auront été asso^^
plis par la douceur du climat , plus sa langue sera fle:|J14e »
sonore , délicate et mélodieuse. Si les moeurs sont pastoralaf
et champêtres , la langue est abondante en expresiûons heur
reuses à peindre les différents objets de la nature. Les mots
qui sont rustiques chez un peuple où les travaille de la cam-
pagne sont abandonnés à des hommes serfs et grossieif^
lieront nobles , élégants et doux dans un pays où la çmife^g/^
iest cultivée ou habitée par des hommes libres, amis de W
société et des beaux-arts. Les mœurs sont-elles guerrières ? fa^
langue sera forte » hardie i franche , énergique ! m$^is le peiipkt
n'est «il que guerrier , la force de la langue dégénérera eifi
rudesse » sa franchise en âpreté ; çpa énergie sera sauvage » sa
jbardiesse sera outrée et soldatesque. Si les mœurs guerrières
sont tempérées par les mœurs pastorales et par les arts, ce
mélange répandra plus de douceur, plu3 de sensibilité sur les
imagiss champêtres. A}outeji l'iofluence de la religion et du
(puvernemaiit, you» trpuf are^ I^ différentes formes que pet^
♦ I
a» DU GÉNIE
▼ent donner aux langues ces combinaisons difFérentes. Une
religion douce , dont les cérémonies seront pompeuses et
riantes à la fois , combinée avec les mœurs pastoi^les et guer-
rières , donnera un nouveau degré de richesse , de pompe et
d'onction au langage; et toutes ces images religieuses, guer-
rières et champêtres se communiqueront réciproquement
leurs qualités distinctives , d'où résultera lensemble des
mœurs , du gouvt rncment et du génie d'une nation.
Un gouvernement qui favorisera également les arts de la
vHIe et de la campagne, les arts de la guerre et de la paix, qui
saura mêler dans ses fêtes la pompe religieuse et guerrière aux
grâces champêtres et à Télégance sociale , qui rassemblera sou-
vent les citoyens , soit pour les actes civils , où se déploie l'élo-
quence, soit pour l'éducation publique, pour les exercices de
la gymnastique , et les conférences d'esprit , soit pour de grands
|éux , ou dés spectacles magnifiques , dans lesquels la force et
l'adtesse , d'une part, et de l'autre, tous les talents et les beaux-
arts disputeront des prix et des couronnes ; un gouvernement ,
en un mot , qui sera parvenu à développer tout le génie d'un
peuple, en fortifiant tout ce que la nature et la faveur du
climat ont fait pour lui; c'est ce gouvernement sans doute
auquel il étoit réservé de donner à une nation le plus beau
génie et le plus beau langage que les hommes aient sii former,
Telle fut la natioa grecque.
L'origine du peuple romain fut moins heureuse. Un ramas
de bandits o\i de fugitifs furent les fondateurs de Rome , dont
l'orgueil voulut, par la terreur de ses armes, ennoblir sa nais-
sance. Aussi la langue romaine neut-^lle point cette pureté
piiçiitive» ce beau caractère original dé la langue grecque;
DE LA LANGUE FRANÇOISE. ^9
elle fut un mélange de plusieurs idiomes étrangers les uns aux
autres, et ne se perfectionna que par Fimitation des Grecs.
Le langage des premiers temps de la république était encore
agreste , sauvage., barbare même, comme on le voit par quel-
ques monuments de ces temps-là , qui nous ont été conservés ;
et jusque dans le siècle où il atteignit la perfection dont ilétoit
susceptible , Horace y rctrouvoit les traces de sa rustique
origine : Ilodieque marient vestigia ruris. Les Romains
ayant presque tout sacrifié à lart de la guerre , leur langage
eut delà force , de l'audace , de la noblesse ; il n'eut de la dou-
ceur et de la grâce qu'au temps où les mœurs guerrières furent
tempérées par des occupations plus douces, par les fêtes, par
les spiictacles, et surtout par les connaissances des Grecs, qui
devinrent leurs maîtres. Les meilleurs écrivains latins étudiè-
rent et se formèrent à Athènes»
Cette imitation , qui fit le grand succès de la langue latine ,
et qui lui a valu l'honneur de lutter contre la réputation de
son modèle , dans l'estime des siècles modernes , fut une des
raisons qui la fit peu estimer des Grecs eux-mêmes , qui la
trouvoient dure , ingrate , barbare ; c'étoit leur mot. Ils regar-
doient les auteurs et les artistes latins y. comme des pauvres
enrichis des dépouilles grecques ; ils ajQTectoient de mépriser
leurs vainqueurs « dont ils triomphoient parles arts; ils aflTcc-
toient , et Plutarque en est un exemple , de ne pouvoir ap-
prendre la langue romaine, a cause de sa rudesse, et parce
qu'ils n'y trouvoient que les copies de leurs chefs - d'œuvre ;
souvent même ils aflfectoient de ne point citer les écrivains les
plus célèbres dont Rome se glorifîoit. Longin, qui prend un
exemple du sublime duns Moïse, n'en cherche pas un seul
tê bu gèMé
m
dans Horace ni dans Virgile ; il ne pronotice pas hiéihe leilrS
noms ; il en est de même des autres philologues , ou critiques
grecs. Les Latins sembloiënt ik* exister pas pour eux dans h
littérature et dans les arts. Plutarque parle de Cicéron comme
dun homme d*état; il rapporte plusieurs de ses bons xtiots^
Une s avise pas de le coiUparer â Démosthènes , comme orateur^
L empereur Julien , qui nû écrit qu'en grec , ne cite aussi que
des auteurs grecs et paâ un seul latin.
Les Grecs se voy oient les maîtres des Romains en sculpture ^
en peinture, en musique » trois arts où ces derniers n'avoient
point encore excellé ; ils ne voy oient en eux que leurs écoliert
dans Fart d'écrire , et il falloit sans doute que la prononciation
latine eiSarouchât beaucoup leurs oreilles superbes et délicates ;
ils auroient craint de souiller léUr bouche, en parlant latin*
Mais ces défauts d une prononciation qui paroissoit grossière
aux Grecs , ont disparu pour nous , ainsi que les charmes de
la prononciation grecque; nous ne jugeons que leà écrits, avec
un goût moins difficile, moins épuré que celui des Athéniens,
avec un sentiment bien moins vif pour Fharmonie , avec une
connoissance imparfaite des grâces et du naturel antique, avec
plus d'usage des Latins que de leurs maîtres^ et nous tenons la
balance presque égale entre eux. Une considération devroit
cependantnous déterminer en faveur des écrivains de la Grèce î
Ceux-ci , dans les traductions modernes perdent beaucoup
moins que leurs imitateurs» L^élévation , la naïveté d'Homère
percent à travers toute l'infidélité et le fatras ailipoulé ou trivial
de nos traducteurs t le génie de Virgile est presque perdu
pour ceux qui ne le peuvent lire que dans notre langue.
La langue grecque^ dont les éléments étoient plus purs , \ê
DE LA LANGUE FRANÇOISE. Si
«aractère plus original , les formes plus prononcées et plus
parfaites « se conserra plus long-temps vivante que la langue
des Romains. Elle dégénéra sans doute avec le goût ; mais sa
décadence fut moins prompte , son altération moins vicieuse;
il n'y avait déjà plus de bons auteurs latins , que les lettres
grecques florissoient encore. La langue latine étoit absolument
corrompue dans leBas-Empire, que la langue grecque se sou*^
tenoit a Constantinople ; elle étoit usuelle, quoique dégradée,
dans le temps où Rome s etoit fait un autre idiome; et les restes
des Grecs échappés à Timiption des Turcs , apportèrent leur
langage chez les descendants des Romains , qui ne parioienft
plus qu'italien.
La langue des Romains s'étoit répandue avec eut chez kè
nations qu'ils avoient conquises. Les Barbares du Nord ne la
parlèrent jamais bien purement ; ils la mêlèrent avec leur jar-
gon sauvage , et la déBgurèrent. Lorsqu'à leur tour» ces Bar^
bares conquirent , ou plutôt ravagèrent l'elnpire romain» ib
mêlèrent encore tous ensemble leurs différents jargons avec
le langage de l'empire bouleversé , et de ce inélange diverse*
ment barbare , naquirent tous les monstres de langage , qui
participèrent plus ou moins de la langue romaine , mais qui
en étouffèrent 1 usage , et qui la reléguèrent parmi les langues
savantes que peu d'hommes culltvoient. Telle Ait l'orighie de
tous les modernes idiomes , dont aucun n a' un caractère pri-
mitif et original, tous n'étant qu'une miition rustique de leur
jargon particulier avec la langue qui fut leur mère commune.
Seulement les peuples d'Italie et les autres nations méridio-
nales conservèrent davantage les formes latines , la douceur et
l'accent du langage; et ces nouveaux idiomes se polirent » se
V
Sa t)tJ GÉNIB!
se perfectionnèrent moins lentement que ceux des peuple^
du Nord , dont les organes étoient plus grossiers ^ la pronon-
ciation plus sourde et plus rude^ et Torcille moins musicale.
•
s- n.
Premier caractère de la Langue françaisCé
Les Gaules étoient province romaine depuis plus de deux
Biècles y lors de l'invasion des Francs. Les langues grecque et
latine y étoient enseignées dans des écoles assez fameuses pour
le temps. La langue romaine dominoit dans les principales
bourgades ^ ainsi que dans les actes civils et religieux y où elle
«e conserva long-temps encore après. Dans tout le reste du
pays, le langage étoit un mélange de gaulois et de latin; et
peutrétre que si cet état eût duré, le latin seroit parvenu â
.l'emporter sur le gaulois , ou bien celui-ci se seroit assoupli et
adouci dans le commerce des hommes instruits et polis par
les arts. Déjà, si l'on en juge d'après le témoignage de l'empe^
reur Julien, les Gaulois avoient perdu de cette impétuosité
ifarouche, de cette légèreté brusque, vaine et amie des nou-
veautés qui faisoient le fond de leur caractère au t^nips de
César, et le Gaulois, que Julien aimoit^ comme a^u^idrz:- J
éérîeucjc^ ne ressembloit plus an Gaulois dont<€esâr fait un
portrait si différent (i), et qui s'est trouvé *pius ressemblant
(i) Les Gaulois 5 dit César en différents endroits de ses Mémoires, sont
prompts à prendre leurs résolution», remarquables par leur amour pour
les nouveautés > et par leur légèreté à courir aux armes Si le»
Caulois sont prompts à prendre les armes > aussi perdent -ils aisément
M LA LANCiUE FflANÇOÏSÉ. 55
que lé second dans lès descendants des habitants de la Gaule*
Mais ce changement du Gaulois, sous la domination romaine»
n a rien d'étonnant , si l'on se rappelle ces autres mots : La
nation gauloise sait à merveiUe imiter tout ce quelle voit
faire.
Cette nation flexible et imitatrice s'étoit pliéé aux mœurs
graves et sérieuses des Romains; elle s'étoit composée sur leur
caractère^ et sans doute se seroit formé une langue plus douce
et plus analogue à la latine ; mais lorsque les Francs subju'-
guèrent les Gaules, ils détruisireût ce commencement de ci-^
yilisation qu'y avdient apporté les Romains; ils éteignirent ces
lueurs de goût et d'éloquence qui avaient percé parmi les
Gaulois, et dont on a fait des éloges sans doute exagérés , quand
on a grossièrement figuré l'éloquence gauloise sous la forme
d'un Hercule qui, par une chaîne suspendue à sa langue, et
dont les deux bouts étaient attachés aux oreilles des peuples,
les tiroit après lui; car» si l'on s'en rapporte à l'orateur ro-
courage quand ils trouvent de la fësislance, et qu''il leur arrive des dis*
grâces Les Gaulois sont forts curieux de beaux chevaux étrangers 5
qu^ils achètent fort cher Lés Gaulois sont légers, faciles à changer
d'avis; ils sont si curieux de nouvelles» qu'ils arrêtent les voyageurs»
même malgré eux , pour s'informer de ce qu'ils savent. Dans les villes, ,
le peuple environne les marchands du dehors ; leur demande d'où ils
viennent , et ce qu'ils ont appris de nouveau dans leurs voyages. C'est sur
ces bruits et sur ces rapports qu'ils décident souvent des affaires les plus
importantes; aussi ne tardent-ils pas à se repentir de s'être ainsi livrés à
des bruits incertains 9 accommodés à leur goût; mais ils retombent
bientôt daus les mêmes fautes....^ Le grand dieu des Gaulois est lier-
cure y le patron des marchands et des voleurs. ( On sait que les Gaulois,
adorateurs de Mercure, pillèrent à Delphes le temple d'Apollon. )
34 BU GÉNIE
niain, les Gaulote étoient naturellement très-vains et trè^aa-
fieirons.
Le Gaulois perdit bientôt le goût der mœurs du Romnia
ifaincu, pour adopter celles du vainqueur, plus conformes à
son ancien caractère ; il adopta aussi le mépris brutal que kf
Francs avoient pour le Romain, et dont on voit des preuvei j
évidentes dans leurs lois pénales (i). La langue latine cesn
donc bientôt d'être usuelle dans les Gaules, et fut rel^[aésj
parmi les clercs, où elle se corrompit. Il seroit curieux dil
démêler lequel des deux eut le plus d'influence, du gaulois oij
du franc, dans la composition de la nouvelle langue romane,
si les moyens d'instruction ne nous manquoient à cet ëgari ,
Il est à présumer que le gaulois, déjà un peu cultivé, fournil'
les mots les plus doux et les plus sonores, et que les plus durtj
et les plus barbares nous viennent des Francs. Mais ils s*acco^J
dèrent à former ce nouveau langage sur un système tout
différent de celui des langues anciennes* Nous verrons aiUeuit
comment Tinfluence méridionale distingua particulièrement,
la romane provençale de la romane françoise.
Les Francs ne connaissant que la guerre et la faisant tou^
jours , laissoient les travaux champêtres à des serfs , n'ayant
aucune idée des mœurs pastorales, ni des beaux-arts, ni dfi»
autres douceurs de la société; leur caractère étant une impé-
tuosité brusque, vaine et fière; leurs oreilles étant insensibki
 ces terminaisons douces et sonores des mots latins; et leur
voix, à la fois rude et prompte, ne s'accommodant point de
(i) Le Franc, qui avoîl tué un citoyen romain, ne payoît que mille
cinquante deniers; et le Romain payoît, pour le sang d'un Franoj clen% ,
itiille cinq cents deniers^
b£ LÀ Langue Françoise. S5
iteïïib letiteur harmonieuse qui distingue les belles kngueâ , il
leur fdlloît un langage conforme à la volubilité de leur organe;
Tolubililé dont les François ne se sont jamais bien corrigés.
Leur génie étoit donc d'abréger tous les mots qu'ils emprun*
toient ; de là tient celte quantité prodigieuse de monosyllabes
françois^ Peut-être étoientnils à moitié sourds aux terminai-
sons des mots, à ces finales si heureuses pour lier les con<^
sonnes par des voyelles et pour éviter le choc des syllabes
rudes. Peut-étt*e leur oreille n'entendoit^Ie que la^syllabe sur
laquelle la voix appuyoit davantage. Quoi qu*il en soit , il est
certain que tout leur art de la parole\sc borna d abord à 1 a-
bréviation et à la ôontraction. En voici des exemples qu'on
pourroit multiplier à l'infini , et dont nous rejetterons la plu-
part dans une note (l) : dans le moi latin tUnnnum^ih n'ont
pris que la première syllabe dont ils ont fait dam ; de hra-^
chium^hras; de ^'mncn^> tronc ; de donimij don; de nomen,
nom; defiltun^ fil; de laous, lac; de laqueus ils avoient fait encore
laq, et pour le distinguer du premier on fit ensuite le mot las.
Quelle rudesse de prononciation ne fallut-il pas employer pour
(i) Jurum^ or; eoUum, col; sinus, sein ; finis^ fin; moUis^ mol;
fartis, fort; tnalum, naal; uiiguafn, ouc; versus, ver»; fenru^n^
îex; fundus, fond; ptamptus, prompt; corpus y corps; punis, pur;
durus, dur; fatuus, £at; cautvs, caut, dont on a fait depuis caUte--
Uux; ùaput, cap (armé de pied en cap); homOf hom, qu'on écri-
vait d'abord sans e mtièt, d'où estv^nu la particule on y etc. On verra,
lorsque nous parlerons des mots composés, que le même génie dévo*
râleur des voyelles y a procédé. Quant aux nM>ls formés par des
hommes plus instruits et mieux organisés, on y remarquera un autre
Systems.
M Dt3 GJÈME
faire sentit la différence de porc venu de porous , avec p
abrité de porttis ! de nudus ^ la même abréviation fit nir"'
de crudus^cmài de solum, sol; de soiidum^ sol encore
ensuite sou; de grœcus^ grec; de sanguis, sang; nnus ,
grandis^ grand ; longtus^ long; tetnpus, temps; tanPum^
tant; centutn^ cent; sonvs j son; éc^nti^^ bon; qtMfidOf
quand; ventuSj vent; annii5/ an, etc.
Qu'est-il résulté de ces abréviations? Une prononciaticni
sèche, brusque, sourde et nàzale, inconnue aux anciens,
même à la plupart des peuples méridionaux de nos tem;
modernes ; car, si les Italiens et les Espagnols, en fprmaBlt|^
leurs mots du latin, n'en ont pas pris toutes les finales, ih
en ont conservé quelques-unes , et leur en ont donné d au
tout-à-fait opposées à la nazalité gauloise. En cela ils étoiept
avertis et guidés par une oreille plus musicale. Qu y a*t-ilQi
effet de plus contraire à Tharmonie que cette foule de termi-
naisons sourdes et nazillardes, qui s'opposeront toujours â b
naissance d'une bonne musique, et qui donnent la torture aux
bons faiseurs de vers ?
Dans cette contraction de syllabes , il y a toute apparence
que les Francs ou Gaulois se conformèrent quelquefois à h
prononciation latine. Par exemple , de mvitum ils ûreA
moult, qui est la première syllabe du mot prononcée à l'an-
cienne manière; c'est encore celle des Italiens, des Espagnols
et des Allemands. De sur dus ^ fut fait de même sourd; moust^
de muslurriy vin doux; de ct^tus ^ court; de cursv^ ^ coun;
et de ctitia y cour encore; de lupus, loup; -ur^tw^ oun;
duicisj doux; gustus y goût, etc., etc. Les Latins donnoient
sans doute au v le son de Xf» puisque brevis a fait naîtra
>
DE LA LANGUE FRANÇOISE. 87
iref; cerviw, cerf; servus , serf; ovwtn, œuf, et autres sem-
dables.
Quant aux monosyllabes latins, qui nétoient pas en grand
nombre, nous les avons pris souvent tels qu'ils étoient, comme
ibsolument conformes à notre génie monosyllabique , et )e ne
lache pas que nous en ayons allongé beaucoup (i). Notre
Reux mot los étoit pris de ianis; non, de non ^ en lui don-
nant le son nazal. Ei latin a fourni et françois: qui^ qui; «tt6^
■ous, <]u'on écrivoit autrefois soubs; si^ si; plus , plus; par^^
part; ars, art^jamy jà, en le raccourcissant encore ; tnc^ti* ,
mont; fronsy front ;7>^n5, pont, en ôtant tout ce qu'il y avait
de doux , r^ j qui termine ces derniers mots. De mors ^ on a
iaît mort, et par pauvreté, de mortwuSj le même mot mort.
* Nous donnerons par la sui|e de plus amples détails sur la
formation des mots , et nous verrons comment les fabricateurs
de notre langue ont été plus heureux en d'autres occasions.
Continuons a la considérer dans son caractère primitif. Ce
caractère , comme on l'a vu , étoit la rudesse et l'âpreté. Ce fut
le seul durant plusieurs siècles; il s'est conservé dans la plu-
part des mots dont nous nous servons encore, et que Tart des
plus habiles écrivains n'a pu adoucir ; en un mot , si nous ne
. lommes pas restés barbares , c'est à une douzaine d'hommes
de génie et de goût que nous devons en rendre grâces.
Le grand nombre de monosyllabes, les consonnes rudes
étouffant les voyelles dans le même mot , les diphtongues mul-
tipliées, les syllabes sourdes et nazaies , les terminaisons sèches
ê
OU dures et mal sonnantes , tout annonce un langage formé par
(1) Nous avons formé heureusement sohitdo spl; airain àews^
gsris i mais il paroU qu'on les a tirés du génitif^
s» pu GÉNIE
un peuple ^mal organisé et d'un naturel brutal. Les belles
langues ne peuvent être créées que par des hommes sensibles
tux charmes de la musique , et dont l'oreille juste et délicate
sert à régler les sons d'une yoix flexible et harmonieuse. Or,
jamais les Francs n'eurent loreille musicale ni le véritable
goût de la musique. On sait que Charlemagne voulut en vain
le leur inspirer. Le vice de la nature étoit trop puissant. Ce ^
ne fut, par la suite, qu'à force de culture et d'éducation, qu on '^
parvint à former l'oreille d«s François; encore n'ont-ils jamais
eu de musique nationale ; ce sont des Italiens et des Allemands
qui leur ont tait goûter une musique étrangère , et peut-être
le sentiment et le génie de cet art sont-ils encore étrangers an
peuple françois.
On a observé que , par la mai^ière dont ils contractoient les
mots du latin , ils n'étoient nullement sensibles à la douceur
des voyelles ; il semble que leur bouche se plaisoit , pour ainsi
dire, à broyer des consonnes , comme dans ces mots : perd/te, i|
fUictre, a^d/te (brûler) de a^dere, et autres semblables » où i^
l'oa voit trois consonnes de suite , insupportable vice de pro« ^
nonciation qu'on ne trouve point dans les langues harmcH l
lueuses (i ). Us ne faisoient des mots que pour le besoin , jamais k
f»our le plaisir; ils cherchoient plutôt à dévorer les syllabes |
(i) Cette prononciation était un défaut d'organe particulier aux peu* k
.fies du Nord ; pour (ffandvar , ils ^nentBimovre; Statoudre^ pour ■
Stadouder. Les Francs ont suivi cette habitude dans tous les mots seni-
f
blables: à^asper^ acer^ aller ^ vester, no$tcr ^ etc. , ils ont fait âprôp,
Acre, autre 9 votre ^ notre ^ et un grand nombre de même espèce. '
^Nous verjroai en quelles clnconitaaees- cette contraction a été plus l^eu* ^
reuse. \
D£ LA LANGUE FRANÇOISE. 3»
qu'à les prononcer, et le mot le plus court étoit pour eux le
plus agréable. De là, ces monosyllabes nazillards, main, vin,
pain, point, loin, sain, gratUn, poing, coin, et une
foule d'autres qui rendent le discours si sec et si sourd quand
on n'a pas l'art de les mêler avec des mots plus moelleux et
plus sonores. De là» ces verbes étranglés du latin : croire^
croître, naître, prendre^ etc., qui, déjà durement contractés
à l'infinitif, ont un participe absolument écrasé : cru, crû,
né, pris, etc; et il y en a de plus durs encore, comme craint^
Ureint, contraint, empreint , etc. Sans cesse on voit cette
haine des voyelles harmonieuses , cette contraction barbare ,
dans les terminaisons des mots , dans les différents temps des
verbes : jaim^isse, je lusse, je crusse, je fisse, je craignisse,
je louasse , etc. , ou bien : vous aimassiez , vous cr%iLSsiez ,
vous louassiez, vous tinssiez, vous comprissiez; et c'étoit
bien pis quand on disoit vous com^prinsiezi et quand on
prononçoit toutes les diphtongues dans les mots je croyais^
]*octroyois , je charroyois, et autres pareils, m'étoit-ce pas
imiter parfaitement le croassement des corbeaux , avec lesqueb
il paroit que les Francs vouloîeat disputer d'harmonie ?
C'étoit avec la même rusticité de voix et d'oreille que , dfi
l'agréable mot vacca, ils ont fait vache et vachère; de bubui*
eus , bouvier ou bovier ; de vitulus , veau ; de eanis , chien
ou caniche ; de fœnv/m , foin ; de pastor , pâtre, etc. Voici
une observation plus importante : de leur mépris pour les
travaux de la campagne , abandonnés à ce qu'ils nommoient
les vUlains , est venue la rusticité de la langue dans presque
tout ce qui concerne l'agriculture , rusticité dont on n'a jamaii
jpu effacer toute la rouille, et qui a interdit â nM bon» eu«
4o DU GÉNIE
teurs des sujets aussi utiles qu'agréables, comme elle a res^
serré pour eux dans des bornes fort étroites le champ des
peintures les plus heureuses , et dans lequel les anciens ODt
fait leurs plus riches récoltes.
Remarquez aussi que le jardinage ayant été cultiTé par des
hommes moins grossiers et moins méprisés, les termes de
cette culture ont été moins durs et moins ignobles. Tant il est'
vrai que la formation du langage tient des mœurs. Mais le soin
des troupeaux ayant été le partage de la plus pauvre classe
des viUains ^ cette occupation , la plus noble et la plus digne
de rhomme, ayant été, pour ainsi dire, le rebut de lagricul-
ture , les termes qui lui sont propres , et qui sont les pias
agréables dans les langues anciennes , ont été les plus tiIs et
les plus rustiques parmi nous; aussi la véritable poésie pas-
torale nous est-elle aussi étrangère que les mœurs pastorales.
Les auteurs qui ont voulu composer des bergeries et des églo«
gués, ne trouvant pour ce genre qu'un langage ingrat et
grossier, se sont re jetés sur les lieux communs de la vie
' champêtre et principalement sur les sentiments de 1 amour,
qu'ils ont poussés trop souvent jusqu'à une ridicule galanlerie*
' Le même mépris pour tous les arts mécaniques a ocoa-*
sionné la même grossièreté dans la formation des termes re->
latifs à ces arts. Chaque espèce d'ouvriers a fait la plupart des
mots pour nommer ses outils, et les différents procédés de
son art ou de son métier. Si ces artisans eussent vécu avec des
hommes plus instruits, au lieu d être relégués dans leurs ate-
liers; si eux-mêmes a voient eu un peu de cette culture qui
développe le goût naturel, ils auroient donné à leurs instru-^
ments et a leurs travaux des aoms mieux façonnés et mQÎM
DE LA LANGUE FRANÇOISE. 4i
rabotteux; ils aur oient été guidés dans cette nomenclature
par une oreille plus difficile , ou par le goût des principaux
citoyens qu'ils auroient fréquentés. G'e$t ainsi que , chez les
anciens, les artisans, quoique la plupart esclaves, étant ins->
traits et surveillés par des citoyens plus distingués , n avoient
point un idiome à part, dont les termes ne fussent connus
que deux seuls, et ne fussent usitéa que dans leurs bouti-
ques. Ces termes d arts , nés plus heureusement , connus et
adoptés par la famille commune , ne déshonoroient point la
langue mère , et figuroient partout où ils avoient occasion de
se montrer. Les philosophes , les orateurs , les poètes ne dé-
daignoient point de parler des arts mécaniques ; ils tiroient
de la leurs descriptions , leurs comparaisons , et se servoient
des mots techniques qui n avoient rien d'étrange , ni de bas ,
ni de rebutant pour ces oreilles si délicates. Homère et Pla«
ton sont remplis de ces détails mécaniques, exprimés avec
autant d'exactitude que d'élégance et d'harmonie. Cette partie
du langage , qui est très-considérable , nous est presque toute
interdite par la barbarie des locutions dont l'origine est si
ignoble , et qu'on ne s'est point avisé de dérouiller, ni de polir
dans des temps plus heureux. Voilà , sans doute , une nouvelle
source de pauvreté pour la langue françoise; et nos traduc-*
tiens, à cet égard , seront toujours des parodies de l'antiquité.
Mais comment les nobles Francs auroient-ils contribué à
polir le langage des arts mécaniques et champêtres qu'ils
mëprisoient , puisque, dans l'art de la guerre, dans l'exer^
dce de la chasse, dans toutes leurs occupations, et tout ce
qui avoit rapport à eux-mêmes^ ils n'a voient pu se former un
idiome plus distingué que celui du peuple?
d
\
4ft DU GËNIK
Y a-t-il quelque chose de plus barbare dans la langue fran**
çoise que les termes du blason^ que la plupart de ceux de
la vénerie, de la fauconnerie, et même que beaucoup de
mots relatifs à l'art militaire? Quelle autre cause en peut-on
assigner que ce mépris farouche pour toute instruction , et
leur goût favori pour la plus arrogante ignorance? Les pre-
miers héros de Fantiquité aimoient les beaux-arts, surtout la
poésie et la musique; ils aimoient les poètes, les chantres de
leurs actions, qu'ils admettoient parmi eux. De ce commerce
résultoit naturellement un langage noble, poli ,. harmonieux.
Les nobles Francs étoient insensibles â ce charme , à ce goût
des belles âmes , que Charlemagne avoit , et qu'il voulut en
vain leur faire partager. La gloire d'un si grand honitme ne put
être , comme il l'auroit voulu , celle de la France ; et son loDg
règne ne fut qu'un sillon de lumière dans cette nuit de bar-
barie qui s'épaissit encore quand ce grand flambeau du Nord
fut éteint. »
Les mœurs générales entretenoient donc et fortifioient If
caractère barbare imprimé isur les arts et sur le langage
Qu'étoient les boui^eois, sinon les rustiques imitateurs i$
leurs maîtres ignorants et grossiers? 11 y avoit un peu j^
d'étude parmi le clergé ; mais cette foible instruction se reih
fermoit dans la langue latine , et ne tournoit guère au profit
de la langue usuelle. Leur science d'ailleurs se borna lonf
temps aux chicanes de la théologie et des tribunaux; ils Ji|
forgèrent, pour ces deux sciences litigieuses, i^n jargon lalk
presque aussi barbare que le françois d'alors : et de plui^
quaod ce jargon de l'école et du barreau vint à se franciser^
il conserva son ancienne rouille v qu'H a conservée presqai L
DE LA LANGUE FRANÇOISE, 45
toufè entière, comme une chose sacrée, jusque dans les siè-?
clés les plus polis , où Ton a vu la procédure hérissée et;
Jbiideuse étaler tout ce qu'elle a voit de plus sauvage et de plus
gaulois à côté du purisme de Patru^ des Lfemaitre et des
Cochin.
^ Il faut avouer que le barreau , où paroissoit devoir se dé-
velopper le talent de la parole, fut une des causes principales
qui prolongea la durée de la barbarie du langage. Cette car-
rière fut toujours celle où se jettent la vanité et la cupidité
bourgeoise, pour se soustraire à l'oppression des grands, et
pour parvenir à les égaler en richesses , après les avoir dé-
graissés par la chicane. Le grand art étoit de se faire un laby-?
t rinthe inextricable de formes processives, où ils pussent en-
^ lacer leur proie, de manière qu'elle ne pût leur échapper;
^ et pour cacher cette pratique dans une impénétrable obscu-r
'^^ rîté, il leur falloit, comme aux filoux, une espèce d*argot
'- dont eux seuls eussent le chiffre et Tintelligence. Tel fut le
^ jargon dé tous les actes judiciaires, de tous les contrats qui
^ renfermoient dans leurs ténèbres une semence féconde de
îprocès qui s'engendroient les uns des autres. Ce jargon inin*
^ telligible à quiconque n'avoit pas dévoré la poussière des
jétudes de la chicane, étant devenu un moyen prompt et sûr
de rapine et de fortune , toutes les familles bourgeoises vou-
lurent s'initier dans ces mystères de brigandage , et la France
fot bientôt couverte de praticiens aussi vils qu'insolents, qui
IKUSprisoient tous les arts honnêtes . et n'estimoient que leur
savoir cauteleux et lucratif. Il est bien vrai qu'ils étoient en
' butte aux avanies de ces mêmes grands qui ne pouvoient se
} passer d'eux , et qu'ils étoient en horreur au petit nombre 4e
44 I>U GÉNIE
bons esprits qui ont toujours fait pleuvoir sur eux le ridicule
el le mépris; mais ils se soutenoient par leur grand nombre;
ils se consoloient de Tinjure par la richesse, et montroient un
dédain féroce pour tout ce qui n'étoit pas de leur ressort.
Leur emploi étant recherché et considéré de la classe moyenne,
qui est la plus nombreuse , ils portèrent dans la société leur
morgue, leur dureté, le mépris des beaux-'arts et leur bavar-
dage barbare. Ce caractère n a jamais changé. Quelques hom-
nies [se sont distingués de temps en temps, au barreau; par
des vertus et par des talents ; mais tout le reste a conservé
l'arrogance , l'ignorance , l'esprit de domination et de rapine
de leurs plus anciens devanciers. L'histoire littéraire a con-
signé plusieurs exemples d'hommes de génie et de mérite,
qui , poussés dans cette carrière par leurs parents , s'en sont
éloignés dès leur première entrée avec adtant d'horreur que
de dégoût. Sully sembloit prévoir combien cette race orgueil*
leuse de brigands devoit être funeste à la France, quand il
engageoit son royal ami à rabaisser leur vanité , et à rogner
Jteurs griffes. Richelieu voyoit combien leur esprit et leur ja^
jgon de chicane étoit opposé aux beaux-arts, à la noblesse, à
la pureté du goût et de la langue , quand il les exclut nommé*
ment de l'Académie françoise.
Parmi tant de causes qui sembloient devoir perpétuerai^
jamais l'ignorance du peuple franc et la dure pauvreté de A y
langue , il se trouva , dans le caractère de ce peuple , deux '
qualités naturelles qui , en s'épurant peu à peu , dévoient pro*
duire à la longue les plus heureux effets. L'une de ces qmalité»
étoit la valeur : d'abord, impétueuse, violente et farouche,
mais réglée ensuite par des aentiments d'honneur , d'amour
\
DE LA LANGUE FRANÇOISE. 43
et de religion , elle n'en eut que plus d'intrépidité , et devint
humaine , généreuse , magnanime. L'autre qualité , plus in*
time encore , puisqu'elle prit son nom du peuple même qui
lui donna le plus d'éclat, fut la franchise, qui, à mesure
qu'elle perdit de son âpreté, offrit tout ce qu'il y a de plus
beau dans la loyauté , et de phis aimable dans la candeur , en
y ajoutant cette saillie de vivacité, qui avoit pris sa source
dans une pétulance particulière à la nation. Cette vivacité est
le plus heureux don que la nature puisse faire aux hommes
pour les rendre aimables , quand ils savent la régler ; car elle
donne le caractère de l'inspiration et du sentiment à des ver-
tus , à des actions nobles , qui ne paroissent , dans les esprits
froids et tranquilles , que le fruit de la prudence et de la
réflexion.
Les semences d'héroïsme que Charlemagne avoit jetées dans
la nation , ne furent pas perdues , quoique long -temps en-
fouies sous les ronces et la stérilité des règnes suivants. Son
exemple, et celui de son neveu Roland, fut une forte impulsion
qui fit naître cet esprit de chevalerie, quelque temps isolé,
mais qui , se communiquant de proche «n proche, se répandit
ensuite dans toute l'Europe , où il fonda , pour ainsi dire , une
république errante , dont les lois étoient celles de Thonneur
franc et loyal , et dont les François furent les premiers et les
plus brillants modèles. Le même motif qui avoit armé les
. héros de l'antiquité, le soutien de l'innocence contre les op-
presseurs et les brigands , mit aussi les armes à la main aux
. héros modernes , et cette héroïque générosité prit encore un
caractère d'enthousiasme plus éclatant par cette chaleur de
jelîgîon et d'amour qui l'animoit. Ce fut la chevalerie qui
retira les nobles de cette vie brutale ou leurs esprits s eùcîur-
(cissoient et se rouilloient ; ce fut elle qui forma les liens d une
isociété plus douce , qui humanisa le cœur des hommes par
l'aménité dés femmes, et fortifia lame du sexe par la magna-
tiimité de leurs adorateurs. Ces sociétés de chevalerie prirent
un caractère à la fois auguste et aimable; les conversations
habituelles prirent aussi un ton plus aflTectûeux et plus élevé;
les formes du langage s'adoucirent et s'ennoblirent; Le» ré*
ceptions, les fêtes introduisirent les chants, les vers et les
troubadours. Des chevaliers furent troubadours eux-mêmes.
Tel fut l'âge d'or des mœurs ^ de l'héroïsme et de la galante-
rie parmi les François. Les exploits, les aventures amoureuses
des héros furent le sujet des chansons et des fabliaux. Ce
genre de contes où les François ont excellé sur tous les autres
peuples , tenoit à leur ancien caractère , et à leur curiosité
natuHîlle pour tout ce qui étoit singulier et nouveau. Ces
différentes peintures faites sur des nfodèles vivants, inspirées
inême par leur présence, par leurs entretiens, par leurs ré-
fcits , par la chaleur de leurs sentiments > eurent un air de vie
tet de vérité supérieur à toute autre imitation faite sur des
traditions historiques. Aussi le fond de ces narrations est-il
admirable par là, et ce mérite de la vérité, le premier dé
tous en fait de conte, n'at-il jamais été surpassé.
Ce fut alors que la langue françoise connut son i>remîer
^énie ; car jusque là elle h'en avoit point eu. Ce génie origi-
taal étoit un mélange de franchise , de saillie , de sensibilité et
de grâce ingénieuse ^ où l'on ne sentoit ni travail, ni recher-
fche, ni affectation d'esprit et de savoir, mais le seul épanche-
taent d'une âme loyale, tendre et gaie. Ce caractère toutpar^
DE LA LANGUE ÏRANÇ0I5E* 4y
ticulier fut désigné sous un nom qui n'appartient proprement
qu'à la nation françoise; c'est celui de naïveté. Cette naïveté
a quelque chose de ce beau naturel antique, sans en avoir
toute la pureté, ni toute la perfection; mais le naturel des
anciens n'a pas non plus ce demi-sel doux et piquant, cette
gaieté tendre , ce je ne sais quai de franchise riante qui tient
à la naïveté gauloise. Les anciens n'ont rien qui ressem--
ble à nos fabliaux, ou contes, à nos madrigaux et épigrammes'
marotiques, à nos rondeaux, a nos vaudevilles. Dans tout le
reste nous avons été leurs imitateurs; par la naïveté, nous
Sommes originaux. Remarquez aussi que cette naïveté tient à
des mœurs originales , et que , pour tout le reste , {\ la comédie
près , nous n'avons pu trouver de modèles que dans les mœurs
anciennes. Ce n'est pas que , si la langue eût été auisi noble
que iiaîve; si, du temps de nos mœurs héroïques, elle eût
réuni l'élégance et l'harmonie , nous n'eussions pu avoir un
Homère et un Eschyle; car c'était peut-être la seule époque
favorable pour l'épopée et la tiagiîdie nationale : mais la
chevalerie, dont ïes conaiissances étoient très -bornées, ne
put produire tous les miracles à la fois ; ce fut beaucoup qu'elle
fît connoitre à des barbares la véritable grandeur dame, les
douceurs de la société mêlées aux plaisirs de la gloire, les
plus pures délicatesses de b^ galanterie, le goût des conversa-
tions aimables et heiméteSt et celui des vers et de la musique.
Enfin, noire languie lui doit ce premier caractère original, ce
génie de naïveté qui l'a distinguée de toutes celles de I Europe,
et peut-être de toutes les autres nations anciennes et modernes.
On me dira que la chevalerie s'étant répandue chez tous les
. peuples européens, auroit dû produire partout le même effet.
48 t)U GÉNIE
tl est certain que cette institution héroïque fut pour toild tiA
grand commencement de civilisation, et que tous les peuples
de l'Europe lui doivent bien des années de gloire. On verroit»
à cette époque y les premiers éléments de la grandeur esp£H
gnole et de la politesse italienne, dont les progrès furent
même plus rapides qu'en France; mais les divers caractères
de ces nations imprimèrent à leurs langues un caractère diffé-
rent ; et n'étant point douées par la nature de cette aimable
vivacité , de cette gaieté franche et ingénue qui caractérisoit
les François], elles n'eurent point non plus en partage cette
espèce de naïveté qui étoit toute françoise.
S- ni.
FormaUon des Mots. — Non/veàttx développements.
On ne peut bien approfondir le génie d'une langue , sans
avoir attentivement observé le génie , l'esprit et les mœurs du
peuple qui Va formée. Nous reviendrons souvent à cette
double application des tnœurs au langage , et du langage aux
mœurs» Cette manière nouvelle d'envisager la grammaire^
répandra peut-être Un intérêt tout nouveau sur une science
un peu sèche par elle-même, et naturellement ingrateé On verra
que l'histoire familière ^ et pour ainsi dire domestique , d'une
nation , que son histoire même niorale se trouve dans les mots
qu'elle a créés ou adoptés , comme signes de ses sentiments et
de ses idées. On verra, dans le cours de cet ouvrage ^ la langue
française s'ennoblir , s'épurer , se polir insensiblement avec
les mœurs , et enfin se corrompre et se dénaturer comme elki«
DE LA LAKGOE FRANÇOISE. 4é
Remontons encore à son origine , et ne nous lassons point
tfétudîer son premier caractère. Le caractère primitif est dans
]es langues , comme dans les peuples, la source de leurs bonnes
et mauvaises qualités. On corrige jusqu'à un certain point les
défauts naturels ; on ne les détruit point. Mais on peut perfec-
tionner ce que le naturel a de bon ; et , ^en corrigeant d une
part , en perfectionnant de l'autre , on fait peu à peu , arec le
temps, d'une nation ingénue, mais grossière, d'un idiome
rustique ^ mais naïf , une nation et une langue aimables et
polies^
Nous avons vu que l'abréviation ou contraction des syllabes
dans les mots empruntés des autres langues , et surtout de la
latine, a été le premier instinct de notre idiome franc; instinct
malheureux en beaucoup de choses , puisqu'il a multiplié
prodigieusement les monosyllabes , les homonymes ; qu'il a
dévoré les voyelles harmonieuses , et entassé les consonnes les
plus rudes à l'oreille; mais heureux en d'autres occasions,
où il a augmenté le son imitatif , substitué des terminaisons
plus sonores et plus brillantes , et surtout facilité la précision
et l'énergie du discours. U est donc indispensable , pour bien
parler , pour bien écrire et même pour se former une oreille
fine et musicale , de connoitre les nombreux désavantages de
cette contraction , et les avantages assez considérables qu'elle a
produits, afin d'éviter les premiers autant qu'il est possible,
ou du moins d'y remédier par toute sorte d'adoucissements ,
et de tirer des seconds tous les secours qu'ils nous présentent
pour la noblesse , la force et l'harmonie du langage.
* Quand on a parcouru les livres de nos vieux écrivains, il est
dise de voir que celte duré contraction , féconde en mots
5o DU GÉNIE
ingrats , en a fait avorter un grand nombre , et qu elle en a
condamné beaucoup d'autres à lobscurité ou à l'usage trivial
du langage populaire. L'oreille devenant plus difficile a rejeté
apte y abrégé d'aptv^ y en conservant aptiVade , et ensuite
inepte formé ^ineptnis ; car nous verrons que les mots con-
tractés en deux ou trois syllabes ont eu généraleaient une
meilleure fortune que les contractions monosyllabes. Horri^
dnis est un très-beau mot latin ; il étoit défiguré dans le mono-
syllabe ord , qu'on a négligé, en faisant grâce à son dériifé
ordure ( ). Si l'on na pas proscrit le mot rut , extrait
. supin de rv^ere ^ c'est a cause de son expression imitative,
mais on l'a relégué parmi les termes grossiers, et ruer s'est
sauvé dans le style familier (2). Qu'y avoit-il de plus bar
que mut ^ syncopé de mutus ? La voyelle e , heureusement
intercalée, en a fait le dissyllabe tnite^^ un des plus jolis moii
de la langue ; et avec mut a péri mutir^ qu'on a rempbcj :.
par taire ^ autre abréviation moins sourde de tacere, La
douce terminaison de elore formé de claudere^ l'a consenc
long-temps en faveur; peut-être méritoit-il mieux de nous
(1) Ce mot si bas n'est pas sans harmonie : il y a telle image simple et I;
satirique où il peut trouver sa place, comme dans ces vers de Thé(H 1*
phile i
De même Taraiguee , en filant son ordure ^
Use toute sa vie^ et ue fait rien qui dure.
(2) La Fontaine > en badinant, a dit:
Cependant on fricasse , on se rue en cuisine*
Mais avec ce mot ruer, on ne rendra jamais le beau trait d^llorace:
In me tota ruit Venus, Heureux les imitateurs qui trouvent de» éqnn
valents pareils à celui de Racine !
C est Venus toute entière à sa proie altache'e.
bE LA LANGUE FRANÇOISE. Si
rester que dos^ moins agréablement abrégé de clausum. C'est
encore la voyelle é ajoutée à clore ^ qui nous a donné ces
beaux mots éclore^ édos; c'est-à-dire, cesser d! être closl
Nous détaillerons par la suite les nombreux service» qu'a
rendus à notre langue cette heiu^euse voyelle, soit accentuée,
Boit muette.
C'est en vain que la Bruyère regrettoit , et que la Fontaine
«mployoit quelquefois le vieux mot est , abrégé dOiosHs , ou
de l'italien oste; il est si dui* à prononcer ; il est si difficile à
placer d'une manière supportable à l'oreille , ^qu'il a dû périr*
Comment le bon la Fontaine croyoit-il le faire revivre , en di-
^%ant : On vit presque détruit Vost des Grecs ? Dès qu'on eut
^^t le mot noble et sonore armée du latin àrmata , est ne
'<jK)uvoit plus se soutenir. 11 en a été de même de rais formé
^durement de rcdius^ ou de l'itatien rai y et que rayon a fait
disparoitre. Fai , quoique plus doucement abrégé de vaUis ^
a cédé aussi la place à vallon; ainsi que fame^ de fama^
à renomtnre ^ quoiqu'on ait gardé les dérivés mal famé ^
diffamer. Plaints de planctus , a disparu devant plaintes.
^ffre ^ vieux mot imitatif qui a produit affreux , n'a pu être
I^établi par Bossuet , lorsqu'il a dit avec énergie les affres de
€a mort. Bris nous a valu briser ^ et débris lui a succédé.
Coulpcy de culpa a subi le même le sort, sans être aussi bien
remplacé par faute ^ ou péchés qui n'entre point dans le
langage noble, et qui ne lui laisse aucun moyen d'exprimer
l'idée que ce mot présentoit. Il est à remarquer que les dérivés
inculper ^ disculper, quoiqu'on les ait conservés, n'ont pu
triompher du vice de leur origine , et n'ont guère été admit
"'dans le haut style. Ce n'est que dans une satyre, et encore dans
Si Dû GÉNIK
6a dernière sur Y équivoque , que Despréaux a dît un peu
durement :
Pour disculper l'impur , le gourmand , renvieux.
Heurt y abrégé du mot italien urto , a été remplacé par
i^oo y quoiqu'il fût plus imitatif j mais comment le prononceri
même dans ce vers de la Fontaine? Un heurt s'wrvisfiA»
Adieu le char. Si vous faites sonner \e t , vous déchirez To-
reille ; si vous en supprimez le son , c'est une cacaphonie.
double vice l'a fait réprouver; mais son dérivé heurter ^
garde l'avantage de l'aspiration en prenant une terminaison
plus soutenue , sans être moins forte , est un des mots les pi
favorables â l'imitation , et beaucoup plus que choquer , doi
- la première syllabe est étouffée par ce mauvais son du ch^
plus désagréable de notre prononciation , et par lequel tant
mots françois ont été avilis , comme nous le dirons ailleurs. I ■
n est aisé de se rendre ainsi raison du discrédit et de
désuétude où sont tombés une foule de termes monosylla-l ^
biques dont nos vieux auteurs sont remplis. Une oreille rus-J -
tique les avoit formés, une oreille plus délicate et plus exercée
les a proscrits. Si l'on demande pourquoi elle n'en a pas rejelf|.^
de même plusieurs autres non moins durement contractés,!
comme 'perdre y pendre, rend/re ^ prendre, etc., où troil
consonnes consécutives font frémir l'organe de l'ouïe , awfl
bien que celui de la parole , sans aucune intention imitatiie*,!^
nous répondrons que la nécessité seule les a conservés , parce **
qu'il n'existoit pas de formes pour des mots plus heureux,
afin d'exprimer les mêmes idées. Il étoit impossible de tirer
aucun parti à' amittere ^ ^omv sid)Stituer à perdre, ni de ca'
DE LA lANGUE FRANÇOISE. 5î
père, pour reisïplacer prendre ^ quavoit donné prehendere»
Redonner auroit pu tenir lieu de rendre, s'il n'y avoit pas
eu des occasions où les nuances entre eux étoient fort diffé-
rentes ; car si l'on redonne plusieurs fois la même chose , ou
ne redonne pas ce que l'on a pris , on le rend. Quant au mot
pendre , on s'est contenté de l'adoucir et de l'ennoblir par
le composé suspendre , dont la première syllabe soutient la
^oix et diminue la dure sécheresse du monosyllabe. Au reste »
il suffit d'être averti de la dureté de ces termes et de leurs
semblables , dont on ne peut se passer , pour les environner
dans le discours de termes plus doux et plus sonores , pour
' éviter de les placer à la fin d'une phrase , et pour diminuer
^i'âpreté de leur terminaison par des élisions favorables. Jamais
''par exemple, une oreille harmonieuse ne finira un vers par
" cet hémistiche révoltant : je vois ia dièvre pendre , qui dé-»
chire deux fois de suite l'oreille par le rapprochement barbarç
de deux mots si barbarement contractés ( i ) .
C'est à l'écrivain habile d'adoucir la rigueur de la nécessité ,
qui se fait sentir trop souvent dans notre idiome formé par
des oreilles grossières , qui nous ont mis , pour ainsi dire ,
sous le joug de leur première ignorance. Il n'existe peut-être
dans aucune langue aucun terme plus dur que dextre , pris
du latin dextera. Cependant il étoit utile , puisqu'il n'étoit
(i) On peut se plaindre aussi de tendre venauït detener^ et dont le son
est si opposé au sentiment qu'il exprime ; outre le défaut d'homonymie
avec le verbe tendre de tendere. Le dur adjectif teiidre a du moins été
adouci par tendresse, qui vaut mieux que teneritas, ou ténéritude.
Ceux qui ont voulu faire tendreté ou tendreur , avoîent de terribles,
oreilles* £d prononçant dt pareils mots» on croit broyer des cailloux.
54 b\] GÉNIE
pas suppléé par celui de main y si Ton n'y joignoit ladjectlff
droite ^ ce qui en fait une locution triviale. Despréaux ayant h
à peindre, dans son Lutrin j laction gravement comique du
prélat qui n a pour dernières armes que sa bénédiction pour
terrasser ses ennemis triomphants , et se voyant obligé de
désigner la main bénissante , se garde bien d'employer la]
locution vulgaire, main droite; il ne fait aucune difficulté!'
de tirer de Toubli un mot disgracié, auquel il donne une phy^
sionomie nouvelle et plaisante qui le réconcilie ayec le lecteur!
par cette image où il tient si bien sa place :
Mais bientôt rappelant son antique prouesse ^
Il tire du manteau sa dextre vengeresse 9
Il part, et de ses doigts saintement alongés,
Bénît tous les passants en deux files rangés.
Cet exemple sert à confirmer le précepte de l'art poétiqiM
sur le pouvoir d'un mot mis en sa place j et à nous éclairer
sur la manière de rajeunir des expressions nécessaires que leur
dureté faisoit négliger. Régnier avoit été moins heureux lors^
que , voulant faire revivre le même mot, il le plaça dans une
image noble , en parlant de Henri-le-Grand ,
Qui de tant de ligueurs par sa dextre vaincus ,
Au Dieu de la bataille appendait les écus.
L'adverbe dextrement^ dérivé de dextre, étoit d'autant
plus malheureux qu'on pouvoit s'en passer. Régnier, dans cet
autre vers ,
Manier dextrement les desseins de nos princes^
a eu beau l'entourer des mots les plus doux« il n'ai pu le faift
DE LA LANGUE FRANÇAISE. 55
flupj^rter; mais dextérité^ pris entièrement de dexteritas ^
à fait fortune, d'abord dans le style familier, comme dans ces
vers de la comédie du Mentev/r :
Et i^avais ignoré, monsieur, jusqu*à ce jour,
Que la dextérité fut un crime en amour»
Et ensuite Racine l'a jugé digne de la noblesse du style
€ra^que , en lui donnant place , pour la première fois , dans
son Athalie :
Autant je les charmois par ma dextérité.
Dérobant à leurs yeux la triste vérité.
Cette contraction des syllabes , caractère primitif de notre
langue , et confirmée par tant d'exemples , étoit un principe
d'autant plus nécessaire à bien établir , qu'il sert à découvrir
])eaucoup d'étymologies dont lui seul donne la clef. Con^ment
trouver l'étymologie de jadis autrement que par la contrac-
tion de deux mots réunis ensemble ? Il est évident que jà,
terme marotique ennobli par déjà^ est l'abrégé àejàm^ et
qu'en y joignant dis abrégé aussi de dies ou de diii,^ on a
toiïvposé jadis qui a la même signification <\\xejàm diû. Ce
composé si heureux et si court renferme la valeur de ces trois
mots : déjà depuis long-temps. La poésie a donc bien raison
de le préférer à autrefois^ dont l'éloignement du temps est
moins déterminé.
On ne peut pas douter qu'une contraction violente n'ait
formé prêtre du grec preshuteros (i) , vieillard, et sûr du
•
(i) Nous écrivons les mots grecs en caractères conuauQS^ pour oc
; pas e£Esuroucher ceux qui ne Usent pas le grec.
$e D^GÉNri
latin securus , abrégé lui-même c^e sine (yura. De S'ùr est
dérivé sUreté^ que Malherbe ne trouva pas suffisant pour
rendre toute l'idée que donnoit seaaritaSy dont il fit aisé-
ment sécurité. En effet, le courage peut inspirer de la séour
rite à un homme qui n'est pas en sUreté ; et Ton ne dirolt
pas une dangereuse sûreté , comme on dit une dangereuse
^écv/rité. C'est ainsi que la formation d'un mot nécessaire en*
richit en même temps la langue de nouvelles idées.
Le substantif mue (la mue des animaux) est aussi une'j
abréviation de mutare, dont on avoit fait le verbe ^nu^r^ auquel
on a substitué changer^ de l'italien camàiare; mais le dérivé
remuer s'est conservé, en exprimant à la fois l'agitation et^
le changement. Ainsi Amyot a dit : « Annibal, réduit à
» sauver de son pays, rem.ua l'Orient contre les Romains, et
» attira leurs armes en Asie. »
Le terme si expressif de Tnriràtre n'a pas d'autre étymol
que la contraction des deux mots latins m.ater atra ( mèrt.1
cruelle ou atroce ) , qui ont si bien servi à n'en compoi
qu'un seul. Danger est composé de même de damn/am
agere (faire ou encourir dam, ou dommage) \ et voyager,
de viam agere. Souple est certainement le premier*mot
formé de supplex ( i ) ; ce n'est que par la suite qu'on a fait
su/ppliant du génitif suppUcis^ î)u Aq sv/pplicans : l'étymo^
logie de souple est bien conforme au caractère altier dei
r ■
(i) Il faut toujours se souvenir que Vu se pronouçoit ou, et se pio*
nonce encore partout de même, excepté parmi les François, le seul
peuple qui ait adopté le sou de Yu^ si difilcile pour les étrangers qui
apprennent notre langue.
DE LA LANGUE FRANÇAISE. 57
lauloiSy qui ne yoy oient que de la sov/ples$e dans Thumble
posture d'un stippliant.
Chef est pris également de la première syUabe du grec hé-
phalé, tête , comme prince du latin prineeps {prinium con
mit^ premi^ chef). Ainsi, les deux mots latins si resserrés
2n un seul, le sont encore davantage dans le mot françois,
|ui ne présente plus aucune image de son étymologie. Ron-*
»ard l'auroit conservée dans prim-chef; mais ce vieux tern^
ftritn^ abrégé de primus, ne nous est resté que suivi d'une
voyelle qui l'adoucit, dans primahord^ ou dans le verbe
primer^ et dans les substantifs prime et primeur.
La Fontaine, qui regrettoit le vieux mot engin ^ ne songeoit
point sans doute à son origine. 11 est bizarrement contracté
^ingenium,^éme ou esprit naturel. Les Gaulois, adorateurs ^
de Mercure , croyoient donc qu'^n instrument de ruse , un
piège à prendre des dupes, étoit une invention ingénieuse.
Quoique Froissart lui ait donné un sens plus honnête , en
disant : un engin clair et aigu , pour un esprit lumineuse
et pénétrant, sa signification générale est assez indiquée par
son dérivé engeigner, tromper, comme on le voit dans ces
anciens vers, cités par la Fontaine :
Tel cuide engeigncr autrui,
Qui souvent %^cngeign& soi-même.
Uinganno des Italiens a été formé dans le même sens et
ims doute dans le même esprit, car ce peuple ne l'a jamais
cédé aux François pour cette espèce de génde.
Obsèques nous fournit une étymoli^ie singulière qui sert
encore â expliquer le caractère national. Groiroit*on qu'un
terme employé pour des cérén|ionies funèbres ait été em->
5« DU GÉNIE '
prtmté d' ob3equvum.{i) qui ne signifie guère autre chose
complaisance? Étoît-ce donc par complaisance que
ancêtres stdvoient les funérailles de leurs parents ou de 1
amis? Ce devoir, si sacré partout ailleurs, et même parm
sauvages, étoit-il si peu respecté des Francs? L'histoire de
mœurs nous prouve que la religion elle-même n a pu y j
cher cet intérêt que la nature inspiroit aux autres peuj
puisquen certaines villes de France les femmes étoient
pensées d accompagnier le convoi des morts , et que la b
séance , dans tout le reste de cette pieuse cérémonie ,
beaucoup plus présidé que la douleur, jusqu'au moment
la bienséance et l'humanité même en ont été bannies, et q\
à )été les corps humains à la voirie, comme ceux des au
animaux. *
Dans quelques-uns des exemples précédents , on a déjà
en quoi l'abréviation des syllabes avoit heureusement c
tribué à la formation de certains mots composés ; il est !
d'en faire voir les autres avantages , qui ne balancent pas t
les inconvénients d'un pareil système, mais qui prouvent
moins les ressources que des hommes ingénieux en on
tirer.
Non-seulement les Francs étoient insensibles à ces tei
naisons pleines et sonores du latin , que les Italiens et
Espagnols ont empruntées en partie ; mais leurs oreiller
trouvaient choquées du retour continuel des mêmes fin
en us , en ura yÇXL a^^ni^^vi os , en a^ ^ etc. Ils les p
crivir^nt presque toutes par l'abréviation et la contraction
(i) Du verbe sequi» suivre.
DS LA LANGUE FRANÇOISE. 5^
airquèrent pour quelques-unes tant d aversion , qu'ils y atta-
àoient une idée de pédanterie; ils semblent n'avoir gardé
ins certains mots la terminaison latine que par dérision,
mme dans bUrus ^ oUhrius , mordicus s rélms ^ et , même
SIS les noms propres , ils préférèrent long-temps Brute à
HilM», Scévole à Scévoia ^ Tite à Titus ^ Gracque à GraC'»
«M. Aujourd'hui l'on dit encore les Gracque s , etc. fls
envoient la brièveté de leurs mots et la diversité de leurs ter-
kiaisons plus conformes à leur vivacité, et plus agréables à
irs^ oreilles. L'agrément s'y est trouvé en certains cas un peu
•p rare ; mais l'avantage de la diversité est remarquable. Eu
bt, chaque finale uniforme, soit dans les noms , soit dans les
Pbes latins, disparoissant par le moyen de la contraction, il
résulte une infinité de terminaisons différentes. Ne prenez
Inr exemples que les noms en us, et en wm, vous verrez
Wlus, faire nul; bonus y bon ; vann/us , van ; ci/rcus , cirque ;
^MTCuius^ cercle; cervu^y cerf; amious, ami; iupuSy loup;
)Mus^ dévot y ou dévoué; darus , clair; genus, generis»
ppe; rigiduSj rigide; chorus ^ chœur; terminus ^ terme;
vu^rus, trésor; th/ronus^ trône; vivus ^ vif et vivant; fcu^
fat; aitusj haut et altier; cu/rtus^ court; nid/us ^ nid;
nud; fUiuSy fils; torPus^ tors, ou tortu; paUidus,
\; osyhMj asyle; exteinvus^ externe; pondus ^ poidîf; /en-
tent; agnusy agneau (de l'ablatif a^no ) , etc. Wovei^evte^
faire temple ; cc^um^ ciel ; ovum^ œuf; oraculiim. j^
i; sign/wm^ signe; vinum,, vin; a/uru/m,^ or ; argentunij,
:; regrvum, règne; paiatium ^ paAais ; testimonium,
lignage; metaiiumt , métal; monstruniy monstre; fr^ \
•f irein; sufpiidwnj, supplice; wnsUiimi, conseth P]
6o DU GÉNIE
itrni j fil ; praPum ,, pré ; donvnn ^ don ; tnandaUmi ^ mai
factumij fait; edictunij édit;/b4iumj feuille; ferrwm,
tropayum y trophée ^ etc. ^
Il eu est de même des autres terminaisons latines,
chacune desquelles les terminaisons françoises sont infinii
multipliées ; mais il faut dire aussi que les déclinaifoqs i
* conjugaisons des Latins, indépendamment des autres a
tages qu elles procurent à leur syntaxe , leur donnoie
moyen de varier les finales , et de répéter le même mot
un son difiërent^ de sorte que ces répétitions n'ont rie
fastidieux , et souvent même ont de la grâce ; au lieu qu
mots fra^çois se présentant toujours sous leur même t
et avec leur même son, importunent et fatiguent l'oreille q
ils reviennent trop fréquemment. Par exemple, Despréi
daj^ son Art poétique , ayant sans cesse à parler d'art
ver9 jf est obligé de ranijepei? ces motç à tout moment , •
les faire reparoitre plusieurs fois daps une seule page. Qm
soin qu'il prenne de varier les tournures , il ne peut var
;son d^ûiTt et de veir^ qui se reprofiuit à l'oreilLe d'une ma
uniforme. Mais Horace ayant huit combinaisons dans le
férents cas 4*ar^ ^\ Carmen^ peut les employer beau
plus souv^t^ d|ans un mêm<^ nombre de vers, sans pai
se répéter;. par Toreille, ^^ q^i ces népétitions déplaisent!
coup^pl^ qu'4 l'esprit, se rappelle imparfaitement ean
quan4 el|e enten^ ca/rminej ou earmina , et la variél
son équivaut, pour ainsi dire, à la difierence du mot.
, Cependant îl est très-yrai que les terminaisons frani
V, SOi|t en g^Qéral plus variées que les latines; puisque les i
I ^ -i^t ijffyilfr{QQl^ phi9 npinbreuses çn latin qu'en franç(
BE LA LANGUE FRANÇOISE. «3
-' de notre idiome; car, dans une langue bien formée, "chaque
signe doit avoir un son particulier pour l'oreille , comme un
caractère pour les yeux , afin d'empêcher la confusion et l'équi-
Toque. Cette malheureuse homonymie, dont les langues an-
ciennes nous offrent peu d'exemples , est née, parmi nous, de
]a contraction des mots qui nous a donné tant de monosyl-»
labes ; le plus grand nombre des homonymes se trouvant en
effet monosyllabiques, comme nom, de nomen et non, de
- ^fwn ; nuit, de nox^ et nuit , du verbe nocet; nue , de nvda^
^ffX nue , de rvuhes ; chair , de caro ^ et cher , de carus ; sein ,
de sinus y et sain, de sanus ; vain, de vanus ^ et vin, de
vinu/ni; sûr, de seau/ms ^ et sur , de super; neuf, de novus^
- et neuf, de novetn ; mur, de mv/rus ^ et mûr, de maPums;
lire, de legere^^ et lyre, de lyra; faux, de falsus, et faux,
de faix ; fin , de finis ^ et faim , de famés ; et encore fin, ad-
- jectif-, de finesse, que je crois ai origine gauloise ^ à moins
' qu'on ne l'ait tiré aussi de finis, pour faire entendre que la
^ finesse est le moyen de parvenir à ses fins. J'abrège celte liste
• qui pourroit contenir au moins cinq cents homonymes d'une
ou de deux syllabes, lesquels jettent dans le discours tant
d'équivoques involontaires, et, qui pis est^ volontaires; car
•: c'est principalement de l'homonymie qu'a pris naissance cette
foule de jeux de mots, de quolibets, de rébus, de turlupinades
qui ont infecté de tout temps en France les livres et les conver-
sations, et qui ont été surpassés par. les calcrnhourgs, dont
nous sommes inondés en prose et en vers, au théâtre, dans la
société et partout ; au point que nous aurons bientôt une bi-
[ bliothèque nationale de calembourgs. La rime seule , comme
I nous avons dit> a pu profiter de cette similitude de sons, et
«4 T>V GÉNIK
8 enrichir d'une pauvreté de la langue; c'est un léger avantage
qui ne compense pas tant d'inconvénients.
Revenons aux avantages plus réels que labre viation nous a
procurés par Theureuse variété de certaines terminaisons. Le
premier de tous est dû aux doubles voyelles , et aux lettret
mouillées dont notre langue est pleine, et qui la rapprochent
davantage , en cette partie , de la prononciation des Grecs que
de celle du latin.
Long-temps avant que d'avoir reçu le joug des Romains,!
Gaulois avoient connu quelques peuples de la Grèce;
avoient conquis une région de l'Asie mineure , qui fut nommée^
Galatie , du nom- des conquérants , et ce nom même de Ga%^^
iois leur vint, dit^-on, du grec gâta^ lait, à cause de la b
cheur de leur teint. La Galatie fut aussi nommée GaUogriee\
par suite du mélange qui s'y fit des peuples de la Gaule et
Grecs. Depuis long«temps encore une colonie grecque s'
établie à Marseille , devenue alors si célèbre par son école
ses succès dans l'éloquence et dans les arts. Elle l'étoit en<
plus , au temps de Gicéron , pour sa discipline et la sagesse
son administration. < Je ne vous oublierai point, 6 Marseille,
• s'écrioit-il , vous qui, environnée des Gaulois dans vos te
> reculées , et battue , pour ainsi dire , des flots de la barbarie^'
» n'en êtes paslnoins gouvernée par vos magistrats avec
» de sagesse , qu'il est plus facile aux autres peuples de lover'
» Votre gouvernement que de parvenir à l'imiter* •
De cet ancien mélange des Gaulois avec des peuples de b
I.
Grèce , et de leur proximité , de leur commerce avec les Mar-
seillois , nous viennent sans doute ces conformités qu'on re-
marque entre les deux langues ; telles que l'usage de l'articK
1)E LA LANGUE FEANÇOISE. 69
Levant les nonii, usage gtec inconnu aux Latins; un certain
nombre de tours ^ qui rapprochent souvent notre syntaxe de
celle des Grecs (i); enfin ces doubles voyelles, ces lettres
douces ou mouillées , dont nous parlions d'abord , et sur les^
quelles nous allons donner quelques détails, nous réservant
de rappeler ailleurs les différents secours puisés à la même
source, pour former et enrichir la langue françoise.
Nous ne disons rien de ces fausses diphtongues j ou doubles
lettrés dont le son est simple, tel que dans la première syllabe
, 4.aûnable, de faire, de fetnte, d'OËdipe, etc.; mais il s agit des
iraiés diphtongues qui rendent un double son, comme l'in-
diqué rétydiblogie gi:ecque« Telles sont ces doubles lettres
im, oij eij au^ ai^ m^ dans adieu ^ aïeul ^ bcTcaU, roi,
réveil y Iv/iy jov/r ou doux. La combinaison de ces doublés
voyelles, déjà si flatteuses à Toreille, avec les consonnes douces ,
liquides ou mouillées , a fait naître un assez grand nombre de
mots plus agréables et plus harmonieux que les mots latins
d où ils étaient tirés. Il n'est pas douteux que roi et loi ne
•
Sonnent mieux que rex et lex; eXnuitetvoix que nox etvox.
Si les Romains prononçoient ces moti^, et d'autres semblables
terminés en x, conformément à la manière dont ils sont écrits,
c'étoit un reste de la barbarie primitive de leur langage. La
"Voyelle double dans miel lui donne infiniment plus de dou-
ceur que n'en a mel eu latin. Ciel^ abrégé de cœluniy a^le
même avantage , et notre pluriel deux l'emporte également
lur cœli.
- • . * ■
(i) Si ron y fait aUentîou , l'on verra que la phrase françoise est rare-
ment conforme à la tournure latine^ et qu'elle est moins étrangère à
la phrase grecque: raison pour laquelle les auteurs grecs perdent moins
dans DOS traductions que les auteurs latins.
86 DU CÎÉNIE
Soleil a une harmonie plus noble et plus brillante que $(À^
ûvjL solis. Il en est de même de canseU, heureusement syncopé
de consUium. Somnus nous a procuré somme du genre fa^
milier , et som^msil pour le genre noble (i ) , av/ris ne yaut pas
oreille , ni par pareil.
Un des mots de notre langue qui a le plus de douceur et
d'harmonie est abeille. Apis n est pas comparable; il est vrai
que les Latins avoient une grande ressource qui nous manque :
leurs noms déclinés leur offroient le choix des terminaisons
les plus convenables à leurs images.
Vigilia est très-doux; veiUe, quoique très-abrégé, ne lest
pas moins; mais ses dérivés veillée y veiller ^ éveiller ^réveU,
réveiller , sv/rveiUer , sont une richesse que ne donnoient pas
^yigHare^ evigUare.
Je ne sais si m^erveUle est contracté de mi/rabiUa ou de
l'italien maraviglia ; mais il a quelque chose de plus noble,
sans avoir moins d'éclat. Vermeille^ qui paroit être une sorte
d'anagramme de merveille ^ est aussi très-brillant. Son dimi-
nutif verm^illon , est plus familier et plus riant.
En général les terminaisons en iel ont de la douceur ; celles
en eUy eUle^ par la réunion de la diphtongue et de la con-
sonne mouillée , sont à la fois douces et brillantes. C'est dom-
mage qu'elles soient trop rares.
Les mots terminés en euil ne sont pas moins rares et sont
encore plus beaux , parce qu'ils réunissent comme une double
(i) Somme est plus imitatif pour peindre un somm^ii pesant; ainsi
la Fontaine a fait dire à un âne :
Belle nécessite d'interrompre mon somme I
DE LA LANGUE FRANÇOISE. 67
àiphtongue à la plus douce et la plus pure des liquides* Si
. c'est du mot ociUus qu'on a fait par contraction le monosyl-
^kbe auU (1), celui qui s'en est avisé a été inspiré; et il ne faut
pas douter que l'inspiration n'ait conduit quelques hommes
supérieurs dans la création des mots harmonieux et pittores-
ques. Presque tous ceux qui ont été forgés par le vulgaire
n'ont, qu'une imitation basse et triviale. Le mot dont nous
parlons semble peindre l'objet même. Racine en a bien senti
la beauté , quand il a fini par ce monosyllabe un de ses vers le
plus admiré :
Revêtu de lambeaux, foui pâle ; mais son cdi
Conservoit sous la cendre encor le même orgueil.
Cet œU ainsi placé après une suspension, une coupe de
vers très-hardie , et surtout après le mot pâle , a je ne sais quel
éclat et quelle fierté que n'auroit pas le pluriel yeux, qui
seroit trop doux pour cette image superbe. Jamais un autre
monosyllabe , comme bras ou main , n'auroit soutenu , à la
fin d'un vers, la force d'une coupe si hardie et si nouvelle.
Orgueil est encore un de nos plus beaux mots ; il réunit
également la triple voyelle et la même liquide. Sa première syl-
labe est pleine et sonore. Il y a de plus , dans le rapprochement
de Xr et du ^ , qui sont deux consonnes très-fortes , une sorte
de nécessité d'élever et de renforcer la voix pour le prononcer.
(1) Il s'est écrit long-temps ainsi, et je ne vois pas pourquoi on lui a
Até la voyelle u, qui lui donne le son principal; car \(& ne sonnant que
comme Ve simple > ce retranchement devroit le faire . prononcer comme
- til, dans spmmei/. Autrefois on mettoit deux u dans crgueuii} ils y sont
nécessaires pour la prononciation*
m DU GÉNIE
Ajoutez que le g sorli du fond de la gorge donne beaûcoup-
d'emphase et d'étendue aux trois voyelles. L adjectif orgueil-
teiujc n est pas moins beau/ Toutes les terminaisons en euU,
sont très-harmonieuses; dans 5eta^ formé peut-être de êoliwm^
ou de l'italien sogiia; dans écueii, de scoglio; et accuèU^
d*accogiio; à moins que les Italiens, n'aient eux-mêmes tiré
ces noms et d'autres semblables de la langue françoise. Cette
iquestion, plus généralisée, nous occupera dans la comparaisoti
que nous ferons des deux iatigues. CercuéU, sonne mieux que
sarhoSj génitif grec d'où il est sorti, et d'où l'on a dérivé en-
suite sarcophage ; autrefois on écrivoit sarcueil. Dev4,l n'est
pas moins harmonieux ; mais n'est-il pas trop doux , pour ce
qu'il doit peindre ? Les François n'auroient-ils fait du cleuU^
qu'un objet d'héritage et de consolation.
Le deuil enfin sert de parure ^
£n attendant d*autres atours.
Le do g lia des Italiens a un son plus plaintif, comme le latin
doter e dont le françois paroit si éloigné ; mais nos vient termes
dovioiry je me devix font voir là filiation qui a été bien
plus heureuse que la souche.
Les terminaisons qui flattent le plus Toreille , après celles
dont nous venons de parler , sont en ieu y et ieu^ ^ par la
réunion des trois voyelles les plus douces dans la diphtongue
la plus sonore.
Si le génie abrévîateur de notre langue a du s applaudie,
cest quand il a créé du dè'm des Latins^ ou plutôt du grec
rfîô^, génitif de zem ^ le superbe monosyllabe Di^u; il res-
pire la douceur et la dignité. La consonne d qui a de la forcé,
DE LA LANGUE FRANÇOISE, 69
outient noblement la triple voyelle à laquelle elle s'unit. Il
l'est pas inutile de remarquer que la noblesse du mot dignité
fient de cette même consonnes.
Les noms en i^u qui ne demandent qu'un son doux et com^-
nun, ont des consonnes plus coulantes, comme 4ieu et mi^
hieu. Le redoublement de X$ dans essieu^ lui donne un son
fort et sifflant qui est très-expressif. Les siibstantifs de cette
terminaison sont malheureusement en trop petit nombre.
C'étoit une source d'harmonie dont la dérivation a été négligée,
et qui pouvoit féconder notre langue. Les adjectifs en ieux,
beaucoup moins rares , sont en général très-harmonieux, parce
qu'ils sont moins contractés et formés de plus près sur les ad«
)ectifs des Latins. Il y a même tels de leurs substantifs qui nour
ont été inutiles , et dont les adjecitifis ont été fort bien imités.
Nous n'avons pu rien faire Podium ^ de fastidium; mait
odiosus et fastidioèuê nous ont donné odieux, fastidietix^
Nous n'avons jamais pu franciser îrmi/i^ ; ï adjectif insidiosus
nous a Talu insidMux^ dont Malherbe est le créateur. Nous
avons vu comment rai#> barbarement syncopé de radium ,
avoit été proscrit, tandis ^Oieradie%uc est un des plus beaux
mots qu^ nous ayons. Picune, de pecurUa, n'est plus admi^
que dans le bouffon ; péaanieux est reçu dans le style simple.
Labewr, de 4iii&i9r> quoique plus heureux à loreille, n'a pu
être ressuscité par Malherbe , dans la grande poésie , et laho^
ri&ux s'est soutenu. Fallace, de faUacia, se sauve à peine
dans le genre marotique; foMadeux est très-imposant dans
Corneille. Captietuc nous est resté sans substantif, et Ton a
été obligé d en faire un de sérievac; c'est de curieux qu on a
fait ou/rioêiU^ substantif dune autre classe, et fort inférieur
^ DU GÉNIE
à l'adjectif dont il dérive. Office ne trouve point sa place comme
ofjwieux dans le haut style.
La plupart même de nos substantifs qui sont d'un bon
usage, le cèdent en harmonie à leurs adjectifs. Vicee%t moins
sonore ï{}xe vicieux. Litige est commun; iitigietuc est élégant
Faction est moins noble que factieux^ et contagion^ que
contagievM.Qxxoiqae êétUtion^ ambition soient du plus haut
style, leur son est moins relevé que séditieux ^ ambitieux ;
la terminaison en ieux étant plus heureuse que €elle en ion,
q[ui a quelque chose de traînant , surtout en vers , où elle doit
être de deux syllabes, ces adjectifs harmonieux font bien re-
gretter qu'on n'ait pas multiplié les substantifs de la même ter*'
minaison; car nous n'avons que les pluriels de Dieu,iien,
qdiev^j del^ aïeule l'adverbe mietuCy qu'on emploie aussi'
substantivement, à b manière grecque, et le pluriel d'œîl,
yev/x{i) infiniment plus doux que l'^^c^u^ des Latins, et l'occ^t
des Italiens.
On peut dire la même chose des noms terminés en eux,
très-rares comme substantifs, et qui rassemblent beaucoup
d'adjectifs. Mais ce n'est pas ici le lieu de nous étendre davan*
tagesur ceux-ci, qui, étant plutôt un développement qu'une
abréviation , n'entrent qu'indirectement dans le sujet dont
nous nous occupons à présent. Il s'agit de faire connôitre la
(i) Ces pluriels différents de leur singulier auroient été pour la langue
une grande richesse ^ si on ne les eût pas restreints à un si petit nombre»,
Il falloît étendre à beaucoup de locutions l'usage qni s'est conservé de
dire un éei hommes et de beaux hommes; un nouvel ouvrage ^ et des
fiouveaux ouvrages ^ etc. J'aimerois mieux dire aussi unjouvencei ai-*
f)^ab^e^ix*\xn jouvenceau aimable*
DE LA lANGDE FRANÇOISE. 7f
Taviété des terminaisons les plus heureuses qui ont été Tou-
Yrage presque fortuit de la contraction des syllabes , et qui dis^
tioguent notre langue de toutes les autres : ces petits détails ne
sont pas sans agrément, et sont une clef nécessaire pour péné-
trer dans les secrets intimes de son caractère et de son génie.
S- IV.
Stdte des Terrnvnaispns j et de la Formation des Mots.
Si la diversité des terminaisons -, qui est un caractère parti*-^
colier de notre langue , et qui s'est formée par l'abréviation ou
contraction des syllabes, peut être généralement regardée
comme un produit du hasard , n'est-ce pas aussi une rencontre
purement fortuite qui , parmi beaucoup de mots durement
terminés, nous en a procuré un certain nombre dont la û^
Jiale est plus brillante et plus harmonieuse ? En effet, le génie
\ des anciennes langues étant de rejeter presque toujours la
[ force de l'articulation sur les premières syllabes des mots, et
d'en adoucir les dernières , il devoit arriver fréquemment quç
ncMtre contraction, ne s'attachant qu'aux premières syllabes, .
[ n'en conservât que les plus dures. C'est ainsi que du grec baS"
|k iazô^ porter, nous n'avons pris que hast et haster ; de hrà-^
^ âof^broc; de bùrsa ^ bourse, etc.; de l'arabe syfer, chiffre;^
^etdu latin ra^Pu/m ^ rapt; 5acci^> sac; terminus^ terme;
^ HfoUtMny tréfile; seeaUa, seigle, etc. Et parla, tant de mots
(pi étoient à la fois doux , sonores et dignes d'entrer dans le
^ meilleur style , n'ont été pour nous que des termes vulgaires
f abandonnés au langage familier.
i
çik DU GÉNIfi
Cest donc un pur bonheur 91 » par cet usage barbare , U s'est
formé des noms pleins de noblesse et d'harmonie, comme
triomphe j de trvwmphus ; aussi cçtte terminaison est - elle
unique dans notre langue. Le hasard n'en a pas donné d'autres
pareilles. C'est le même bonheur qui nous a procuré Myk
du grec asulon; zèle^ de zêio$; flanc y de pfUagôn; sang,
du latin sangtds;va8e plus doux que vas; temple, de ^m-
j)hi/m; faite, de fasHgiv/m; et fête, de festum,; dais, de
dapsUis; frêle, italien fralo, de fragiUs dont on a. fait
fragile ; et beaucoup d'autres , sans oublier crin dont la dure
abréviation de crinis est imitative : La discorde amc crin^ de
CQuletuvve , a dit Malherbe ; et Bacine :
Des coursiers attentifs le cria s'est hérissé*
La Fontaine a dit moins heureusement :
Dès que Thétis chassait Phébus aux erins dorés. ^ '
La belle chevelure d'Apollon ne doit pas s'appeler CTin$,
pi crinière, et crins dorés est dur pour une image gracieiue.,
Cependant le hasard et la barbarie n'ont pas présidé
seuls à la formation des mots et à leur terminaison. Tout
en suivant cet instinct sauvage de la construction qu'on D0
pouvoit changer, on voit souvent un génie heureux tgi
choisit les abréviations les moins bizarres , et les terminai^og|
les plus flatteuses à l'oreille. Mi est sûrement une abrévialioi
fort ridicule de médium; elle est restée d^ns midi de fne^
dies, dans mintdt, de média nox, et milieu de medi^Ê^
locus; parce que ces composés sont assez doux; mais d'tA
mediv/m, on avoit fait em7n^ ,. qui et oit plus niais que i^ajifi flll*
DE LA LANGUE FRANÇOISE. 7$
lui a substitué heureusement parmi de per médium. Verum,
ou vere n avoit donné d'abord que vère y ensuite voire > si
cher encore aux Normands ; on la remplacé par vrai , vrair-
meniy qm sont plus soutenus.
Ceux qui ont voulu condamner certes de certe , n*bnt pas
rencontré si bien dans leur préférence pour certainem^ent ,
qui est didactique et traînant, tandis que l'autre est vif, éner-
gique et propre à tous les mouvements du haut style. Vous
trouverez encore des grammairiens qui vous diront que certes
a vieilli ; mais Racine , qui ne vieillira jamais, fait très-bien dire
à la fière Agrippine:
Certes y plus je inédite, et moins je me figure
Que vous m^osiez compter pour votre créature.
r
Et La Bruyère combat aussi en faveur de cet adverbe chassé
par les puristes : « Certes , dit-il , est beau dans sa vieillesse ;
1 il a encore de la force sur son déclin : la poésie le réclame,
> et notre langue doit beaucoup aux écrivains qui le disent
> en prose , et qui se conunettent pour lui dans leurs ou-
> vrages. >
[ïâ[ Narines de nares et nez de nastM étoient grossièrement
o| formés; celui qui a trouvé naseau, a été guidé par une
f^ oreille plus heureuse, et a rendu service à la poésie noble»
»4 qui ne peut employer ni nez ni narines. De même retz étoit
^ durement contracté àeretes, pluriel de rete; mais réseavk
^ eÉt charmant , et plus doux encore que retioiumt.
M. Une contraction non moins bizarre étoit celle d*aiaigre du
•i^ latin aiacris; aussi alaigre est-il de peu d usage, quoique
al Bacine Tait placé dans ses Plaideurs ; mais notre langue n a
I /
74 DU GÉNIE
point de terme plus agréable que son dérivé aUéffresse. Le
verbe aUaigrir na pu rester, à cause de la dureté de sa
terminaison contraire à ce qu'il veut exprimer ; au lieu qu ai-
grir est imitatif. Dans la phrase suivante de Rabelais , aUègb
conviendroit mieux qiiaUaigris :
c Comme les oiseaux , par aide de leurs ailes , volent hai
» en l'air légèrement; ainsi , par l'aide de Bacchus , sont h
» élevés les esprits des humains, leurs corps évidemm
» oMaigris y et assoupli ce qui en eux étoit terrestre. •
Ce même vice de contraction a rendu inutile non-seule
à la poésie, mais à la prose soutenue, le mot si nécessaire
grade y formé de gradus; tout ce qu'on a pu en tirer a été
dérivé dégrader ^ qui a de la force et qui ne désho
point cette grande image de Bossuet : c C'est là ( dans l'hi
» toire ) que les plus grands rois n'ont plus de rang que
Ji leurs vertus , et que , dégradés à jamais par les mains de
» mort , ils viennent subir , sans cour et sans suite , le j
:» ment de tous les peuples et de tous les siècles. »
De currere^ l'abréviation barbare avoit fait c(mfn\
( courre le lièvre ) , et de conqvdrere ^ onquerre ; une te
xninaison moins sourde et plus soutenue a donné coimf\
conquérvr. De conquester^ on n'a conservé que conquête. |(
On voit quelquefois par quelle ingénieuse combinaison
a su trouver des termes nécessaires, lorsque la contractici
n'en avoit procuré que d'ingrats ; par exemple cap y de ca)
ne pouvoit subsister ; chef, de hephalê ^ se soutint plus loi
temps; mais ayant été appliqué par métaphore à un autre ol
)et, dans le sens du mot dux^ ce fut aussi par unemétaph(
qu'on y suppléa. Testa ne signifie au propre qu'un test
DE LA LANGUE FRANÇOISE. ^5
>ot j une tuile , une coquille , une énaiile , d'où vient teslAido,
tortue. On employa le mot test méthaphoriquemeûC pour ar-
metj petit casque, pôt en tête; et enfin on s en servit pour ia
léte même. Capat ne donna au langage noble que capitadne
^ capitale; et, quand on trouve dans Cicéron, primwm
eapul orbiSy en parlant de Kome, on doit suivre la méta*-
^ove et traduire : la première tête de l'univers.
La connaissance du grec , toute superficielle qu'elle étoit
dans les j[M?emiers t^nsgps (i), vint aussi au secours contre la
jMrbarie de certaines dérivations contractées du latin. Qu'y
4uroit41 de plus malheureux , que le verbe occir^ abrégé d'^e-
eiderey dont on u'avoit pu former aucun autre temps que le
j>articipe occis. Ce fut au grec tuein que nous démes le verbe
iuer^ que Ion pouvoit du moins conjuguer, et qui est du
£tyle noble à l'indicatif pr-ésent et â Timpératif.
St dans lenr âme en vain de remords combattue
Trace en lettres de sang ces tleax mots : meurs ou tue.
Et dans Racine :
...;. Ma veD£;eance est perdue »
S*il ignore 9 en mo«cant^ ^e c'est nm qui le tue.
Ouir^ ôiaud/i/re, étoit dans le même cas. 11 étoit trop bar-*
hakve de prononcer j'oif > yoy^ns^ c[d.e ]<nds9e^ «etc. On n'en a
. (i) Que les Gaulois aient connu très-ancieniiemeat les Grecs, ainsi ^
que nous Tavons déjà dit , et qu'ils en aient emprunté dès^lois plusieurs
'mots; la preuve en est évidente par le nom de Druides donné à leurs
prêtres. Druis en grec signifie ciUnSj et Ton s£Mt le culte desXilauloîs
pour le gui de chêne, que leurs druides alloient recueillir avec de
(landes cérémonies.
^6 BU GÉNIE
conservé queTinfinitifet le participe; et le mot grec acoueik
nous a donné écouter (i) , qui na rien de dur dans la plu-
part de ses temps.
Nous n'avions aucun moyen de dériver le nam^ &nim,
etenim des Latins , particules essentielles pour la liaison da
discours. Le gar des Grecs nous fournit car , qui est resté
dans notre langue , malgré l'abus criard qu'en firent les avo^
cats, et malgré toutes les attaques qui lui furent livrées parj
de faux puristes ; cette querelle bizarre occasionna en faveur
du car la requête de Ménage à TAcadémie , petite pièce asseï
plaisante et la plus passable de toutes celles qu'il a faites en
vers françois.
Ire, formé du latin wa, s'est défendu long - temps , etL
Malherbe , même dont l'oreille étoit si fine , a fait tous ses f
efforts pour Iç conserver ; mais il étoit trop court et trop
foible (2) pour exprimer ce mouvement énergique de l'âme,
qui se livre à une indignation voisine de la furev/r. Ce
dernier mot, né de fur or , avoit trop de force pourrendie^^
la nuance d'un sentiment qui n'est, pour ainsi dire, que le
prélude de la fureur. Le ménis des Grecs, dont nous avoaill
fait manie > ne rendoit pas non plus pour nous toute Té- 1|
(1) A moins qu'il ne vienne du latin afiscuUare ; tubas acoustiqwé
d'origine grecque. Les villageois qui prononcent acou^er, comme es
disoit autrefois , ne se doutent pas qu'ils sont plus fidèles à l'étymologie.
(a) En effet sa terminaison est aussi douce que celle de tire ou tytty
ce qui le rendoit ridicule. Regnard l'a placé dans son style quelquefoif
bouffon; il n'a pas pris garde qu'il faisoit une équivoque.
Le vitillard me paroit un peu sujet à Vire,
DE LA LANGUE FRANÇOISE. 77
Lcrgie du mot ira. Ua autre mot grec qui signifie hiie , koié
lonoa ridée de celui de colère » qui exprime assez bien Fez*
plosionde la bile qui s'enflamme. L'adjectif iretix, ireuse,
dérivé du mot i/re, étoit plus malheureux encore que le sub-
stantif, quoiqu'Amyot eût dit : d*une voix i/reuse et cour^
rouoée. De colère , on Toulut dériver colérique ; l'oreille l'a
rejeté , peut-être à cause de colique. On fut obligé de se rési-
gner à une pauvreté de langage, en se servant du même mot
pour le substantif et l'adjectif: la colère d*un roi y et um, roi
4M»^èr^. Cette pauvreté néanmoins n'a pas empêché Buffon d'en
'tirer ime expression forte et neuve , quand il nomme la mer ,
(^ éléifnenfti colère. Il semble en effet que la nature ait fait
de cet élément le premier et le plus terrible instrument de sa
colère.
C'est aussi de kolt et de mêlas, mélanos, noir, que nous
tient mélancolie ( hile noire ) , si heureusement composé , et
^i a fait disparoitre aWabUe, quoique nous ayons gardé
atrabilaire. Au reste l'étymologie nous dénu>ntre la fausse
acception qu'on a faite depuis peu de la mélancolie, en
appliquant à de tendres rêveries , et à une certaine langueur
le l'âme , puisqu'elle doit exprimer ce qu'il y a de plus bouil»
ant et de plus noir dans la tristesse ; ce terme est pris dans sa
féritacle acception par Despréaux, Racine et la Fontaine. Le
premier l'emploie ainsi dans sa septième satyre :
Pauvre esprit , dira-t-on , que je plains ta folie l
Modère ces éauiiions de ta métancolie.
Racine parle du sombre et violent Oreste :
Surtout je redoutais cette mêlancotiô
Où j'ai vu si long-temps votre àme ensevelie.^
^8 DU GÉNIE
Et Làfontaine , par une singulière hardiesse , dit d un
caveau funèbre :
Pourquoi celte maison noire et mélancolique ?
Un moyen très-heureux et cependant bien simple ^ pour
adoucir la rudesse des contractions , rendre phis stipportiabie
Tentassement des consonnes, et suppléer aux terminaisons àn^
ciennes , a été de recourir â la VQjrelle e , soit comme muette i
la fin des mots , soit comme accent doui ou aigre à la pnHJ
mière syllabe. Sans ce moyen vraiment créatein* d'une partie
de notre langue , un grand nombre d'expressions nous étof
interdit, ou la formation en eût été si étrangement dure qaotf
auroit souffert à lés prononcer. Ainsi, après a^oiv fait pfoinpli
de promptus j squeiette de sheletos (desséché), l'analogie |j:
demandoit que , de spi/titus^ on formât spirit ou sprit^wM]
en cela, comme en mille autres occasions, Toreille repoussa
Fanalogie , et par le secours de la voyelle e^ on fit esprit i
deux syllabes, qui partagèrent les consonnes et en adoucirent
là prononciation, et même on l'avoitfait d'abord der trois syDa-
bes , esperit Cette ressource une fois trouvée créa tout à coup h
tine foule de noms qui n*exîstoient pas pour nous :e«/?{?ir plutl^
doux que spes ; écote, de schoia ; (tspèce^ de species; espace,
de spatium; esquif ^ de scaplid; écorce y de cortex; épi, de
spica; épine y de spina ; étouffer du grec sPiphein ; de l'itàKeil
squadroUy escadron; de spacUiy épée; ou du grec spati,
d'où vient aussi espatuée; escrimer y de l'allemand shirnien;
comme estoc, destok; et une infinité d'autres. Strict y con-
tracté sans adoucissement de stricPus y avtva sans doute élé
l'ouvrage d'un scholastique ou d'un praticien; mais on le re-
BS LA LANGUE FRANÇOISE.
ette du bon style, et on lui a substitué étroiL Spectre j^ de
tpecktmi^ est resté parce qu'on lui aurait oté le son iinitatif
en radoucissant ; et , quand les mots n'étoient point trop durs
Bans le secours de Ye^ on l'omettoit , comme dans scrupule
de scrupulus ^ et scandale de scandalutn. On lomettoit de
même dans les adjectifs composés de syllabes plus coulantes»
Quoique de studium on eût fait étude, on laissa studieuWg
DMDme spacieux, spirituel , etc. Mais le peuple qui aime à
Buiyre la même routine d'imitation » ajouta souvent la voyelle
0àdes mois qu'on en avoit privés; il aima mieux dire esgue--
4eUty escorpion , que squelette , scorpion , etc. On trouve
dans nos vieux écrivains» plusieurs termes où Ton voit que
«tte prononciation populaire avoit prévalu*
Cet emploi de la voyelle e sert à découvrir plusieurs étymo-
logies. Par exemples de càveve, on fit anciennement esctke^
^er, et depuis esquiver. De capere, il n'étoit résulté que
I Ignoble terme chiper ; c'est de la pourtant qu est venu , dans
ftn sens contraire , le beau mot échapper, cesser d'être pris.
Le composé italien ^to fiero (qui se tient fier) a donné au
^le comique esta fier , terme de dérision.
Quant à le muet, cette finale fut, je crois, long-temps in-
k)anue.aux Francs, et quelques nouveaux grammairiens» non
noins barbares qu'eux, voudroient, disent-ils, en purger notre
angue. Ce fut elle cependant qui commença à donner une
orme plus humaine à cet idiome sauvage ; elle servit à dis-
tinguer les genres ; à diminuer Tâpreté des contractions , sur-
out dans les verbes et les adverbes ; à lier les mots entre eux
l'une manière moins rude ; à les terminer avec plus de dou-
leur , de variété et d'harmpnie. Gomment faire entendre dans
«o DC GÉNIIÎ
joie^ proie j, un antre son que dans loi, effroi, si Ton supk
prince ïe muet sur lequel la voix s appuie et s'étend? Commeat
distinguer, sans Imi^ pointe de point, reine de rein ^ Seins
de sein, tue àe.Jbu, etc.? Comment aussi sans Xe muet, dis^
tinguer les genres; a/mie à* ami; bonne de bon, sainte de
saint, vUe de vU, et à Finfini? Cette heureuse voyelle ne sert*
elle pas encore à distinguer des mots trop semblables comme
'fner (mare) de mère {mater) ? Sans cette petite différencer
^homonymie seroit une source d absurdités. Nous aurons oc-
casion de nous étendre davantage sur ce sujet quand nous
parlerons des services que cette voyelle finale a rendus à notre
poésie » et de ceux que nos poètes ont rendus à la langue. Re-
venons aux terminaisons.
Après celles dont il a été question au troisième chapitre,
une des plus riches et des plus heureuses est la terminaison
en eur, la double voyelle dont le son se prolonge et se sou-
tient sur la consonne r, réunit la douceur à la noblesse. Il na
fallu que substituer Y eu des Grecs à \o des Latins , pour tirer
de ceux-ci une foule de mots presque semblables quant à k
forme , et d'une prononciation toute différente , souvent plus
harmonieuse. Cœti/r, honneu4i\ doulev/r^i) sont aussi nobles
et sonnent mieux à l'oreiHe que cor, honor, dolor, Flevrs
(i) La tenMtnaisôfi des mêmes mots en aur était celle de la Romane
provençale , et quelquefois on Tadmettoit dans la Romane françoise.
Villon qui, selon Despréaux, MirotUUa Vart confus de nos vieux xo>
manciers, a dit après eux :
« Pour un plaisir mille doulours, »
les deux romanes ont fiait awour d'amer.
DE LA LANGUE FRANÇOISE. 8i
i est pas moins agréable que flores; plorare et pioratus ne
iont pas plus expressifs que pleturs et plev/rer. Pudev/r a quel-
que chose de plus ingénu que pudor. Sœur est doucement
contracté de soror^ où les deux r sont trop rapprochés. Dans
cppressev/r^ d* oppresser ^ le son est renforcé par l'entasse-
ment imitatif des s et des r. Rigueur de rigor n'est pas moins
imitatif. Le jr y soutient fortement les deux r ; mais dans lad-
\dci\{ rigide ^ le g perd sa force pour prendre un autre son
dievant Vi qui l'amollit. Ainsi ce mot , quoique soutenu par
lec^^ n'a plus une imitation aussi prononcée que le substantif.
Le latin rigidv^ la perd un peu moins , parce que la termi-
Jiaison en ous est plus forte que la finale de rigide. Il est yrai
^ae nous avons l'autre adjectif W^(?t#r^tw?^ très-expressif, et
^i manque aux Latins.
Cette terminaison en eur a .été pour nous la source la plus
f^nde en beaux mots ; il en est bien peu , ainsi terminés , qui
soient rejetés du haut style. Cependant le vieux mot rancœur ,
de rancor (qui soulève le cœur) , et par métaphore expri-
mant une vieiMe haine, n'a pu rester dans la langue; on n'a
su le remplacer que par rancmie qu'on a relevé dans le lan-
gage familier.
Quelques exceptions qu'ot^ a faites à la terminaison en
tur dans les dérivés des mots latins en or, n'ont pas toujours
été fort heureuses à mon avis. C'est une terrible contraction
que celle d'aaràre et marbre y où trois consonnes rudes de
•uite écrasent les voyelles de marmor et arbor qui charment
1 oreille. La nécessité de ces deux mots, et l'impossibilité de les
former autrement, les ont fait conserver tels qu'ils sont. Labeur
avoit été mieux formé de iabor ; et clamewr et rv/meur, de
«2 BU GÉNIE
ruTuor^ clamor. Arbre s est adouci dans^ son dérivé arborer;
mais marbré^ encore moins heureux que ma/rbrcs est d'un
usage trivial. Au reste il y a telle image analogue où la dureté
du mot marbre peut contribuer à« la force de l'expression. Ou,
bien Ton doit , comme Racine , accompagner ce mot de tant^
de syllabes harmonieuses et coulantes, qu'il en soit, pour aiosL
dire , amolli : comme dans ces vers de Britannicus où il peiat
Junie y se réfugiant vers la statue d'Auguste :
En mouillant de ses pleurs le martre de ses pieds.
Que de ses bras pressants elle tenoit liés.
Remarquons , en passant , comme 1% marbre de ses
amnoblit les pieds dem^a/rbre de la statue j qui seroientfi
cules même en prose. * -^
Quant au nom d*arbre, il faut de l'art pour l'employer n(h g
bleinent sans choquer l'oreille. Buffon ne me paroît pas y aYoiQ ^
réussi en disant : « Les dernières extrémités des nerfs contien- >
». nent une matière ductile propre à faire croître et à nourrit ^^
»• ïarbre des- nerfs. » La métaphore est très-belle ; mais lac-
curnulation des r et d'autres consonnes rudes ne rendent-ellci
pas la fin de cette phrase difficile à prononcer ? Bossuet a »
mieux entourer le même mot , et le rendre propre à Timage
suivante* qui semble être une prophétie sur la Pologne. « Il
» ne leur reste qu'à considérer de quel côté alloit tomber »
» grand arbre ébranlé par tant de mains , et fsappé de tas*
» de coups à sa racine ; ou qui en enleveroil les rameaus
» épars. » Ainsi placé, le jmot ar^re augmente encore le soa
imit^tif dl^ébrajnlé.
La double voyelle eu n'a pas été moins utile pour la Jbrmar
DE LA LANGUE FRANÇOISE. 83
on de beaucoup d'autres noms, tels que : heure d'itora^ d ou-
st Terni l'adjectif heuretuc qui n'a pu conserver le substantif
nasculin heur remplacé par bonheur. Cette fausse diphtongue
idoucit toutes les contractions monosyllabiques où elle esC
idmise^ comme vceu de votum; nœud de nodwm; feu d^
pic/HS ; yen de jocus ; etc. ,. où l'on n'a gardé que la première
^Uabe de chaque mot latin , en changeant Xo en eu. L'excep-*
lîoQ pour lieu de loeus a été bien heureuse par la réunion cfe»
trois voyelles qui ont fait un nom très-doux , au lieu de ie^
6ui eût été sourd et bizarre. On voit combien d'observation&
Jues ont été nécessaires pour la compositipn de ce même lan->
4^ où la barbarie néanmoins perce de toutes parts ; mais cet
mnage si di£Bcile s'est fait peu à peu, dans la suite de plu^
ifeurs siècles, et des ouvriers plus intelligents limoient, polis^
ioient les grossières et rudes ébauches des premiers fabrica^
feurs.
Quoique les trois voyelles qui forment la terminaison eau §
te rendent, à vrai dire , que le simple son de l'o , elles le pro««
ongent de manière qu'il remplit agréablement l'oreille , et sou^
ient noblement la voix. On doit sentir la différence du son
impie et sec dans les os (ossa ) avec le son composé et étendu
lans les eaux (aquae.) G'étoit pour marquer cette différence
[ue nos anciens poètes, qui avoient l'oreille juste et sensible^
l'admettoient point la rime en Oy ni même en au^ avec celle
n eau. Il ne ÊiisoienI jamais rimer repos , ni travavao avec
htnheaax. Le grand Rousseau a fait corriger de pareilles rimes^
i Racine le fils , qui se les permettoit à l'exemple de Voltaire
[ui s'en est bien permis d'autres. Ainsi > quelque noble que
oit la terminaison en oSj dans repos, héros , etc., ou en ait^
*4 DU GÉNIE
dans maux et travaux, elle n a point un son aussi plein ni
aussi étendu que celle en eau dans beaux, tombeoAix, etc.
Ce dernier terme nous vient du grec tùmhos , dont nous aVom
fait aussi tombe (i)^ très-beau synonime, et le yevhé tomber
formé par métaphore » plus heureusement que cheoir de
eadere , par contraction , et par Tusage où Ton étoit de chan-
ger en ch le ca des Grecs et des Latins. Cette vicieuse pronon-
ciation du c^ a détruit dans beaucoup de mots l'expressimi
imitâtive des sons. Le toccar des Italiens rend très-bien Fespèce
de bruit que Ton fait en frappant sur un corps sonore; to^
cher n'exprime plu^ rien; toquer a paru trop commun. De
même cheoir et chute n'avoient qu'un son étouffé qui ne pei*
gnoit à l'oreille ni la pesanteur, ni le bruit, ni le mouve-
ment, et ne pouvoit convenir qu'aux choses qui tombent mot
lement et en silence , comme la neige. Le verbe tom^ber a donc
été une richesse pour l'harmonie ; mais n'ayant pu en dériva
un substantif, qui exprimât YacUon de tomber, il a fallu se
résigner à conserver chute , le plus insignifiant de tous les
mots , puisqu'on se sert d'un son tout pareil, chut, pour imi-
ter quelqu'un à se taire.
Les noms en eau sont donc pleins, nobles, sonores mais en
trop petit nombre; et, par un singulier caprice, quelques-uns
sont bas et vulgaires , en rendant le même son que d'autres plus
favorisés. Nouveau ne sonne pas autrement que veau, et
celui-ci ne se placera point, comme l'autre, dans le haut style.
Rien n'est plus agréable que berceau; cerceau l'est beaucoup
moins , sans doute, à cause du rapprochement des deux c qui
(i j On écrivait autrefois tumhc , conformément à i'étyrnologîç,
DE LA LANGUE FRANÇAISE. S5
mportunent l'oreille. Il paroit aussi que la consonne n a dé-
gradé cette terminaison; témoin étou/meau^ de stv/mus; eau
réunie à bonne n a plus qu'un son plat dans bonne eav, par la
même raison , passereau, de passer ^ passeris, est plus poé-«
tique que moineau, qui Tient du grec montas (solitaire),
parce qu'il y a une espèce de moineaua^ qui aiment à être
seuls; il est dit dans le psaume : Sicut pousser soUtarius
in tecto. Le nom de mmne avoit la même origine» et les
mauvais plaisants disoient que les moines avoient encore
d'autres conformités ayec les moineaux. Comme nos pères
étoient grands railleurs , il ne seroit pas étonnant qu'ils eussent
eu cette intention maligne dans la ressemblance des deux
noms.
Quoique fardeau soit un terme fort releyé , bardeau » qui
sonne de même est très-bas. Il vient du latin bard/us, iov/rd^
'^ossier, elles Latins, qui connoissoient les ba/rdes, poètes gau-
lois , ont bien pu tirer de là leur bardas. Les nouveaux admi«
rateurs des anciens bardts n'adopteront pas cette étymo
logie.
Fléau avoit été contracté en une syllabe , de flageiiunt ,
'. eomme sceau de sigUlum ; nos vieux poètes écrivoient tou-
^jours fléau monosyllabe: Racan lui-même a dit : Mais ce
\emel honnev/r, ce fléau de notre vie, C'^st donc depuis lui
i qu'on a trouvé trop dure cette contraction monosyllabique , et
^e, par un simple accent on l'a étendue à deux syllabes fléau;
oet emploi de l'accent tient sans doute à ce que l'oreille dcvc-
Hoit plus musicale ; mais il s'est borné à trop peu de ehaqge*
xnents semblables. L'extension syllabique à certains mots trop
iresserrés par la contraction» les a rendus plus SQUoreâ et plut
ta DU GÉNIE
, faciles â prononcer , comme sanglier ( > ) ^meurtrier et quel-
^«ques autres , que Corneille^ Molière et la Fontaine faifioient eo-
eore de deux syllabes, et qui, même de leur temps, étoienl
^é)à de trois. Plusieurs yices de notre contraction aùroientpi
être ainsi corrigés , si nos poètes avoient été musiciens , &
4{u au moins dans la poésie lyrique , ils eussent fait la musiqie
iàe leurs vers. Cest une sorte d'instinct musical qui a chàngi
.scel en scea/u^ martel en ma/rteaai ; car c'est de imiT^
4]u est dérivé marteler ^ comme sceller de sceL Le même goôl
a substitué toit à. teot ^ de tecPuan ; premier à prim y de fft¥
mtus; déjà au monosyllabe jà qui pourtant est naïf, ainsi ^
dors remplacé par eUors ; 41 a substitué de même louange ii
^los de laus; maturité à mûreté (de mûr, matums ^ m^itU'
ritas); vallée à va^,, AevalUSy celui à cel^ àehic^ iUe; Louise
Jjôys; mille à mil qui n'est resté que dans le millésime séca<
-laire ; coupe de cuppa , à cope dont on fit le diminutif cs^
fjeletj et ensuite gobelet; à ne de née, ni d'où est xiérivéJe
verbe nier; à mine de mina^ menace , quoiqu'on dise eof
core familièrement : il fait mine de frapper , pour U menacs
tde frapper ; mais le verbe miner a disparu devant menacer,
excepté quand il s'agit de miner v/n terrain.On pour r oit d^
'Picore vis de visus^ remplacé par visage , et conservé senl^l;
jtnent dans vis-àr-^j, comme on dit face à face; on citer^j
(i) lye singularié j gros marcassin qui va seui^ est venu sangidif^
dont les Italiens ont fait dnghiate. Quant à meurtrier, son v%ài\
meurtrir signifioit d'abord frapper pour faire mourir, marie ferifti
et il est, ainsi que meurtre j contracté de moriturus. lUcine empioU
tneurtn dans ce sens :
Allez , sacrés vengeurs de tos princes meurtris,
i
DE LA LANGUE FRANÇOISE. 8?
iulas de solatium effacé par soulagement ; épanter de pd-
itarcy par épou/vanter; plébée de plebeius^ pour plébéien;
\ vermisseau^ meilleur que vermisj et plus agréable que
er; et profit substitué à prou {peu ou prou) de Titalien
rd; et bannisseme^it à ban^ en italien bando ; et frapper
u grec fh/rapizà^ à /î^r de ferire (sans coup férir); et par
létique au yieux mot ;>a^tc du grec pathdSj dont il est resté
; négatif apathiqus ; et voyageu/r à t;iatot^^ de viator; et
égât à ^a^^3 en gardant le dérivé ^âtor qu'on a préféré à dé^
}àter; et lassitude à lasseté, et novice à mce qui est pour«
:aot resté au genre* na!f; et engou/rdi à gourd (les mains
jourdes ) > de gtiréus ; et lugu4nre à lubre ; et commentaires
\comments; et compagnon à compaing ; et entreprise à
emprises ; et oppression à oppresse ; et rtm^eau à ru^ etc.
Ces exemples qu'il seroit aisé de multiplier , prouvent que , de
siècle en siècle , on a combattu le vice de la contraction qui
aroit étranglé notre idiome , et qu'on a senti la nécessité de
donner aux mots un développement plus harmonieux. Mais
Ce goût barbare de l'abréviation sembloit vouloir revivre de
nos jours , où de prétendus beaux parleurs estropioient les
mots pour les rendre plus jolis et plus mignards. Entre autres ,
ils trouvoient désir j déjà contracté de desiderium, encore
trop long à leur gré; ils vouloieut le réduire à un monosyllabe,
en prononçant dsir. Il en est ainsi de plusieurs autres sur les^
juels nos petits-maîtres Francs oi^t tenté la même opération
croyant sans doute que les mots ne sont jamais assez courts
ît ne peuvent courir trop vite sur leur langue pour la quantité,
le belles choses qu'ils ont à débiter.
/
W DU GÉNIE
§v.
De l* Analogie dans la Formation des Mots.
c II ne faut pas croire , dit Quintilien , que , dès Finstanl
la création des hommes , lanalogie , descendue exprès du c
soit venue déterminer la force du langage; au contraire, (
une intention postérieure à la parole. Aiusi , ce n'est pas
la raison qu'elle est fondée; c'est sur l'exemple; ce n'est
une loi prescrite £tu langage , c'est une observation faite a]
coup; de sorte que l'analogie ne doit l'existence qu'à
sage. »
Si nous avions le Traité de V Analogie , par Jules Ce
aussi habile dans l'art d'écrire que dans l'art de la guerre
que ses expéditions militaires chez diverses nations avo
mis à même d'étudier et de comparer tant d'idiomes diffère
nous aurions sans doute , sur ce sujets des observations t
intéressantes, et des éclaircissements très-utiles. Quintili
qui avoit lu ce traité , pensoit apparemment comme Ce
Quoi qu'il en soit, la plupart de nos grammairiens, guidés
une nouvelle méthaphysique , sont d'un avis tout contrai;
celui de Quintilien; ils prétendent que l'analogie descen
exprès du ciel, est venue déterminer la forme du langage; <
sans l'analogie, les premiers hommes n'auroient jamais
faire usage de la parole, ni jeter les fondements d'une lanj
que l'analogie seule pouvoit sauver des inconvénients d'
nomenclature infinie, et des incertitudes accablantes d'
syntaxe sans règle , qui auroit autorisé autant de formes f
DE LA LANGUE FRANÇAISE. «9
la phrase , que lesprit humain peut en donner à ses pensées.
Je passe plusieurs autres raisonnements qui expliquent d'une
manière très-obscure une chose déjà si obscure par elle-mênie,
Je yeux dire la formation du langage,
N est-ce pas imputer à lanalogie , qui est un rapport méta-
physique, une conformité raisonnée, et qui suppose beaucoup
de combinaison artificielle , ce qu'on doit attribuer à l'esprit
imitateur, si naturel à l'homme ? Ce talent, la source de tous
les autres, lui fit d'abord donner des noms aux choses qui
frappoîent le plus vivement les sens , et dont il avoit le plus de
besoin: cet esprit d'imitation est très-sensible dans la plupart
des mots qui peignent à l'oreille des effets physiques. Ces mots
imitatifs dans toutes les langues , sont les premiers et les mieux
formés ; ils survivent à tous les changements du langage , parce
€[u'ils en sont le fondement , et que leur conformité avec la
nature des objets comme avec celle des organes-dé l'ouïe et de
la parole est invariable. Mais c'est abuser des termes, quQ
d'appeler cette imitation, cette ressemblance physique, une
analogie , c'est - à - dire , un rapport métaphysique et rai^
ponné. I
Le même esprit imitateur fit modeler de nouveaux noms
sur les noms déjà créés, La paresse, l'ignorance même, ou les
bornes de l'intelligence humaine et la nécessité de s'entendre
faeilemeni , portèrent naturellement les hommes à simplifier
les éléments du langage.- Qu'on sépare ces éléments de tout cq
qui fut ajouté depuis , on verra qu'ils sont fondés sur les no-
tions les plus simples, sur la connaissance des deux sexes, e|
sur les relations de trois personnes entre elles. Cela seul mf*
fisoit pour exprimer le» premiers sentiments et les premier!
90 DU GÉNI£
besoÎDSk Ensuite les désirs compliqués compliquèrent aui
langage.
Quand les pensées se multiplièrent, quand il fallut éno
des idées qui ne tomboient plus sous les sens , et qu'on
lut parler à lesprit , lanalogie forma cette nouvelle langue
les éléments de la première, et fut obligée, pour rendre
idées méthaphysiques, de se plier à la syntaxe, pu à lo
qui régloit lexpression des idées physiques. Je conçois
qu elle servit beaucoup à corriger les défauts de cette syn
ou construction originelle; c'est l'art qui aide à la nature;
en développa les ressources, en expliqua les principes, el
donna une marche plus régulière. C'est ainsi que l'anal
fut postérieure à la parole , qu'elle se fonda sur l'exemple
qu'elle dut son existence à l'usage.
Je ne conçois donc pas celte autorité , cette prépondérai
que , selon nos grammairiens , l'analogie doit avoir sur Tus
Je vois au contraire que la parole étant créée pour l'orei
ce juge superbe a toujours décidé souverainement du langi
en dépit de l'analogie. Les mots n'ont d'usage que par l'i
tation, par l'euphonie, et c'est l'oreille qui les adopte,
langues ne sont pas plus ou moins harmonieuses par Yb
logie , mais par le plus ou moins de justesse et de délicat
dans les organes qui rendent et qui reçoivent les sons.
Pour juger de^ prétentions analogiques de nos grami
riens, écoutons celui qui a grossi les volumes de l'Enc}
pédie d'un si grand nombre de rêveries métaphysiques si
langue ; c'est Beauzée , dont l'autorité est encore de quel
poids sur la classe grammairienne. Voici comme s'expr
l'ingénieux Beauzée : « Scroit-ce à la multitude ignorant
DE LA LANGUE FRANÇOISE. 91
» non réfléchie, qu'on accorderoit la prépondérance sur les
» décisions éclairées des gens de lettres? Non; c'est à eux i
• diriger la multitude, ntais à la diriger par l'analogie. •
Il est inutile de dire qtre les bons auteurs, même en recti«
fiant l'usage, en épurant la langue, se sont toujours conformés
à JBon génie, et se sont attachés surtout à flatter l'oreille, que
^analogie auroit révoltée. Nous en donnerons bientôt des
exemples; âiais voyons maintenant les singulières consé->
^ilelice^ que BêauKée a voulu tirer de ses principes outrés en
%it d'analogie.
Boit-on dire je ptds ou je peux; je vais on je vas ? l'usage
a laissé le choix de ces deux manières de parler, et nos meil*
- leurs écrivains ont toujours préféré je vais , je puis ^ y trou-
vant sans doute quelque chose de plus doux. Beauzée , appuyé
►itar son inflexible règle analogique , veut absolument les bannir
^ la langue , et prononce exclusivement en faveur de je vas
»*y« petbx. t Que les gens de lettres, s'écrie-t-il , naturelle-
^ teent faits pour donner le ton à la multitude , donnent donc
■^ a cette locution une préférence si marquée, que la pre-
^ mière puisse insensiblement tomber en désuétude , et laisser
la victoire à l'analogie. »
Sur quoi Beauzée peut-il motiver cette décision et sa vid-
[toire analogique? Le voici : c'est qu'à la seconde et à la troi-
le personne , ou dit toujours , tu vas, U va ; tu peux, il
\t ; et que la première doit être semblable aux deux autres.
luzée n'a pas senti le vice de cette règle absolue ; car , d'a-
elle, au lieu de dire je suis, il faudroit admettre j*es,
[fûsqu'on a dit ti« es ,il est. Au lieu de j'ai, on diroit^'a^
par la même raison qu'on dit tu a^ , il a. Ce principe exclusif
98 DU GËJVie
n'ont pu faire disparoitre la mauvaise prononciation du ùh^
qui nous est particulière , et qui semble ayoir été parmi les
Francs un vice de conformation dans Forgane de la parole.
Assurément il n y avoit aucun rapport entre ce ch et le son
du caonh des Grecs et des Latins dont nous avons francisé
les mots : entre manchot et mancuêj ou lablatif manco;
entre cathedra et chaire > caro et chair^ carus et cher ( i ) ,
entre caiceus et chausse ou chaussure; entre clavdicare et
clocher (verbe) , d'où est venu à clochepied ; entre canus
(blanc ) et chenu que nos poètes ont fait vivre tant qu'ils ont
pu (2) ; entre caméra et chambre ^ quoique on ait suivi la
même étymologie dans ca/marade (de la même chambrée ) ;
entre scaia et échelle ^ dont on fit d'abord le verbe écheUer,
et ensuite escalader^ en reprenant la prononciation latine;
entre cameltbs et chameau y caininus et chemin et chemi-
née, quoique les Picards disent caminée; entre cicer et
' (1) Les Latins dislînguoient carus {cher pour le prix) de charuê
( cAer d* amour ). Nous n'avons pas fait ia même distinction,
(a) Boileau a dit :
Mais aujourd'hui qu'enfin la vieillesse venue
Sous mes faux cheveux blonds déjà toute chenue y etc.
On a abusé de ce nom dans d'autres acceptions ; mais il ne doit signi"
fier que éianc et Hanche, Rousseau s'est donc trompé, en disant :
Tel qu^on voit la tête chenue
D'un chêne , autrefois arbrisseau ^
Égaler le plus haut rameau
Du cèdre caché dans la nue.
Peut-être a-t-îl voulu marquer le grand âge du chêne; mais l'âge 1*
rendroit plutôt noir que blanc.
BE LÀ LANGUB FRANÇOISE. yS
entre dont > abrégé de dominus y et don de domint ; entre
•on de sonuSy et le pronom ^^rt de swus ^ swuni? La grande
quantité de ces contractions monosyllabiques et des homo-
nymes ridicules qui en sont la suite , prouve qu'ils n'avoient
aucune idée de cette analogie qui doit conformer le mot à
la chose , et ne pas confondre des objets différents sous un
signe uniforme»
L'extrême variété des terminaisons ne prouve pas moins •
Tabsence de l'analogie qui avoît guidé les Grecs , et les Ro-
mains après eux, en classant les verbes et les noms d'une ma-
nière disfinctive. Pourquoi avons-nous fait de noduSy nœud^
et de modus^mode; de tempestas ^ tempête ^ et de maj estas ^
^najesté; de pondus ^ poids ^ et de funduSj fond; de codex ^ '
CûdCj etdejudeXyjuge; de regina^ reine (i) et de pagina,
f^age; decredere, croire , et de céder e, céder ; de bibere ,
^oircs et de scribere^ écrire; defavor^ faveur j et de pavor,
^3ev/r, autrefois paov/r^ etc., etc. Au moins dans ce dernier
Xxkot y on voit l'intention d'éviter l'homonymieavec pavet^r. Ces
Variétés innombrables attestent que, dans la première fabrique
de notre langue , on n'a suivi qu'un plan extrêmement vague.
Combien de fois l'analyse étymologique, la plus simple de
toutes, n'a-t-elle pas été méconnue? F'ox ayant donné voix,
nox auroit dû aussi donner noix; mais c'est nux qui a pro-
duit ce dernier mot , et nuit qui ressemble plus à nux , est
(i) On écriToit jadis et IVn pronoaçoît raine, parce que de rana,
on ^voit aussi formé raine, qu^on abandonna pour greiwuiile, de
tanunculus ; de ce même mot est venu renoncule, à. cause que cette
fleur aime Thumidité , et que sa patte ressemble à la grenouille^
04 DO GÉNIB
venu de nox. Il est vrai que de crux on a fait aussi croix )
mais itujc a produit luev/r^ et duXy duc.
Quelquefois Tétymologie est si grossièrement mise enœuvret
quelle est, pour ainsi dire, indéchi£frable. Qui reconnoitroit
maie instructuSs mai formée mai hâti, mal insiTuit dam
malotru^ si les Languedociens, qui disent maiesirtùe^ n'en
avoient conservé une ombre moins défigurée? AquednjLC nous
est resté, quoiqu'il ne soit pas moins nidemant contracté
iXaquam ducere. Du grec agaô^ j* admire j venoit aga pour
regarde; des mpts latins ante annwm, une contraction
non moins bizarre avoit produit autan (jt), I^s neigea diO/uh
tan^ pour dire les neiges de l'autre anpée. Cette expression
est long-temps restée dans la langue , à cause du fameux roiH
àfidM de Villon , dont voici quelques vers :
1 Où est la reine
Qui commaDda que Buridan
Fût jeté dans un sac en Seine?
Mais où sont les neiges à!autan?
La reine blanche comme un lys>
Qui chantait à voix de Syrène»
Berthe au grand pied , Biétris ,. Alys ^
Harembouges qui tint le Mayne ^
Et Jeanne, la bonne Lorraine
Qu'Anglois brûlèrent à Rouen,
Où soîQt-ils, Vierge souveraine?
Mais où sont les neiges d^ autan ?
Cousin de consanguineus ^ et oncle A^avunau4/us soBt
aussi ridiculement formés que Tétoit ante d!amitay qu'on a
(i) On dîsoît aussi annuité à'antô nocfem, poitr avant ta nuU.
V DE LA LANGUE FRANÇOISE. gS
)ï^ Tèformé par tante y et sente de semita^ qu'on a adouci par
zenlier. Il a fallu de même adoucir orphenin d'orphanus ,
tKt fsr orphelin y et iectrain de iectwrum ^ du verbe /egrere^
iir lire, par lutrin; et oystre d^ostrea^ par hniître; et mouS"
àià tier de monasteriv/m ^ par moôtier d'abord, ensuite par
ttT manastère; et œf d'ovum^ par œt^/*; et Tn^Wr de ^nerere,
ikP par m^rt^er^ et rt^ de ri^^ par rv^sseau; ainsi, tantôt on
tra^ défiguroit Fétymologie , tantôt on la sui voit durement , sans
ps autre guide qu'une oreille rude et grossière. C est donc l'oreille
Lct: bien plus que l'analogie , qui a réglé la formation de notre
i* langue; tant que l'oreille fut barbare, presque tous les mots
'52 le furent aussi; à mesure qu'elle devint plus fine et plus déli-
n» cate , les mots furent adoucis , changés ou réformés , de ma-<,
nière que chaque siècle amenoit un langage nouveau , et si
nouveau, qu'on étoit obligé de traduire les livres des siècles
précédents, qui n'étoient plus françois. Aussi pouvons-nous
compter, dans notre seule langue, trois ou quatre langues
mortes , qui ne sont plus intelligibles qu'à ceux qui en ont
fait une étude particulière (i).
Mais c'étoit toujours sur les mêmes fondements qu'il falloit
(i) Nos anciens romans écrits vers Tan iiooétoient déj iVin langage
saranué au temps de Yiile-Hardouin, historien des croisades du treizième
siècle ; et cet écrivain a eu besoin que Yigenère le traduisît au temps de
Henri III. Molinet trouvoit que le langage du roman de ia Rose avoit
besoin d^interprétation ; et Clément Marot servit aussi d'interprète à Vil-»
Ion dont il fut Téditeur. La farce de Patelin ^ composée vers le règne de
Charles V, fut rajeunie pour le style, quand on voulut la jouer au quin-
zième siècle. Gomines étoit vieux du temps d'Amyot et de Montaigne ; et
combien de personnes aujourd'hui n'entendent guère Montaigne ni
Âmyot !
pfl bu GÉNIE
travailler pour réformer et orner l'édifice , qui conserve tàlit l^iffl
de vestiges gothiques. Étoit-il possible de revenir à lanalogiîlict
.pour corriger plusieurs vices essentiels et originels?* On avoïlfi
Buppléé par larticle, à la confusion des genres masculin où friio
luinin, si rarement distingués par les terminaisons; encore
cet emploi de l'article au pluriel est-il nul pour son objet pritfl^
cipal qui étoit la distinction des genres; on dit également fcl^"
hommes et les femmes; il en est de même des prénoms nom^'^^
etvotreylen/r et lev/rs^ qui ne distinguent aucun genre. A-t-Oii
suppléé au genre neutre qui nous manque? n'est-il pas riJi*
cule de donner un sexe à des objets qui n'en ont point? Cettï
vue analogique n'étoit pas échappée aux fabricateurs da
anciennes langues; ils l'ont même suivie avec tant de justesset
qu'en latin les arbres sauvages sont en général du mascnlin,
les arbres cultivés et fruitiers du féminin, et les arbres stériles
sont du neutre*
On sait quel embarras et quelle obscurité jette dans la
phrase l'emploi irrégulier du pronom son, quand on parle de
plusieurs choses différentes , dont les relations sont mal dé-
terminées par ce seul pronom. Ce vice considérable n'a pu
('Ire corrigé. Cette tache obscurcit le style des meilleurs écri-
' Vains. Les Latins avoient un signe particulier qui levoit toute
(équivoque.
Pàrlerai-je de l'énorme irrégiilarîté qui joint dés pronoms
masculins à des noms féminins (i): inon mne , son amie,
ton ingratitude ? etc. Cela n'cst-il pas aussi choquant que
(i) C'est cet emploi irrégulîer qui fait douter quelquefois du genre de
Certains noms, comme éfjtiivoqitc^, hermaphrodite, épidermcy hy*
t)È LA LANGUE FRANÇOISE. 97
ndre dire à un étranger , ma hienfaitev/r ^ ou mon bien^
ke ? JÊaI cependant cette irrégularité est une réforme :
lancien langage on disant m 'arn^^ enélidaût la Voyelle
i nous en est resté marniez TYiwmov/f; mais quand il fut
dé que le seul e muet souffriroit Télision , Foreille voulut
olument , en dépit de lanalogie , qu'on évitât YhiaPus de
' amiCj en substituant le pronom masculin au féminin; et
: conséquent te n'est point l'article féminin ia, mais le mas*
lin le y qu'on élide en disant l'ame. Le seul moyen peut-être
effacer de la langue ce grossier solécisme , étoit d'opposer à
hiatus l'aspiration que nous avions empruntée des Grecs , et
ont nous avons fait trop peu d'usage. Si les noms féminins
ui coitimencent par une voyelle avoient été soutenus de l*a8*
>îratioil , comma haine ^ honte y et quelques autres , on les
lUroit soumis à la règle générale ; et à ce sujet j'observerai qu'il
-'st difficile de dire pourquoi le mot horreur n'a pas été as-
)iré , puisque l'aspiration augmenteroit encore le son imitatif
[ui lui convient.
Parmi les taches originelles qui souillent notre idiome , et
ont le détail exact seroit trop long , l'analogie ni même l'oreille
ope, horioges horoscope, armistice, etc. C'étoit une idée ingénieuse
'avoir fait équivoque des deux genres pour la présenter sous une double
:ce ; et Despréaut en a plaisamment profité dans le début de sa det-
îère satyre:
De quel genre te faire , e'qaiyoque maudite >
Ou maudit? «te.
Les femmes ont à se plaindre qu'on ^ait détenniiié son genre ai
OQÛlliOi
08 BU CÉME
n'ont pu faire disparoitre la mauvaise prononciation du ch,
qui nous est particulière » et qui semble avoir été parmi les
Francs im vice de conformation dans Toi^ane de la parole.
Assurément il n'y avoit aucun rapport entre ce ch et le son
du eaonk des Grecs et des Latins dont nous avons francisé
les mots : entre manchot et Tnancvs y ou lablatif manco}
entre cathed/ira et chaire , caro et chaw^ cairus et cher (i),
entre caiceus et chausse ou chaussure; entre claudicarei
eiocher (verbe) ,. d'où est venu à clochepied ; entre cam»
(blanc) et chenu que nos poètes ont fait vivre tant qu'ils ont
pu (d) ; entre caméra et chambre , quoique on ait suivi li
même étymologie dans ca/màrade (de la même chambrée];
entre sca4a et échelU ,. dont on fit d'abord le verbe écheUef^
et ensuite escalader , en reprenant la prononciation latine;
entre catneltts et chameau^ ca^tninus et chemin et chemy
née, quoique les Picards disent caminée; entre cicer et
' (i) Les Latins dislînguoîent carus {cher pour le prix) de cham
( citer d'amour ). Nous n'avons pas fait la même distinction.
(2) Boileau a dit :
Mais aujourd'hui qu^nfîn la vieillesse venue
Sous mes faux cheveux blottds déjà toute chenue , etc.
On a abusé de ce nom dans d'autres acceptions ; mais il ne doit signi'
fier que hlanc et Manche. Rousseau s'est donc trompé , en disant :
Tel quW voit la tête chenue
D'un chêne , autrefois arbrisseau ^
Égaler le plus haut rameau
Du cèdre caché dans la nue.
•
Peut-être a-t-îl voulu marquer ',1e grand âge du chêne; mais l'âge le
rendroit plutôt noir que blanc*
DE LA LANGUE FRANÇOISE. OD
re (pois chiche), et par métaphore pour ménager^
&; entre casses (des filets) et chasse doù est venu le
chasser dans ses différentes acceptions ; entre cadere et
r; castigare et châtier; ca^teU/wnt et château, <]ue les
uedociens nomment castei ; entre le mot grec ieikô et
r; entre caPas et chat; catamitis et chate-mite ; entre
in (pousser , heurter ) et choper; entre caler e et chaloir}
* et chaleur ; la liste ne finiroit pas. Il paroit que , dans
îne , il y eût dispute entre nos diverses provinces pour
et pour le ca. Les Languedociens et les Picards étoient .
ce dernier; ils disoient cavdy au lieu de chaud, catnin,
m de cfiemin, hien^ et non pas chien; cat et non pas
; etc. Du grec karôneia, dont nous avons dérivé le vilain
charogne ( i ) , il est probable que les opposants ont fait
]ne y qui n'est pas plus beau , et qu'on a détourné à un
sens. Chable pour cable est encore usité parmi le bas
le : les Picards out fait triompher cable; ils n'ont pu de
Cependant Jean-Jacques Rousseau a su placer ce mot d'une ma-
issez forte, en disant: « Ma table ne seroit point couverte 5 avec
•areil , demagniBques ordures et de charognes lointaines. »
ophîle s'en était déjà servi avec beaucoup d'énergie dans son imi-
de Phédon.
..... Une âme enchalae'e
Des liens de la volupté
Quand la mort finit ses plaisirs |
Brûlant encore fie vains de'sirs
Dont le sang Tavoit chatouille'c ,
Rechercbe autour des os pourris
Cette charogne déponillée
Où ses vices e'taient nourris.
io(^ ou GÉNIK
ter la mémoire; et toutes les fois que cette uniformité ne blés*
ioit point loreille , on la suivoit ; mais combien de fois Feu-
phonie n'a-t-elle pas exigé qu'on s'écartât de ces terminaisons
uniformes (i), sans parler de tous les mots qu'ellea laissés sans
filiation , parce qu'il ne pouvoit en dériver que des noms, durs
et mal sonnants : quelle différence dans la dérivation de tant
de noms, dont la racine se termine de la même manière ! Brave
a donné bravoure^ et esclave, esclavage ; d^ardeur vient
•
ardent, et de ptidetir, pudique, et d'odeur j odorant; de
chaleur on a forxpé çhayd; de doui^v/r^ <(<^m^,de fleur, flo-
rissant , et de malheur , malheureux; cha/rmea produit
charmant, et la/rme, larmoyant^ et arme aucun adjectif^
*
{\)FieT, lac, étang, angCf tefnphy livre, ckicKe, gond, fore,
sein^ cas, caprice, icot, sot 9 tort, champ 9 an, sage^ plages
fahU, métier, proie j^ soie, pré, mai, endroit, kâte, doigt » ongU,
mets, toit , adroit y Utmpe, (mi, loi, sauvage, def, front, prompt $
sentier, fuseau, fe%t, père, amer, qu^ue, race, art, chef, peur,
faite, noce, soir, crin, eau, brin, homms , sca^r, mot, cm^
lourd, éien, rien et beaucoup d'autres mots n*ont produit aucun
verbe. Cette stérilité vient principalement de ce qu*ik étoiept pre^
que tous monosyllabes. Ainsi la pauvreté , comme la dureté denotrt
langue 9 tient à son génie monosyllabique. La liste des verbes sans subs^
tanti& ne seroit pas nioins longue.
Tantôt II0U9 4vons dérivé le substantif du verbe » comme course i$
oourir; délivrance dç délivra; tantôt 1q verbç aété dérivé dusubstai|*
tif^conmie enfanter ^"enfant; donner de dot^; soupçonne^ d^ «^^ipf^fU
wntitionner d'amlntion; n'ayant rien pu faire de pa/rere,d*am6ire,
de suspicari, de dare : au lieu qu$ toutes 1^ fois quiç nous levons pu
franciser les verbes latins , npi^s çp avons fait sortir les subi|f^|i|î|. Çt^
dç orears a produit créateur, création, créature t^ et|(«
DE LA LANGUE FRANÇOISE. loi
{dace des anciennes déclinaisons? Ils auroient vu que ce nou-
"veau système de syntaxe, si difficile à expliquer, est un pur
effet de Fignorance des Barbares vainqueurs de l'Italie. S'il ar-
rivoit qu'un de ces Barbares ] essayant de parler latin , et vou-
lant exprimer que tel homme étoit bienfaiteur de Rome , ou
demeuroit d Rome , ne connût point le cas du génitif et du
datif du mot Roma^ il avoit recours aux prépositions ad et de
qu'il avoit retenues , et qu'il plaçoit devant le nominatif : au
lieu de Romœ^ il disoit ad Ramas et de Roma. Aussi ad
Koma et di Roma y telle est la manière dont les Italiens ac-»
tuels , descendants de ces Barbares , ou dégradés par eux , ex*'
priment ce rapport et les autres semblables ; et cette méthode
étant devenue la nôtre, nous avons dit de même à Rome et do
home. Une pareille altération s'est opérée dans la langue
grecque , depuis la prise de Constantinople par les Turcs. Les
mots sont en grande partie les mêmes qu'auparavant; mais
1 ancienne grammaire a disparu , les prépositions ayant rem-^
placé les déclinaisons.
Par une suite de cette ignorance, les Barbares se délivrèrent
aussi de tout l'embarras des conjugaisons , par le moyen des
Verbes auxiliaires sum et habeo. Un d'eux qui vouloit dire^e
suis aimé s on j'avais aiméj et qui ne pouvoit se rappeler ni
le mot amar^ ni arnaveram^ s'efforçoit d'y suppléer en di-
sant: ego sum amattis (i), ego habebam^ amatum; de là
io sono amata, aveva am^ata^qul sont aujourd'hui les locu-
•
(i) D'ailleurs les Barbares furent trompés par Tusage irrégulier des
Latins, qui employoient l'auxiliaire esscy sum , etc. 9 dans plusieurs temps
de leurs verbes passifs et déponents. Cette irrégularité latinie a été la
règle des syntaxes modernes»
loa DU GÉNIE
tions italiennes; delà aussi les nôtres qui leur ressemblent ))e 1^
cette basse latinité qui fut long-temps le jargon de l'Europe ||
est donc venu la syntaxe moderne, qu'on veut expliquer par
lanalogie. Mais qu'y a-t-il de moins analogique que cette pré-
position de qu'on emploie de toutes sortes de manières? h
'maison de Pierre , qui appartient à Pierre \ la maison k
pierre de taille^ qui est faite de pierre ile taille; et* je sors A
cette maison; et je viens de parcourir cette maison, etcQu^
a-t-il d'analogique dans l'accouplement des deux auxiliaini
j avais été; dans la répétition du même auxiliarej'at;^5eu?
Il faut en convenir y tout cela est barbare ; et vouloir par l'am-
logie rendre raison d'une chose faite sans raison , c'est un ^
de la métaphysique , un excellent moyen d'embrouiller ce qu'on
n'entend pas. f ■
On ne rendra pas mieux raison d'une foule d'irrégularités ,
ou d'exceptions, que l'oreille a établies pour son pl^nsir, et
que l'usage a consacrées. C'est l'oreille seule, et non l'analogie»
qu'il faut consulter pour savoir ce qui a fait préférer f(ntf '■
Rome à toute Rome ; va-t-en et vas-y , à va-en et va^; ^
donnez-^enk donnez en moi; a-t-U au lieu de a'U;jugeB'
en au lieu de juge-en; pensé-je^ au lieu de pense-je; etc. »
puisqu'on disoit : j'aime cette femme j, je donne à cettt
femme y pourquoi n'a-t-on pas dit, suivant l'analogie, y^aime
vous y je donne à vous, au lieu de je Vous aime, je vous
donne ? Voyez ce vers de Despréaux :
La chicane ea fureur mugît dans là gro/tid^saUe.
Quelle autre raison que l'euphonie a décidé pour cet adjec-
tif masculin devant saUe qui est féminin? Car il ne faut pas
I
DE LA LANGUE FRANÇOISE. io5
.«étendre qu'il y ait là une élision ; il n'y en a point devant
ne consonne. On dit aussi sans élision à grand peincy à
tand hâte. La même euphonie n a-t-elle pas exigé éonneS"
enSy quoique gen$ soient masculin : gens crueli ?
L'usage a consacré nouveau-né ^ nowveau sevrée malgré
1 syntaxe qui demande now^ellmnent né y nouvellement
wré. Quand on dit : j^ èors de chez un fat fje votu arrête
e par la loi; d*oûvenez^ous? aucune règle de syntaxe ne
sndra raison de ce de placé devant d'autres prépositions ou
es adverbes ; l'usage seul les admet de sa pleine autorité. A
%ain forte, à main armée ^ à pleine main, en plein
hamp. Ces locutions et tant d'autres ne suivent nullement les
Hs de l'analogie , nos plus que ces façons de parler : il gou*
eme en bon roi, il vous conseille en ami, etc.
On dit se sawoer à la nage ; mais l'analogie ne fera pas re-
3Voir le mot na^e> pour l'action de nager; j* apprends la
Oj^e^ pour j'apprends à nager. Nous avons un très-grand
ombre de termes qui sont dans le même cas ; l'oreille left
iopte en certaines occasions , et les rejette en d'autres. Du
H^t respect. Racine a formé l'adjectif respectable; mais il
droit été mal reçu si du mot aspect il a voit formé analogi-
uement l'adjectif aspectaMe.
Lorsque je lis dans la Fontaine :
Et d'Indon qû* il étoit, on vùuêXt fait Japon.
Je voudrois bien qu'on m'expliquât en quoi vous est utile
»our le sens. L'usage l'a pourtant adopté.
L^ère et oaurt'véttu, elle alloit à grands pas.
«o4 DU GÉNIE
Expliquez-moi aussi lalliance de ces deux mots court-
vÊPue?
Retourner au village ; adieu , si de ma vie
Je vous rappelle, et qu*U m'en prenne envie.
L*analogie ne trouve-t-elle pas à redire à ce qvs. qui a la
valeur de si? C'est là cependant le bon usage, comme dire
quelquefois que pour à quoi : mais que vous sert votre mé-
rite ?
C'est uniquement pour le plaisir de l'oreille que, de prélat,
on a fait se prélasser , et non se préiater; de paon^ se foi^
vaner et non se paoner ; qu'on a rejeté essorer ^omx prendn
i* essor ; qu'on a préféré peau à pel de pellisy en conservant
peler j et pieu à pau de palus , quoique Aepau vienne poteau,
et tombeau à tumbei^ qu'on eût pu garder pour exprimer un
petit tombeau; que souci ayant fait négliger souciance^ on a
pourtant conservé insouciance^ comme plus agréable qu'in*
souci; qu'on a abandonné es cri ^ en gardant s écrier; qu'on
a fait grâce à prouesse , en laissant au peuple peu ou prou;
qu'on a mieux aimé se priver d'un terme utile que d'adopteE
pauque de paucus ; qu'après avoir fait vapeur de vapor , on
s'est écarté de l'analogie , en faisant saveur de sapor / qu'on
n'a pas eu de peine à quitter poêst de potesfas , en faveur de
puissance ou de pov/voir; que din-d'œil a remplacé quin*
d^œil ^ d'où venoît guigner qu'on voit encore dans Y Avare
de MolièTe; que balsamum ayant {ait baume ou embavmur^
on a reçu volontiers balsamique , non par amour de laiia-
logie, mais à cause de la douceur du mot; que rebov/rs ayant
cessé d'être eu usage, excepté dans ces locutioas communes»
d
DE LA LANGUE FRANÇOISE. io5
i rebours et à rebrousse-qxyil (i) i le son imitatifa maintenu
leterbe rebrousser y que Racine défendit contre toute la cour
de Louis XIV, comme plus expressif que rétrograder y et
qu'il a placé avec honneur dans ce vers à^Athalie :
L*iirche qui fit tomber tant de superbes tours
Et força le Jourdain de rebromstr soo cours*
La Fontaine avoit déjà dit;
Peu s^en fallut que le soleil
Ne rebroussât d^horreur vers le manoir liquide.
C'est encore pour satisfaire lV)reille aux dépens de lana-
>gie , que plusieurs verbes , dont la terminaison est pleine-
lent la même a Finfinitif , diffèrent de beaucoup dans leurs
itres temps ; ainsi. , de mau/rw ^ je mev/rs ; et de courir ^ je
rurSy et de nov/rri/Py je nou/rris; de ri/re, je riots^ et
*écrirey j*écrivois; de prendre; je prenoisy j'ai piris,
; de rendre ^ je rendois, j*ai rendu ; de sortir ^ je sors ^
j sortais y et d'assortir ^ j'assoris ^ j' assortissois ; daA-
mdre y j'aésoivois j J'ai absous ; et de mou4reyje movr-
isy j'ai moulu; de faire^ j'ai fait, et de plaire, j'ai
!u^ etc.
Voyez surtout la terminaison des mots dérivés , dont la va-
été est infinie,. et vous reconnoitrez que le véritable principe
li a servi de guide, a été de plaire à Toreille. D abord il étoit
iturel de simplifier ces terminaisons , pour moins embarras-
(i) On dit encore5 je crois, un esprit rebours pour un esprit à conlrc-
Bff, qui'prendles cho9es à rebours» On lit dans Amyot: « Au reùoursi
son espérance. •
io4^ OU GÉNIK
ter la mémoire; et toutes les fois que cette uniformité ne ble» L
soit point 1 oreille , on la suivoit ; mais combien de fois Veur
phonie n a-t-elle pas exigé qu on s'écartât de ces terminaisom
uniformes (i), sans parler de tous les mots qu'elle a laissés sau
filiation , parce qu'il ne pouvoit en dériver que des noms, dun
et mal sonnants : quelle différence dans la dérivation de tant
de noms, dont la racine se termine de la même manière ! Bran
a donné bravoure ^ et esclave^ esclavage ; d^ardetir vient
•
ardent, et de pudev/r, jmdiqus, et A'othy/r^ odorant; de
chalev/r on a foripé çhayd; de doui^y/Ts <(<^ni^,de flewr, fi(h
rusant, et de malheur, malheureuse; charme, a produit^
charmant, et larme, larmoyant^ et arme aucun adjectif^
{\)FieT, lac, étang, angcy templô, tivrCf ekiehe^ gond, pcre,
sHnj, casj caprice, écot, sot 9 tort, chamkpj an, sage^ ftagt't
fahUy métier, proie^^^aiô, pri, mai, endroit ^ tufu, doigt, ongU^
mets, toit , adroit , tampe^ mi, loi, sauvage, def, fron^^ prampti
sentier 9 ftueaUf fei/t, père^ amer, queue f race, art y chef, pem^
faitey noce, soir, crvnj eau, érin, homme , scet^r^ motf cmi
lourd, éieny rien et beaucoup d'autres mots n*ont produit aoçoa
verbe. Cette stérilité vient principalement de ce qu'ils étoiept p^e^
que tous monosyllabes. Ainsi la pauvreté, comme la dureté denotit
langue, tient à son génie monosyUabique. La liste des verbes sans sobs^
tanti& ne seroit pas moins longue.
Tantôt npus 4vons dérivé le substantif du verbe » comme e&urse di
courir ; détivrance dç déUyr^; tantôt le verbç a été dérivé du substa^
tif, conmie enfanter i^enfant; donner de dot^; soupçonn&r d^ ^^^Wf#fU
améitionner à'améition ; n'ayant rien pu faire de parère , à'anibire,
de suspicari, de dare : au lieu quç toutes Içs fois qu(Ç nous i|voai pa
franciser les verbes latins , nous çp avons fait sortir les su]^i||^ti^ Çt^lf
é^ creare a produit créateur, création, créature , etis*
DE LÀ LATîGUE FRANÇOISE- lllj
\rur6e a ddnné fourberie^ et coa/rbe côutbure ; àè êoH eii
renu éontéj, et de fripon^ firipannerie^ et de idrron^ larcin^
ie fervev/r, fervent^ de savev/t savov/reu^^ et de faveuY^ fw^
vorahle; deniol^moUessey et de fol^foUe; de dof, sottise; et
dévots devoUon, et de bigot, bigoterie; de ôaguét^ caquetage^
et de coquet, coquetterie, etc. } ces Variétés Sotit trèé-nom*
breuses*
La différence eM encore plus considérable dàils les tiomi
qui dérivent des verbes , ou dont les verbes sont dérivés. Eu
Voici un petit nombre qui mettra sur la voie pour trouver les
antres. Ouvrir, OfwerPu/re; découvrir , décou/verte; en-
tr' ouvrir, rien ; souffrir, souffrance; offrir, offre et of-
frande; mentir, mensonge et menterie; sentir , seiiti'^
timent; repentir, repentance; garantir , garaMié ; par-
tir, départ; divertir, divertissement; convertir , conver-
sion, et pervertir, perversité; tromper, tromperie; occur
per, occupation; attraper, attrape; et frapper , rien;
^mtire, hataiUe, batterie ; combatPre, combat; abattre,
abattis , abattement ; trembler , trem^bientent ; asseun*
ble¥, asseméiage; ressem,b4er,ressentbianc6,.eîsemMer^
semblant Varier, variété ou variation; marier, ma*
riorge ; prier, prière; et crier, orierie, criailleriez pein^
dre , peintv/re ; et feindre , feinte ou fiction / mouvoir ,
mouvement; ém,ou/voir, ém^otion^ pouvoir, puissance $
fever, levain; relever, relevaiUes^ et soulever ^ sotUève*^
ment; savoir, science; recevoir, recette; concevoir , con^
eeption; apercevoir, aperçu; voir, vue, prévoir , pré-'
voyance; et pourvoir, rien; croire, croyance; et boire ,
boiê$o%i tire, lecture; élire ^ élection ; dire , dit ou dic^
ie« DÛ GÉNIE
ion; médire j médisance; et contredire , contradiction j
fendre^ fente; et défendre , défense; durer ^ durée ; et^
dvi/rer y rien; jtirer ^ jurement; parjurer, parjure; coiit^
jurer , conjuration ^ eic.
Le nombre des verbes différents des noms d'où ils dérivent,
n'est pas moins étonnante Citons-en quelques-uns : m^dHii
manier ;faim^ affamer ; hréfy ahréger; arbre ^ arborer;
grâce y gratifier; soin, soigner i frudtj fructifier; mmd,
nouer; air, aérer; plein^ ernpliTj frère^ fraterniser]
croix, crucifier; poids, peser; prix, apprécier i roijfi^
gner ; foi -, fier ; femme , féminiser ; plude, fUewvoir ;jdiôi
réjouir; temps, temporiser; moins, dimiwuer; trésor,
thésauriser ; gloire , glorifier ; foin , faner ; grouiri , gro-
gner, gronder ; humble, hainilier ; soif, assouvir; poiliV
épiier; or, dorer (pris de l'ablatif d'or); mer, mariner ^ y
amariner, amarrer; lieu, loger et ensuite logis ; Dieu i \
déifier; certain, certifier (on disoit autrefois acertainer)}
Tiez, nasiller; pair,j apparier; seul ^ isoler; pitié, dp'
toyer;. sel,, saler et salarier (on donnoit dû sel pour* sa-
laire). Que seroit*ce si nous rappellions encore tdUs les adjec-
tifs « non moins différents des substantifs , soit comme dërivés»
soitxomineTacines, et toujours peu analogues pour la figure
et pour le son*
. Je laissa donc une foule d'autres' exemples (Jui prouvent
tout l'empire absolu, et même le caprice de l'usage, dont il
est impossible de rendre compte autrement que par l'eupho-»
nie. Et comment l'analogie auroit-elle présidé à la composi-
tion, d'un langage dont les parties différentes n'ont point été ,
comme dans les langues anciennes, faites et fondues en coiîh
A B E A B & 5
eouvrcr, comme de mettre sur cascun lot Por ce doi-Ven tenir h. fol et abergier
de fort brassin et sur les aultres ouyraiges Qui vuelt Dîex et pechic en son cueur
de brasserie à Favenant avccq clie qui pa- enfergier :
ravant y estoit , une Abenghe tourtioise , Nus ne puet ces deus erbes planter en ung
et icelle AheiigJie devoir appartenir k nous yergier.
le moitiet, et k no ditte ville Jaultre moi- Testament de Jehan de Meung, v. ï53o.
tiet. Fnxfilegea de ralenciennes .
Cners ne doit servir de v^idenges ; ^^ ?«>*«« V^^ ^^ut lire à bergier,
Maisvatost,etsitedesrenges ces derniers étant réputés men-
Rouver congié hastivement , teurs , parce qu'ils jettent des sorts
Mes cors ne vaut deus abéenges , gt qu'ils disent la bonne aventure.
Ne sot fors smer a masenges , . „ . j ^ .
Nus n'a kier si fet estrument. Abeyance : Empressement , désir.
Li Congiés Bande Fastoul d^Aras, Abaorrisant : Détestant , abhor-
vers 424. rant.
Il parott qu'il y avoit plusieurs Abieiob ,a3j-tonf ; Nom d'un pays
espèces A'abenges, puisqu'on les quenospèrespenso.eBt devoir faire
diitinguoit en simples et en tour- parfedellnde, et d'où ils faisoient
noises. Quel étoit donc un pareil '^""^ ' „ ^ ^ 1
produit puisque le souverain s'en ABirasBra: Homme préposé à un
réservoit la moitié ? î»>en , qui mettoit a bien im héri-
„ . , ,. tage. Dans la Bretagne on donnoit
A.EBCIEB : Nourrir, loger, alimen- J „^^ ^„ ^^^^6 ^. j^
ter , retirer , entretenir de toutes ^^^ rapportant fruits.
choses, pourvoir a tous les besoins; . ,. . . « ,
de la bas. lat. habergare , ianaè. ^'*«" = Lm très-fin ; byssus.
à^hahitare, Le tabernacle issint ert fait adercertes^
.. ^.i>i.«i icvt.' il avéra dys cor tins de abuse de retorte
A Auxerre tout droit <Iedans la Suborb.e , ^^ j^ .^^^ g, ^ j^„, f^j, ^j^
Fopdèrent-iU ausn une nche abbaye. «iûcte'de diverses ceWs et la semblaunce
Pnu n;y ot qoe moine» , si cqm les cliartre. j^p ^^^ j^ ^^^j^ ^ j^^
dient :
Or , n'y a que chanoine qui Dieu servent Bible, Exode, eh. XXVI, v. i.
et pnent. ^ , , , . Tabernaculum verd ita faciès , decem
n»wnta*«r§ie^etclouxdebonnepierre ^^rtinasdeBysso retortatd et hyacinto ,
L'on appelle le Leu a Monseigneur Saint ^^ ^„^„^^, cocco^^uir bUlincto variatas
. a **OT" • a 11 i u • jt opère plumario faciès,
A Soiftsons ourent lautre chanoines regu- r r »f
*ï«w, Aboitbe : Abreuver, faire boire 9
^ ""'/irOT^-"*'^ *^'''' * ^'^''^ "" arroser, désaltérer; défère.
LolieuJrtappeUëàSaincteMagdflleine Aboivrebieht : Action de faire
Du Sfont ; c^est belle église dévote et de abreuver les animaux.
biens pleine. ABotMfeR : Reposer, rester tran-
Bom. de Gérard de Roussillon , quille. S'ahoumef : Se reposer, se
foh 175 , r*. délasser, dormir.
Abcbgieb^ abergeiss : Espèce de Aboçter : Assigner un paiement
toupie, suivant le nouvel éditeur sur ^oj^cz Cangeub.
du Romdn de la Rose^ qui renvoie Abrb : Arbre; arbor,
aux vers SUivanS : ^ ^^^^^^ 1^ droitement
Caer ne pnet qu'ung seal hoste dedens soi Où le Chevalier mort gisoit
faeibergier ; Qi pi^ça déviez estoit.
lie toi) cimk
tt le gl«e tlHit eHi dèd ilàt&ûte ali jairgoii tiôpà1àii*êî c est âàé
té cbaôé qu'a ft feOtl tpié lés poétei , et qiiéïqués éspiib ptë
cultivée de là tJbélt èfe dé k Ville, chôhiddéht lèil tërmiésU
Ihôinâ kàribatei, mi )iètltéil9ètttelit ne» , qii'i^s pôîissbîent poi
ft peu, et tjû*ilh sépàirbtéiit de tout le îéstë pôtit èb formef iîil
lâttgàge di'élite, qu'bîi Dppëlôifc le bel usa^ë. Û a failli àéi
èièclëâ I et des tbins tbtitihuels , doit de la part des gens (k
ttlbiide, àoit de celle des geûS de iêttîës, pour arriver enfin ï
Utee langue épurée , âûsât hbblé et auàsi harmonieuse qu'elle
{ybuVbit l'étte,
Mais l'ôr qu'bn â tiré de bet alliage èSt la tiioindre partie de
taiïk de didtélriaUx qUi sbht restée ëUcorë ibfottnes et grossiers;
le lattage trivial, bû grotesque, oii bassement familier , est dix
fois plus abohdaUt que celui qui pêUt convenir à uU style pur'
et soutenu. Il suffît d ouvHlf les dttiférehts dictionnaires qu on
nous a donbés, èoit des termes usuels, soit dès termes d'arts,
de sciences et de Uiétiers, pour !»e CbUvaiucre combien toutes
^s nomeuclàtureti bout de peu d'Uâdge hot^ du cercle où elles
Bbntreuf^iUéêà; bombteu elles pai'ottrotënt bizarres , ignobH
OU pédantesques ^i elles voulotent figurer dans là langue polie
et Consacrée par le bbU goût; combien enfin il seroit absurde
et ridicule de vouloir appliquer scrupUleUSetUenl lés règles de
l'^ualbgle à tout cet assemblage d'idiomes composés d'éléments
si divers , et souvent étrangers leà uns àU^ autres*
NbUô terminerons par une téflexion qui ii'éât pas intitae
âUjotod'hui que tant des gens ont l'aUibitibn de forget de nou-
veaut mots dont ils prétendent enrichir la langue françoise,
d'autant plus prodigues en ce genre qu'ils sont moins en fonds
pouï leur donner crédit : utie langue qui s'est formée lente-
DE LA LANGUE FRANÇOISE. lU
par des esprits cultivés et polis, et par rantorité des
s écrivaios, se défigure et se corrompt promptement,
le les gens de néant tiennent dans le monde la place des
Qes bien nés» et que les mauvais écrivains ont trouvé h
n de faire la loi.
y
SUPPLEMENT
AU
GLOSSAIRE
DE
lA LANGUE ROMANE.
MalU renascentar , qa« jam ceddere : cadmitqae»
Qa« nanc sunt in honore yocabula.
HOAAT. , Art* Po€t»
: Ponr, en qualité de » comme;
Tant vos ama que tôt deux anx
Fu sel o vos > à vos amanz>
Et tôt le mont gaerpi por vos
Et fu en grand enui toz sols.
RomoH de Parthenopex de Blois ,
M8.,,n" i83o yfoL 147 , V* col. 2.
3 ne niielz ne Parnasse à ami
ne nul de çax qu'il esliront.
Mémt Roman jJoL 14B , R9 eoL 5.
A : vers, contre » à Tendroit^ du
Si vont Urake et Perseis
ji BÎëlior o le cler ris.
Roman de Parthenopex de Btoitp
foL 149» y^ col. I.
liais quant il voit que la famine
Passant, k'il ne se puet deffendre ,
Si U convint sa renbe vendre^
Et cangier , coi que nus en die ,
ji une povre hirandie.
^aè. du chettUterau Baritel , vers 55o.
in.
AAI
Aabâtrb : Abolir 9 sttppriiMr^ di-
minuer, rabattre.
Car en toutes clioftes ^ sont contées
pour hireta^e, li cousts doivent estre aubm-^
tus, quant d viennent k prisies.
Cousf, de Beauf^ùù , ck. XX VU , p. i4o.
Ainsint ert aemplis li nombres des coo-
stnmes qne nous avons aabaiues.
Ane. Coustumes d'OrUam.
Aacbi : Agacer»
he la noix vont rungant Fescorcty
ICais ne sevent qu'if a dedent^
Péchiez lor aace les denz.
CauUer deCoùuiy Ste. Léooade,
verrais.
AAGii : Bon » prêt , en âge ; d*œ-^
Tout soit che qne il i ait bos aagié à couper.
Coust. de BeauvoU. , ck. XIII, p. 76.
Aum : Placer, ranger; battrele
s AlA
gnûi. formé da sobst. ; aire^ place,-
Cnen ea an jcnas lavîs a'aain ,
Droit à Doiui te coimeBt tnin
A CBM ki dTAms sont esàia.
Xi CangU Eaude Fmmml tPAwm», 9. 469.
ÂMBm : Gantent j olisiait , jojcax.
Japiter «p* Le monde règle,
Cnmmancitf et e<*hibLitjpoar règle
Qa* cha-^CBiis pense «Tcstre «saùe.
Aaim liff le MboM , ven 3^^97-
Aaiss : SutfCj pUsk, joie,
coDteBtcmenl dans le Fabliaa d^Es-
truèert , Ten i6-jls ; do grec aizios,
Aaus, aaiia, aeKs, alùt : Ade-
laide^ imb propre de femme.
Et por ce «joe ele cstoit soillitre de lab-
dite wMÎaifîe cl por U boe qui en issoit ,
Atdta qui donc «stoit abecsae da Uca, et
les screars ne Toloient que ele toacliast
les Tcsàax ne la râsde oui dedenz cstoit
mise. Mirvmhs de o. Ijouîs , p. 4^9.
Aâxka : Aimer^ tendremenl ché-
rir; d**Afiare.
Amors le £crt se» là mamele »
Qui tant la li &«t mM^ÊO-
QaM le Tom vtxÀi à pcr.
/tfMÏMi de Ia diimm qtkifià escpiUue ,
vcrv 180.
Aamu^ci : Pensée, jugement *
estimation ; d*œstîmatio.
Duc Fcrrts, ssch^ei sani dontance,
EncQT TOUS plor« «1 ■■■— mi
Ctiendnf^ Eom. dus è^atfienon de Kome^
JMs, y Fonds d^ Ctm^, m« Z^rJ^^ ^^
/ * co/. a.
AiATv : Annulé» siqq^nmé, rap-
porté.
Cis bans est *Satm , 1x17,
it^àtnr aujtr ftax^ «t Édiis dfs cjvievùi
Le Ref>M «w malement soaftena y
Autres Teura, vus s«:m abatu.
AB.E
Ajaviub : Causer , parlai
prendre , tromper.
Abbataht : Aboyant : parlai
sanglier.
Imaginez ce c^est pas bean desdui
QmÛA 9m le faict eontre on arbre
EnririMiBe de trente on vingt-hu
Cbiens ahhayans.
Poésies de Crétin,
Assre y a6ie : Abbaye , co
cièaiia. Voyez Dovbubm.
noil aussi ce nom à toutes les
seignenriales ( cartes dom,
donunicaiœ , indominicatœ
appoirtenantes aux abbayes
pourquoi S. Anton in , cité pa
lin , dans son Gixllo - Fia}
page 117, a pris pour une
la fenne de Fabbaye de S.
située sur le Mons en Pevele,
rent enterrés les François tu
bataille de ce nom. Altéra
du y dit' il, Eex Franciœ on
ut ommbf Framci im Mlo in
septiùruntur in quadam abba
ibi propè erai.
Auc : Amorce pour le poi
AiE5CE, abanguCy abéengt
çue,aè<ngke: Monnoie de ce
il en iblloit quatre pour un
Parisis-FIandre.
47 s 9 d. nonr le batige de dix
une cQope ac narete, cnest assai
5 d. pour le batag* de deoz rt«
mavete, qui rendirent 71 lir. d'oïl
t1 est de cascnne hrre 5 aienm
le batage et Ij 45 s. 4 d. obâc
peret pour le batâge de boit rasià
coupe de navcte qvi rendirent
cfolle. dont jl eut de casconeli
obole pour ses batage.
Ojmpte de rhàspùul des Wa, t
Aioun TocBSoisc : Monno
forte que la précédente.
OSrant pour rtcompeiisatîoa ,
alcbe pour nous à poor yanlx à
ABE
ivrer, comme de mettre sur cascun lot
fort brassin et sur les aultres ouyraiges
brasserie à Favenant avecq clie qui pa-
rant y estoit , une Abenghe tourtioise ,
\cà\tAbeiighe devoir appartenir k nou.«i
moitiety et à no ditte ville Paultre moi-
it. Priifiléges de KaUnciennes.
Cners ne doit servir de v^idenges ;
Hais va tost , et si te desrenges
Rouver congié hastivement ,
Mes cors ne vaut deus abéenges ,
Ne sot fors sifler k masenges ,
Nus n'a kier si fet estrument.
Li CoTigiés Baude Fastoul d'Aras,
vers 4^4*
Il paroît qu'il y avoit plusieurs
"ices à*abenges , puisqu'on les
înguoit en simples et en tour-
;s. Quel étoit donc un pareil
luit puisque le souverain s'en
^oit la moitié ?
ÂBEBGiER : Nourrir, loger, alimen-
retirer, entretenir de toutes
;s, pourvoir à tous les besoins;
la bas. lat. habergare , formé
Mtare.
^Âuzerre tout droit dedans la Suborbie ,
idérent-ils aussi une riche abbaye.
I n'y ot que moines , si com les chartreè
dient :
r, n'y a que chanoine qui Dieu servent
et prient.
^'^ïkïabergiés^ et doux de bonne pierre,
^Ott appelle, le lieu à Monseigneiir Saint
fc^ Fierre:
f -Boissons ourent l'autre chanoines rëgu-
k tiers 9
n'y sont , mais que clers et prestres «<$-
\ coliers ;
^lieu est appelle à Saincte Magdeleine
h lient ; c^5St belle église dévote et de
' biens pleine.
Bom. de Gérard de Roussillon ,
fol, 175 , r^.
'Abergieb^ ahergeiss : Espèce de
^upic , suivant le nouvel éditeur
u Romdn de la Rose, qui renvoie
ux vers suivans :
îner nepnet qu'ung seal hoste dedens soi
berbergier ;
ABR 5
Por ce doi-l'cn tenir k fol et abergier
Qui vuelt Diex et pechié en son cueur
enfergier :
Nus ne puet ces deus erbes planter en ung
vergier.
Testament de Jehan de MeungyV» i53o.
Je pense qu'il faut lire à bergier,
ces derniers étant réputés men-
teurs , parce qu'ils jettent des sorts
et qu'ils disent la bonne aventure.
Abetance : Empressement , désir.
Abhobbisânt : Détestant^ abhor-
rant.
AhiELOti , adylant : Nom d'un pays
que nos pères pensoîent devoir faire
partie de l'Inde, et d'où ils faisoient
venir For.
Abienneub : Homme préposé à un
bien, qui mettoît à bien un héri^
tage. Dans la Bretagne on donnoit
ce nom au gardien d^immeubles
saisis rapportant fruits.
Abissb : Lin très-fin ; byssus.
Le tabernacle issint ert fait adercertes;
il avéra dys cortîns de abuse de retorte
et de jacinte et de purpre deus fois bis-
tincte de diverses colours et la semblaunce
del' œvre de coûte ahhse,
BibU, Exode, eh. XXVI, v. i.
Tabernaculum vero ha faciès ^ decem
cortinas de' Bysso retortata et hjracinto ,
àc purpura, coccoque bistincto variatas
opère phimario fades.
Aboivbe : Abreuver , faire boire ,
arroser, désaltérer; de biberê.
Aboivremeitt : Action de faire
abreuver les animaux.
ABOtMfeR : Reposer , rester tran-
quille. S'aboumer : Se reposer, se
délasser^ dormir.
Aboçteb : Assigner un paiement
sur Voyez Cangeub.
Abbe : Arbre; arbor.
.... Il vienent Ik droitement
Où le Chevalier mort gisoit
Qi pîâça déviez estoit.
4 ACC
La Pacele descent mm Vabre
Si le trova froit comme mabre.
Roman de Blanchandiiiy n* i83o,
fol, 176, f^« coL I.
Abeœe : Couvrir, mettre à Tabri ;
à^arèor.
Quatre ans après cil mariaige ,
Fa, parquoi France est confortée,
De Constântiuoble aportëe ,
Si com la cronique me done ,
Lia trés-prëcinse corone ,
La très-digne , la très-honeste
Que Jhesu-Crist ot en sa teste ,
& com li Juîs Pen aèrièrent ,
Le jor quHl le crucèfièrent.
Guillaume Guiart , Branche aux
royaux Lignages,
ÀBBrvÉ : Empressé, prompt, ac-
tif, hâté; de ùre^is. Tuit ahrivé: A
Timproviste, soudain, sur le champ;
breviter.
Dont s'arment tait communément
De tes armes cum armer deurent ;
Armé sunt : et quant armé furent
Si saillent sus tuit abrité,
Rtmian de la Rose, vers laaaS.
Li pieur anemi de tous , sunt 11 privé ,
£t cil trois sunt k nous si joint et si rivé.
Et de nous décevoir si duit et abrivé,
Que nous sommes par euls presque tuit
chaitivé.
Testament de Jehan de Meung , v. i4a3.
AcAS, acat , akas , akat: Achat,
acquisition; acceptation Yoy. Bâtage.
AcÂTiERBES : Acheteur, qui ac-
cepte un marché.
Li acatièrres ne les pendra pas ailleurs
si il ne U plest.
Coustume de Beauvoisis^ch .XxXiV,/i . 1 85.
AcciDE : Nonchalance , insou-
ciance ; à^acediari,
Mengier, nebien avoir ne doit qui ne s'aide;
Ainz tieng de soi-méismes celui à homi-
cide
Qui se pert par peresce , que Clers clament
accide ;
C'eisit uns pecbié mortel dont pou de gent
ont mde.
Testament de Jehan de Meung, v. iGSq.
ACC
Accoisi, achoisié, acoisi, achoisi:
Appaîsé , caUné , reposé ; de quietus.
AccoLvu : Action de s^embrasser,
de se joindre ; de coUum,
AccoMMBTTBB .* Opposer l'un à FaQ*
tre.^ Accomettrc les chiens : Inciter,
exciter les chiens les uns contre la
autres ; committere canes.
ACGOMODEE PAR UNG (s') : S'aCCOlB-
moder ensemble.
esté donnée par certain chapelain k
S. Amé seroit trop petite, a esté Bdyiséèt
employer en ce la maison da Blanc-Le-
Trier, pour j résider avec les filles qnif
enseignent la leckon dominicale, qmN
poiront bien accomoder par ung»
Registre aux Consaux de la vHiei»
l)ouaiy i^maiiSQo,
AccoPEi : Commettre une infidé-
lité pendant l'état de mariage ; de
culpa,
AccoETBMEVT , occortîse .* Honnê-
teté, prévenance, politesse, con-
plaisance, manières de cour; A
cortex,
AccouEE : Couper le jarret du ed
qui fait tète aux chiens.
AccevESEB , acourser : Doimei
cours, régler, donner les dimen-
sions convenables à des étoffes, le*
vêtir une marchandise queleon-
que des marques nécessaires po«
qu'elles puissent avoir cours t^ efa^
culer facilement ; de cursus.
Accrue : Espace de terre qu*OD a
étendu hors de ses limites ; de
crescere,
AccusÉEUR : Accusateur 9 dénoB-
ciateur ; accusator.
Ne s^y comment il est assenr
Et ose viyre sanv (MeoTy
L-
AGU ACO 5
Car il sent son accuséeur tient k le paroit deP bëritaîge cle ledite
Qui tout prise a juste balancct Table , recevra les eaues descendant du
Trésor de Jehan de Meung, v. i34o. fonible del' hëntaige de ledite Table, en
le court desdis religieux , tant que ledite
AcciSSEMBlIT y acusemens : Accu- achainte ainsi agrappée demourera.
tation. Chirographe du i*' décembre i438.
Il ftt )iig»é que sitost coume li acuse- AcBAiïTEtEB , asehantdet : Ébraa^
ij^Jufez de îaussclë, chefu action per- jç^ ^ ^j^^ pancher de côté.
Coustume de Beaufoisis , ch, VI , p. 43. L'espicz au costë li frie f
. m ■ . ^^ poi ^^ <^^f li ^ blesmie •
AcEiGNAKT : Touchant , environ- Hurtë l'a bien, si Vaschantele,
lant 9 tournant au tour. * Tôt le remue de la sele :
AcEiHTE :Enceinle , femme grosse. ?tH ^T^! "f j"*' '"'°i*'"*
' ^ Abatuz fust et des confis.
Jehannede Limalle.non marie'e que on » j n ^t. j nt • *
Jol» i35, r • coL 3.
Registre aux Testamens de Vhôstel de
-ville de Douai, du -3^2 février 1^53. ACHEPTBUE , Ockeptierres , ocha-
AcBMiKBE : Passer, se mettre en ^*erre^.ûcAefterr«: Qui achète, qui.
^ijlç^ accepte un marché; iracceptare.
Papes Estievenes s'acemina Estimation doit estre fête à Vachepteur
Vers Roome. selonc cbe que li vendierre en i pooit user.
Philip. Mouskes ,fol. 63. CousU de Beauyoisis , ok. XXIV , p. 126.
AcCTSSii, acensser : Prendre à OurenracheUdeceliquin'avoitçooir
xr jii de lui vendre et li aohetterres ouidoit
:^nse , à ferme , à louage. q„»ele feust au vendéeur. 16., p. 128.
^i.y'*/*?*7'5'ï"t^^^"°'''**'-r°'*' AcHETEEESSE, ocheptercsse : fé-
le ooibvent ment de chou qui croit sour . . ,, . ^ ' ,y « .
le terre ne sour sen fief, ne de cboa que "**«*« ^ acheteur, y^q^ez Plivt.
Mestîer luiestàluiet a samaisnie ....et AcHOisi , au fémhdin ochoisie :
le il acefMe^fitouaccastatpour rewaisner, Aperçu, tu, démontré.
il dchveroU tonllieu , ainsi comme feroit AciEVBE : Finir,, achever, parve-
"îSt^ est assavoir que toutes relligions °^V ^® ^^P^- , . .
le doihvent nient de tonlieu, si elle n'a- . AcoiRTARCE i Liaison , amitié..
:atte ou aeenssit pour rewaingner. AcoisiEZ : En repos > tranquille ^
Tonlieu de Douai, i«' mars laSo. délassé ; de quietus.
Agbtamle : Sorte de petit vase de AcowoNé : Accusé^ soupçonné,
table dans lequel on mettoil des , ^^^.^"^ ' Embrassement , actiott
«pices propres à l'assaisonnement ^^ ^ ï^*®^ ^" <^o* j <*^ collum.
des mete ; acetabulum, d'acetum. ^, Acompaicnee r 8e nacttre ensem-
. .. , ble, faire société, saluer.
Aceteux: Aigre ; oceK^us. Aconcbvoui, ao^nsi.rt : Atteihdre, ,
Acetosiié : Aigreur ; d acetosa. parvenir, imiter, suivre de près. .
ACIUIIITE : Couvert , bûcher,, re- ^e duc de Bourgogne le sçeut ,
mise ; d'acintUS. Et tira jusques s Gi isy>
Les administrateurs de la Table du gt tant fist qu^il les acon^eut,
Saint-Esprit de Sain t-Jacques 1 sont d'ac- P"»» ^e» "°^«V* *^^*V^»*^ . . , _,
cord que une achainte nagaires faite par ^^^^'"^ de Paris, VigiUes de
Usdis relî^ux , laquelle est agrappée et Charles VU , P* ^
5
t>
AC O
AcoKÉB : Nom propre d^homme
et de ville ; Acuntium. Dans la tra-
duction des Dialogues de S. Gré-
goire, liv. III ^ eh. a5.
AcoKTEMBVT , acuntenient : Dis-
cours, conversation, dialogue, nar-
ration 5 récit.
Quant en la chambre deuttt entrer,
Le Chamberlenc enveit ayant ,
Cil s^alat aukes en targant ,
Deci que cil retient arrière ,
Od duz semblant , od simple chère ,
Od mut noble acuntement,
Si parla mut afeitement j
K mercia la Damoisele
Guilliarduu qui mut fu bêle.
Marie de France , lai à^Eliducy vers 291 .
AcoKTEB , acunter : Converser ,
discourir, réciter, narrer, raconter,
rapporter, exposer.
La Fille le Rei l'oï numer
E les biens de lui recunter :
Par un suen Chamberlenc prive
L^ad requis, prie, è mandé
Qu^à li venist esbanicr,
E parler, è bien acunter ;
Eh duc respnnt qu'il irrat,
Yolenters si acunterat,
31 muntc sur Sun destrier,
Od li mena un Chevalier ,
A la Pucele Teit parler.
Marie de France , lai d'*Eliduc ,
vers 278.
Aconvehâvcer , aconymancher :
Demeurer d'accord , faire une con-
vention , conclure une affaire , ter-
miner ; promettre , s'engager ; de
cons^enire.
Se un bons convenanche à un autre que
il tuera un homme pour cent Hyres, ou
afolera, ou batra, tout soit che que chil
qui fera che qui li a aconvenancnié ^ dou
batre ou dou tuer , n'est pas chil tenus à
paier les cent livres qui il couvenança.
Coustumes de Beauvoisis ^ ch, XXXIY,
p. 173.
AcoRAGER, acoragier : encoura-
ger , inspirer du courage ; de cor.
va*
ACQ
Il m'ont amë en boine foi
Du lor preste et raple^
Bien m'avoient acora^ié ,
Et de maint anui dessegié
Ainç que j'alaisse à ce tournoi
tJ on m'a si adamagié ,
Que ma santé m'a eslongié
D'infer, s'il a nul bien en moi.
LiConeié Baude Fastoul d'Jm^
vers o55.
AcovGHER : Asseoir, reposer, cov-j
i:her ; de cubare.
Et corne il feist ses camels acoi
hors de la citée jouste le puits del' awel
vespre à cel. temps que femes soloient \ '
à espucher eawe.
Bible, Genèse, ck. XXIV,v.il|
Ciimque camelos fecisset accanbcn
extra oppidum juxtà puteum aqum
père, tempore quo soient mulieres
ad hauriendam aquam,
AcouKEMENT : Couche, accouche-
ment.
JpiausFias,dist-ele, moult aile cuer doleit
Vostre femme a eut mqut lait délivremot '
Sept caiaus a eut à chest acoukemenU
Boman du chevalier au Cisne , nî 7193,
Jbl. 1 1 , coZ. I . I
AcovsTiJHANCE : Habitude, cou-
tume; de consuetudo.
Ma chétive âme, esclave et pcisonmèn,
Les picdz liez par sa Goncupiscence,
Et les deux bras par son acowLstumsmot^
En mo^ ne gist le povoir du remède
Force je n'ay pour bien crier à l'aide.
Le Miroir de Pâpie pécheresse, ftr
la Bojme de Navarre.
AcousTVMEiR : Prendre Thabitade.
AcocvETER , acoveter : Couvrir,
envelopper, cacher, mettre à Tabri.
A-tant est de la fosse issus.
Celui qui gras ert et fessus
A tout de terre acouveié.
Hugues Piaucele , Fabliau d'Sstourmi,
vers 5o5.
AcQVESTEiTR , au féminin acqud'
tesse : Qui achète , qui acquiert
w>
ADÈ ADV y
»VET 9 acquest : Prix ^ valeur ; Enfertës ki fort m'adepanêe
cisitîo. Dont Dix me kerke pëniteiioa
, -, , , , Me fait conoië prendre à Aloi.
•las rovet prend le reste des can- r->-r ..«j e» .,, ^
•ntionncs dans son compte , à deux ^' ^^"Ç" ^*''*'^ Fastoul d'jiras ,
il^acquet sur chaque single , et ^*''* ^^9«
patars sur les doubles. Adhiré : Déchiré , mis en pièces.
eistre aux Mémoires de la ville de t- -^ ^ ' • i * * ^
Douai, iSfeurier 1608. „ Je révoque spécialement un testament
, s,j wv, gyg j'avois fait, passe pardevant Esche*
viEVER , aquiever : Finir 9 ter- ^^* » ^« ^9 ™*''s 1577 , pour ne l'avoir en-
', aciiever ; de capuL *^^.*^" 'iy*"*.^. ''îî ^^'^ "*"^ ^*'" ^V^
./^« rfc^**J ««»• . X 1 j'irx mains d'Amant le Conte, et par après le
ION Dette active à la diffé- ^assé et adhiré, » f F «
de la passive. Testament du a6 iuing 1 58o.
iTRER : Equiper, parer, acou- . . ,
*^ Adirchier : Adresser , envoyer ;
MENiKR, recevoir la commu- àii latin dextra. EstremcUadlrchîé :
Etre mal reçu.
sTUMiEMENT : Ordinairement , ^^*?^"^ • S'égarer, se perdre dans
l'habitude. un bois, une route.
,. , ,, . ^ Admettre : Confisquer, ^qr. Cui-
nna iço h turnad a repruvee, et ^«Q-p
néement Ten atarjout et amèrement
inout. /''. AiVre rfcj jRom, cA. I. On fait le ban que tous f^urniers qui
ICTER : Exprimer, marquer, feront faire paîn , soit blanc ou brun ,
ier désiffner wastellës et cuigndles pour vendre , fas-
icr, oesigner. ^^^t ^^.^^1^ j^ 1^^^^^ ^^ ^^^^ j^ ^^ j^
ITE : Pacte, convention, close fourfait de jo liv., et banni f discrétion
m contrat. de loi, et le pain admis à Monseigneur et
RÉS8ÉE (requérir) : Demander ^ ^* ^*^«' ««^^^^ i'anchien usage.
-itution de son bien. ^S- «"* ■^^«** «« Ordonnances de loi
, y^^e/e ^ Eideline , Eiddot : ^* ' ^^•
(de, nom propre de femme. Admodutevr: Fermier d'une terre
Ade, suer de la Mèson-Dieu de qui donne pour redevance une par-
îgne, de la dyocèse de Soissons. **^ des truits qu elle produit.
Vie de S. Louis , p. ^96. Admodution ; Bail d'un héritage
, . . . , 1 1 à moitié fruits ou redevance en
t emsi que Adete, une pucele de «.««îno
. ou environ cel tens, fille >^e/i> de 0* *** • -, j»,^ ,
s Eideline, suer de ladite AoOÏ : Le DOUrg d'Oudon , Vls-à-
^int à la méson son père , et prit vis Ghantoceau en Bretagne , qui
idete en ses braz. fut pris par Louis IX.
X*. Miracle de S, Louis, Adosser ! Tourner le dos» aban-
me Eidelot , fille Raoul de Canelli , donner , oublier ; de dorswn.
Araelioe sa femme qui abitent et Adrecibres : Qui conduit, qui di-
'''' YT.M' lA ,r "ge ; de rfir^ere.
XI*, Miracle de S, Louis. Adurchi , odurci : Endurci, de-
s ET ▲ FAIT : Au fur et à me- venu dur;dei^refcere.yoj.CaouLE.
Advâine : Avoine ; a\^na. Voyez
VÂRCEE : Avancer , faire des Kaneruise.
bs. A»vALVAnoii : Estimation ^ éva*
4
t AÉ
luatîon , appréciation. F'oyez Cal-
CtLUfEBCT.
Advilceb : Apprécier 9 estimer,
évaluer ; de T^aior.
A Genrife de Baadoîa Fontaine et
Nicff jsi> Donat , marhona, pour l«*ur sal-
laire de a^ oir maclionë et fait tout le des-
«uadit ouvrage qui porte ç^r pies de lonc
sur i5 piéff de nauit de fondation de en-
gresKtnient et briques , et de deax briqoe!^
et deiui dVpaîs^, estofies chacun cent de
pie's dv quatre révères et une canonièrt: de
grès, t'i se portent de crucbon outre le
marcbdindise de le tasque , parce qu%
sont ]iUin haults que ne dooient estfe, si
coj7in;c il est apparu , prësens escbe\ins
le 19 nn.tiubre i^a^ , porte ladite cru-
cboi: en haultfur adualuè tout sur i5 pies
de hault . ^^ pit's* toute somme dudit
ouvrage ••>^i pies de long sur ledite hanl-
teur dp i5 pié^ t à 67 iiv. 10 s. da cent,
sont 564 Iiv. 18 deniers.
Compte des ouvrages de la ville
de Douai de 14^4*
Advesiurb : Engrais « fumier, fa-
çon d'une terre ; d'où advestir : En-
graisser, fumer, façonner la terre.
p'oyez Câlculembiit.
Advocassâigb : Profession d'avo-
cat ; advocatio.
Prenez bon cueur, vostre faict posez,
Se arez apprins termes d^advocassaigef
Et démonstrez qu^estes à vos cas saige.
Poésies de Crétin , p, i/^g.
Advolbntee (se) : Consentir.
Ce k quoi ledit GiUe se aduolenta^ et
reprit sa dite maison , et gardin en s«
main.
Sentence du 10 septembre i435.
Ac : Age, vie de Tiiomme; d*œ-
vum.
Mes cil estoit nices et fox,
N^ouques mes, en tout son oe,
ï^'avoit vendu ne aclietë.
Douins, Fabliau d'Estr'ubert, Ms.,
no. 7976, m-4°.
Aeire, aesCj aesie : Gai, content,
joyeux , satisfait ; du Grec aizios.
AFF
D*où aeûcj aeisemeni : Joie> pbUPy
salLtfaction.
jéeise de pécbië est si envenimée !
Car il nVst créature, tmt toit en Ditt
fermée ,
SMle bante sorentnne antre.o«estliiiili^
QnepëcbiénesH glace, on maie renommée.
Testament de Jehan de Meung , v. aof^
Cat îà tant n^ ara d^espéritalité,
S^en ne fuit et esebiei-e ton! opportmril^
Et tout aeisement , si com devant dit é,
Que monit ne s'i embate de la cbamalâtf.
Idem » v. 2067.
AEircii : Fixé 9 attaché, misct
place ; d*anckora ; d*où éxenerer:
Faire tenir, attacher, retenir, fixer.
Au : L*air, l'un des élémeiis;iKr.
Je sois en Vaer aux oiseaux seconrable,
L^uB est tnë à eop cmmj les cbampa,
Les autres sont nonrris pour lenrs doeh
cbans«
Pierre Micbanlt , le Danee auxAvem^,
Afaitib : Aflilé , appointé , bk»
coupant.
Ki il porte contiel amenre ne broie qoe-
le qu^ele soit ajfaitie pour mal £iîre,il
kieroit an fonrfut de 5o iiv. et banni trob
ans.
BandesEschev, de Douai du deyennt
après le Trinité y 1363.
Afpaitoibb de sestes : Tuerie, bou-
cherie, abattoir pour les animaux.
Laquelle maison se oeuvre sur le rne de
le Clauerie , avoeucq le chelier qui est
desoubz le maison deciairée vendue qui
œuvre sor ledite rne de le Sannerie , et
va tout par desoubz cbeli maison, et
ledit estable et affaitoire de èestee de le-
dite grande maison , jusaues à le tue de
le Boucherie ou est le rayere dondit che-
lier. fiente du 1*'. décembre i38o.
Affâveuees , qfaneures : Bled on
autres grains que les moissonneurs
et batteurs en grange gagnent au
lieu de Targent qu'on leur donne
ailleurs.
A L E A L E i5
des lices où combattoient les cheva- ligienx d» Hasnon ont «cconstomtf de
liers dans . les joutes et tournois P''®°'?r* '^"^ lignage ; lenr» commi* de-
n'étoient souvent que des toiles ten- """"perent pour chacnn desdiu vaisseanx
dues de drap ou de quelque autre îeX .""î rn™™"'5"'',"!}.°"»'°'*''(''*^
étoffe; ces toiles dévoient être sou- dr^'t i:'^"gTet''deSerr:^V
tenues par une grosse corde tirée soutenant que ledit vaisiel où l'on avoit
d'un bout à Fautre de la barrière, ^^^'fi^^ «^e^oît point estre réputé pour
E.. j 1 .1 . , . „ V*'®^ *^^**"<^'* attendu la fachon et CTan-
Et de la grant aleurc des destriers, Pung deur d'icellny. "c«on er gran-
hurta à Pauitre : si qu'il n'y cust haye , j>^„ . ., , , ,
que de drap vermeil estoitpendant aUrde : ^^^' «"^/'''^;%«* de la ville de Douai ,
tellement que le destrier de Messire En- octoôre 1460.
guerrant tomba et celuy de Saintré fut ÂLGORISME : Chronogramme.
espaulé. t j o •
Jiom.de Jehan deSaintui.eh, XXXVH, „ ^' "^^^^ *" algorisme dudict fea trou-
pe jj55 ' ' verez par les quatre mots
Gueullette qui a publié ce roman '"''^^L^'f.ê^rei^i^'''''*
n'a pas entendu ce mot. Son expli- ,
cation sert à prouver que les bar- _ ^ a"*®"^ de l'histoire Mss. de
rières de la lice éloienl des toiles Valcncienncs parle de l'incendie de
tendues de fin drap vermeil, royez ^^^^^ *!*** consuma une partie de
le ch. XXXV, p. 246 e/ 247 du même ^^**« ^W«-
ouvrage, Alibcer : Rendre plus léger, di«-
Alascher : Détendre 9 desserrer 5 minuer ; de /e^^tV.
étendre ; de laxare. Contre fort mal , fort oignemcnt,
Ventre angroisser yitx li vient-il ainsi soufrir
î'ait çainture alascher. Que adès en tel point languir.
n- j jijr » o I «^ ^^^^ aliege sa dolor.
Du de Marconi et Sahmoii Afs. Endormi? s'est por la doncor
HO i83o ,foL 1x6, R- col, i. Por Dieu ne li fice nus noise.
AlEKGONTRE y prépos. lisez â ^e/l- FaBl. d'Estrubert, vers i33g,
contre : Envers, à l'égard. Alieftemekt : Aliénation.
Alei,tie , subst. : ReUrd, arrêt, Mientemem de la seizième parliedW
empecnement. maison séante où pont , par demiselk
Aleuee, alleure. Voyez Allée. Guillc de Goy, de dix sept ans d'êag^.
Aleviee , aliever : Alléger ; de Chirographe du a mars 1414.
^"- Alignagé , allignagé : Apparenté ;
Des marchands de sel exposent que : de linea^ lignant»
Faisant admener une nef escarpoise depuis r^i j •.. •
Tobmay jusqu'k S. Amand , et depuis la ^leremonde.. ... ayoït une sienne tante
dite eaueàetf.Amand en venant kriasnon ^V «^«ry^^^^l»*^^»^,^* * l'ungdes
pour ce que la rivière estoit trop plate , Ç'"' ^^"'^^'^ ** ^'^"^ aUigmgez, nomm«
et qu'elle n'eust pu porter ladite nef ^ **■*"*•
escarpoise sans aliéner ^ les navieurs et Rom. de Perceforest^v.jy ^fol, 18,
autres qui condaisoient ledit vaissel de V^ coL i.
jel , aWmiJ ladite escarpoise et gei- AliG5AGEE , alignagier : Faiw
tèreDtpartieduditseel eu uns aultre aussi -,,^„„^ j« -,«« Fi ^ ^ ,„«^
grant et assex semblable vaissel que celui Peuve de parenté, prouver une
oà estoit ledit seel, et lesdits vaisseaux descendance en ligne directe ou
«nsemble eussont arrÎTé au lieu où les re- collatérale.
lo A G G A G U
Afrvitbe : Fructifier, produire , ment à un autre , par des agrafeioa
rapporter du fruit ; de fructificare, des ancres de fer. Voyez AcHiuni.
Je m'en vois parfaire une luite AcnEGlé : Qui se trouve mal, qd
Dont , se Diu piaist , grans biens afruite , est chaîné.
Car pluisour mal qui ataint mWt, a^ .» i^ ^-i. «,- i^« »^,»<.. u
M'ont nne gambe à destruitc, , A^'^i^»'^ • ï^^^»* «^ ^®*^*T^^^"
Oue ne me vaut baras ne fuite, bourables, perçu au protit des So-
Ne mi le plus fors du mont. gneurs ; agrarium, aager.
LiCottgié Baude Fastould'jiras, Agbois : Bijoux , présents , Ct-
V- 188. deaux.
AgâSTB : Pluie très* abondante ; Au malin (}uant il fu grant jor, .^
pluie d'orage. ' Furent paie' li jouglëor
. ^ <. Li an orent biax palefrois ,
Ageloigniea : Se mettre à genoux, Bêles robes et biaux agrois,
tomber à genoux ; de gcniculum. Boman de l'Atre PériUeux, »•. 7989»,
En contrcmont l'en a levé , J • H* >
SeF fiert du poig et de l'espe'e } AguâitER , agltetcr , Oguetter i
Si qu'il le fist aseloienier, Épier , guetter, dresser des embè-
Lors Ucstut le Bras iaschier. ^^^^ ^ ^^ ^^j^^^ ^^ embuscade,
Boman de Flaire et Blanoheflore , chercher à surprendre.
iWf., w». i83o, /b/. ao5, A^*» co/. I.
S'il averunt ditz : vien ovecques noVi
AcENOiLLONS :' A genoux, pros- nous aguaiterur»saunk,musceon8 nos it>
terne , suppliant ; genicidatus. "s nient nuisaunts.
Bible , Proverbes , lib. / 9 v. u-
u^/?e7^oi//o7{« ilec se mistrent, „. ,. ,. . . ». .
Et conseil à Thëmis requistrent ^' dixerint : veni i^biscum, in«dientf
Comment il porroient ovrer saiigmni , abscondamus tendi€uUu eonlni
Por le lignage recovrer. msontem frustra.
Boman de la Bose , v. 17815. , ^".*^ ne pouvoit bonnement prodrt
^ la peme daguetter ses commoaiici}
Aggraver , agraver : Engager un comme font les jeunes gens,
baleau dans le sable pour qu'il n'«ii Desperriers, X«. Nouvelle , p. io5.
sorte pas. Agueu.le : Éguille ; d^aculeus.
AcGRELLiR : Maigrir, devenir grêle, Lorsque la poincte de leur agueilU «r
mince , fluet ; de gracilis. toit rompue , les lingières ont commencé.
En fu-a très empiriez , Babelais , Liv. I , eh. 8.
Qu'il ne pot estre sor ses piez , Aguet-appeiïSB , Oguet-à^pensi :
Que le cors li amenuisa , Dessein prémédité,^
Et le col b aggreuia '^ . ^Ê^
Qui souloit estre gros et plains. Un nommé Jaquemirt le divers t taé ]
xr 7?- j r^ 77 - j et murtry de fait et à^aguet-app^nsé , en-
Fabliau du P^allet aux douze ^^ •'• ., ^^ ^^' i<»u„„ ï™.;,!
y t.. \iron souleii esconsse, Jeban L<emaire.
âmes, vers 5^. , '„_ . , „
Lettre de Charles ri, roi de Franct,
Aghillf.tevr : Fabricant ou mar- <^« 8 octobre i4io.
chand d'aiguilles, à'aculeus. Aguilaw, aguilaneu, aguilana^,
kG?ikv^^,agrapeir,agrapir ,gra' aguilanleu, aguilanneu , aguilaii'
pir, agrapper : Prendre , saisir, ac- neiif^ aguileanneuf, aguiUamuxft
crocher ; lier ou attacher un bâti- aguiUenneu , aguiiloneuj aguindo.
AGU AGU 11
udllaneuf, au-guy ^Van-neuf , parlement de Rouen, M. Grante-
guilaneu,haguignhte,haguihelo, mesnil entendit chanter cet autre
^uillene, haguillenne, haguinen- couplet :
, haguinelo , haguinette , hagui^ Doonex-moi me» hagumhus
nieux, hoequinano, hoguigagné , Dans un panier que voicy ,
yguîgnète ^ hoguinanhs , hogui- Je Tachetay samedy
tfC5 j hoquinano : Cri de joie ; I^'"» bon homme du dehors;
tiennes et présens qu'on faisoit ou ^ai^^l SLer^'*" * ^*^^'
u*on donnoit le. dernier et le pre-^ aguitie o.
lier jour de l'an , et le jour de Au surplus » il ne faut pas con-
ertaines grandes fêtes; espèce de fondre les hoguignètes avec les
uéte. Mots composés du latin ad étrennes appellées à Rouen les éri'"
iscum , annus novus* vières ; les unes se donnent le der-
_ j 1 ^ • nier, et les autres le premier jour
Trouva des varlets ou lennes compai- i t, n • i ±m.jl
lions.... qui alh)ient....querantfl^ui&/t de 1 an : enfin, ogumelo a été cor-
i«tt , le dernier jour de dëcembre. rompu de ce que Ton dit ailleurs
M^ de ,4,3 , citée par dom Carpmtier. «^^^^« POur au-^uy-l' an-neuf.
Dans la Normandie, les enfans
Debrieux, Origines de quelques y^nt encore de maison en maison
routumes anciennes , rapporte sur le au premier jour de l'an, réclamer
not hagumetes, une lettre curieuse ^gs présens ; ils appelent cette cou-
le M. Grantemesnil.« A Rouen, dans tume, aller chercher les hagui-
■ ma jeunesse, on ne disoit pas ha- griètes*
« guignètes , mais hoguignètes, » p^ur souhaiter une année fertile
Peut-être a-t-on dit haguignètes et abondante, pour le compUment
pour éviter l'équivoque de la sîgnî- ^lu premier jour de l'année, les pay-
[ication obscène que les Picards don- gang de la Picardie, disent : agui-^
Qent au verbe hoguigner. Ce mot de lanneuf, plantez, plantez , c'est-à-
hoguignètes venoit de hoc m anno: (ji^e, au-guy-V an-neuf, abondance,
car c'est un présent que l'on de- abondance.
nande au dernier jour de l'année. Qq avoît donné dans l'Anjou le
tf. Grantemesnil avoit entendu nom d'ag^ai/an/teM/'à une quête qui
:hanter aux portes des voisins, par gg faisoit dans les églises le premier
les fiUes du quartier, une chanson jo^j. ^^ pan , par les jeunes garçons
pour de tels présens: elle avoit pour et les jeunes filles. Les abus qui en
•efrain hocqumano. résultoient firent supprimer cette
Si vous veniés à la despense , quête en i595. Les synodes de 1668
A la despense de chez nous, la défendirent même dans les pa-
Vous mangeriez de bons choux, roisses du diocèse OÙ elle se faisoit
On vous serviroit du rost, y^^^^ ^^ l'église, SOUS les titres de
^ guilanleu, guy-lan-neuf, ou des
Mais ce mot là étant latin et non hachettes.
entendu du peuple, a été diverse- Aguillade , aguillat , aguille :
ment prononcé. Vers Bayeux et les Sorte de poisson ; espèce de chien
¥ez ( Vayz ) , on dit : Donnez - moi de mer dont le dos est garni de deux
mes hoguigagnez. Étant avocat au aiguillons, de deux pointes fortes et
19 AH A
aiguës ; espèce de petit rer qui s*en-
gendre dans la chair du faucon.
Or , est vTtLj quafuillê ne sont
Fors petitz Ters qae ojseaulx ont ,
Qui hauit en Peschjne les tiennent.
Qui de ciiair ponrrje leur viennent.
Gace de la Bigne , Desduitz de la
Chai»e,foLB8,f'^.
AGviLLoifBirsBii£NT : D^unc façon
piquante^ fine, ingénieuse; d'acu-
tàm.
Et loy furent apportées lettres de par
le roy Daire, dont il se courrouça fort;
car eiles estoieut fort aguiUoneusement
escriptes.
Triomphe des neuf Preux ^ p. 134)^0/. i.
Agvit£ : Accouchée 9 délivrée.
Et si convient ke li feme soit agmté de
sen enfant anchois ke on Yy rechoive , et
lor convient avoir vuidiet le maison de
lor cors, dedens les huict jors apriès le
mois de lor gésine.
Délibération des eschewins de Douai ,
juillet 1274*
Agvtie j aguzie : Piège , détour ,
subtilité , tromperie 9 supercherie ;
éCacuitas,
»
Saciez ke de dormir est le profit ,
Ke travail de Palme tout sans respit
£ plus sutive veraiement
De peusers , è reisun la rent
Ke einz fu boistuse é corne chargée ^
En aguzie est y è sutillëe
Ke travail del cors eusuagist
Et la digestiun mieux nurist ,
E le cors ausi veraiement
Engressist, è plus le'gier rent»
Pierre de Venioii , Enseigiiemenz
d'^ristote fjbl. 19a , A" col, i .
Ahakaule (terre) : Terre labou-
rable.
Ahâbdu : Donner du courage;
à^ardere. Le poète parlant de Ta-
mour dit :
Les plus hardis acoardist ,
Et les plus coars ahardist»
Prison d'Amours ^Jbl, 18 , A* coL 2*
AIL
Aheeneqviet : Harnaché. Foyti
RONCHI.
Ahvis : Effarouché^ effrayé, ef-
faré.
Bidanz nule riens nH refusent |
Ainz prennent partout comme ahttn
Tentes et cofres et bahurs.
GuilL Guiartyfol, 265 , ih,
Au>E0A y aîdeour : Aide , protec-
teur j soutien ; adjutor.
Que je de cestui jour en ayant serai toi
fëel aîdeour, et deffendeor de ta po^
sonne.
Assises de Jérusalem, e&.
CCLXXXVin , p, igir.
AiGE , {Ugue : Eau 9 rivière, éta%
ruisseau; d^aqua*
Nuls qui soit manans de là le bos d'Are>
waise, ne poet mener carete vride en Un*
dres, ne de là Paigue de Cogeul. KiM
doit six deniers de conduit et un deiÛBi
deP cheval.
Tarif du Travers de Bapaume, de laos.
AiGHEu, cUgniel : Jeune moutooi
d^agnellus.
Tu prendras sept aigneus de ma mn,
que il me soient tesmoignes que jeo fowi
cel putz.
BiBle , Genèse , ch. XXI, v. k
Septem inquit , agpas accipies de kum
mea , ut sitU miki m testimonium que*
niam egofodiputeum isUtm*
Petit li est de sa doulor
Si soef porte le Danzel »
Gom fait li lox porter Vaigni^,
Roman de Floire et Blanekefior,
fol. ao5 , /?• col. 3. •
AiGuiLiER, etguillier : Étui à met-
tre des aiguilles.
De mon lit tantost me levai ,
Me vesti , et mes mains lavai ;
Lors prins une aguille d^argent
D^un aguillier mingnot et gent.
Roman de la Bom*
Ailette : Morceau de bois ea
fiHtne d^ailes, garni de petits cro*
ÀI&
leU de fer pour conduire le fil ou
iron que forme la fileuse, aux dif-
rens endroits de la bobine; ^ala,
AïKE : Haine ; odium.
li Yile doit aquiter de tous coust, de
•us frais , de tous domages qui sont meut
poroient movoir k ToquoiscQ de Par-
levesque de Rains , u par aine de le siue
irtie.
Grand registre de Phôstel de ville de
Douai f cot, N^/bl, 4», F^,at^l i^>jS,
AimiÉESCB : Ainesse, droit d*alné.
lins des enfans ni a avantage ne ain-'
fesee en ciiaus qui sont tenus en Tile-
age.
Coust, de Beauuoisis , ch. XIII ,p, 77.
AiOL, au féminin, aiole : Aïeul ^
land-père.
Se aucune descendue dliiretage vient
rOume où tans que il a famé , comme
ion père ou de sa mère, ou de son
iol ou de a'aiole, ou de plus loing en
cscendant.
Coust, de Beauvoisis , ch, XXII , p. 76.
Aube 9 eUrie : Gerbes que Ton ren-
erme à la fois dans une grang[e ;
i^area.
Aîkemaut , aïrement : Course , co-
ère, dépit, chagrin.
^ cheit à la tère dou bon destrier corant,
1 la force dou cop , et k Vaïremant,
Rom. de Guiteclin de Sassoigne , JIff.,
»•, 6985,^0/. i36, f'» col, 3.
Boine amors ki m'agre'e
Me plaist k maintenir ;
Mais ma joie ont troublée
Ma paine et mi soupir
K*ai trait en recelée.
Si m^esmerveil coument
J'ai nul aïrement,
En ma lie pensée
Dont si grand joie atent.
Poésie* du XIII'. siècle, Ms. du
Fatican, »•. i^^,fol, 67, f'»,
AÎEBimrr, aïréemant ^àiréemeni :
Tirement, promptement, avec pru-
koot, avec colère ; iUratè.
Aïs
i3
François qui aïréement
Tiennent le pas serréement ,
Au giet d'un palet les aprockent.
Guill. Guiart , Ms. ,fol, 96 , /{«.
Quant li Roys oy ceste notte ,
Dedenz son cuer forment la notte ;
Mais onques ne s^en effirëa,
Ne sa manière ne mua.
Ainsi respondi aïréement;
Biau sire, je yoj bien comment
Vous conseilliez en yeritë.
Guill, de Machaut , Ms, , JoL aaa ,
!(• col, 3.
AisB : L'Asie, Tune des parties du
monde.
Puis ke devant oï avez
Coment li mundes est formé ,
Cornent la tère est asise ,
Et dévisée en mainte (||uise
Tant k^k la fin est devisée
En troiz parz , dunt Tune est clamée
jiise le grant , et Vautre est dite
Europe ; la tierce est Âuffrike.
L'Image du Monde, Ms, , N.
7i». 5 ,Jbl, 58 , f • col, 2.
La primière région de Aise ,
Est Paradis plain leus de aise.
Ibid, ,fol, 59, B9, col, 9.
AissMBNT : Tranquilité, consola*
tion, commodité; loisir, facilité,
moyen ; du Grec aizios, Aisemens
Îuemuns : Monumens d'utilité pu-
lique.
Quand li Roy donne nouvele.couf-
tume k aucunes villes , ou k aucuns barons
qui sont k li ou de ses soujés , si comme
pour refaire pontz ou chaussées ou mous-
tiers , ou autres aisemens quemuns , en
tiez cas puet fère li Rois et autres qui li
Roiz non. .
Coustume de Beauvoisis, ch, XLJX ,
fi.267.
AisiTEMBiiT : Facilement, commo-
dément.
Qui œvre selonc ce qu^il voit
Moult aisii^ement se porvoit.
^lars de Camhrav, MoraliUz ,
folsi65, F^coï^i.
30
AMP
3Q A n r
Ahouicb, amoloier, amoloyer :
Atleadrir, adoucir, fléchir, huma-
niser, rendre mou; de mollis. Au
ligure , aiguiser, affiler, passer à la
meule.
Moult a dur cueur qnî u^amolie ,
Quant il trove qui ren suplie.
Roman de la Rose , vers SagS.
Amobdbe : Mordre , s^achamer,
8*attacher, goûter, habituer ; de
mordereu Samons roi d^Ësclavonie ,
répond aux ambassadeurs de Dagô-
Jiert, qui dédaignoientson alliance:
. . . , Se vous iestes
Li sierf Dieu , nous sommes ses biestesj
Et- se vous esrez contre nous ,
Mous avomme.^ congië sor vous
De vous amordre et despëcîer.
Philipe Mousket, foL 40.
Qui aime Dieu, et sert et doute ,
Voleutîers sa parole escoute ;
Ne crient maladie ne mort ,
Qu^à lui amer de cner ^amort,
Muteheufy Complainte sur la mort du
comte de Poitiers.
Amorter : Mortifier, dessécher,
rendre stérile; de mors.
AMPERiiRS, amperéor, au féminin
amperériz : Empereur , chef des
troupes, souverain; ùnperator,
JÀ Sëneschax fu moult marriz
Si apela VAmperéor ;
Avez véu d*un léchéor ,
Qui votre Cort a desjugiëe.
Rom, de Floire etBlancheflor yjbl. ig|6,
R'* coL a.
Amvafle j amuajfle , amustcU :
Titre de dignité chez les Sarrazins,
distingué de celui d'amiral.
Et li aporta une espëe
Qi fu a VAmustal enble'e
Roman de Floire et Blancheflor,
/oL iq5 , vol. col. 5.
Amplibi : Rendre plus ample,
plus abondant , étendre ; i*ampliàs.
ANG
AifE, anne : Aune , mesure pour
les étoffes. Voyez Ganene et Kbv-
VRE&IBF.
llem. A ledite Marguerîtte payer poar
Pusaoce des enfans » par tout le ternie
devant dit par tontes les parties qui s'en-
suivent , se fë , assavoir por 6 s. por deux
cothielles, i3 s. nor six atuies et demi de
noef drap, 3 s. o den. pour un blanket,
et o s. I den. pour refaitures des dra-
pailles des enfins.
Compte de Vhospital Saint^ehan dei
Trouvés, de i53a.
Anelet : Bague , anneau; annubis.
A Ëliduc esteit venuz
A cunseil li ad dit : saluz ,
Que la pucele K mandot
E Vanetet H. presentot;
La ceinture u ad donée
lÀ chevalier li ad merciée.
"VaneUt d'or mist en snn dei ,
La ceinture ceint entnr sei.
Marie de France , laid^ÉliduCj
vers 406 et 409*
De Tostre part le saluai ,
E voz aveirs li présentai ^
De vostre ceinture se ceint ,
E parmi les flancs bien s'estreint ,
E Vanelet mist en son dei
Ne li dis plus ne il a mei.
Même lai, vers 439-
Angav, angwe: La province d'An-
jou; Andegcu^ensis,
En Flandres vaît pur sun pris querre,
Là out tusjurz estrif è guerre }
Eu Loreîne , ne en Burguigne,
Ne en Attgwe , ne en liascuigne ,
A cel tens ne pot-hum truver
Meillor cevalier ne sun per. |
Marie de France , lai de Gugemer
V. 56.
Ahgelinb : Divine, angeliqae. ^^
O Âlisandre kar cardez
Tostre aime noble ke vus eez ,
K^est par la poestë divine
De haute nature corne angelinê»
Enseijgnemeiu d^AristoU ffoL tfSi
ï
l
AIE AIE i5
s où COmbattoient les cheva- ligieuz de Hasnon ont accon$tam^ de
ms - les joutes et tournois P'^^^^f* ^^""^ vignage ; lenrs commis de-
it souvent que des toiles ten- "*a°?««nl pour chacan desdits vaisseaax
drap ou de quelque autre îeX sed tmm«' 5«^i''!i^^'' "^^^^
. .1 j ? .\. j . *f®* comme de ladite escarpoise .
ces toiles dévoient être sou- droit de ^dDaigc et de fait le perçurent
par une grosse corde tirée soutenant que ledit vaisiel où l'on avoit
•ut à l'autre de la barrière. '^^.^'H ^^ ?e^o»t point estre réputë pour
,, I ^ .. V Y'*'«i,?^'f*"^'- attendu la fachon et gran-
a grant aleure des destriers, lung dcur d'icellnY.
l'aultre : si qu'il n'y eust haye , »^„ ^ . ., , , , ..,.-.
:ap vermeil estoitpendant aUfde : ^'S' ''^ V'^1^^" ^^ ^ «"^^^ ^^ ^ouai ,
t que le destrier de Messire En- '^^''^'^ ^^'
tomba et celuy de Saintré fut ÀLGOBisME : Chronogramme.
îe Jehan de Saintré ^ch, XXXVU,
p. 255.
illette qui a publié ce roman
entendu ce mot. Son expli-
La date en algorisme dudict feo Irou-
yerez par les quatre mots
FoC^s CoMeFscIt FlCoe
FaLLe nCenensIs,
sert à prouver que les bar- _, .^ »"*«"' de rhîsloîre Mss. de
le la lice étoient des toiles Valencienncs parie de l'incendîe de
$de fin drap vermeil. Foyez '^^^' <î"» consuma une partie de
:XX\, p. 2^6 et 247 ^ ^^^^ ^^**® ^^'
?. AiTBGEB : Rendre plus léger» di*
:her : Détendre y desserrer ^ minuer ; de levis,
;; delaxare.
. . Ventre angroisser
; çainture alascher.
Dit de Marconi et Salemon. Ms,
n° i83o ,Jol. 1 16 , R'* col. t,
CONTRE , prépos. lisez à l'en^
: Envers , à Pégard.
TIR 9 subst. : Retard J arrêta
bernent.
FRE, alleure. Voyez Aller.
riER , aliéner : Alléger ; de
Contre fort mal, fort oignement.
Mex li vient-il ainsi soufrir
Sue adés en tel point languir,
r li aliege sa doior.
Endormiz s'est por la doaçor
Por Dieu ne li face nus noise.
Faèl. d'Estrubert, vers i33^
Alieftement : Aliénation.
Mientement de la seizième partie d'une
maison séante où pont , par demisellc
Quille de Goj, de dix sept ans d'êagé.
Chirographe du a mars i4i4*
ALiGNàcé , aUignagé : Apparenté ;
narchands de sel exposent que : de linea^ lignum*
admener une nef escarpoise depuis r\^^^^^^A^ ^'â. .,« • * «
7^cA j<.j -1 Cieremonde ayoït une sienne tante
y lusqu a S. Amand , et depuis la * „» ^ „» « ui .^ « vu •*'"*«'
L A^ ï Â*»o»^ o« .r^n»,^! îi i5ioc««« estant maryee noblement à l'ung des
e de o. AmancI en venant a riasnon _i _ _x-i «*. u* _> if ** •
1 • •. . •«. X I « plus gentiiz et bien alUenasieZt nomme
! que la rivière estoit trop plate , L» ^ o'-^ > «w— .»•
:ile n'eust pu porter ladite nef *
ise sans aliéner, les navieurs et Rom. de Percejbrest, v,ÏV ,JbL i8,
qui conduisoient ledit vaissel de r* col, i.
ct/ière/it ladite escarpoise et gei- Alignager , alignagier : Faire
lartieduditseel eu une aultre aussi ~«a,„,^ a^ «vom^..*^ ^«^««.r^.. „«-.
t assez semblable vaissel que celui F^uve de parenté, prouver une
lit ledit seel, et lesdits vaisseaux descendance en ligne directe ou
)le eussent arrivé au lieu où les re* collatérale.
ifl A L L A L L
Noos voulons que les saccessears d»cux ensuite premier aUahlè^ dont M 1
ou leurs hoirs, ou Tun d>u:k, puissent fonné uréalaM^ *
▼enir des uns aux autres , tant comme ils i^rruioaic*
^pourront aligtiager quelconque part qu^ils ^ P^^^ l>îen estre ultraît es basses conii,
soient demcurans en notre terre ou deno». qnant le Hllre est fait et accordé delà o& U
Ck>ust. deBeaut^oùii,p.4&o'j titre ^^^f dwbatues seroient tenues e kl
de i345. "- •'*»^' cxpletz. Mais qm s'en appligeroit, ïtHià
A ^ j m ^ devroit estre garde en tant comme I a
AmppB : Gourmade , soufflet, coup devroit j car qi^ne la garderoit il atteJlr
sur les lèvres, de Tancien mot /^;9;7e teroit, et feroit Tatemptant le praiwr'
qui signifioit Icure. alUhht. I <
Chascuns sera malegripe ;
S^lz treuvent les gens mancourtois ,
Horion aront et auppe,
Euttache Deschamp* , poésies Ms,
fol, 270 , col, 3.
allable.
Ancien. CousU de Bretagne ,fol, 108 V\
Allaqvais 9 alacays y alaguès,
halaguès : Espèce de soldats, sorts
d'aventuriers desquels Brantôme,
AuxAi^DEE : La ville d'Alexandrie ^PfJ.^'^^'l: *''"'• ^'Pr^e^^it;
en Egypte. On pouvoit la regarder, ^^^ T^ aventurier pra-
j 1^ r^x* r^ij^ tiqué , aucuns apneloient les soldali
dans le moyen âge et jusqu'à la dé- /JJ^- ^ plus aScîennenSnS
couverte du Nouveau-Monde, com- y/.^ \J « v.«t-«cii*cu*«»-
me le dépôt général du commerce t^t^Jj^!l[tu^' i!°.' * P"^'
de l'Asie ^ec l'Europe. On en tiroit S^^f et marchans près leurs caph
des Dierres nrécieuMs de riches ^^^ ' conune au|ourd'hy no»,
des pierres précieuses, ae ricnes appelons ceux qui vont en devait '
.'k.
ou après nous , laquais.
Allebrei : Rompre , fracturer, do
mot allemand halberj moitié.
étoffes de soie , des épiceries , des
drogues médicinales, des chevaux,
des oiseaux pour la chasse au vol ,
de la pourpre dont nos aïeux fai-
soient un grand cas , enfin une ^^ allebrant du grand Aigle les aeski
quantité d'objet» dont le détail se- i?f 1 *,S"u *"' j *^"?5 "? ««rpenV-H
^ .^ ^ 1 nr 1 .* *. ,1- Aygle haultain , despit de la Iractnrt
roittrop long. Fojr. la citation de De wn plumaige , entend à y pourvoir.
^^'^^' Jean Marot, p. 56.
Li covertoir sont d'^/ixflwdre. . tw j ■ .
B j D «.j. -I »/ • /• 7 / Allebiet : Nom de la maiMi
jRoT». de Parthenopex de alois,fol, 49» d'AlbreL
ALnl^Diiî', Alissandrin : qui est , Al"«vibon : Aux environs, da»
d'Alexandrie ou qui en vient *^ voisinage.
S^essarde vers soleil levant....
Par là le paile Alixandrin
Viénent , et li bon siglaton ,
Le mèlequin et le mangon ||
Li espervier et ii ostor ,
Et li non cheval coréor ;
Et li poivres et li commins >
Et li encens Alixandrins ,
Li girofles , le garigax
Les mëcines contre toz max.
Je donne à Isabeau ma fille , trente dac
rasiéres de terres labourables , situëci I
Gouy , Estrëes , Ferin et aUenviron,
Testament du ai janvier iG$9.
Allée , allers , al&'s , aleure,
aliers , aler ^ alleure, allier : Départ,
course , voyage , allée , passage, al-
lure, action d'aller, façon d'être,
de marcher, de se conduire. Le
Rom. de Parthenopex de Blois , fol, i3o , verbe aller est la contraction de
^'*^^^- '• l'ancien français ambler^ formé da
AuABLE : Qui doit aller. On a dit latin ambulare. D'autres le dérivent
ALL
emand. JValen, dont les
;aux et les Gascons ont fait
anarj les Italiens andarc.
prétend que tous ces verbes
formés du grec ii^my ««.
irez pas seul , se Des plest ,
le ma gent avec tos n ait ,
ous conduiront à Fa/er.
liau d'Estrubert , Ms,, 7i<> 7996,
fol.Gg.
:x ki vient grant aléure
loisie par ayenture
rte, et il dedens se met
and boidie s'entremet.
diau de la Longue Nuit , v. 885.
[ex ki estoit engrande
soit cuites de Faventare,
dut au lit erant aléure ,
ui la lumière aporte.
Même fabliau i v. 1070.
aliu : Ralliement j réunion,
ligue ; d'aUigaiio.
Uiiérent teut a li ,
.n k Fautre : en cel alU
it trovë en bon arroi
et navre dalés le Roi.
tes de Froissart ,foL i5o 9 col. a.
l'est U grans Baillius
les mauvais fait les alius
m païs droit avilier.
inc. Poètes français avant iSoo,^
f.IV, p. i56a.
:ement : Geste ^ posture.
it assavoir de par Messieurs les
t Eschevins que pour obvier aux
;es qui )oumellement adviennent
•re'sumption de plusieurs qui in-
lentvont en masques par la ville,
cha et là, usanS de termes et
ns impudicques et desonnéttes....
ieffense de se masquer sous dix
amende.
162 cestédictz le iSfebtnrier i565.
&EB : Taxer, imposer. On nom-
re ou livrée de terre ( libra vel
terrœ ) , une livre de revenu
e, une portion de terre rap-
t une livre de revenu. De là
le verbe aUivrer a signifié, taxer, im-
poser en proportion de la valeur
des terres, en proportion du revenu
des possesseurs ou propriétaires.
Si aucune chose tenue roturiément et
par ce moyen taiUable , et descrite au re-
Ê'stre des choses alliyrées et cottisées par
dite taille , etc.
Nouf, Coutumiergén, iom, IV, p, 9089
col» a.
A1XOIN6 , ahlngj cUoine, aluaine r'
Au loin, temps éloigné, loin dans
l'avenir; adv. formé de la préposU
tion a et de Tadverbe loing réunis.
Moult fîi prudon Palamedés,
Et d'armes pot soufl&ir grant fès ;
Sor un destriers sist moult aloine :
Il vaitmouttost, quantbien sepoine...
Le cheval broiche de ravine ;
L'escu ot joint à la poitrine.
Alexandre de Berna/, rom. d'Athii «(
Porfilias ,foL 79 , R* col, a.
ALLOiKems , aUongne , ahigne :
Éloîgnement, distance, retard^ dé«
lai^ trêve.
C'est assaToirLoheaCy Jalonfues,
Et auprès d'eulx, comme en travers ^
Venoient )i petites allongnes
Les Contes d'Armignac, rfevers.
Manialde Paris, rieillesde Charles m,
part, II, p, xa3.
Il avint après celé emprise
Ke li François orent emprise
Contre le conte de Campaigne ^
Ke le Roi de France en oretaigne
Mena sun ost , sans point d^awigne , .
Kar mort ert li quens de Boloigne
Dunt li François orent fait chief.
Huon deMerjr, Tournoiement d'Antecnst,
N, M» 5, fol. ai3 , A» col. I .
Dans le Ms. n** 7616, au lieu de
mena son ost, on lit envoya son osL
Cette variante peut intéresser Tbis*
toire.
AtLoré , alloué, alol, alotlé : Échu
en lot, en partage.
Si t«rre«oa tenoxn^nts soient doneailk
ïS ^ ALM ALI^
un home en le tail , quel ad tant deft Aim : Ame ; aninia.
terres en f<ée simple, et ad issu deux 61cs , -m. . . *. i «
., devye ; et le. ^ file, font p.rlicîon ^;*„nœrir;nP ?-* '
entre eux, iMint que la terre en fee .impie n^ ^ •. rt^ r"~\ '
tttalloU il lefilepmsiKen aUow»i>ce ^es ?"°* "7"' «^ ««pne«.
terre, et tenemenU UiU allotés à le file ., A sa masun alot ariere.
eiené etc. Marie de rrance , Lai d'Eliauc ,
Tenurtt de Littleton. ALHk.E : Animé , vivant, pi
AixoTit&s, aUouensy €Uoens : Es- vie.
pèces d*hommes de fiefs 9 proprié- £t Adam a pela par lour noun:
laires d^alleux qui recevoient la des- î,Vf «» almèles et tontes les Vola
«ai^ine et donnoient la saisine des ^'^^ ^^ *^^* «' ^'*'' ^!' ^^ \'"'
aUeux. Foyez Estimacx. . ^'^^' ^'''^^ ' ^^- °
Allotir: Partager, lotir, diviser. ^ppeltayiique Adam fiommib
A i,^' ;, cuncta animentia, et unii^rsa v
AiLoi-ACB , allouance , allwvame : „„^ ^ ^j „„,^, j^'^V,, ^^^^
Approbation, ratification ; lieu où ^ ^^„ Alouette; ûte«<iz
certams ouvriers avoient la permis- . . la
fiion de se rassembler , lorsqu'ils ^
étaient sans ouvrage. 11 étoit autre- ^^ i'esparvier ramaget
«. . j, A 1 « 1 Que aucuns appellent pasquier
fois d'usage en Angleterre, que le Bien l'aurez sîbien le querez ,
Roi envoyât dans les provinces cer- Duquel prendrez les perdriau]
'lains officiers par qui les privilèges Et de may ces gros aïoeaux.
des églises dévoient être ratifiés, Gace de la Bigne ^ des Dédu\
approuvés. Ces ratifications se nom- CJiasse,fol. 145 , Bp,
moîent allouajfees. En allowance Aloisnes : Sorte de plante
de^ au lieu de , en place de. cinale. Voyez KALENniE^.
Si vous truessez par chose de record , AtPlGE , olpen : LîetI qu
comme par allouance , ou en autre ma- point labouré et qui ne sert
nèro , aué les prédécesseurs ledit Abbé pâturage ; redevance qu'on
IvaTir^^ "^^"^'^ "^ ^^'"^ '*'' "'"'°" P^""* ^"^ pâturage ; droit de ce
Charu d'Edouard m, citée par des bestiaux dans les mon
Du Cange, au bas des montagnes, ai
r ^ 1 1 * jj • vallées. Alpa^ium formé d'.
Les porteurs au sac demandent d avoir ' '^
franc a//outf^e à la Croix k Poulets. Refusé Alpestre : Montagnard, :
et resteront les allouages au marché au gneux , escarpé , Sauvage ; al
bled et place k deux vieulx.
Jtegisire aux mémoires, i5/emer 1608. ^LS : Cette, ladite. F^ay. C
^ . . . Als : Eux.
Almaibe : Armoire. « . . . ^ -n . ^ ^ i . .
soient tout cil ki sunt et ki avi
Oii dïJL-sepHème feuillets, seconde parge que Gerars dou Marquiet a raves
de ung registre cstans es ultnaires des nain. Lanstiere se femme de qua
allées ou gaileries au devant del' buys du a et ara , à hoir et sans hoir , si
comp'oir du procureur de le ville , a une couvenances ki furent faites à 1
■sentence rendue par eschevins le ii« jour nage entre als, et cist doi î
de mai 14^3, touchant les sallaires des cordet en le haie par devant Esc
,desquerqueurset avaleurs de vin l'an de rincarnalion 1271 , le de
Inventaire du l^r registre aux prit^i- apriès le jour S. Jehan décolladé
léges de la ville de J}f>uàiyfoL SS, Registre aux bant et édits d
AME AHO 19
AuALra : Combler, remplir 9 fou- éfjiUe soit ameliré et engrangîé , nous
Ler comme daps une ipqlle. ^oiidutiou de PHospital de Cmmp^
Amandelu : Amandier ; amyg- Florit , décemàfe ia45.
^^^^^' AMEiioBiiikifs : Toutes sortes de la-
Ahavi, ifnieni : Adroit, dressé ; boiirs et de fumiers qui rendent la
prêt à défendre, h donner qn coup terre mueUleure; d'cni^ndatio.
Ae main, disposé à secourir, à sou- Ameniwe : Guide , conducteur ,
tenir ; de manus. directeur; de minore.
& par dewtsopt assailli, ^jlwciBa : Remercier, rendre
xioas seromes près amani : a-T^ . j • ,. '^ ' «v******-
Secorons les birdiement «^^^ > ^^ nusencordia.
O tôt Penfort de nostre geçt. La dame Trubert embraça,
Rom, d^Athis et Porfilias ,fuL 46 , i^t plus de cent fois ramercw ,
K^ col. a. Et toute la chevalerie
.... Cil qui sert bien à déduit Vamercient por lor seignor.
De chiens, il ep est plus hardis , Douins ,fabL d*Ettru6ert , vers iZl^g,
Gace de la Signe , Déduits de la
Chasse, fil, 117 , R^, Et ki onques porteroit waine sans cou-
AMASTOft : Prendre un terrain , bâti «el «t sans brote , de coutiel ameure u
« . ^„ j -'• de broke , u seroit a dix liyres et banni
I nom , à charge d une redevance ; j^ \q ^0;
de mansio. ^^^^ ^^ Escheu, de Douai , duDe^
Se nus courtis demeure wis et il vîegne i^enres après le ïlrinité , 1262.
Iiom ki amasuer le Yoelle , demander le . , . . « '
doit an Seigneur , et li Sires li doit rendre Aministbeeor , anurustreeur : Fer-
|Mu 110 wans de de\x% deniers a tels droi- mier , régisseur d*qn bien rural ,
tM ke li Eskievins jugeront ke cis cour- d*une maison des ch^ps ; admi-
tiii devoit devant. nister.
Loid'EscaupontyOctembrei^'iS, ;,. , ^ , - .
A JL ■nik.^*cji*a.j M. ,. M. Et en che tans dou mesnaing doivent-
ÀMAzi : Bâti. Se dit de tout ter- ij ^^^^^ procurëenrs et aministr^eursAe
10 OÙ il y a plusieurs bâtiments leurs besognes qui puissent fére conve-
rëunis, tels que maison, grange, nanche pour aus.
écurie , étfidlle 9 etc. VoytZ Bx.0CUS et Coustume de Beauvoisis , c^. XXXiy,
l^AHOU. P'^ë* ï85.
^■BEUEE , adi. : Tous deux , les Amignardeb : Caresser un enfant ,
deux; adv. conjointement, ensem- lui passer tous ses caprices, avoir
ble , en même temps ; à^amào. pour lui cette bonté coupable qui ne
Pitiifs , salue de ma part **^»e P*8 apercevoir les défauts.
Robei t Audent , lui et Bernard Amoucbe : Avancer , rabattre^
Quar toz-jors m'ont esté ambeure amener, oonduire ; de minore, •
Amiable et de bonne part. E^ ^^^j^^ ^^ ^^.
Congié de Jehuh Bodel d^Arras , v. 364- Vingt mile chevaliers amoiuenf ,
AMiBVEHt : Avec plaisir , de bon S"" î^^^^^^^^*»'®.'^ forment se poînent;
^^... A^ »^.,*^i»^« Ai^^ . /ff^.,.'..,^ ï^c l*"' bernois, de lor conpaignes
cœur , de tpute mon âme ; d anima. CouVrent les puiz et les moitaignes.
AuBLui : Amélioré ; de melior. g^^ ^^ Blanchandin, Ms , /*• iô3o,
Et pour chou qae li serviche de ledite fol. 178^ K* col, 3.
AMP
AvouicB 9 amoloier, amoloyer :
Atleadrir, adoucir, fléchir, huma-
niser, rendre mou; de mollis. Au
ligur ^ 9 aiguiser 9 affiler , passer à la
meule.
Moult a dur cueur qui v^amolie ,
Quant il trove qui ren 5uplie.
Roman de la Rose , vers SagS.
Amobd&e : Mordre , s^achamer,
8*attacher , goûter , habituer ; de
mordere. Samons roi d^Ësclavonie ,
répond aux ambassadeurs de Dagô-
bert , qui dédaignoient son alliance :
. • . , Se TOUS iestes
Li sierf Dieu , nous sommes ses biestes;
Et- se yôus esrez contre nous ,
Mous avommes congië sor vous
De TOUS amordre et despécîer.
Philipe Mouskety foL 4o.
Qui aime Dieu, et sert et doute ,
Yolentiers sa parole escoute ;
Ne crient maladie ne mort ,
Qu^à lui amer de cuer s^amort.
MuteBeuf, Complainte sur la mort du
comte de Poitiers,
Amorter : Mortifier, dessécher,
rendre stérile; de mors,
AMPERiiRS, amperéor, au féminin
amperériz : Empereur , chef des
troupes, souverain; imperator,
JÀ Sëneschax fu moult marriz
Si apela VAmperéor ;
Avez vëu d*un léche'or ,
Qui votre Cort a desjugiée.
Rom, de Floire etBlancheflor ,JbL igG,
iZ» col, a.
Amuafle j amuaffle , amustal :
Titre de dignité chez les Sarrazins,
distingué de celui d'amiral.
Et li aporta une espëe
Qi fu a V Amustal enblëe
Roman de Flaire et Blancheflor,
foL 195 , vol, col. 5.
Amplibr : Rendre plus ample,
plus abondant 9 étendre ; à^ampliùs.
ANC
AifE, anne : Aune , mesure poor
les étoffes. F'oyez Ganeke et Kbv-
VREJUBF.
Item, A ledite Margueritte payer pour
Tusaoce des enfans , par tout le terme
devant dit par toutes les parties qui sW
suivent, se té , assavoir por 6 s. por deai
cothielles, i3 s. nor six anties et demie
noef drap, 3 s. é den. pour un blanket,
et o s. I den. pour refai tares des dn-
pailles des enfans.
Compte de Phospital Saùit^ehan ia
Trouffés, de i53a.
Anelet : Bague , anneau; armubu.
A Eliduc esteit venuz
A cunseil li ad dit : sahiz ,
Que la pucele K mande t
E Vanetet li. presentot;
La ceinture u ad donée
Li chevalier li ad merciée.
"Vanelet d^or mist en son dei ,
La ceinture ceint entur tei.
Marie de France , laid'ÉUdm^
vers 406 et 409.
De Yostre part le saluai ,
E voz aveirs li présentai ,
De vostre ceinture se ceint ,
E parmi les flancs bien s^estreint,
E Vanelet mist en son dei
Ne li dis plus ne il k mei.
Même lai^ vers ^n^
Angav, angwe: La province d*Âih
|ou; Andegcu^ensis.
En Flandres vait pur sun pris querre.
Là out tusjurz estrif è guerre ;
Eu Loreine , ne en Burguigne,
Ne en Angyve , ne en Ivascaigne ,
A cel tens ne pot- hum truver
Meillor cevalier ne sun per.
Marie de France , lai de Gugenff
V. 56.
Angelinb : Divine 9 angeliqœ.
O Alisandre kar gardez
Yostre aime noble ke vos eez p
K^est par la poesté divine
De haute nature corne angeliim»
Enseignement d^AnstotCtfoL jXSi
r^col. l.
ANU
Ahclon : Petit angle; angulus.
Aînz a le mestre salué
Et cil li a bon-jor horé ;
Cil uiet SOD cliief en la méson ,
Si a \ eu en un anglon^
Un croucefîz au mur drérîë ,
Qa'en la croix est apareillié.
Doins ^fabliau d'EstruBert.
AvGviRsrsEMBiiT : Avec instance,
ivement ; angustè. Voyez Joufie
Puis avient si qu^à une feîz
Qu]à a'amie vient li Damiseas
Qui tant est sages , pruz é béas ,
oa plainte li miistra et «lîst :
Anguissusement li requi*^t '
Que s'en ala ensemble od lui.
Marie de France , lai des deux
Amants , vers 74*
AirsBTTB^an^e .- Manche, poignée,
rochet de fer servant à pendre le
ot au feu ; servante ou instrument
•our soutenir la poêle à frire , du
itin ansa.
Je donne à ma fille Eli^onore , mig pot
le lot ^ ung de demi-lot , une pinte au
ÎBy le tout d^estain ; des tenelles , des
msettes , uns cuisoir de pommes , une
m^ à rbuiîle et une meschine de fer.
lestament du a3 juillet 1587.
Artif, au fénaiinina/i/»Ve : Vieux,
ncien ; antii/uus.
Desuz une antit^e cite ,
Ki cie's esteit de cel re^né,
Li Sires ki la mainleneit
Huit iîi Telz hum, é femme a?eit^
Marie de France, lai de Gugemer,
vers 209.
AnnoiGHES , antroingnes : Trom-
erie , tort , dommage.
ons hom , toz vostre bien soit 'vostres ,
I ne m'aient patrenostres
e prières ne miséreles ;
iex aim somes à pa^toreles
mm jfi ne face t^tlz antroigtteSf
r y te doÎBst DieujL , tant de besoignes »
AOR ai
Fait li preudom , et t»ut d'angoisses
Que nus Dieu te reconoisses.
Gautier de Coinci, miracles de la
f^ierge ,foi. i3a , col, a , fonds
de la ValUère,
Antiitstidk : Celui qui étoît dang
la foi du roi, qui lui avoit juré (idé-
lité : inslruste régis. Il y eut des
antrustions bien avant quM y eut
des terres données en fief* F, sire en
antrusiion , être vassal et dans la fol
du roi.
A?ivi , anuiance , anuianche :
Ennui , peine , chagrin , dégoût ,
mauvaise humeur , maladie fort
commune parmi les sots , et qui se
trouve presipie toujours dans la
grande société.
Ne remenra por nul oiiui,
Ne por nul ooust , si pooit estie ,
Qui ne fust hors tost de cest estre.
Fabliau de la longue nuit, vers 958.
Plains de grand ire et à^anuianche
S'en est venus sans ariestanche ,
£n la cambre ù li Vesques dort.
Mémefubli^u , vers 975.
AoiTE : Accroissement, augmen*
tation.
AoANé : Embelli, enrichi» orné;
adornatus.
Et li autres servi de la coupe dor^Te
Qui ert de rtehespierres garnie et aornée,
Momoft^ d* Alexandre, Ms, , n» 7190? ,
Jbl, 104, A'* col. 1.
Apaba^lcei , ap4ireilk€r , appa-*
reilhier : Apprèler, préparer, dis-
poser, orner, arranger, panser une
plaie , rendre convenable ; de pa'»
rare. Ce verbe a été employé dans,
la signification de préméditer-
Un petit devant or ke il morust, il aper-
lat son serjant , si cumcodat ke hom lui
appareilhastvcs^mejaz por eissir.
Dialogues de S. Grégoire , liv, IV, .cA. a4.
Paululùm antequam moreretur^voca-m
tHt puerum suum , pararique sièi vesti*
inentm ad proeedeadum jussit,
3
nai
A PB
ÂPABCETiKGE , apûrcevonche : Tue,
connoissaïue y action d'apercevoir.
Ure violic ki la garda ,
A ki (ul SUD tsire eéi ,
Xant la Cria . tant Ta rovri
tlucques oe fu apercev^nce
£n parole uc en semblance.
Jk/aric de France , Ini de Milun ,
vers t)3.
Apabzoivbc : Aperceyoir; depcr-
èiperc.
Si m m on pu et maîsmement aparzoiure
en CP8 paroi s.
Sermons de S. Bernard, fol, log.
Ex ejus verbis vel ntàximè conjîci ffo^
test,
Ai>AS , appas : Seili! dfe porte 9
marciie d Vscalier; pa» , mon veillent
pro^çressif qui se fait en étendant une
jambe ou un pied devant l'autre ;
de passiis.
Primes ,' qae de tous ereniers bas ou
bault soient-ils exccdens ditK dpas ou non,
sera payet pour le portage des grains qui
seront mesures au devant des dis greniers,
deux deniers.
• . Sentence entre les portefaix et les mar^
chauds de grains j du ^goctobre i563.
. Hector de Lestree crocqueteur de grez,
bourgeois de Douai , estant agité de ma-
ladie çiontagieuse , déclare quHl lui est
deub par Guillaume de Quentin , 6 lîv.
d^ appas qu'il lui à livrez.
lestament du 5i mai 1577.
Apeler : Prier , engager , exhor-
ter, y^oyez E&C1UER.
Apet«tich : Toit de planches , es-
pèce d'auvent mobile, attaché à plat
avec des pentures au-dessus d'une
boutique , et qu'on laisse pendre
pour préserver de la pluie ou du
«oleil les niarchandîBes qui sont
étalées dessous.
PoiT une autre paire de pcntnrcs pour
Vapentth qui se hanche et abaisse parmi
les c.st^ux ,8 s.
Compte de Vhospital S. Jeah desf Trouvés^
de i/i)6o.
AnvM : Appren«b*e9 charoheii
connoître.
Tu ne sez rien de cuenrmer ;
Mère , |à por ce ne lefat
Se je n'en sai , s'en apenrai.
Doins^fab. d'EslfiUneH ^ vert 1517.
Apeigea, apcrchitr , aperscier:
Avancer , approcher , rapprocher,
assigner à comparair ; applrb3>
nittrc,
Apebt : Il est certain 9 constant,
évident ; il patt>t t , on ne doutle point
Apebt (en) : É^dJeiHtixeilt^ à dé-
couvert.
ApEETGMsifT : Vivement^ sanl re-
lâche, sur-le-champ; apcriè.
Mestre , feites uperVnHent ,
Car je sui ci en graut torment,
fier puis longtfemen^ endurteir.
Sire , né me nuis plut haM«r %
Je vondroie )a avoir fait.
Douins ^fabbiatL t^Eitnkmt
Appareiixevi dt draps : ToikSc#
de draps.
À>]PAiJs : Pièces de comptabilité.
çi liv. 16 ». que 6ires Renier li Kiefm
doit au dit bospital , deteourant de ât
TÎngt douze livres qu^il doit dou retotf
de son compte , se qu'il appert par toa
les appaus sour lés^aeiii ^ compte k-
ditte Margueritte sont fondés.
Compte de Vhospital S, Jean des
Trouvés, "de i35^.
Appert* SE d'armes : Belle action
militaire 9 haut fait d'armtes.
Et luy estoit venu en son ayde une pa-
celle nommc'e Jehanne , laquelle le mena
sacrer à Rbeims , et fist de belles vail-
lances et appertises d'arme^ ^coMTe les
Anglois.
Histoire de Charles VIL
Appotelle. appuyeile : Garde-fon,
barre 9 parapet 9 barrière 9 qui sert à
s'appuyer en passant une ptancfae
placée î^ur un ruisseau ; un ponlj
une chaussée 9 tm fossé ; àtpoaim»
AQD
ssuMs : Enseignement, ins-
Q.
ï de Beaorepaire , latteur , déclare
content et bien payé de Gillot
, à cause du fait et aprésure du
de latteur et de faire lattes.
Chirographe y du igmars i41o.
iuvER, appreuver : Prouver,
er , approuver ; à'^pprodare,
3GHEIB, aprochieTj aproûer ,
ner, aproschier : Venir près,
>cher, approcher; d'approxi-
formé du superlatif /^roximt^^
de propè.
1 aproisma nnene que Ihesus Teat
rir,
précieux cor9 s^arme vent des-
tir , ^
à son Pîére en getant un soupir,
Tes , en tes mains jo cornent mon
pir.
evant sa yoîz nn grant cri a getet ,
3n benoist cbief 6our son brache
Unet.
>/t de Jhesus Crût , M»*foiid$ de
ictor, A» 847.
: le vit si aprosotùé ,
lande son espié.
:1 poesté le consut
srs ne riens ne li raliit.
Roman de fïoire et Blancheflor ,
fol. 197 i^o col, 5.
pues Af^roc^'er vers aus,
ton cors fui \À set les aus ,
dois-tu as eus parler.
^ié Baude FoMtoul d^Aroê, v. 376.
>i8iEft : Évaluer, sq^précier,
r ; de pretium.
Lmirax arriers s^ea yet ,
deus Enfans ensanble let ;
» de ce list mouU aproisier
il nes^ Tolt mesaësier.
Ronuai de Floire et BUuicheflor ,
fol, ao4 , B? col, I.
A1S1 : Acheter, acquérir, yoy.
A&B ftg
Aqvcilik , ou aqueillir ia voie :
Diriger ses pas; de coUigere.
Tant li dit et tapt li loa.
Que li Valiez dit, cirai là
Pour savoir mon qu elle me vclt.
D'iluec s'en part, sa voîeaqueU^
Et la DamoiselJe iVnnjaiue
Jusques devant la Chuc^elaine.
Douitis y fabliau d'Estruhert,
Aqointfb : Entrer en liaison ,
faire société , fréquenter , associer*
VoytZ SÉER.
Aqvinteh : Accueillir, associer,
lier, fréquenter, unir, fanailîariser.
Damoisele , k c'est Gbevaler
Vus devriez bien aquiutery
E fére lui mut grant hunur ,
Entre ciuc cenz n^en ad meillur.
Marie de France , lai d'Eliduc , vers 494*
AjiBAi£8TiBiE , orbalestrîère , ar^
bcUetière .** Espèce de meurtrière ;
ouverture étroite et longue prati-
quée dans les murailles des anciens
forts pour tirer sur les assiégeants;
fente par laquelle on lançoit, à
couvert, les traits d*arbalète.
Lk endroit séoit un molîn
Dont les ais n'ièrent pas eniiéres ,
Mais garnies â^arbalestièrvs.
GuiU, Guiart ,foL «95 y V^.
Aebiteateue , arbitrator , arbi-»
treus : Juge, arbitre; d'ar&itrium.
AEBiTRÀnoH , arbitrièlfi : Avis , vo-
lonté , sentence sur rapport d'ar-
)>itre.
Abbitiubi. : Arbitral.
A&BORàTEUR : Pépiniériste , plan-
teur d*arbres. '
Ar^roieie : Bois , forêt , bosquet.
AftBAOTEAiE, arbroierie : Arbres
et arbrisseaux; arbres fruitiers de
différentes espèces ; lieu planté
d*arbres; à'aràoreus*
Thomas de Gny , an nom de l%ospital
des Cartri«rs, dono« en rente fiigeie»
4
a4 A&D ARG
par cry de balle, un gardin, tout ainsi ÀBDOn, subst ': Provision de bail "^
qu'il est ad prëwnt twurplanië d'arAroy*- nécessaire au besoin d'une maiMK
ne , aucquiex d ortillage et de berDage. A*/rrderp
Chirographe du ig avril i38a. , ' *
Question si pnet estre fête : m unsinipli
Abgetbcli!! : Intendant , maître- chevalier a un manoir delez une forestel
d'hôtel ; architriclinus, en chele forest usage li estroiez don i»
. 1 « /. . gneur pour son urooir et pour son ni
CeiSire nous conduie qui de Teve fist vm sonner, et pour pasture à ses bestesàE
Le jor qu'il fust as noces dou saint arcC' et à ses hoirs.
iccliii
's j KPt j n Couit,de Beaûuoiiis ^eh^'SSIN^p.và»
Moman de Florence de Rome. '^
ÂBCHEGATEj ûrscgayc , arzegaye: Abgot : On appelle ainsi cert^n
Bâton ferré par les deux bouts que langage qui n'est intelligible m
portoient les Stradiols , cavaliers pour ceux qui le parlent On en d»
Albanoîs , qui servoîent en France tingue trois sortes: l'argot des gueitt
sous les règnes de Charles VIII, et «* mendiants, celui des Toleon el
de Louis XII. Commines , dans *ej des filoux, et celui des ouvriers. Ite
Mémoires y traitant de la guerre d'Ita- Grandval , à la En de son poème de
lie , parle des Stradiots. Cartouche ou du Ficef)un£j a dooné \k
ARrnRE • VoAtp "° dictionnaire de l'argot. Ondiq»
■^ ... 1 DicuoTuiaire JrancaiS'iuUient wfA
4'^«tT.'sSserdr°.rœTuiS ««"nP^en «P«q«ant ce i».tp«k
à telles charges anchîennes qu'elle peut gueusene. la
debToir à ceste ville , pour Varcure per- Deux auteUrs ont parlé de l'ori*
mise estre faicte sur la dite eaue. gine du mot argot ; d'abord , Fan-
Testament du 39 mars 1608. tière 9 puis le Duchat dans ses noloi
Ardaw, ardane : La forêt des Ar- •"'^ Rabelais , liv. II, chap. 11,^
dennes ; arduenna. en a le mieux parlé. Ragot étoit in
, . fameux bélitre qui vivoit du tempi
Ardane est molt «ant a ces ,or , ^^ L^„.g XII , et des premières ffl-
Et porprenoit molt a son tor: . - . j •« *^ r^rl.^
Qar plus duroit donc li couvcrs "^^s du règne de François I". Ont
Sanz la merreilles des dësers , de lui un volume d'une soixantaine
Que or ne dire tôt Ardane depages, caractères gothiques, dont
Ainsi volt Diex , ainsi l'ordane. Bernard de la Monnoye a donné une
Roman de Parihempex ileBlois, nouvelle édition in- 12, à la suîte
foL 126 , r- col. 3. ^^ ç^^i^ d*Eutrapel^ traitant des
Arbekts : Nom donné aux indi- gueux de rilostîère, et où le nom
vîdus attaqués d'une maladie épi- de Ragot est souvent répété. C'est
démîque fort violente, connue sous de là, parce que les gueux et mon*
la mèine dénomination. Pour en diants , prennent toujours le ton
obtenir la guérlson , on adressoit plaintif lorsqu'ils vous abordent ,
des vœux à la bergère de Nanterre, qu*on a dit ragoter^ pour gromme-
S** Geneviève , patrone de Paris , 1er , se plaindre , murmurer eu se
connue sous le nom de Geneviève plaignant. Argot ne signifie dono
des Ardents , qui parofit être le même pas gueuserie , mais jargon de bohé-
Ser^onnage que la Geneviève de miens. Ce mot vient de 7?^^/ par
rabant ou des Ardennes. une légère transposition de lettres^
ARG ARE 95
et non pas de la ville d'AlgOS 5 parce Ht fleurir dans Areos cet ëloouent {areon.
que , dit bonnement Foretière , la Comme »« cour dort ëtoit des plus bril-
plus grande partie de cç langage est ^e, dL4' de .on temps •> rendirent
composé de mots tirés du grec. savantes.
On pourroit faire observer à Té- Electre le parloit , dît -on, divinement
gard de cette opinion de le Duchat, Ipl>igf «'« »f «'i Pentravoit gonrdemenl.
5ue si ce mot Went de celui de Ra- ^"^^^rSo^Vo^^^^^^^^^ ^~ ^""* **
SOt^ son ancienneté ne remonleroit Tons les chefs en argot leurs soldats ha-
pas au-dessus de la fin du xv* siècle, ranguérent ,
et on n^auroit pas donné le nom Connoissant quelle ëtoit sa force et sa
^n"^?*!^" *''°^^'' ^""^ ^"""^ ^l PourTouvlnr relever un courage abattu.
1 Hostière, parce que ces gens sont p.i ^^^ ^^a ^i^n souvient, daSs Ovide on
toufours sur le ton plaintif, mais Virgile,
parce qu'ils auroient parlé le lan- Que lorsqu^on disputa pour les armes
sage de R^got D'ailleurs, ragoter t . i '*'^*'*V"*' jn» , .»., *
««signifie pas se plaindre , mais Lf T""? * '*'* "^ **!"' ^ *'''* ""^^ ^* ^^ '
— ~ - B—"" l~" "^ !"•»■"«*•»* > «"«•» s'j n'eut pas sfu cliarmer aei juge» ea
gronder, murmurer. argot.
eucore son origine beaucoup plus
ea en vue de critiquer cette opinion ""'T"., ~" ""'^'"'' "^-V""»* ,"J'™
kmqa'il assemble son héros avec h*"». J l'a «"t remonter, usqu'à la
qoelques-UDs des principaux de sa '=o?,*I"^^ *!,K Towon-d'Or.
imSe et leurs nuâtress^ au caba- " '^ ««'»?»" 1" »* ï « P»"»'»»»
m de la Courtille; U fait dire par "f"» **« <« ^°8»«« «I°' viennent
GulOttche à son aînie. Chant jT: J» f«c , tels sont arton pam ,
' dartos; esganacer, nre, du greo
Cartouche k Lisette en la mangeant ganos y joie ; offre , vie , du grec
des yeux , phren , esprit , etc. Mais lourde ,
Votre aniect, ma dëesse, embellit seul p^^^^ . trimard , chemin , route ;
Je veux aur votre nom, ftire des ana- ^^^ > marcher; rort, la marque
grammes , sur Tépaule ; débrider , ouvrir ; tour^
Des sonnets, des chansons, des Je nante, clef> etc. , sont évidemment
Tenz en un mot lonrés.
Employer comme il faut le plus sublime ., * ^ . i» «« ^i .
Argot, AloQ savant ami feuM. Clavier,pen-
Je me surpasserai ; que vous serez con- soit que ce langage ayant été formé
tente , par les gueux , et les voleurs pour
Vous qui parlez ai bien cette langue char- y^^^i^ point entendus lorsqu'ils s'en-
-mSÎT propos d-^r^t, dit alors Li- Jretiendroient de leurs complots , ils
mosin , lu* avoient donné le nom aargoif
Ne m'apprendrez vous pas , vous qui du mot latin er^o, relativement aux
partez latin , ergo des écoles, manière de parler
D'OU cette beUe jngue a pris son ongine? • ^>^^^>^^ ^g-^^^ là.
--De la viUe dArgos, et ie l'ai lu dans ^ . « _* j»--^ -.-•••-.-. ^»«
P1£q^ ^ ' ' Aaenàge : Sorte d'unposition éta<
Rcp<»idit Balagni; le grand Agamemnon blie en Bretagne.
«s ATI
AsêiDiTBUXBiTT : Àssiduemcnt ,
continuellement ; assidue.
Toft-jors est assidueiement
En une pUce solement ;
Nale fris ne s*en qcdert moreir
Quer par-tot jk son estoreir.
ATR
Aiocflia 9 oiochier j attochkr,
attoucher : Appartenir par consai-
guinité, par affinité; être parent
Atoihbul : Arrêter f délibérer, dé*
cider.
Li escherîn ont atomeit et eoncordei
Le Bestiair» parlant d'un oiseau kese eschevins, nesclierin, vonthondeb
7tt'i7 ne nomme pas. ^ie pour le besoingne de le yiUe , casM
A«o^«a,,:C«™olation,adoa. r^li'À^f.v^Ml'.uî'S.ut
noîs.
PïïJ
la
ir
i.L
L'an ia65 , el mois de mtj%
AiotHEt , atoumer : Disposer |
préparer, accommoder» ajuster |l
appareiller, conoiparer, égaler; cé-
lébrer l'office divin ; adornare.
cissement
Paet-il estre por noie paine
Que je neP sive isneiement,
Por yos faire assoagement.
Bom. de Bl(mchajidin,Jbl, 175, f^* eo/.i.
Assois : content, satisfait.
Demiselle Maroie de Remy a Tendu par Dçus Jliesus , corn cil bel guerroie ,
droit juste pris et loyal , duquel eUe Et corne noblement tournoie ,
8 est tenue et tient assoUe et a bien paye q^ volentiers au monstier toame,
dix deniers pansis de rente. q,
Contrat de rente ^ duiS décetnhre 1337.
AssoNHAHGB : Gonsonnancc.
Ataihs : Fatigué, harassé, las,
ennuie.
Atal : Fête solennelle, fête na-
& l'en le saint service atoume.
Miracle de Gi/evaUer qui ooit la
vers i^,
Atiaimci : Enmiener, entraîner.
Atsâmbhtb : Trame de tisserand.
Ke nus ne face dras aTeoc li estniii de
taie ; de natalis. Peut-être la fête laine et le atramente de flokon.
de Noël. Ban de le draperie de Flokon , de Pa
Item je donne trois rasières de terre an '^99*
curé de Lauwin, à charge de quatre messes AtsB, Otrie : Cimetière ; d*4UnuM>
par an , le premier jouedi après chascun .
atal de l'an ^"' *^^^ maison et héritage en iVlit
rJtamentdu 04 novembre z ^10. Saint Jaqueme , ù maintWaulicr au Clwt,
^ ^ SIX sols douisiens.
Cartulaire des rentes Jehan à
Franche 1291.
Atevri : Attendri, amolli.
Atevrih : Attendrir , désarmer ;
de tener.
AiiLTBé : Appareillé, instruit,
dressé; de titulus.
Treize pies de tière de longhece, derrière
le tenement celui Mahieu et si lée doit
estre li pièce de tière que le tenenitat
., , ., . , .. , celui Mahieu lequel teneraenssîctjoigBant
Vault-il pas micubt veoir ung senglier es i^ maison li priestre de Saint Nicolaj et
toilles . contre Hatrie Saint Nicolay.
Quo tout le jour baster jusques aux es-
toilles.
Pour regarder faulcon que vent soubz-
tient ,
guant beaux lérriers bien atikrez on tient,
t que en ung cours viennent senglier,
ou lëe ,
C^est ung plaisir que d^ estre à la meslëe.
Poésies de Crétin , p. gi»
Fiente du mois de juillet 1271.
Atropeies : Réunir, assembler*
entasser, entourer, attrouper; de
turba.
Au Prestre durement anoie ^
Toz ses paroschiens apèle
Ghascuns cntor lui ê^atropcle ;
ATU AUG «9
Pais dist , cest hom me tenes , Atuihu : Habiller ^ oroer, a^tt»-'
Bien sai de Yoir qu'il eet dervei. i^,^ arranger ; adormm.
Courteiar6e , fabliau des trois AveugUt
de Compiegne j ven ^01. Marnez vus y è ti tint
A ^. - 1^ Ai» 1. Je 8111, fet-il, tuf atume^.
Attache, n/^oicAe : Affiche. «^ • j «^ , jjriM a
. . Marie de JPrance y lai d'EliduCfV, dfjj.
A Antoine Devred pour avoir afficne
wUaehes tant en ceste viUe que es Tiliages AvwEàX 5 auàei , Ouàelet : Aune ^
sir<:onvoîsins Notifiantes que Ton expo- arbre ; d^alnus j,îornié à^albus^ F^oy*
Kiit à rebail les terres qu'a occupées Pas- AlaIGHU.
anier Bossu , lui a esté payé comprins ^ , . * . . ,. ,
aUdMches 9 a4 s. Auoel, aubelet que nous disons aulne.
ComptedePhospitaldesChartriers.deie^i. Cartulaire de S. Pierre, de i6ir.
Ayant esté apposées plusieurs attai- , Vente d'une maison faisant toucunet k
cJbes à ladite porte, ne s'est présenté le rue de l'at/^e/, et i ferue desMaillé»,
personne. «u rencq de l'auoe^.
Com^ife de Vhospiud des ChartrUrs , ^^^^ ^^ 6 ociodre 144^,
* '^71- AuBSiiT : Habit, vètemenf.
Attacque , attaque : Petite boU|îe ^^ ^ ^econnoissanche de leur sujectidn
avec laqueUe on aUoit à 1 offrande. ^^ ^^ i^^ obédience , y\ deveront venir as
f^qyez ElUftVHQCIEB et Estaveu. solempnités S. Amet et S. Morant nés
SIessienrs des trois Tours allèrent à l'of- patrons en auberit chorial. Ils seront de
frande avec des grands chirons de quatre no cœur ft y pourront venir canter toute»
livres et demie Les petite clercs des les fois Vil vouront
paroisses , les Jacopins et les frères mi- Titre de fondation de la cure de Phos-
nenrs avec des petites attacques, pital des biguùies de Càmp'Florjr ^
Meiation des obsèques de Philwpe, ar- ^^ décembre 1245,
chiduc d'Autriche , roi d'Espagne, ^^^^^ . Hubert et Albert , noms
faites a S. Pterre de Douai, le i3 ^^^^^„ a^u^^^^
ictobre i5o6. propres d bomme.
. i /- . X « * ^.^ AucEEEE • auceurcy auceurre, au^
AiTiLTEÉ (estre) : Porter un titre. ^^^ .^^^ au^uerre, Ausserre : la viUe
Monseigneur Philippe , comte de Lai- d'Auxerre en Boureogne ; oltissio--
laîng , avoit fut entendre a . messieurs * 99'
mi'if estoit délibère de donner k iceUe »«^«'W-
Tille sa maison seigneuriale de Saint- Et là estoit l'évesque Gui d'^u^jenv, qui
Aubin pour y faire bastir le second col- fu fuix Monseigneur Guillaume de MeUo.
lège , pouiveuqu'icelid soit nommé , attil^ JoinvilU , HUtoire de S. Louis, p iL
tn^, et intitulé le Collège de Lallaing. A • j» ^ v j!
Régate aux Consaux , a am7 i564. Y^^^^V'^ G«" ^HAucerre, h dit p^r
^ ^ eulxtouz. Idem. ,p,\ifo,
AmLÉMikMLS.attraière,attrajère: _ . . • ^* . j •
w 9 jtx • 9 •» » Je "^ous donrrai Tingt tonniaus de vin
Biens qu un étranger quin'avoit pas ^^ ^uchoirre pour ceSt Hvres rendus en
d'héritiers laissoit en mourant, et qui Grève k Paris,
appartenoient au seigneur ; d'ex- ^^lat. de BeauvoUis, cA.XXXIV, p. i85.
trahere, • /\ • ^-*
Atteait : Matériaux nécessaires Auceeeois, aussuerrois : Qui est
pour entretenir un bâtiment ; d'at- ^ Auxerre.
trahere.
L'autrier joer jou m'aloie
Devers VAussuerrois Saii
Ato», aturnement .• Arrangement, ?,«'«" ^y»»'^" Itlût*^'"^"'
, ' . ^ . .1 .-. "^ Pin* matin que )• ne souloie ,
ordre , ajustement, toUette , orne- Qui ne lief pas voulentiers main •
ment ; adomamentunK $i n Chsrlot en-nu ma voie
3o
AVL
/Qm le iacbîer tint par la nuôii ,
Et bien moBatroieat toute Toit 9
Qu'il nièrent pas cosin germain.
Ruteb^uff fabliqu de Chariot et du
Barbier,
AucQvii : Garni de plantes légu-
mineuses. VoytZ ÂiBftOTEMII.
Je donne me maison et gardin à
tenant , comme dit est , aucquU et her-
hcqnié comme au jour de mon trespas ils
le trouveront. Testament du ^juitt i^^S.
AvDiEA : pour Anoieji^ Trépied,
graQd chenet de cuisine.
Cest le de'claration des parties qne
g là baillées à Marie Cquppëe, et k Pierre
aghenet , ladres en la Bonne Maison
un fef k t^anfres , denx petits quemi-
■ niauz « bacbin barbiioire, pot de aueuvre,
payelles d^airain, cnigiue k fendre leur
laigne , grand audier , anses de pot , moyen
hastier. Item ) une grande nuefye cuve ,
p<mr e9>z b»gner.
Compte de la bonne tnaison dêt Ladres.
1433. , .
Ate, iw«^ auwe : Oye, oison;
auca. Voyez Focc , Fossile , et
AuFRiQUE : VkîmfB» , une des
parties du nuMide.
Cil è^AuJHque et cil de Bandas,
Ne le 'filz le roi Goiias , v
Ne de Borbastre la cité ^
N^est mie de si grant beauté.
Romain de Blanchandin ,Jbl. 177 ,
. /?« col. I.
AïïGvisTms: Auguste^ nompro|>re
d'hoqime» Augustus.
Au tans Temperéor Ausuistins^Césat ki
tint Pempire ae Rome '^Aj ans et si garda
la terre corne poissant si ipng^ment en
ferme pais au chief de XXVII ans après
ke il ot esté coroués.
Bomafi du S. Graal^ Ms. de N. Z>.,
i4« 7 >yô/. 8 , /^* coL I.
AvKEERÀis : Sorte de plante mé-
dicinale. Foytz Kalendier.
AuLGTBVft : Auteur, auctor.
Toutetfoit BOUS ealciidonf q«e )oar-
AUR
Bellement plusieurs sédnîcts par
lice des aultres plus rusez obiefz 1
ieurs de toutes altérations et tumi
Placcart contre oeulx qui pren
fuite hors des pays de sa m
du 1% septembre 1567.
AuuiuGiEB , aulautchier :
chand bonnetier, fabricant
musses.
AvMACOR, aumacour: Cott
dant des troupes chez les Tu
les Sarrazins.
Et Fioire est el pré Tenu,
Lance levée tuit Tescu ;
Quant Vautnacor le vit vepir^
Et les armes si bien tenir
Petite chose ii sanbla.
Roman de Fioire et Blanc,
fol. 204 , y^ coL 3.
AuMÀUiE : Armoire.
Item, voit-il estre pris de ses bi
somme de vingt frans royauix, de
acaté deux pièces de messel, Vu:
le tamps d^esté, Taultre pour yvii
soient mis a demeurer tant que
poront , es aumaires de le capelle
Andrieu , es croustes de S. Pierre.
Testament du 12 décembr
AuQUÀiïT : aucun 9 quelqu^ui
quis. Une femme cherche s(
qui çivoit été tué par des Juifî
Par la cité le va querant ;
Rien n'en savons, font li auqua
Li autre dient : bone famé ,
Vos fins ersoir de Nostre-Damf
Chanta assez k un grans guiz
En la grant rue des Guis.
Gautier 4e Coiftci, fol. 20^ v*
de la Kollière.
AvBEUXE : Oreille, à^auricu
Puis s^esclaffoient de rire , quai
levoit les aureilles , comme si le j<
eust pieu. Rabelais , lit/. I , <
Or et argent a grant puissance ,
Tels biens si font dresser Vaurei
Dialogue du Mondain^ , pai
AuEiLirAGB 9 ourlsUige : Ré
produit y profit des ruolies à
BAG BAI 35
baéc; bouche ouverte; et Tépithète Œlieu et Amand , prirent le titre
de badaud donnée aux Parisiens, d'empereurs et firent battre mon-
Tex fait semblant d'arrer "py^ ^ 1^"!:, eûig^^' ^^ ™^°^e auteur
Qui point n'y bée, ajoute qu'il se trouve encore de ces
. Chanson du roi de Nauarre. médailles dans les cabinets les plus
_ , . , . „ curieux, et qu'on y lit l'exergue
Ji A.G ASSE9 oajas»e,ôa/ esse .-oery au- suivante:
te , cuisinière 9 femme de chambre ;
pris en mauvaise part ces mots 9 en- WP* iELIANUS. P. F. ET. IMP.
core usités dans le midi de la France, ^' ^N. AMANDUS. P.F. AUG.
ont servi pour désigner une femme Bai : Couleur roussâtre ou brune,
publique , une femme débauchée; en parlant des chevaux; de badius.
enGu, ce que nos ayeux appeloient d'où baiard , bayard, cheval bai;
une femme folle de son corps; de nom du coursier de| Regnauld de
vagus j vaga. Montauban et de ses trois frères.
Li Prestres si csploita tant , Car li Emperéres estoitarmez et montez
Et tant de la Dame s'aprime sour un cheval baiart, pour chou que ses
Qu'il fu à Poste! devant prime, autres chevausmoriaus (noir) estoit navrez.
Oh fu reçëu sans dangicr. Fillehardouîn , foL 3a.
La najesse atorne a mengier
Char cuite en pot, pastez au poivre, Baig : Bain; cuve pour prendre
Et bon vin cler et sain à boire , le bain ; action de se baigner ; bal-
Et li bains estoit jà chaujSez. neum.
Fabliau du P^tre et de la Dame , ^e Lig chaufa , le mençier fist ;
Quant le baig fu fait , si le mist
Une Bajasse ot amenée En une cuve enz en la chambre..*.
Qui estoit de la vile nëe , Si entre el baig , la Dame o lui , -
Ne sai sa nièce ou sa cousine , Assez mangèrent ambedui ,
Ele rappelle YsabeUne. Et burent bon vin à plent«.
FabL du Pescheor de Pont^seur- i^abliau du Fotéor , vers 285 et 289.
aiwc, vers 145. Baileveau, baillevau, bailliveau:
BAGArDEs , badaude et baigade , Bejetton des forêts , jeune branche,
dans le texte françois des médailles petit arbre , petit bâton ; de baculus.
de Strada. Ce sont, dit Fauchet, Il ne faut pas confondre ces mots
des paysans qui, du temps d'Élien^ avec les baliveaux, bois de réserve
ou de Dioclétien, suivant d'autres, dans les coupes ordinaires, choisi
se révoltèrent contre leurs princes parmi les plus beaux pieds et tou-
et furent ainsi nommés d'à Castro jours de l'âge du bois exploité.
Bagaudarum. D'autres dérivent ce Bâilleuse : Femme de bailli,
mot de bagans ; berger, formé de Quatre chevaulx dont deux bruns et
vagare. Le P. dom Romuald , Thré- deux hardriaux , vendus par Jehan Les-
sor chronoL et hist. , t. II, p. 212, tiévart, Justiee de le Prévosté, à la re-
prétend que bagaude en langue queste de Ricart de Tortequesne , et do
'^ , . 7 ,r* ^/ V Ti j»^ j» madame la 5amca*e , femme de monseï-
vulgaire Signifie voleur. Il dit d'à- g^^^i de Goy , bailli de ceste
près le témoignage de Paul Orose , yille.
de Prosper et de Salvien, que les Registre des reconnoissances , fol. 76.
chefs de cette faction , nommés x8 mars j449*
2
3o
AVL
i'
.Qui le Barbier tint par la nuâii ,
Et bien moBatroieBt toute Toie ,
Qu^ii nièrent pas cosin germain.
Rtttebeuff fabliqu de Chariot et du
Barbier.
AucQUii : Garni de plantes légu-
mineuses, f^oyez AiBaoTEMiB.
Je donne me maison et gardin k
tenant , comme dit est , aucquiè et ber-
ixqnié comme au jour de mon trespas ils
le trouveront. Testament du ^juin i^^S.
AvDiEâ : pour Anoieji^ Trépied ^
graQd chenet de cuisine.
Cest le de'claration des parties qee
gv baillées k Marie Cquppëe, et à Pierre
aghenet , ladres en la Bonne Maison
un fer k t^anfres , deux petits quemi-
. Biauz t bacbin barb^oire, pot de aueuvre,
payelles d^airain, cuignie k fendre leur
laigne , grand audier , anses de pot , moyen
hastier. Item ; une grande nuefye cuve ,
p<mr eiiz bagner.
Compte de la bonne tnaùon det Ladres,
1433. ,
Ate, ave, auwe : Oye, oison;
auca. Voyez Fouc , Fossile , et
AvFEiQUE : L^ Afrique » une des
parties du nuMide.
Cil ê^AuJHque et cil de Bandas,
He le filz le roi Golias , .
Ne de Borbastre la cité ^
N^est mie de si grant beauté'.
Romain de Blanchandin fJoL lyj,
/?« col, I.
Ai7GiJ«BTms: Auguste, nompro|>re
d^hoquocy Augustus.
Au tans l'emperéor Auguistins^Césat ki
tint Pempire ae Rome aL ans et si garda
la terre corne poissant si Ipngeçment en
ferme pais au chief de XXVII ans après
ke il ot este corouës.
Bornais du S, Graal, Ms, de N. D,y
740 >] ,fol'^9 ^" coL I,
AvKERRÀis : Sorte de plante mé-
dicinale. Voyez Kalendier.
AuLGTBVA : Auteur, auctor>
Tottteafoit nous cntgadgai qve )oar-
AUR
nidlemeat plusieurs sêdnîcts f
lice des aultres plus ruses cbie
teur» de toutes aite'ratioQs et ti
Placcart contre oeuix qui p
fuite hors des pays de u
du iS septembre 1567.
AuuiuGiEB , aulmuchie
chand bonnetier, £ibrica
musses.
AvMACORy aumacour: C
dant des troupes chez les
les Sarrazins.
Et Fioire est el pré Tenu 9
Lance leve'e tuit Tescu ;
Quant Vaumacor le vit yenii
Et les armes si bien tenir
Petite chose ii sanbia.
Roman de Fioire et Bl
fol, 204 , f^^ col,
AuMÀUiE : Armoire.
Item, voit-il estre pris de se
somme de vingt frans royaulx.
acatë deux pièces de messel,
le tamps d^estë, Taultre pour
soient mis k demeurer tant
poront , es aumaires de le cap
Andrieu , es croustes de S. Pie;
Testament du 1% décer»
AvQUÀNT : aucun, quelqu
quis. Une femme cherche
qui çivoit été tué par des Ji
Par la cite le va querant ;
Rien n'en savons, font li aui
Li autre dient : bone famé ,
Vos fiuz ersoir de Nostre-D^
Chanta assez k un grans guiî
En la grant rue des Guis.
Gautier fie Coiftci, fol. 20;
de la Kallière,
AuBEUXE : Oreille, ô^aur
Puis s^esclaffoient de rire, c
levoit les aureilles , comme si ]
eust pieu. Rabelais , /iV. '.
Or et argent a grant puissanc
Tels biens si font dresser Vai*
Dialogue du Mondain ,
AiiEai>A6B, aurislage :
produit^ profit d€« iruoliej
i
r.
BAS
harius : Tonneau , petit baril, vase à
mettre du vin ou autre liqueur ; du
latin vas j vasis. Voyez Laituaioe.
Or me faites seulement tant ,
Pour l^amour Diu le Hoi poissant ,
Que vous portds mon barisel
Ichi desous à chest ruissel....
L'ermite le bareil li baille
Et chil, ausi com lui n''en caille ,
Prist le bareil moût vivement
Pour le mort biu , que che sert ,
Fait-il , n^en enterra-il grains
Dont fu li bariùaus rempains..**
A cascune iave que il trueve,
Son barizel met en esprueve....
A cascune iave qu'il ataint
Son barizel boute et reboute ;
Mais il n'en peut recboivre goûte. ...
Li banziaus moût li greva
Qu'il ot porté sans nul séjour,
Un an et par nuit et par ]our....
Mais encor ert li bareus vuis..*.
Or., nous raconte l'Escriture
Que li bareus fu si emplis
Pe diele larme
Fabl. du Chevalier MU Barizel.
Bareighetec : Stérilité.
Lors ert famine sor terre por la bareig-
netée es jours Abraham , si vait Isaac à
Abimelecn , roi des Palestines , en Gerara.
Bible, Genèse j ch. XXVI, ver», i.
Ortâ autem famé super terrant , post
eam sterilitatem auœ acciderat in diebus
Abraluan , ahiit Isaac ad jtbimelech rC"
gem Palœstinonim in Gerara.
Barre : Fermeture de porte ; d'où
barrementy action de fermer la porte;
de varra.
Le cheval qui soef le porte ,
Il s'en vint droit devant la porte ,
Si la trouva molt bien fermée ,
Que la barre ert tote coulée :
g liant il paria , si dit , ovrez
rrant et point n'i demorez ;
Por-qoi m avez la porte close ?
Fabl. du Prestre et de laDame, v. 3o.
Basse : Base, pied, commence -
ment. Voytz Ov>iiE.
Basseub 9 baissielle, diminutifs de
BAS 57
bachelette : Jeune fille, servante.
Voyez Basasse.
Maroi ki fu bassele Maroie le Gervais
a le pain de l'hospital après le déciés ,
Maroie le Gervais , i247'
Beg. de Vhostel de ville , cotlé qq ,
fol. 35 r-.
Waubers Baudane doit rendre as Car*
triers 10 liv. deParisis, après le déciés
Gyllain , ki fu se bassele por cely GyJ-
laiu ki rendu i est. Ce fu fait et encou-
^eucnt en Tan ia49*
Jbid.,fol.55,r^.
Basbea : Afiaiflser , enfoncer ; de
bassus,
Tuit ansi com l'en veit dcl' oef
Li aubons cnclost le mi-oef ,
Et cnmi le mi-oef se basse.
Une coûte aussi corne de grasse^
Qui ae nule part ne se tient,
A la grasse ke la soustieut,
Ne ni touche de nuie part.
L'Image du Monde, Ms.deN. D. »* a,
fol. 55, T'» col. 1.
Basss : Évier, conduit, petit ca-
nal pratiqué dans une cuisine pour
récoulement des eaux ménagères.
Bassièrb : Terrain , prairie , pro-
venant à^aUuvion : Pré, pâturage»
lieu bas et marécageux; dtibatsus.
Les Esclievins firent assembler tous leurs
gens , officiers et subjets , arbalestriers ,
archiers et cuUevriniers avec aucuns fau-
cheurs, et allèrent à giande force faire fau-
chier ladite bassière et prairie , et firent
emmener l'herbe par batteaulx et naves >
craindant que le feu seigneur de Mont-
morency ne leur eust donné empesche-
meut.
Procès entre la dame d'Escarpel et les
Eschevins de Douai, 1637.
Bjissur : Fleur jaune qui croit
dans les prés.
Basions (gi'os) : Gros canons.
Et quant aujL deulx gros basions d'ar-
tillerie , marc4iandez à maistre Jacques
Chevalier, conclud a esté de n'en taire
que uDg.
Beg, aux Consaux , ïo juin i556.
5
Si
A VO
AvBsriiimrr (à V) : Yen la fin
du jour, à la tombée de la nuit.
Et lehAiM dist , ]k ne Terra
Ji'eure quHi en soit dëliTrez ,
J'en serai k honte lirrex
Aînz demain à Vauesprement,
Hugues Piaucelie ,JaB. d'Estourmi,
ven 437.
AviBTiB (terre), ai^estie, avestre:
Champ semé de blé ou de mars.
AvBTUss : Tous les blés ou mars
croissans sur la terre.
AvnHAGE : Entrée 9 arrivée; ad^
ventus. Voyez OunL
Anhi f aviliez : Méprisé » avili ;
' à^evilescere,
AviLBRiK : Déshonnorer.
Trop sVst de toi honte eslongnîe ,
Si ne è'et mie bien poingnie
De toi garder et tenir court.
Si m'est avis qu'ele secourt
Moult manyèsement chastëe ,
Quant lesse ung garçon desrë*
En notre porprise yenir ,
Por moi et li avilenir.
Roman de la Rote , vers 356a.
AvisoiAB : Ruse , stratagème ,
moyen.
Pardy, je m^ayisis hier ao soir d'une
bonne atàsoire»
Heures perdues d*un Cavalier François ^
page 400.
Avisovus : A peine; de vix.
Laoueile par un jor de solaide venant
_ iBsi tut degasteie , ke en celei en poi de
'"^vinges avisovkes petit et poi de roisin re-
xneisent.
Dialogues de S. Grégoire , liv. I, cA. IX.
Quœ (yinea) quodam die ita graridine
irruenie vastata est, ut in eâ paucis in
vitibus vis part^i rarique racemi rema^
tierenU
AvocASSioN, avocation , avouai-
son , ai^ueson ': Office j fonctions
d^un avocat ; advocatio,
Ghil qui se vient mesler de Vai^ocation
se il 6B c«t requis dou juge , ou de la par^
ATO
tie contre qui il plèâe , si doit ji
il tant comme il maintendrt l'o
vocat , îNe maintendra en Toffio
lolaument.
Coust. de Beauuùisisy ch/
AvoEis, Oi^oé; au féminin
Oifoeresse: Avoué 9 protectei
servateur des biens et drc
femmes mariées 9 surtout co
entreprises de leurs maris. L
étaient nonunés par les pai
la femme 9 avant son coi
mariage.
Contract de mariage entre m
kemes li Biachon li ains-neis et
fille Lambert Livon, fait avec le
dite Marotain.
Nouen
Hue de Dorges a enconvent
Pikete et a Lambert Dômes ave
trente livres de pariais et de
asseneit sor tous ses tenemens
gardins k'iJ a à le Nieville. Avri
Regist, aux hriefs de Douai ,foi
Et devoit aussi ledit Jehan
tout celui hiretage despëechier (
envers les avoeis mari en se femc
convenances par qui le partie
hiretage Simon seu fil devant di
et délivré. Février 1285.
Grand registre de Vhostel i
Douai, cotté JV. ,fol.
AvoiER, as^yer : Defieus<
cat; advocatus.
Avoir heure : Avoir le te
A VOLER : Voler , envoler 9 a
Lors coinmenca à aprochier
DeP jur dunt raube est véuc
Joie firent en sa venue , '
Trestuit les oiseiliun menu ,
Kar awoU sunt é venu
De par tute Bercéliande,
En broce , n^en fores t , n^en '.
N^en vit mes nul tant amasés
Huon de Mèri , Toumoiem
tecristfJbLui/^, V** col.
AvoLER : Sortir , prend
sauce 9 tirer son orig;iue.
i pris es k ton las
; autrui nom as soûlas,
ui biens-fais cfui est la glore ;
:: ton bon père parlas >
D ressemblé ne Pas,
^on oês bonteuse estore.
quMl fîst en son tempore*
aisetiez pas ne restore ,
)s ton nom violas
i te desnatures ores?
mais ne me fui mémore
ni dont tu avolas.
Reclus deMoliens, strophe 6a .
Avec ; d'a^ cum,
lire sols quatre deniers que li
pajet pour se partie des frais
s et estoSes mises à le maison
nlon de Canteleu aweck les
es maisons de le vile.
mpte de Vhospital S, Jean des
Trouvés de i332.
li trabitres qui ot non Maor
[0 vint courechons et ires ;
(estoit enbermitaige aies,
la foriest s^en «st li Ber aies 9
3rt un des enfans remés.
Chevalier au Cisne, iV® 7192 ,
fol, 12, ^® col, I.
^ui, certainement, vraie-
dons miséricorde vitaille des
vil voir et vitailie molt saine.
lOJis de S, Bernard ,Jol. i3S.
' jion mùericordia esca homî"
ris , omnino et ejfîcax,
î , awillon : Aiguillon ;
. Dans les Sermons de
rd^foL 8 e/ 124*
A YO 5i5
AwRm : Ouvrir, découvrir, expo-
ser; aperire, d'où awert^ ouvert.
Mais anzois que nos vigniens à ceu ke
ces choses awriens , sî m^est a deleit ke }a
anzois die aucune chose si grant et de si
mwtrte dignation.
Sermons de S, Bernard ffoL i34«
Sed antequam ad hœc discutienda ve-
niamus , détectât aliquid prias de tawUi et
tant manifesta dignatione loqui.
AwrERTEMENT : Clairement, ou-
vertement ; apertè. Dans les Ser^
mons de S. Bernard ^foL 8ô.
AwuLE : Aveugle, privé de la lu-
mière ; avuhus a luntine.
Il donne au Mandet de l'esglise S*.
Pierre , k le carité monseigneur Saint-
Mor en Tesglise Nostre-Dame , aux quatre
plus povres awules de le yille de Douai y
cinq gros flandre.
Testament du 9 janvier 1375.
Atfr : Auprès, chez.
Vos estes , Chier Freire , li pis jumens
de Crist , qui poez dire ensemble la pro-
phète , si cum jumens suis faiz en ajrer ti
et ju adés ensemble ti.
Sermons de S. Bernard yfoL 124*
Fratres meî, pium jumentum Christi
qui cum. propheta dicere potestù. Ut fu-
mentumjactus sum apud te, et ego aem^
per tecum.
km& : La hanche, le côté; dV/t-
guen.
ATOut, ayol : Aïeul.
Au tems de monseigneur le duc Phi-
lippe nostre ajrouL
Lettres de Philippe-le-Bon , due de
BBurgogne y du ^H janvier tt^S.
B
: Plaisant, agréable, en*
Y marche à contrepoix ^
1 ceste-ià en tel lieui
purée , telz pois ,
en yaolt rien , par le saBg bien.
On rit , on faict le hatelu ,
Soubz manche fourrée longue chappe,
Breyiter , c'est le mal saiuct Leu ,
Il est heureux qui en cschappe.
CoquiUart , monologue des Per^
rueques , pmge 169.
34 BAC
Bagces : Citrouilles.
Pour porter au col eut une chaîne d'or
pesante vingt et cinq mille soixante et
troys marczd^or, faicte en forme de grosses
bacces , entre lesquelles estoyent en œuvre
gros jaspes verds engravez , et taillez en
dracons, touts environnez de rayes et es-
tincclies comme les portoit jadis le roi
Necepsos; et desccndoit jusqu'à boucque
da liault ventre.
Rabelais , livre i , chapitre VÏII.
Bachb, baghe : Grande toile qui
enveloppe les voitures de roulage et
leur chargeaient; de vagina , d'où
hacher, bagher une voiture , pour
la couvrir et le mot bagage.
Bachigolle j bacicollé : Construit.
 charge de faire clore d'une muraille
son dit héritage , vers et au long de ladite
rivière , haboutant en icellc à ung certain
mnr buchicollé de grez.
Registre aux actes , ii février i52g.
Bachin-barbioire : Bassin à faire
la barbe, plat à barbe. Voyez Au-
DIER.
BACHrNACE : Lieu d'où sourdent
plusieurs sources, bassin où elles
se rendent.
Nous , six liommes de la ville de Douai,
confessons que Damoiselie nous a
accorde de pooir descherger sur sa sei-
gneurie de Lambres , emprès le fontaine
et bachinage dudit Lamores toutes les
maries et sablons que ladite ville polra
lever sur sadite seigneurie , et d^illec les
pooir faire cheigier sur baquetz et faire
conduire et admener le loing le fiilet qui
vient dudit bachinage et fontaine jusqu'au
vvez de Pluchy.
Titre de la ville de Douai, du 23 no-
vembre 1545.
Bàghinoire [payelle) : Poêle de
cuivre pour bassiner les lits.
Bagbon : Viande de cochon.
Lès le chayet de cel moustier
I eut larrons qui deP mestier
I
BAD
D'enbler souvent s'entretnettoient:
Un baclton en un sac wardoiedt
Que il emblë avoient lors.
Quant il parchoivent cLiax defors,
Si cuidoient iestre apercbe'u ,
Dient ke il sont de'ckéu.
Fabliau de la Longue Nuit , vers 552.
Bacigoliement^ bachicollement :
Construction.
Sur la requeste des religieux et abbé k
Saint Vaast, leur a este accordé faire un
rue nouvelle proche la rivière... et serai;
teDus faire les bachicoUemens nécessaàm'
tels que seront advisës par le magistnL
Regist, aux Consaux , a6 janvier i63^l
Bacoue , baqueue : Oiseau api
bergeronette qui remue sans cesse
la queue.
Bagquet , baquet : Bateau de
moyenne grandeur. Voyez Bicin-
nage , EuwAGié et Hendragibb.
Bagqveter : Tarir, épuiser. Baquit-
ter le moust d'une cuve; c'est ôter
le vin nouveau.
Bagqdetvre : Le vin qui^ chesles
cabaretiers, tombe dans un braquet
placé sous leur comptoir lorsqu'ils
mesurent du vin. Les bacquetnres
sont mises dans le râpé tous les
soii*s , et le râpé se vend et distriboe
comme d'autres vins.
Bagul : Croupière très-ample qoe
l'on met aux chevaux de voitoies
et qui leur bat sur les cuisses.
Bagijle: Peine imposée à rhomme
en place qui avoit fait et eommif
une faute indécente dans Texercioe
de sa charge ; on battoit le derrière
du coupable avec une pelle de boiS)
ou on le faisoit heurter le cul par
terre.
Bader , haudauder , haer, béer:
Aspirer, désirer, s'amuser de rien,
s'occuper d'une chose futUe, 8'a^
réter pour la considérer. De là god^
ti
■w •
B A G BAI 35
^Miéc; bouche ouverte; et Tépithète Œlîeu et Amand , prirent le titre
^t badaud donnée aux Parisiens, d'empereurs et firent battre mon--
Tex fait semblant d'arrer "py^ à leur effigie. Le même auteur
Qui point n'y hée, ajoute qu'il se trouve encore de ces
. Chanson du roi de Navarre, médailles dans les cabinets les plus
_. , . , . ^ curieux, et qu'on y lit l'exergue
l&jLGAssE^bajas9e,bajesse:^ev\dLi\- suivante:
te. , cuisinière , femme de chambre ;
pris en mauvaise part ces mots 9 en- IMP« iELIANUS. P. F. ET. IMP.
core usités dans le midi de la France, C. CN. AMANDUS. P.F. AUG.
ont servi pour désigner une femme Bai : Couleur roussâtre ou brune,
(publique , une femme débauchée; en parlant des chevaux; de badius.
«n6n, ce que nos ayeux appeloient d'où baiard , bayardj cheval bai;
\me femme folle de son corps; de nom du coursier de| Regnauld de
'vagus , va§a. Montauban et de ses trois frères.
lA Prestres si esploita tant , Car li Emperéres estoitarmez et montez
Et tant de la Dame s'aprime sour un cheval baîart, pour chou que ses
Qu'il fu à Postel devant prime, a utreschevausmoriaus (noir) estoit navrez.
Oîi fa reçëu sans dangier. FilUhardouin ,fol. 3a.
La Hajesse atorne a mengier
Char cuite en pot, pastez au poivre, Bàig : Bain; cuve pour prendre
Et bon vin cler et sain à boire , le bain ; action de se baigner ; bal-
Et 11 bains estoit jk chaujSez. neum
Fahlùm du iW* « de la Dame , ^e Lig chaufa , le mendier fist ;
Quant le Baig fu fait , si le mist
Ihie Sajasse ot amenée En une cuve enz en la chambre..*.
8 ni estoit de la vile nëe , Si entre el baig , la Dame o loi , *
e sai sa nièce ou sa cousine , Assez mangèrent ambedui ,
Ele Pappelie Ysabeline. Et biirent bon vin à plenUf.
FabL du Pescheor de PonUseur- fabliau du Fotéor , vers 285 et 289.
, V rs 14 . Baileveau , baillevau, baiUiveau :
BAGArDEs , bacaude et baigade , Bejetton des forêts , jeune branche,
dans le texte françois des médailles petit arbre, petit bâton ; de baculus,
de Strada. Ce sont, dit Fauchet, Il ne faut pas confondre ces mots
des paysans qui, du temps d'Élien, avec les baliveaux, bois de réserve
ou de Dioclétien, suivant d'autres, dans les coupes ordinaires, choisi
se révoltèrent contre leurs princes parmi les plus beaux pieds et tou-
et furent ainsi nommés d'à Castro jours de l'âge du bois exploité.
Bagaudarum. D'autres dérivent ce Bâilleuse : Femme de bailli,
mot dé bagans ; berger, formé de Quatre chevaulx dont deux bruns et
vagare. Le P. dom Romuald , Thré- deux hardriaux , vendus par Jehan Les-
sor chronoL et hist, ^ t. II , p. 2 1 2 , tiévart , Justice de le Prévosté , à la re-
prétend que bagaude en langue queste de mcart de Torlequesne , et de
•^ , . 7 .n ^i„^ Ti j»*. j» madame la ^ai//eiwe , femme de monseï-
vulgaire Signifie voleur. Il dit d'à- g^^^j ^e Goy, bailli de ceste
près le témoignage de Paul Orose , yiUe.
de Prosper et de Salvien, que les Registre des reconnoissances , fol. 76.
chefs de cette faction , nommés x8 mars j449*
2
Ze BAR BAR
Bailli : Lorsque ce mot est ad- ^om ne fcmc , en tot« ccste Tîle \\ kot
îectif, il est souvent accompagné nul ^ar^t de laine K dras ,n« k Uretn^^^
\ j 19- a ^1 •! • «p^ lit SI ne soit nus SI hardis fci face nul M/Ht
des adverbes bien et mal, il signifie j^ ^^^ ^^^-^ j ^^j^ ^ tainture.
alors , bien traité , inaltraité , bien ^^^^ ^ ^^^^ ^^ ^^^ ^^^^
arrangé, mal arrangé , caressé, in-
g^i^^ Accort sur un escange et ùarat , du f
* aoust i4'ï4'
Se il savoit certainement ■« tu -^ ^ j» • «ti
Comraenr son oncle Va baiUi, , Baratron : Nom d'une divinité
Et ce qu'il k Koi failli. chez les Sarrazîns et les idolâtres.
Huon le Roi y fabliau du Fair Pale- Sadoine fait porter Mahon,
froï , vers 611. Et ApoJin et JSaratron,
Baisebie : Action d'embrasser , Roman de BlaHchandin y fol, las,
de baiser. R-coLi,
Lors li debaille et pis et cKief , Barbaresquemest : D'une manière
Et puis le baise de rechief , dure et barbare , à la façon des Bar-
Et plore sor li lermes maintes , bares.
Entre les ^aûene; faintes. ^ ^ .^^ »^i , .
. _ ^ _ , Barbel, bar : Le barbeau, sorte
Roman de la Rose , vers 1674a. ^^ p^j^^^^ ^,^„ ^^^^ . ^^^^^
Bajoes, bajoues : Pilliers de ma- Babbeteres, barbitres , barbUur:
çonnerie auxquels sont pendus les Barbier , de barbier,
deux battans d'une grande porte. ^ * • ' • j
^ * Que nus ne porte miséricorde, ne espee
En allant k cop de ISngne du long le k un taillant, ne coûte! d'Ëspaigne sar^
mur des maisons..... jusqu'k la rîvière , rànt, necJssoires6ar6etèrej,nerecou5ères,
se trouvera ledit mur estre droict saulf se le barbetères ne ya pour rére akan
certain hancq et tournoyement faict et prcudoume et li recousères ne va pourn-
appliqué k sa maison ouest érigée et bastie keudre et adonc si le portent a veue.
nne grande norte avec bajoes -e machon- 2?^,, ^^ Esche^ins de Douai de iléi.
nene , lequel hancq et tournoiement es- ^ a u j
tant oste , se trouvera ledit mur estre . BabbouilIB : Abondance , quaii-
directement k cop de lingnc jusqu'à la tité ; du Grec polus.
rivière. Barboter : Frissonner, trembkt;
Adîfertance de Jehan de Mailli de x^'j'^, marmoter , parler entre ses dente
Balenée : Mesure décompte pour ^^ façon que l'on n'entende poiat
la chaux, contenant dix mannes, f^ que Ion dit; se vautrer daw
VoYtz Adval^é. Icau , dans la boue. De la le Bom
•b M^ M de barbotturs donné aux canards
BanderolledeMontfaijgon : Mau- , ,. ,., ^ .„ .
««:., o,,:-.* ^«; tA* «., ««-j j^-» *. domestiques, parce qu'ils fouillent
vais su)et, qui tôt ou tard doit ter- , 1. fen^e et à Pi»ris rplni dâ
miner ses jours sur les fourches T^ T *^"8^'.®j/. *^^*^ ^5*"* ^^
natîbula ires barboteuses , q ui désigne ces femmes
*^ « *> . ^ .. qui se prostituent au premier venu.
Bahissube : Banissement, action J„ ^^^^^^ ^^.g. i^arloteurs les in-
de bannir. dividus qui s'attachent à ces mal-
Baquet : Sorte de long bateau heureuses.
plat. Voyez Eu^vagie. ^ , , , .#1 1
^ "^ . J^k^Qu.<fbarcuel,barcueii^baraiii,
Babàt : Echange, troc. i^arcus , bareil, bartus, barisel, ban-
On fait le ban quo nus ne soit si hardis , Tfil ^ bariziaus, borjel, barju, barjus,
I
BAS
arius : Tonneau , petit baril, vage à
lettre du vin ou autre liqueur ; du
itiii 'VOS , vdsis. Voyez Laitcaioe.
Or me faites seulement tant ,
Pour l^amour Diu le Hoi poissant ,
Que vous portes mon barUel
Ichi desous à chest ruihsel....
L'ermite le bareil ii baille
Et chil, ausi com lui n''en caille ,
Prist le barvil moût vivement
Pour le mort biu , que che sera ,
Fait-il , n^en enterra-il grains
Dont fu li bariziaus rempains....
A cascune iave que il trueve,
Son Àan'ze/ met en esprueve....
A cascune iave qu^il ataint
Son barizel boute et reboute ;
Mais il n'en peut recboivre goûte....
Li bartziaus moût li greva
Qu'il ot porte sans nul séjour,
IJn an et par nuit et par ]our....
Hais encor ert li bareus vuis..*.
Or, nous raconte TEscriture
Que li bareus fu si emplis
P€ diele larme
Fabl. du Chevalier MU Barùsel.
Barei^iet&c : StérllîAé.
Lors ert famine sor terre por la bareig-
netée es jours Abraham , si vait Isaac à
Abînelech , roi des Palestines , en Gerara.
Bi^le, Genèse, ch. XXVI, ver^. i.
Ortd autem Jame super terram , post
eant sterilitatem auœ acciderat in diebus
^braJàam , abiit isaac ad Abimelech re-
gtm Palœstinorum in Gerara.
Barre : Fermeture de porte ; d'où
barrementy action de fermer la porte;
de varra.
Le cheval qui soef le porte ,
Il s'en vint droit devant la porte ,
3i la trouva molt bien fermée ,
Que la barre ert tote coulée :
g liant il parla , si dit , o^ rez
rrant et point n'i demorez ;
Por-qoi m avez la porte close ?
Fahl. du Prestre et de la Dame, v. 3o.
Basse : Base , pied, commence'
ment Foyez Ovme.
Basseub, baissiellcj diminutifs de
BAS 37
bachdette : Jeune fille 9 servante.
Voyez Basasse.
Maroi ki fu bassele Maroie le Gervais
a le pain de l'hospital après le déciès ,
Maroie le Gervais , 1247.
Beg, de Vhnstel de ville , coué qq ,
fol, 35 ^«.
Waubers Baudane doit rendre as par-
tners 10 liv. deParisiSy après le déciés
Gyllain , ki f u se bassele por cely Gyl-
laiu ki rendu i est. Ce fu fait et encou-
^eucnt en Tan ia49*
/*iW.,/o/. 35, r^.
Basbea : Afiaiflser , eufoncer ; de
bassus*
Tuit ansi com l'en veit dcP oef
Li aubons enclost le mi-oef ,
Et enmi le mi-oef se basse.
Une coûte aussi com» de grasse^
Qui ae nule part ne se tient,
A la grasse ke la soustieut,
Ne ni touche de nule part.
Vlmage du Monde y Ms. de N, D, »* a,
fol. 55 , ^o col. I .
Basss : Évier , conduit , petit ca-
nal pratiqué dans une cuisine pour
récoulement des eaux ménagères.
Bassierb : Terrain 9 prairie , pro-
venant d^aUuvion : Pré, pâturage»
lieu bas et marécageux; à^bassus.
Les Esclie vin s firent assembler tous leurs
gens , officiers et subjets , arbalestriers ,
archiers et culievriniers avec aucuns fau-
cheurs, et allèrent à ^lande force faire fau-
cliier ladite bassière et prairie , et firent
emmener Therbe par batteaulx et naves >
craindant que le feu seigneur de Mont-
morency ne leur eust donné empesche-
meut.
Procès entre la dame d'Etcarpel et les
Eschevins de Douai, 1637 .
Bassut : Fleur jaune qui croit
dans les prés.
Basions (gros) : Gros canons.
£t quant auz deulx gros basions d^ar-
tillerie , marcliandez à luaistre Jacques
Chevalier , conclud a esté de n'en taire
que uog.
Reg, aux Consaux , ïo juin i556.
5
38 BAT
Bastoks ( joueurs de gros ) : Ca-
noniers de grosses pièces.
Aussi avoient envoyé à Valenchicnncs ,
etleur rcquist qu'ils volsissenticy envoyer
de leurs cauoniers , jusqu^au nombre de
trente ou quarante , dont ils ont envoyé
douze, dont les huit estoient/oiieur» de
gros basions,
Jieg, aux Consaux , ao aousty 1487*
Batage : Action d'écraser.
44 s* pour Pàkat de deux rasiéres d^o-
licte, pour Je batage de 80 liv. d'olle ;
por le ôatage de quarante los devin ; pour
racat de vingt livres de candeilles de
Luef , et pour akas d^oingnons.
Compte de Vhospilal S, Jean des Trouvés
de i332.
Batailler 5 bataillant, batailleur ,
bâtai lier eux , bateillereux ; au fém.
bataillere : Combattant, guerrier^
brave, vaillant, courageux; de ba-
tuere.
Dames sont le déduit des Princes ,
La reigle à tous bons Chevaliers ,
L'honneur et Testât des Provinces ,
L'espoir aux vaillants Bataillersf
LVnseignement des Séculiers ,
lia discipline de noblesse,
' Vergoigne à tous irréguliers,
Crainte à celui qui honneur blesse.
La Louenge des Dames, p, 392, stroph, 5.
Tant le fist forment someiller ,
De chevaliers âe terre nez ,
JBataillereux et forsenez.
Qui Jason voloient ocire.
Roman de la Jtose, parlant deMédêe,
Princesse des Cieulx glorieuse,
Bataillere victorieuse ,
Trésor de toute courtoisie.
Oraison à Nostre^Dàme , p. 294 ,
stroph. I.
Bataille», batailleir , bateillir ,
balUlier : Fortifier, élever des tours,
des relraiichc^inens , faire des cré-
neaux , des macliiconlis, des meur-
trières; muiiii*, garnir, avitaiUcr.
BAT
Batechausses pour bas de chaus'
ses : Bas.
A Jacques Busquet, drapier, poorli*
vraison de batechausses pour lesdits or-
phelins , i4i fr. 8 gros.
Compte de Vhôspital des Orpheîùu^
1646.
Bateicbe , batheiche : Ville sau
communauté , sans commune.
Car il ne convient pas , ne Pen ne doit
souffrir que li menus, ne li plus dotri
puissent despécier che que le ereignev
partie et li miex souffisans acorde, et ck
Î[ue nous avons de tiex establis qui scn
et pour commun des villes; entendoai
nous par villes batheiches hors de com-
munes : car les villes des communes ont
leurs Maires et leur Jurez , liquel sont es-
tablis pour la commune , et puevent pe^
dre et gaigner selon la franchise qniW
est donnée par les points de leur chartes.
Coust. de Beauwoisis , ch^ lY, p. 53.
Batevrb , bature : Rixe 9 q[uerelle
où Ton se bat.
Voirs est que se bature n'eust esté fët
pour deniers , mes en chaude mellée, si
comme contens muevent pour parole. Fa-
mande ne fust que de cinq sois seka
nostre coustume , ou de soixante sols le il
eust en le mellée fet sanc de poing gain,
mes pour che que chete bateure fulete
par mauvése cause fist li juges bienqn
tant en leva.
Coust, de Beauvoisis , ch, XXXTV, p. 178.
Batiavs , pluriel de bâtait: Bâtant
de cloche, son d^une cloche.
Ne parole de saint ou de sainte
Qu^elle est de telle corroie çainte,
S'ele va droit, maintenant cloche,
Que ele ot clocheter la cloche ,
Tjors voudroit bien qne li batiaus,
Et li coivres et li metans
Fussent encore tuit à refondre.
Hutebeufy Dit de la Paresse j Ms.,
7t®. y^i8 ,Jol. 3ii,
Batiges : Toile de lin très-fine.
Je donne à Pierre Goulois , mon fîUœol,
dcuzL aulnes de hatiges.
Testament du 9 juin i665.
l
03
BEU
Le cérémonial du sacre des roîs
de France , dressé par Tordre de
Louîs VII , porte qu'il sera porté
à l'offrande un pain , un baril de
vin 9 et treize besans d'or , qu > éloient
nommés bisontins; cette coutume
. fut encore observée sous Henri II ;
les bysantins qu'il présenta pesoient
environ un double ducat.
Le mot besant a été formé de
hyzantium , comme le prouvent tous
les titres où il est fait mention de
^ cette monnoie.
r Bescocier , bescochier ; Enlever
par surprise, escamoter. Les diables
se plaignant de ce que la Vierge
leur enlève toutes les âmes.
Uns juigeineiis nous fait si nues.
Et si sôQtieux et soir et main ,
Qu'entant com on tome la main ,
nos a une kme bescocie;
Jli ne Tarons si acrochie.
Ne prise k si présent forfSet
S'EUe le jagement en a fet,
Qne maintenant ne la nos toile.
Crautier de Coind, miracles de la
Vierge , liv. i , chap. 33.
BisoifGivFrnE : Travail, ouvrage,
affaire, embarras, besoin.
Dépose
Qu^ensemble ilz ont hante souvent ,
Avecques maînctes bourgeoisettes ,
Comme font marchand à marchand ,
Touchant leurs petites chosettes :
Et ont faict maînctes ôesongnettesy
Enqueste de CoquUlard, pag, 102.
• Bessi , au féminin bessie : En bas ,
penché; baissé.
Chascun li la teste bessie
M'a a celui qui mot en die.
Fabliau d'Estrubertj Vj 171 1.
BEUBANt, boubant : Banquet que
lliérilief donnoit aux parens et
amis d'un défunt, qui avoient assis-
té à ses funérailles. Cette coutume
crt eùcore en usage dans un grand
or:^
41
a
j :•-
« '
B I G 45
nombre de village de la France , et
particulièrement dans les Pays-Bas
François.
Je eslit me sépulture , en Téctise de
Monseigneur Saint- Vaast , à Brebières , au
plus prés que faire se porra , du lieu où
gissent defiuncts mes père et mère, et
veuix estre enterré sans que après soit
faict grand beubant.
Testament du 20 a\nril 14^5.
Beuvavdb , buvette : Action de
boire; lieu où l'on boit; petit vin
qu'on donne à boire aux valets; il
est fait avec de l'eau qu'on laisse
cuver sur le marc pressuré. Dans
le midi de la France, cette boisson
est nommé Piquette,
BEVAirr : Bu , qui est bu ; buveur,
ivrogne ; trop bes^antj excès de bois-
son. Voyez Emteimes.
Beve : Boue, ordure , souillure.
Tu es le fils Dxex haptoié ,
Par qui nos somes nectoié ,
DWaure, d'écume et de beve.
Testament de Jehan de Mekun.
BÈVBE : Loutre, castor, ^^er.
Il donne nne huppelande de peurpre
fourée de bèvres , à la confrarye des Clera
Parisiens , moyennant et parmj qu^ils
feront dire son service comme tenu y
sont. Testament du 22 mai 1439.
BiAUNE : La ville de Beaune . en
Bourgogne , département de to
Côte-d'Or.
Celé rivière que je di,
Est de vin vermeil jusqu'emmi ,
Du meilleur que l'en puist trover ,
En Biaune , ne delà la mer.
Fabliau de Coquaigne , vers 66.
BiBLOTSua : Ouvrier en os et en
ivoire.
BicQUBBAC : Bascule au moyen de
laquelle les brasseurs puisent l'eau,
dont ils ont besoin.
Bauduin de Vermeille, héritier de la
brasserie des Sarrasins , demande k establir
un Bicquebac ^ devant Théritage Jehan
4o BEL
Le béguin des petits enfans a été
ainsi nommé des religieuses bégui-
nes, qui eu amenèrent Tusage.
Beèour 9 behourdl : Le premier
dimanche de carême. Dans quel-
ques provinces du nord 9 les enfans
briMoient un morceau de corde for-
tement eiupreinle de goudron qu'ils
nommoient behour et bour. Voyez
CoULIxNE.
' Beivre : subst. 9 Boisson ; et verbe.
Boire 9 se désaltérer ; bibere,
£ quand vus eu ccst solas serez,
Lr beivre ai dune desportez,
£ lèssez les autres a covenir
De beivre quant lur vient k plcisir.
Enseignemeiis d^Aristote , par Pierre
de P^emonf fol, 180, t^", col. 2.
Humeine cors devez saver]
ICest vesscl de beivre è mangier.
Ibid, , Jbl, 188 , r» , col. i.
Belenée : Charge du belleneau,
ou tombereau.
A Regnault Lewerin pour septante six
helemes de Savcion de Lalain à lui acaté
pour ouvrages que ont fait à le forteresse
de le ville, oit pris de 6 s. lebeletiéef sont
32 liv. 16 s.
Compte de la ville de Douai, de i4a5.
Belléatït : Bethléem 9 bourgade
de la Judée 9 en la province de Ga-
lilée.
Très doux Fiex , ensi vraiment^
Qui naquistes en Belléant,
£n guise de petit enfant.
Des tlans a la vierge Marie.
Fabliau de la Cort de Paradis , v. 494*
, Bellei^eau 9 belneau , benneau :
Tombereau.
A Andrieu Defossez , belneur , pour le
voiture de treize b(^lneaux de moilions pris
€3 Hailettes et menez au pont au Cherf à
douze deniers le belleneau.
Compte de la ville de Douai, de i535-
BcLLENEUR 9 beltieur y benneleur :
Propriétaire ou conducteur d'un
toiiû)ercau. Voyez Nteua,
BEL
Et pour faciliter le transport des im-
mondices et oster àuxdils démllans toutes
excuses, nous défendons à tous bemieUm
de s^appliquer Icsdits deux jours k autrs
travail qu^a celui de ladite répurgation.
Auxquels benne leurs nous défendons se»
biablement de descharger leurs benneaux
sur les rues voisines ou escartées que Fou
appelle les verdes rues.
Ordonnances politiques^ à la suite de k
Coustume de Douai. Édit. in ^ 12, pa§.
a4 et 25.
BELLOGE9 belloche, beloce : Petili,
prune sauvage. Au figuré, chote
peu de valeur. Daus le Berry, y
Lyonnois, la Dombes, la Puittqrer,
le Aiorvan etc. 9 on dit d*un (vA
mou qu'il est beloce, D'oii bellochiff,
bellocier , bellossier, blochier^Uoh,
sier, pelossier 9 plossier, prunier sao- 1
vage qui vient dans les haies et doit
le fruit est fort aigre.
Il afîert bien que Pen présent
De fruit noveiunbel présenty
En toailles ou en paniers.
De ce ne soyez jk laniers.
Pomes, poires, noiz ou cerises,
Cormes, prunes, frézes, merises,
Cbastaingnei, coinz, figues, vinctoi
Pesches, parmains, ou alietes,
Nèfles entées, ou framboises^
Beloces d^Avesnes, jorroises,
Roisins nouviax ior envoyés,
£t des mores fresches aies.
Roman de la Rose, v. 8S99.
Belioi 9 ^e//oj^_, besloi, besloy: loi
contraire, injuste, qui s'oppose au
bon droit; chose contre la loi) ou
déifendue par la loi.
Si les mauves ne congioient,
Jà li bon durer ne pourroient.
Se clie n^ert, fors des Sarrazins,
D^Aubejois, et de Barbanns,
Et de genz de mauvèse loi ,
Qui nous metroient à besloi,
Ordene de Clievalerie, versli^l^
Toute leur huevre tieng à foie.
Vers tricherie se retrait ;
Il prennent de de us pars le plait.
h
V £
I-.-3
^
BRA
Povrement vivent escolier,
Us ont plus peine que colier;
Mesaises ont à granz bradées ^
Por ce ont les faces effaciëes.
Miracle de Sainte Léocade , i/. 1 1
Baagb, bracel, bracelet, hracet,
hrachel, brochet, brochez x brachis,
bracon, broquet , briquet : Petit de
toute espèce de bête; sorte de chien
de chasse , dont Tespèce étoit^ fort
estimée. Du grec brochys ou peut*
être des langues du nord.
Les glossateurs se sont trompés
en expliquant ces mots par bosstt,
chien de ehasse qui a les pieds courts ,
et dont la race est excellente pour
la chasse du blaireau, du renard et
du lapin , animaux de terrier. Ces
mots ne peuvent désigner que le
bracque y chien couchant , ordi-
nairement dé couleur blanche , et
quelquefois tacheté de noir et de
Kiuve, dont la race originaire d'Es-
pagne 9 est justementrenomméepar
sa quête et son odorat. De braque ^^
on a fait braconnier , homme qui
fait lever le gîbiier à la différence du
chasseur qui le poursuit; il est en^
homme , ce que les braques sont en
chiens.
Rois, futp-il , un Damoîsiaa« fu
Qui , par noblesce et par vertu ,.
Deut bien estre apelé Creintis ;.
Moult souvent estoit enlentis
Dealer en bois et en rivière ,
Moult estoit de bone manière ,
Moult avoit hraches et lévriers ».
Et venêor et braconniers;
Itoman de Dolàpaihos,
B&AGH9 broie: Le.btas;brachium^
Voyez Fagteua.
A ce mot par le braic le tire ,
Et dist denait plus vous consenc;.
La main froide et roide li senc >
Et qant il nH sent point d^alaine ,
Par Diu, dist-ii , or me croist paine.
' Fabliau de la Longue Nuit , v, 948.
B R A si
Bbai» broy : Boue, fange; grain
germé et mouillé avec lequel on fait
la bierre.
Branle : Doute » incertitude.
Branlee : Être incertain , sans dé*
termination fixe; fléchir , hésiter.
Beanslb : Sorte de danse.
Braseebch. ( moliia ] : Moulin au
bray.
Je laisse k ma dicte fille un nmis do
bray sur It-D^ollin braserech.
Testament de Van i43i. Après Pasques,
Brassin : Ce qui se £aiit de bièrt
à la fois.
Brassw : Boisson fermentée, laite
avec du son. Voye:^ Fourniel.
Dix liuict deniers pour deux coupes de
tercbeul pour faire brassin,
. Compte de Phéspital des Wez de i35o.
Brav : Boue 9 ordure.
Wai k ti , Li onques tu soies , ki vnels
repairier al bran, et retorneir k ce ke tK
as vomit.
iSeniioTM de S. Bernard , Jol» 55*
F'œ tibi qui cumque es , qui délibéras
mdire ad iutum , reuertiaét vomitum.
Geste main terdet mon ojl ki.covess
est del brau , ke sole est sans poussière.
Mêmes Senmoits y fol, 34*
Hœc manus opertum loto dttergat ocui^
bon quœ sota sine pul^ere esê^
Braxe : Rayon de nûeL
Mais maint gent s« desplaignent par
aventure , de «eu Viï tèremeiit sentent
ceste dëleitaule affection y. et que plus est
douce ke miez et Bruxé:
Sermons de S\. Bernard ,foh, 1 3 r *
Sed causantur-mukifbrtasse, quod af^
fectum hune, deleciaoUem et diUciorûm
super mel et favum , rarus experiantur.
Brazrelke r Brassée , ce- ^*en
Eeut prendre ou porter enlire lei^
ras; de bmchium.
5
4«
BES
mi, nom propre d*homme; Bartho-
lomœus.
Seigneur Henri di mon afaire ,
Et Âdan son fil , puis repaire ,
Si pren congi^ à jBeriremieu,
Li Cotigié Baude Fastoul d^Aras \
vers 474'
Donne k Paris le mardi après le festc
de saint Bertermil, 1296.
Lettres de Philippe , roi de France.
BÈs : deux fois; de dis; d*où,
6esas : Deux, deux unités ; besace^
dissac ; de bis saccus ; Besson :
jumeaux ; de bis homo ; Bési^
des : lunettes; de bis oculu^ei Bé-
siclier : opticien , marchand et fa-
bricant de lunettes ; Besogne et Gui-
sarme : Hache à deux tranchants ;
de b\s acuta et bis arma; Bigorne :
enclume à deux cornes ; Bicor-
nis : etc.
Besan, besant, bezant : Nom gé-
néral donné à toutes les pièces d*or.
Monnoie d'or des empereurs de
Coustantiuople , valant dix sols ;
chacun de ces sols pesant une dra-
gme, sept grains, 5^ puisquUl y en
avoit cinquante-huit dans un marc ,
et qui paroît avoir ainsi été nom-
mée de ce qu'elle commença d'avoir
cours dans la ville de Bysance.
D'Herbelot, Bibliothèque Orien-
tale ^ dérive le mot besant de l'a-
rabe beizatzer y œuf d'or ; il prétend
que les Sarrazins appeloicnt ainsi
une monnoye de Perse qui avoit
cette forme , et à laquelle ils don-
nèrent cours dans l'Asie. D'autres
Orientalistes prétendent que besant
a été formé de l'arabe béidhah ,
blanc, que les Turks et les Persans
prononcent ^etza^ bizan.
Le besant valant dix gros tournois
ou dix sols du xiii* siècle ^ vaudroit
B£ S
maintenant 81. i() s. 9 d. f^rfl eo
mettant le gros tournois à onze de-
niers , douze grains de loi. Mais si
l'on met ce gros tournois à deax
deniers dix-huit grains de loi , afin
que cet argent cadre avec l'orda
besant, lequel or mis à aS karats \i
le gros tournois représenteroit une
valeur de 18 s. o den. et fffay^^lo
besant ou dix gros tournois, une
valeur de 9 liv. o s. 7 den.-j^.
Depu is 1 a '26 j usqu'en 1 5o8 , 1'
geut parott avoir été au titre de 1 1 dL
12 gr. , et jusqu'en laSS, le man
d'argent à ce titre, a valu 548. 7 d.
Le marc d'or, à a3 j| karats, valoit
36 liv. 19 s. 7 den. Dans cette sup*
position l'or fut à l'argent coauM
1 est à i3 ^ , de façon qu'il faM
alors i5 ^jï onces d'argent pour ae*
quérir une once d'or.
Cette monnoie avoit cours ei
France , soit que les croisades et b
commerce d'Orient l'eussent lé-
pandue , soit , comme le dit Lb-
blanc , ( Traité des monnoies à
France , page 171.) que ce fût*
nom général donné par le peupkl
toutes les pièces d'or , quoiqu'il
eut des besans d'argent.
Les besans étoient à'ormier , c'est-
à -dire, d'or pur et sans alliage»
aurummerum; il y en avoit aussi d
aident.
Li prinches Hues respondî ,
Puisque vous m'avez le giu parti,
Je prenderai dont le raiemore ,
Se j^ai de auoi jeL^ puisse rendre.
O'il , chc 11 a dist li Rois ,
Cent mil besans me conterois.
Ha , Sire , ataindrc nH porroie
Se toute ma terre vendoie v«nr5o»
Si vous donrai trestout sans chile
De bons ôesans chitmuRntemue..v,V^
Car en mon trésor seront pris
Les trèze mil besans d'ormier»
Lors a dit à sou Irësoricr
BRO
Bbiesmâes, brimât s , hriseniars :
Sorte de bierre forte.
Bbieveteau , brivetel : Petit re-
gistre , rôle des impositions. ■
On fait le ban que nus ne soit fi hardis,
hom ne feYne ki soit encontre les con-
nestables 11 reçoivent les deniers des
bricifeteaux,
9
Jle^, aux bans et Edits du ziu*. siècle ,
fol. lo, F'*.
Bbicuavdebie , bringuaderie : Bri-
gandage, ravage; action de piller,
de voler.
Icelie forest estoit horriblement fertile
et copieuse en mousches bovines et ires-
Ions .; de sorte que c^estoit une vraie en-
guanderie pour lespaovres juments, asnes
et cbevaulx.
Rabelais , /iV. / , ch, XVII.
Beingâvd : Homme adonné au
crime.
Puis ces bringans,iSLUrinws, larrons de
bois,
Amys de mort ,'et serh djabdlîques.
Par accident font mains cruels espion ,
Lesquelz j'appreuve et tiens pour aucten-
tiques.
Pierre Michault, La Danc9 aux
Aveugles y p. 'j^,
Bbis£e : Action de rompre des
branches pour reconnoître en
chasse , les voies de la béte.
Bbisié : Annulé.
Et ki onques qiierroit art ne engien par
quoi aucuns de ces bans fust brisiés , il
seroik k ce meisme forfait. ( 5o liv. )
Ban de la Draperie de Douai. 1247*
Bhivez (à) : Sur-le-champ^ promp*
tement ; breviteré
A son Seignor en vient tantost
Sor la rive Penmaine test ,
Et li escrins tous à brivez
Droit k ses pies est arrivez..
Gautier de Coinsi ^ liv» II, cfi. ii.
■ Bboc : Ghantepleure , robinet ,
vaisseau de bois pour tirer à boire.
Brocbon : Bec dé pot ou d'ai-
guière*
BEO 55
Bboissiit : Sorte de petit chande-
lier fort bas ; sorte de bougeoir.
La t«bie sist for deus cx>ussius ,
De&or la table pt deus broissine
Où il avoit cierges aargent,
Molt estoient bel et gent.
Fabl, du Prestre et de la Dame , v. g^*
Bboke : Espèce de poignard en
forme de poinçon, f^oyez, Ameube.
Bbooiz, biiiz : Brûlé, grillé , rotî.
Bboqvetevb 9 brocqueteur : Mar-
chand de vin en détail, au broc.
Bbou , broiix : Espèce de seau de
forme conique, cerclé de cuivre et
garni d*un bec de même métal. On
s*en servoit dans les couvens, les
collèges et les séminaires , pour aller
chercher de la bierre à la cave.
Bboub : Boue des rues. /^. Bbau.
Bbouillib, brouillazj brueillas:
Brouillard, vapeur.
Pierre chiéent , feu greiois vole ,
Que cil des crcsniaus aler lessent,
Trez et chevrons par terre bessent ,
Plustost que tempestc ne foudre
Serjans muèrent , li airs s'empoudre
Com p&T -brueillas et par nieie.
Guillaume Guiart, Royaux ligtiages^
p. iSy , coL a.
- Bbouilé : Gâté , sali , taché.
Le très vaillant et grand Pompëe
Ung matin qu'il sacrifia ,
Ot sa robe de sang broullée ^
Lors une aultre querre envoya
Devers sa femme Julia ,
Laquelle ot tel paour et tel crainte
Pour son mari morut ensainte.
P, Bouton y le Miroir des dames ,
;>. 197.
Bbo^etieb, brouettier : Homme
ui conduit et se sert de brouette ;.
e rotâ,
Ghirographus de quittatione winagii
des coliers et des browetiert*
C'est un acte du mois de novem-
bre 143^9 P^r lequel l'abbé de
S» Amand en Fevele » au moy eo
4
1
56 BUI
de soixante arlîsîens de rente an-
nuelle, exempte de tout vinage,
ceux qui passent chargés de mar-
chandises, ou qui les portent à
brouettes.
Brvànt : Hanneton.
Bbuilib, subst. : Chaleur.
Et tu les as fait parengals k nous am
avons porté le charge du jour et du hruiÙr,
Bible , Matthieu, chap, XX, u, 12,
Et pçres illos fecisti qui porlavimut ,
pondus dioei et œtus.
BfivirrT : Bruni. Niccft dérive Pad-
]tc\\fbrun , du latin umbra. D'autres
étymologistes , de Tallemand hraun
et de ritalien bruno. Turpîn , dans
la Vie de Chariemagne , dit : ErcU
Carolus capillishrunîsjfacierubens.
Et pour che donna à Péglise ung image
de Nostre-Dame , doré de fin or, brunijr
pour mettre et assir audit portail par
dehors sur une remprese qui y est.
Testament du \^ avril i45o.
Brittif : Brutal , dur, mal élevé.
Comme joyr ? Tu m^as fait plus d^estrif
Et plus d'^anuy qu^on nefitoncq à ame.
Se ray prise pour respondre k ce pas
As assouvie mon bon siéee électif
Tant plain de ios le corps de ceste Dame.
d*. Complainte de Charrolois , p, 147.
Ba^uTNÀAT : Bierre très-brune.
Bue : Bouc , le mâle de la chèvre.
Aimas si est piere ital ' .
Kele est cière cum cristal ; .
Par fer , ne par fou n'iert oyrée ,
8er sanc der bue chiald n^est temprëe.
Marbodus de Gemmis , part. i.
BncHEB ybuquer: Frapper, battre,
enfoncer.
BuEN : Plaisir , volonté , désir.
Bush , bueur : Ouvrier qui lave le
linge; au féminin buresse, blanchis-
seuse, lavandière. Voyez Plitelet.
BuGHoif , buignon : Yase , plat ;
f;ros morceaux.de viande.
• Buisom» f bmssonez : Buisson ; de
BUZ
bustum. D'autreflledérlventdeiuoEre-
tum.
Il habite en la région
Où court le fleuve Enfrates ,
Quant sei la prent si cortades
A cel flueve , deP eve beit.
Ouant bea a , si cort tôt dreit
Ilec prés à vm luisonei.
Si espés com un roncerei ;
lik sont ii rainsel si mena.
Si bel , si espés et si dru ,
Où la teste se vait frptant.
Settmire , parlant de la beste j^phulot»
Mussiez est danz les buissode»
Por faire lui à son brait venir
Tant que pris et le puist tenir.
Roman de ia Roee,
BuissB , buse : Chaudière pour
faire la bierre. V. Febieux et His-
QCIEBS GhiLOIIES.
BvLETiif : Mot d^ordre, mot du
guet.
BuLLETB : Ornement que les fem-
mes portoient au col.
BuLTOiBB ( moulin ) : Machine &
blutter la farine* Voyez Méet.
BuBELCEB : Fol, insensé 9 extra-
vagant.
De tout le mont est avillies
Lne's qn^un petit est përitiîes;
Cbascun le lait, nos n'en a cnre ,
Chascun le tient pour burelure,
Gautier de 'Coinsi ,Jol, ai5 , eoi. 3.
BusoQVEB : S'amuser , jouer.
BvsQUE , buifue : Tout petit corfê
étranger qui s'attache au draps.
Bute : Yase en forme d'aiguière,
destiné aux sacriGces des anciens ;
on y renfermoit aussi les cendres
des grands hommes.
BuzB : Trompette, instrument df
musique, buccina*
Plus prins de joye aux argentines buaei
Des pastoureaux , et doulces cornemuses,
Oyant les ungz chanter, aultres fluter ,
Les ungz dancer , et les aultres lucter 1
Que se je feusse en mer sur les arènes p
Pour escouter les doulx chantz des sereinef»
Poésies de Cuill. Crétin , i56.
BEU B I C 45
imoDial du sacre des rois nombre de village de Id France 9 et
i 9 dressé par Tordre de particulîèfement dans les Pays-Bas
l , porte qu'il sera porté François.
le un pain , un baril de Je eslit me sépulture , en l'ë^rise de
Ize besans d'or , qu i étoient Monseigneur Saint-Vaast , à Brebières , au
hysantins; cette coutume P^"* prèa que faire se porra, du lieu où
^ observée sous Henri II; S^^^^"^* deruncts mes père et mère, et
... , ^ , l veulx estre enterre sans qu& après soit
ms qu'il présenta pesoient faict grand *««*«««.
n double ducat. Testament du ao avril i4a5.
)t besant a été formé de Beuvande 9 buvette : Action de
i y comme le prouvent tous boire ; lieu où Ton boit ; petit vin
où il est fait mention de qu'on donne à boire aux valets; il
moie. est fait avec de l'eau qu'on laisse
.EE 9 bescochier ; Enlever ^"^^5,.^ î^ ^""'^ P'^^f?^!* ?^"*
se, escamoter. Les diables *^"*^^* de la Frauce, cette boisson
înt de ce que la Vierge est nommé Piquette.
^e toutes les âmes. . Bevant:B«» qui wt bu; buveur,
ivrogne ; trop btvant^ excès de bois-
;eraens nous fait si nues , • ^^^ Voyez £mtE1MES.
utieux et soir et main , "^
nt com on tome la main , Beve : Bocie, ordure 5 souiBure.
ne âme hescocie ; Tu es le fils Dicx baptoië,
rons SI acrochie. Pg^ g^j ^^^ somes nectoié ,
î a si présent forfel D'ordure, d'écume et de h€ve.
\ I°8«™e"t e« a f«* j .. Testament de Jehan de Mekun.
intenaot ne la nos toile.
(er de Comci, miracle, de U ««VUE : LoutrC, çastor,/*«r.
ierge , îiy. i , chap. Sa. Il donne une huppelande de peurpre
WFTTF • TrivAÎl nnvrA^p Gourée de bèvres , à la confrarye des Clers
NETTE . lravail9 ouvrage, parisiens ^ moyennant et parmy qu'ils
mnarraS) Desoin* feront dire son service comme tenu y
sont. TettamêHl du aa mai 14^9.
mbleilz ont hanté souvent, BiAUNE : La vilfe de Beaune, en
irr/cwErnd, ;»«••««§«« » département de U
nt leurs petites chosettes : Cote^d Or.
aict mainctes èesongnettes, Celé riviéra que je di,
ueste de Coquillard, pag. 102. Est de vin vermeil jusqu'emmi,
rf. , . . , • T. i_ Du meilleur que l'en puist trover,
m fémmm bessie ; En bas , En Biaune , ne delà la mer.
Fabliau de Coquaigne , vers 66.
BuLOTBUA : Ouvrier en os et en
ivoire.
baissé.
1 ë la teste bessie
lui qui mot en die.
Fabliaud'Estruben,v, in\i, *^^^'^''' « 1 ^ a^
^ BiCQinsiAG : Bascule au moyen de
r9 boubant : Banquet que laquelle les brasseurs puisent l'eau,
donnoit aux parens et jont ils ont besoin.
I défunt, qui avoient assis- Bauduin de Vermeille, héritier de U
unérailles. Cette coutume brasserie des Sarrasins , demaade k estabUr
3 en usage dans un grand un Biofuebuc » deyuit l'héritage Jebaa
i
40 BIÈ
Dugardin> au lez vers oa sur le puisot
iPcau et plancquiet tenant auprès du pont
du croquet , eu le pjache à Deuvieul.
Refi;istre aux mémoires y Jol, 108,
3o aoust 1507.
BinoKNEB : Marnioter, murmurer,
parler entre ses dents.
Bief, Hel , bicz : Étang , réser-
voir, pour contenir Teau destinée
à faire tourner un moulin.
BiENCELER, adj. : Discret, caché,
etsubt. discrétion.
BieJiceler, bien soyez yenus ,
Chapellain du manoir d^amours...
Connteor au Dieu d'amours ,
Et k Vénus sa doulce mère
Et k tous les vrays seryitours
Qui ont leur acointance obère ;
Et à yous , bienceler^ biau père ;
Car moy dolente pécheresse ,
Ay péché en mainte manière ,
Ck>ntre amours , dont je me confesse.
Confession de la Belle fiUe , pag. ^47
et 267.
BiENFÂiTUBE : Bonne construction.
Quand li Cheyalier entrez fud
En la sale , si s'arestud j
Resgardé a la bienjaiture ,
De la sale et la pourtraiturc.
Marie dp France , Purgatoire de
saint Patrice,
BiÈQUE , biesque : Brochet. Voyez
ESSEU.
BiER, her : Homme en général 9
fort , vaillant, courageux; de vir.
Seigneurs , entendez la raisun :
Un Seint Hum fud , Patriz out nun 9
Mult fud religius è Ber
Pur la parole Deu mustrer.
Purgatoire de S. Patrice, v. 102.
Lors s'en ert issus après cestes choses un
Biersde la maisoun Leyi, etferoe prise de
sa lignée ; laquele conçeu et enfaunta un
fils et yoiaunt lui ayenant,le muscea par
trois çiois.
Bible, Exode ,ch. "SI ,w. i.
Egressus est post hœc vir de domo Lewi ,
et accepit uxorem stirpis suœ; quœ con-
cèpit , et peperit filium : et viaens eum
elegantem , abseondit tribus mensibus.
II]
..$^
<L&
I
VL
:j
BLA
BiKRRE : Nom générique de toatei
sortes de bierres, dites boires bmûl'
lis, qui étolent la goudale, le han-
bours , le houppes , le briseman, h
quieute, la cervoise et le haque-
bart. On mettoit aussi au nomlm
des boires bouillis ^ la bierre fiât
avec le jus de cerises.
BiESTEs : Troupeaux de touto
espèces.
BiEVRE : Sorte d*oîseau de nyière,
de la grosseur d*un canard et d^i ^
goût détestable. Voy, BkvRE.
BiEz : Espèce de glayeul. Herk
de marais dont on couvre les mai-
sons de village, les granges, etc.
Pour 200 couvertures de hiés.
Compte de Vhospiud des Wez, de i35»
Bigorne, bigourne : Enclnmel
double corne; bicornis. Mot à dou-
ble entente, chiffre, langage fti|&
comme Targot. Les voleurs diseiit)
rouscailler bigorne , pour païkr
sans se faire entendre. Dans le piji
d^Aunis, ces mots désignent m
phantôme , une lamie imaginaiie
dont les femmes épouvanteat kl
petits enfants.
BiGOTER : Irriter, harasser, fiil^
gucr; faire enrager, pester, mcttn
en colère.
BiLA]!9 , bilant : Paresseux, ma*
sard, lent; de bis lentus.
Bis : Étoffe de lin ; de byssus.
BissESTRE : Année bissestile. Foy*
Râlendier.
Blan ou blanc ( nomnker au] : 1
Expression fort commune dans les |
titres anciens et qui sîgnifioit, nonh
mer au contrat, Jaire mention dm
l'acte. Ou sait que les noms de
saints, les listes de juges, de mem-
bres d'une corporation , s'écrivoieot
sur de longues tables ou sur des
GAM
De la qpaelle somme fait k dëdaire pour
les advestures et refroissis des douze ra-
sières que Je dit censier poott refroissier ,
suivant radvaluation et calculement fait
par lesdicts' laboureurs au marcq la liTre,
73 liv. 2 s.
Sentence du Zojuin 144^*
Càlcuv, lisez c'alcun : Quelque 9
que aucun.
Et je Guidai que Traiemeut
C^alcuDS Jaïans prés de moi fust,
Quaut je les Tis pendus au fust ,
Que aussi pendre me déust.
JRom. de Dolopathos,
Caldb-Soris, cade-soris, coude-
soris^ chaude-sons : Chauve-souris.
CiLÉFiEMENt : Désignation, pro-*
priété, nature, qualification, ce
qui est décrit ; de gualitas.
Càléfiéb : Désigner, qualifier.
GàLissE : Calice, vase à boire ;
caUx.
C'est assavoir sept calisses de plusieurs
fichons et chinq louches à ce serrans ,
pesansau marcq de Paris , quatorze mars ,
trois onches et demi d'argent , portant au
marcq de Douai , six onches pour le
marcq , dix-neuf mars et onche et demie.
Inventaire de l'église de Nostre Dame
de 1421*
Calvaibb. : Représentation d'un
Jésus en croix placée sur les che-
mins aux lieux où il est arrivé quel-
que événement tragique; sommet
d'une montagne où il ne croit rien ;
(:alvarius.
Cambage 4 cambe : Droit que
payoient au seigneur les brasseurs
de bierre. Suivant l'art. 4«'> ^^ ^^
Qoustunie de Boulenois : Brasserie,
lieu où se fait la bierre ; de camuni,
Ay encore droict en la ville de Wissant
(le y prendre et lever tous les affouages et
l^reuvages qui se vendent ^ et aussi droit
de cambage qui est de tous les brassius
ciui y sont brassez entre Noël et le Chan-
aelier, je dois avoir de chascun deux lots,
C AM
59
et après le Chandelier jusqu'au Noël , dt
chascun brassin deux lots et demi.
jit/eu rendu au Roi en i5ai par Jacques
de Luxembourg, seigneur de Piennes,
Cambe : Sorte de bierre; et com-
pter .- Brasseur.
Nus ne puet faire cambe ^ ne brasser
chervoise , ne gondale sans le congié dou
Seigneur. Cartulaire de Corbie,
Cambebieb : Domestique, valet de
chambre ; de cornera,
Cambebière : Chambiëre, femme
de chambre, suivante.
Cambbe : Botte à feu ; de caméra.
A la paix avec la Hollande , publiée le
16 mai 1648 y il y enst procession lan-
ternes au beffroy , deux volées de canon
et une volcc de cambres.
Reg. aux Mémoires de la ville de Douai,
Camelin, cameîine : Sorte d'étoffe
de couleur brune faite de poil de
chameau. Les manufactures d'A-
miens et de Cambray au xiii' siècle,
étoîent fort renommées pour la fa-
brication de cette étoffe que por-
toient les gens riches ; camelina
formé de camelus,
Mestre Robert , salve votre grâce , je ne
foiz mie à blasmcr se je me vest de vert
et de vairy car cest abit me lessa mon
père et ma mère ; mes vous faistes à blas-
mer, car vous estes fils de vilain et de
vilaine et avez lessie' l'abit vostre père et
vostre mère , et estes vestu de plus riche
camelin que le Roy n'est.
Joinpille , Histoire de Saint Louis.
Tantost Astenance-Contrainte
Vest une robe cameîine ,
Et s'atorne comme béguine ,
Et ot d'ung large cuevrechief ,
Et d'ung blanc drap covert le chief.
Roman de la Rose ,v. I3a49*
Du bout des dois le morsel touche
Qu^el devra moiliier en la sauce
Soit yert , ou camelin , ou jaucfe.
Roman de la Rose , v, i362o.
6o
CAN
CmhnB : Sorte de fil propre au
tissage ; de ccumabum.
Gàmioii : Tombereau à trois roues.
Il fut conclud en toute diligence de
tliîrer les terres de la douve joindant le
bolevercq de la porte d'Arras par hottes
et camions.
Registre aux Consaux de la ville de
Douai, li janvier i557.
Gandaille , candeille, candoile :
Chandelle 9 bougie y flambeau ; can-
dela. Voyez Batàge et Embaunquiez.
Li Ostes lu grand paor ayoît
Monta ^ramis d^nne candoile
Por esgarder le grand mervoile
Dont u formant se desconforte ;
Por chou le candoile avuec porte ,
Connoist le Prestre sens demeure.
Fabliau de la Longue nuit , u. 865 et 868.
Mais dolans sui ke n^i voi goûte ;
Debait ait ki estaint la candele!
En haut crie , ses gens esyelle ,
Et alumer tantost commande.
Même fabliau, v, io65.
Quatorze deniers pour deux livres de
candailles de sui.
Compte de Vkospital des Wez de i35o.
Càndeleb 9 candelor , chandeUr ,
chandelier : Fête de la Chandeleur.
ïToy. Cambàge.
Ban des goudales et cervoises , Pan ia53 ,
le demerqucs devant le Candeur,
Candelee : Chandelier , flam-
beau; à.e canddabrunu
Dit iceilny avoir c|uatre plas d^estaîn ,
quatre escuelles , trois pots , cinq candc'
êers, ung drecboir et quarante annes de
toille.
Testament du darrain aoust i48o.
Càrderliee : Fabriquant et mar-
chand de chandelles. Voyez Mils.
Càhei. : Gouttière 9 canal , lit de
rivière ; canaUs.
Sera tenu ledit héritage vendu , souf-
frir
canel
Andrieu
CAN
Càvehe : Chanvre ; cannabum.
Voyez FiLEn.
C'est assavoir ke les tiretaines aient dem
ânes de largece en ros et se facent faire
Tes train de lin u de canene^ et le traime
facent faire de laine.
San de tiretaines de i253.
C1.F6E : Change, banque » bonne
d*une ville; cambium.
Vente d'une maison.. .. en le grait
rue Saint Pierre , tenante k le maiseii di
canee et par derrière à le mjelle dei
Juifs. 1299.
Cangeur, cangières : Changeur,
banquier 9 agent de change; cam«
èiator.
On fait le ban ke il ne soit nus si kir-
dis ke il aboute hom ne feme k cm ilr
doive a cangeur de nul denier si li eta^
gières ne les content erraument tous ta
( secs ) et ki onques les i abouteroit et
aultre manière , il seroit k 5o liv. et baitf
de le vile , et li cangières ki les deoioi
averoit en convent a rendre s'il ne lei
contoit et paoit erraument , il serait à
5o liv. et bannis de le vile.
Ban des Eschevins de Douai d€
mois d'auril ia47*
Canjâkt : Sorte de camelot , moiré
Voyez Acquêt.
Canqite j canques , quanqne : Tout
ce que, ce que , autant que y quelque
chose que ; tantum quantum.
Pren à Paumaire canke il convient k
escrivain.
Rom. du S, Graal,fol, 4*
Tousjours les ai trouvés en voie
De faire canques lor prooie ,
A lor bien estoie partant.
Li Congié Baude Fastoul i^Amu , f. (^\*
Cavlàks : Chaland , pratique j
acheteur. Voyez Teueve.
Canne : Mesure de liquides, oûa*
tenant un lot et demi; de canon^
Lundi I*' janvier 1601 , présenté toew»
fois dix cannes k M" les dooie oapttaÎB^
CAP
es compagnies bourgeoises et au procu-
Bor général de la ville pour leur bon tra-
ail qui font à chacun d'eulx quinze lots
e viu à quarante sols. Le lot qui fait le
ombre de 195 lots , porte S^o liv.
7ompte du domaine de la ville de Douai
de 1600 ^ i6oi.
Cànhéb : Mesure de superâcîe.
Le Seignor doit avoir fait faire le champ
ie quarante cannées de careure et bien
fgalé, et clos de fesse, et de palus qui
K>it entour passe et lassé de cordes,
à que aucun des chevaus ne porte son
^gnor hors du champ , ou qu'il n'en soit
[^e , tant que pais en soit faite.
Assises de Jérusalem , ch, CJSL , p. 8a.
Cahoire , canone : Chanoine ; co-
nonicus. Yoyez Masvai.
11 n espargnoit ne clerc ne moine.
Rendus , hermite , ne eanoine ,
Et les nonnains et les converses,
Com plus ëtent à Din aherses.
Le chevalier au Barizel, v. 3a.
Cars : La campagne , les champs;
tampi : Chant, action de chanter;
hantus.
Si que souvent gisoit as cans ;
En lui n'avoit ne ris , ne cans ,
Mais moût grant ire et grant anui.
Le chevalier au Barizel, v, 58^.
Che dist Tespée k deus trenchans,
k Chil qui me chaint soit justisans,
I De deus pars , chest qu'il garantise
i Chaos qui font au moustier les cans,
f Et chaus qui labourent as cans.
^ L'espée dit : chest ma justise
k Garder les ders de Sainte Glise ,
: Et chaus par qui viande est quise ,
Dont li siècles est garissans.
L'espée dist k tort m'a prise ,
Qui moi et mon mestier mesprise
Et des méfiais n'est adrechant.
Roman de Charité, stroph, 4o*
Capifol , capifou : Sorte de jeu
' à-peu-près seniblable à celui de la
main chaude. Le patient a les yeux
: bandés, on le frappe sur toutes les
^ parties du corps , et il doit deviner
i qui Ta frappé.
CAR
(il
O Crëàteur et Père ,
Las I t'ont-il point Ué
Te faisant vitupère ,
Par la face bandé.
J'ay en six-vingt coltfes
Rudement sur mon col ,
La face et main bandées
Jouant au capifol»
Cantique sur la Passion,
Capom j capon : Chapon , povdet
châtré.
Le capom là est cuis en rost
Li aporte , et cil se rehaite ,
Et quant la tarte est dou feu traite ,
Devant lui en met la moitié'.
Fabliau de la Longue Nuit , v, ia4.
Capovbi : Ce mot que je n*ai ren-
contré que dans le Congé de Boude
Fastout d'ArrcLs , y. ma , parott de-
voir signifier, marque, miite, reste ,
trace de maladie; d'autant phis que
l'auteur est obligé de quitter sa ville
natale, par suite d'un mal qui pa-
rott être la lèpre , et qu'il dit avoir
gagné à la suite d'un tournois.
Li maus que j'ai lonc-tans no un
Dont se paie le capouri,
M'ensegne à devenir sauvages.
Capteil : Chapiteau ; de capui.
Voyez OuwiE.
C APvaiiBssB : Religieuse de Tordre
des Capucines.
Caa : Char, chariot. Un titre de
l'église coUégiale de S. Amé à Douai
de l'an 1080, rend en langue Ro-
mane le latin , Arnulphus dictas
curru deportatus; par Amould, dict
Porte- à 'Car. Il parle d'Amould-
le- Jeune , comte de Flandre, qui,
trop jeune encore pour monter à
cheval, fut conduit en chariot par
Arnould-le-Yieux , son aïeul , dans
toutes ses bonnes villes, pour y re-
cevoir le serment des échevins qui
existoient en Flandre, long -temps
avant l'établissement des com*
munes.
6a CAR
Câebouclée : Viande fumée.
C ARCHE : Fardeau, poids, charge.
A ccst mot en grand paine rentre
Estormis qui le Prestre eucarche :
Sovent va Maudissant sa carche^
N^en puetmés, quar forment li griève.
Hugues PiauchU, fabliau d'Ettourmis,
V. 466.
Cardin : Jardin , enclos, verger.
Le Cardin enclos est ma serour, ma es-
pouse, le carrim est enclos se la fontaigne.
Cantike des Cantihes, ch, TV, v. la.
Hortus conclusus , soror mea sponsa ,
hortus conclusus fons signatus.
Cardon : Chardon , plante ; car^
duus.
Bien porgea Andrien son courtil ,
N'y lessa cardon ne ortie ;
Son cors laissa iteetre à essil
Pour garder sa vigne gentil
Que sa gent ne fu pervertie.
Roman de Charité, stroph. 67.
Careshraux , guaresmiaux ( le
jour des ) : Le inardi gras que nos
pères appeloient aussi le mardi de
caresme^entrant,
ftem, cinq sols pour un agniel et fu li
nuis des quaresmiaux^
Compte de Vhèspiial des Wez, de i35o.
Pour éviter aux désordres qui peuvent
arriver par le ject de la choulle qu'on est
accoustumë faire le Jour du caresmtauxy
a esté defiendu de la jecter.
i?ç^. aux Mémoires de la ville de
Douai y fol, a36, 1^ février i632.
Le jour des caresmeaux , aus maistres ,
recepveur et malades , à chuscun trois
l^arterons de herencs.
Jièglements de la honne maison des
Ladres de f^allenciennes.
Caabtb , carette : Charette , Toi-
ture de transport.
CAJirrAULB, caritable , caritatif :
Charitable, bon , humain ; celui qui
fait la charité et celui qui la* reçoit
CAR
Confrëre,'quî demeure sous le même
toit.
S'amour fut si caritatif e ,
Et sa mort si ameratîve ,
Que nulz enginz ne poet atteindre ,
Ainz estuet que cuer se cative ;
Car les mies yssent de rive ,
Qui trop veult les crostes estraindre.
Le trésor de Jehan de Meung^ v. 421.
Elle donne à Pétaide des caritaules,
monseigneur S. Mort, en Tëglise Nostre-
Dame » dix sols.
Testament du j^ janvier iS^S.
Carité : Confrérie. Foy. Awuus.
Careier : Charger.
Et ke nus mosniers ne asniers ne me-
tent lors kevals entre deux mios, deci
adonc c'on Papelera pour carkier.
Ban des eschevins de Douai de id5o.
Carlërie (bois de) : Bois de cha-
ronage, dans un marché du 3 aoust
1669.
Carlier : Charon. Voyez Hie-
LOIRES
Carme : Charme, sortilège ; de
carmen.
Un emplastre de bon espoir
IVTassist sur le costé fenestre ,
Et après me tint sa main destre
Contre le quer tout de son gré,
E me dist basset à segrë
Sus le chief un merveilles carme ,
E me portrait d'un poi de basme.
Le nom Dieuesse enmi le front ,
Si carme greignor bien me font
Que la poison de la fiole ,
Car rendue m'a la parole,
E mon sens à mon esperis.
Tournoiement d^jintecrist ^ Jbl, 237,
/î» col, I.
Carmeline : Religieuse Carmélite.
Carnalité : État charnel, de chair
qui concerne la chair ; carnalis.
K'en Pan de la mortalité ,
Perçut-on le fausse despois*
Que dix en me carnalité y
Avoit mis par humilité ,
Un mal dont nus ne se renvoise. ,
Li Congié Bande Fastoul d^Jràs,
V, 202.
!t
l
CAR CAR 63
CARirciEMEifT : Charnellement ; quantelivresau travers de Peronne,
carnaliter. xiii* siècle.
Bon est c{ae Ten sache liqnel mariage CARinEIGNOlf : Scel, grand cachet
sont à cschiirer, car il est xnout desimpies ^ * «i . m
gens qui ne le savent pas ; si doit chascun S^^^tÎ ^ j'T V.-^
savoir que nus ne doit espouscr chelle S® UDame et de la Cite ,
qui li apartîent de lignage devant qu'ele a Bianchandm fist un bnef escnre ,
passé le quart degré' , ne sa commère de ?"« ™«' \ecarreig,ioH en cire,
quel enfant que che soit, ou de l'oume, ^^ P^^^^** *« ™^«* «° ses mains,
ou de la famé, ne celé avec qui il a levé Rom. de Bianchandm , fol* i85 ,
enfant, ne sa marrastre, ne famé qui ait f^^ coL 3.
esté à aucun de son lienaee en quart pu r». . . ? ^»
en plus prochein degré, ne la cousine k ^..^f*^™™ ' cartrier , chartner :
chelle oue il a acompaignié canielement, Vieillard impotent. Foyez AlBAOTB-
xie sa fillole. ftiE , Chiiîcutte et Plàtelet. Ces
Coust. de Beanvoisis , ch, XVIII, p, 99. mots Ont également été employés
Qkw^kv , carpel , carpillon, car- "^^^ désigner un geôlier et un pri-
pion, au féminin carpelette , car-- »on»îer; de caroerarius. Les prison-
pette : Petite carpe dans La Fon- ^'^^^^ étoient simplement détenus ,
taîne, livre V, fabl. 3 ; et sorte de ®* ^"*^ ^ détention, les cartriers
petite truite dans Rabelais, liv. II, épient enchaînés. Voy. Chincutte.
ch. 27, pag. 227. Ensevelir les morts et aidierles car»
_ "^ .' ^ ,^ , 1 n , 1» Le Miroir du Cftrestien y -DdiTlint des
C ARPENTE : Fait, achevé , fini , fa- OEuvres de miséricorde.
^ ' ^ ^ J® donne as Carteriers devant Nostre-
Caeperteb , recarpenter : Cons- D^^e k ciaux et à chelles du ptosniel,
traire ^ faire , arranger , fabriquer ; vingt sols à pitanche.
travailler à l'état de charpentier ou Testament du mois d'octobre i3i5.
de menuisier. ^ a -^•
Caiuble : A proportion, au marc
Vous m^aviez mis en mal hrepeil la livre.
Pour chel diable de bareil ; ^ic^ ^> jic-
Mar fust-il carpentès ne fais , , Et quant le fié a «te vendu , le Seignor
Pour lui emprenderai tel fais. doit faire cner par la vile où le fié a este
«,,,,,. o . , / vendu que il soient devant lui a tel jour
Fabl. du cheuaber au Barisel.v. 471. ^^^^ ^3^^^^ p^ ^^^ ^t ^^it nommer le seç-
CAapiE : Hachis, viande coupée *|^c jour. Et quant il auront provéla
par petits morceaux. dethe , si com il doii^t , il doit les fairrf
^ ^ paier de la monoie.de la vente dou ne ;
Le mardi de Pasques sera desdicts et se aucune chose en demore après que
veauU pour faire carpis, pour délivrer à ^e* sept jours sont passez, le Seip^nor le
chascun susdict grand-pain ; maistres , doit faire rendre k celui qui le fie fu; et
maistresses et recepveur une escuelle de se la dethe est pins que monoie, le Sei-
carpie de veau. A ceulx du<Jict grand- gnor la doit paier par caruhUs k chascun
pain et portier , pour leur plays ( recréa- ^^^ avenaùt.
tion ) chascun deux deniers tournois. Assises de Jérusalem , ch. CXCV.
Béglements de VHosuîeric. Cjlrvane : Association , assemblée,
Caaqpb : Charge de marchandises réunion de plusieurs personnes pour
estimée du poid!s de trois cents cin- voyager, pour aller en marchan-
5%
BOU
d'oigDons ou de légumes. F'oycz
Bouhbel: Bouquet y faisceau, fa-
got. F'oyez Bondi.
BouiiCHEA : Bourrelier, ouvrier
qui fait des bâts pour les ânes.
BounasoiSEm : Femme de petit
marchand. Voyez Besongnbttb.
BovEGETEiTE : Tisscraud en fil et
en laine.
BomuiÉB, boutée : Fagot à deux
liens , d'environ deux pieds de hau-
teur, non compris le menu bois
qu*on laisse dépasser, et de dix-
huit pouces de circonférence.
BovriB : Caprice, passade, bou-
tade. iVir^oz^eej^detempsen temps.
BoiiTB-EN-coEEOiE : Yolcur, cou-
peur de bourse, filou qui fouille
dans les poches.
Je ne cuit que boute-en-corroie ,
Ne lecliièrres tant soit hardU ,
Osast feire ce qu^il fit.
Fabliau d'Estruhert,
Le nouvel éditeur du roman de
la Rose s'est trompé en interprétant
le mot Ifoute-en-^iorroie par espèce
de |eu. Sainte Palaye en étoit plus
approché en expliquant ce mot par
piUerie, action de voler.
De Fortune la se'mîUeuse
Et de sa roë périlleuse
Tous les tors conter ne porroîe.
C^est li gieu de boute-enfcorroiey
Que Fortune S4st si partir,
Que nus devant au de'partir
iHe puet avoir science apertc
S'il 1 prendra gain ou perte
Roman de ta Rose , v, 6882.
Dans cette citation , le poète com-
pare les vissicitudes de la fortune
avec les chances que court le voleur
qui ne sait jamais lorsqu^îl médite un
nouveau délit , si le coup réussira
oii s'il sera puni.
BRA
BovTC-HOEs: Pousse dehors, met
dehors. Nom d'un droit établi par
les échevins de Douai , en 1294.
Voyez Esc A s.
Boutée: Former des boutons;
effet du printemps sur les plantes
âui poussent des boutons avant de
eurir ; de pulsare, ■^.
BouTBim : Courtier de grains.
BouncLE : Boutique, particulière*
ment de petite mercerie; d'é^
theca.
BouncuEE : Celui qui tient bou-
ticle.
Bouton : Flocon de laine ; an fi-
guré, chose vaine, niaiserie, cboi»
de peu de valeur.
Pour auquel résister, Qnfroj emNgi
Roger de Beaumont , mais duquel , pw |
son ouitrecuidance , on ne faisoit poiilè
cas, et on en faisoit moins d'estmie^l
d'un bouton, |
Chronique de NorfM»Skt\
ch. XLYI.
Par foi , ne me pris un bouton ,
Fet-il , si je nH vois véoir
Por enqnerre et por savoir
Comment et par quelle raison
Us douent aus granz garison.
Fabliau d*Estrubert.
Hé , Sire , imposez luy silence.
Tï'avons honte de tant débatre
A ce Bergier , pour trois ou quattn
Vieilz brebiailies ou moutons
Qui ne valent pas deux boutons^
Farce de PatheUn.
BouVEÀU , bouvelet, bouviel, bou^
vier, houvillon : Petit bœuf; bœuf
d'un an oti un peu plus ; de boviUus,
Au pluriel , bouvierou, bouviau, Yoy>
CoMANS et Yeixon de lait.
Bbace, bracele bracon .* Le bras
de brachium et brassée, ce qu'on
peut prendre dans ses bras. On a
dit aussi brochée, et bradée.
B R A B R A SS
Povremeiit vivent escolicr, BaAi, irav : Boue, fange; grain
U^t^tF^Zn^ll, P^"^«* -««"iUé avec leqadoa fait
Por ce ont les faces effaciëes. ** Dierre.
Miracle de Sainte Léocade , v. 1 1^. BaAHLB : Doute , incertitude.
BaACB, bracel. Bracelet, èracet, tp™.'"\" ' ^r*^ * aTu^
hrachel. Brochet: èrachez/Brachis, *^™^««**<>« û^^î ^^^^'^> l^ésiter.
bracon, braquet. Briquet : Petit de Beansle : Sorte de danse,
toute espèce de béte; sorte de cbien Bbaseabch. ^moliia) : Moulin au
de chasse , dont l'espèce étoit^ fort bray.
estimée. Du grec Brachjrs ou peut- je hisse k ma dicte fille un muis d^
être des langues du nord. bray snr le i^ollin èraserech.
Les glossateurs se sont trompés Testament de Van iJi^u Après Pasquei,
en expliquant ces mots par Basset, ^ _ . j. .-. -. i..v
chîendelhassequialespîedscourts, .^\^?« ' ^« ^^^ ^ ^'^ ^« ^^"^
Bt dont la race est excellente pour ^ ** *^**'
la chasse du blaireau, du renard et Bhassih : Boisson fermentée, &ite
iu lapin , animaux de terrier. Ces avec du son. Foyez Fowwïiel,
mots ne peuvent désigner que le Dix huîct deniers pour deux coupes de
htac^iue y chien couchant , ordl- tercbeul i>our faire orassin,
oaîrement dé couleur blanche , et Compu de Vhéspiial des Wez de i35o.
quête et son odorat. De Braque, as vomit.
on a fait Braconnier, homme qui Sermons de S, Bernard, fol. 55.
laillever le gifoiier à la différence du __ ., . . .■.,..
eb.«eur qui le poursuit; il e,l e.* «£ ^J la'.:» :«^"A.%:^r»S"'
homme , ce que les braques sont en ' , . .
chiens* Geste main terdet mon 071 kicoveis
est del brau , ke sole est sans poussière.
8 Rois , f ut-il , un Damoisiausfu j^^,^ Senmon* ,fol. 54.
ui , par noblesce et par vertu ,.
eut bien estre apelë Creintis ;. Wcec manus opertum luto dttergat ocy>^
MquU souvent estoit ententis him quœ sota sine pulpere esh.
Dealer en bois et en rivière , „ ^ ». ... •■
Moult estoit de bone manière , Bbaxk : lUyon de mief.
Moult avoitirtfcfce» et lévriers,. Mais maint gent se desplaignent par
Et venéor et braconniers; aventure , de oeu k^il léremeiit sentent
Roman de Doldpathos. oeste dëieitaule affection ^ et que plus est
douce iLe miez et Sraxc,
BkACH, Braic: LebtasiBrachium^ Sermons die SvBèrnard,Joè. i3i.
Voyez Factedk. _, .,.>. ^ j r
•' Sed causantar-muhi fartasse, quod aj^
A ce mot par le hraic le tire, fectum hune , deleciadUem et éLuiciortm
Et dist denait plus vous consene;^ super mel et £iv.um , rarus experiautur.
La main froide et roide li senc, _ ^ . ,
Et qantUn'i sent point d'alaine, BRiZBlLM r Brassée , ce fuei»
ParDiu,disi-il,ormecroi8tpaine. peut prendre eu portev enfre les-
. FMiâ» de la Longue NuU , v. 948, bras; de bmchium.
S4 BEE
Une Piicele qui cri bêle
Un jor portoit entre ses BrazBeUes ,
Et cresson cuilli en fontaine,
Moilliëe en fu deci en Paine.
Guillaume le Normand. Fall, du
Pretlre et d^AUson^ v, i5.,
Bbebànt : Le Brabant^ la Flandre
françoise.
Dont estes-vos nez , biax amis ?
Sire , je sui de Brebant nez ,
Si sai de gaerroier assez.
FabL d'Estrubert^ v. 1732.
Brebiaille : Mauvaise brebis ,
mouton malade. Voyez Boutok.
BbeghÉ , brechié^ brechiet^ ébreche:
Cruche en terre ; sorte de vase à
boire, dont se servoient les pay-
sans ; picatuni,, picarium.
Bbef, brief, briés : Lettre mis-
sive , ordonnance 9 écrit , rescrit >
légende ^ talisman ; de breyis,
. Bref (en) : Sur-le-champ , à Tins-
tan t , promptement ; breviter.
Brelengheur : Fermier des jeux ;
de brelencq. Voyez Handvitevr.
Jehan Hagaenëe , brelengheur et han-
duiteur , fu navré. ... s'en encoupa le
Page Mailoiin de Boars, d'une espée.
Reeistre aux pluires de lojr de la ville
ae Douai , fol, 189 , /^" , 3o sep-
tembre 1443*
Comme Tan i434 , Jehan Bellesambe...
eussent prinsà ierme de la Tille ae Douai
les jeux de'dez, brelencq^ bouUes, tables,
quartes , quilles et aultres jeux qui se
K)nt et jouent en ladicte ville.
Transaction du 3o décembre i438.
Bbester : Disputer , contester ,
chercher querelle ; d'où bresteleur,'
bresteuret brete : Gens qui portent la
brette , et qui cherchent querelle à
propos de botte. Pathclin raconte
à sa femme qu'il a eu le drap de
H*. Guillaume pour un denier à
BRI
dieu , et qu^il compte bien de ne
lui en faire autre payement.
Dieu et luy partiront ensemble
Ce denier là , si bon leur semble ;
Car c^est tout ce quHls en auront.
Jk si bien chanter ne sçanront •
Ne pour crier , ne pour brester,,..
Mais au fort ay«je tant bresté
Et parlé , qu^I m''en a preste
Six aulnes r
Pierre Blanchet, Farce de PaMiM^
/j9. 4o et 4'*
Brèze : Braise.
Pierot Mouton , reconnoit devoir ï
Jehan de Beaumont, brasseur de cbv*
yoise , chinquante livres parisis , po«
cause de chervoise , ambonrs et Aiise,
Acte du «a décembre ifyn.
Les brasseurs vendoient des brai-
ses ) parce qu'ils se servoient de bob
pour faire oouillir leur eau. Us ne
commencèrent à employer le clla^
bon de terre que dans le xvii*siède»
ployez MÉETZ.
Briche : Fumier^ ordure , fiinge)
boue.
Moult est cil povres qui ne voit
£t endormi qui ne croit ,
Qui Deu ne croit, il ne voit gonte
Cil qui îi escient se boute
En la briche et qui se maintient.
C^est h bon droit se mal l'en vient,
Bien doit aler à maie voie
Qui à escient se desvoie.
f^ie des Ermites , fonds de Sorbonne^
fol, ai4.
Bricqueteitr : Fabriquant et ma^
chand de brique.. Voyez Esgriu-
Brief : Registre; de brevis. Voyez
Bref.
Sacent tôt cil ki cest escris , Verront et
orront ke maistre Juliens et Gërardins
ses fiuls, asseurent seigneur Olivier de
Deyrioel et seigneur Ricart Pikete, et les
leur et tôt eskevins.... Et ce recors fut fait
en plaine halJe , et pour çou Ta-on cscrit
el brief de le ville , 1244*
Re^, de la ville de Douai ^ cofeqq<
;■■<
^]
BRO
BBIESUÂBS9 hrimars , brisemars :
•rte de bierre forte.
Bbieveteau , brivetel : Petit re-
ntre , rôle des impositions.
Dn fait le ban que nus ne soit si hardis,
m ne feYne ki soit encontre les con-
stables li reçoivent les deniers des
ieifeteaux.
Jle^. aux hans et Edits du ziu*. sihcle ,
Jbl. 10, f'*».
Bbicitavdeue, bringuaderie : Bri-
indage, ravage; action de piller,
î voler.
Icelie forest estoit horriblement fertile
copieuse en mousches bovines et ires-
us.; de sorte que c^estoit une vraie en-
laiiderie pour lespaovres juments, aines
; chevaulx.
Rabelais , /tV. I , ch. XYII.
Bringavd : Homme adonné au
rime.
uis ces hringans,m.UTin9TSf larrons de
bois,
mys de mort ,'et serh djabdliques,
ar accident font mains crueU ezploîz ,
«esquelv j'appreuve et tiens pour aucten-
tiques.
Pierre Michauît, La Danc0 aux
Aveugles f p, ^4*
Bu&ÉE : Action de rompre des
branches pour reconnoître en
chasse , les voies de la béte.
Bbisié : Annulé.
Et ki onques querroit art ne engîen par
[uoi aucuns de ces bans fust àrtsiés , il
eroik à ce meisme forfait. ( 5o liv. )
Ban de la Draperie de Douai, ia47*
Bbivez (à): Sur-le-champ^ prompt
enaent ; breviter*
A son Seignor en vient tantost
Sor la rive Penmaine tost ,
Et li escrins tous à brit^ez
Droit à ses piés est arrivez..
Gautier de Coinsi , liv. II ^ cfi. 11*
m
: Bboc r Ghantepleure , robinet ,
ralsseau de bois pour tirer à boire.
Bbocbon : Bec dé pot ou d'ai-
guière*
BEO 55
Bboissiit : Sorte de petit chande-
lier fort bas ; sorte de bougeoir.
La t«bie sist for deus cx>ussius ,
Desor la table pt deus broissint
Où il avoit cierges aargent,
Molt estoient bel et gent.
Fabl. du Prestre et de la Dame , v. 94 j
Bboke : Espèce de poignard en
forme de poinçon. Voyez, Ameube.
Bbooiz, bidz : Brûlé 9 grillé^ rôti.
Bboqveteub 9 brocqueteur : Mar-
chand de vin en détail, au bfoc
Bbou , broiix : Espèce de seau de
forme conique , cerclé de cuivre et
garni d*un bec de même métal. On
s'en servolt dans les couvens, les
collèges et les séminaires , pour aller
chercher de la bierre à la cave.
Bboub : Boue des rues. V Bbav.
Bboviixia, brouillazj brueiUas:
Brouillard) vapeur.
Pierre chiéent , feu grezois vole ,
Que cil des crcsniaus aler lessent,
Trez et chevrons par terre bessent ,
Plustost que tempeste ne foudre
Serjans muèrent , li airs s'empoudre
Com pat -brueiUas et par nieie.
Guillaume Guiart, Royaux lignages ^
p. iSy , coL a.
' Bbovile : Gâté j sali , taché.
Le très vaillant et grand Pompëe
Ung matin qu'il sacrifia ,
Ot sa robe de sang broullée ^
Lors une aultre querre envoya
Devers sa femme Julia ,.
Laquelle ot tel paour et tel crainte
Pour son mari morut ensainte.
P, Bouton y le Miroir des dames ,
Bbowetibb 9 brouettier : Homme
qui conduit et se sert de brouette ;.
de rotâ.
Ghirographus de quittatîone vrinagii
des coliers et des browetiert.
. C'est un acte du mois de noyem-
bre 143^9 P^r lequel l'abbé de
S» Amaod en Fevele » au moyeo
4
S4 BftE
Une Piicele qui cri bêle
Un jor portoit entre ses hratheUes ,
Et cresson cuilli en fontaine ,
Moiiliëe en fu deci en Paine.
Guillaume le Normand, FalL du
PrrHre et d^AUson^ v, i5..
Bbebavt : Le Brabant^ la Flandre
françoise.
Dont estes-TOfl nez , bîax amis ?
Sire , je sui de Brebant nez ,
Si sai de gaerroier assez.
FabU d'Estrubertf v, 1722.
Baebuille : Mauvaise brebis ,
mouton malade. Voyez Boutok.
Beeghé , brechié, brechiet, ébreche:
Cruche en terre ; sorte de vase à
boire, dont se servoient les pay-
sans ; picatum., picariian.
Bbef, brief, briés : Lettre mis-
sive , ordonnance , écrit , rescrit ,
légende , talisman ; de brevis,
. Bref (en) : Sur-le-champ , à Tins-
tant , promptement ; breviter.
Brelengheur : Fermier des jeux ;
de brelencq. Voyez Handuitevr.
Jehan Haguenëe , àrelengheur et han-
duiteur , fu uayré. . . . s'en encoupa le
Page Mailoiin de Bours, d^une espée.
Reeistre aux plares de lojr de la ville
ae Douai , fol, 189 y r^ , 3o sep-
tembre 1443*
Comme Pan 1434 , Jehan Bellesambe...
eussent prins.à ierme de la Tille ae Douai
les jeux de'dez, brelencq^ bouUes, tables,
quartes , quilles et aultres jeux qui se
rout et jouent en ladicte ville.
Transaction du 3o décembre i438.
Brester : Disputer , contester ,
chercher querelle ; d'où bres.teleur^
bresteuretbrete : Gensquipoitentla
bretle , et qui cherchent querelle à
propos de botte. Pathclin raconte
à sa femme qu'il a eu le drap de
H*. Guillaume pour un denier à
BRI
dieu, et qu^il compte bien de ne
lui en faire autre payement.
Dieu et luy partiront ensemible
Ce denier là , si bon leur semble ;
Car c^est tout ce qu'ils en auront.
Jk si bien chanter ne sçanront •
Ne pour crier , ne pour brester.,,.
Mais au fort ay«je tant bresté
Et parlé , qu^I m^en a preste
Six aulnes r
Pierre Blancheu Farce de PatiuUny
/j9. 4o et 4'*
Breze : Braise.
Pierot Mouton , rfconnoit devoir ï
Jehan de Beaumont, brasseur de cher-
voise , chinquante livres pariùs , pou
cause de chervoise , ambonrs et kii%e.
Acte du «a décembre i4o9.
Les brasseurs vendoieiit dea brai-
ses, parce qu'ils se servoient de bois
pour faire oouillir leur eau. Ils ne
commencèrent à employer le clla^
bon de terre que dans le xvu* siècle.
Voyez MÉETZ.
Brighe : Fumier ^ ordure ^ fange >
boue.
Moult est cil povres qui ne voit
£t endormi qui ne croit ,
Qui Deu ne croit, il ne voit goûte
Cil qui k escient se boute
En la briche et qui se maintient.
C^est à bon droit se mal Vea vient ,
Bien doit aler à maie voie
Qui à escient se desyoie.
Vie des Ermites ,Jbnds de Sorbonnty
foL ai4.
Bricqueteur : Fabriquant et ma^
chand de brique.. Voyez Escriir.
Brief : Registre; de bres^is. Voyez
Bref.
Sacent tôt cil ki cest escris , verront et
orront ke maistre Juliens et G^rardins
ses fiuls, asseurent seigneur Olivier de
Deyrioel et seigneur Ricart Pikete y et les
leur et tôt eskevins.... Et ce recors fut fait
en plaine halle , et pour çou IVon cscrit
el brief de le ville , 1244*
Re^, de la ville de Douai f coté qq<
BRO
BbiesmaeS) brimars , brisemars ;
Sorte de bierre forte.
BaiEVETEAu 9 brivetel : Petit re-
gistre , rôle des impositions. -
On fait le ban que nus ne soit si liardis,
hom ne fetne ki soit encontre les con-
nestables li reçoivent les deniers des
briei^eteaux,
Re^, aux bans et Edita du ziu*« «lèc/e ,
fol. lo, ^«».
Bbicuandeeie , bringuaderie : Bri-
f;andage, ravage; action de piller,
de voler.
Icelie forest estoit horriblement fertile
et copieuse en mousches bovines et fres-
ions ■; de sorte que c^estoit une vraie 6ri-
Çuanderie pour U$ paovres juments, asnes
et chevauli.
Rabelais , /iV. / , ch. XYII.
BaiNGÀND : Homme adonné au
crime.
Puis ces bringans f xaurin^TS , larrons de
bois,
Amys de mort ,' et serfz dyabo'lîques,
Par accident font mains cruels exploîz ,
Lesquelz j'appreuve et tiens pour aucten-
tiques.
Pierre Michault. La Dance aux
A{feugles , p, 'j^-
BusÉE : Action de rompre des
branches pour reconnoitre en
chasse , les voies de la béte*
Bbisié : Annulé.
Et ki onques querroit art ne engien par
quoi aucuns de ces bans fust brisiés , il
seroit à ce meisme forfait. ( 5o liv. )
Ban de la Draperie de Douai, ia47*
Bbivez (à) : Sur-le-champ^ promp^
tement ; breviteré
A son Seignor en vient tantost
Sor la rive Penmaine tost ,
Et li escrins tous à briwez
Droit à ses piés est arrivez»
Gautier de Coinsi , /<V. II ^ cfi, ii.
. Bboc : Ghantepleure , robinet y
vaisseau de bois pour tirer à boire.
BaocHON : Bec dé pot ou d'ai-
guiire»
BRO 55
Broissin : Sorte de petit chande-
lier fort bas ; sorte de bougeoir.
Lia t«bie sist for deus cousédus ,
Desor la table pt deus broissins
Où il av oit cierges a argent,
Moit estoient bel et gent.
FabL du Presire et de la Dame , v. 94J
Bboke : £spë(5e de poignard en
forme de poinçon. Voyez, Amev&e.
Bbooiz 9 bidz : Brûlé , grillé y rôti.
Bboqveteiib 9 brocqueteur : Mar-
chand de vin en détail, au broc.
Bbou , broux : Espèce de seau de
forme conique , cerclé de cuivre et
garni d*un bec de même métal. On
s'en servoit dans les couvens , les
collèges et les séminaires 9 pour aller
chercher de la bierre à la cave.
Broué : Boue des rues. /^. Bbav.
Bbouillab, brouillaz , brueillas:
Brouillard 5 vapeur.
Pierre cLiëcnt , feu grezois vole ,
Que cil des crcsniaus aler lessent,
Trez et chevrons par terre bessent y
Plustost que tempeste ne foudre
Serjans muèrent , li airs s^empoudre
Com p&T -brueillas et par niele.
Guillaume Guiart, Royaux lignages^
p. iSy , col, a.
• Bbovlle : Gâté , sali , taché.
Le très vaillant et grand Pompëe
Ung matin qu'il sacrifia ^
Ot sa robe de sang broullée ^
Lors une aultre querre envoya
Devers sa femme Julia y
Laquelle ot tel paour et tel crainte
Pour son mari morut ensainte.
P, Bouton y. le Miroir des dames ,
Bbowetieb , brouettier : Homme
qui conduit et se sert de brouette ^
àe rotâ.
GhirogTripBus de quîttatîone winagii
des coliers et des browetiers.
C'est un acte du mois de noVem*
bre 14^39 P^'* lequel Tabbé de
S. Amand en Fevele > au oioyen
4
S6 BU I
de soixante artîsîens de rente an-
nuelle, exempte de tout vinage,
ceux qui passent chargés de mar-
chandises, ou qui les portent à
brouettes.
Bruant : Hanneton.
B&iJiLiRy subst. : Chaleur.
Et tu les as fait parengals k nous ani
ayons porté le charge du jour et du hruiùr.
Bible , Matthieu, chap. XX j v. la.
Et pçres illos fecisti qui poriavimus ,
pondus diœi et œtus.
Bruitty : Bruni. Nice* dérive Tad-
\tcX\fbrun , du latin timbra. D^autres
étymologistes , de Tallemand braun
et de ritalien bruno. Turpin , dans
la Vie de Gharlemagne , dit : Erat
Carolus capillis hxnmèjj'acie ruhens.
Et pour che donna à Tëglise ung image
de Nostre-Dame , doré de fin or, bruntjr
pour mettre et assir audit portail par
dehors sur une remprese qui y est.
Testament du i8 atrt/ i45o.
Bbvtif : Brutal , dur, mal élevé.
Comme joyr ? Tu m^as fait plus d^estrif
Et plus d^anuy qu^on nefitoncqk ame.
Se ray prise pour respondre à ce pas
As assouvie mon hon siège électif
Tant plain de ios le corps de ceste Dame.
a*. Complainte de Charrolois , p, 147.
BavTNÀAT : Bierre très-brune.
Bue : Bouc , le mâle de la chèvre*
Aimas si est piere ital ' .
Kele est clére cum cristal ; .
Par fer , ne par fou n^iert OTréc ,
Sel' sanc del' bue chiald n^est temprée.
Marbodus de Gemmis , part, i.
BuGHEB y buqtier : Frapper, battre,
enfoncer.
BuEN : Plaisir , volonté , désir.
BuEn , bueur : Ouvrier qui lave le
linge ; au féminin buresse, blanchis-
seuse , lavandière, ployez Plitelet.
BuGivoN , buignon : Vase , plat ;
^08 morceaux de viande.
■ Buisomi f buissonez : Buisson ; de
BUZ
bustum. D^autresle dérivent deiIMC^
tum.
Il habite en la région
Où court le fleuve Eufrates ,
Quant sei la prent si cortades
A cel flueve , deP eve beit.
Quant beu a , si cort tôt dreit
Ilec près à UB buisonei ,
Si espés com un roncerel ;
Là sont li rainsel si mena ,
Si bel , si espés et ri dro ,
Où la teste se vait frotant.
Bestiaire , parlant de la baie jfpktgkê,
Mussiez est danz les buissoAe^
Por faire lui à son brut venir
Tant que pris et le puist tenir.
Roman de ia Rose,
BuissE , buse : Chaudière pour
£adre la bierre. /^. Fsbieitz et Mu-
QOIBBS GhiLOIMBS.
BvLETiN : Mot d*ordre y mot ds
guet.
BuLLETB : Ornement que les fem*
mes portoient au col.
BvLTOiHB ( moulin ) : Machine i
blutter la farine. F^oyez Mbet.
BuRBLUEB : Fol, insensé, extra-
vagant.
De tout le mont est avillîez
Lues qn^un petit est pérîlliez;
Cbascun le lait, nus n'en a cnre ,
Cliascun le tient pour burelure,
Gautier de 'Coiiisi ,JoL ai5 , eoLi>
BcsoQVEi : S'amuser , jouer.
BvsQVE , bw/ue : Tout petit cwpê
étranger qui s'attache au draps.
Bute : Vase en forme d'aiguière^
destiné aux sacriGces des anciens ;
on y renfermoît aussi les cendres
des grands hommes.
BuzB : Trompette, instrumentas
musique, buccina.
Plus prins de joye aux argentinet èuwes
Des pastoureaux , et doulces comemnseSf
Oyant les ungz chanter» aultres flater ,
Les ungz dancer , et les aultres lacter ,
Que se je feusse en mer sur les arènes ,
Pour escouter les doidx chantz des sereinei'
Poésies de CuHL Crétin , i56«
CAD
CAI
57
c.
STBVE : Marchand de vins ;
la. Voyez Youlli.
iON : Machine de bob , for-
quatre planches y le fond ,
et les deux côtés; dans la-
s femmes qui lavent le linge
»rd des rivières, se mettent
ter d'avoir les genoux dans
!T : Petit autel de parade »
: d'images peintes et sculp-
chandeliers, de vases et
rnemens de dévotion.
le à ma fille Margneritte , relî-
aint-Thomas , un crocifii d'al-
t*le cabinet que fai sur mon
Testament du i3 juin 1617.
90VNE , cacidoine , calcé-
Sorte d'Agathe.
ices et li sardoines
naturaax cacidoines.
Le Lapidaire,
ne k monseigneur Saint-Chery ,
aostre de corach, à enseignes de
ie.
Testament dué^fémer 148a.
BB : poursuivre y chasser ,
, faire marcher un trou-
vant soi ; de caicare, quas"
}yez CoMAKT.
B , cacouie : Coup 9 tape 9
ie.
ogiers qui ne s'en prent garde ,
res aura une cacoute ;
i quMl tint , cnpaint et boute ,
il le perce, et qu'il Fesloche ,
^restres vers lui s'aproche,
i paie sor Teschine ,
1 tinel , que tout Pencline ,
d degrë enmi la place.
Fabliau d^Aloul , vers 537»
r : Grant plat, jatte ; catinus.
CiHOMnr , cahoursin : Préteur sur
gages y que Ton appela ensuite Lom-
bard.
Othes Boul« d'Ast etEubers Porceaus ,
de Keit entrèrent en le borgesie de le vila
et fiancièrent et jurèrent ke il seroient as
ns, as tailles, et as coustnmes de le vile et
de cors , et d'avoir tout ensi com borgoîs
de le vile. Ce fu fait en plaine haie devant
Eschiëvins Baudes de Deuwioel. ... en
Pan de Hncamation ia47 » ^^ ^^^ Saint>
Pierre , entrant aoust.
Beg, etioarchemin, cotté qq y
Ooitremius li eahorsins d'Ast et Jehan
der Solier est entre en le borgesie de le
vile en autele manière corne Othes Desenr
dis en l*an 4?* • 1^ merkerdi devant le
Saint-Luoh , en le haie devant les etohie»
vins devant dis.
Même registre ,yô/. «7 , a» v*.
hescahoureins jurent de payer les tailles
k.layiUe, de leurs propres aeniers et de
ceux qu'ils auront aux autres.
Invmitaire des Titres de la viUe de
Douai, ia47*
Gàibbb ; Confessional ; de ca^
thedra.
Je veux estre enterre en Téglise Saint
Jacques entre le eaière où le presbtre con-
fesse en quarème et le prosne , où on fait
les commandemens.
Testament du ^fèurier i45i.
Cadtc , lisez c*ainc : Qu'aupara-
vant j que jamais.
Or me merveil moult durement,
Cornent il pot si avenir ,
C'aine puis ne véistes venir
A vostre Cort , Prince ne Roi,
Qui se plainsist de mon desroi.
Rom, de Dolopaihas.
Gaifse , chainse : Ceinture y voQe y
tout ce qui sert à couvrir*
Gaisi ( si ) : Ainsi que.
Gaius : L'empereur Galigula.
\
58 GAK
G AIT, lisez C'ait : Qu'il y ait.
Jhesas dist c^à tele mesure
Com II uns à Tautre mesure
Nous' mesurra , et chou est drois ;
Cheste parole n'est pas sure ,
Or se gart c'ait droite mesure.
Miserere du Reclus de Maliens ,
stroph, 5o.
Cakeban , càkehen , caquthtin ,
casauehein : Cabale , conspiration,
projet de révolte.
Le cakehan désignoît le soulève-
ment de tous les ouvriers d'un ou
de plusieurs métiers qui s'assem-
bloient et refnsoieut de travailler
pour un motif quelconque. Les rè-
glements de police de la ville de
Douai défendoient le cakehan aux
tisserands de draps , et punissoîcnt
ceux qui le commençoient , d'une
amende et d'un bannissement conçu
en ces termes :
On fait le ban qu^il ne soit tisserans si
liardis qui faiche caquehein ne qui deffende
Fœuvre à faire en tout le pooir de ceste
ville ne qui laist à ouvrer pour froidure
sour le fourfait de 5o liv. et si seroit banni
deux ans et deux jours.
Reg. aux ordonnances et édits , x4* siècle^
fol. m , r-.
Le Cakehan proprement dit étoit
un signe ou marque bien énoncé
dans une ordonnance des écbevins
de Douai du delun après le 2V-
phane i7,t\(\. Elle porte :
On fait Je ban que nul ne soit si hardis,
ne bourgeois, ne bourgeoise, ne sier-
gcans, ne baissiellc , ki face cakehan, et
Quiconque le feroit, il queroit el fourfait
c soixante livres et si seroit bannis. Et
se nui a fait cakehan j qu^il le defTace sour
Je fourfait de soixante livres et banni uug
au de le ville.
Dans la Flandre françoise ,1e peu-
ple se sert encore du mot de deffh-
cer , pour rayer , biffer , frotter ,
gratter 9 faire disparottre ce qui est
CAL
marqué à la craie on au crayon. Or
si le cakehan consiste en quelqno '
chose qui peut s'effacer , il ne peot
désigner qu'une marque grossièn^
et de convention , que chacun, ju»--
qu'à la dernière des servantes, peut
faire et défaire.
Cal, caUt, caud, chai, chaU:
Chaud , échauffé ; calidus.
Calamité : La pierre d'aimant; de
Calamités,
Calavx, calons y eus : Noix, trA
du noyer.
Calcain : Le talon ; calcaneum.
Duukes li Cuens li astoît dessore cel oit
envoiat messages al roi Totyle demandm
Sueii chos^i comandoit que Pom fesik
el* Veske a deP pople, a cui li Rdl»
mandat, disanz : premiem prend delYdb
une coroie dés iochief jesVes al caleain,
Dialog.deS, Grégoire, /«V.III, cA. XOL
Tune cornes qui eident exercitui j>ne(h
rat, ad regem Totylam nuntios misH,
exquirens quid de Episcopo vel poptJo
fieri juberet, Cui ille prœcepit , ikeiu :
Episcopo prias à vertice usque ad caici-
neum com'giam toile , et tujic caput ^
amputa.
Calcee , calcier : Chausser ; câl'
ceare.
Après les siut à esperon
Vn Chevalier; Crée a non.
De la table ronde estoit
Moult grant ios en la C«rt avoit^
Ailuble d*un mantel hermin
Vint galopant tôt le cemin.
Cote avoit d*un diapré noble
Qui fu fait en Constanti noble ,
S^ot cauces de pailes calciées ,
Moult bien faites et entailliëes »
Sor les estriers ert afficiés ,
Uns espérons à or calciés»
Chrestien de Troyes , rom. d*Er»
et d'Enide,
Calghoie : Cuve à fouler la ven-
dange.
CALcuLCMEai : Calcul, estimation;
de calculas.
C H A C H A 75
la robe ou sur le ehaperop. C'est couleurs ; il y avoit cependant des
pourquoi on disoit en ce temps-là^ couleurs qui étoient propres à cer-
ce proverbe : Qui n'a point de teste ^ tains étals ; les magistrats les avoient
n'a que faire de chaperon; et cet rouges fourrez de peau blanches »
autre : Deux têtes dans un cha- suivant Beloy 9 et les avocats les
peron. Lesquels deux proverbes ont avoient noirs fourrez de même peau
changé après que cette coëffure blanche : suivant ces deux vers cité»
a été supprimée. On dit à pré- par Borel , les gens d'église en per-
se nt : Point de tête _, point de cha- toient de différentes couleurs.
peau ; ce sont deux têtes dans un r- 1. .. 1 1 .
ôcnnet, pour signifier deux per- L^*î^^r;?nr:^dô:?r;bLt I£f i'.
sonnes qui sont très-unies.
Les Annales de Paris prouvent ce A la fin du xv* siècle, on trouva
que Monet dit du chaperon du pré- cette couverture de tête trop in-
vôt des marchands; elles rappor- commode; on en retrancha les pen-
tent que Charles y, étant régent du dans et on ne laissa que le bour-
royaume , pendant la prison du Roy relet qui y mis sur la tète 9 formoit
Jean son père , ayant fait diminuer comme un bonnet rond ; et enfin ,
la monnoie, il eut peine à se ga- dans le xvi* siècle 9 on cessa entiè-
rantir de la fureur des Parisiens, et rement de porter les chaperons sur
qu'il eût été en grand danger de sa la tète, on ne les porta plus que sur
personne, sans un chaperon mi- lesépaules,comme les consuls dans
parti de pers et rouge que Marcel 9 certaines villes 9 et les magistrats ,
prevot des marchands 9 lui mit sur avocats et procureurs 9 lorsqu'ils
la tête. sont en deuil. Néanmoins, comme
Voici la forme d'un chaperon qui le remarque Borel 9 quoique les
se trouve dans les statuts de Tordre chaperons fussent hors d'usage à la
militaire de la Couronne d'épines , cour , ils ne cessèrent pas d'être
sous Charles YI , rapportés par du usitez dans les provinces par les
Cauge9 au mot Caparo. femmes. On voit encore dans des
La forme de cestui chaperon sera campagnes plusieurs femmes avec
moienne entre grant et petit , c'est des chaperons ; à la vérité, quant à
à savoir que le chaperon en fourme l'étymplogie de ce mot , on ne peut
il descendra largement jusques en- raisonnablement la tirer du latin
tour les espaules9 et sera si juste cfl;?ro;i« dont Festus s'est servi pour
entour le col et de bon bras, que signifier les crins des animaux qui
légièrement on y pourra entrer sans leur tombent de la tête sur le front,
être fendu ne boutonné dessous le Quoique la basse latinité ait pris le
menton , et la cornette doublée de ™ot caparo , pour signifier c/wz-
luyraesme de trois doits de large , pcron, il vient naturellement de ca-
sera longue d'un pied et demi, ,et P^h parce que le chaperon est uuv
non plus, sans nulle de tranchure , ornement de tête. . \
en toutes ses parties, ne es autres On appelle encore dans l'église
gamemens habits ou paremens du- chaperon, le rond d'une chape;
dit ordre. parce que ce n'étoit point autre-
Les chaperons étoient de diverses fois un ornement , mais un man-
eu
CAN
Ciafans : Sorte de fil propre au
tissage; de cannabum.
Camioh : Tombereau à trois roues.
Il fnt conclnd en toute dili^nce de
tbirer les terres de la donye joindant le
bolerercq de la porte d'Arras par hottes
et ctamoru.
Registre aux Consaux de la vilie de
Douai, li jaiwier i^^T .
Gakiuixxb, candeUUy candoile :
Chandelle, bougie f flambeau ; can-
delà. Voyez Batàgb et Ehbmiiiiqviez.
li Ostes li grand paor avoit
Monta warms d^une candoile
Por emrder le grand mervoile
Dont u formant se desconforte ;
Por choa le candoile avnec porte ,
Connoist le Prestre sens demeure.
•
Fabliau de la Longue nuit , v, 865 et 868.
Mais dolans sui ke nH yoi goûte ;
Dehait ait ki estaint la candele!
Kn haut crie , ses gens esvelle ,
Et alumer tantost commande.
Même fabliau , v. io65.
Quatorze deniers pour deux livres de
candailUs de sui.
Compte de Vhospital des Wez de i35o.
Candbleb , candelor , chandeler ,
chandelier : Fête de la Chandeleur.
F^oy, Cabibage.
Ban des goudales et cervoîses , Pan ia53,
le demerques devant le Candeur,
Caubelu : Chandelier y flam-
beau; de candelabrum.
Dit icelluy avoir <{uatre plas d^estain ,
quatre escuelles , trois pots , cinq cande-
iers, nng drechoir et quarante annes de
toille.
Testament du darrain aoust i48o.
CiHftEALiEi : Fabriquant et mar-
chand de chandelles. Voyez Mils.
CiNEi. : Gouttière, canal, lit de
rivière ; canalis.
Sera tenu ledit héritage vendu , sonf-
C AN
Caneve : Chanvre ; catu
Voyez FiLEiT.
C'est assavoir ke les tiretaines ai(
ânes de Jargece en ros et se fao
Tes train de Un u de canene, et 1
facent faire de laine.
Ban de tiretaines de
Cange : Change, banque,
d'une ville; cambiwn.
Vente d'une maison.. .• en 1
rue Saint Pierre , tenante k le m
caiiee et par derrière à le ro}
Juifs. 1399.
Cangecb, cangîères : Cha
banquier, agent de change
biator.
On fait le ban ke il ne soit na
dis ke il aboute hom ne fem(
doive à eangeur de nul denier f
gieres ne les content erraument
( secs ) et ki onques les i abou
aultre manière , il seroit à 5o liv.
de le vile , et li cangièi^es ki le
averoit en couvent a rendre s
contoit et paoit erraument , il
5o liv. et bannis de le vile.
Ban des Escheuins de 1
mois d^ avril 1247
Canjakt : Sorte de camelot
Voyez Acquêt.
C A9QVE , canques y quanq
ce que , ce que , aut ant que ,
chose que; tantum. quantui
Pren à l'aumaire canke il <
escrivain.
Bom. du S. Graal ,
Tousjours les ai trouvés en v
De faire canques lor prooie .
A lor bien estoie partant.
lÀ Congié Baude Fastoul d*An
Cavlavs : Chaland , p
acheteur. Voyez Trueve.
Cakne : Mesure de liquid
tenant un lot et demi ; de c
Lundi i**" janvier 160 1 , prés<
fois dix cannes ï M" les douie
Cherge : €ferge , chandelle de
cm. Voyez Qvaaignoit*
CHE CHE 75
CHAimDBiiBRB : Grand chande-
lier, candélabre 9 chandelier à sept
branches, tel qu'il étoit dans Tarche t «. • j» .^1 r^»» ^x i
d alliance, et tel qu'on en voit en- b,'„ict, MargnerTtte de Fie», m rem
core dans plusieurs cathédrales de
France y principalement dans la
Normandie.
»
rend
vefye immiBc^e de Urbain de Roddes.
Jtegtit. aux Testamenê de Phottel
de ville de Douai.
Et fist une chaundelabre mesnable de
or très net*
BibU, Exodcy ch. XKXVn , v. 17.
JFecit et candelabrom ductile de auro
mundissimo.
Cbavssibvr : Payeur 5 homme qui
entretient les chaussées, les routes.
Sar la plainte des taillenrs damages et
rf e pierres , faisant corps de naestier a^rec
les massons et les chaùssieurs.
Registre aux Mémoires y i5 dé-
cembre i6i5.
Cbavco||ëe. : Oreiller, traversin ;
ùiUciea, Voyez GAVEcuEtiL.
Che , chei, chel: Ce, celui, celle.
Chégile : Cécile , nom propre de
femme.
Chélénieb : Cellérier, homme qui
a soin de la caye.
Que iceulx Tins ils bailloient k un cha-
pelain ou aultre leur commis chélétiier
pour les Tendre à leur pourfit particulier.
Arrest du Parlement enjavéur de la
ville de Douai ^ contre le chapitre
de St* Amé de la même ville, du
a4 ^*^ 14^1 • Traduit du latin.
CHitTEB : Caye , cellier. Voyez
Affaitoiee de restes. /
CflEMRBLEfti : Jouter, combattre
dans un tournoi.
Chbivt : Le nombre cent.
Veult que ses couTenences de mariage
arec Marie Soupplette se femme, soient
entretenus , assaToir de remporter quatre
cent cinquante francs qu^elle porta en
mariage el chent francs pour cause de son
douajre.
Testament du 3 juillet 1398.
Chergb : Fardeau, charge.
Quele chose ne seroit griez as chaitis à
cui granz traTalz est nés de riTrCj k cili li
usages misme de nostre sensualiteit , est
si k chergè , ke nos en nule manière nel
poriens sostenir si nos par entrechain-
]anle repos n'en estions aiigiet.
Sermons de iV*. Bernard ,Jol. 109.
Quid non grave miseris , quibus et vi-
uere labor est quibus (quod pauci viden^
tur aduertere sentire penitus nemo) ipse
quoque sensualitatis usus invenitur oneri
adeo ut nequeat sustinerij nisi alterna
requiejbyeamur.
Cherin : Brosse à longaes pointes
de fer ; espèce de carde pour sépa-
rer des étoupes du Un.
Chérisse : Cerise ; firuit du ceri-
sier.
Chest àssaToir quatre deniers pour ché-
risses, cette dite cinquante- un deniers
semaine.
Compte de Vhospital des Wez, de i35o.
CHERnER, cherquer, eherquitr ,
cherquijer : Examiner , chercher ,
rechercher; du latin quœrere, ou
plutôt de circuire.
Lors cherkièrejtt li baron mainte terre
et mainte contrée , tant k'il li trouvèrent
famés et l'amenèrent.
Jtom, des sept Sages de Rome,
Mais je TOUS di par vérité ,
Ains cherquerai à la réonde
Trestoutçs les iaves du monde ^
Que jon tout plain ne li raport »
A-tant s'en va sanz nul déport ,
Et le bareii k son col porte.
Pabliau du chei^alier au Barisel ,
V. 519.
70 CHE
GHEEQtiEUsk : Sarcler.
Ghvbt, lisez ch'ert pour che tri:
€e sera 9 cela sera.
Quant il seront fîiit confesser ,
Seront reuber de mainte part ,
Ch'ert li confessions Renart
K^il fist entre lui et FEscoufle ;
Teus confesse chiet k un souile.
Le cheuialier au Barisel^v. i34*
GHESGtJN j chescung , cheskun :
Ghacuu.
Car Leale est , son renom le tesmoigne ,
Honneur y maint, et chescun le ressoigne,
Excepté toi , qui Tas mis en besoîgne ,
A lamenter en plours et plaintes dures
Le corps perdu du chief des créatures.
/". Complainte de Charsblois ,
a', stroph, , p, ia2.
Amour et toute charité
Contre les fauix péchés d^envies.
Elles ont en grant loyaulté
Plaines de toutes courtoisies :
Et si sont de chescung amies
En gardant toute honnestelé.
Plus que uous sans desloyaulté.
Le Miroir des Daines , p. 3oo.
Ghest y lisez ch^est : C'est; hoc est.
Caviaus et barbe , et le viaire
Li fist apparillier mont bel ;
Ch'est aroiz à Chevalier nouvel.
Ordene de Cheualerie, v. iio.
G11ESTI9 chestuij chestuy, chesty^
cestui, cestuy;: Ce. •
Chesti compte , i348. Chestujr compte,
124^* Recepte pour cestujr compte.
Compte de Vhôspital des Wez, de i35o.
Ledit Wages doit pour le retour de
chestjr compte.
Compte de le Taule du Saint-Esprit
, de S', Pierre y 1%%,
Ghevàleuubuse : Femme de che-
valier.
Testament de Jehanin de Landast, che-
valereuse, femme de Jehan de Bellefo-
ridre, en son vivant, Chevalier, du 3i
march i45o.
Ghiambbaie pour chie-en-braye :
GHI
Lenty paresseux, indolent, fainéant.
Chi.aessb : Valeur), cherté, prix
élevé.
Ghiebge : Cierge. ( Dans Gautier
de Goinci , liv. II, lui. 206, col. 2,
Ms. de la YalUère. )
Ghjebtàin : Assuré, certain
Ghiebtefieb : Assurer, témoigner^
certifier ; certificare.
Ghiebtification : Foi, assurance^
témoignage.
Chiebvoise : Sorte de bière forte.
Chiebvoisieb : Brasseur de l'es-
pèce de bière dite cervoise, i538.
Ghiesseb : Finir , cesser.
Chievbe , chie\frete,chiovre: Sorte
de musette d'une espèce plus grosse
que celle des Auvergnats, et dont
on se sert encore dans le GatlnoiS)
la Bourgogne et le limousin. D'où
chievreter, jouer de cet instrument.
Citole jprcnt , trompe et ^uevrete^
Si citole , trompe et chiewrete.
Roman de la Rose y v, ai3o3.
Ghifonie : Instrument de musi-
que à cordes.
Ghimitièbe : Cimetière.
Encor avons nous otriet que chimitièn
soit fais en chil lieu oà on puist ensevdir
celles qui là demouront.
Titre de fondation de la cure de
Vhôspital de Camp-Florit, du
mois de décembre ia45.
Gbingevx , chincheux , cinceux,
cincheux ; en Norm. quinqueux:
Mal vêtu , déguenillé.
Ghingutte, chicuite j chinqmtc ,
chircuite , cicuite : Enceinte y &ïdû8f
de circuire.
Sur le tencment et chincujrte des PKf-
cheurs.
Cartulaire des rentes de Si: Pisrre ,
de 1435.
Et sept capons sur tout rhéritage tt
chicuite où sist le grange des cartrieff>
Fenlù du a5 oetokv i(i3<
: <
ï
I
I
CAR CAR 63
LEMEim : Ghaniellement ; quante livres au travers de Peronne,
^''« XIII* siècle.
({ue Ten sache liqnel mariage CuikEIGNON : Scel, grand cachet.
hiver, car il est moût de simples ^
le le savent pas ; si doit chascim Quant il orent asseï parlé
e nus ne doit espouscr chclle £® la Dame et de la Cite ,
rtient de lignage devant qu'ele a Blanchandin fist un bricf escrire ,
îuart degré , ne sa commère de ^"^* "^'** le carreigtion en cire,
Dt que che soit, ou de l'oume , ^^ provost le mist en ses mains,
famé, ne celé avec qui il a levé Rom, de Blauchaudm ^fol* i85 ,
B sa marrastre , ne famé qui ait ^<» coL 3.
nin de son lignage en quart pu r» • . .
)rochein degré, ne la cousine k /^/BTERIER , cartrier , charirier :
3 il a acompaignié canielement. Vieillard impotent, f^oyez Abb&OTB-
^^' WE , Chincutte et Plàtelet. Ces
e Beanifoisis , ch, XYiit, p. 99. «lots Ont également été employés
4u , carpel, carpillon, car- pour désigner un geôlier et un prî-
\ féminin carpelette , car- «onnier; de c^ïrc^dtr/a^. iesprison-
^ tite carpe dans La Fon- ^'^'* étoient simplement détenus ,
ivre V, fabl. 3 ; et sorte de ®* ^"*'^ *® détention, les caririers
uite dans Rabelais, liv. II, é*oîent enchaînés. Foy. Cbingutte.
pag. 227. Ensevelir les morfs et aidicr les car^
staige : Charpente ; état de 'îf'''' revestir les nus , les descaus recau-
.. *^ * chier, racater les pnsomers.
NTE : Fait, achevé , fini , fa- OEuvres de miséricorde.
vrrri. «.^r.^^».^»..^^ r-^-- ^® donne as Carteriers devant Nostre-
>TER , recarpenter: Cons- Dame k ciaux et k chelles du prnniel,
aire, arranger, fabriquer; vingt sols k pitanche,
r à l'état de charpentier ou Testament du mois d'octobre i3i5.
jisier. _
Câroile : A proportion, au marc
m'avez mis en mal trepeil la livre.
ïhel diable de bareil ;
ist-il carpentès ne fais , Et quant le fié a osté Tendu, le Seignor
ui emprenderai tel fais. doit faire crier par la vile où le fié a esté
du chei^alier au BariseLv. Lni. ^*^°^" "^^"^ '^ ^~*^"* ^^î"' ^«^ « *f^ i<>""*
' 4/^* pour estre payez, et doit nommer le sep*
E : Hachis, viande coupée ti^e \oxa. Et quant il auront provéla
ts morceaux. dethe , si cora il doivent, il doit les faire
?s
! veau
et recepveur une escuelle de se la dethe est plus que monoie, le Sei->
eau. A ceulx du<)ict grand- S^^^ ^^ doit paier par caruàles k chascun
ortier , pour leur plays ( recréa- son avenadt.
scun deux deniers tournois. j4ssises de Jérusalem , ch, GXCV.
néglements de VHosuIerie. q^^^^^ . Association , assemblée,
JE : Charge de marchandises réunion de plusieurs personnes pour
du poids de trois cents cin- voyager , pour aller en marchan-
\
64 C AT
dise 9 en pèlerinage, ou pour quel-
qu*autre sujet que ce soit. Mot dé-
rivé de Tarabe, ou des langues de
TAsie. En basse latinité caravima et
carvana*
Or, vous dirai Vest carvane. Li mar-
clieant Saraïin , auant ils TO«Ient aler en
marcheandise en lointaines tierres » si pa-
rolent ensemble pour faire carvane , ^t si
sont par aventure, uyint, a trente, a qua-
rante , et cascans cameus, cinq soumiers,
selonc çoa Vil est sires et rices hom , et
tous cargiez de marcheandises , et si se
ralient ensemble, et portent avoec aus lor
marcheandise et lor tentes , et pour 90a
portent-il avoec aus lor tentes , Vil ne se
herbergent mie en nule vile devant ^a
Vil viennent à la vile ù il doivent aler , et
ù-il doivent descargier lor marcheandises,
ains se herbergent dehors les viles, quand
il ont fait lor jomées , et rendent lor
tentes , dont les fait garder li sires , en
qui tierre il sont par nuit et par jour , et
conduire fors de sa tierre pour le traviers
Vil en a, et ensi font tout li Signer parmi
qui tierre il passent.
Histoire de la Guerre d'Outremer,
Dans les statuts de TOrdre des
cbevaliers de S. Jean de Jérusalem,
tit. 19. Deverborum signif.y S. 19.
Garvana , Syrorum et Arabum lùiguâ ,
significat ooiigregationes hominum , ut
unà alùjfuid negotii peragatit^ à majori"
hu$ nostris usurpatum m delectufratrum.
Habendoj cum ad subsidia per arces et
trirèmes distribuuntur , aut alio per tur^
mas mittuntur,
Gastblàin , castelan , castelin :
Châtelain, gouverneur d'une ville
ou d'un bourg qui avoit droit de
chastiau et de main-morte; de cas-
tclum.
Au castelin d'Arras voel dire
Comment courous , anuis et îre ,
Me fout plourer et iarmoier
De ce que li miens cors empire.
Li Cotigié Baude Fastoul d^Aras ,
V, 409.
Càteave : Troupe, bande de sol-
dats ; caterva.
CAU
Puis quant la bourgeoise est en giBes
Une calerve , une brigade ,
Vient jouer aux sons des cimbaki,
Au glic ou à la condampnade.
Coquillart, Droit» nouveaulx^f. a3.
Cathiu, catiche, catin : Cathe-
rine, n«m propre de fenmie.
Ce cat non ne vient de Calais ;
Sa mère fu Cathau la Bleue ,
C'est du lignase des Anglois,
Car il porte tiSs longue queue.
Poésies de Jehan MoUatL
CiTMAHiEir, choimahieu : PeiiH
ture en camaïeu.
Je donne.... kBIargotine, ma nièpeii
mon bon saupder.... avec on c a tmak m
pendant aus oites patrenostres.
Testament Ju 37 aptnril i43i<
Je donne a Grërard Pollet, mon nepvoi.
deux anneaux d'or, l'un^ ajantQndbi^
mahieu , et Tautre ung diamant.
Testament du 29 octoir€ 1S91.
Càtoule : Ruche de moaches à
miel.
Item, le nef qui admaine en ceste vilbi
vans , corbisons et catoires , doit trav
deniers douisiens et des petits panervu
et corbisonchiaux ne doit-on nienU
Sentence au profit de VEsculier le CowKt^
à Douai, du aa atnril \lfi»j,
Càucekente , cauchiers : BasCt
souliers, chaussure en général; ie
calcdwientum.
Item six mars , sur les lubes Engber-
ran Laiaing pour acater cascun an caace-
mentes , et nates pour départir as povrcs
de le ville.
Compte d'uîie exécution testamentaire
du g mai lii'].
Si doivent li devans dis Gossars et
Robert , donner et départir cascun an ces
quarante sept sols en natcs et cauchien,
as communs povres de ceste ville.
Commission de Receifturs .
nouembre ift83.
Gauche, cauces : Souliers, guêtres?
bottines ; de calceamentum.
ai.
\^A
€ AU
tornc les gambes hors du lit ,
la unes cauces brunes ; p'uist li
y ces cauces tous donnent à en-
erre ù deve's repairier.
L'Ordene en prose , p. 8i.
îE, caucée, cauchiej cau-^
mcie , caulché , caulchée :
t chaussée ; de cakata,
trespasse la cauchie ,
s^est vestue è cauchie î
acion de prinsau^^
e vies posterne saut ,
;$ eus porte les dars,
mprenés de faus regars,
aint home ont mis a mescbief ;
voit bien armé sun chief.
fioiement d'jânUciist ^fol» aai ,
;o/. a et fol, aaa.
EBEAU 9 caucherel, au fémi-
^herelie : Revendeur et re-
3 de beurre , d'œufs, de
e légumes et de volaUles.
'^OLIif.E.
ne soit ccuichereaulx , eauehc'
onniers ne coconnière ne aultres
les vendeurs , ne venderesse de
rains, ne aultres-, quiacate, ne
;er , au pooir et eschevinage de
B , pigeons en coulombier en
ne a trois lieues près.
Reg. aux ordonnances y fol, 3o ,
XV* siècle.
ETEUE : Fabricant ou mar-
ie chausses ; ces chausses
trefois cauches , d'où eau-
étoient des baui de drap y
de toile.
as estraier ne sera admis par les
rs , s'il n^est de le valeur d^un
ne.
Registre aux Ordonnances.
iiEE. Voyez Gàvcebientes.
ions : Chaussons, chaussure
n.
QUELLE : Défaut dans la façon
fes. Voyez Fieu.
{viEK : Presser dessus, fouler ;
C A V
63
Et aveucq les dites quattre couppes de
farine comblées à le couppe.au tercheuly
doit encoire avoir demi-boistel de farine
sans cauequier.
Briefs des Mosniers , x4 aoust 1437.
Gavd. Voyez Cal.
Caude ( à une) : En même temps.
Congië prend toute à une caude
A Colart Fastoul et k Baude ,
Et à Josin Fastoul après.
Li Congié Baude Fastoul d'Aras ,
V. 109.
Cacdiot : Feu de joie , feu de la
S. Jean ; de gaudiunu
Caudrelagh, cauiirelac : Toat us-
tensile de cuivre qui sert à la cuin
sine.
Je donne avoecq tonte le hngerie esthnt
en la salle comme eoi le taUttte et es deux
chambres hantes ayoetlcq^ ayec le eau-
drelaeh de la enisine.
Untament du ai fémer iSSo.
Caudebuee , cauderlier : Chau-
dronnier > artisan qui fabrique des
ustenciles en cuivre pour la cuisine.
Voyez M sirÈE d'Eage et Mils.
Cavf: Chauve, qui n'a plus de
cheveux ; càlvus. Voyez Chanjablb.
Cavmb, carne, caulme, chaulme:
Chaume ; culmus.
Caumbeie , cameri : Champ dont
la récolte est nouvellement sciée.
Cavegheul , cas^echeux , cavechil,
chavecuel : Traversin^ oreiller; de
culdta.
A-tant vers le chevès se trait
Sa mdin mist sor le chaue^uel,
Et trait arrière le linçuel
Si voit la ^orge blanche et bêle y
Et la poitrine et la mamele.
Eustache d'Amietts^ Fabliau du
bouchjier d' AhbeviUe*
CAVEScmEE, cas^ssier : Bourre-*
lier, ouvrier qui fait des chevestres
ou licols ; de caput, .
• . ■ ■
$6
C AY
Singe le Pharisien fu ,
Qui dehors se mon^tra vcstu
De bonté , en contrefaisant
Que justes fcust, et bien innant,
DeusTois junoit, si com disoit
£n ]a Acpmaine , et pas n^cstoit
Pesch'îur, si com le publicain
Qui K Dieu monstroit son nehain.
lie singe qui se fist pieça
Cauessier^ le sisnifia ;
Car tant se mesîa du mestier,
Qu^i s^en coupa en derrenier
La gorge. Fol mesler se fait
De cbose que aprins on n^ait.
O. Guillevillej Pèlerinage de la Kie
humaine. Ce conte a été imité par
Desperriers , tç^. I , p. 337.
CisTBTiEii : Racommodeur de sou-
liers, savetier.
En Tan Notre - Seigneur Mil.CC "LX
et XI , en moqs <|q jipipiiet , Raoul le vave-
tier, de trente «ns let de plus, nés de
Fourmpnt eu la 4.Tocé«e de Lisiuées , de-
mourant k Paris en la paroisse S. Meni.
X3r«. Miracle de S, Louis , p. 436.
Cav^vx , ciUfeus, cg^veux, cavex ■_,
çaviax : Cheveux; capilli de capta.
De ses eauex traire ne fine
As ongles son -vis esgratigne ,
Tant que ïi sans cquvre w face.
Il ne^calt que délit face.
Jtom, de Dolopaîhos^
Catelle : Gonfessioniial.
Je veus être enterré k S. Pierre , em-
près du piilier, estant Rêvant le ^ayelle
où le curé confesse.
Testament du 1% aoust i446*
C ATERE , cayelle , chayère : Chaire ,
chaise, si(^ge , pièce de monnoye sur
le revers de laquelle le souverain
étoît représenté assis ; de cathedra.
Elle valoit vinq-cinq sols parisis ^
monnoye de Flandre.
Je prie «i M le curé de S. Albin qu^'l
-ait à recommander par plusieurs diman-
ches en sa' charère pour des messes que
jepeulx ayoircuct.
Testament du 6 octobre x58i.
il
CÉL
hem , un agniel , une cayère et Irois
(iorius dW.
Compte de Vhospital des Wez de 1%.
CAYiùtiEJi, cayelier : Faiseur de
chaises.
Willaume Morel pour vin^-six hiv^ [^
vend a Bertool Lefevre cayèrier one m>.
sou et gardin en le me du grand CaateU '
Ceint : Tout ce qui sert à eotourer,
lange , ceinture, corde ; d» m-
iorium.
Deux fermai d'or au col li baille
En-ini le pis un l'en remet
Et de li ceindre sVntremet ;
Hais c^est d^un si trez riche eeinij
Qu'on ques Pucellc tel ne ceint.
Et pent au ceint une aumosniàv,
Qni moult fu précieuse et chiére.
Rom, de la Rose parlant de PygjÊi^
et de sa statue,
CiiiHTift : secrettement, par ds*
sous main.
Se 11 Sires at serf marcheant, JaHal
dist que Ten puet o le serf ausi plcÛis,
com o celui par qui il moine la oiarchafr
dise qui a céiantis,
Mss. du Roi, 71» 84o7,yô/.65,^'
CÉLATcus : Gravure, cisehiure.
Por ceo envoies à moi un liom ensdgBÂ
que conust de overer en or et en u^
et aresme , et en féer , en porpre, sotoc-
cine , et m\ jacinthe et qne sace grnecla
céiatures , od yceux artifiours , leMMS
jco ay od moyen , Juda et en Jernsuoi
que David moun père ad appareillée.
BiSle Paralipom, cap. H, v. 7<
iKfifte ergo mihi virum eruditum fd
nouerit operari in auro et argento , et
etferro, purpura , coccino, et hradutkt
et ^u> sciât sculpere cœlaturas cum l»
artmcibus , quos mecum hai^eq in Jadee
et Jérusalem, quos. prepparaMtDJufidf^'
ter meus.
[3
Celèseb : Célibataire, qui n'est
pas marié.
Je , Marie Laucrin , fille menant rie
célèôre» Testament du i^ janvier ^r
y
K.
\
GEN
TIEN 9 celestre : Céleste ^ qui
ciel; cœlescis.
iez le eelesu'en Roi
'ci ait Pâme moi.
astojrement , Conte a8 , vert 56.
KLE& : Combattre , Jouter ,
' le prix du tournois ; de
fonné du latin siniuL
rriEB : Cimetière; cœmeie-
: Route y chemin ; d'où
9 marcher.
Ey cenellcj saneUe, sérielle:
! Tépine blanche ou de Tau-
ent comme saaveclûjie
glant et de la faine ,
. fruit que porte boscagef ,
ires , de prunes sauvages {
s mangent , et oerteles ,
m , comilles , et pruneles ,
!S quant il les troeyent.
\ien de Trores , Roman de GuiU
me d'Ansteterre , ii» 6987 fjbl,
I, f^** col. I.
; assez plus beaz qui yîent,
ill au roi de Tudele
t vers lui une cenele,
moji de Blanchandin y fol. 177 ,
H? col. I.
ij changiez chenglé: Serré,
9 enceint ; de cingulum,
s : Encenssoir, vaseàbrû-
»arfums.
re Âungele que fu en estant de-
;ly signefie le Fuils Deu en homa-
enser d^or signefie seinte Glise ,
icens y les oreisuns au Seins. La
L encens que munte , signefie la
ion des queors que snrt des oreî-
qu'il ampli ie eenser del feu dei
aefie qu^ esprent les qoeors de
"6 de sa passion.
««/ipM kiâtorié^ Mi, , n* 7018 ,
fol, xo, F:
\Vi%yCens$ier, censier : Celui
C ER 67
qui occupe des terres à cens ou à
ferme. Voyez CeiNQUiTE.
Sur ce que Jehan Dupré procureur et
recepvenr de le bonne maison Saint Ladre
aroit adjonmë Pierre Florent ceftsseur
et tenant Les terres de la<Iite bonne mai-
son , disant qne ledit eenasier avqit re-
froissié , et mis sus plusieurs terres on
qu'il ne pooToit
estre les despouiiies desdits refiroissis au
deseur de ce qu^ de voit refroissîer ad->
jugées au pourmct de ladite bonne maison*
Sentence des eschevins de Douai, du 3o
juin 1440. Registre aux sentences,
foL 177.
Cbhsivs : Étendue d'un fief sur
lequel il est dû des cens ; redevance
du cens ; héritage tenu à titre de
cens,, lieu où sont situées les terres;
sujettes au droit de cens. Être dans
la censive d'un seigneur, c*étoit être
ou devenir son censitaire.
Censivbmsnt : A droit, i titre do
cens.
CBNTBVIEI9 centenarion : Officier
de justice^ juge d*un village ; d'une
centene^ ou |uridiction ; centanarius.
Cerisine : Sorte de breuvage usité >
parmi les Tartares.
Cbbcilb 5 cerceUe : Sorte d'oiseaa
aquatique de la forme du canard >
mais plus petit.
Ceemaiit : Véhément, furieux.
Ton espirit souffla et la mer les cou^
vriet ; il sont noies es eawes eermantes
aussi GQm plom.
Bible, HisL Cant, de Moyse , Ms. de.
SoHtonne, JSxode ch, XV , vers xo.
Flavii spiritus tuus et operuii eos mare:
suhmersi sunt quasi plumbum in aquis
vehementibus.
Cebqijei, cerker , cerkiec ^ cer^
quier : Parcourir, rechercher; cir-
cuire.
Sont ensanble au conseil aie ,
AsM« i ot dit et parie
06 C H A
Lois et decrez cerquent et qaèrent ,
Les capitiaz recomencéreut.
homan de Dolopathos,
Mais li cacrs est à autre mire
Ki bien le saura manier.
Tous mes amis me fait cerkier ,
Et cascun roarer et prier
JL'û soient lié de mon martire.
Li Congié Baude Fastoul d^Aras ,
vers 41 5»
Gbbvoisb, cervise, chervoise : Bière
foible qui valoit un denier Douisien
le loi, en i25a et 1267. Voyez Gou-
DALE.
Ceitdepoinct : Courte-pointe.
Je donne à Phospital Saint-Jacques ,
uns lict parcheret , ung couvertoire de
tapis , un ceudepoinct, une paire de gour-
dines de saie.....
Testament du q5 juin i58i.
CEVLfSOiiy pour cœuiUison : Ac-
tion de cueillir; récolte des fruits.
Item f à chascun malade une coupe de
pûmes à loyale ceulison.
Droitures des ladres de Douai ,
XV* siècle,
Çeval , ces^aus, cevax : Cheval;
cabailus.
Aucasin fu armes sor son ceual.,..eï li
cevaus sorqoi il sist est rades et corant...
et li cetmx qui ot senti les espérons, Fen-
porta parmi le presse.
Fabliau d*Aucassin et de Nicolette ,
pages 388 et 389.
Cevalchbb 9 cevaucher y cevau-^
chier y cevauhier : Aller à cheval ,
montera cheval.
Chà : Ici , là , en ce lieu ; hic.
Par foi , dist-il , chou nVst p;:s doute
Que li Priex ne m^aist dist voir :
Or me pora m es lier avoir
Ceste machue \e j^ai cha.
Fabliau de la Longue JSuit , vers io35.
Chaàbles, chaablis : Branches de
bois^ branches d'arbres rompues ,
CHA
abattues , brisées ou cassées par le
vent ; perches , gaules avec k»-
queUes on abat les poounes, les
noix et autres fruits.
aussi pour
Chaables : S'est dit
cable i grosse corde.
Se dist-Pen que ce font Detble»
A lor cros et à ior chaables |
A lor ongles , à lor bavez ;
Mes tex diz ne vaut deus nayex.
Roman de la Rose , vers iSioC
* CHàAHGE , chaanche : Profit, uti-
lîté, chance, hasard heureux; de
cadere. Ce mot seul s'explique toi-
jours par bonheur ; pour avoir h
signification contraire il est tonjoiin
accompagné de mal^ mole où met»
Chascuns avint tele chaanihe
Que il en vit sa dëliyranclie ,
Si com Vavez or entendu.
Fabliau de la Longue Nuit , vers iiiS<
Chaant : Tombant.
Chaenb : Lien , chaîne 9 fers; sorte
d'ornement pour les dames ; de (»>
tenu.
IJne chaene i ot tendue,
Ainz plus bêle ne fu véue ;
Desor ot un molt bel enfant ,
Moit fu bien faiz , n^est pas trop gnA
Roman de Floire et JJlancheJlor^
fol.i^,Ii<*coLZ.
C BAIGNE, chaignon y chaingkon:
Le chignon du col; de catena. Yof.
MORETAIGNE.
Chaïm : Caïn , nom propre
d'homme.
Chaingle , changldy cengle, coin'
gle. Langue ou levée de terre lon-
gue et étroite entre deux fossés, ainsi
nommée à cause de sa ressemblance
avec une ceinture , cingulunu Les
chaingles sont communes dans les
endroits marécageux; c'est par elles
qu'on a commencé à les dessécher'
CHA
^ Je donne a Demiselle Marie de Villers,
ite du Saulchoy, et k Pierre Douby, son
lari , por don a^entre-vifs , une ehaiiigle
ï pré a Dorgnj.
-jicte du 7 mars 14S0.
"Willames de Goj doit faire une caùigle
c fosseit il le Noeuvelle sor le mares de
iiinze pies de terre, et als cainglede fos-
ïit doit estre commun à le ville , ensi que
Bise devins trouveront cherquemenement
a alcuns tans ke li pâture de le ville et
. fosseit deveront aler.
Acte du 7 juin laS^*-
Chiititeie , chaitive : Misérable ,
nfortunée, malheureuse, féminin,
echaiiif, chaitis: fait; de captivas,
O tu chaitiue char , char sote , aveule ,
b forseneie ? cum longement querras-tu
»s trespessans et deiiaillans s«las, mais
estrnctions ? Re feras - tu cluiitive s'il
^ent ke tu de ceste soyes botée ayère et
tgie'e k non. digne, et livrée d'altre part
B poine permanant.
Sermons de St. Bernard ffoL 18.
Quo iisque caro misera insipiens,cœca,
[emens, et prorsus insana caro, transi-
'arioM et caducas quœris consolatioties ,
mmo desolationes , si forte continuât re-
9eUi et indignam iuaioari hac gloria ,
magù autem nihilominus ineffabili in
vêemum excruciari pœna , quid faciès
oîseni?
GiiAinvAisoif , chaitiveison , chai"
ivison j chaitiveteit , chaitiviteiz ,
:kaitivoison : Exil , captivité , op-
pression, misère, infortune; cap-
ivitas,
Granx proichiére est Criz, 1d montanz
m hait , monat la chaitivison en chaiti-
/eie, Sermotu de Si, Bernard ,fol. ai .
Magnus prœdator-Christus , ^1*1 aseen-
iaus m altum , captivam duxit captivi-
tatem.
Chixgb, chcUcemerU, chalzemerU:
Soulier, chaussure; calceamentum*
Ghalihb : Chaleur.
Dimc covient k'avant manger viegne -
Al font d«l^ estomac ke bien retiegne \
CHA
69
Car deP estomac la parfundesce
Ke. plus chaud est , é plus ad molesc»-
De çeo k'en .celé partie junt ,,
Cbarnuse parties ke i sunt ;
E si est à la fie de prés veisine
Ke viande défit par sa chalitie,
Pierre de F'emon^ Enseignemenz
d*Aristx}te^foL 190, B^ col, i.
Chalt : Chaud ,.échau£fê ; calidus.
Chambélt : La petite ville de
Chambli , dans le Vexin François 9
département de PEure.
Chanbge : Change , échange ;
cambium; chanhgeur : qui fait le
change ; cambiator,
C H AND AILLE , chandeillc , chan-^
doile : ( de bœuf* de vache, de cire )
chandelle, lampe d'église , cierge ,
bougie ; candella. Voyez Candauxb.
et Candblbi.
Oncques Guennelet
Soubtil en tel j^it
N^eu fist la pareille ;
Dont pluseurs de fait »
Et par droit extrait
Morront sans cJiandeiUe.
Traité du malheur de la France ,
p, a38.
Et la Dame ot gastiaus et vin ,
Et blanche toaille de lin y
Et grosse chandoUe de cire,
Fabl, de la Borgoise d*Orliens,
V, 207.
CBhVDt^ES y chendres : Cendre»; lé
mercredi des cendres ; cinerœ:
Chanf&aih , chanfrein : Partie de
Parmure de lète d'un chovaL
CfiANJABLE : Changeant.
Chose profitable
Kar Fortune est chanjaSle
Ne soit de toi sesie ;
, Le fruut est mult bel
Quant le hatereL
Cauf est et pelë ,
Èverard de Kirkam y. distiques de
Caton ,fol. ao5 , /l* col, i ,
CflÀRtAEi : Droit qu*avoît le seir
70
CHA
gncur de prendre un certain nom-
bre de gerbes dans les champs qui
dépendoient de son ressort.
Chahsonele : Petite chanson ,
chansonnette ; de canticum.
Bien me porroit avancier
Ma cloi'Ce dame bcie ,
S'eie me voloit aidier
A ccte chatisonele.
Poésies du Roi de Navarre ,
chans. i , stroph. q.
Ghanitesge : Chevelure blanche ,
qualité d*ètre chauve.
Les cols plus gros par çeo rent
£ les bras pi ha gros ensement y
La face é ?D rêne esciarsist ,
Le sen ausi en aforsist,
È entardir fet ensement
Chanuesce , saciez veirement.
Pieiire de F'enion , Ènseignemer^z
d'j4n'stote,J'ol. 189, i?° coL a.
Chanvkee 9 échanvrer, escousser :
Oter avec l'échanvroîr les plus gros-
ses chrnevoltes qui sont restées
dans la filasse.
Chàpel 9 chapelet : Chapeau de
quelque matière que ce soit ; cou-
ronne de fleurs 9 particulièrement
de roses ; guirlande à l'usage des
deux sexes qui se portoit aux jours
de fêtes ^ de réjouissances et de
banquets. Chaptl de roses , petit
mariage. Lorsqu'on demandoît ce
qu^un père donnoit en mariage à sa
fille 9 et que Ton répondoit, il lui
donné un chapel de roses : cela
signîfioit peu ou à peu près rien.
L'ancienne coutume de Normandie
porte 9 que les parens peuvent ma-
rier leur fille d'un chapel dejleurs,
de meubles sans héritage 5 ou d'hé-
ritage sans meubles 9 et enfin 9 que
si rien ne lui a été promis lors de
son mariage, rien n'aura. De là 9 en
parlant d'une personne qui auroit
fait quelque grande perte, on a dit :
^r
;,
CHA
elle a perdu la plus belle rose de m
chapeau. Ainsi les religieuses, quant
elles faisoient profession 9 les filki
quand elles se marioient , les époii'
sées les premiers fours de leurs
noces^ portoient un chapel defleua;
il en éloit de même des ecOfèét^
tiques9 et des membres de confraMi
dans les grandes cérémonies deFé*
glise. Les prêtres en avoient le ym
de la Fête - Dieu , de même qv
toutes les personnes qui îaàxiokâ
partie de la procession. Depuis k
fin du XVI*. siècle 9 on a substitoédH
bouquets aux chapeaux de fieaiiji
et ces bouquets ne ûgnifient pis
rien. Dans les festins les convhv
en portoient à la manière des an-
ciens 9 et souvent 9 comme eux,co
ornoit de fleurs les flacons et les
verres. Cet usage s'est conservé oha
les francs-maçons dans les banquets
d*obligation 9 dits de la St. -Jean.
D'amours aussi semblablement
Vous direz quatre chansonnettes 9
Qui seront en alegement
Des deffaultes envers lui fiùttes :
Quelque chose que ce vous cousit,
Quatre beaulx Jtavpeaux defiortW
Dedens le jour de Pentheconste,
- Luy donrez tout par amourettes.
Confession de la Belle Fille, p. 270.
Et se tu n'as si grant richesse ,
Qu'avoir ne puisse, si te tresse.
Et au plus bel te dois déduire.
Que tu porras sens toi de'truîre
àhapel dejlnrx qui petit couste ,
Et ae roses k Pentecouste ,
Ice puet bien chascun avoir 9
Qu^il ne couste pas grant avoir.
Roman de la RoH.
Bailler^ ou donner le chapelet,
donner le prix ou la couronne au
vainqueur.
Le prince de Galles |>arlant a noAtre
Hoi Jehan , son prinsonnîer , de la valfor •
que il ayoit tesmoignëe k la bataille de
C M C M 85
CoMPAGEElE : Société 5 associa- I^t je vous chanterai une bone chanson
tion. ^® Bertran de Claquin , dont je fais men-
tion
Et tout li bourgois et li bourgoise ki De la compaigiie hlance dont je fa con-
ont compagerie à plus d'une seule per- paingnon.
sonne tere de ces coses , ke il les aient II nH avoit en Post chevalier ne garçon »
defiaites dedens le nativité S^ Jehan Bap- Qui ne portast la crois blance comme
liste , le premier que nous attendons^ sor coton ,
co mesme forfait. Pourtant la blaitce compaigne tous les
Ban des Êsckeuim de Douai , apeloit-on.
de 1257. La F'ie de Du Guesclùi.
Compagne : Monnoîe, pièce d'ar- Compaignesse , compagniesse :
gent de quatorze deniers 9 monnoie Compagne, femme 5 épouse. Voyu
de Flandre. Voy- Gatère. Goignant et MAisiAts*
Paye' 67 liv. 10 s. 9 d. obole en quarante ^^ laisse au Commandéres dou TempU
escus le piéche pour 34 s. 6 d. en une 4^, 1^ baillie de Flandres, dix livres pa-
quajére pour ^5 s. en six flourenches , ^^i^ > pour acater demi-marc d'hiretage
pour 18 s. 6 d. le piéche , en un royal P.of faire mcn obit cascun an et le Claris-
Î>our 23 s., en dix compagnes pour i\ d. ^i^^ n*® compaiguesse.
e piéche , et en une couronne de dix toui> Testament du mois d'ayril i5'j5,
nois pour i d. oboie.
_ f , /TT , , » o . », ^*"^® «® France et Liegars se compai-
Compte de la Taèle du SainuEspnt gnesse donnent à leur Prestrc-Curet... se
de iS. Pierre y de 1349. ledit Jaque va de vie à mort avant lidifte
CoMP..c«Ka : Habiter,se Uer avec ^"ce. ^^éreTîidit^Mul^H iS. t
quelqu'un , le fréquenter. tous les mœubles.
Bien se gardent li fol marié que il ne Testament du mois de not^emSre i3o8.
6cent esirange personne péchier en leur r^^^.^.^^ . tt«:^« j» x
famés contre le volentë £ eles par force CoMPAEAGE : Union d un compère
ou par paour ou par manaches que il leur ^^ ^ ^^^ COmmère pour tenir UD
facent , car aussint comme cnil qui à enfant sur les fonts baptismaux,
eles co7?ipai£7»er à forche seroient iusticié * o. j .^ , . , ..
comme ataint de rat ( rapt ) : par moût ^' **°'' chascun savoir que nus ne doit
mdllor rèson doivent estre li mari jusli- «PO«ser...... sa fillole, ne les enfans de
cië qui che leur consent et qui leur font «^"^ compère ny de sa commère pins le
fère ; car il son traîtres et mauves et des- ^omparage nez, ne chele quL a plevi au-
l^lg^l trui par parole de présent.
côust. de Beauuoùis, oh. LVH , p. 293. ^^"**- ^« ^^^^oU., ch. XVIIJ, p, 99.
CoMPAiGiïEE : Suivre , accompa- ^^^^i^ : Règle, ordre, justesse;
nu^x. proportion , qualité ; de coniparare.
^ * Bon cQmpc^ j excellente qualité ;
Quant le doulx fik Dieu sH baigna , ^^^^^ ^ proportion parfaitement ob-
&K:z'd^3r^g.. f "ée. sans compas s.ns me«i«,,
rwr.^ jTi. J m^ a démesure ,. extraordmairement.
Trésor de Jehan de IHeung , v. 2 1 1 .
Et dant Clermons li tiers voisins ^
Compaigne blah che : Association , Ces troi vin n'en chaça-il pas
compagnie C|ui portoit une croix Qu'il les senti de Ion compas-.
blanche sur ses habillemens et sup Eenri d'Andelrs , la BataUle
ses enseignes. des Fitu, v 06.
«-^
_ 1
;. t
;a G II A G II A
chaperons, qui étoirnt a queues de Jean Tprel, Jean Picard et Lao-
pendautes ou repliées sur la tête. rent Dupuys» avoit surtout en grande
Ceux des Demoiselles étoient de haine le dit Torel, parce qu'flkî
velours à queue pendante, avec un parloît irréverenient , sans mettre
touret et des oreillettes. la main à son chaperon.
Le chaperon des bourgeois étoit Ces deux passages ne prouieH
de drap, et la cornette étoit carrée. point absolument que dans toiAi
Celui qui servoil aux femmes les occasions on abaissoit son cb-
contre la pluie , n'étoit autre chose peron , et que ce n'étoit que sonnt
qu'une pièce de drap ou de came- les occurrences et suivant les jw-
lot , en forme d'un carré long, et sonnes. Le comte de Nevers van-
dont les femmes de paysans se ser- plier les Flamands de demeurer m|; ^'
vent encore dans différentes pro- ImMl ôte son chaperon , parce ipli
vinccs, dans les temps mauvais. étoit suppliant. La reine Isabelleè
Le chaperon d'un fol avoit des Bavière s6 plaint deTorel, noDMJ
oreilles des deux côtés. de ce qu'il n'abaisse pas son ai*
Il est certain que les chaperons peron , mais de ce ifuUl n^f psrief ' ^^
étoient en usage dans les xii* , xin* pas la main. ]
et xiv« siècles, et que les grands et Jean du Luc, en ses Jrrfis,»
les petits s'en servoient. Pasquier porte que les procureurs, lorsqaii
rapporte dans ses recherches , liv. étoient en robe et chaperon , fk
VIII, ch. XVIII, que les auteurs ne qu'ils étoient interrogez par Icpié»
sont pas d'accord sur la manière de sident, ils se découvroient mk-
saluer, étant couvert du chaperon , ment le front , et que le reste dek
principalement les hommes. Quel- tête demeuroit couvert,
ques-uns ont estimé, dît -il, que d^ j^^j ^^i il en faut ccmdiBe
nos ancestres usoient de cet acous- ^^ lorsqu'on parloit au Roi ou aox
trementdetètetout ainsi que main- grands, on se découvroit , à pio-
tenant que les femmes, c'cst^-dire, portion de la quaUté de ceux km
sans defeubler: Il soutient que c'est i^^^ p^ioit , et que, lorsqu'on p«-
une opmion fausse, il cite Mons- loitàuninférieur, ony portoitsw-
trelet , ch. LXXVIII , tom. I ; où il lement la main , comme dans la *
est dit, que les Flamands étant ar- ^^ jy^ Guesclin.
rivez en France avec le duc Jean
de Bourgogne , et s'étant relirez Au palais a trouve le riche Roy Fagon,
dans leur pais, il envoya le comte J>e pieu le salua , et fîtafflicUon;^
, ., ^ i* 1 *' 1 . Lenoyse va lever, mist main au eAtfMrai.
de Nevers son frère , pour les prier "^ '^
de demeurer encore quatre jours , Il est certain que dans ces siècles,
et là, dit cet auteur, le comte étant les chaperons étoient en usage pa^
arrivé, le chaperon bas et hors de mi tout le monde , depuis le Roi
la tôte devant eux, les pria à mains jusqu'au dernier de ses sujets. Alain
/jointes de demeurer avec luy en- Char lier, dans l'Histoire de Char-
core quatre jours; et au ch.GXCIX, les VII, rapporte que ce prince
le même Monstrelet raconte que la ayant repris la ville de Rouen, fit
royne Isabelle de Bavière , confinée publier que tout homme , grand ou
en la ville de Tours, sous la charge petit, portât la croix blanche sur
C H A C H A 75
a robe ou sur le chaperop. C'est couleurs ; il y avoit cei>eBdaiit des
lourquoi on dîsoit en ce temps-là, couleurs qui étoient propres à cer-
e proverbe : Qui n'a point de teste, tains étal s ; les magistrats les avoient
l'a que faire de chaperon; et cet rouges fourrez de peau blanches,
lutre : Deux têtes dans un cha- suivant Beloy , et les avocats le»
icron. Lesquels deux proverbes ont avoient noirs fourrez de même peau
changé après que cette coëffure blanche : suivant ces deux vers cité»
I été supprimée. On dit à pré- par Borel , les gens d'église en por-
ent ; Point de tête , point de cha- toient de différentes couleurs.
?€au ; ce sont deux têtes dans i//i , • t ..1 i. .
^««e., pour signifier deux per- L1îE?or:SrdÔS?!,ob::nt Iwf i'.
M)nne8 qui sont très-unies.
Les Annales de Paris prouvent ce A la fin du xv* siècle , on trouva
|ue flionet dit du chaperon du pré- cette couverture de tête trop in-
ràt des marchands; elles rappor- commode; on en retrancha les pen-
ent que Charles y, étant régent du dans et on ne laissa que le bour-
'oyaume, pendant la prison du Roy relet qui , mis sur la tête , formoit
^ean son père, ayant fait diminuer comme un bonnet rond ; et enfin ,
a monnoîe, il eut peine à se ga- dans le xvi* siècle, on cessa entiè-
■antir de la fureur des Parisiens, et rement de porter les chaperons sur
(u'il eût été en grand danger de sa la tête, on ne les porta plus que sur
lersonne, sans un chaperon mi- les épaules,comme les consuls dans
»arti.de pers et rouge que Marcel, certaines villes, et les magistrats,
irevot des marchands, lui mit sur avocats et procureurs , lorsqu'ils
a tête. sont en deuil. Néanmoins, comme
Toici la forme d'un chaperon qui le remarque Borel , quoique les
88 tiouve dans les statuts de Tordre chaperons fussent hors d'usage à la
milllaire de la Couronne d'épines , cour , ils ne cessèrent pas d^être
lous Charles YI , rapportés par du usitez dans les provinces par les
i^ange, au mot Caparo. femmes. On voit encore dans des
La forme de cestui chaperon sera campagnes plusieurs femmes avec
noienne entre grant et petit , c'est des chaperons ; à la vérité, quant à
I savoir que le chaperon en fourme Tétymologie de ce mot , on ne peut
1 descendra largement jusques en- raisonnablement la tirer du latin
our les espaules, et sera si juste cûpro/i(F dont Feslus s'est servi pour
Hitour le col et de bon bras, que signifier les crins des animaux qui
légièrement on y pourra entrer sans leur tombent de la tête sur le front.
Hre fendu ne boutonné dessous le Quoique la basse latinité ait pris le
menton , et la cornette doublée de ^^^ caparo , pour signifier clia--
luyraesme de trois doits de large, peron, il vient naturellement de ca-
sera longue d'un pied et demi, et P^h parce que le chaperon est un
Don plus, sans nulle de tranchure, ornement de tête. x
en toutes ses parties, ne es autres On appelle encore dans l'église
gamemens habits ou paremens du- chaperon , le rond d'une chape ;
dit ordre. parce que ce n'étoit point autre-
Les chaperons étoient de diverses fois un ornement , mais un mau-
r4 c H A .
teaii pour garantir de la pluie ,
lorsque Ton alloit en procession ,
courses très-fréqneutes dans les an-
ciens temps , et qui se faisoient
Quelque temps qu^Û fit , et ce cha^
peron étoit ce qui se.mettoit sur la
tète. La chape-, en général , étoit un
manteau que Ton notnnaoWplusfial,
de là on disoit :
Chapebonnbb et erichaperonner :
Se couvrir d'un chaperon, et
Ghapbbonner quelqu'un , le sa-
luer 9 soit en mettant la main au
chaperon pour le saluer, sbit en se'
découvrant de son chaperon.
CHABiCTiBK : Caractère , marque
distinctive. D^où charactèricque :
caractéristique.
Chàbbokhéis : Viande grillée sur
les charbons ; de carbo,
Ghabchan : Colier, carcan. ( Ao-
mand' Alexandre, n''. 7190'^^/. 5o,
R" col. 1.)
GâiBDONiL, chardonax : Cardi-
nal , prince de TÉglise romaine ; et
chardonneret : oiseau qui vit de
grains de chardon.
En chardonal douceur n'a point ,
Car chardonax com chardons point,
YoleD tiers voir uns chardons n'ail ,
Cil qui ne done as chardortalSf
Poignant trueye chardon auz ;
Li cÀ^zrr/oiia/ tout eschardonent y
Les eschars qui don eschars douent ,
Maint preudome ont eschardontf
Chardonal sont en chardon ne ,
Por ce poiguent comme chardon
Touz celz qui donent eschar don.
Gautier de Coinsi , Ms, de la
VaUière,foL 64, /î» col. a.
CnàBETiL : Tonneau.
Cha&n : Chair, viande ; caro.
Cherabiin ço est piented de science» é
reste mère est sur tutc science è sur tut
.<iens humain que Deu od la chaiii que il
de la Virgine rechut.
H*. Livre des Roii , ch. XXII*
CBA
CffABVBvsEMBNT ) chamieunwni,
charnieuseumeni : D'une mauièn!
charnelle ; carnaliter»
Tout soit-il ainssînt que qoemnne re-
nommée queure entre une isiïm wn « ^
en mariagi^, que elle est hien de piui'
houmes cnarnieutnent ^ et soit encore 1 „
Ten le sache par che que Pen les a foi]
converser ensemble ou par prësomptifiij
par lesquelles l'en puet croirre Fii-j
semblée de la famc, aautres personM
que de son mari.
Coust, de SeauvotsiSf ch» JLyUi , p. \
CaABfHAirAoïr ; La ville de Caph»
naum.
A-tant vint h loi ( Joseph d^Ârîmaflni]
nn home de Charphanaon , et dist IT
savoit tel chose ke ki en porroit afoir,;
en donroit à son fil santé.
Roman du Graal ^ fonds deiVolrt-|
Dame , ?*• 7 ^fol. 5 , /^*.
Chabbi&be : Route y fréquentée |
par les voitures. Voyez Ristbi.
Chartbe : Lettre 9 missive, oHofi-
nance.
puis li monstra
Le brîef que cil li envois.
- Celé en a la cire brisiée ,
Puis a la charire desploiée ;
Qant tote desploiée ra
Bien conut ce quel i trova.
Jlom. de Blanchandin , JoL i85)
/{• col. 3.
Chastel - Raoul , Chastel^Roou :
Chàteau-Roux , nom propre d'hom-
me et de lieu ; Castrum-Radulphi.
Eudes de Chasteau'Roou vint
Tost après sans grant partoingoance. |,
Guillaume Guiart, l
CnASTiÈREs 9 chastierres : Correc-
teur^ homme qui réprime, instruc-
teur, maître; castîgator.
En tous tiex cas et en semblables est-il
bien mcsticr que li maris soit chastierres
de se famé resuablement.
Coust. de Beauvoisis y ch. LYII, p. 999.
C H E G H £ 75
TTDSIABRB : Grand chande- Cheegb : Cierge , chandelle de
indelabre) chandelier à sept chre. f^oyez Qvamgnoit.
PS, tel qu'il étoit dans rarche t .î?. • .1* ^^ai tutm .-^a- ?,.,..
' ^ / , , .. Le i3«. lour d'anvnJ i565 , apM« cherse
ce, el tel qu'on en voit en- beïiict, Margoeritte de Fie», se rend
ms plusieurs cathédrales de Tefve immiscée de UrlMin de Roddes.
, principalement dans la Jtegist.auxTesuimens dePhostel
idie. de ville de Douai,
une chaundelahre mesnable de GhEBGB : Fardeau, charge.
/e, Exode y eh, XXXYII , v. 17. p^^ele chose ne seroît griev as chaitis k
cui granz travalz est nés de vivre « ^ ciii ii
et candelabrum ductile de auro usages misme de nostre sensuaiiteit , est
^i^o. si à cher^ , ke nos en nule manière nel
n « • poriens sostenir si nos par entrechain-
ssiEUR : Payeur , homme qui {anle repos n'en estions alîgiet.
^nt les chaussées, les routes. ^^^^^„ ^ ^, Bernard Jol. 109.
plainte des tailleurs d'images et q^^^ ^,^ ^ ^^^^^^ ^^^ ^, ^,..
s , faisant corps de mestier arec ^^ ^^^^^ enquihu» iqwod pauei videii^
ms et les chaussieurs. ,^^ aduertenf sentire pemtUs nemo ) ipse
Jiegistre aux Mémoires, 25 dé- quoque setuualitaii» utus ùivemtxir oneri
cembretQnS. adeo ut nequeat suetineri, niai edtema
/v Mï * • requtefoyeamur,
EC|EL : Oreiller, traversin; ^ "^
Yoyez CivEcuEtiL. Chebik : Brosse à longues pointes
chei, chel: Ce, celui, ceUe. de fer; espèce de carde pour sépa-
.,„ . /^A«:i« «/v«* ^../xnw» A^ rer des étoupcs du lin.
ILE : Cjécile, nom propre ae ^ V^ . - . ,
Ghebisse : Gerise ; mut du ceri-
ÉNiEB : Gellérier, homme qui **®'*'
le la caye. Chest assavoir quatre deniers pour ché-
risses ^ cette dite cinquante- nn deniers
:eulx vins ils bailloient a un cha- semaine.
u aultre leur commis chéUnier ^ ^ j m. •* > j mt— j- ki-
veudre \ leur pourBt particulier. ^''*''"» * ^'*«/«««^ *» ^^^ * l'So.
est du Parlement en faveur de la Chebbibb , chefifuer, cherquitr ^
lUe de Douai, contre le chapitre cherquijet : Examiner , chercher ,
plutôt de circuire,
' * «^ >) Lors cherkièrent li baron mainte terre
IBE de BESTES. / et mainte contrée, tant k'il li trouvèrent
BELEJK : Jouter, combattre famés et ramenèrent.
1 tournoi. Jtom, des sept Sages de Rome,
T : Le nombre cent. Mais je vous di par vérité,
que ses convenences de mariage Ainscherquerai k la réonde
cie Soupplette se femme , soient Trestoutçs les laves du monde,
us , assivoir de remporter quatre ?^ )?",*«"* Pl"° ""^ h'/P""? '
quante francs qu'elle porta en A-tanl s'en va sanz nul déport ,
cl client francs pour cause de son ^t le bareii k son col porte.
Fabliau du chei^alier au Barisel ,
Testament du 3 juillet iSgS. v. SiQ.
^6 CHE
GHERQVKLEh : Sarclcr.
Chket, lises ch*ert pour che cri:
€e sera , cela sera.
Quant il seront &it confesser,
S^iront reuber de mainte part ,
Ch*ert li confessions Renart
K'il fist entre lui et TEscoufle ;
Tens confesse cbiet k un soufle.
Lé chevfllier au Barisel, v. i34.
Ghescvh , ckescung , cheskun :
Chacuu.
Car Leale est , son renom le tesmoigne ,
Honneur y maint , et chescun le ressoigne,
Excepté toi , qui Tas mis en besoigne ,
A lamenter en plours et plaintes dures
Le corps perdu du chief des créatures.
/'*. Complainte de Charsblois ,
a*, stroph. , p. 132.
Amour et toute charité
Contre les faulz péchés d^envies.
Elles ont en grant ioyaulté
Plaines de toutes courtoisies :
Et si sont de chescung amies
En gardant toute honnestelé.
Plus que uous sans desloyaulte.
Le Miroir des Dames , p. aoo.
Ghest , lisez ch'est: C'est; hoc est,
Caviaus et barbe , et le yiaire
Li fist apparillier moût bel ;
Ch'est aroiz k Chevalier nouvel.
Ordene de Chet^alerie» v, no,
Ghesti, chestui , chestuy, chesty,
cestui, cestuy: Ce. •
Ckesti compte , i348. Chestuy compte,
ia4^. Recepte pour cestujr compte.
Compte de Vhôspital des Wez^ de i35o.
Ledit Wages doit pour le retour de
chestjr compte.
Compte de le Taule du Saint-Esprit
de S*, Pierre ,. i348.
Ghevaleukeiise : Femme de che-
valier.
Testament de Jehanin de Landast, che-
^alereuse, femme de Jehan de Beilefo-
ridre, en son vivant, Chevalier, du 3i
march i45o.
GHiiMBRiiE pour chîe-en'braye :
is
:
;..
GHI
Lent, paresseux, indolent, fainéant
Cri.ee8$e : Valeur 9. cherté, prix
élevé.
Chiebge : Cierge. ( Dans Gautier
de Coinei , liv. II , i'uL 206 , col 2,
Ms. de la Yallière. ]
Chie&tâin : Assuré, certain
Cbieetefiee : Assurer, témoigna^
certîGer ; certificare,
Ghieitification : Foi, assurance
témoignage.
Ghieevoise : Sorte de bière foito
Chiervoisiee : Brasseur de Feif
pëce de bière dite cervoise , i33l.
Ghiesser : Finir , cesser.
Chievee , chievrete ^chiovre: SoiK
de musette d'une espèce plus groM
que celle des Auvergnats , et M ^
on se sert encore dans le GatioMi ^
la Bourgogne et le Limousin. ïffk
chievreter, jouer de cet ÎAstrumeit
Citole prent , trompe et WUevn»^
Si citole , trompe et chietn^te.
Roman de la Mose^ v, axSoS.
Gh4fonie : Instrument de IM-
que à cordes.
Chimitieee : Cimetière.
Encor avons nous otriet que chimitin
soit fais en chil lieu oà on puist enss#
celles qui là demouront.
Titre de fondation de la cwrti»
Vhôspital de Camp-Floritj <b
mois de décembre ia45.
Ghiuceux, chincheux y cinceux,
cincheux ; en Norm. quinqueuxi
Mal vêtu, déguenillé.
Ghingutte, chicuitej chinquiu,
chircuite , cicuite : Enceinte , encktf^
de circuire.
Sur le tencment et chincujrte des Prct"
cheurs.
Cartulaire des rentes de St.' Pierre ,
de 1435.
Et sept capons sur tout rhëritage et
chicuite où sist le grange des cartrien.
fiente du ^S œtôire i(i^
CHI
ra tenu le dit csnsseur retenir le
le le censse , grange , et tous
effîces et^tans eu renclos ou ci-
it lieu et censse.
Bail du i5 ai'ril i4i5
LE : Simple 9 qui n^est oi
ni renforcé.
de le moitié d'une nef conrans
vre d^Eiicarpe , avec le moitié de
hostieuls et harnois de ledite
ssavoir d^un treille moyen , dVn
.'urc , dnu chingle.
I Q : le nombre cinq ; quinque.
kROTE.
9QU1SME : Cinquième*
fait le ehiaiufuistne joar de feb-
in i4i5.
artiexfant les escheuiiiê de Douai»
: Ville , cité , civitas ; d'où
rij citoyen, babitant de la
■
carîté , diex , car iie puis
:1 mont de cfael parfont puis
»er et as piez et as mains ,
\usse un de ches lins Tuis.
, cora che est grans déduis
vre 6 ches biaus chitoiains ,
chcle bêle cfûté ains
li savoir nel' puis pour mains >
issir de cbes grans annis y
s cuerA à chef mont empaint ;
.on cucr est obis biaus mes pains
>urs est clers et nule nuis.
oman de Charité , stroph. i65.
[)N : Sorte de torche , de gros
au de cire , de gro8 cierge ;
. y. AtI'ACQVB el EXTAINDAE.
s : Celui.
que les escberinsde Douai main-
que des faits advenus en Pesche-
c Douai oupooit proposer corps
nt, et que cnius qui le proposoit,
tenir eu terre sainte.
t/ie de Louis , comte de Flandre ,
du 3o juin 1376.
S 9 chieuê : Lei cieiu^; cçeli*
C HO
77
Dieu mist le fu au plus hait lin , et por
che ke li chieus et la terre et réye et li fus
avoient esté en une masse. . . . Li chius
estoit par nature chaus , et Tèye et la
terre par nature froit et pesant.
Roman du Graal %JoU 44*
Chivs : Choix.
Helyys de Provins a doneit et werpi
après sen deciés i^ Jehan de France , sen
fil , dix mœrs d'iretage k prendre k sen
chius , en tout Piretage que elle a k Douai.
DonnaUon du mois de janvier ia55.
Cbivs 9 chivos , chivot : La civette ,
espèce de petite ciboule, cœpa^cœ-
piUa. Yoyex Lettueb.
Une autre image i ot assise ,
' Tout en coste de convoitise y t
Avarice estoit apellée ;
l^de estoit , salle et soillée ,
Et si estoit mègre et cheitive y
Et aussi yerde oome ehitre.
Roman de la Rose*
Choih : Sorte de pierre dure , ou
de roche vive qui reçoit le poli
comme le marbre.
Choisie : Apercevoir , découvrir.
Tretous les trespassans véoit ,
Les pèlerins choisist qui viennent ,
Qoimoult humblement se contiennent.
Ib, , V, ia3o5.
CHornEE : Accélérer , presser ^ ex-
citer.
Celé a son afaire Moitié
Qui dmemeut ^rmd paor a ,
Car li Vilains riens ne gousta
De vin , por le mien essient ,
Ne vansîst mie por nient.
Se feme avoir quatre sestiers.
Fabliau de la Longue Nuit, v. laS*
Cboulx y chouUe : Boulle de bois
que Ton pousse avec une crosse;
sorte de jeu de mail. V. Caeesmaux.
Plus anciennement on désignoit par
cAozi/e les jeux de ballon, de paume,
et de longue paume. D'où chouleye,
Qa'elp aporta belc et polie.
De la forcst de chuene.
;8 CHU C I M
joueur de ballon et de paume.
Car mauf m^a si taint et noirci
Roman de lu Rose , vers i553o.
„ . . Chuils , chuYs : Ce , celui, celui-
JLi Cojtgié Saude Fastoul d'Aras, v. 438. ci. Voyez St.
Choucke , chocier : Se coucher , Churblubm : Goûter le vin m
se mettre au lit. s'en rinçant la bouche, comme le
Dont j'ai le pië si adurci
Que jamais nUére boins chouU^e,
Et puis si est el lit aies
Mais ne se chouca pas d'alës
8a famé qui au Prestre vint ,
Dont molt sovent li resovint ,
Car de fin cuer aime et désire.
Fabliau de la Longue JVuit , vers i36.
Et quant vont chocier, si true? enl
I<eur lis si bien estoient lait ,
Lors sive chaucent à tout £ût.
Ih, , vers 860.
Cbotek : Ménager, épargner,
exempter.
Une peu la main. Le front me s ne }
De bi^e frayeur je tressue »
Tant je doubte a passer le pas*
Je navrai plus à la cohue
Oh chacun jour on brait et hue ,
6e j'alloye de vie à trespas.
Tout beau , ma chère amye : hëlas !
Choyez moy. Certes , je diécjine.
Testament de Pathelin, p, 124.
Ghots : Distingué , choisi ; mo-
dèle.
Car son père , sire ,
11 est de Pempire
Le greignenr et choys ;
Et par mère eslire
On le pept , et dire
Ligne de Valoys.
Malheur de la France, p, 288
Cbueu : Careflser, amadouer,
flatter par de belles paroles, par des
promesses en Pair ; d^où chueriè ,
flatteries , caresses»
Il se set bien amo^gier
Par chuer et par sopioier.
Roman de la Rose , v, 3 148.
Cest la chose qui plus li plese ,
Qui bien le chufi et le blandist.
Ih» V, 3i57.
Franchise , por la porte ovrir ,
Contre Danger avant se lance,
£n sa main tint une fort lan«9
font les marchands lorqu'ilsessaieit
une pièce.
Mais tex fait molt le babuin ,
Le pajppelart et Pypocrite ,
Qui dou bon vin de Flerre-frite
Boit plus ^rans trais et churelure ,
Que tex fait grant chievre et grantLare,
Gautier de Coinfi » Sainte^Léocade,
vert i44i*
CikXfdes^cùtx : Ceux, ceux-là.
Icil vont en paradis ; aveuc ciaJt c'ai*jon
que faire , mais en In£er voil jou akr.
Aucassin et Nicoletu, p, 385.
GaoLi : Tête d'une massue.
Et Jehans qui tient la maçue
Qui mplt ot grpsse la cibole ,
Felonessement le rebole ,
Si que li Prestres v^ea ^ot mpt.
Hugues Piaucele ,fabL d'Estoumi,
vers 171.
CiGAToiRB : Plaie ^ blessure , ma^
que d'un vésicatoîre. V. PocQmi
CiEK : Chien , canis.
CiFLEB : Siffler, huer,oonspiMr',
de sibiliàre.
Ne doi mais aler au mares ,
Servir m^estuet d'un autre mes
Ke de mokier et de cifler*
Li Congié Baude Fastoul d*Jras,
V. 591.
CiMBALER : Jouer des çymbafa;
au flguré , avoir une mauvaise ré-
putation , qui sonne mal.
louiez, fiMeiyce conseil {e vous doime.
Fwez le fol , qui à tout niai s^adonne ,
Et dont la mère en maUjour fut enœinte).
Fuiez rinfame inhumaine personne ,
De qui le nom si mal cimbale et sonne
Qu'abhorré est de toute oreille sainte.
CUm. Harot , éprgr, contre Plmtiue-
^
CIT
CiaiiTEiB, cimiterie : Place y por-
che ^ entrée , parvis.
E tu feras la cimitrie du tabernacle en
|uel plaie dei^ austral é contre midy fe-
-ont les tentes de bis-retors.
Bilfle , Exod. , ch. XXYU v. 9.
Fàcies et atrium taheniaculi , in cujus
tustrali plaga contra meridiem erunt
.entoria de ty'sso retorta.
G iBGONGisioinnBm : Circoncire, faire
L^opération de la circoncision.
Saint Abraham la resbonna
Qui la circoncUionna.
Trésor de Jehan de Meung , y, 199.
Guup : Sirop.
E si TUS avez éructaciun é bretuas
Egre , ceo est par l'encheisun
£ signe ke Pestomac aye«
Frcit 9 saciev de ycritez ;
La mescine de çeo ke devez receivre..
Est ke devez chaude eve boivre
Od cirup acetus , é geter
Ceo vus deit mut al cors valer.
Etiseignemenz d'j^ristote , fol, 190 ,
y?.col,i.
CnnoiABy Croire: Ciseaux. Voyez
BnuduBS et EnQUfiRftE.
Crsâih y cUéain, :. Habitant d'ane
cité ; civis.
En Babiloine la cit^
Fuirent dui home resom^ ,
Pui citéain de grant hautece j
De parenté et ae richesse.
fabliau dp Pirami4s et Tisbé , v, 3.
CiTOix, citouant : Sorte S^épice,
non pas lacanelle, n^iis le sédoaire,
^;raine aromatique semblable au gin-
gembre et bien supérieure par sou
goût, sa qualité et son parfum;
zeodana»
Mais li chapelaia& de Saint Cire
Va en la niaison molt sovent
Por le (^genbre c^on i vent ,
For citoal et por espioe ^
C L A ^Q
Por atienelle et i>or rccoUce ,
Por rerbe qui vient d'Alixandre.
Guillaume le JSormand ^ fabliau du
Prestre et d*yilison , v. a8.
Je sai un charme qui miex vaut
Que gingembre ne citouauu
Fabliau du Filain Mire , v. 366.
Cius : Celui.
Et se le tirefaine nVstoit com li , bans
le devise , citis u celé par cui çoi| seroit
fivenut y il perderoit le tiretaine.
Ban des tireiaines y uix* siècle,
Claussiir f Clarisse : Nom de
femme.
C14VC11B 9 cloi^^i^ , clawmç :
Clôture , fermeture.
Claueteue , daveteur , clauvtfCUur:
Cloutier, marchand ou fabriquant
de cloux.
A PieroiVaiUant , claueteur pour daux
par lui livras » un cent de 18 liv. 4 *•
Compte dfi Ift ville de Douai,
de 1409 a 1410.
CiAWiGHntK : Aclouer, attacher
avec des doux; clavumfigere.
Mais puis esi fu triste et dolante ,
De ce qu^ele vit en croix pendre
Ses piez , et ses paumes estandre ,
Et claufickier et coroaer ,
Et en la crdix mort endurer.
Mais ore est lie et en graot joie f
Lk où ses dou« fins la conjoie.
Et tuit li Sains du Paradis ,
Chascuns la servent à estris,
Fablimu de la Court de Paradis ,
vers 27.
Clahwes, clous j clou, eUmx :
Clou^ de clc^vus,
Virgiles fist grvit signorie 9
Deus hanas pAit, Brans par ^Mtore,
D'argent de fresce aorora ,
Nois muscades et citoal ,
Claus de gërofle , garingal
E^t autres espisses j mist;
Et cil ordonne largement
Tin cuit e^ cilaré et piment.
Rom^n de Dolppathot-
8o CLE
A deus mains a aerse et prif e
Une grant machine de fau
Qui troya pendant à un clau.
Fabliau de la Longue Nuit , vers 974*
Maison emnrés le pont k le laigne , en
le proscbe Saint Aubin , nommée le mai-
son des oiauwes , joignant k la maison que
on dist la brasserie des martiaux.
y ente du 9 juillet i446*
Clâvee : Imprimer un fer rouge
sur la tète d'un animal pour le pré-
server de la rage ; de cUu^is. '
Glaystea : Fermer la porte ; pous-
ser la clavette , sorte de fiche de fer
servant à fermer les contrevents;
de clavis%
Glel : Clef; clavis.
Ne "ke nus démange les elel des
portes par nuit por seignerie ne por ma-
}estire , si ce n'est par le conseil d*escbe-
vins.
Ban de la ville de Douai, de i2^5*
Glengqvb , clique , cliquet : Le
locquet d'une porte. V. Sacquoul.
En la chambre sans plus atendre.
Vient k la dame congié prendre :
La clique sache. Puis ouvri,
La bêle dame s'esperi ,
Ses iex.ovri, son oste voit
Devant s'esponde trestout droit.
Lors li demande dont il vient
Et de quel chose il li soyient.
Eustacke d* Amiens , fabliau du Bou--
chier d^Abbeville, vmrs a4i •
Clebgesse : Femme instruîite et
savante.
Mais trop plus est k craindre une femme
clergesse ,
Sçavante en Part d'amour , quand elle est
tromperesse.
Poésies de Ronsard , citées parDérieux.
Martial, Epigr, XC, du lisf.llj
dans les souhaits qu'à fait, prie
que lesdieuxlegardentd^une femme
savante.
GLO
«Vit mihi vertia satur^ si non doctisiimt
conjux ,
Sit nox cum somno , sit sine lite dies.
Nos pères disoieni proverbiale-
ment:
Soleil qui inisame au matin ,
Femme qui parle latin ^
Enfant nourrj de vin.
Ne viennent k bonne fin.
^
Glikquaet, ou piètre : MonnoK
d'or de Flandre , valant cinquante
gros , et chaque gros sept denieii
tournois et un demî-dfcniœ toor-
nois. Il y avoit aussi des demi-clio-
quart.
Glocete : 'Petite doehe; instnh
ment de musique ; au figuré, jotei
plaisir^ choses agréables.
Car de s^amie tout pour voir -
Sa volenté bien qui de avoir.
S'en a le cuer et le corage.
Si tressaillant et si volage y
Si gai et si plain de clocetes^
Que sons nouviauS et canchonnetes
Gante et descante nuit et jour. ,
Miracle de Nostre Dante , vers ifS.
Glogu, clocul , éclocuj tirechte:
Poulet dernier éclos d\ine couvée,
dernier poussin d'une poule ;.ez-
clusus.
Gloke, cloque : Gloche; de clau-
dicare. Voyez Sikg.
Et ki onques passeroit parmi le forte-
rece de le vile par nuit entre deax clohsy
encore eust-il lumière , il seroit k 100 s.
Ban de la ville de Douai ^ xui* siècle.
Maison se'ante et au lonc deshil-
lettes sour le lez du lieu où on sonne 1>
cloque des ouvriers.
Vente du 3 mai i!^-
Gloqtjiee , clokier : Glocher.
Cloque mélodieuse en hanlt èloquier.
Refrain d'une balade desClercs pari-
siens de NostrC'-Dame à Douai %
xye siècle.
C E C F 81
Cl.OSn78 : Clôture; de clausUS. S'a ceus non qui lavoir porront :
_, . ,11. 1 l*etit donent , ne doutez mie ,
Saicent toatlie le mêle qui est entre le JS*i ait aucune coerie,
sison seigneur Bernard Pilate et le mai- a » r f t «.
n ki fu Jalemon Musekin, fu comunc *^^*'*^ leocade, vers iioÔ,
le vile et tenure ne elosius ke on i face CoEST, lisez CO est : C'est, cela
puet nen valoir ke il ne soit a le vue. ^ x "* ' ^
JDélihération des Esehtifitis de Douai • ^ , r. • *% ,
juin i^iS, Coe*t chou que Sainte Destrees et Jehan
•' * Bonncbroque ses frères ont délivrez par
ClouaiSON : Tribut ou impôt que le conseil des Eschevins.
s anciens ducs d'Anjou avoient Grand l'e^istre, coté N^ i^,féwriev
M^ordé ( octroyé ) aux maire et ^3x6.
îhevins de la viUe d'Angers, afin c^g^g . Oreiller , lit de plumes,
'entretenir les f ortîficaUons de leur couverture , matelas ; culcitra. Dans
Llle et du château. Il y eut en l an j^ citation suivante , U signifie au-
5oo, un règlement au sujet de la j^^^ ^^^^ chanoine qui est garnie
<iuaison de la ville d'Angers, qui jg pelleterie.
it imprimé à la suite de plusieurs
mutâmes de l'Anjou, au moyen N entrent n en mostier n'en chapia.
" " , •Il j-iu Por oroison ne por proiére,
uquel on peut connoître les diffé- ^inz vont en bois et en rivière
^ntes marchandises sur lesquelles Et conportent desor lor moffles
et impôt étoit levé. Lor coetes et lor escoffles.
CocHEEEAU 9 cocherel, cocheriau; Sainte Léocade , vers 1004.
o féminin, coc^cre//e; Revendeur, Ccbutil : Coutil, toUe de lit de
evendeuse. /^oj^ez Cauchemau. plumes.
CoGOCART : Imitation du chant j^ j^j ^^^^^ „^ ^^^^^ parchevet et
LMne poule après sa ponte : L au- deux oreillers lequel lict, parchevet
teur parlant des avares. et oreillers seront fumis de plumes en
raison.
Kî tfop côveite le tut pert. Testament du 16 mai x6ao.
L Voir ont eu en leuV part
Dont chaunterpount cococarc, CcBUvaB : Cuivre; cuprum, Toy.
Aesi corne fait la géline BiNiTOn.
Ke eococart chaunter ne fine
Quant cle a sun gros oef pounn. Toutes mesures seront marquées du
Vie dou monde , Ms. de Nostre Douisien, et seront lesdites mesures d'ai-
Dame,N,n^%,foL:^i.R'> ram , de cœ«.n. , u de bos.
col. I . Beg, aux Ordonnances ,Jol, it, F»,
xiT* tièck.
CocoKKi» : Marchand ; au fémi- ^ . ,
lin , coconnière ; marchande de vo- ««"«e " qx-ief : Couyre chef,
aille et de gibier. To^e. C.„cbe- voUe^JJ^ «ie f-me; capu.
""co««, -*«•-> t-'*^ •„?«"'' GXl--^e'r,oV:ne%K
présent , cadeau , héritage , succès- ^^^ escourccul et ung cœwre^uiej:
lion , biens à partager. Testament du 17 mark 145a.
I vont plusor, si corn moi sanjîle, CoFPEiiH : Trésorier, receveur des
anmr 11 Prélat trestuit ensanble , -a*
nthienjnwSrienançdonront, impOts.
m. '
89 G O G COL
Michel Maillot , cachevin moderne , CoiGlIB , cuicier : Dire des inja.
commis k U maïuance des deniers des ^es, maltraiter de paroles.
impots destinez au coure sauf a en ' '^
estrc remboursé par son successeur es- Coiciersï est dit de boche et de pt-
cheviu coffner. rôles , quant aucun cuice un autre, et &
Registre aux Consaux de la ville de î«* paroles hors justice , tu es ribaux et
JJouai
^uen/at gounifort ' .uignefat ^^:^ Z i^::^: ^r^::^
guignefort , guiguefat , guinefat ^ que c'est vdirsoSd'eKïondirepM la «e. i-
guiquefat, gunefort, gunifort , qui- ^,^ ^„ U^,.^ ,,o g. /j,/, ,«
qiiefat , quiquenfat : S'Cucupnat, / ./ -t
nom propre d'homme; cucuphas. Coignet : Petit coin , encoignot
Peu de noms propres ont autant Ployez Loigiïet.
varié que celui-ci. Le martyrologe Goignole, coignole^ conoignok,
de Gorbie le nomme cucufas , cuen- conoingnole : Sorte de gâteau pooti -,
tas , loguntas ; celui d'Ësternach , des deux bouts, large et creui
cucubas , locufas ; celui imprimé le milieu , aGn de recevoir oa fc
chez Plantin , en 1564^ Éloge, du contenir un petit enfant Jésus a
«S*'' Eulalie , le nonune cuxupas ; terre glaise ou en sucre. On en lai T
enfin , dans le martyrologe de saint encore en Flandre tous les ans à II
Wandrille, il est appelé loquunfas , fête de Noël; on les achète à Tissue
quoquofas, de la messe de minuit , et rentrant
CoGER : Contraindre , forcer ; ^ la maison, on les place au chevel
cogère, ^^ "^ ^^^ enfants.
GoGNATioN : Parenté, aUiance; Cointereax , cointerel .-Joli,
cosnatio. agréable, gracieux, aimable, beau,
° ' paré, ajusté. Voyez Ekgraissul
Cil sount les fils Séem sôiom les cogiui. CoiRiuLX : Garreaux de marbre,
flou, et langges et lour regiouns en ïour ^^ ^^^^^ ^^ ^^^^ ^^.^^ ^ ^^ ^
Bibte^ Genèse, chap, X, v. 3i. RoiJLLE. Coireaulx de cauchit:
Grés a. naver
Isti Ji m Sem , secundum cofçntiûonn et "
linguas et regiones in genlibus suis, Et veult ledit testateur que de ses biens
^ fust se tombe pavée de coiraulx comme
LoGNOM, 00 gnon : Ces mots ne Taultre pavement ou plus.
signifient pas breuvage empoisonné, Testament du i«' mai il^
poison, mais un nom, un surnom,
le cognomen des anciens. Lesplei- Com», cocaus ; Sorte.de bateau.
gnay , parlant de la mort du Dau- ^^ cascun cohen qui maîne grain, del
phin François, fils du père des ^"7"» denier de deux coc««x, trois
lettres et des arts , empoisonné eii "'*'^^®*-
1556, avec du hareng, dit en s'a- ^«''7^" ^^^'^S'^ d'Escarpel, de la;!.
dressant à l'assassin. : Golche , colice : La ville de Co- '
Pire est que le cruel Nëron ^*""- ^1»"^, lib. V^ cap. XXII, la
Néronissime est ton cognon , nomme colîacwn pronwntoriùm; et
L*c2penence en est en cUect. DenyS le géographe, IB^Xtas^ Biêfhf.
COL
CotECTB (4e) : L'ordre de» reli-
gieux de S* François y dits récoUets>
Deux frères meneors de Pordre que l'on
Lit le coUcte tinrent en plaine halle....
Begt'st. aux Consaux de la ville de
Douai jfoL 9a , i*' juin i5o6.
CoLÉB , collées : action de frapper,
le punir; coup de poing , soufflet ,
M>up d'épée; coup d*un corps tran-
chant ou contondant. Delà colée ,
)our désigner le soufflet et le coup
l*épée sur le col que l'on donnoit
lu nouveau chevalier. On dérive
5e mot colée , du latin collidere ,
: rapper ; de colaphus ; et pour la
lernière acception, decollum.
Fioires tenoit sa grant espée ,
Moult Ten dona pesant colée ,
A mont el heaume reluisant ,
Blerveilles i ot cop pesant.
Roman de Floire et Blanc hefor ,
fol. ao5 , P^* col. I.
Je met por cels de la mèson
Le mien cors trestout a bandon ,
Et si recoif mainte coUe ,
Souvent de coutel et d^espëe
Et de chaillous parmi les costes.
Fabliau de VAsne et du Chien j
vers 75.
Il (Dieu) est misericors et pis ,
If es sa venjance est molt soltis ;
Molt done Dex fières colées!
De tantes granz en a donne'es ,
Dont il nos déust bien membrer ,
Assez en sauroie nommer.
BiàU Guiot de Prot^ins , vers 880.
Et en après li demanda ,
SHl i faloit plus nule cose ,
Sire , o'd mes fère neP ose.
Que chou est donc ? chest li colée,
Porqoi né le m'avez donnée,
Et dite la sënétianclie ?
Sire , chou est li ramembranche
De chelui qui Fa adoubé
A cUeyalier , el ordené ;
Mes mie ne le vous dof)ron ,
Car je sui chi en vo prison ,
Si ne doi ièrt yiloume
COL 83
Por cose c'on me fâche et die ,
Si ne vous voel pour chou férir.
Ordene de Chevalerie., vers a5i ;
GoLEs, colletz : Choux.
Se bâtirent le semencbe de ooles dont
y en beut trois coupes. '
Compte de Vhospital des fVez, de i36o«
Vente d'une colletiers advestie de ool"
letz cabus. 16 octobre i5o7«
CoLEUR : Couleur ; color.
Et nus teliers ne meie filet d'escorce en
tiretaine de coleur, sor le forfait de 10 1.
et sor perdre sen mestier.
Ban des Tiretaines , xiii« siècle,
CoLEXTE : Récollet, récoUettc. F'.
COLBGTE.
..... que lesdits frères mineurs deb-
voient estre expulsez et mis hors de leur
religion , en y recepvant en leur lieu les
colextes,
Reeist, aux Mémoires de la ville de
JJouaifJbl.g^f Z^», i5 juillet i5o6..
CoLiER : Homme qui traîne un^
petite voiture , une brouette. F^oy.
Browetier.
CoLLAUDER : Loucr 9 célébrer,
chanter les louanges ; coUaudare,
Le paranjmphe Apollo cheveleux
Voyant les gens par trop adventureux
A co/2audertous les membres du corps.
Fauzelles , Blason des cheveux,
CoLLOGVTioN : Entretien, collo-
que , dialogue ; collocutio.
Et suis disposé d'avoir k toy devises et
coUocutions et de te déclarer et exposer
ce que tu me demanderas sur ce propos.
Danceaux Aveugles , jf' S-
C0LMTGTE& ^^ battre , lutter , ré-
sister ; cgUuctari,
CoLLUDER : Tromper , frauder ,
duper ; colludere. On disoit d'un
procureur et -d'un avocat qu'ils col-
ludoientXqrsfjac faisant mine de bien
84 G O M
défendre leurs clients, ils s'enten-
doient avec la partie adverse.
GoLLrTAno^ : Fraude , tromperie,
collusion ; de collusium.
Colombe : Pilier, colonne; co-
lumna. Voyez Oonie.
CoLOMBiN, au féminin colombine:
Gai, joyeux, qui aTair modeste et
réservé.
GoLOMBiNB : Fumier de fiente de
pigeons ; de columbus.
GoLosTRE : Lait caillé dans le sein
de la femme au moment de la nais-
sance de Tenfant.
GoLPsa : Trancher, couper.
Pur ço li reis Anon fist prendre les mes-
sages le rei David, è rère la meitë des
barbes , et colper'ÏVit yesturc très par les
nages , si cungead k-tant.
Ile Livre des rois , ch, X.
Goi^-RussE : Bile noire , épan-
c^^ement , dégorgement de bile ;
choiera rufa.
Mes mut Teiller en se'ur sëez ,
Ke la clialine énoite en véritez ,
£ ledit Pomme è mégre rent ,
]S ensecchit le cofs énsement,
£ colre-russe engendre aussi ,
£ nommément le cors enmegri.
Pierre de P^'emon , Enseigtiemenz
d'Aristote ^fol. 19a , Bp , col. 2.
GoM : Gri d'exclamation ; ô com-
bien I
GoM , lisez c'om ; que homme ;
que Ton.
Or me faut cliascuns de créance ,
Com me sait povre et eudetei ,
Vous r'avciz hors dou règne estei
Où tout avoie m'atendance.
Rutebeuf, Dit sur sa pauvreté,
Jk ne sera ma porte overte ,
Que la maisons est trop déserte ,
Et povre et gaste ,
Souvent n^y a ne pain ne paste ,
Ne me-4)iasmez, ce ne me hastc
Dealer «riére ,
GOM
Que jk n'y ferai bêle chiére ,
C*om n^a pas ma venue chière
' Se je n^aporte ;
C'est ce qui plus me desconforte ,
Que je n^oz entrer k ma porte,
A vuide main.
Le mariage de Buteheuf.
Gomaht: Gommensal.
Paye' k Adam le Yaquier pour Wttder
et cachier les biestes k corne dudit faos*
Eital. Si y avoit quatre vaques et quatre
ouviaus pour les cornons.
Compte de Vkospital des W» ,<&
1369.
Comble : Diflfêrend, débat, con-
testation.
Et se entre mes exécuteurs , mes nep-
veux et niepces ou autres, avoit ancim
comble ou contradiction pour Toccasioi
de ceste devise
Testament du \SJevjrer iBSi.
GoMBiGif QUE : Quoique ; quoiqu'il^
quoiqu'elle.
Vulcanus cstoit si lait
Que pour rien Venus ne l'amast
Combien que mari le clamast.
Roman de la Bost,
CoMiN : Le cumin , plante ombd-
lifère ; cuminum.
De marcbéandise est manière
De çomin, de poivre et de cire.
Guillaume le Normand ^Jahliau h
Prestre et d'Alison , ven 36.
GoMMOBiEusEMENT : Commodé-
ment, à l'aise, sans gène.
Je veux estre enterré derrière le chœur
ou devant le repositoire du S* Sacrement
ou mieulx ou plus commodieusement qoe
faire se pourra.
Testament du 11 avril i565.
CoBiMrNAVLUENT : Tous ensemble^
en commun ; comminiùs,
D'Iiuec se part isnelement ,
Et voit venir communaulment
Les Patriarches toz ensamble.
Fabl. de la Cort de Paradis, v, no-
te
L
GOM
CoMPÂGEEiE : Société , associa-
tion.
Et tout 1î bonrgoîs et li boargoise ki
3nt compagerie à plus d'une seule per-
ionne tere de ces coses, ke il les aient
siefiaites dedens le natÎYité S*. Jehan Bap-
tiste , le premier que nous attendons^ sor
Bo laesme for£ût.
Ban des Êschevùu de Douai ,
de 1257.
CoMPÂCNE : Monnoie, pièce d'ar-
gent de quatorze deniers , monnoie
de Flandre. P^qy. Gatèae.
Payé 57 liv. los. 9 d. obole en quarante
«sens le piéche pour a4 s- ^ à- en une
^uajrére pour a5 s. en six flourenches ,
ponr 18 s. 6 d. le piéche, en un royal
pour a3 s. , en dix compagnes pour i4 d.
le piéche , et en une couronne de dix tour-
nois pour I d. obole.
Compte de la Table du SaintrEsprit
de S. Pierre j de i^^g,
CoMPAiCNER : Habiter, se lier avec
quelqu'un , le fréquenter.
Bien se gardent li fol marié que il ne
front estrange personne péchier en leur
luMS contre le volenté de eles par force
on par paour ou par manaches que il leur
facent , car aussint comme cnil qui a
eles compaigner à forche seroient justicîé
comme atamt de rat ( rapt ) ; par moût
meillor rèson doivent estre li mari justi-
cié qui che leur consent et qui leur font
fére ; car il son traîtres et mauves et des-
loial.
Coust. de Beauuoisisy ch, LYII , p, agS.
CoMPÂiGinBft : Suivre , accompa-
guer.
Quant le doulx filz Dieu sH baigna ,
Dieu le père le compaigua ,
Qui telz moz dist sur k baing a»
lYésor de Jehan de Meung , t;. 21 1 .
CoMPÂiGHB blauche : Association ,
compagnie qui portoit une croix
blanche sur ses babillemens et sur
ses enseignes.
GOM
85
Et je vous chanterai une bone chan^n
De Bertran de Claquin , dont je fais men-
tion
De la compaigne hlance dont je fu con-
paingnon.
Il n^i avoit en Tost chevalier ne garçon »
Qui ne portast la crois blance comme
coton.
Pourtant la blance compaigne tons les
apeloit-on.
La Vie de Du Guesclin.
GoMPAiGNESSB , compogniessc :
Compagne, femme, épouse. Voy^
GOIGNAKT et MAISIAtS.
7e laisse au Commandéres don Templa
de le baillie de Flandres, dix livres pa-
risis , pour acater demi-marc d^hiretage
por faire mon obit cascun an et le Claris-
sien me compaignesse.
Testament du mois d'avril i^5,
Jake de France et Liegars se compai"
enesse donnent à leur Prestre-Curet... se
ledit Jaque va de yie k mort avant liditte
Liegnrs se feme , gréent que Jehan de
Frauce, frère à iidit Jaque , ait le tiers de
tous les mœubles.
Testament du mois de novembre iSo8.
C0MPARÀ6E : Union d*un compère
et d'une commère pour tenir un
enfant sur les fonts baptismaux.
Si doit chascun savoir que nus ne doit
espouser sa fillole, ne les enfans de
son compère ny de sa commère , puis le*
comparage nez, ne chele quia plevi au-
trui par parole de présent.
Coust, de Beauvois^y ch. XVUI, p, 99»
Compas : Règle , ordre , iustesse',
proportion, qualité; de comparare.
Bon compas , excellente qualité ;
ordre , proportion parfaitement ob*-
servée. Sans compas, saoïs mesure »
à démesure,, extraordinairement.
Et dant Clermons li tiers voisins ^
Ces troi vin n'en chaça-il pas
Qu^il tes senti de bon compas^
Eenri d'Andelrs , la Bataille
des Fi»u , v 06.
5
85
C OM
Et durera ce temps de passe-passe
Jusqucs à tant que Mars ayt les cmpafi.
Tuia en viendra ung qui touts auhres passe
Dclitieux, plaisant , beau sans compas.
Rabelais , /iV. I , ch. 3.
GoMPENAiGE , compéria^e , cope^
nage ( marché au ) : Marché aux
légumes, au beurre et aux œufs.
Et finalement fut mis en terme de faire
nn marche au cowpenaige , en la place et
llegart de la nouvelle boucherie.
Registre aux Consaux ^fol lo, f^*,
i4 mai i564'
Et qu^il ne soit cochereaulx ne coche-
relies qui acate ne fâche acater bure ne
oeufs, secq fromage , ne copenage à heure
ne ayant heure ordonnée.
Reg. aux Ordonnances ,Jol, 3o ,
XV®. siècle,
GoMPLACER : Plaire 5 être agréable;
complacere.
CoMPLAiGNANT : Quî sc plaint ;
portant des plaintes.
CoMpLAiNDRE : Sc lamenter, se
plaindre , devenir triste ; avoir du
chagrin ; de plangere.
i\mors me donc ochoisbn de chanter,
Et ma dolors ochoison de complaindre.
Chanson de Gautier d^Espinai^
CoMPLANT : Pépinière , plant de
toutes sortes de fleurs , d'arbres et
d'arbrissef^ux ; de complantatus.
CoMPLExioNÉ : Construit, condi-
tionné ; élevé , instruit. Cet adjec-
tif est presque toujours précédé des
adverbes bien ou mal,
CoMPREBKNDEMENT : Le contenu
d'une mesure.
Cojhpresser : Serrer, presser, gê-
ner, tourmenter.
Ses dois si a creus de mëgresse
Des gcnoils H pert la rondesse ;
Talons a baulz, agus , parens ,
N';«pert qu'il i ait de char ens ,
Tant !a tient mëgresse et compresse y
Que la pientearease Déesse
t
C ON
Cr'rcs, qni fait les blez venir
Ne scet là le chemin tenir.
Roman de la Rott,
Compre8¥re ( Grande ) : con-
tenance , qui a plus d'étendue,
qui contient plus qu*on ne l'avoit
pensé.
CoMPTERESSE : Femme comptable.
Pour huit paires de bas que ceste comp-
teresse a faict lacer , i8 iiv.
Compte de Vhospital detSepl-
Douleurs y de 1647.
CoN , lisez c'on : Que l'on, qu'on.
Fai a antrni ce que ta Torroies c'o» tefist.
On puet selonc raison ce e*on yeat.
Tant c'on dure Diez ajne.
. Anciens proverUi.
CoivcEPT : Idée, pensée j coticep-
tion ; de concepius.
CoNCBERGB : Gardien , concierge.
Voyez PoGQVES.
CONGORDARLEMERT : AvCC BCÇOrd,
avec union, en concourant au même
but. D'où concordier^ être du même
avis. Voyez Atorneu.
CoKcovcHER : Coucher à deaxj
coucher ensemble.
CovGULQUER : Eufoncer , fouler
aux pieds ; concuXcart,
CoNGURRiR : Coopérer, concourir,
aider.
CoNDiGNE : Très-digne.
Desquelz sur tou» s^eh disoit Dieu pare,
 tout soubdain ses muses préparé
Pour en former louenge à ceulx condigne.
Comme à ceux Ik qui font le corps plus
digne.
Vauzelles, Blason des cheveux, p. i>
CoNDOSMER : Raffermir, donner
de la forée.
Conduis, conduit : Pièce de mu-
sique, cantique, chanson; de^^n-
ticum.
CON
CoNDUisEiABs , conduisièrcs : Con-
ucteur, guide.
Son très dons non doiez vos embracier
k.c3lt deleitaalement et honorer, car il est
ofitre conduUeires et nostre maistres.
Sermoiu àe S. Bernard, fol. laS, F^,
sur S. Benoit,
Cmjus dulcùsimum nomen cum omni
€36is jucunditale ampUctendum est et
■^moraiidum , quia ipse dux iioster, ipse
M4igister et legifer iwster.
GoKFEssB : Confession , aveu de
^8 £aiutes.
Où moustîer vont devant raatel.
Si parlèrent an saint hermite.
Gascons a n confesse dite
An pins très bêlement Vil seat.
Xe Chevalier au Bansel, v, i86.
Quand il oc sa confesse dite,
Si apela le saint bermite ,
Or TOUS ai conté tous mes fais »
£stes-TOus ore bien refais ?
16, , v. 541.
GoRFisssoA : Confesseur.
li dis censiers seront tenus de rendre
casom an à me dame TAbbesse, toas les
aoilers qae il li faut pour sen corps et à
tout le convent de ladite église, nonnains,
alEoit et converses k chascun deux paires
desoliers pour Fan, assavoir Item au
eoufiessor^ moine, et conviers se il j sont,
ee qui lenr en faut. Item k tout leconveut,
mfecturer coroies et pendoilles en le man-
mère accousiomée. item doivent livrer et
estoffer tous les hamas des quevaux de le
basse-cort et ensement les bamaa de gor-
lerie dou kar me Dame.
Entreprise des souliers et cuirs à
fournira Vabbaye des Prés, du
9 mai 1376.
CoNGiEB : Chasser^ expulser, ren-
voyer.
Mes lor jostîcbe bien en pense
Qui de par aus nou fet defiense ;
Si les mauves ne congioietU,
3k li bon durer ne porroient.
Ordene de Chevalerie , v. 449*
CON 87
Co^JoiEa 9 su6st, : Joie , plaisir ,
amusement ; de gaudere,
CoNiNETTEA : Onomatopéc du
chant du merle, lorsque cet oiseau
est en amour. '
C os JONCTION : Conjecture.
CoNsÈRE : Concierge.
Comparus en leurs personnes Simonet
de Raisce consère de Téglise NoStre-Damc
et Jehan Fanuel Parmentier.
Reg, aux Lettres ,foL i ,
12 /cV/icr 1421.
CoNSEEVÀNCE : Conscrvatlon, soin.
G Alisandre en ^edicine vérement
Est contenu certein document,
Ke la conservance est de santé
Principaument en dous choses trovc.
Pierre de p^enion , JEitseigncrnenz
d'jiristote ,foL 167, f^*», coL 2.
CoHSiixuiAE : Qui donne des avis,
dans leàoraan de Charité, strop. 8<
CoNsroÉAEUB : Qui examine.
Consomption : Consommation >
anéantissement.
CoifSTAMTiiiiiOBUB : La Tille de Coni-
tantinopie. Dans Gautier de Coinsi,
fol. 200.
CoNTiGHB : contig;u.
Lesdits desevreurs firent cerauemane*
ment et dessoivre entre rhéritaige dudit
M*. Henriet Théritaige dudit Lo^s , leur il
maint et où a deux louages , séans sur la -
dite rue de la Sannerie coutùghe , et jos
gnant à Pheritaige dessus déclaré.
Cliirographe du aa aoust i463.
CoBm«KEi.9 contigniely au phiriel
contigneux , coniignieux : Conti-
nuel , qui ne cesse point.
Maistre Jehan de Herselles , surgicn ,
bailla et transporta en le main de Massin
LeMonnier^ une des coulleteries de grain
qu^il tient k cerne de le ville de Douay,
et qu'il a eucore k tenir le terme de deux
ans coiuignieux.
Emirièpemeus de Lettres , 37 jan-'
yier i44^*
1012 C R E
CrÉ4to&9 créatour ; au féminin
créatoure : Créateur, créature.
Jà croi-ge bien eî créator
' Qui du siècle est justisëor.
Roman de Blaiichandin ^fol» 186 y
V"» coL I .
Creger : Croître^ augmenter ;
crescere,
Grehoir : Estimer, croire, pen-
ser; credere,
Foy que doibs Sainct Denis, n^oseras ar-
rester
Là où Dieu soit creheu, s^à toi tu me fais
prendre
Deshérité ne sois et puis te ferai pendre.
Rom. de Gérard de Roussillon,JbL 21.
Cremer : Craifkdre , redouter ;
tremere,
Li juste verront son destruiemeni par
les escriptures qui tesmoisnent queDoech
et li autre inal-faisant , seront traveilliez
en enfer et criembront en ceî>t siècle.
Commentaire sur le Sautier, pseaume 5i .
Gremeur, crimor, crimour : Ap-
préhension , crainte ; tremor,
Con vertis assi à lui ta crimor , car per-
verse est totc celé crimors dont tu dot tes
aucune chose fors lui, ou ne mies por lui.
Sermons de S. Bernard , fol. ii5.
Conversaturetiam adipsum timor tuusy
quia peruersus est timor omnisquo metuis
aliquid prœter cum, aut nonpropter eum,
Greoit : Faisoit crédit ; du verbe
croire, faire crédit, prêter ; credere.
Et se nul creoit à filz de bourgeois nulz
deniers , on ne Ten feroit nul droict, ains
en seroit-on quicte et sen pleige, et sen
"wage se il'] es y mettoit.
Ban des eschevins de Douai ia44*
Grépon, crespon : Échine, crou-
pion ; d'où créponihre , crespon-
nière; le bas du dos.
Quar ne vaudroit une eschaloingne
Famé , sVle n^avoit tesnière
Mise près de la cj'ëponière.
Fabliau de celui qui fu fait à la
bescliCf vers 34*
GRE
Greqpier : Prunier sauvage qui
vient dani? les haies ; prunus sylves-
tris. Il existe plusieurs opinions sur
la véritable nature de Tarbre dé-
signé sous le nom de aréquier. Les
uns veulent que ce soit un mûrier
sauvage dont le fruit seroit appelé
crecque ; d'autres prétendetnt que
c'est le cerisier sauvage qu'on au-
roit mal représenté dans les armoi-
ries de la maison de Créqui. Les
jéditeurs de la Blaison Ruslique, de
1^55, disent que le aréquier n'est
autre que l'épine noire qui produit
cette espèce de prune sauvage , con«
nues sous le nom de prunelles dont
les plus grosses sont appelées cre-
ques dans la basse Picardie et Tar-
bre qui les fKirtecréquier; d'où vient
le blason de la maison de Créqui,
laquelle portoR dans ses armes un
créquier de gueules en champ d'or.
Au surplus , la dénomination latine
de cet arbre , prunus sylvestris ,
lève tous les doutes que ppurroit
faire naître la variété des opinions.
Grescelie : Femme maigre et dé-
charnée.
La mors plus yolentiers en$ fiche
Ses dois en une Dame riche ,
Qui la gorge a blanche et polie,
Qu^en une vieille cresœ/ie;
Mors est si plaine de desroi
Qu^asscz plustot assaut un Roi
QuMe ne fait un viex ribaut.
Gautier de Coinci , /iV. /, ck. XXyiIT.
Gresgens : Augmentant, crois-
sant , crescens.
Gresgekt : Ils croissent.
Ne jeo ne jeteroi point iceux de ta face
icest an , que la terre ne soit encurue à
gastine , et crescent bestes contre toi.
Bible , Exode , ch. XXITÏ , vers 29.
Non ejiciam eos à facie tua anno unOf
ne terra in solitudiuem redigatur^ et crefi-
cant contra te besUœ.
C ON C ON 8<J
CoimETBNANT : ChampioD qui , Conyenakche : Accord , conven-
S.ans un tournois , entroit en lice tien , condition , disposition ; cori"
pour combattre celui qui étoit le ventiq.
tenant; contra tenens. Et bieu suisl Jehan Guillaume qui la
CONTREVAL : En descendant; ad ferme H aVoil baillée par mos de co«»/c.
Y^allem nanche que il li garantisist son marchie.
Coustumes de Beauvoisisjch.'KXSlY,
Lors m^en aillai parmi la prée p. i^6.
Tout coriireual esbanoiant ^ , .
Tout le rivage cosioiant. CoNVENAWCHER , convenanchier :
Roman de la Rose. Convenir , accorder , promettre.
_ Conyeaancfae qui est fête contre boues
GONTEEVOLOU : S opposer, ne VOU- meurs si comme se je conuenaiiche que
K.Oir pas. je ferai aucun larreciu ou aucun letfet....
. tout che qui est couvenancbié pour ma-
^uant Diex joint home et famé, por ce lice fère et contre bones meurs puet li
faire le volt ^^^xt rapelës.
d^S" * ^°*''^^^^* ^'''*^ ' ^*™* ** Cousu de Beauwoùis , ck. XXXIV ,
Jfés je vois orc entre culx ioiautë de prc- PI*
vost : CoKVENT : Maison où des femmes
Car quant li unz desvuide , li autre con- prébendières vivoient chacune iso-
''^*'*^*' lément , sous la surveillance du ma-
Testament de Jehan de Meung, v. 488. gistrat, OU d*administrateurs ecclé-
CoNTHON : Sorte d'habîUement de sîasliquesou laïcs, sans Supérieure
femme. Voyez G aede-Culz. particulière ré8idante,à la différence
^ .„ des hôpitaux où les sujets vivoient
CoNTROVEMENT , coTitTovailU , cou^ ^^ commun , et sous les ordres d'un
tri^e, convrue^emtnt : Mensonge, ^^j^re ou d'une matiresse demeu-
faUuiventé à dessem de nmre; m- ^^^^ jans la maison; de conventus.
vention , fable ; conttxtus. Yoyez Maisiaus.
JenVn di riens par ire ne par conVmeve" CoNViGE : Outrage, paroles inju-
ment y rieuses, reproche, blâme; convi--
Fors ce que li communs en voit apcrte- cium.
Ne jnêy ge mie de leur entendement , , CoNVICT , convif, consds^e ; Festin,
Que bon compte en rendront à Diez , se banquet ; convwium. Convive s'est
je ne ment. dit aussi pour salle d'un festin , salie
Testament de Jehan de Meung y v,i52^, à manger. Convives publiques ^ les
Une hore dit lès et descors , festms publics établis parLycurgué.
Et sonnez dous de controvaille ^^1' Plutarque, traduit par Amyot,
As estives de Cornoaille. tom. I, pag. 164(182).
Roman de la Rose, v. 6909. Si ay-je encor entencion
^ - . De vivre tout à ma plaisance ,
ConTROVER , controuver : Imagi- Et prendre consolacion
ner, inventer, mentir. Es biens mondains, en grantchevance,
. . Es convie ts et en affluence
Car ainsmc le dist Athalus , De viande à grânt monjoye ;
Qui des eschei controva Tus , Puis penserai de ma conscience ,
Quant il trailoit d'arismétique. Qui la mort craint n'a pas joie.
Roman de la Rose^ v, 6716. Dialogue du Mondain , p, 3a4*
90 COR COR
Granz est voiremeut cisl convives , lai sorte de mesUre. D'oÙ corbisoncd
^lôl'j;^^^^}^'*'''' ''''''''''"' corèisonchd, corbisonchiau , p«tt
c jcn ^j ri ^Q panier. Foy. Catouub.
Aermons de o, JBeniard , fol. lôo» r'^«^„. «y y • i «i
''^ CiORciE, corciéy corécie, coréaif
Ma^ium conviviam uèi pariur nobis correcie , correcié : Animé , fâché,
misericordia justicia , et gratia appo- ^îs en colère, COUrroUCé, insaltf
et même blessé.
En un jor ses pcire et sa meire fisent
un convive à lur veisins el queil convive ,
char astoit appareiihie à mangier.
Dialogues de S. Grégoire , liv, I , c/t. i .
Die quadam parentes ejus vicims suis
conviviam Jecerunt in quo ad vescendum
cames paratœ sunt,
CoHvniGNiBUE : Convenable.
Ha ! fet Jebans por Saint-Grigore,
Va savoir s'il i est encore.
Celé s'en tome molt corcie,
Por mies corre s'est escorcie ,
A Postel vient, si escoutoit.
Se son frère lëenz estoit.
Hugues Piauceles , FaiUm\
d'Estormi , v, a^S.
„. ^ „ . . ,. j . CoAGiEa. corécier. corrécier : f$?
Picrot Poree, pourpomtier, condamne i . i. 1. tj^
a cent sols pouiavoir^^fait pourpoint des c**er, msulter, mettre en colèw,
estoffes non convingnables,
Keg, aux condemnations faites par
lojr , >] février i429>
CoPE : Vase à boire , coupe de
festin , gobelet ; cupa,
Jk Virgile et la cope saisie
Quant Lusciens li escrie :
Maistre , laiez la cope coie ,
Ne beuvez pas tant que jo voie
Por-coi si grant doçor en vient.
Roman de Dohpaikos,
courroucer.
Jehans le vit , molt s^en corece.
Fabliau d'Estormi , v, ^
CoKDAiiERT : De bon cœur; oor-
daiè.
Quant nous eûmes tiitiés diligiant
sur cLes coses en plain capitle , pendi-
mes cordament et volentiez , que el Heo
devant dit, une ëglise soit fondée.
Fondât, fit la cur^deCamp^Florit^i^
CoRBELÉE : Canton, quartier, trs4
Copie : Troupe , bande de gens de portion. Dans les aveux des terrti
guerre ; de copia. de Coutilezan de Coétmaur en Léon.
CoppTiER : Coupeur de bois. Voy. Coabewanieii : Cordonnier.
Onecereg. Jehan Lanssiel , demourant à Valeo-
CoRAGH* coral : Le corail, sorte chiennes, fait arrester Collart Bonvarlet,
d'arbrisseau qui croît dans la mer. tasneur, par le justice des tasneurs etcoru
Tj^ r> dewamers de le ville de Douai, prescns
Foy. Cachidoune. 1^^ eschevins d'icelle justice.
Coral : De cœur, affectueux, cor-
dial ; cordialis,
Symon Esturiou avant,
Sage , débonnaire , et souffrant ,
Compaignon liet et libéral ,
Sans mesdit , sans fiel et sans mal,
Biaus parliers , honeste et riant ,
Et si aime d^amouf coraL
Li Collés d^Adan d^Arras , v. 82.
CoRBisoiï : Panier^ corbeille et
Reg. aux Obligations , 5 octobre i345.
CoRfeLMEiïT , coreument : Cordia-
lement, de tout cœur; cordath
Diex m'a fait soie grâce maint bien cor-
porelment ,
Encore m'a-il plus fait espirituelment;
Si m^a tous-jors este Urge temporelment,
Por quoi je le devroie amer trop conl'
menu
Testament de Jehan de Meung^ v. a52.
C O E COR 91
CJo&m : Courir, couler , s'épan- Et les yallez mettre les tables,
•5r, s'écouler; de currere. Napes , hanas , cooe d'or fin ,
Li uu;s met pain , li altrcs vin.
Z^mmc Jehenne de Meleun dcsccndist Roman de Dolopatos,
'"^ matin el celier de la meson où ele
moroit en la ville de Saint-Denis , porce On disoit aussi corner lu retraite^
B ele yeist tonniax devin qui en célier pour sonner la rentrée des troupes,
oient que u ne corussenu '^
LUI*. Miracle de S\ Lors, p, 5oi. Q?^' *c ducMillon les apercent comme
^ celui assez connoissant enquerre, fist cor-
CoRLiEUS, corliolis : Le coàrlis , ner la retraite,
»eaux de passage ; onomatopée du Roman de Gérard de Nevers,
i. du courliF. Cokneteau : Petit cornet, instru-
CoENÉEMENT : Actiou de sonner du ment de musique.
Miet ; tintement , maladie d'o- ^^^ ^^^^^^^ ^^ cometcaux jouèrent.
^ ' , c j --.• CoRHiER ( pied ) : Arbre de réserve
CoMia LEVE : Sonner da cornet, . je 'borne dans les encoi-
«te de peWe trompette pour ayer- ^^^^ ^ ^^.^ ^^ exploitation,
r dans les châteaux les convives ^ . ^., -. ,. . . ,
3 venir se laver les mains avant Coron : Fd de hn, ainsi nommé,
ese mettre à table. On avoit choisi ?"^i|^ ^* ^ P?,^*^ T"^ *^' doigts de
t cornet , ou petit cor pour cet ^^ file^^^- ^ "^f ^f f'*^,^ .fjf^ «î
«ge, parce que cet instrument , p««^ P^*; *^ ^ent de l'adète qm
«sUné pour la chasse , étoit réputé ^<^™« *^ bochette.
e plus noble de tous. Chez les Corok , coruth : Instrument de
Miaeft on se servoit d'une cloche, musique à vent, p'^oy. Crouth.
Iiili|li*au milieu du xviii' siècle, les Coron ^ Corun : Bout, chef, extré-
MMiMleurs et les maîtres d'hôtel mité, commencement, encoignure,
■ij^yoîent un sifflet pour avertir coin, angle,
es domestiques qu'on alloit servir ^, , . , ^ v
-1, / ^1 .- ..1 Alors cbal la tour ainsi qu a un coron ,
BS tables. Au surplus, tout gentil- ^^ moitié en chaï «u lezVvant le mont ,
MHnme n'avoit pas le droit de faire Et quant ceux de séans parjurent Tachoi-
iorner son dîner ou son eau ; c^é- son ,
oit un honneur qui n'appartenoit Aus crëneaulx sont venus demander raen-
C'aux personnes de la plus haute ^^'
tinction. Corner a été fait de cor- ^^ ^«^ ^« Bertrand du Guetcliiu
Itt inflare, . Au jour que cil esteit semuns
^ , .1 /. , • I •• I i Oui deveitfére sunrespuns.
Quant il fu levez si aja oir la messe à sa g^ cordoan prist une pel
:apelle , après quant il fu revenuz il fu gj p^ ^^3^ ^^^ ,„n ^^^1^1,
*ns de mengier, il comauda les {Aies a ^'un des corons laist defors pendre
netre et Viaue à conur, U Baron Wèrent g^^ j^ j^^^^g j^j^ entendre
t s'assistrent au mengier. ^^,jj ^ ^^^^ j^^i^^ ^
Romain des sept Sages de Rome , Ke de son plet li doie aidier.
ou de Mut* Caton. ^^^ ^^ ^^^^ p^^j^ XLVIII ,
A la feste Tindrent li Rois , du yUain et de la Choe.
^ÛX^TJ^^T^J:; ^.CoaoNè, (la) ; Nom donné àla
Là veissiez ces ccmestables Vierge.
io6 AKD AR6
Cvm : Gdui, ledit ^ le même; gneur audit lieu de Saint-Martin
hic. droit de cuUage quand on se marie,
ElsidonneciiwbrissesasenfaiisColart , BucbaEtan , IV livre de son his-
Malart sen frère qui fu. toire, prétend que cette coutume
Testament du mois dt septembre 1201, ^*^* introduite par Even, roi d'E-
cosse , et abolie par MalcoiH III ,
CviBAJMi^ : Peine ^ doukur, cha- enfin i|ue les nouveaux mariés
g^în* étoient aâranchis de «et infâme tri-
CuisoiH : Instrument de cuisine, but par une prestation appelée ^or-
propre à faire cuire les viandes , les oheta, que Buchanan dit avoir été
légumes et les fruits. Voy, Ansette. dlmlduua argentl marcha^ c'est-À-
CuivKE : Méchanceté, perfidie, ^^^j ** «oitié d'un marc d'a^nt
mal , attaque imprévue ; mauvais ^'** ^*^** ^^ ^'^ *^.*' le «arc d'ar-
coup , trahison , guet-à-pens. 6®"* formant une livre de vmgt sols
'^ comme on l'a vu au mot Besan , et
Certes, fait il, félon mastin, - non pas par un nombre de vaches
Se je voi le jor le matin , comme le dit Jean Skœneus. <mi
Tous ne me ferés jamais c««^. dérive le mot /?wrcAe/tf de l'allemaiid
Fabliau d^ULoi^e Nuit, rnark , cheval. Ce droit eût alow
vers 104 . ^^ exorbitant s'il eût fallu donner
CuiLàCE , culliage : Les seigneurs plusieurs vaches pour s'en affran-
suzerains ou souverains avoi#ot éta- chir. Ragueau ajoute , que le juste
Idi , au temps de l'affreuse féoda- et violent ressentiment des maris
lité, divers droits honteux, injustes blessés dans la pudeur de leurs
et révoltants à l'égard des mariages, femmes avoit été cause de ce olian-
Téls étoient les droits connus sous gement.
les noms de jambage, de culssage. L'histoire de Savoie fait voir que
et de cullage ou de culliage, qui les seigneurs de Prelley et de Par-
doit seul nous occuper. En vertu de sanni en Piémont , jouissotent d'un
ce droit, le seigneur, selon son bon droit pareil , appelé cazzagio , deet
plaisir, couchoit la première ou les les vassaux ayant demandé la com-
trois premières nuits des noces mutation, le refus les porta à la ré-
avec la nouvelle épousée. Ragueau, volte; ils se donnèrent à Àmé TI,
Glossaire du droit /raneois , revu quatrième comte de Savoie,
par de Laurière, rapporte un pro- Les ueurs de Souloîre étoient au-
cès-verbal dressé par M* lean Fra- trefois fondés en pareil droit; l'ayant
guier, auditeur des comptes, le 7 omis en l'aveu rendu au seigneur
avril i5o7 pour Tévaluation du de Montlevrier, seigneur suzerain,
comté d'£u , tombé en la garde du cette omission donna matière à uo
roi pour la minorité des enfants du débat, comme de deffectuosité et
comte de Nevers et de Charlotte de par acte du i5 septembre 1707 , il
Bourbon , sa femme , dans lequel y renonça précisément Ces droits
au chapitre des revenus de la ba- ignobles et exorbitants furent con-
ronie de Saint-Martin-le-Gaillard , vertisen prestations modiques,
dépendante dudit comté , se trouve Au chapitre XVI , du IX* livre de
l'art, suivant : Idem, a ledit sel-- l'histoire de GhastiUon, se voit un
cou cou g5
Celui qui la tour pecoia Tant fussent bons phisidens y
Et qui le trésor le Roi a. Rasis , Constantin , Avîcene,
Roman de Dolopathos, ^ ^^ *"îl laissié la couene.
CoTHiBLLE : Petite côte, camisole
^mfant. F^oy, Ane. Couuetiee , couletier : Courtier,
Cotte : Jupe de femme; veste, ag;ent d'affaires, médiateur, ma-
Lsique. quignon , marchand d'animaux.
-.,,.--. , 1 1 u. ^ores JoEUMEKT et AssAUDER : d'où
.^,l%MaieVrnLTuqutu\'^^ -«^'f - ' coulUterie s courtage,
■usa oii dit hospital , de tous lesquels maquignonage.
icn les parties s'en suivent chi apriés : CouLLiÈRES : Paniers plats , de
loo s. pour une keute , le kayecliil et forme ovale , d'environ deux pieds
cie ^ouke. et demi de long , avec un rebord de
inVl;?; ITJ^^J'rZ^J' s« P«"<^es , et deux anses , dans
lo s. pour une veroe cotte. . '^,, . ,.. ^- ^^
^ - j f>r • ,. Txr y ,/. Icsqucls Ics lardmicrs cl Icsfcrmicrs
€ompu del'hospualder Wez, de ,36o. transportent et étalent leurs mar-
CovcHEBiENT .* Lc couchcr, action chandises.
le s'étendre , de se mettre au lit ; Coulire : Bâton entouré de paille,
le cubatio. laquelle est attachée avec des mor*
^ Li naissemenz del soleil et li couche- ccaux de .vieux cables Couverts de
NtfMz, li plantéis de la terre et li cliain- goudron , et que les enfans dans la
pmenz des tens , bunt yoiremenl miracle Normandie nomment corde à roas
* grant miracle. ^^ ^ ^^^^ q^ allume la couline pour
Sermons de s. Bernard , fol. Z5. gg^vir de brandon; et les enfans
Couche prendre : Coucher, se alors parcourent les rues, le soir de
coucher , se mettre au lit. la fête de l'JBpiphanie, en chantant :
aîliom at trovëe pucelle virgine la- Adieu les roos jusqu'à douze moos,
pelle ne ad espousëe , et cil li prenant ^} "8 en. font autant la veille de la
vmche od jceXe , et la chose TÎegne k SS Sébastien.
ngemenf, cil qui dormira od ly dorra à CouLOMBiER : Pigeonnier. Foyez
«s pères cinquante sicles d'argent et il Cauchereau.
.avéra a femme;, por ceo que il ra mist ^ ^ . .
ji,,^ .» r 1 CouME : Comme, amsi que.
Bible , Z>e«tero;i , ch. XXII , v . 28. ç^j ^^^^^ ft,iti„ ^ ^^ viendroit dans le
Si invenerit pueUam virginem quœ ^^^f ^<ùre cre'ant à ses detteurs, seroit
non habet sponsum , et apprehenaem hani k tous-jours sourie tiestecoimielèrcs,
concubuerit'ciim illa , et res ad judiciuM coume laron et les femes coume iamesses.
venerit , dabit qui dormii^it cum ea pà- Ban des Eschevins de Douai ^
tri pu^ۜ quiilquaginta siclas argenti , de ia44*
êtnabebit eam uxorem, eo quod humilia»
vit illam. , CovNiN : Lapin ; cunniculus,
CoVDlkRE : Tout ce qui sert à ap- Aucunes gens cuident que chil qui sont
pUier les coudes; de cubitus, P"* ^" présent meffet emblant counins,
ou autres grosses bestes sauvages en an-
CoiJEKE : Peau* trui garenne ancienne, ne seroient pas
Et les phisiciens eux-meismes pendauie , mes si sont quant il sont pris
Onques nuls eschaper n'en veismes, P*' ^'^^^'
Pas llipocrates » ne Gaiiens , Coust, de Beau^^oisis, ch, XXX , p. i65.
94 cou COU
CovR : Ce mot est écrit de six qui ont les biens de sainte Église, ils ont f
différentes manières, savoir : cor, «eux voies de lear droit pourchisaer.uf
cor^ , cort , cour, court , curt : et il Pf «™?«" «» ^«î» »« il leur plest , il paeert" •
faut remarquer que dans ce, six li^'at^^tfoXi! iëi't^ctJS
dittérentes façons, il signifie les est usé et maintenu à plaidier en Ucott
choses suivantes : de sainte Église ; et se il leur plest ma
Court: Abrégé; de curtus ; dont t^anrXlSifi^ra'î ^d^tffl
Horace s est servi. et iUec doit atendre le droit , et doit bai
Cour : Enceinte; de cortex. Voy. *e"rtc fère , se partie le requiert, qui
CoVRTiL. "** travaillera en autre court de uiili
' _. Çglise , aincois prendra tel droit oymM
Cour : Foire , assemblée ; on di- la justice laie le requiert.
floit le cour de Gien et le cour de ^ , ,,. , „
Bony, deux espèce, de foires qui .vTc*^cl^*TXer»te^r*
se tenoient en Carême , comme en la cort laie en demandant et defo.
concours ; concursus. dant; mais il ne sont pas oï en la cort A
ToïTR • La suite d'un Rnî • 1p Iiph ^^^^^^ . 8*ise en demandant; carilnedw
, .P^u Vy. ? 1. "",*^®* ' *® i*®" vent mie avoir porfit en lor ma]ice;is«l
OU il habite ; le heu ou se rend la il seroit oïs en la cort de sainte ÉgliMa
justice ; de curia et concursus. deffendaut et non pas en demandant, ctfi
Cour féodale onfeudale: La jus- 1?"**^^ defances sont gardées as esco».
^. j, . '^ . j .J -, niez par droit, et au cil. XC.Tele ertU
tice d'un seigneur qui a droit de costume de la cort laie que l'en re.tt»;
justicier ses vassaux. les despens de trois choses , c'est del»«r
Cour laie : Ragneau se trompe ***"^ '^'''''"® ' ^*^- f
en disant que c'est la même chose Cour de chrestienté : Jurisdiclioal
que la cour ecclésiastique; la cour ecclésiastique.
laie est la jurisdiction des juges sé-
culiers, et la cour ecclésiastique e^l ^°® coustume queurt en la counk
celle des gens d'église. Les établis- ^^'^*«f««««' » l^quele ne qneurt pis «
.?,:, ^ r M. j»i» court laie ; car SI Pierre demande à Jela
sements de France en font une dif- ^i^ ^vres qui li fiencha à rendre, Jehi
férence , ainsi que la Coutume de puet demander k Pierre que il li reièe
Beauvoisis , chap. XI , pag. 56 , où un cheval que il li presta , tout soil-i
elle s'exprime ainsi : ainssint que ledit Pierre feist semoitt
Jehan , et Jehan ne feist pas semondre l^
« Bonne chose et pourfitable seroit , et dit Pierre , et cheste coustume appeilent-
selonc Dieu , et selon le siècle, que chil il en la court de chresùenté reconvention;
qui gardent la justiche espirituel , se mel- et si li dis Pierre, qui fist semondr« Jelun,
lassent de c(ie qui appartient k espiri- ne vient respondre au cheyal preste' pour
tualité tant seulement, et lessassent jus- che que il ne fut pas semons à respondre
tichier et esploiticr k la laye justiche les contre Jehan , ainssint comme Jeiian fiit
cas qui apartiennent k la temporalité , si contre li , Jehan ne seroit pas tenu k res-
que par la justiche espirituel , et par la pondre as dix livres \ mais autrement se-
justiche temporel droiz fu fe'z k cha^cun , roit en court laie : car chil qui seroit
et pour che nous traiterons en ceste par- semons repondroit , ni li defendierresnr
tie des cas qui apartiennent k sainte porroit fére demande , sans fère semondre
Église desquiex cas la justice laie ne se d'autre chose , que de la querele poor
cou cou 95
le che seroit U demandierres tenus à re»- CouE FBDiKÉE : Jurisdiction d*uii
►^dre doncques paet l'en ^oir que seigneur de village, oue 80n juge
«conventionné queort pas en court laie, ® au §■ ®'^ ^ ^
i conme ele fet en comrt de chrestienté. C^^rce ae DOUt.
Coustuam es Beauvoisis y cA. XI, CovR MAJOUR : Dans le Béarn, il
P'^' y avoit deux cours où la justice
Coum LE Roi : La jurisdiction *'«^^dioil au nom du prince , la
-4>yale, même le conseil du Roi; ^P""" «"P^"eure et la cour mfé-
mite du Roi , le Ucu où a habite, "^"f • i^^ «"péneure étoit compo-
Al aïs t Damiael évèqUCS, d'aobés Ct dC
Filf à Cun?e^, gJS^bel: gentilshommes du pays ; elle éloit
De bien faire por av^ir pris appelée majOWT OU pléni^e. Dans
Sur tuz autres s'est entremis. cette cour , les grandes affaires j
En la curt le Rei conversot , qui regardoient l'intérêt général du
Ase» sovent i sujumot. pa^ç ^ étoienl arrêtées et résolues ,
Marie de F^-aiice , Lai des deus çi |eg causes particulières y étoient
^maiiz,v.5^. décidées souverainement par le
Gentis-fame puet bien plaîdier de «on prince, les évêques OU les vassaux.
4onaire en la cort /e i^or , ou en la cort -,„ -.0- ^a.*** ^9^1^*..^ a«,- ««-,. t^i
L. ^K.* i » 11 • M OU par ceux a entre eux que les
% cerai en cui chastellene il sera , ou en S 1 • • . -^ . "
La cort de sainte E^se , et en est en son parUes cboislSSOient , qui tont ap-
Cbois. Et einsi ne peut fére gentis-bom pelles les/urats de la COWTj dans le
de ce qui li a este donné à porte de mos- for de Morlas et dans les anciens
*^'*^^^^^^* ** ^™* ^^ "* *^*** '*^°°^* ^"""^ *^'*°^ ' conj^ratores et legitî-
^^ *' mi proceres.
EstahlissemenU de France , lif,l , • n .. •• « •
ch. XJX. ^^ appellations des cours subal-
ternes y étoient aussi jugées , et les
Com AU BABON : Justice de ba- matières qui regardoient la liberté
'^^*" . et la condition des personnes, et la
(M auroit tué celui qui anroit denian- réalité des cboses , OU pour user des
dé Tasçgurance etl'en en vousist Pautre termes du for général, les maUères
SSa^ra^sT^é «t^' r/onn";':^t q- /egardoien! le cap d'homî et le
cort le Roy ou en la cort au baron , ou ">pd de terre. Ployez DE Maaca ,
d*aucun autre qui aiist jontise en sa terre, Histoire de Béarn , liv. Y, ch. III ,
il en seroit aussi bien corpable , com s'il n* a et 3 ; et liv. VI , ch. XXIII •
•ust fait le fait, et cU auroit deservi a ^. ^^ -j explique au long do
estre punis. ',; -v 1 ^ . o "
Establistemenu de France , q^eUe manière les princes souve-
eh, XXXym. rains de Béarn convoquoient leur
€oi7E PEKSOHVELLE : CoutumC lo- '
cale de S*. Sevcr, tit. I , art. aa , en ^^"^^ »« maih moetb , ou Mo»te
laqueUe les parties Utîgeantes doi- «^^ • ^"sttce de gens d'église, ap-
vent comparoir et procéder en per- P«le* ë^^ «« '»^'» morte, les com-
sonne, et non par procureur; ce munautés, chapitres, collèges, con-
qui , anciennement en France , n'é- "*'"cs.
toit pas permis sans la grâce du Cour Foncikac : Basse justice pour
prince, et ce qui ne Test point en- les droits fonciers, cb. XXVI, du
core. style de Liège.
96 GOU
Cour vestue : C'est lorsque les
juges sont sur les sièges.
Se batare est fête devant joge en court
vestue , l'amande est en la volenté dou
Seigneur ; dont il avint que un boaijois
de Clermont fëri un homme , là , ou li
Prévos tenoit ses pl^s je en levai trante
livres d'amande , il s^en ala plaindre au
Roy, et empêtra une lettre que je li feisse
Famande jugier par les boumes de Cler-
mont , je ne vous , ( voulus ) ains alai au
parlement, et le bourjois présent je pro-
posai le fet , il fut regarde qu'il ne con-
venoit pas mettre chel cas, ou jup;ement
des boumes le Conte, pour che que le fet
toncboit le despît au Seigneur , et fu dit
au bourjois , qu il en avoit bon marchië ,
quand ii en estoit qnites pour trente li-
vres , et pour che povez vous savoir que
en pluriez cas qui touchent despits as
Seigneurs, les amendes sont à la volonté
des Seigneurs.
Se li mi tient Pantre , en court vestue
devant juge , pour mauves , ou pour
fraistre , ou li met sus aucun vilain cas
de crieme , il convient se li juge veut
qu'il le face pour tel , comme il a dit , ou
il l'amendera k le volenté dou Seigneur.
Coustumes de Beauuoisis , ch, XXX ,
p, i5o.
Cque pLENiÈEE : Si Ton en croît
les anciens romanciers, les Rois ne
paroissoient dans toute leur ma-
jesté et leur splendeur que les trois
ou quatre grandes fêtes de l'année,
Pâques, Pentecôte, Noël, et assez
souvent la S\ Jean -Baptiste : dans
ces grands jours , ils faisoient as-
sembler tous les grands du royau-
me; ils distribuoient des présens aux
invités, là ils étaloient toutes leurs
richesses : et suivant ces mêmes ro-
manciers , ces fêtes qui duroient
plusieurs jours, ne sepassoient point
sans aventures singulières, que les
poètes mettoient par écrit, les uns
en prose , les autres en vers. Elles
étoient fort conmiunes en Angle-
teri'e, surtout au temps du roi Ar-
tus ; il y en eut beaucoup aussi en
i}
r/
COU
France sous les règnes de Gbarie-
magne, de Louis-le-Gros et aatrei
Le roman qui contient lesaveotom
de Gérard de Nevers et de la b^
Euriant de Savoie, sa mie, estoii
des aventure#qui se passèrentànae
cour plénière, que Louis - le- Gni|j^|e
tint au Pont-de-1' Arche, c Si admt
que à un jour de PenthecoRte, A ^\
l'auteur anonyme, le Roy Loys»
toitvenuau Pont-de-rArche,oài
Uni feste grant et planière plusfv
long-temps n'avoit veu. Lesbaraoi,
chevaliers et dames qui là vindnak
reçeut en moult grant révérence,
si les festoya et convoia comme c^
lui qui bien le sçavojt faire. » U
romans d'Érec et à'Énide, de ht-
cei^al, de Tristan, de la Coupe Et^
chantée , de V Astre périlkux , k
Chevalier à VEspée, et une infiiili
d'autres , sont des aventures (p
sont arrivées dans ces fêtes ou oooit
pléniëres
Le court Mantel est encore hd»
semblable aventure.
k
il
Une aventure qui avint
A la Gort le Roj, cil qui tint
Bretaigne et Angleterre quitte
Si com PEstoire nous devise ,
Vous voel dire la vérité.
A Pentecoste en esté
Tint li Rois Artus Cort plénière ;
Onques Rois en nule manière
Nule si riche cort ne tint.
De maint lointains païs y vint
Maint Roy, et maint Duc etmaint Conte,
Si com TËstoire nous raconte ,
Li Rois Artus a fait crier
Que tuit li vaillant Bachelier
Y venissent communément ,
Ainsi fu ses commandement ,
Et cil qui auroit bêle amie ,
L'amaint o li par compàignie.
Suivant tous ces anciens romans,
ces cours se tenoient plus commu-
nément à la Pentecôte, à cause da
beau temps. Un poète anonyme du
cou
9 a mis en vers le Court
'y c'esl-à-dire , une Cour
que J.-C. tint le jour de
Dt<, à laquelle il fit as-
»us les Saints et Saintes
'»; parce que, suivant ce
C. vouloit savoir ceux qui
véritablement. C'est ce
logue annonce. 11 n*a pas
>i que cette cour se pas-
denture ; il n*y eut Saint
qui , à la semonce de
, ne se rendît à l'endroit
us montrèrent leur amour
)us étoient dans une béa-
fa ite, qui fut cependant
ar des cris excessifs : ces
ent du purg^atoire ; les
y soufTroient , deman-
! leurs tourmens fussent
.-C. 9 à la prière de tous
et Saintes ^ les fit monter
venir a mon trétié
penssé et ditië.
t tenir une grantCort ,
s^i vint et i acort :
3it a une Toz-sainz ,
> i vint et qui ainz , ainz,
is et longues ajambëes
éles enpane'es
;x se vourra moult liaster ;
t savoir et taster
)nt espris de s'amor.
nt et sans séjor ,
:1a Saint Symon
tint pas à enfançon \
le n'i oublia mie ,
apele a voiz série :
ant, mi bon ami»
lez un peu à mi.
D tost par ces dortoirs ,
ibresetpar refretoirs,
-moi et ëains et Saintes
a et mains et maintes ;
[ue nuz n^en i remaigne
s amaine en sa compaigne
:ompaignons sans délai,
i: di , si le me fai ,
oz , sanz coutrouvure ,
T yueil Cort à droiture
COU - 97
El mois après |a Saint R«mî,
Weil que tous soient devant mi ;
Quar tenir vourrai Çort, plénière.
Saint Symons a levé la cbière ,
A nostre Seignor respondi :
Sire, dedenz ccst samedi.
Arons fait ce que vos rovez ,
Jà un sens n^i sera trovez
Qui n^i soit semons entrefait
Â-tant nostre Sires Ifs lait.
Qui plus ne dit , ne nç conseille ,
Et Sains Symons lues s^apareille.
Cour requerae, ou demàndbh, qui
est la même chose ; c'est vouloir
prendre connoissance d'une affaire.
De requerre la Coït de celui qui doit au
mes le Roy. Se aucuns hom estoit qui
deust demers au mes lou Roy , et il s^
fust clamez, à la joixstise le Koy, et li
Bers de qui cliastelerie li home seroit , en
demandast la cort k avoir , il n^en auroic
point , et tout le trouvast delTendant , si
n'an auroit-il point ; car li muebies au
mes le Roi sunt au Royi. Au chapitre sui-
vant , intitulé : De requerre la Cort k
home qui piedoie k juif et des tesmoins
as juis. Se li.Bers avoit juif qui se plain»
sist des homes au Yavassor en la cort au
Baron, et II Yavassor en demandast la
cort à avoir , il ne Ten auroit mie ; car
tuit li mueble au juif sunt au Baron ; et
nus juis n'est creiis en nui tesmoignage
selond droit. Einsinc sunt devëe h tes-
moignage k Juifs contre les Crestiens.
EstabUssemenu de France , Iw, I .
cA. cxxvi et cxxvn.
Coua (Avoir, et r*avoir la) : Ob-
tenir le renvoi d'une cause devant
son juge naturel ; avoir connois-
sance d'une affaire.
Se aucuns hom estoit apeles de larre-
cin ou de murtre , ou de tràïson, on d^ai^-
tre chose qui apartenist k celé loi ; il
covient que il se défande en la chastele-
rie où il sera aj>ele« , et drois s'i accorde
ou code , de cnme de demande en la pre-
mière loi en Tautenticfue seignéc sor la
loi : qua improvideneia, Li autres Sires
n'autmt pas la Cort ; car tiex personne
n^ont point de suite.
Establissements de Fraticc. /iV. I.
ck. CLJai.
98 COU COU
Se aucuaê joutîse prant nu hom le Roy, yant un autre jwge, devant les juges
ou aucun joulijable, qui au Roy s'avoe g^j doivent eonnot«T€ Faflfeire.
a quelque meltait que ce soit en presanl '
fait en sa joutise , ou en la Seignorie , et Bonne chose est que chil qui tienneit
il me le nresant , la joutisc qui le sigra ^i francLcmeni comme en Baronnie,«t
aura la Cort, et cil provera le presant speciaument Mesire qui est fins duRoj
loiaument ; et se h presant ncst prenez ^^ France , et Qucns de Clermont,?».
soufisamment , il demonra en la cort au il ^^^^ ^^ ^^^^ il^ doivent obdir à lare-
aura avouée pour joutisicr, par la gêné- ^^^^^^ jg ig^^s sougés^, et en quoiilsoil
rau costume de Baronic. tenus, k retenir la connoissanche plrd^
EstablisàeiH^nts de France, liv. II, vers aus , si que ils gardent leur droit, et
ch. n. que il ne façent pas tort à- leurs hommes;
et pour clie traiterons nous en éak
Joignez à cela Des Fontaines ^ partie des cas , desquiez la connoisiifr
chapitre III, art. lO- ^® appartient k Cont« seur ses sougéi,
^, ' . . . . \ •/.. c^ ^^^ ^cfi hommes de ses soaeés,ua
COBli ( Avoir réponse en ) : Etre rendre Court ne connoissance k s^hoi.
admis à plaider. mes , si que il sachent clérement esqoia
-- , ^ . , -, ,. cas il leur doit rendre , et esquiex an,
Nule famé n?a réponse en Courhie , et que si hommes sachent esquies caii
por COI ele ait Seignor, se ce n'est de fait doivent tequerre leur court , et esqaia
de son cors; mais qui laoroit batue, ou non. ' i
dite folie, ou aucune autre desloiauté , ' Coustumes de Beaut^oùis , ch.l,
ele en auroit la response sans son Sei- 17. 53.
gnor , ou s'ele estoit marcheande , ele
auroit bien la. response des choses qu'elle CouR^ court, cort : Finale d'uBft
auroit de sa marcheandise , et autrement grande quantité de noms de viti
non selonc droit écrit en la Digeste de i^„^„ *i^ lo t71o«^-« a^ i»a » •- jI
jy^guL jurisfœminœ à publiais Judiciù. ^/Sf« ^f la Flandre, de 1 Artois (4
Car famé est offerte k tous offices. "^ *^ Picardie , en latin de la basse
Establissements de Frmioe, lip î, latinité, corlis , curtis ; il signifie
cfe. CXLV. .. ferme, censé.
Cour (Faire recort en) : Rap- P'*;ÏT*'îr. ^^ ^^^^^ demeurant en le
porter, juger une aiPaire jugée. r;îfaet!iïïe cSm^^^^
De quelque meffait que U Aers apelast ^^ ^"" **® ^^®''*-
home a Vavasor , li Vavasor en aroit la Compte de Vhospital S, JAok
cort, se il la queroit , et amener soahome des Troussés , i55o.
par la main, se n'estoit haute chose. Car
se aucuns hom se plaint d'home k Yava*^ COTJRS : Suivant Ragneau, qui cite
sor en la cort au Baron , li Vavasor en Revel sur les statuts de Bresse el
aura la cort, se ce n'est de chemin brisië, Bugey, pag. 196, dit que, dans If
ou de meffait de marchie, de ce n'auroit- ».o-^ ^i^ ««^««^ 1^ » -«•
ilpaslacort,neUn'auroitmielesde- P^y^/® ^^«^' *^ ^««" soni
fautes , se li autres l'en apeloit. Ne de q«and on remet au granger ( mé-
choses jugiées, se li autres dit que l'en tayer , fermier) certains œufs, poU'
li ait riens jugié en la cort au Baron, ne les , chapons , beurre , fromage,
de choses, quencues , tout les avoast-il qu^Q ^evroit rendre au maîtrepai
empres : car li Bers, ne ses loutises ne /_ . , «.»*^ l#«i
doivent/airc recort- en. la CortBji Viivasor «*"» moyennant la somme de 40 hv.;
de riens qui s'est Jugié par devant aus. O" autre Somme entre eux eonve-
Establissemenu de France , cA. XLI. "«e ; car ordinairement le grangei
doit à son maître vingt œufs pai
Cour (Rendre la): Renvoyer de- poule, six poulets, six chapons ^
€00 C OÙ g^
ie beurre et de fromage par Couronné : Glèrc portant ïa ton-
, et lui doit encore nourrir sure, la couronne ihonacale. Elle
lurceau, et cela s- appelle les consisioit en une bande étroite de
, cVst-à-dire, la basse cour clieveux qui embrassoit la circonfé-
mgeage. renée de la tête rasée dés gens d*é-
jRT ( Se mettre en l'égard de g^^se , tant réguliers que séculiers.
S'en rapporter à sa prudence. ^" ^^^^ également ^niné le nom
de couronnée à la Yiei^e à cause du
)our toutes les clioses que je ay chapel de *flËurs dont SA tète CSt
ou pour aucunes d'elles , ne vueill Qj.|jAg
ait conseil] de court, se la court
garde , et de ce me met-je en Ves^ Gouil&EUE : Corroyeur.
I, puisse dire chose , pourquoi la COUj'saÙS : Qtll a COUTS', qul péut
esgardast que celui Tait qui a plaît passer, COmmuh.
ce sans conseil de court de celle Et por ce qu'en ne scet qui est dampnës
*• . ^ ^ onsaus,
Assises de Jérusalem , ch. XIV, Ordena sainte ^gli^é qu^en priast por
p. 20. tous ciaus
f -n X • M \ Qui attendent merci ^ c'est li miejdre
JRT ( Requérir conseil en ) : ^ consaus
nder au seigneur dans la jus- Qui à tous crestiens est communs et
uquel on plaide, un avocat, coursaus,
»nseil pour défendre. Testament de Jehan de Meung^v. i352.
eignor doit doner conseill à qui le COURSIERETIE : Petite rîVière.
t en sa court , et celui que l'on li Vente d'une maison et gardiu rufe Nostre-
t , se il est présent en la court Dame , baboutant par derrière à le cour-
on le requerra, se il ne le relient à siei^tte qui cœurt par derière le maison
nseill , ou a sa parole garder, ou d'Anchin, au ponchel du barlet. i3 juin
1 que Ion requiert a son conseil! 1AS2,
t une desdites choses qui sont es- ' 1.1 . »'
nrautrechapitre; (c'estleXV«.)U COURTO.; au pluriel courtieulx:
lue, «Le Vignot- ne peut ne ne Jardin , terrain d^une éténdiiè dé-
îer conseill à aucune personne qui terminée qui devoit une rente fon-
^aiert co/w«7/ qui soit présent e/t ^j^^ privilégiée et irrédimîble
rt , se le Seimior ne le retient a son j ^ -^ t &
II, ou à sa parole garder. » V^^^ «au»e de Sa COncesslon. A
ises de Jérusalem , ch XVefXVl, ?^"^^ ' f^*^* tbut l'Ostrevant et
21. dans quelques parties de r Artois,
le cour///, contenoit une coupe de
iiREAu, couriau, counl, cou- terre ou onze ares, trente centiares
VerrouU de porte; d'où cour^ ^^ ^emi, quart de la rasière, et'de-
; fermer au verrouU , mettre y^^ji ^e rente, par an, huit sols doui-
er le verrouil. siens (vingt deniers tournois) etdeux
7RLE : Citrouille, poturon. chapons. /^. Masure et Ortillage.
s me torchay de sanlge , de fenoil, CoURTINE : Tour d'un lit , ciel de
!th , de maqolaine , de roses , de lit, tout ce qui l'environne ; aile ou
s de courus. bas-côté d'une église ; mur qui eq-
Rabelais , liv. !•» , chap. Xin. ccint une VÎlle.
\
^
aoo COU C O X
Se d'csI ainsi c'aucuns vous aint GousTEVCHE : Valeur, prix, frais,
Pour-çésir la pancc souviuc , ^^^ dépens ; de constare.
Je croi que hurte dont maint ? r ^
Et plus as chans que soa$ courtine, Li Esclievin ont otrîé en plaine haie,
Dialogue du VieilUrt et de la Fille , P^*" 1« J?>'^ ^^ le vile , le il doit avoir de
strophe 6. *® ^"® nenier de Goy ki est cl meis , dus-
* ques en le rue des foulons tout dire,
C0UATISÂNI8MB : Habitude ^ lan- ^^^ Txit\e commune et le lius de le ruele
frase de cour. ^^ ^^* eoustençhes demeofent à ordener
*^ " sor les cschicTins.
CoUETiSÀHEgQtE : Tciiant de la BaïuetédiudelavaiedeDouai,
cour , qui appartient a la cour. 1256.
Or voyant quHl se monstret estre tout. Goitte : Coudée, Sorte de mesure
sbigotit de mon langage, qui est toutes- de superficie.
fois le langBBc courtisauesque , dont usent
aujourd'hui les gentils-hommes Francès , Et tu feras une table des fustes de setim
qui ont quelque garbe, et aussi désirent ayant deux coûtes de lonc , ctlalejean
ne parler point sgarbatem eut. une coûte, et en hautece coûte et demi
-n^/i. j 1 „- ^. . .• coûte et tu la endorras de très net or.
Frejace du nouveau langage jrancou
italianisé, ^ '^*^ > JSxode , chap . XXV, vers aS.
Courtise : Politesse, manières de Sicquefacietis illud, arcam de Usm
cour, eau bénite de cour; art de ^rerS^ÎTbitoTr/.^^^^^^
duper avec de fausses promesses; et dimidium, alùtudo cubitum simUiur
de cortex. ac semlssem. Et deaurahis eatn aura num-
r-i Tiju u^ «i« dissimointusetforis.,
CouETisANiE : Débaucbe, galan- -^
terîe. Mener train de courtisanie; Couvin : État, projet, dessein, 1
se conduire comme une femme ga- conduite.
Mais il i a maint faus devin
Cou&TiSIEN , au féminin COwr^t- Qui ont parlé de men commw ,
sienne : Homme de cour. ^o»* i« ^«"^ chascun hontex.
CoussoN : Gousset d'une chemise ^' ^^"^^ ^'^'^ f' ^''^^ ' ^"'^ ^<^
et d'une culotte. Couvreres , cotrère^ , covreor:
„ 1. • r * 1 ' £ Couvreur de maison. F^oyez Ros.
Pour sa chemise feurent levées neuf ^ ^ *• j '^^ 1
cents aulnes de toile de Chasteleraud , Cox : Coup; action de frapper.
et de deux cents nour les coussons en ^^^^^ ^^ j^ ^^^^^ ^^ ^^^^
sorte de carreaulx , lesquels on meil soubz ^i cox descendi contreval ,
les esselles. ^j^^^ ^ j^ie^ jon^^^ ^^^
Rabelais , /iV. I, chap. VIII, p. 40. Que Floires est de grant vertu }
Férir le vait isnelement
COUSTÂU , Cousteau , COUstel, cous- a mont el heaume qui resplent.
tiau : Coteau , petit monticule ; de I^i cox e*t à-val descendu
Costa; et couteau , cultellus. g^upe la guige de l'escu ,
tle chai eumi le pre.
La Pucelle désirant avoir victoire de ses Roman de Floire et Blanchefior,
ennemys , et cstre préservée de ces gar- Jbl, 2o5 , R^ col. 2.
çons , de son pucellaige , tyra ung petit
coustel s'en trancha la gorge. Cox : Le coq, oiseau de basse
Roman de Floridan, p, 720. COUr.
CRA
Gox : Le col, le cou ; collum,
. fu la maison
D^anemis plaine et de maufez.
Fers , quant il est bien eschaufez
N^est SI boillans , ardans et cliaus
Si coulourez , ne si vermaus ,
Com sont li croc c^ont k leur cox
Cil qui estoit li mestre d^ox
Vers l'usurier lot corant vint
Sen croc ardant qu'à son col tint
A r usurier fiche au gavai.
CRA
loi
Trop sont Prélat viiein et rude
As Clers qui vienent de Testude.
S'ui) de çax vieat qui estudicnt ,
Ne te coiiois j qui-es-tu , dient ,
Craissius qui dort sur les roisoles.
Qui borse a dure et gifiès moles ,
A plustost bien por son avoir ,
Que li las n^ait por son savoir
Qui au cruùel tote nuit veille.
S'« Léocade, vers 1097.
Cranequin : Instrument de ban-
Uautier de Coinci , /iV. I , cfc. X. dage; pied de biche, sorte de clef
Ceachier, craissier, cressier : pour armer les arbalestes. Cet ins-
Marchand de graisse, d'huile, de trument qui se portoil a la cem-
beurre, de chandeUes, et d'épice- Jure , s ajustoit en cas de besoin sur
. le fust de larbeleste. Le cranequin
' _ , étoît en fer et disposé en double
CaAissE , cresse : Graisse , corps ^anîveUe dont la rotation se faîsoit
gras; de crassitudo, ^^ moyen de deux crochets de fer
Les mineurs , ont boute k force et à ban- attachés au bout des deux courroies.
CaAPE DE RoisiNs : Grappe de rai*
sin. Voyez Kalendier.
Craper : Rendre , cracher, saliver,
expectorer.
Graissés , craisset , craissius , c'en paradis ne vont fors tex gens con
Ctûssel y crasset, croissol, croisuel, je vous dirai ; il i vont ci viel prestre et cil
cruisel : Lampe à crochet encore viel clop et cil manke qui tote jor et tote
en usage dan, q»,elques-ans de nos ^^^^.^ otM^I'cVesTré!"
départements méridionaux. Lam- ^^ ^ ç^, ^^^^ tateceles vestues , qui gont
pion , chandelle ; toute espèce de nu et decaus et estrumele , qui mœurent
corps gras. Dans la dernière cita- de faim, et de sei et de froit et de mesaise.
tion , craissius signifie graisse, huile, Fabliau d^Aucassin et Nicokue y
beurre.
don.
Le feu dedcns la mine à leur dëvision ,
Li mairiens furent oings de craisse de
bacon.
f7e de Duguesclin,
Li Prestres ot que li contiaus
Li vait si prés des génetaires.
Si ne mist au descendre gaires »
Sear Berengier cbiet à un fais»
Les os li a brisiez et frais ;
Près va qu'il n'a percîé le col.
Or se tient Berengiers por fol ,
Quant il i vint sans le craisset.
p. 385.
Cras delvn : Le Mardi gras.
14 s. pour Tacat d'un pourchiel fait 16
jours en février pour faire past le cras de-^
lun.
Compte de Phospital des Wez, de
i35o.
Crasir : Rompre, briser, écra-
Fabliau d'Aloulyvers 837. ser, mettre en morceaux.
Et Hersens prent une hamie ,
Si le fiert parmi les rains,
Que li craissés li est estains ,
Et li bouvier tout se départent.
MémefabL , vers 979.
Qui la bucle porrat ovrir
Sans dépcscer é sens crasir,
Il li prie nue celi ainf.
Puis l'ad baisiéi a-taunt remaint.
Marie de France , lai de Gugemerm
loa C R E C R E
GrÉ4to&9 créatour ; au féminin Ceequieh : Prunier sauvage qui
créafoure : Créateur , créature. vienr dan^ les liaies ; prunus sylvts-
Jà croi-ge bien e! créator tris. Il existe plusieurs Opinions sur
Qui du siècle est jusiisëor. la véritable nature de Parbre dé-
Roman de Blaiichandiu ^foL 186 , signé sous le nom de aréquier. Les
^' ^o^' ^ • uns veulent que ce soit un mûrier
Greger : Croître , augmenter ; sauvage dont le fruit seroit appelé
crescere, crecque ; d'autres prétendent 4jue
Crehoir : Estimer, croire, pen- c'est le cerisier sauvage qu'on aa-
ser * credere. ^^^^ ™^^ représenté dans les armoi-
1? ' j k. c«:.,«* n-«;. ,.vc«...< o«. "^ de la maison de Créqui. Les
Foy que doibs Samct Denis, n'oseras ar- j 1 m» . •■* ./ j
"^ rester jëditeurs de la Maison Ei^ique, de
Là où Dieu soit creheu, s'a toi tu me fais 1^55, disent que le aréquier n'eit
prendre . autre que Pépine noire qui produit
Deshérité ne sois et puis te ferai pendre. ^^^^ espèce de prune sauvage , COR»
Rom. de Gérard de Roussillon ,foL ai. j^gg g^^g |g ^q^ ^^ prunelles dont
Cremer : Craindre , re^otiter ; les plus grosses sont appelées crè-
tremere. ques dans la basse Picardie et Pa^
JLi juste verront son destruiemeiU par bre qui les porte cr^</M/er; d'où vient
les escriptures qui tesmoisnent que Doech le blason de la maison de Créqid^
et U autre inal-faisant , seront traveilliez laquelle portoît dans ses armes un
en enfer et criembront en ce.t siècle. créxfuier de gueules en champ d'or.
Commentaire sur le Sautier, pseaume 5i . ^^ surplus , la dénomination latine
Cremeur, crimor, crvnour : Ap- de cet arbre, prunus sylvestris ,
préhension , crainte ; tr.emor, lève tous les doutes que pourroit
Gon vertis assi à lui ta crtmor , car per- faire nattre la variété des opinion&
Terse est totc ccle crimor* dont tu dottes Crescelie : Femme maigre et dé-
aucune chose fors lui , ou ne mies por lui. f^u^^^j^A^^
Sermons de S. Bernard, fol. iiS* _ 1 t .. /. .
-, , . ^. La mors plus Tolentiers en$ ficne
Conuersaturetiam ad ipsum timor tuus, g^^ j^j^ J^ ^^^ ^ame riche ,
^uia perwersus est timor omnis quo metuis q^j ^^ ^ blanche et polie ,
aliqnid prœter cum, aut nonpropter eum. g^^^^ Sne vieille cresœiie;
Creoit : Faisoit crédit ; du verbe Mors est si plaine de desroi
croire, faire crédit, prêter ; credere. Qu'assez plustot assaut un Roi
W7. 1 V. « i:i I 1. 1 Qu'ele ne fait un viex ribaot.
lit se nul creoit a nJz de bourgeois nulz /^
deniers , on ne l'en feroit nul droict, ains Oautier de Coinci , /iV. /, ch, XX\Tn.
;"8:rlyêsltltt:lr P'"^*' •" "" ^--<^--- ■• Augmentant , ctois-
Ban des eschevins de Douai ia44. *^"* ' <^'*««<^««*'
CrÉpoh , crespon : Échine , crou- <^»"Cent : Ik croissent,
pion ; d'où créponière , crespon- Ne jeo ne jeteroi point iceux de ta fac«
niere; le bas du dos. >cest an, que la terre ne soit encurue k
^ j «i 1 1 • gastinc , et crescent hestes contre toi.
Quariie yaudruit une eschalomgne „.,, e, , , xr
Fame , s'ele n'avoit tesnière ^^°^^ » Exode , ch. XXUI , vers 29.
Mise près de la créponière. jy^,^ ^-^^^^^ ^^^ ^ y^^,.^ ^^^ ^^^,^^ ^^^^
Fabliau de celui quifujait à la ne terra in solitudinem redigatur^ et cres-
bescli£f vers 34' cant contra te bestiœ.
CRO
C&ESP, crespe : Crépu , bouclé.
Chevols crespes, cheveux frisés.
Crestkl , au pluriel crestaux : Le
haut (les fortifications qui sont par
cran; créneaux; pierres qui cou-
n-ent un nmr , et qui font saillie *en
fonone de corniche.
Qa^aox despens de ceste fondation se
debvra paracneyer le mur que j'ai corn-
menchë de la séparation avec les Péres
Carmes , ayeccre^teitttx de blanches pierres
en dessus, pour couverture , et mesme sur
Le mur qui couronne la place devant Fé-
glise desdits péres.
Testament du 5o septembre i6a4*
Caestin : Panier à anses. Voyez
GOULLIÈ&ES.
Crestine , crétine : Accroissement
d'eau , inondation , débordement
de rivière.
Desoz est la vaWe fîère
Parmi coroit une rivière
Qui moult coroit de g;rant ravine
Parmi les piez fu la oréitue*
Roman de Blanclumdin j fol, 176,
R^ coi, 2.
Kar par pluie vient esperaunce
As marcnanz è Inr aidance ;
En pluie sovent toneirs vienent,
E fudres sovent aussi en cheient,
En rivères fet crétine sovent
Les russeaus s^en enflent ensement.
Enseignements d*^ristote, fol, 181 ,
V^ col. 2.
GAESTiNiEft : Vanier.
Creveuiie : Fente, crevasse» ou-
verture.
Grièae , crièrres c Inventeur ,
créateur ; creator.
Croche : Grosse 9 bâton dlstinctif
des évêques et des abbés ; d^où cro-
chounier , qui a le droit de porter
la crosse ; encrochiery avoir le droit
de la porter.
Abcz , honours souvent meurs mue y
Moût est bien li moine en mue
CRO
io3
Chil ne veut pas Penferm aidier
Qui le descuevre quant il sue ,
Desi que-il par soi resue ,
Bien puet périr au refroidier.
Sui gete poisson de vivàer
ort Pa y et le moine cloistrier
Qui ii donne deP tiloîstreisstiiB,
Abez qui t^osas edochier'
DePcloistre pour toi encrocfder ,
"Croche n'est pas à fol machue.
Roman de Cliarité ^ Strophe io5.
Peu pastours voi , moût mercenrers ,
Car aussi com li taveruiers
PTa cure , 'fors de riens venans
Dont on voueile donner deniers y
Tant voi de laitiers , de laniers
T91 a mestier, mais repounaus
Tant monte mestiers mercenaos y
Montez est as plus perso una us
De ces granz abez crochouniers
Et des mitres cpiscopaux ,
Dont jou que ne soie conpavs ,
Mon voel en serai menchoignez.
Romande Charité y Strophe 137.
Crochet : Sorte de boête d'artîûoe
que Ton tîroit lors des réjouissances
publiques.
Crogqueteur, croqueteur : Voi-
turier par terre et par eau , conduc-
teur qui amène des marchandises.
Voyez Apas.
Croie, croye : Pieire blanche ou
d'autre couleur servant à marquer ;.
de creta; d't)ù Fbn a fait crayon.
Mes beorgeojses sans nul séjour «
Partent et se mettent en voye ,
Un g peu devant le point du jour ,
Affîn que ncsung ne les voye :
Et sans prendre charbon ne crojrey
Auruyseau crottent leurs souliers-
Affin que Jcnnin Dada croye
QuUlz viennent à^ HauberviUiers.
CoquUlart , Moitolcgneàes Per-
rucqueisyp, 171.
Groier, croycr : Marquer à la
croie. Croierdes drape j dis étoffes^
les blanchir , les netloier, les dé-
graisser.
C&0IS1ER : Barres de fer en croix
4
io4 C R O
attachées au haut des mesures aux
grains et légumes secs , pour en
empêcher Técartement, et sur les-
quelles rouloit rétrique.
Les magniers seront tenus , de chascune
rasière du inilleur bledt, bien et souffis-
sament mollu , sans fraulde, rendre et
rapporter en Postel et le maison de ceulx
à qui ledite farine appartient , quatre
Gouppes comblées sans croisier, k telle
mesure qui est le mesure ordonnée à me-
surer tercheul.
Ordorutajice sur les mansniers , i4
aoust 14^7'
Groisuel , croissel , cruissel :
Lampe. Foyez Graissés.
Gboquet : Mesure au verjus, en
usage à Douai, contenant 60 lots
de 107 pouces cubes chacun.
Groquet : Glocher.
Vente (Pun gardin en le rue du Croquet
S^ Ame, joignant au tenement de la prë-
Tosté dudit S^-Amé , ao juillet 14^4*
Grosle-cus : Secousse violente.
Encontre Amours tout ansangle en irez
Se H donra chpscuns deux crosle-cus
Lorsli verrez dcmostrer ses vertus.
Sottes Caiichons , Ms. M. ^ de
r église de Paris.
Groste : Groûte, superficie; de
crusta.
Grostele, crostelète, Croustelle:
Petite croûte , superficie.
Et ot une crostelète sus le greigneur per-
tuis.... mes sus le greisneur pertuis de-
meura encore la crostelète desus dite.
XXe Miracle de S, Louis, ^.427.
Grouée, crouéez : Gorvée, cor-
vées. Foj'ez SiTDYR.
Grouste : Église souterraine; de
crypta. Voyez Avmàuœ.
Je donne k le Songnie qui est devant
Rostre Dame Flamenque en icelle e'glise
poui rtugmentation dlcelle Sosgnie 6 1.
CRU
et à le lampe qui est devant le Dien
croustes k acater de Foie pour icelle alla-
mer , 6 Uv.
Testament du i^Jeurieril/^
Grovth • coruth : Sorte d'instra-
ment à vent , que les auteurs latiu
du moyen âge appellent chorus,
Loent-il s«»n noun en crouth : si chaBO-
tent-ii à lui en tympan et psaltruy.
Bible , psaume €^\^X ,v. 5.
Laudent nomen ejus in clioro : in ^
pano et psalterio psallant ei.
Loéz lui en soun de estiye : loeilni al
psaltri et en harpe.
Loez lui en coruth et en tympan, loeiki]
en cordes et orean.
Loez lui en cyrabals bien sonauntz : loa
lui en cymbals de joie.
Bible , psaume CL ,versZ,^et^.
Laudate eum in sono tubas : laudate em
in psalterio et cithard»
Laudate eum in tvmpano et choro : Uxr
date eum in cnordis et in orgafio,
Laudate eum 'in 'cymbalis bene «o/tanti-
bus : laudate eum in cymbalis jubiUr
tionis,
Grualte : Barbarie , férocité ; cro-
deiitas,
Hai , fait-il , sire Amîrez
Ne ÊBiites pas tel crualtez,
Ge doi moult bien morir premier
Bien vos devez de moi vengier.
Roman de Floire et Blanchejlor,
fol, 204 9 R^ col I .
Gruau : Mauvaise herbe.
Gruauder : Arracher les mau-
vaises herbes.
Gruax , crueax , cruex : Dur ,
barbare , cruel ; crudelis,
Soffrez un poi danz Senesckax,
Ne seiez mie si cruax
Laissiez moi taire une oroison.
Roman de Floire et Blancheflor^
7%/. xgS j F'* coL a.
CRU
Sire , ce ii dit si Senechaz,
Por vos ai esté trop crueax ,
Et por Yostre loi essanâer.
Même Roman , foL ig6 > ^ ^o/. 3.
GmuGEFiE, cruchéfie, cruche fije :
Croix , crucifix ; crux.
CmucÉFiEHEirr , cruchefiément ,
cxwxfitr : Action de crucifier , de
mettre en croix.
Et après le crucéfiement le tint-il bien
2 ans j après régna Gains ses niés et ki ne
vesqoi ke VII ans et en après régna Claii-
cKos Xnn ans. Après Claudias régna Ti-
tus et Vaspasiens ses fiex qui fu meseaus,
■n tierch an ke Titns rechat Fempire , fu
Joseph mis hors de prison ; ensi poés con-
ter XLH ans de cruchefiément Jhesu-Crist
dosques au déiivremcnt de Joseph.
Roman du S. Graal, Ms, de N. D.,
iV» j,fol.^, r^ col. 11,
Gaucefués : Crucifié y mis en
:roix.
An tans ke Jheso-Crist fust ei'ucéfijés
enoit Thiberias Chesar l'empire de Rome.
Roman du S, Graal, fol. 5 , F''* col i.
Caugbon : Accroissement. Aug-
Hentation, Voyez Advjlluea.
Cruet : Trou , cachette 9 nid y
e traite.
Douce amie , se dies me sant ,
Il se leva or de sou cruet^
Par les membres dont il se muet
En non de quoi il est toz vis.
Fabliau de VEscureul^ vers 117.
CaupB : La croupe ^ le bas des
'eins ; crupa.
Mes ce hst lor desléautez
De lor crupes et de lors rains ,
Bien Torrez dire au daarains ,
Por que vous vueilliez taut atendre.
Hugues Piaucele ,Jà6L d'Esiourmiy
vers 33.
CausoL : Creuset pour fondre les
Knétaùs*
CRI
io5
CuEVRE-Fus : Le eouYre-feu qui
annonçoit Theure du lever et du
coucher des citoyens.
Par foi , font les gaites , Dame , nous
Tenmenrons sitost corne cuevre^fus sera
sonésj belle m'est, dist-elle, par foi,
lors laissa cuevre-fus à soner , et cil en-
menèrent le vavassor en la tour en prison ;
il fu gardé jusqn^ai demain qu^ilfustfusté
par tonte la ville de Rome.
Roman des Sept sages de Rome,
CuiGNiB : Hache, coignée. Voj:
AUDIER.
CuiGNOLE : Espèce de gâteau formé
de huit petits fuseaux, appliqués
l'un contre Tautre. F> Admettre.
Et au regard des walteletz et cuignoles
où il n'y a point de poix ordonné, qtie les
boullengiers et foumiers fassent iceulx
tels et sufBsans que pour passer Feswart
sur ce ordonné , sur le fourfait de trente
sols et iesdits watteletz et cuignoles ad-
mis.
Reg. aux ordonnances et édits de
lojTy i56o.
CuiNG : Coin ; terme de monnoie.
Je laisse à Hannette Picquette dite le
Kièvre quarante couronnes de le forgo
et cuing du roi , Je donue tout le rema-
nant à mes deux filles Yoyc et Jehanne ,
et si elles alloient de vie à trespas, je yœuls
que leurs barons en goëchent.
Testament du 39 juillet x4^3.
CviRET : Petite bourse en cuir.
Dame , se vos n'avez vostre offre ,
Je les vois mètre hors du coffre,
Et les deniers et le cuiret,
Huguet Piaucele,JabL d'Estourmiy
vers 129.
CuuiiEN y cuiriehs : Fait en cuir,
la peau ; de corium.
Monstre leur ai k iex ouvers
Que mes cuiriens devient basane.
Li Congié Baude Fastoul d^Aras^
vers 180.
'd
106 A R D AR6
CtJis : Celui , ledit , le même ; gneur audit lieu de Saint-Martin
hic. droit de cuUage quand on semant.
ElsidonnecwiibrissesascnfansColart , BuchaMn , IV livre de son
Malart MU frère qui fu. toire, prétend que cette cou
Testament du mois é€ septembre iiiQt, **"* introduite par Even, roi
cosse, et abolie par Maiooml
GvisAHGfi : Peine , douleur , oha- enfin ^ue les nouveaux m
ë»i*in* éloient afiranchis de oet in£âmeidlvi
CuisoiE : Instrument de cuisine, but par une prestation appelée ^<
propre à faire cuire les viandes, les oheta, que Buchanan dit avoir
légumes et les fruits. Foy. Ansette. dimidiata argenti marcha, c'(
CuivEE : Méchanceté, perfidie, ^i^e, la «oitié d'un marc d'i
mal , attaque imprévue ; mauvais ^'^^ ^^** ^® ^** *^' \Amim
coup , trahison , guet-à-pens- S^nt formant nne îivre de vii^
'^ comme on ra vu au mot Besan,
Certes y fait il, félon maaiia , " non pas par un nombre de va
Se je voi le jor le matin , comme le dit Jean Skœneus,
Tous ne me ferés jamais cui^. dérive le mtrt/iwrcAeto de l'allc
Fabliau de la Longue Nuit, ^^^k , cheval. Ce droit eût
vers 1040. ^^^ exorbitant s'il eût faUu d
CvLLâCE , culUage : Les seigneurs plusieurs vaches pour s'en
suzerains ou souverains avoi^nt éta- chir. Ragueau ajoute , que le ji
hii , au temps de l'affreuse féoda- et violent ressentiment des
li té, divers droits honteux, injustes blessés dans la pudeur de
et révoltants à l'égard des mariages, femmes avoét été cause de ce
Tels étoîent les droits connus sous gement.
les noms de jambage, de cuissage. L'histoire de Savoie fait voirfii
et de cullage ou de cuUiage, qui les seigneurs de Prelley et deh^
doit seul nous occuper. £n vertu de sanni en Piémont, jouissoientl'tf
ce droite le seigneur, selon son bon droit pareil , appelé cazzagio , diÉ
plaisir, couchoit la première ou les les vassaux ayant demandé la iMt
trois premières nuits des noces mutation, le refus les porta à la lé^
avec la nouvelle épousée. Ragueau, volte; ils se donnèrent à AméTI)
Glossaire du droit franeois , revu quatrième conate de Savoie,
par de Laurière , rapporte un pro- Les sieurs de Souloire étoientau-
cès-verbal dressé par M* Jean Fra- trefois fondés en pareil droit; l'ayant
guier, auditeur des comptes, le 7 omis en l'aveu rendu au seigneor
avril i5o7 po^i* Tévaluation du de Montlevrier, seigneur suzeraîû)
comté d'Eu , tombé en la garde du cette omission donna matière àuo
roi pour la minorité des enfants du débat, comme de deffectnosité d
comte de Nevers et de Charlotte de par acte du i5 septembre 1707, il
Bourbon , sa femme , dans lequel y renonça précisément Ces droits
au chapitre des revenus de la foa- ignobles et exorbitants furent con-
ronie de Saint-Martin-le-Gaillard , vertisen prestations modiques,
dépendante dudit comté , se trouve Au chapitre XVI , du IX* livre de
l'art, suivant : Idem , a ledit sei-^ l'histoire de Chastillon > se voit ob
CUL GUY 107
itre Guy de Chastillon , contient rafCranchissemeut de di-
le la Fère-en-Tardenoîs 9 verses personnes, par Hugues Gfaas-
imunauté des habitants, tellain de Gaad, de Tan i25i. Jta
iers remontroîent qu'ils quod singiUis annis injesto beati
liges à de grandes servi- Bçrtulphi duos denarios de capite,
levoirs 9 entr^autres pour sex de matrimonio et duodecim de
s mariages des enfants au morte persolvant,
pousailles d'iceux, outre II est à remarquer que lorsque
3ls tournois qu'ils et cha- cette infâme coutume fut supprimée
qui se marioient étoient et le droit du seigneur de coucher
t payer, ce qui leur ap- avec la nouvelle mariée fut aboli,
ande perte ; même étoit ce que Ton payoit portoit toujours
lesdits enfants , étant en le nom de droit de cullage,
arier, ne trouvoient pas Culuevre : Serpent, couleuvre;
>iis partis comme ils au- coluber.
, ni si avantageusemaat. En ce bois îi y avoît
IV les décharge desdits de- Moult botereaax et culuem^s,
ervitudes de mariage de FU de S, Brandin,
ints et des cent 6ols dus c?^^^^^a Yf.«^».«e .♦ «»;«
, , , attrapé 1 ayomes et pns
ries au |Our de leur» épou- g^ i^^ùre et maies wcvres ,
la charge et «on autre* As boteriaux et as culuevres
\ tous les habitants, leurs D'enfer le ferons dëmengier
iccesseurs seront tenus à Gautier de Coinci , /<V. I , chap.
; d'aller eux - mêmes en KXXIV.
, si griève maladie ne les Cidvtboa : Faiseur de contes ; au
:hoit, avec armes deffen- figuré, menteur.
gnetetgïHdetantdejour Lcsxr«i*teW
lit en son c^astel et place Ne crëez , ii a plnsurs
it Fère , tout^ et quanles Cuntent mainte afère;
esoin en sera et qu'il leur Kar mut jà paroles
m par ledit seigneur, ou ^ . JT-^' %^^!!!
^ j^j.-.i E poi de foi en terre,
iommaudauts audit chas- ' *^_ . , «r. i n-** j
Fyerard de Kirkam, DisUques de
Caton y fol. ao4 > V^ col. i .
Têt du Parlement du 19 ^ ^. ^ . . . _
3, obtenu et poursuivi par Gunter : Du-e, réciter, fau-e des
anls et échevins d'Abbe- conjteô, »entir.
nsesfurentfaitesàl'évéque CuMCiw : Mettre en colère. P.
d'exiffer arcent des nou- Vertu. ,*. ,. , .
ariés pour leur donner C€V«lier, boisselier : Artisan qui
:oucher avec leurs femmes fabrique des cuves.
;re, seconde et troisième Cuvelle , cui^ielle : Petite cuve,
leurs noces , et dit que f^oyez Nuge.
lesdits habitants pourra ^"vibr : Baignoire. Foy> Audier.
ivec sa femme la première Pour deux cordes du puch, pour un
ses noces sans congé de sayel , pour deux cu»/icrî où on se bagne.
L'Histoire de Gand, p. 523> Compte de Vhotpital desff^ez, de i55o.
io8 DAN
Gteoine : Empldtre.
Partout fust trové la broyne
Pour nos enemis refréner
"N^y ost emplastre ne cyroine
Ne tCï ot nerfs, ne os , ne Taine
A estendre et k esta^er.
Testament de Jehan de Mêutt^,
Gtaob : Sirop.
E si le manger seit tant délaé ,
DAN
Ke le talent de manger seit passé,
Cjrrub acetus d^nn ke receive ,
E od eye chauve le beive ,
£ pus après si se detîegne
De manger jeske apetit li yiegne,
Ou jeske assellatiun fet eit,
Par unt le talent engendré seit ,
£ quant ices choses fet avez ,
Dune est hure ke vus mangez.
Enseieniementz tFjéristote jfol.
J^^col. I.
D.
Dà, dea ; Certes, certainement ,
assurément ; d'où les expressions
populaires Ottt-^à^ non-dà.
Dàgve be miséeicorde : Cette arme
qui se ceignoit ordinairement sur
les reins a été ainsi appeilée parce-
que le champion vainqueur dans un
combat à outrance 9 portoit souvent
la pointe de cet arme à la grille de
la visière (la ven taille) de son en-
nemi terrassé qui n'avoit plus alors
d'autre ressource que dans le cri de
merci, diminutif de miséricorde ,
pour implorer la clémence de son
adversaire.
Daguette : Petite dague.
Au surplus déposa tout hault
Qu'elle congnoissoit le mignon,
Et que c'estoit uns beau ribault^
Franc , frais , frase comme ung oignon
La daguette sur le rongnon
Troussée comme une belle poche,
Fleury comme ung champignon ,
Verdelet comme une espmoche.
Enqueste de Coquillart, p* io5.
Daneaus : Daniel; nom d'homme.
mière citation apeler à dan{
prendre le ton de maître.
A son ostel en est yenuz ,
Par un pertuis les a véus ,
Assis estoient au men^er.
Il apela , mes à dangier
Il aTa-Pen por l'uis ouvrir,
Li Prestres n*ot par où fuir :
Diex, dist li Prestre , que ferai?
Dist la Dame , sePvous dirai.
Fabliau du Prestre cr
vers 5o.
Chascuns sa Dame la clamoit,
Car toz limondes la crémoit ;
Tuit li mons iert en son dangier
A sa Cort ot main losengier.
Roman de la Rose, v
Ne fais pas dangier de toi rendr
Tant plus volontiers te rendras ,
Et plustost à merci seras.
Les enseignemens de 1
L'en appareille le mengier ,
Et cil n'en fist hnques dangier ^
Âinz s'est toz nus lez li coulez ,
Si vous di qu'il fu acolez ,
Et bèsiez.
Le clievalier à la Robe Vti
vers i52.
Vente par Daneaus de Florence et Davtkr : Dompter ; assu
Maroie lâncere femme celui Daniel, k... goumettre, réduire ; doniitar
aoust 1258. '
- . , j.^ Si croi-ge que la lectréure
Dangeb, dangier : peme, ditti- La mist à ce que la nature ,
CuUé^ empêchement; dans la pre- Que des meurs féminins a^oit»
EFF
écHASHERy eschassier : Treillage ^
clôture ; de scala.
ÉcniLLER, echillîerj eschilier : Ra-
vager , détruire, brider, exterminer,
exiler, bannir, mettre en esclavage,
ÉcHiQuiEB , eschiquier : Cour de
juRtice d*Ângleterre ainsi nomm<^e,
soit de ce que te pavé étoit disiiosé
en échiquier, soit que le dessin des
tapisseries le fussent
ÉcflOPEiiR , eschopeur: Regratier,
petit marchand, f^oyez Fiixâtibe.
ÉcoRcé : Qui n^a point de queue,
aninial auquel on a coupé ta queue.
ËcoBER : Étayer, soutenir, rendre
solide y doimer du courage , des
forces.
ÉcouÀiLLEs: Laine que Ton coupe
dessous les cuisses des moutons.
ÉconssBR. ployez Échànvier.
ËcouvE , escQw^t : fialai de boyau;
de scopa,
ÉcBoussiR : Craquer , rompre ,
casser, pétiller.
Efforgible : Fort , vaillant coura-
geux.
Milan eîssî fors de sa tere
En soudées pur sun pris qacre ,
S'Amie remist k meisun \
Sis pores li duna Barnn
Un mut riche hum deP pals
Mut efforcible v de grant pris.
Marie de France , lai de Milun ,
vers 128.
Effraie, effraye : La fresaie, au-
trement appellée tete-chèvre, cra-
paud ' volant y espèce d'oiseau de
nuit que Ton croyoit être de mau-
vais augure ; strix.
Le hideux cri de la Fresaie efiraye
Celui qui iVït ; elle vole de iiuict,
Et a tetfer les chérres prend dêduict.
T'etbaiii«-tu scelle se nomme ^hajre.
Oiseaux de Belon , p* 28.
É L £ 12S
ËFPRncR : Épouranter, effrayer 9
donner des q/fres^.
Égail , égal, égual, esgail^ esgal:
La rosée du matin ; d^aqua.
Égret : Boisson £aite avec de Teau
et du jus de raisin encore un peu
vert.
5 s. 8 d. pour roisin pour faire ^gret^
faif Pacat h le crois des foulons, et 19 s.
pour le batagc de cinquante cinq lots de
\erjus.
Compte de Vhospital des Wez, ds i35o.
Égret : Sorte de oiauvaise herbe.
F^oyez Mauvekvbe.
Égce : £au, canal, rivière; d^a»
qua.
ÉiGuiÈBE : Yase à mettre de Teau;
d'aquarium,
EiNS , einz, einchieux, encheux,
encieux , ens , enz, haine : Aupara^
vant , plutôt, ci-devant, d'abord 5
avant ; antt, antequanu
ÉiBE : Chemin , route , voyage t
marche; à*errare.
De sooî^c lic sunses
Contes ne tien
Kar quant home est veillant j
Ceo qu'il covoite espoire
£ pus si vient en cire
Geo meisme en dormant.
Everard de Kirkam , distiques de
CatOHyJbl. 2o5, ^® coL 1.
Élâmbbi : Flasque , efflanqué.
Éléfavtie : Lèpre horrible et
monstrueuse qui fait considérable-
ment enfler les membres, parUcu-
lièrement les jambes, dont la peau
prend la couleur de celle de Télé^
phant ; ce qui joint au volume de
Tenflure , a fait nommer ainsi cette
maladie.
Élbsseb, elessier, eliesser, elies"
sier, esléecer, esléeicier , esleissitr :
S^amuser , se réjouir y se complaire.
134
EMB
^e soupçonne que dans les sermons
de S*. Bernard , les verb&ç eslaisser
et eslaUsier, rendus dans le latin
par solvere etdilatare, sont de même
origine, et sont aussi formés du
substantif liesse ( lœtitia ) , dont la
racine est lie, et en XsXin lœtus, gai
joyeux.
Pour vostre amour serai gai
A les biens cèlerai
Qui me font esUessier.
Chanson de Jehannot VEscurel,
Qui en Pocision s'esléece et délite.
£n rist bien parçonier , c'est vérité eslite.
Fabliaux , Ms, 7t» 7218.
Tu me miennes en la maison de mou
créateur où pardurablement avec touz les
saintz je puis esléescier.
Chasse de Gdston Pkψus.
Élikgue : Espèce de fronde; de
lingua,
Elme 9 helme : Le heaume , sorte
de casque à visière 9 armure défen-
sive de la tête ; de helmus qui, dans
les lois ripuaires 9 se trouve pour
galea.
Et cil li va un cop à domage donez
Par sor Torle desus du vert helme dorez ,
Qui la coiffe de Velme li a fait acliner ,
Et au fais du haubert jusqu^à terre couler.
Roman d^ Alexandre, Ms. , w» 7190* ,
Jbl. 29 , jK" col. 2.
Embàbouiner : Amuser, réjouir,
selon Monet ; on se sert aujour-
d'hui de ce verbe dans l'acception
de duper , de tromper.
Embattrb (s') : Se divertir, s'a-
muser.
Et si banîst-on hors de ceste ville, Jehan
Dalleneset Jacquemart Blanchart, pour
ce que eulx se sont embatu en le rivière
commune de ceste ville en laquelle ils ont
pesquié.
Reg, aux Bannissements, 'xiaoût, i^oi.
EMB
Embattrb (s') : Passer^ traverser.
Là furent li Sierjant kl avoîent quelli
le travers de Bal paumes au tans le Conte
de Flandres .. et dirent ke nus avoirs de
Franche, de Borsoigne, de Cbampaigne,
de Provenchc , de Saint Jakeme d^outre
les monts d^Espaigne, ne pooit aler ea
Flandres qui ne doive passer et aquiter à
Balpaumes.... Tierwane, Faukembierge,
Boulenois.... ne doivent point de chemin
se il ne s^j embatent ; mais s^ils s^emba^
tent en le castellenie de Falpanmes, ils
doivent le traviers ensi com li antre.
Enqueste du trauers deBapaumCj
mai iao3.
EMBÂtFFUMER : Embaumer, exha-
ler une odeur balsamique.
EMBÉGiffiNER (s') : C'cst lors d'une
fluxion, s'envelopper la tête avec
du linge ; on dit en Normandie
s'embobeliner, s'emmistoufl^r^ avoir
l'air d'être coeffé avec un béguin.
Koy. BÉ6111NE.
Emblée : Ruse, finesse.
Emblée 9 amblure : Action d'enle-
ver , de voler , de dérober.
Emboucher : Parler , discourir ; de
bucca» Bien embouché , qui parle
avec honnêteté. Mal embouché,
homme grossier dans ses paroles.
Emboucq€er : Annoncer.
Et que n«l ne vende pommes nommées
Esche vin pour Blans-dureaux , ne poires
de Caillouel , ne de Saint-Rieulie , ne de
Franc-Sorel , s'il n'est tel qu'il l'cm^owc-
(juera , il chéra au même fourfait , qua-
rante sols.
Ordonnanche sur le fait de Venvard
du yenel. i4* siècle,
Embbàcher, embrachier y emèra-
cier : Embrasser , serrer entre ses /
bras ; de brachium.
Par estoit molt ardanz H feus
Qu'il ne pooit por riens estaindre, j
Quar s'il se peussent cstraindre
Et acoler et embrachier.
11
^3
DEM DE S lit
>nt en deux bliaox lacies, Hellins , sires de Chysoiii|;, chevalier,
•s forment et bien delgies, augmente le fief de Lannovs de Brillon de
e de France, Lai de GraeUnt , ^* ^"J^^ ^f i^1« f " P*"*io** '/^^^ï ««« f^'
vers 568. *"^* (aïeux) de halut. ia68, le demerkes
devant la nativité Nostre Dame.
RE : Leste, agUe, souple. Cariulaire de raèèaj-e de SaùU^
elques provinces on appelle yimand^fol 36.
rrière-faix des animaux. « , v i j • «l j
Kemembrance ke le demierkes devant
IDONG : Alorsque, lorsque. Saint Micoiaj, i3o3,. Colas Cahé fit sai-
sine.
; Flandre à gibe doit AS sols et ^ j . * »* t » w.>»
it à Troyes ou à Bar, cscune ^""'^ !?«•*'!* * f^'J'/i' '^^
4 liyres lo sols et ne puent *» ^<"""' «"* 'M S?-
retour deUi adoHc qu'as re- DBMKraABCB (attacher à) : Pîrer
Tarif du traver,de Peronne, P»"'" tOUJOU»; "Ver , SCeUer.
xMi* iiècle. Dkhokekekt : Retard^ délai , se*
( (CBAS) : Le lundi grag. io«'. absence; rfcmorafto.
ii^HAN. Et quant celé ot parler de Terre ,
ze sols pour l'achat d'un pour- ^" plustost qu'cl ppt le va guerre ,
seize loura en février pour foire Quanques d veut déhvrement ,
as de Cun. Moult naoïtle demorement,
! de Vhospital des WeZy de i35o. Fabliau du Cuvier, Vé.Ço.
mÈRE, demaruUerres : De- Dbndmit : Usez d^endroU; con-
r; celui qui dans un procès cernant.
[ demande.
I . . ^ . Et puîs ke li maistre« aront livret à lor
andierres mist bone excepbon dallés l'œuvre rf'e/iJ/t)it lestiretainesctle.
tre le seigneur qui requeroit sa aroite assise de le viUe, U U vaUet et H
1 deffendeeur en disans que h maistre le facct bien,
res avoit ia respondu à sa de- » i . . ...
'^ ifajtrdesUretatneg, zni* nècle.
de Beaui^oisis y cA.VlH, p. 48. Dent : Plusieurs angles, à peu
ïGE : Demande. Foy. CiM. P^ ^« *^ ^*«^® ^'"»« ^«^^ ^e
is : Le mardi , second- jour
naine ; dies martis. E* en exhibant par le dit Bonnenuict
ses lettres de décret et achapt, se porre-*
mes de Mortaigne, chevalier, sire vere ( prouvera ) davantage ny avoir eu de
ner, approuve les lettres de se ^e»t sur ladite ruelle , ains seullement un
re niechin, Marie , demiselle de huîch on porte en son mur allantan droiet.
3 y Chastelaine de Tournai , 1293 et ont foict ledit Bonnenuict on ses prédi»
î apriés le jour de Tyéphane. cesseurs j ledit dent et escochonnement
rartulaire de l'abbaye de Saint- P**"»^ ^«'^^ P^'** g"'*^^ commodité.
Amand^foL 36. Respofise de Jehan de MaiUy ^ dt$
34 septembre 1675.
KES, demercre, d'emerkre^
'.es , demierkes : Le mer- DértOKATiON : Plainte , regret ,
•oîsiëme jour de la semaine ; chagrin ; deploratio.
'.rcurii. Foy. Aïs, Kalen- Deqceuvbir : Dévoiler, découvrir;
tecoLiiACiB. disGOoperirci .
11!1
DES
DES
Dekeiyg : Borne d'héritages ; abor-
nement.
DB&OGHEa , déroquer : Se dit lors-
que le cerf vivement pressé par les
chiens se précipite du sommet d'un
rocher , d'une montagne ou d'une
éminence.
Desâpetichb, desapetissê : Privé
d'appétit ; qui n'a pas faim.
DésÀiBiEH, désamer : ne plus ai-
mer.
Si vels savoir d'amors
Corne Yoilient li plusurs
- lises dune les Oyides;
Dune saveras tost amer
£ après désamer
Melz ke ta ne quides.
Evetard de Kiricam, distiques
de Coton , foL 202 ï^^ col, i.
Desab&oyé : Troublé , déconcerté;
qui est hors du rayon , de radius,
Desàssiégeb : lever ou faire lever
le siège d'une ville ; desœdere.
Desàvangié : Précédé, devancé;
mis en arrière.
Ge Tueil morir d^ayant m'^amie
De tant l'aurai desavanciée^
Je li tenrai là compaignie ,
Par foi , ge ne lui faurai mie
Rom. de Floire et Blanche Flore
fol, ao4 jR* col, 3.
Desboghiee^ desboucher j desbou-
chier : Découvrir, faire connaître;
arracher, déraciner.
DESGiXTiAT, descalcié : Déchaus-
sé; qui marche nus ^itù&ydiscal^
ceatus.
Je donne aux rëvërends pères descal-
ciatzrësidens.en ceste yiUe, Yingt-quatre
florins.
Testament du \^ janvier 1620.
Desgbndement , deschendement :
Généalogie , filiation , succession ,
héritage en ligne directe;, d'où le
verbe deschendre, descendre, \
en bas; descendere.
Nous avons bien dit en cel ch:
mcisme que cis qui est repris de yila:
de crieme et condampnés , a perdu
ques il a avec le corps , et 9e pour
se li maufetierres a enfans, ou pé
mcre , ou avol ou ayole, H deschendi
qui vient d^aus , liquiex nVstoit pas
chendu où tans que li malfeteur
meffet , descend as enfans du malf(
car li malfaitierres ne povoit mefféi
qui n'estoit pas sien encore, ne il ne
pas à ses hoirs de par li , ainchoi
vient par raison de lignage de dest
mens comme as plus prochains, mai
est que de par les mialfetear ne e
tent-d rien.
Coustume de Beauvoisis , cl
F- 279.
Descebchaige : Déchargen
action de déchaîner un fardea
Deschevelé : Qui a les che
flottants sur les épaules; toni
qui porte les cheveux courts.
Le Roi doit estre vestu com Diac
teste descheueUe et ora devant Taut
faudesteuU.
Assises de Jérust
ch. CCLXXXVm , p.
Desgouev, descunu : Qui n'es
reconnu.
Fox, dist-ele, c^est Blanchandins
Qui me secort o grant barnaige ,
£t revient d^Inde la sauvaige ;
Vilains est qui lez vos s^acoste
Desconéu avez vostre oste.
Rom, de Blanchandin,fo
iJo col. 2.
Desco'kniissànce : ( sans )
pouvoir reconnoitre; action d
pouvoir pas reconnoitre ou d
miner.
Se deux gens metent ensemble
bleds ou leurs vins, ou leurs dénie
leuab marcheandises qui sont d^unei
sans desconnaissançe y sans deYis<
DES
qu^ele partie chascnn i a Ton
re que chascans i ait le moitié.
Coustume de Beauueisis , ch.
XXV, p. 128,
oiTKE f descunoitre : Ne
loitre j ne vouloir pas ou
r pas reconnoître ; ne se
ir pas. Voy. Svspeis.
» : Genre de poésie dont
e l'invention à Garîn d'Ap-
ubadour^ qui vîvoit sous
V y comte de Toulouse,
ire, ms. françois et la-
ibliothèque Laurentienne
;e interprète ce mot, d'une
lîversilé et variation dans
Mais ce descord auroît été
t que Ducange au mot^/.ç-
plique ainsi : « exstant in
a Kictorinà opuscula ali-
rte discantandi vel discan-
fusmodi cantus ecclesias^
vulgb falsum burdonem
is.
:her : Se lever , sauter à
»
certainement
ayez fet grant demeare ,
vendrez mes à eure,
Méun au marchié.
t li Borjois descouchié ,
estuz et atornez ,
ostel s'en est tornez,
goise le convoie
s jusqu'à Puis de la voie.
liau des Braies au Cordelier^
vers 58.
LPE9 descoupe : Justifié,
éfendu ; disculpatus.
îs li fu se Jehan i avoit nule
dist que nennil, et quant il es-
pes de cLelui meismes pour qui
toit et que par chertams noms
lutres accusés il requerroit que
Lst nus.
Coustume de Beauyoisis,
cA.LXm,/».3a3.
DES u5
Descovvërture : Révélation, dé-
couverte.
DEscraER : Limiter; séparer les
terres par différentes marques.
Queladicte terre soit par <>boiimeraent
de croix ou aultres enseignement^ patents,
séparée , et descurée h. Pcncontre des aul-
tres terres. '
DÉsÉGÀL : Inégal.
Ausi conie de la balaunce
Quant li braz punt en'gal esfaunce:
Si en l'un plus k'en l'autre metez
A la balaunce son droit toudrez.
Kar li braz serrunt déségal
Li uns àr-munl , l'autre à-val ,
Ki plus est charge, plus bas se treit
Et ki mains plus haut s'en vait.
Fie du Monde, Ms. de N, Z>, N. 5.
foL ai, R^ col, a.
DÉSERTE : Manière de se conduire ;
action, faute ^ méfait.
Si par ta déserte
Toi vient lual ou perte
Nel' prcn trop à lés;
Kar aventura esliéve
Le malvais é le griéve
Plus asprement après.
Everard de Kirkam, Distiques
de CatoHjfoL 204» F'* col, 2.
Desestimbr : Cesser d'estimer.
fuand i'escrirois , que je t'ay bien aymée,
„ t que tu m'as sur tous autres aymé ,
Tu n'en serais femme dés estimée ,
Tant peu me sens homme désestimé.
Marot, Epigramme à Ksabeauy
p, 433.
Désétovrdir: Ramener quelqu'un
d'un étourdissement; faire repren-
dre les sens.
Desgàter, dégater : Perdre, con-
sumer , ruiner.
En la fin encor le sauras :
Quant ton tens perdu i auras,
Et dégustée ta jonesce
En ceste dolente Icesce.
Roman de la Rose, v, 4635«
H
î
ia8
ENS
Englvse : Fille dévote qui vivoît
dans une église où elle entretenoît
la propreté, paroit les autels , etc.
Elle donne à Veiicluse Nostre - Dame
trois sols.
Testament du mois d*août iSaS.
Ençois : Auparavant, d'abord,
volontiers; antequam.
Laissez vos envois euseignier
L^ostei où vos aler devez ,
Que vos de-ci mais remuez.
FabL du Foteor, f . 72.
Encombre : Malheur, calamité ,
empêchement , adversité. C'est sans
doute pour donner plus de force et
d'énergie qu'on a souvent fait pré-
céder encombre du mot mal.
Encontre : Malheur , accident ,
issue, succès.
Enconvenant , enconvent ; ( avoir
en ) lisez en convenant, en convent :
promettre , convenir, consentir.
Li eskevin ont recordé en plaine haie ke
à un i or ki passe est , li castelain de Dowai
eust en cont^enant de\&nt aus ke de tontes
les droictures ke il avoit à Dowai, ke il
s'en tenroit à cou ke li eskevin Fen don-
roit et à cou ke il diroient.
Reg, aux Briefs de Douai y I244*
Engràissier, engresser : Prendre
du corps, devenir gras, croître,
augmenter; de Crassitudo, Voyez
Graisse.
lii cors k^il a fait encraissier
Puet-il ore au camp eslaissier
Dont il faisoit le cointerel.
Li Congié de Baude Fastoul d'uirasy
vers 33 1.
Engroghier : Donner, revêtir ou
recevoir la crosse d'abbé , d'évéque,
d'archevêque. F^oy. Croche.
Encrunqijir : Incruster, faire une
croûte ou un enduit sur une surface ;
incrustare.
ENS
Endemene : Folâtre , emporté ,
lascif, enclin, ayant du penchant.
Endolé : Fatigué , lassé , abattu ,
tant au moral qu'au physique ; de
dolum.
Tant li dui enfant faast^ ,
Qui desoz Tonbre gité »
Tote la main ont endolée
Por Tespée qu'il ot portée.
Tuit sont par les rens csbahi ,
Tuit estoient remès li cri.
Roman de Floire et Blancheflor,
fol. 204 R^ coL 3.
Endràghier , endragîer : Voyez
Hendràghier.
Enemisté : Haine, iniuiitié; im-
micitia.
De ceo ka est tre'passé
Puis ke est pardonné
Ne dois les diz retraire ^
Après enemisté
Ne iert ire recordée
De home deboneire.
Efferard de Kirkam , Distiques de Caton,
Jbl. 104, ^° col, I.
Enervation : Sorte de supplice en
usage sous la première et la seconde
race. Il consistoit à appliquer le
feu sur les jarrets et les genoux du
coupable; enen^atio.
Enfanmentère : Fantôme , esprit ,
lutin , revenant.
Lor compains fui et lor compère ,
Mais no compaignie si pert
Cascuns de moi s'eskeut et tert
Con se je fuisse enfanmentère.
Li Congié Baude Fastoul d^Aras ^
vers 624.
Enfantosmez : Ensorcelé, enchan-
té, qui a perdu le sens, la raison.
Mais ne set mes que il face
Tant est doieni et abosmez,
Que il cuide estre enfantosmez
Et si est-il, n'en doutez mie?
FabL des Ti^sces , Ms»^ «• ihZo, foL laS.
A^o col. 2 , f • 596.
DE S
arerain) il li font defiplt, on se
es dessus se Irrre. par dessus
, ou se il font alianche encon-
acuns grans désobéissaiiches ^
2»s ne garantiroit pas li cheva-
qui sei oient en se coinpaignie.
Couttume de Beauvoisis ,
ch. XXXIF, p. i8i.
lEs-EN-AVAWT : Désomiaîs ,
Liite, à PaveDir; du latin,
>ra in anlè.
que il a fet clieloî serement en
, il ne est plu tenus à fère des-
ant, mes Jeraut que il Tait fet
à recheToir en advocation , se
rbat.
t. de Beauvoisis, ch. V. p. 33.
oiEi, desofroyer : Refu-
ou loir pas accorder.
PILLÉ : Épars; semé de côté
■s manger dormir noiît ,
r emple , é aforcit;
corne home dort en recelée
ne naturele d^parpilUe,
le cors est espandue
>msc, dunt est descendnet
%t<^mac est Oinforté
Kalioe ê aforcé;
manger rcçea bien en est ({uit^
décoction ert bien dcffit.
nçwfmemzd'Arûtote tjbl. 190»
^* col. 3.
CBEft : Tendre f domier ,
ter
rent tôt cil ki or «ntt.... le tôt
biretaipes éeéen^Ve^^h/evioMlze
. ke <«e il a ^^icnt cote ht il le
C ; ae por don ne por aulmocne
idû^f qne on n'cm penra Le une
DES 115
noîssent que ledit Jehans le fiujt a despée^
chit toute le partie desdiln hiretaiges enû
Le Jehans sen père rcngonist^elui Jebaa
sen fius de faire. El mois de février I2a5.
Grand reg, eu parchemin de l'hd»'
tel de vilU de Douai , Cotté Jf,
foL 57.
Dbspeitâules : Conrrouoé» de mau-
vaise humeur; despicabilis. Dans
les sermons de S. Bernard 9 folio
77, V-.
Desplaisaxt: FAcbé^ triste ^ mé«
lancoHque.
Despettea : Arracher les plumes;
mueen pariant desoîseauxi àepenna*
Dont tant ai d^angoîsses et tclea ^
Qu'il son tombel mes Usies eslès
Despetiai toutes desroropues ,
Tant ks ai de duel desbetnes.
Roman de la Bo§Cf vcn ko545*
ration, despériment : Chagrin, é^
sespoir.
DESTLàiMn : Chanferdediseoursy
d*opînkm, suivre Texemple des
gens sunu^mmés^ av^ raison^ gi^
roueUes.
Mais ore me eonrient deiplAiâiâr^
Qaî n*i ««t pas per sonhudier.
Et si sa» bien, se ym li ïm^
Qoe bonté, nnuis et Uîs
IPcn Tcnra; maischo iert k tort.
Car on dira Le "- - -"
JXtUhcreiMmdet E^he^iiu ée
ccncm : Déduraer, libérer.
Fabliau de la, fjongwe Suit, f^* ^1.
Dcsromc : Altéré, aftaqné.
Yaaiz (les esclieries^ Tololenl i ^ per e i
et mettre en estât de« les o*m« v<^*'**^J
desqtirllrs nos sourcrainetés et sî^Monéf
t-Ftoient arriérées et 11 libertés, fran^nise,
et nsmges aroient estié «t «st<Ment
it «nsiâ ioelii Jeban sen pêrr tout
taiise desift£ckier «t déLrrer ec-
Drs^csMirc» : Déchn^eor, por-
teur. ctwMWiissiOfinaire
, d'où
s
ii6
DES
{juerquier : Pécharger, porter à
terre, p^oj^. "We&p.
Sentence rendue par esche^ins , le ii*
J'oiir de mai, Pan i/^'i^i louchant les sa-
aires des desquerqueurs et aTaleurs de
nu. 39 au&t i382.
!•» ^K- oux Privilèges de la ville
dejDouai^foL 55.
Desrainàdle^ desrenable : Dérai-
sonnable.
Qui fabiuîer velt si fabloît,
Mais que 'son dit nVn aJBTcbloit
Por dire chose desrenable,
' Fabliau du Foteory vers 3.
Derrbit^e^ desrenier , desresnier :
Plaider ,, défendre en justice, expli-
quer quelque chose 9 en rendre rai-
son.
Desrenteb : Recevoir une rente.
Voy. LivAGE.
Des^èbe : Oter les poils d'un cuir^
racler» yoy, Escorche.
Desrieuglange : Dérèglement.
AL! quel doleureux meschief ,
Quel malheur pesant et jgrief.
Plein de toute desHeiisUince ,
D'avoir ung aveugle o'nief ,
Qui ses membres en temps brief
Met à dangereuse dance !
Datice aux Aveugles ^ P-^']*
Desroter : Changer la cuUnre
d'une terre en la faisant porter, ou
en là laissant eu jachère hors de
son tour. Foy, Rote.
Item et si^ sera t^nu ledit Colart, de
furnir lesclites terres comme le coustume
le porte, et si ne peult ne pourra icelle
censé desrojreme refroissicr icelies terres
se n'est par le. ^re, accord *',t consente-
ment dudit Philippe Fremault.
liail du fj octobre ï46i.
Pessemeier ; Séparer, diviser , dé-
sunir, disjoindre.
• DtLssRHTâ : i)ivi3é, séparé, dé-
suni.
DES
Et quant k une maison rue de
mont que tient Wilie Boinebroque
dit sire a donne à certaines persoi
veut que ceste maison reste entier
jours sans estre desseiitée.
Testament du 27 aou
Dessercler : Rompre , casst
ser.
Dessevreur : Ingénieur, ,
leur, mesureur, architecte ,
maçon. P^oy, escoire, estrày
Dessignaler : Donner des i
gnemens, décrire, faire coni
de signum.
Dessowre : Séparation, 1
mesure. Foy. Estratere.
Destre, dextre : mesure d
pieds de Douai, ou trente-tro
ces de roi.
Vente d^un héritage entre deus
d^Arras au rencq de la porte d^Ësqi
contenant de six à sept destres d
de cent destres de long ou environ
i463.
Reg. aux Embriévements ,
Des hoirs Jaspart Geet pour Vi
ment d^uiie portion de flcgard co
soixante dextres de longueur, a e
vingt-trois sols six deniers.
Compte du Domaine de
de Douai y de 1600.
Destrempvre , destemprure
tîon de laver, de nettoyer, d
tremper.
Si trop mauveis ne seit le mang
Kar teu viande fet a lesser;
Mes, ne purquantTon ne deit p
Tut-jurs malnurissant mange
E ki ke le fet , devez saver ,
Ke mëdicines covient sovent '
Ke les humeurs maies de ceo euge
Par destemprure seient engete
Eîiseignemenzd*Aristote,J
R*t col. I .
Destrier : Retarder, différ
. AIcz tantost sans destrier,
Fet Jchans« bêle douce amie,
Mes por Dieu ne demorez mie
Hugues Piaucele , Fabliau d'£s
vers 76.
DES
OV8SE : Pillage 9 butin , vol^
âge.
TEE ; Fuir , éviter.
Pombraige qui se desvite ,
le temps qui toujours annuicte,
Tarbre qui tostse deli'ruicte
\y espis qui point ne graine.
de Jehan de Meung, vers ia5o.
•LOUL, desvouloir : Ne vou-
:ur di voir, nulle ne le des^enille,
z est que chascune de tiex excès
leille:
*i que chascune en bon grë le re-
le,
>st pas , par m'am^ , por mal que
r veuille.
Testament de Jehan de Afeung,
tiers i525.
iGUER : Saisir les biens d*un
leDienartawerpietdonne'krentc
e I{oi<inon le jouene , ane maison
edens le poite des wez qui lut
3utor à quinze sols de dou siens
ons et quatre mars et demi dSré'
an sor toutes rentes, et c'est
[ue sHl arrivoit qu^on deswagtut
heudes Mebaut Butor qui sont
ment de le maison devant dit
efaute des quinze sols de douis-
es six capoiis que le maison de-
en doit acqiterhiretaulement les
ides d^iaut nommées. laGS el
une f juin;.
iROKrEB : Débarrasser; on
iiiciennement WinogrEio,
iauy \*»aroqiuer, pour barre 9
ros bâton.
stes n corient dreit
de veiller aforcié ne seit,
se sent corne detwarohée,
ai pesantume trovée,
lir ne deit estre aforr^
sitiiie i »^ne est travée;
; If'gier est le movemint
•en s forz enseuient.
!c Vcro'ïa. Enstign, d^ArUutVt,
193 , it" o%l. 3.
DEV iijt
DETAILLEE : Rompre 9 mettre en
pièces.
DÉTinéE : Permission , voie licite
Ïpiîvant fiorel. Dire, en Nonnandie
IJaut qu'il fasse sa détinécy c'est
annoncer Tintention de faire ter-
miner un ouvrage 9 d'achever sa
tâche 9 de venir à bout de son des-
sin. Cette expression est bien rare-
ment prise en bonne part.
Detrape : Délivrance d'un em-
barras, d'une grande peine^ et garde-
meuble , grenier.
DÉTRUNCE : Délai, retird, obsta-
cle, empêchement, prolongation*
Quant li donz Jhesu - Crist est mis en
obliance ,
En l'amour de nos cners doit estre et no
fiance ,
Tantost sault ITDéables en nous sans
détn'ance ,
Et devenons si serf par estroife aliance.
Testament de Jehan de Meung
vers 1687.
Deiteur^ deteur, detor, detteres ^
dettes : Créancier, débiteur, l^oy,
COUMB.
n chiet en Famande où li deteur chiet
se il se reclamast à droit. ... Il apert qae
se le dettes a puis le qoemandement aie
par se soofirance ou pai son re^pit, done«
qaes en tel cas se il ne puet a%oir se dete
Îioe par iusticbe il convient que il laco
ère Bonvel qnemaodement.
Coustuwses de Beauvoisis, eh. LYI,
p a88.
Deitier. Voyez Pob«t£.
DEut {faire) : S'affliger, te la*
menter.
Déiste : Talus gaumné d*un fosfé.
Et ke tout ci! et rotrs celés oui ont ar-
bres sonr le forteréce de le vile ke elles
les aient fiit couper h quatre psés près de
le deuve dedent celui termine.
Ban de ia /'otterèce de Domai,
mars i«45.
5
nS DUE
DcVAirTRtB& : Tablier de femme.
Devenre : Vendredi ; dies veneris
le bon dtvtnres , ou le dei'cnres
grans , le vendredi saint.
Ensi passa li tan» et vint.
Et faut qu^a un quaresme avînt.
Tout droit au jour du bon det^eiires.
Le Chevalier au Barizel^ v.f'3.
Devouseb , dewouser : Tutoyer
quelqu'un , cesser de lui dire vous ,
le contraire du verbe ei%vouser.
Dkxtre : Adroit, habile, prudent;
dexttr.
DiAim r CrépiiflKîule , commence-
ment du jour , rheure qui précède
le lever de Taurore.
DiAQOs : Diacre; diaconus»
Item une nœuve cappe, deux toamicles
noires pour diaqnc et soubz-<//Vz^iie.
Int*eii taire de l'église Nostre^
Dame y i4ii*
DiECHESsE : Déesse. Locut. Norm.
DiËKET : Doyenné ; detanatus.
Elle donne as Priestres de forains de
le dienvi de Douiiy , cinquante sols.
Testament du mois d'avril, ia^3.
DiFFERANTEMEVT , differeiitement :
Diversement, de manière différente;
dijjftrtntiùs.
DiFFERAKTEii , differcnter : Chan-
ger, diversifier; diffhre,
DiFFuiR : Éviter^ éluder, se sous-
traire.
BiGOiRE : Arme pointue ; aussi
dans plusieurs provinces , en par-
lant d'une manière ironique, on dit
porler la digoire^ pour avoir Tépée
au coié.
DiiEi^s : Doyen; decanus.
Us u ins r]r Goy.... et !or coOTPaîs;nons,
E-^ciiCvifs, <l''clarint qi.e si eiilx u lenr
clerc u me sires Soyalcs y diiens de 1«
DIO
chrestîennpt^ de Douai , excquleim dm P'
testament Wautier de Goy estoient a4»< L.
magies ne emplaidiet.... i
Chirographe du mois dejuik lagj,
DiLÀiANT , dilayant : Qui
porise, qui cherche à gagner
temps.
DiLATBH : Temporiser, gagner
temps, user àe délai»
DiLATiON : Délai , retard •
DiuGAMEUT : Avec attention;
remeut, p^ojez Cobdament.
DiMEMENT, dimerie : Action de k-l
ver la dtme.
DiMEBON : Fermier qui lbf«t
qiM perce voit' ta dîme.
Diyi DB COMPAI6RON : Repas
façon, sans cérémonie.
Dist Damp Abbé , je le tous prc
pour elle et pour moi , que vostre pi
en sera faict , par telle conditioa qiei
diné de eompaigJion.
Roman duPetitrJekan de
DiRGi^BT : Dîner ; d^où le veili|
digntrydingner, dispner : Fabok'
repas de midi.
Robin amis, qae men)ae-îl?
Menjue-il nois ? par foi oll.
AIti ! lasse maléurée !
Tant fifi ore. ier qui forsenée
Quant i^eu menjai toat plain mon poifl|il
Molt les amaisse à cest De^oin j
Si s^en dignast à ccst matin.
Fabl, de VEscureul^ v. i^l
Trois sols deux deniers pour deux lob
de vin , s^en fu ly uns pour le nuit des
Trois- Rois dispense à Je taule le dfiDi-|
st'lle ; et ly autre los fu poar le Joart*
dingnet ; sy y fu ly foumiers et compU-
ou à Ijr.
Compte de VhoMpital des JVeZp de x35o*
DiOES : Jour ; de dies.
Lettres d'Amourris abbé de Mardiien-
nés, Nicolas sire de Lalainç , i383, Ia
dioes des octaves de P Ascension , à Saint-
Aman<l, en le cambe Tabbet.
Cartulaire de S. Amaièd^foL i4> ^**
ENT
EirssiviR , enssuiwir : Suivre 9
marcher sur les traces.
Entabler : Mettre un cheval à
reçu rie ; de stabulum, — Un mari
revenant de voyage 9 rentre dans sa
maison où après avoir frappé et
qu^on est venu lui ouvrir:
Tantost du cheval descendi ,
Si Ta fait molt tost entabler.
fabliau du Prestre et de la Dame ,
vers 57.
Eif TAILLE : Large plaie faîte par
un instrument tranchant.
Ektabimir : Reculer 9 éloigner > re-
tarder, frayez Gbàiivescb.
Ektasséob : Avare , qui entasse
ses richesses.
Mes or laissons te x preschëors ,
Et parlons de s entasséors.
Certes Oiex n^aiment, ne ne doutent,
g«nt tex deniers en trésor boutent ,
t plus qu^il n'est mestier les gardent x
Quant les povres dehors regardent .
De froit trembler, de iain périr ,
Diez le lor saura bien merir.
Roman de la Rose , vers 5x36.
Entavlehent : Entablement, cor-
niche; de tabula. Voy. Aunie.
Enteçhibz (bien) : Rempli de
bonnes qualités, estimable par ses
vertus.
Jadis avint c^nns chevaliers
Prcuz et cortois et beax parliers ,
Krt saiges et bien enteckiez ,
S>rt si en proesce affichiez ,
C^onques ae rien^ ne se volt faindre
En la place où il pooist ateindre.
Guerin , fabliau des Tresces , vers 3.
Entbismbs : Incommodé , souf-
frant, malade.
Ne pardone à toi mebmes
Kant tu ies enteismes
Par boivre méifesaut \
Kar «i vin n'est pas
ENT i55
La coupe del* trespas.
Mes el trop bevant.
Everani de Kirkam , distiques de
Caton ,fol, ao4 » V^ coL i.
ENTEMPAéEMENT : D*UDe manière
tempérée, sage.
Pur ceo est certein document
A santë garder pleinement ,
Ke hum en sa santé use manger
K^à sa qualité pusse acorder ;
C^est k saver pcmez eni cure ,
L^home L^est de chaude nature ,'
Chaudes viandes valent veirement,
Mes ke chaud scient entempréement,
Enseignemenz d'uiristote ,Jbl, 188,
-fl» col. a.
Enteàmer ( s' ) : S'aimer tendre-
ment. «
En joie et en grant drnerie
Vesquirent trestote lor vie ,
Et moult bonement tî*entramèrent ,
Ainz de riens ne se descordérent.
Castoiement, Conte lî,vers i56,
»
EiriRB : Vers, environ. P^oy, Es-
CRIEE A LE MOBT.
Enteeacolbr , entreacoller : Se
serrer étroitement entre les bras^
les passer autour du col.
Jupiter et Alcumena s^entrsacollèrent
cuidant Alcumena que ce fuist Amphi*
trion ; quant ilz furent ainsi entreacolés ^
Alcumena demanda à Jupiter dont il ye-
noit.
Raoul le Feure , Recueil des histoiret
de Trojres^ Ms. de la Valliéref
;*• f\oS'j,fol. 9a , col, a.
EvTEEBESiER , cntrebeiser : S'em-^
brasser réciproquement.
Ne porquant molt bien aaisîer
Se sorent d^aus entrebesier,
Huon le Roijjabliau du Vair
Paleji'oy'.
Entrebovtke ( s') Se pousser mu-
tuellement.
Entaeghâiijaule : Alternatif. ^»
Gherge.
i54 EN T
ENTHCcniNGEr. : Échanger^se don-
ner niututUemeiit.
Lur auels d^or s^entrechangèrent
£t duemcnt ^entrebhstrvnU
Marie de France , lai iVflliduc ,
vei's ^o5.
Entrediae : Parler ensemble ,
causer; intercUcere. p^, Reclaih*
Une pastourelle gentille
El uu berger en un verger ,
L^attrc hier en jouant à la belle
S'cittrediioient j pour abbrëger^
Roger
Berger,
Lrgèrc
Bergère,
C'est trop à la biJIe joué !
Chantons noé, uoe', noé.
Marot , chanson XXV* du jour de
Noël, page 4oi.
Ektbedoigner (s') : Se donner
mutuellement.
Ainsinc lor ruers ensemble joignent ,
Bien s^entrament, bien f^entredoigneni.
Roman de la Rose , v, 46o4<
Ektreguigneb (s') Se regarder ,
il^observer Tun Tautre.
' Entrejod, entrijon : Espace pour
^ouner cours à Teau.
Entrelarder : Entremêler.
Tout son engin et tout son entendement
furent enti^elardés de pensées , car par
pluiseiirs hommes nobles avant quMle
îuist enfermée en celle tour avoit esté
d'amour requise et u^avoient peu con-
tourner son cueur à leurs pélicions et
req^uestes.
Raoul le Feuiv , Recueil des hystoires
de Troycs^fol. i^c) ^ V*»
EtîTREMETTRE I>E COUVrRNEMENT : Se
mêler , se char{];er , s'entremêler
des affaires publiques.
. ENTa'ocGiR (s') : Se tuer mutuel-
lement Voyez OcciEac.
Ekieeparleii, verbe et substanlir.
Causer ensemble. Conversation de
Parabolari.
Jj entreparler, li si^iples sens ,
Et li non convenables tens ,
Ce que nus biens sans félonie ,
Et nés nus sers n'est sanz envié ,
XiCS fist départir et garder ,
Que ne porent ainx pins parler.
Fabliau de Piramus et ThUhé,
ver» 83.
Entrepeesure : Situation > éten-
due , entreprise.
E^TREPRISlIRE : Embarras^ inquié-
tude.
Et li ChevaUers ne Tolt fére
Chose par c*on péust déffere.
L'amor qui entraus deu^ ^toit ,
Quar l'ancien forment doutoit.
Qui riches ert à desmesure,
N'i voloit querre entreprisure,
Huon le Roy , fabliau du fTair
Palefroy , vers a3o.
EntrergssbmbIiBr : Être pareU, être
semblable.
Les jors s'entresuiveut , mais ne s'eit^
treressemblent pas. Ancien proverbe,
Entresueler (s!*) : S*acçoutumer
réciproquement; de solere,
Entresuivrk : Aller à la file 9 à la
suite des uns djes autres.
Entretenànçe : Tout ce qi|i sçrt à
Uentreùen d-une personne , djua
bien , d'une entreprise.
Entreval : Intervalle 9 espace,
séparation. Voyez Ravaler.
Ektriaux : Entre eux.
Se li sires mainne ses esl^evins an sens
dou pais , pour avoir enqueste d'une be-
songiie u de plus , dont si eskievins se
saceiit dire droit, si eskievins paient des-
pendre entriaux 28 deniers sour chascune
Desougiie dont ils vont au sens don paûi
quand ils iroient quarante fois u plat
pour une besongue.
Cartulaire de Vabbaye de iSt,'Amai^i
dit liber albus jJoL 1^5 , Loid*Ei'
caupon^ 1238.
I
l
DRÉ
ir kanc occasioîiem auet'tent filii
ïlios nostros à timoré Domini,
TEusEMENT : Âvcc Crainte ^ en
[au t.
VE : Talus gazonné d'un fossé.
Camion.
^vi :. La ville de Douai. Voyez
HEB.
an deP incamation iaA^ le dae-
eraaine de mart , li escnevin UDt
igiet que tout ensi oomme le tiére
laude d^Arras dure vers TAbei des
t (out ensi come li jugement de
dure pardevers le rivière.
Reg. aux Ordonnances ,foL i5.
PAILLE : Habits , linge , bardes
léral. Voyez Ane.
ist a ladite Liegard me feme, tous
)as grans et petis de me maison et
ne drapaille et tout me vaisseie-
d'or, d^argent et de madré.
festament du mois de maivh 1269.
PEB : Droit de faire du drap.
rapier ne drapiére ne pnet mener
! tiretaine por vendre, ce n'est par
ins et se il les menoient, sans lor
, il lor conyenroit déporter deP
Ban des Tiretaines de 1257.
FER : Épargner, lésiner, être
^ •
iviEBE : Mélange de fèves ,
fas^elottes^ de gros pois 9 dits
ois ou pois de moutons et d'à-
le tout semé ensemble , et
lonncr en vert aux bestiaux.
apt de Jehan de Belleforière pour
cinq coupes de tière à faire dra^
en i'u marcandé pour 26 gros de le
, porte 32 et demi gros.
iptede Vhospital des Wez, de iSGq.
CHEBON : Ëcuelle à soupe. Une
ce de roffîcial d*Arras , du
1 1425, condamne la maîtresse
DUC 121
du béguinage du Champ -Fleury à
fournir^ à certains joUrs , h son curé,
différentes friandises 9 telles que tar-
tes 9 tourteaux 5 et porte aussi:
Le samedi de la Qnadragësime deux
drécherons de potage de grumelet.
Dbechoib : Sorte de montre où
Ton place la vaisselle. Voyez Can-
deleb.
Dbesce : Direction , route , che-
min ; directio.
Si tu ne fuiz peresce
Par droite dresce
Malvaise iert ta vie,
Kar le quer languira
Purtant ke peresce a
Le cors en sa baillie.
Everard de Kirkam , Distiques de
Caton,Jbl. ao6, /?• col, i.
Dbesche : Outil de boulanger.
Voyez Méet.
Dbesseb ; Diriger, prendre, exer-
cer ; dirigere.
Dbille : Coureur, vagabond, dé-
bauché.
Dbilleb : S'enfuir avec précipi-
tation, mener une mauvaise con-
duite.
Dbomont : Vaisseau de guerre et
de transport; dromon.
Lors fait les charpentiers mander
Por celé barge commencer ; •
De trente piez fu le dromont , .
là maz en fu droit cootre-mont.
Roman de Blanchandin , fol» i85 ,
fio col, I.
Dame , li Provoz li respont ,
En mer trovasmes un dromont
A bretesches , et à chasteax ,
Estoit fermez , riches et beaz.
Même Rom, ^foL 186 , -K» col, a.
DuGASSE : Fête patronale d*un vil-
lage; de duXf chef. Dans la Picaf-
die , l'Artois et la Flandre, la 4<-
129 . £ A L
«
ca^se est une assemblée champêtre
où Ton danse» l'on lioit et l'on se
divertît.
Ddés , duez : Chagrin , deuil ,
tristesse ; de dolere.
Retornës en est liement
Car SCS dues est molt esclairiës.
Fabliau de la Longue Nuit , v. 901.
DrscHÉEz : Duché, états gouver-
nés par un duc ; de dux^
Bon vassal i ot et hardi.
Si Papeloit-on Henri;
D'Oienois tint la duscliéez^
Noyelement fu mariez.
Roman de Floire et Blanchéfflor ,
foL 193 Ko col. a.
DuscHoisE) duscoise : Duchesse $
Xemme d'un duc.
Moillier ayoit k son talant
Mais n'ayoit encore nul enfant y
ÉCH
Maïs la Duscoise esfoitençainte,
Un poi avoit la coolor tainte.
Roman de floire et Blanclieft
foL 195 , /?• col. 2.
La Duschoise ot une meschinei
Or afst Diex à Torfeline ,
Por la haulece et por le jor ,
Uont apeice Blancheflor.
Même Roman jfol. icfl, V^ eo
Dtablie : Tapage , train, gr;
bruit ; de diaboUis. ( Dans Gau
de Coinci, fol. ao5, col. 1.)
Dtsise : Décise , petite vUie
département de la Nièvre, sLi
dans une file, à Tembouchure d
rivière d'Air^ dans la Loire,
est nommée Decetia , dans les c*
mentaires de César.
Je ne sçai ville miex assise ^
Si est apelee Dysise ,
Et siet en une isle de Loire.
Jehan li Gallois d'^ubepi
Fabliau de la Bourse p
de sens , v» 38.
E.
£ : J'ai , ai : habeo.
Ainsînc fis sa volenfé toute ,
Et quant je Toi mis hors de doute.
Sire , fis-jo , grant talent é
De faire vostre volentc.
Roman de la Rose , v. 2oa3.
Sagement (estre en soubz) : Être
mineur, être en tutelle , ne pas jouir
de ses dîroits ; à'^œi'wn.
Demiselle Robe de Byach , vesve de
Jehan Hourde a reco^zneu avoir reççu de
Jtfhan de Goy et demiselle Marie D&i , se
femme , vingt francs d'or pour cause de le
vrarde , sustentation du vivre , et de le
gouvernance d'icellc demiselle Marie Dez,
où temps que elle e&toit en soubz eage^
ment.
Ckirographe du 7 janvier ^091.
\
"Eal : aïeul 9 grand-père*
Easmement : Opinion , estii
avis, pensée, prix; œstimatio
ancien prov. aesmansa.
ëàsmea : Juger, estimer,
d'avis ; œslimare , en ancien 1
venc. aesmar.
ËBENiis : ébènCj^ bois noir. F*
Keviixe.
É^nt : ehins : Sorte de levier.
ËÀbovee : Donner un preniie
vage Wx langes d'enfans, aux
aux bas des jupes et autres bal
meus, exposés à être salis ou ta
de boue et d'ordure.
Éghài!IVAer, ecousser : Oter
Véchanvroir les plus grosses ch
vcttes ^^^^ sont restées dans 1
lasse*
EFF
1ER , eschassier : Treillage j
de scala.
ER, echillierj eschiller : Ra-
étruîre, briser, exterminer,
luuir, mettre en esclavage,
7.
;iEB , eschiquier : Cour de
'Angleterre ainsi nommée,
e que le pavé étoit disposé
uier, soit que le dessin des
3s le fussent.
EUR , eschopeur: Regratier,
rchand. f^oyez Fillatibr.
É : Qui n'a point de queue,
uquel ou a coupé la queue.
R : Étayer, soutenir, rendre
donner du courage , des
iLLEs : Laine que Ton coupe
les cuisses des moutons.
SER. P^Oj^ez ÉCHANVREB.
E , escoiwe : Balai de boyau;
i.
ssiR : Craquer , rompre 9
pétiller.
CIBLE : Fort, vaillant coura-
eissi fors de sa tere
ideVs pur sun pris qaere,
e rf^mist à meisun j
res li duna Bariin
ut riclie hum deP paY9
(forcible è de grant pris.
îarie de France , lai de Milun ,
uers 128.
lE, effraye : La fresaîe, au-
af>pellée te te -c lièvre, cra-
?olant y espèce d'oiseau de
B l'on croyoit être de mau-
;ure ; strix,
Jrux cri de la Fresaie effraye
qui Po'ït ; elle vole de nuict,
etfer les clièvres prend deduict.
abis-tu scelle se nomme effraye.
Oiseaux de Belon, p, 28.
É L E laS
)!.FFRTrBR : ÉpouYaDtery effrayer 9
donner des ajffres.
Égail , égal, égual,esgailf esgal:
La rosée du matin ; à^aqua,
Égret : Boisson £aite avec de Teau
et du jus de raisin encore un peu
vert.
3 s. 8 d. pour roisin pour faire ^gret^
faif Pacat à le crois des foulons, et 19 s.
pour le batagc de cinquante cinq lots de
\erjus.
Compte de Vhospilal des Wez, de i35o.
Ëgret : Sorte de Qiauvaise herbe.
Voyez Mavvenure.
Égce : £au, canal, rivière; d'ii-
qua.
ÉiGuiÈRE : Vase à mettre de Teau;
ôl!aquarium,
EiNs , einz, einchieux, encheux,
encieux, ens , enz, haine: Aupara^
vant , plutôt, ci-devant, d'abord^
avant ; antè, antequam,
ÉiBE : Chemin , route , voyage 9
marche; d^errare.
De songe kc sunges
Contes ne tien
Kar quant home est veillant;
Ceo qu^il eovoike espoire
£ pus si vient en cire
Geo meisme en dormant.
Everard de Kirkam , distiques de
CatoHyJbL ao5, f • col, i.
Élambri : Flasque , efflanqué.
Éléfautie : Lèpre horrible et
monstrueuse qui fait considérable-
ment enfler les membres ^ parUcu-
lièrement les jambes, dont la peau
prend la couleur de celle de l'élé^
phant ; ce qui joint au volume de
Fenflure , a fait nommer ainsi cette
maladie.
Élesser, elessier, diesser, elies^
sier, esléecer , esléeicier , esleissier :
S'amuser, se réjouir y se cooiplaire.
134
EMB
^e soupçonne que dans les sermons
de 8^ Bernard , les verbe.s eslaisser
et eslaissier, rendus dans le latin
par solvere eidiiatare, sont de même
origine, et sont aussi formés du
substantif liesse ( lœtitia ) , dont la
racine est lie^ et en latin lœtus^ gai
joyeux.
Pour vostre ainour serai gai
A les bieDs ce'lerai
Qui me font esléessier.
Chanson de Jehannot VEscureL
Qui en Tocision s^erlcece et dëiitc.
£n rist bien parçonier , c'est ve'rité eslite.
Fabliaux , Ms, n'* 72 18.
Tu me miennes en la maison de mon
créateur où pardurablemcnt avec touz les
•aintz je puis esléescier.
Chasse de Gdston Phœbus,
Élikgue : Espèce de fronde; de
lingua.
Elme , helme : Le heaume , sorte
de casque à visière 9 armure défen-
sive de la tète ; de helmus qui, dans
les lois ripuaires , se trouve pour
galea.
Et cil li va un cop à domage donez
Par sor Torle desus du vert helme dorez ,
Qui la coiffe de [!elme li a fait aciiner ,
Et au fais du haubert jusqu^k terre couler.
Roman d* Alexandre , Ms, , n^ 7190* ,
fol. 29 , JR® col. 2.
Embàbouineb : Amuser, réjouir,
selon Monet ; on se sert aujour-
d'hui de ce verbe dans l'acception
de duper , de tromper.
Embàttrb (s') : Se divertir, s'a-
muser.
Et si banist-on hors de ceste ville, Jehan
Dallenes et Jacquemart Blanchart , pour
ce que eulx se sont embaln en le rivière
commune de ceste ville en laquelle ils ont
pcsquié.
JReg, aux Bannissements, 21 aoiU i4oi*
EMB
Emiàttms ( s' ) : Passer, travener.
Là furent li Sierjant ki avoient qoeU
le travers de Baipauines au tans le Conte
de Flandres .. et dirent ke nus avoirs di
Franche, de Borsoigne, de Cbampaipie,
de Provenche , de Saint Jakeme d^oatre
les monts d^Espaigne, ne pooit alerei
Flandres qui ne doive passer et aqmterk
Balpaumes.... Tierwane, Faukeiiii)ierj>e,
Boulenois.... ne doivent point de chaâi
se il ne s^j embatent ; mais s^ils s'en»
tent en le casteilenie de Falpaumes,ii
doivent le traviers ensi com li antre.
Enqueste du traders deBapaum^
mai I203.
r.
r
L
i:.-
fc
K
t<-
EMBAtFFUBiER .* Embaumcr, tùk
1er une odeur balsamique.
Embégvi5eb (s') : C'est lors d'an
fluxion , s'envelopper la tête aiei
du linge ; on dit en Normandie
s'embobeliner, s'emmistoufl^rj avoir
l'air d'être coeffé avec un bégaie
P^Oy. BÉGUINE.
Emblée : Buse , finesse.
Emblée , amhlure : Action d'enk-
ver , de voler , de dérober.
Embouchée : Parler , discourir; h
hucca» Bien embouché , qui paill
avec honnêteté. Mal enibouchit
homme grossier dans ses paroles.
Embougqueh : Annoncer.
Et que n«l ne vende pommes noiniiés
Eschevin pour Blans-dureaux , ne poÎR*
de Caillouel , ne de Saint-dieulle , ne de
Franc-Sorel , s'il n'est tel qu'il IVjii^b*-
cjuera , il chêra au même fourfait , ([^
rante sols*
Ordonnanche sur le fait de Penvûri
du p^enel. i4* siècle,
Embracher, embrachierj embrd-
cier : Embrasser , serrer entre ses
bras ; de brachiunu
Par estoit molt ardanz li feus
Qu'il ne pooit por riens estaindre,
Quar s'il se peussent ostraindre
Et acolcr et embrachier.
■■"j
5r
£M M / £MP 125
ms Tautre ses braz lacier fst partie noire, partie grise, et
r les cols si doucement , ^ont le col jusqu'à la moliié du
volentez et penssetnent j»ipx j «.
,nt et grant késirner , corps diflGère du reste.
lom ne le péust irier Geste corneille est dicte emmantelée
st lor joie auques parféte. Qui seulement en liyver se peut voir;
HuoH le Roy , FabL du Fair Sa couleur est cendrde avec le noir
PalefroY v non Comme un manteau : dont elle est
•^ -^ ' ' appellëe.
ÈVÉMERT : Espèce d'entaUlure oiseaux de Selon , p. 6g.
uelle une pièce de bois entre ^^^^^^^ ^ Brouiller, confondre ,
IZii ( Prestres) : Prêtres embrouiller, obscurcir.
, couverts de leur camail. Emmuuier : Tromper, surprendre
iceîui testateur quatre prestres P^r ^6 belles paroles, donner de
qui seront emprès des candeliers, 1 «au bénite de COUr ; de mel.
sen service , récitant le pseau tier ÉmOECÉ , emorché : Séduit , pris à
qui iccux prestres soient embruii- i»-__ a» Ji^^^^^x '
t voisent i chacun de une can- ^ «PP^* » amorcé.
un denier attachié a ladite can- EmPALETOCQué : Affublé d*un man*
teau derrière lequel pend un capu*
peut conclure de la citation chon.
ente que les petits cierges ou Cependant venait son diseur d'heure»
5, nommées attaques, ne por- en place , empaletocqué comme une duppe,
je nom que parce qu'on y at- et très - bien antidote' son halaine k force
{attaquait, attiquoit)laipièce syrop vignokt.
nnoie avec laquelle on alloit Rabelais, liv.v, ch, XXI.
ande. Nos ancêtres les appe- EMPÀWrouPHLé ( brevîère ) : Gros
chandelles , quoiqu'éilts ius" bréviaire romain autorisé par le
e cire comme toutes celles p^p^^ ^^ poy^ ^insi dire scellé de
1 se sert encore présentement g^^ pantoufle.
es villages. Ils donn oient le . , • u- « • J j • ^
TA»u^^o. «M ^^ Après avoir bien a.poinct desieuoë,
nom a leurs bougies de table, ^y^f^^ Pecclise , et luy pbrtoitM)n ^dens
l ils parloient de ce que nous un grand penier un gros^noi^rv empau^
ns aujourd'hui chandelles , touphlé , pesant tant en gresse qu'en f«w
Ûent candelles de sieu ou siu "^^irs et parchemin , poy plus poy moin»,
; de buej ( bœuf) ; de moton -«« qomtaulx six b^.: .
coton. Voyez Candaille et Rabelais, Iw.i.ch, XSL.
Empéeueb : S'opposer, empécliér,
t Jehan Coappelot pour avoir de- opposer. EmpéchGr du'- niot, être
a demoisellçdu Dortoir pour ledit atteint de maladie. Foyçz Levlier
^}oïiy,àe chandelles de sieu^oMT ^ Occupation.
de a s. 6 d. chacune livre, 75 s. »,,.,. /!;*■
hmpte de Phospital des Chartriers Empenke : L'endroit de la flèche
cfe 1537. où sont fichés les plumes; ailerons
AWTEt*, emmentelé : Couvert de plunies que l'on met aux cÂlè$
uanteau. On appelle corneille d'une flèche pour la fau-e a»^
%telée; comix bicolor , a-e/ droit; de penna.
%, seu panphaga, celle qui Empesthe ; £uibarraMi^ gêné.
I
i4o ESC ESC
Le cul Galon a descouverl ESGLEHG : Gauche.
Qui se dormoit toz aïrez ;
Et li eus ert achequerez Comme en temps puië Collin Horllnl
Autres! grant corne un portaïu. cust navré Hanolin de Ronaj, fils de Je-
FabU du Sot Chevalier, v. 278. ''^'î ' cordouanier , en visage ohVescUnt
œul , ensm que rœn! en est demourét
EscHEviN : Sorte de pomme. Voy. perdue.
Enboucqver. Ckirographe du 26 march i38(.
EsGuoPEB : Arrêter 5 surprendre, Esglighieb, esclicher : Séparefi
interrompre. diviser , distraire.
Toutes les pastores qui ont este gr- de-
Entendu toutes voies et conditionné que ^*?* esclichiees hors dudict mares de raî-
en casou icelles diquedunes ne se po- pa« 7 vendues par les seigneurs de Vakf-
roient vendre blanches as marchans qui ^^lenncs.
viennent pour les escirlattes ou k auicuns Privilèges de la ville de ValencienneM,
qui les volroient faire taindre d^aultre cou-
leur que les drappiers de ceste yille les EsCLiQUBS : Restraiotes^ bomées
E oient faire lister et puis taindre en noire du latin ; scolia,
runette comme on fait présentement,
aoust 1390. Assés plus loing de deus cornées
Ordonnance sur les peUu draps. Ses lettres sunt k ce tornée»
'^ "^ Qu eles valent miez qu antentiques
ESCLAIEIEB 9 esclèrier : I/aurore , Communes , qui sunt si escliques ,
le point du jour ; à'exclarare. 2»« "« valent qu'à huit personnes.
^ ' ' Tex lettres ne sunt nue bonnes.
Alez vos huimais herbergier, Roman de la Rose, vers t iSffi.
Trusqu^k demain k Vesclèrier
Alcz vos-en de devant moi, EscLiTOiEE (faire) : Péter , lâcher
Roman de Floire et Blancheflor , des ventS. '
fol. aoi, R^ col, 1, j, ,. . ^. -
"^ Il ne II covient pas/airv esciitoire^
ESGLAECIR : Éclaircir 9 devenir Q"w en toutes saisons avoit la foire.
clair , rendre clair, expliquer, dé- Fa6l. d*Audigter,vers 257.
montrer, exposer; d^exçlarare. D'où ^^^^^^^ . jy^^^ batardeau ;
esclarcissenient , explication , dé- ^excludere.
monstration.
. Et sera tenu ledit Jaquemars , de k sea
Les vous font-il contrarier , coust et frais , retenir saine et entière de
L air enflamber , braire et crier , t^j^es rontures, bien et souifissament, l^e*.
Lt esclarcir en maintes pars cluse qui est sur le rivière en Tenant de-
Par tonnoires et par espars, puj^ Icsdiles ventelles iusques au courant
Qui taborcnt , timbrent et trompent de l'esUnque qui est entre Biach et Vitry.
Tant que les nues se desrompent •>« • » » > *
Par les vapors qu'il font lever. Chirographe du a octobre i4oa.
Roman de la Rose , vers 18087. ESCOCHON , escochonnemetlt l CoiB
Et qu'il (Dieu) lu y ait pieu inspirer COupé, angle, royez DeHT.
plusieurs grands princes et seigneurs par p^^ l^jj,. conseiller enclore li-
toute la chrestiente pour tenir Ja mam a jite portion de fleghart d'un mur de brio
la restitution et esc larcisse ment desdites ^^^s qui se fera Lscochon pour garder
bonnes lellres. 1,. tournant et voye de kar pour catt'er
iVicorf , Dict, édit, de 1628, pnjface , vers le porte dePeauvre, le point duquel
pag, I. escàchon se prendera vers Terrcctc d'une
ENC
EffCÀRCBBa • Charger 9 porter sur
fipaule. Voy. Gahche.
ExcAssER : nf ailier, mettre , faire
•Tiir daus de Tor, de l'argent, etc.
■^-ty. Faetim et Kelvrc.
Engbintea : Concevoir^ devenir
rosse ; incingere.
Tant i vînt Mil un, tant Pâma,
Que la Damoiscle enceinta.
Suant apcrceit c|u^cle est enceinte^
ilun manda, si fisl sa pleinte.
Marie de France , lai de Milun , vers 54-
Ehgbàîi : Chasser , repousser ,
^tter ; de ccUcare.
^ lâ chant des psalmes et dou psaltieirs ,
Taibailit lesairmes, il appellent et se-
Bont les Aingles en son ayde, il enchais-
wu Icis Dyaubles, il boute fuer foutes te'-
idbres , il fait sainctes leis personne ;
TVaduction des Psaumes,
. Ehghàison, enchaisoun , enchai-
uaij encheisoun , encheisun , en-
^jrson : Occasion heureuse ou
nalheureuse , dessein bon ou mau-
lais, cause, fait, motif, raison,
pajet; querelle, dispute, calomnie,
plainte en justice, accusation; dans
le premier sens ces mots viennent
Voccasioy et dans le second, d'<zc-
ns€Uion.
■
Par quel enchaison dist tu qne elle fnt
;a soer, que )eo Tai prisse à moy à moil-
er. Bible, Genèse, ch, XSl, v, 19.
Quod ob causam dixisti esèe sororem
'uam , ut tollerem eam mihi uxorem ?
Lors ne savoient ses parenz que ceste
;hose fust faite de nostre Scisnor, et qui
i&l encliaisoun encontre Pfailistiens.
Bible, Juges, ch. XIV, v. 4»
Del' règne Chaldeus Venclieisun
Detutela destructiun,
£u en despences en vérité
lia très graunt superfluité
Kar les despenscs plus amuntcîent
Ke les rentes des cités ne feseient.
Pierre de Vemon, Enseigtiem.d^Aristote^
Jbl, 176, R^ coL 1.
ENC IÎ17
EvcBAPEROHKER : Mettre un cha-
peron sur la tête d*un oiseau de
proie. P^oj", Chaperow.
Engbapper : Revêtir d'une chappe^
porter la chappe.
Après eu]x Tenoient les évesques
Tous enchapffez, crossez, mittrex.
Dont il y avoit treize , ou presqucs,
Tous de ranc et bien atiltrez.
Maniai de Paris, Visiles d§
Charles VII, p, 169.
Encharboté : Embarrassé , brouil-
lé, sans ordre.
Enchâsser : Chasser, exiler, ban-
nir ; de quassare,
Enghavgement , enchaussement :
connoissance profonde, poursuite
ardente, exil, bannissement. Bru-
nettoLatîni, dans son Trésor, tra-
duit ainsi le passage suivant : Phi^
loisophia est scientia rerum divina-
rum hunianarumque. Philosophie
est X enchaussement de totes riens
divines çt umaines.
Erghaucbr , enchausser : Faire
ses études, s'instruire, apprendre.
Enchens : Encen^.
Li somiers de mercheries 3/) d., de
Douay, 19 d. li aluns 25 d. de Douay, 19 d.
li bresieus aS d. de Douay 19 d. ; encheiiâ,
5 s. et sHl est de Douay, si doit 4 s. 7 d.
Tarif du Travers de Bapaumôf
de laoa.
Enchensier : Encensoir.
Item deux enchensiers d^argent , pe-
sant 47 onches. Item trois grans plas d^ar•
gent.
Inventaire de V Eglise de Nostre
Dame de Douai , de ifyii»
E5GHERSER : Chercher, recher-
cher; de quœrere.
Enchevillé : Tenu , attaché avec
des chevilles.
L^espondc avoit un autre fuisel fichîé «t
enchevillii sur les deus autres.
Roman du saint GraaL
laS £ N S
Encluse : Fille dévote qui vivoit
dans une église où elle entretenoit
la propreté , paroit les autels y etc.
Elle donne à Veiicluse Nostre - Dame
trois sols.
Testament du mois d*août i328.
Ençois : Auparavant, d*abord,
volontiers; antequam.
Laissez vos envois enseignier
L^ostei où vos aler devez ,
Que vos de-ci mais remuez.
Fabl, du Foteor^ v, 7a.
Encombre : Malheur, calamité,
empêchement , adversité. C'est sans
doute pour donner plus de force et
d'énergie qu'on a souvent fait pré-
céder encombre du mot mal.
Encontre : Malheur , accident ,
issue, succès.
Engonvenant , enconvent ; ( avoir
en ) lisez en convenant, en convent :
promettre , convenir, consentir.
Li eskevin ont recordé en plaine haie ke
à un jor ki passé est , li castelain de Dowai
eust en contenant devant aus ke de toutes
les droictures ke il avoit à Dowai, ke il
s'en tenroit à cou ke li eskevin Fen don-
roit et à cou ke il diroient.
Reg, aux Briefi de Douai j 1244*
Engràissier, engresser : Prendre
du corps, devenir gras, croître,
augmenter; de Crassitudo. Voyez
Graisse.
li cors k^il a fait encraissier
Puet-il ore au camp eslaissier
Dont il faisoit le cointerel.
Li Congié de Baude JFastoul d'Aras,
vers 33i.
Engrochier : Donner, revêtir ou
recevoir la crosse d'abbé, d'évêque,
d'archevêque. F^oy, Croche.
Encrunqijir : Incruster, faire une
croûte ou un enduit sur une surface ;
incrustare.
EN S
Endemené : Folâtre , emporté ,
lascif, enclin, ayant du penchant.
Endolé : Fatigué, lassé, abattu,
tant au moral qu'au physique ; de
dolum.
Tant li dui enfant hasté ,
Qui desoz Ponbre gité ,
Tote la main ont endolée
For Tespée qu'il ot portée. "
Tuit sont par les rens esbahi,
Tuit estoient rem es H cri.
Roman de Flaire et Blanchefkt^
foL 204 /?• coL 5.
Endràgbier , endragîer : Yojez
Hendraghier.
Enemisté : Haine 9 inimitié; ini'
micitia.
De ceo ka est trépassé
Puis ke est pardonné
Ne dois les diz retraire ;
Après enemisté
Ne iert ire recordée
De home deboneire.
Everard de Kirkam , Distiques de CaU»,
fol, 104, R° col. I.
Enbrvation : Sorte de supplice en
usage sous la première et la seconde
race. Il consistoit à appliquer le
feu sur les jarrets et les genoux da
coupable; enervatio,
Enfanmentere : Fantôme, esprit ^
lutin , revenant.
Lor compains fui et lor compère ,
Mais no compaignie si pert
Cascuns de moi s'eskeut et tert
Gonseje fuisse enfanmentere,
Li Congié Baude Fastoul d'Ara» ,
vers 624.
Enfantosmez : Ensorcelé, enchan-
té, qui a perdu le sens, la raison.
Mais ne set mes que il face
Tant est doleni et abosmez,
Que il cuide estre enfantosmez
Et si est-il , n^en doutez mie?
Fabl, des Tresces , Ms»^ /«• ih3o, fol. laS»
/^o col. 2 , i', 596.
£SG
CscMEVER : Kompre, se feadrc,
éclater, s'entroiMrrir.
Par-qoi fiircnt lî doi palais
£n icele manière fais ,
C^une parois et un mur seus
^re devisé d^ambe-deus.
En-droit la chambre là dedans,
Si estret^a le murs fendans,
Où la Pqcele crt enserrée
Fu la maisiére un poi creyëe.
|> crevace nWt guéres grans ,
£t fu celée par quatre ans
Dosques amors la fist troyer.
Vers qui visas os se puei eâer.
fabliau de Piramus U Tùàé,
vers 397.
EscMiER : Faire entendre son cri
é^armes dans une bataille. Donner
des ordres, commander; marcher
à Tennemi , l'attaqvier 9 appeler ,
faire une allocution»
Elidus lur ad tut mustré,
£ enseicné , é devisé.
De quel msaiére à eus puindnrat»
£ cum il les etcrhrimt»
Quant al destreit furent «rivez
Élidvc.les ad eseriet f
Tuz apela ses oumpainuiif ,
De bien faire les sumups.
Marie, de France , lai d'Eliduc ,
vers 9e8et2i6.
EscBiEB : Hoçr^bUmer., Tffipea-
der.
lue Damisel ad respondu :
Bêle , jeo sent tut fort.mun qu«r
Ne m^arestereie à nul f uer
^ lungement que jeo bénsse
Purquoi treis pas aller péusse,
Ceste gent nus escrireient
De lur noise m^esturdireînt ,
Tost me porreïent desturber
7o neP voil pas ci arester:
Marie d&Fnutce^ Uh des deux
Jlmauz, vers 191*
Esc&iBR A lE MORT : Crier à quel-
qu'un qu'on ra;t(iique dans Ptolen-
tion de le tuer. Foy. F^ctbiir»
Oillot Legrsndy bcicqiMtAur', fiiiiisTré
r
ESC
143
en le main... s'en encoopa Thomas Fievé ,
mari de Gbille Mouton , ladre k G«rbi^
gny qui celui fist d^un trait de flesclie de-
vant la maladrie de Garbignjr par mal ,
après qu'il Pot escrié à le mort^ le lundi
1 7 mai es festes de Pentecouste i445f efttre
neuf heures en le aoit^ se fu remué par
M* Jehan de Herselies, snrgien, préseus..
Reg, aujoplajres de loi, fol. ao4, ^•.
EsGiiifiBi : Menuisier en meuMes;
de scrinium. Voyez PAHEMEiirr.
EscRiVENAGE : Charge , office d'é-
crivain ou de secrétaire du roi; de
scribere.
■
Et le sareineat de ces baillis eï e0cri»
vains le séneschal le peut et doit recevoir
pour lui , et à sénesclial doivent estre te-
nus de ce qui monte à son office tant corn
il seront ans bdillies et escriueuof^.
Jstises de Jérusalem^ ah. CCXSSSXî
page If a.
EsGBOiAE : Accroître 9 augmenter 5
fortiûer; de crescere.
Le chsmt des psalmes çst samblans
aus almones des sainz , il escroit foy, il
enlnmiB» oomme soloil, il sanctifie «l pu-
rifie comjjae j&yre saincte.
Traduction des psaumes,
EacBOWETTES : Quartiers d'une,
ville composés d'habitantip repris aïk
rôle des impositions, et jouissant
de tous les À'câts de bourgeoisie.
EsGo : Bouclier, arme défensive
et préservatrice ; de scutum. I..es
escus ont souvent changé de foneno
dans le uv* siècle; mais le plus or-
dinairement ils offroient la figure
d'une ogive renversée on d'une de-
mi - losange un peu arrondie sot
les flancs. Telle étoit aussi fa itguro
de Vécusson héraldique à^oh s^l
formé le verbe écussonner, qui, eo-
jardinage , signifie grefier sur un
arbuste queleMque une portion de
jeune écorce taillée ooflune Técu
militaire et Pécusioa^
i3q E N J
Eng&essé (nnur) : Mur dçut \e
pied est en gré%.
Le procureur de la coromuiie aumojuie
«lonne en arrentcuent une place et pièce
de terre vride, en pay&nt au jour de
?îoël trois câppoDS , et ae faire sur ladite
place ung muret de brique engrené de
pierres.
Chirograph^ di4^ Q mai 14^79
EicG&EssEMEiiT : GonstnictioD en
grès. f^oy. Ad value.
Engrtjtement : Replétion exces-
sive, indigestion, engorgement; du
Utio ingurgita.
Une gent sunt, devez saver,
Ke sans vin ne purrunt manger ,
£ autre gent sunt sanz dutance ,
Èe de vin beivre unt erevance ;
ËsqiîeU le manger oa vinbeu
Est en Pestomac corumpu ,
trepléciun fet, è engrutement
fièvre eugencbre ens^ment.
Emeignemenz d'Aristote , Jbl, igà,f^^
col. a et 195 } R^ cqL I.
Enbibévé : Je pense que., ce mot
peut signifier : Mis en afian^ niis à
la gène, fatigué, tourmenté.
Enhan : Cri de fatigue, violence,
tourment. Onomatopée du cri que
laissent échapper les gens qui se
livrent à des travaux de peine.
EvHASTi, eiihati : Pressé, excité.
Avoir enhasU, é\re prçssé, avpir
hâte , être excité.
■ ENHAzi : Embarrassé d*affaires,
officieux qui fait Timportant* Faire
renhazé^ faire rhomipe afifairé.
Enbuilé : Qui a !reçu Textrème
onction , les saintes huiles.
Ekjoiheii (r) : Le poûit du jour,
la journée; de dies.
Beax filz, quant vient k Veitjom^
Donc ne doiz-tu lias reposet :
Au mostiez doiz donques alcr
For Oieu proier tt aorer.
KNF
Ou^U te defiPendc à icel jor
De pechîe' par sa grant douçQjr.
Prologue du Castoiemeni^ vsn ^
£xLACiiîB& : Fatiguer; lasser, tcoDh
pcr, surprendre ; de lâxare.
Mais savez por qu^elie le fiftt?
Por miex enlachier son' mari 1
Et faire son Toloir de li.
Fabliau de la Dame qui aveintk'
mandait , verg tit.
Enlaidui : Faire tomber en faute,
en péché; de fœdere.
Celé qui Vetilaidissoit
Pour lui espronver le dîsoit.
Fabliau du Préuost d'A^tlk
En LES DB LIS : Entre les mainsde.
Bt en cas que ma femme vienne an
remarier, et que son mary se vint à cofr
doire mal , et qn^il vint k trestier mes es-
fans rudement , ou qu^il vint à despendt»
les biens iputilement , mes terres tinst
remises en les dç les de. ip^s eMeùtem
pour le prouffict desdits en fans.
Testament du 27 juillet i554>
Eh]|ai.ai>ib : Tomber malade.
' Et quant i furent acorajpli ,
Cil de Baudas enmalaaij
Ses amis en fu molt dolent >
Il a mand<^ hastivement
D^Égipte les fiiisicîens ,
£t cil i vindrept de toz sens.
Cast/oi^m^nt , Cont/e H , vi^n 56.
EmiESTAGE : Anastasie^ nom pro-
pre de femme.
Ekhote, enny, emoye; en cham^
penois invau : Petit serpent, fort
conunun en Champagne y dont la
piqûre n'est pas dangereuse.
ENPOvaiR : Devenir pauvre , tQQi-
ber dans la niisère; dç pAi^p^.
Puis après si avint ainsi
Oue cil dËgipte enpouri;
Trcstot perdit quanque il ot y
Que il mais aidier ne se pot.
Castoicmait » Conu II % vin i5||'
E
liftl
h
F
M
C
C
à
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EN(J
ÉifoXBAEi^ : Clouvrir , cacher ,
Kiettre à couvert, ombrager; adum-'
frare.
ÉNOvsi : Désœuvré y paresseux,
|ui ne fait rieh.
Flabel sdnt or xiiolt encors^,
Maint deniers en ont enborsé ,
Cil qui les content et les portent ;
Car grànt confortement raportent
As ènoPrez et as oiseuis ,
Quant il n^i a genz trop noiseui.
FahUaù du Ckéifalier tfui faisait
parler , vers 5.
Eirrixiâ : DeTenîr f^te.
De ceo li semblot ^rant merveille
K*ii la yëeit bianohe è mèrreiile»
XTnkes la colur ne perdi
Fors an petit qu^éle ènpàti,
Mdrie de France^ lai d*BUduè ,
vers 978.
EsPouiEA :EiDdpiret4^d6vièl)irplûà
cnatdvais.
Ceo ke tu as cbief
Dnnt qui des enpoirîer
De toi hosteras ;
Kar pur tun profit
Kichesce en aespit.
ikvoir deveras.
Everard dé Kirkkïn , DistiiMtê dtî
Caton ^oL 199, /?• càl, a.
En ptJHK chttnUe : Pf 'ayatit cfdè àà
chemise.
Au matin qttant fu iens et eure \
Sans e^veillier autrui se liéve
Car lî levers paS ne li grlève ;
Si s'est éti pure sa chètnîse , ^
£nz el vergier souz la tor riiisé ,
En on bliaut ynde gont^
En la matinée d^té.
Henri d^jândélys , lai d'AristoU,
vers^So.
EiTQinaiiV) èruftdefre : Fotdner,
vlrfler.
On fait le ban que unît soit sj hardîs...
qui porte couStel,arilkure,brocqne, bacbe*
né epée..«. ne cisoires recoosérts, né bar-
ENS
iSi
betéres et s^il advenoit cose qu'il con-
venist quelque homme enquierre cil sur
qui on trouveroit nulle de ces armures, il
seroît k 5o liv. et banny ung an l'e le ville.
Ban des esçhcuins de Douai , de iqSs,
Ênquetr : Ëocourir» s'attirer, mé-
riter la peine ; incurrere,
"Eèqvi j liièt en qui : JSàiis lequel^
dans laquelle.
EKfiÉGistRiTuàE : Enregistrement.
Le roy ordonne qu'il j aura à l'hostel
de .vilie un registre pour j enregistre^
toutes mains mises et hypotèques les-
quels u^opéreront que de la date de Vcn*
régistraîure, Du 10 mars 1623.
Reg. aux mémoires ,JoL 2i5^».
Eziràme : Fendu 9 éclaté de droite
et de gauche ; de ramui.
Se pour moi prent congié à ciaus
Ki me compaignie ont amée^
Ains que ma cars fust entamée
Du mal qui n'est pleisané ne bians^
Li Congié Baude Fasi^ul d'JlHts «
vers a33.
Ëisr&iBVEÉ : Dur, coriace. Voyez
Fui&ET.
Ensachée, ensaicher : Mettre ji^
cacher dans un sac ; de saccare,
Déable k soù croq les eusaichent ,
Enz en anfer dedenz les saiclient
Des chiens pullenz de voir sachiez ,
Mar ont les sachez ensachiez ,
Poi sachanz est qui les ensache ,
Bien rueil que cbascuu hait hom sache.
Enfer toz les ensacliera ,
Jamais un seul fors n'en traira.
Tout sont pendu , pôr voir le saicbenf,
Poi^ les mal vais avoir ax^ejisaichent.
M ^
Gautier de Coinci , miracle dé
Ste, Léocade , vers 3^5.
Ensaetieï: Abreuver, faire boire ^
rassasier.
Mes ne purquant si vus en bevez,
Pur seif estanéher Ve vus avez ,-
Un petitet k-dunc en bevez ,
Mes jne mie ke séez ensartiez ;
i3a
£NS
Mes pasie les parties deP ventre a-munt ,
Coine dis avant Megië serrunt,
Eu la viande descendue scit,
Dunt fet k .beivre à bon espleit ,
Ou de eye , ou de vîu asez ,
Jeske om seit bien asartiex,
Pierre de Venion , Enseignemenz
d'Ariêtote ^foL 194 , /?• col, 1 .
EnsBGHi : Desséché , devenu sec
Dormir devant manger savent
Sachiez ke le cors megre rent »
£ atrcit Tumiditë
Dunt est eiuechi en vérité.
Etueignemenz d'Aristote , fol, 190 ,
F^ col. a.
EnsÉELEft : Mettre, apposer le
«ceau, clore, fermer^ sceller, ca-
cheter; sigillare.
Chamaige fist sa gent mander ,
Par tôt le mont et commander
Sue tuit viennent hastivement ;
t Karesme fet ensement
Ses briez enséeler et fère ,
Par d^dcnz a mis son afére
Comme Gbamaigc Ta lédi ,
Et comment il ii rcspondi.
Bataille de Karesme et de Chamaige ,
ver*- 157.
Enseigné : Instruit, savant. Cet
adjectif étoit presque toujours pré-
cédé de Fadverbe oien ou mal. Dans
plusieurs de nos provinces on dit
encore pour désigner un homme
stupide et grossier, c^est un mal en-
seigné.
Enseignes : Gros grains de cha-
pelets. Voyez Càgbidoune.
Ensënde, ensente, essente : Petite
planche de bois, propre à couvrir
les maisons.
Ensepultdké : Enterré , enseveli ;
de sepultura, Voy. Estbain.
Ensebchié : Recherché soigneuse-
ment; dilnqucerere*
EnsEBREii : Renfermer 9 serrer;
d^inserere.
£NS
Ce saint rase que Toici ,
De cette grand* Rojrne eiuerre
Ijes grands os cachés ici
Souz un bien petit de terre.
Epjrlapke de 3iarguerite de Navam^
par le comte d'jilsinois,
Ensi gom : Ainsi que. Voy. Ei-
bàttbb.
Ensiebbbmbnt : Action de cacher,
de renfermer ^ de soustraire aux
regards.
Ensieute (à) : £n cachette.
Et se borgois' u borgoise hebergoit ï
etisieute ne soostritoit teus gens dusquci
adonc quUls auroient trîves dounées as
borgois de le ville , il seroit k 5o liv. et
avocc il seroit banni trois ans de le ville.
Ban sor non borgois , xu* wek,
Ensoivb, ensoingj enseigne^ en-
sogne, ensongnie, ensonie , esso>
gne : Excuse , dispense , raison
alléguée pour justifier une absence.
Ensoigneb , ensongnier , essoigruTy
essonier : Excuser la partie qui n'a
pas comparu en justice, déclarer ;
non idoneum»
Knsonnieb, ensionnyer : Se per-
mettre, s'ingérer, aller contre Jes
ordonnances. Dans la citation de
Kanebuises , le verbe ensonnyer
signifie traiter, parler, arranger,
prendre soin , conserver.
On banist Donas Dauby à Saint -Lam-
bert du Lîé^e et à 5o liv. pour ce qu^estant
drappier faisnnt drappcr de laine engles-
que , s'est ensonnié de faire drapper de
laine nostrée.
Reg. aux bannissemens ^JbL 8a, V*
du a3 juillet 14^7.
Enssi que : Par où.
6 sois as dits inaistres fdessevréors) pour
une aultre vewe faite audit gardin a ua
muret qiii estoit foudu sour le rue \ etusi
ue on va à le maison monseigneur Ricard
ourchiel, par derrière.
Compte de Vhospiuddes fVeZj de i36o.
b
ii\
VI
',rl
î
ENT
EirssiYiR , enssuiwir : Suivre 9
narcher sur les traces.
ENTABLEa : Mettre un cheval à
'écurie ; de stabulum. — Un mari
evenant de voyage 9 rentre dans sa
aaison où après avoir frappé et
[u'on est venu lui ouvrir:
TantoKf. du cheval descendi ,
Si Ta fait molt tost entabler.
fabliau du Prestre et de la Dame ,
vers 57.
Entaille : Large plaie faîte par
tn instrument tranchant.
Entardie : Reculer, éloigner, re-
arder. Ployez Cbànuescb.
Ektasséoe : Avare j qui entasse
es richesses.
Mes or laissons tex preschéors ,
Et parions des entasséors.
Certes Diex n^aiment, ne ne doutent,
g^nt tex deniers en trésor boutent ,
t plus qu^il n'est mcstier les gardent t
Quant les povres dehors regardent .
De froit trembler , de lain périr ,
Diex le ior saura bien merir.
Roman de la Rose , vers 5i36.
Eutaulehent : Entablement, cor-
liche; de tabula. Yoy. A unie.
Enteçhiez (bien) : Rempli de
tx>nnes qualités, estimable par ses
vertus.
Jadis avint c'nns chevaliers
Preuz et cor lois et beax parliers ,
£rt saiges et bien entecniez ,
S'ert si en proesce affichiez ,
C^onques ae rien^ ne se volt faiodre
En la place où il pooist ateindre.
Guerin ^ fabliau des Tresces , vers 3.
Enteismbs : Incommodé , souf-
frant, malade.
Ne pardone à toi meismes
Kant tu ies enteismes
Par boivre mètfesaut ;
Kar «i vin n'est pas
ENT i35
La coupe del' trespas ,
Mes el trop bevant.
Everarti de Kirkam , distiques de
Caton ,Jbl, ao4 , V^ coL i .
Entempeéemeivt : D'une manière
tempérée, sage.
Pur ceo est certein document
A santé garder pleinement ,
Ke hum en sa santé use manger
K'à sa qualité pusse acorder ;
C'est à saver pcmezent cure,
L'home k'est de chaude nature,'
Chaudes viandes valent veirement.
Mes ke chaud scient entempréementm
Enseigtiemenz d'Jtristote ,Jbl, 188 ,
/?» col, 2.
Enteamee ( s' ) : S*aimer tendre-
ment. «
En joie et en grant druerie
Vesquirent trestote Ior vie ,
Et moult bonement s^entramèrent ,
Ainz de riens ne se descordérent.
Castoiement, Conte II, t;er9 i55.
EiiTEE : Vers, environ. P^oy, Es*
GEIEE A LE MOET.
Enteeacolee , entreacoller : Se
serrer étroitement entre les bras 9
les passer autour du col.
Jupiter et Alcumena s^entreacoUèrent
cuidant Alcumeua que ce fuist Amphi-
trion; quant ilz furent ainsi e/ttreaco/ef ,
Alcumena demanda k Jupiter dont il ve«
noit.
Raoul le Feure , Recueil des histoires
de Trojres^ Ms. de la Valliére^
w® 'io87,yô/. 9a , coU a.
Enteebesiee , entrebeiser : S'em*
brasser réciproquement.
Me porquant molt bien aaîsîer
Se soient d'à us entrebesier,
Huon le Roi^ fabliau du Vair
Paleji-oy,
Enteebovtba ( s*) Se pousser mu-
tuellement.
Eetaechaiejaule : Alternatif. V.
Gheegb.
i54 EN T
ENTBEcnÀNGEr. : JÉchanger^se don-
ner mututUemeut.
Lur aoels d'or ^ entrechangèrent
Et duemcat ^entrebhstrvnU
Marie de France , lai iVj^liduc ,
vers ^05.
Entbedirb : Parler ensemble ,
causer; interdis tre. V. Regjulih*
Une pastourelle gentille
Et un berger en un verger ,
L'ai tro Lier en jouant à la belle
S'entredisoient , pour a^brëger ,
Koger
Berger,
Lrgèrc
Bergère,
Cest trop à la bille joué :
Chantons noé, uoe', noë.
A/arot , chanson XXK* du jour de
Noël, page 4oi.
Ektbedoigneb (s') ; Se donner
mutuellement.
Ainsinc lor ruers ensemble joignent ,
Bien s'entramcnt, bien %'entredoignent.
Roman de ta Rose , v. 4Co4<
EsTREGuiGNEB (s') Se regarder ,
^'observer Tun l'autre.
* Entbejod, entrijon : Espace pour
donner cours à Teau.
Entrelàbder : Entremêler.
Tout son cn^in et tout son entendement
furent eîitrclartlés de pensées , car par
pluiseurs hommes nobles avant qu^eile
iuist enfermée eu celle tour avoit esté
d^amour requise et u'avoient peu con-
tourner son cueur k leurs pélicions et
T^qiicstes.
Raoul le Feure , Recueil des hystoires
de Trojes^fol, 4î) , /^*.
Entremettre de gouvernement : Se
mêler , se charger , s'entremêler
des affaires publiques.
Entr'ogcir (s') : Se tuer mutuel-
lement Voyez OCGIERE.
EKTRErABLER, viM'bo et substautif*
Iftr
r
k -
V, -
f-
EC
V
Causer ensemble. Conversation de
Parabolari.
JJ entreparler, U simples «eus.
Et li non convenables tens.
Ce que nus biens sans félonie ,
Et ues nus sers a^est sanz envié,
^es fist départir et garder »
Que ne porent ava% plos parler. b
Fabliau de Piramus et 7%ûJi,
vert 83. [^
Entbepresubb : Situation > éfes-
due , entreprise.
Entbepbisube : Embarras^ ioxf^
lude.
Et li Chevaliers ne Tolt fére
Chose par ç on péust défl^nrc.
Ii^amor qui entraus deu4 ^^it,
Quar l'ancien forment do a toit,
Qui riches ert à desmesnre,
N'i voloit querre entrcprisure,
ffuon le Roy ^fabliau du Fée
Palefroy , vers aSo.
Entieressbhbleb : Être pareQ^êbe
semblable.
Les jors s' entresuivent , mais ne s'en-
treressemblent pas. A^icien proverbe
Entresueler (s!*) : S'accoutumer
réciproquement; de solere»
Entresciv&k : Aller à la file , à la
suite des uns des autres.
Entbetenançb : Tout oe qi|i açrtà
^entretien d'une personne , 4*ua
bien , d'une entreprise.
Entreval : Intervalle , espace,
séparation. Voyez Aayalea.
Entriaux : Entre eux.
Se li sires mainne ses es^evins au sens
dou pais , pour avoir* enqueste d^une be-
songiie u de plus , dont si eskievins ne
saceiit dire droit, si eskievins puicnt des*
t)endre entriaux 28 deniers sour chascune
)esou^ne dont ils vont au sens dou paù^t
quand ils iroient quarante fois u plus
pour une besongue.
Cariulaire de Vàbbaye de iit.'Ainand,
dit liber albus ,joL 1^5 , Loid*£s-
caupon , 1238.
^oirt«R:Ti^oinpef,faî^l6ï«, tHôvêii : ^6 j^âi fufô^cr, aire
ie la boâne foî. vous à la personne à laquelle on
i>uBLisz : Qui perd ou qui à atfresse la |>arole.
1 mémoire. ïiïvoTEii Jhirè ià fkèré 4 ptàt :
YL pas entr'oublic% , Ért voyéif ùrômeùer; ëùvoVér fafre. . . .
•nson vousen enblezy faire,
n faine me querez
2 niorier cn-mi les prez. Pou^ Icsdites dames a este concî udt à ce
au de Piramus et TiM , v.563. que ledit diefendéur , prisonôier , s'éstant k
iDEDE : Gardîeir^ préposé du *ort fourvoyé de raison et éoiitre fhon-
•ce. FoY. EspiNCHEB. f^î^ï' ^2ïïf *' *^<>«°« '^f."tatîort' tknt de
•^ . ladite ^besse que d^sdites dames relî-
IS : Vjs-à-VlS. gieuses (deFlines) avoir profercf et main-
de deui muisons tenons ensem- tebu paroles détestables, si comme d'avoir
plus grande de Panlré avèucquii appelle ladite dame abbesM bougresse et
séans e/rVerv et k J'aultre reûcqf çaronne et l'envoyé faire sa mèi^ à pla^
ieiix maisons. 3o juin i:\Ga, et usé d^autres paroles injurieuses.. i5
Reg. aux actes, fol, 1I27. J**^ i5o8.-
sÉK : A l'envers: ^^- àu^ipldîdsdù baîtiags dé
Douai ,foL 24*
SER : Tourner à 1 envers; . . ; j .
Teîivers d'un drap des bul- Ékwiller : Eiifiler ùn)s aiguille,
e rendent mal uiii. Foyez Epeueeb, épourer : Épouvanter,
!R« faire peur.
envis : A contre cœur, EriFiiCHB, épiphaignç : La fête
ugnance ; itwith. dePÉpiphanie ou des Rbis ; Epipha-^
R : En Normandie é^eier^ ma, du grec fTKÇitmiê manifestation,
; in viam mittere y augmen- apparition. Cette aoleninité est une
roitre, enchérir, mettre au superstition émanée de la Théogonie
des Anciens. En France dans' le
icLouTsd^OrlëanSffréredeCliar- XVÏI* siècle et même jusques ver»
.voquant à la guerre son ennemi, j^ moitié du suivant On mettoit un
ise et contrevenant, coimnepcr. morceau du gâteau COubë. On dl-
. bien qui doit procéder des ^oit à Penfarit PAa^e , il répopdoit
ideParadin, devises héroïques, ^bmine f^Ojr. DèbrieÛX^p. 54-
apivs iMoiistreleft. Epno^B : Sorte de chaperon que
:, ém^itjx, tnViu^: EdVieUi;:, les présidenU à mortier et le greffier
nvitus. en chef du Parlement' portoîerit an-
iLLE»EEt : Acttdn de gamii* ciennemerit sur la tête dans lès
e ou un vaisseau de vivres grandes cér^^mcfnies et qu'ils nepor^
mitions. tent'pîus que sur l'épatde.
.LERtGarnîrutfeiillaceouun Ytois^epès^^espès', espois': Épalji;
iè vivi'ésDu de munitions. condènlé, spissits.
4
i
l5o E S S EST
Emeu , esseiU , esseulé, essil : éloigné des autres; ^or^e c^^ew/ee,
Latte, échalas , petites planches habitation solitaire, à Técart.
propres à couvrir les maisons; à'axi- Essoine , essoinement : Excuse pré-
^"^"'^* sentée en justice pour n'aroirpas
E9»%v,esseux,essevi/emene:l9s\xej comparu; difficulté, obstacle, em-
écoulement, courant d'eau, dessé- pécfaement;ejron2Vz.
Ohemcnt ; S^^xitus. Se cïiil qui apele ou qui eat apelës yicut
Les anciens connestables et archiers du ^^^^ avoué qui se combate pour lui , il
grant serment , vendent certain esseux et *^°*^ montrer son essoine c[uant le bataille
cours d'eawe oui de ladite maison se e«- •^'^f jugiée. Plusieurs eMoiVie^ sont parles.
seu par dessouDz le anchienne muraille et Qui^^, o par l'une des<{uiex Fen puet avoir
forteresse de ceste ville jtwques dedens »youé. Li uns des essoines si est se chil qui
le rivière par lequel esseux se polront ^^"* *voîr avoué monstre que il li faille
esseuer toutes les eauwes procédans des ^^cun de ses membres , par lequel il est
combles, cuisine , puids et autres lieux de aperte chose que li cors en est plus foi-
ladite maison, suivant que de tous temps blés. Li second essoine si est se Pen
elles avoient faicts. 20 aoust i52a. & fiasse Paage de soixante ans. Li tiers es-
Cahier d'actes JoL 12 , ;^o. *«'«^ se l'en est accoustumés de maladie
'' ' qui vient soudainement, comme de goote
Jehan d'Arras li pères , Jehan d'Arras arreticle ou de avertis. Li quars essoine»
ses fieux, pissoniers de douche yauve est se Pen est malade de tierchaine ou de
(douce eau.)recogn6issent avoirprinsà quartaine oïl autre maladie apertement
ferme et censé..... tout le vivier de Pre- geae, sans fraude. li quins essoines se
fossé, séant à Quindiy le Baudoin pen- famé apele ou est apelée , car famé ne se
dant nœnf ans. Siporront lesdits censsiers cpmbat pas , si comme il est dit dessus.
esseuwer nœuf fois dedens les nœuf ans et Coustume de Beauuoisù , ch. LXI,
cascun esseu tenir l'espace de trois sep- 3^3 pr i^ ^„^^ ^^^^^
mânes... seront aussi tenus a oascimej5eu '^ ch, III n. 24.
fumir audit seigneur demi quarteron de ^ * if' , *
carpes et demi quarteron que de bies- . Ï-STABIISSEUR : Fondateur, procu-
ques que d'anwilles: reur , qui établit ; de stabilire.
, Chirogmphe du i3 décembre 1376. Estache , estahiu , estahius : Pi-
On fait le ban ke il ne soit nus si har- l'i^r, poteau, colonne. Au figuré
dis nom ne terne ke il ait euwier ki ait sen u.,* 1*^ j -. r w *
e^^cu devant deviers le rue, ains le face *^"V. "^"^ ^1 "^P^"*' refuge; tran-
cascun e5*euweir sor le sien elnuse*- q*^'"®? ^^ bougeant pas; de ^^^
^ewemens ne d'ewe; ne de ploeve, ne dium,
d'autre cause , ne puet avoir esseweument Au siècle ne truis mais mon lia.
bas terre sor rue ne sour cauchié. 21 juin Et quant cascun truis estahiu
''^47' Bien est raisons que je m^eskin.
Registre aux Bans et EditsJoL ai, ^,. ^^„^.^., g^^^ p^^^^^ j,^^^, ^
Vente par les eschevins de deux por- vers i63.
ilons de terre le long du courant du neuf ^ ^^j^ m'a part entre deusiex,
yont , depms le tour du dicq le long des ^^ ^^ ^^ ^^X^ ^^^^ ^ ^^^^
héritages de le Tamté et contre le trenquis ^t mes roncis est estahius ,
de Vesseujyxx fait séparation de l'héritage ^^ ^^^^ j^j^ ^^^^ ^^^ couvXiti,
des CharfricTS. D'Arras , pour me pouric somme.
Acte de vente , du 27 |oc«o^re i4o3. j^^.^^ ^ .^ ^ ^ ^^
EssETJER, essewwer , esseii^veir . es^ »* „ ^.| .,.^ «i,„^„ «♦ .„ » «^ . j_.
^', wi j 1^ an mil trois chcns et sept , sans doute,
sever^ : Corner, s écouler, donner Clostrent mes yeux, puis ne t» goûte!
cours à Teau , méltrè à sec ; d'exire. Or Driez que merchi li fâche
EssEvii : ( vivre ) Vivre seul , ^**^i î"i l»»st battu en Vestache,
• EST EST i5t
Cette épîtaphe, sans doute com- Estiunk : Réservoir, étang, lieu
mencée par le défunt et achevée par où Ton conserve le poisson; sta-
le poêle, est celle de Pierre Carville, gnum.
maire de Rouen , inhumé dans Té- Totes les choases qui ont pemies et e»-
glisede Saint Ouen de la même Vflle. cales, altresi bien en mëer, comme en
EsTAiGNEB, estinnier : Potier d'é- ^''**' «to«»A* mangerez vous
taiu ; de stamnarius. ^"^^ ' Le^^m^ue, ch. XI, vers g.
Testament de Anne Lemaire vefVe de ^«'^^ ^"?^ habetpinnulas ^tsqmmas,
Mathias Vandist estmnier du 4 mai 1657.. '^'?* "* "»«'''' ?"*^ mfiumimbuê et sU-
ledit jour Anne Le Maire bourgeoise e5- .S"**? » comedetis,
taigiiere comparut par devant les au- EsTAVELE : Petite étable ; J^O^u/ttHI.
Vente par Jehan Dutcmple k Jehan
KSTAMMT : De suite , incessam- Hariquîelle de trois estavelUs avec une
ment, sans délai ; instanter, grangette tenans ensemble sur Barlet .
«#*^ , «> uv. «A , fr «.«(.c*/»»(.r ^1^^^ ^ |g ^^^ Pepin , joignans à Teritage
On fait le ban qu'il ne soit nul sv har- et estables dudit Hariqaielle.
di<* que se les eswardenrs de paix deman- Ckirographe du fj janvier lifiè.
dent anlcuns hommes pour entendre de le „ ^ . 1 >-. .
besongne de paix , qu'if y vienne tout esia- Eotaveu , estayel, estaveul : Cierge,
ment, puisque on le mandera mai chandelle de cire*
'^4*' . ... y., - ^ Je veulx estre inhumé eQ Teglise de»
Registre aux édiujol. iS; , a». Frères Mineurs... J'ordonne.... à mon scr-
ESTANCHIEZ : Qui reste en place, ^îf.« quatre flambiaux de trois liyres de
^ , ^ , ^ ' chire le pieche , et quatre estaveux de
qui ne peut plus hoM^etystagnans. ^^^^ y^s le pioche pour mon lumi-
Ainz k'il fust gaïres lunz alez ï»aife » aveuc deux livres de menues can-
Estordiz fust èestanchiez, délies que on dist attaques , pour aller a
Marie de France , fable LXV, v.ZL ^ . * ^ » mt-. j
'^ ' ^ Testament de moiueiffHeur frita4se de
ESTANCHOV, estanson : Pieu , écha- Ligny, chevalier, du ^^ janvier
las , stadium. '4^'*
„ /• # n 1* ^ Ëmerr Gommelin, merchier, pour
ESTAPLIAU , estapliel : Baliveau. avoir livré six estaueux pesant chacun
"Waliers Painmoulliës déclarent demi-quarignon de chire, pour lervir à
avoir acatet à Monss. l'Abbet d'Hasnon, *''* ppvres Cârtners et cartrières, trespas-
trois tailles de bo8appe)ez, le Retour *^ 9 *•
l'Abbet., et seront tenus de laissier Compte de Phospitaldes Chartners,
sous cascnn bonnier desdites trois tailles, de iSaS 9J0I. 61.
viDgt-cioqwtap/iai*^ de bos. EsTBWDBB : Étouffer, ne pouvoir
Chirographe du qS mai 1576. plus respirer.
EniPUEL : Pupitre. Estehelles : Piocetle».
"^ EsTEB : Assister, demeurer, res->
l<çm un brénaire encainrf, pour les ter en place OU ouelque part; */<ire.
escoher» de Paru dire leurs heure» , sans g^j;^.^,,^, \ Le ,oilà , le voici ,
porter hors; deux grans bréviaires nom- *^o*««»-m* »wwo . m^ tvm«, .*^ wa^.,
mes antifoniers l'un d'esté , Pautre d'hiver, ^^^ VOS,
servans à Vestapliel.,,.,, deux draps qu'on s'el n'obéist , cil se corroce
met sur Vestapael h. lire l'évangille un Et la lédengc ; et s'eie groce,
estapliel de fer. Estes-le-vous en ire mis ,
Inventaire de l'église de Nostre-Dame , Et tantost par l'ire anemis.
de 14^1. Roman de la Rose f vers gl52f^
4
i5a
EST
EsTBULLE, esteule : Grosse paîUe
de fève pour couvrir les maisons;
paille restée sur pied, après la coupe
des blés; stipula* Voyez Mession.
19 s. % d. nour sept miarterons (i^S
bottes) dVJtefi2e -vendus k Jebau de Bour-
lon , un escut It cent.)
6 s. 4 <!• pour ettrain vendu k Camp
Flory et ailleurs par bouges (bottes).
4^ s. pour paille vendue a plusieurs
^ois.
Compte de Vhospital des JVez,
de i36o.
On voit par cet exemple que nos
ancêtres faisoient une différence
entre Téteule, Tétrain et la paille.
Conclud a este de faire ëdit portant
obligation k toutes personnes ayant mai-
son couverte éCesteuUe ou d^estrain en
'ceste ville, de les faire couvrir de thieul-
les, dedens trois ans, ou que ce seroit
fait k leurs despens.
3 atn^'l i54i * Registre aux Coiuaux ,
fol. 27 , r-.
De requief les esteulles doivent rema-
noîr sur la terre entièrement dusques k
' Vni jours devant la fi^te de Toussams....
de requief, s^aucun a maison u grange à
couvrir, il doit venir devant le Prou v est
et devant les Esquievins , et ils ïy assène-
ront esteulle k couvrir.
Chartre de la commune d'Oisjr , du S
des Kalendes de mai iai6
EsTiEL, esteaux : Pièce de bois
de charpente. Foy. Esvitilleb.
EsTiÈBE : Gouvernail d'un bâti-
ment.
Puis qu^il Tôt lancié en la mer ,
Al esiitre vait guverner ,
Tant guverna la nef è tint ,
Le baine prist, k terre vint y
Marie de France, lai d*Eliduc,
vers 870.
EsTiLLs, estil^ eus tille ^ exten-
sille, extilf hostieu, otille : Outil
par excellence 9 métier à tisser ;
ustensile.
EST
Don de deux estiU chergîés avecq
l'ourdichoir , et ce qui appartient auxdits
extilles y a mars 15S7.
Don de toute le hugerie estant en la
grande cambre avec tous les hosiieux oar-
dissous et autres extetisilles servans aa
mestier de trippes de velours, S septem-
bre i558.
Don de linges et accoustrementde tous
les esUlles et ustensilles servant au mes-
tier de sayeteur. 10 décembre i56o.^
Don d^n outil de sayeteur. aa juillet
i555.
Honneste hoibme TAfibert Porëe
k Andrien Puriel un eustille «pie il a es-
tricquié ainsi qu^eile est.
Testament du i\ janvier lifil^,
EsTOfAUx Propriétaires des sii
principaux alleux de la châtellenie
de Lille. Ils avoieut le droit de re-
cevoir la dessaisine et de donner la
sabme des alleux : le premier d'en-
tre eux portoit le titre de Roi des
estimaux. Son alleu étoit situé à
Facbes^ à Fretin et environs.
EsTiMULANGB : Actlon d'exciter.
EsTiMCLEE : Exciter, piquer , ai-
guillonner; stinmlare.
EsTinGHELEB : Étinceler , jeter des
étincelles; scintillare.
Ainsi com je pensoie k ceste cose, hb
rais ausi com de fn ardant descendi dn
chiel et vint par devers mes iex ausi com
foudres , moult ressembloit escrois de
tonoires , fors tant que la clartés en fa
grande , et vint par devant mes iex si so»
dainemeut ke tôt mi oel m*ea estinck^
rent , et lors cal- je tout pasmës.
Roman du S. Graal,
EsTivB : Trompe, trompette. On
a depuis donné ce nom à une es-
pèce de cornemuse, particulière-
ment connue dans la camouaille.
Chantez en estiues menables et en vois
de estWes de com.
Bible , Psaume XCYII , vers 6.
Psallite in tubis duQlilibus et voce tubs
eonieœ*
i
I
BSC
mçois cachîar j^ encachierj
r , bouter hors , chasser ,
m pousser delMTS.
dont l'établissement a été
air les écheyins , conseil^ et
conseil, dits les trois tours
lie de Douai, dès le a4 î^î^
par eu]|p définitivement éta-
;dît de Fan 1294 avec effiet
if, jusqu'au dit jour a4 î^^
>lt consistait dans le dixième
lu profit de la ville de tous
i ^ meubles et înçimeubles si-
is Téchevlnage , donnés ou
i£M^ les .^urgçois, manans
ans , taille e^ ajsisi^ pajoak
personnes non-bourgeoises
pia , eschfipir, eshiepir, es-
JÉchauffîer, rendue ckaud,
;haud ; de c^Udus. Au figuré
9 démangeaisons , avoir les
acées.
it si ke en, un an
ors les oes le Huan
;ovez è eskiepû,
«iens Oiselez petiz.
larie de France , fahle LJCXX,
u je se sais aalcunemcnt,
smcsdcntsqai nCescaupisseiU^
pourquojr et si frémissent;
volildroit-il donner
e chose pour les graten
[>ELER : Conduire, mener,
' y être à la têtQ ; de capde-
né de capuu
evaliers à la Fucele
\ un vicUart Veschadele ,
ouït avoit le poil mcslcj
t les murs sor le fossé
)erierie molt bêle.
"iom. de Bianchandin ,Jbl» 179 ,
R^'col, I.
iNGKMENT : Troc, échange;
ïum.
EBC i55
EsCHinsEMssT : D'une leanière
avare, économicpie, mesquine ; avec
mépris , d'une manière railleuse et
insultante.
Petit se puent conjoïr
Fors qoe d« parler et d'oto;
li uns voit Fautre escharsemenê ,
Quar trop cruel dëvécment
Ayoit tntre ces deus amanz.
HuoH Le Roy y fable du Fair
PaXefrofy'y, 219.
EscHAVCVBTTB , eschogucHe, ex-
hauguette : Espion , sentincHe , ve-
dette, factioimaire.
Irohavack: Eevéed'uBeorpsmovl
pour le porter au cimetière; d'ex-
25 jnîllet i6ao , esckauagç M f&it da
corps de €liiirle« Heriguier , le josne, eaeé
de quatorze ans, noyé en la rivière d^ELs-
oarp'c , allendroit du marest de le porte
d^Arra».
Besùp. fu^ mémoires de la ville de
^9GHEiu.£, eschillé : Dépensé.
6 juin 1608 , Noël de Bersée, demeurant
à Moncbeaux , emprisonné , pour avoir
reçu et esehillè une pièce d'or contre
le placarty mis en liberté jurant pauvreté.
Regu aux mémoires de la villo
ae Douai yfoL i5.
EsGHEKER : Échiquier, jeu d'é-
checs.
Li Rei^ est del'manger levez,
As chambres, sa fille est entrez^
As ç^Mshés cumence à juer.
A un.chevalier d^ultre-n^er.
De Pautre part de V^schekerf
D^event sa fille enseigner.
Elidus est alez avant ,
Le lieis li fist mut bel semblant*
Marie de France, laid^Éliduc,v,éfii^s
EsGHEQUBMR : Ouvrir, fendre,
déchirer.
Un peu a le feu de8couyQrt>
i4o ESC ESC
Le cul Galon a découvert ESCIEHC : Gauche.
Qm se dormoit toz aïrez ;
Et li eus ert eschequerez Comme en temps passé Collin ï
Aatresi grant come un portaus. eust navré Hanoiin de Ronaj, fii
FabU du Sot Chevalier, v. anS. *'*°, » cordoiianier , en visage où 1
^ œul , ensm que Pœui en est de
EscHEvnr : Sorte de pomme. ï^oy. perdue.
Enboucquee. Chirographe du aS man
Emhopei : Arrêter, surprendre, Esclichieh, escUcher : Si
interrompre. diviser , distraire.
EsciaLiTTE ; Écarlate* rr ^ ^ . - . .
ioutes les pastures qui ont este
Entendu toutes voies et conditionné que ^'?^ esclichiees hors dudict mares
en cas ou icelies diquedunes ne se po« P.^^' i vendues par les seigneurs d
roient vendre blanches as marchans qui tiennes.
viennent pour les escirlattes ou k aulcuns Privilèges de la ville de Valen
qui les volroient faire taindre dWltre cou-
leur que les drappiers de ceste Tille les EsCLiQUES : Restraiotes, 1
Soient faire lister et puis taindre en noire du latin ; scolia.
runette comme on Êiit présentement.
aoustiS^o. Assés plus loing de deus {orn
Ordonnance sur les petiU draps. Ses lettres sunt à ce tornées
Qu eies valent miex qu^autent
ESGLIIRIEB , esclèrier : L'aurore , Communes , qui sunt si esclii
le point du jour ; à'exclarare. S"*^ ,"« valent qu'à huit perso
'^ ' Tex lettres ne sunt nue bonne
Ale2 vos huimais herbe^er , Roman de la Rose , vei
Trusqu'à demain k Yesclèrier
Alcz vos-en de devant moi. EsGLiTOiaE ( faire) : Péter .
Roman de Floire et Blanchefior , des vents.
fol. 201, R<* col. i. ..
11 ne 11 covient pasyaine escli>
EsCLABCIR : Eclaircir , devenir Q"ar en toutes saisons avoit
clair , rendre clair, expliquer, dé- Fa6l. d*Audigier, vers
montrer, exposer; d^exçlarare. D'où ^^^^^^^ . I^j^^^ ^^^
esclarcissenient , explication , dé- ^^excludere.
monstration.
... Et sera teau ledit Jaquemars ,
Les vens font-il contrarier , ^oust et frais , retenir saine et e
L air enflambcr , braire et crier , ^^^x,ts rontures, bien et souffissan
Et esclarcir en maintes pars cluse qui est sur le rivière en ve
Par tonnoires et par espars, puis lesdiles ventelles iusques ai
Qui taborcnt , timbrent et trompent àg Festanque qui est entre Biach
Tant que les nues se desrompent ^l • r j
Par les vapors qu'a font lever. Chirographe du a octoi
Roman de la Rose, vers 18087. EscoGHON , escochonnemen
£t qu'il (Dieu) lu y ait pieu inspirer COnpé, angle. Foyez Deht.
plusieurs grands princes et seigneurs par p^^,^ ledit conseiller en
toute la chrestiente pour tenir la main a jite portion de fleghart d'un mui
la restitution et esclarcissemeut desdites ^ues qui se fera '^ escochon poi
bonnes lettres. j^. tournant et voye de kar po
Nicod, Dici, édit, de 1628, préface , vers le porte del'eauwe, le poii
pag. i, é«'c6c^7i se prendera vers Terrcv
esc' ESC i4t
; bricques de ladite maison vers taingne bien sept ans en escommeniement^
t et k 35 pies près de Tcrrecte et puis a eu aosoluçion par la court de
ns du pont de pierre d'icellui Rome tandis que le contens en dura»
3 janvier 1529. Févesque me fist escommenier,
Reg, aux Actes ,JbL 68. JoinvUle , histoire de S, Louis ,
E : Équerre. ^
k la rue des Bonnes en délaissant tion ; action de cacher , de VOiler ,
is et retour o^escoire cloant au- de détourner ; d^oèsconditum,
ins desdite Wnt.ige. selon les Egcoroitw» : Refuser. Escondi.
qui ont este mis par les desse- . .^ rr n
nour au lieu d'iceubt planter TOit, refuserOlt. Voy. RETAUXe.
bon leur semble, aa septembre , v 1 1 f
* Idem que nus ne s^eslLive de |>arler h
Hes, aux contraU Jol. loa. uns krauTtre pour l'oquison des pais (paix)
^ ... J^i faites sunt et ke on fera et ke li mis
UON : Petit écureuil ;^CiMn«*. n'escoiidiUe de parler li uns k l'aultre ne
•gier ot daims et chevrions , ^^ parler et de respondre k celi ki la par-
uit grant plenté iVescorions , lera sor le forfait de cinquante livres et
ar ces arbres gravissoient. banni deux ans de le ville.
Roman de la Rose , vers i384. ^«'* ^" ^"'^ » »^4-
.ETBH : Décolleter, décou- Escohsé (souleil) : Soleil couché.
collum. Voyez âgiibt APPSHsi.
I biau col et gorcc blanche , EscoPEECHE : Barre de boî8 garnie
:|ue cil qui sa robe trenche , de broches de fer , dans lesquell^
s bien la li escoleu. OU place de» cierges. XVI* siècle.
Roman de la Rose, vers iSSig. EscopiE : Cracher, expectorer,
LIER : Maître d'école. Voyez rendre des sérosités; expuere.
Prist mal au «uer k rescuirùel ,
.GAGEA : Couler, fondre, ré- Si commence k plorer de duel;
, fluer , tomber , ruisseler. Kt puis aorès a escopi.
Et a youchie et a vomi.
ues de rautr^ part du cors Fabliau de VEscureul , vers i85.
ar issir respee fors.
olorge sur le marbre EsCOECHE : Écorce.
s toit k la fin de Tarbre.
Fabliau de Piramus et Thisbé, Item , donnent lesdites religieuses as
vers •748. dis censiers chascune sepmaine , une pro-
vende et demie de pain.... Item, chascon
n, séparer de l'égUse; excom- Entreprise des souliers^ cuirs àfour^
' ^ ^ nir à l abbaye des Près , du ^ mal
^^- 1376.
Mreignissentlesescommeu^^^^^^^^ EscoECEB, escorcher , escorcier,
il le rcqucroient Les evesques t^ , ,t jj»
lingue ont tenu It coatc de Bre- cjcor^cr ; Révéler , découvrur, mon-
i56
ES V
EsTaosÉEMENT 9 estTOusement : A
rinstant, sur-le-chanipy tout-à-
coup 9 subitement ; à'extrusum ;
participe à^extrudere.
Si le dessaisisent de Fescu et de le
lance , si Penmaioent tôt estTX>usement
pris et aloient jà porparlant de quel mort
il feroient morir, et Aucassin Tentendi...
fait un caple entor lui autresi com li sen-
glers quant li cien basaient en le forest ,
et qu il lor abat dix chevaliers et navre
Sept et qull se jette tôt estroséementde le
prese.
Fabliau d^Aueassin et NicoUUe ,
page 389.
EsTRossER, estrousser : Faire la
criée » crier les biens , les domaines
publics, adjuger en justice , vendre
au plus offrant et dernier enchéris-
seur.
EsTui , estuy : Celui.
Je veux estre enterré dans Tëglise des
frères mineurs auprès du corps de mon
mari , et estujr de feu dame Catherine Du-
hen , femme à messire Christofle de Mon-
dragon 9 chevalier ma fille, 19 janvier
i58i.
Registre aux Testamens ^Jol. a 16, ^•,
EsTuviER : Baigneur 9 étuviste.
Lors s'en ira chex Vestuffier^
Mes jà ne cuve ne cuvier
Par aventure nH querra
Mes o son ami se gerra
Se n'est por ce que bon lor semble ,
Que baignier se doivent ensemble :
Car il la puetilec atendre ,
S'il set que cele part doit tendre.
Roman de la Rose , vers 14575.
EsvERTiN : Folie , maladie de ver-
tiges ; d'adversum.
L'aatrier vi un pèlerin ,
N^s estoit de Limosin ,
Malades de Ves^fertiu ,
Si gisoît ens en un lit,
Moût par estoit entrepris ,
De grant mal amaladis.
Fabliau d' Aucassin et Nicolette ,
pagel^i.
EUW
EsviGO&Ei, esvigorir : Prendre
de la force ) de la vigueur; vigen.
En son tens s^esvigora France ,
Et d'engig d'escu et de lance ,
r
li
Et sens d armes et de chevaz.
Et s'ot plentè de bons vassax.
Roman de Partonopex île Blo/s, 1[^
Jbl, laS, f^* col. a.
EsWÀ&T : Expert 9 contrôleur ^ vé-
rificateur.
EswiLLB : Aiguille.
EswiixER f reneswiller : EnfikT)
placer des tenons dans leurs nMh
taises.
Vente d*une maison à charge di
rentes et des réparations , entre
autres :
De mettre un estiel moyen dessoid»
d'une poutre qui y est , lequel esteaoxin
tout jus à un pies près du dessenre d» k
caucnie, et sera le pine de deux pi^^
qui s'en eswillerout dedens iceliuy estid
et aussi reneswiUer les postiaulz et coo-
lombës des fenestres en cele pine.
Ckirographe du 8 €U}ust i4o{'
Étaulb : Établissement, hôpital 9
hospice. Voyez Caritaule.
EuRE& : Prier, invoquer , faire des
prières ; orart.
Je m'en plaindrai tant solement
A mon bon confessor novel ,
Qui n'a pas non frère Lovei ,
Mes frère Leus qui tout deveor0
Combien que devant la gent eure.
Roman de la Rose^ v. ii34S'
EvswiEB , euwier, expier : Goulef)
faire couler. Voyez Esseu.
EuvrAGB : Droit que payoient tooi
les ans les bateaux qui naviguoieat
sur la Scarpe. Voyez ÂLonm.
EuwiGié : Bateau qui ayant pajé
le droit à^euwage^ pouvoit libr»*
ment naviguer sur la Scarpe*
Les sergens de Monseigneur le Chatte*
lain , ont relaté k Eschevins que aajonr-
d'hoi jour Saint-Eioy , ils ont aresté
£XG ' EXE 1S7
\e{ cbargî^e de raismes où temple en le majesté maudite y VOUS n'avez ja*
•îvière, comme non cttWfl^c, apparie- mais donné de repos au monde.
;~î tp'JXo.rrî4Tird;''FÎ^^^^^^^ *«-dis que vou. y éUez; laisse»
îomme non euwagié, chargés de ques- ^^ moins reposer ceux qui n y sont
uaux. 1443. plus. La liberté du novice fut telle-
BegistreauxemhrieuemeiiSjfoLSg. ment agréable à Charles - Quint ,
„ ^ , , .. j. Qu'il en aima plus particulièrement
EuwAGiKE : Payer le droit deu- i\uteur, et qu'il faisait souvent le
jvage ou de passage. récit de cette aventure aux autres
EuwiST : Il eut y ewwissent , ils religieux.
^^^ff®***' ^ ^,. , ExEMPLOUB : Modèle , exemple ;
Ewaiîgeustk : Evangéliste. exemplum.
lA sens de TEscritare est faaceis et En Tan de Tincarnacion
wmunpus et parvertie est Tentencion yj^{\ et deus cens cinc et cinquante ,
loa S. Espens per quelz ensignemcnt , li 'Sfi'tslt hons vivant qui m'en démente ,
ians , Il Prophètes , Apoustres et Ewan- put baillé , c'est chose voire ,
^^Mnrea ont eut pairleil. Por prendre commun exemplaire
Traduction des Pseaumes, Ung livre de par le Déable ,
_ . - C^est l'Évangile pardurable,
EXATICHRR : Accorder^ permettre ; Que li Sainz-Esperiz meniitre ,
eavwi/fcre. Si cum il aparoît au tbtre.
ExGESSsm : Excéder, passer les i^oma/i Je /a /{o«e, i^. 12004.
botaës de la modération ; eorceéiere. _ r ^ .i.
Exercite: Familier, exercé ; exer-
Diea est homs , c'est grant courtoisie, citotus. Exercité en la langue grec^
M ereienenr qm puistestre oïe, r m- » ■ o o-
Qufnt Dieu homme se exposa, ^^ ^ familier avec le grec, le p08-
Se ce ne fust que chascun crie sédant très-bicn.
Que €|ui plus vault, plus s^umilie, Excaciteh : Instruire, enseigner 9
Je déisse qu'il excessa. exercer ; exercitare,
Li trésor de Jehan de Memng, ExEU , exeuement : Ëcoalement,
'*'• *^^* cours y issue ; exitus.
ExciTiTEUii : Nom donné dans les Et eu tant qu'il touche un gouUot, et
Knonastères à des religieux dont les esseu d'eauwes qui cœurt'( court ^ p«r
■onctions étoient de surveiller et dessoubz terre , partie par dessoubz le
*éveiUer leurs confrères à certaines f "î* ** fT'^^''^''^lA^^^A?t:.
^ j . •«.£•• M. parlequellesaisements de corps des deux
lieures de la nuit. Surius rapporte petite] maisons dudit hospiial , joignans
^que Charles -Quint, lors de sa re- à ladite maison vendue se exeuent, et
^^raite à l'abbaye Saint-Just, s'exer- prendent leur cours et exeuement en la
MOit à tous les offices d'humilité. R"^*^**^ rivière , icellui goullot ^i exeu de.
B^ ^ „^.«^:«- -«.« •^.,« A^ .^w^w^M^ mourra au pbmt ^ estât ou il est au pré»
^Uwque venoit son tour de remplir ^^^^ hériublement et a tousjours , p5ur-
iMBce dJeœcUateur, a ne cessoit de ^gu que les hostcs demourans, et qui de
y^pper lies marteaux des porter et mourront esdites petites maisons , seront
nfacnter les sonnettes des dortoirs *«»«« de le necloyer en y getant eauwe
étions. Certaine nuit qu'
ftce à^ excitateur , un jeune frère ' Fente du iq juin il^^, tirée du
éveillé en sursaut , lui dit : fi<ilas! cabinet ne M. Rej-tler.
■44 £ S C
EsGUCHiAiJS : Écusson 5 petit écu
lur lequel on a peint des armoiries.
Ne sai si saurai deviser
Charité , kar n^en sui pas dignes ;
EU portoit Vescu à deus cignes
Dorre' de nete conscience
Et i ot portrait sapience.
Escuchiaus de toutes vertus
S^en fud plus plaisans li escus,
E plus biaus, é plus desgiaës ,
1X*<A pas encor bien avisés
Des escuchiaus Pune moitié.
Huon de Mèri , Tournoiement d^An^
tecrist ,foL a3o , R* eoL 3.
BsccELiER : Marchand d'écuelles
de bois ; boisselier. Voyez Mils.
Escui&EAus, escuirel , esctùreU,
escuirex, escuiruel : Écureuil, pe-
tit animal de couleur rousse fort
commun dans nos forêts; sciurus.
Ha! Robert, Diez vous bénéie ;
Dites moi , se Diex vous ait.
Que vous tenez. Et il li dist :
Dame , ce est un escuiruel ,
Volez le vous ? oïl , mon vuel,
Aus mains le tenisse-je ore.
Fabliau de VEscureul , vers xo3.
«EsciiuiE : Plein une écuelle.
Esguudire : Refuser, défendre ,
empêcher, arrêter, rebuter; de qx
et de condicere*
Li ReYs neP èscundit mie ,
Mes mut le tint k erant folie,
Pur ceo qu^ii iert de jeosne âge ;
Tant produm , vaillant , è sage ,
Tint asaié iceie afaîre
Ki n^en purent à nul chief traire.
Marie de France , lai des deux
AmanZyVers 149.
EsGusEusNT : Action de s'excuser,
de demander grâce.
N^unt pas ici verrai escusement,
Deussenirra parmi le jugement,
Qui plus mesfait dreiz est qu'il plus
ament,
OùPentreprendratpluspleinervengement.
Roman des Romans , strophe 24^ ,
foL i56 , f •.
ES6
EsDfiEscEA : Montrer son ion
cence , se défendre , donner l
moignage, fournir preuve.
Ele lui demandot suvent ,
SMl ot oï de nule gent
§>u^ele eust mefiet u mespris,
ant cum il fut hors dei pais ,
Volenters s'en esdrescera ,
Devant sa gent quant li plaint.
Marie de France, lai ^EM
vers 709.
EsToiGHOE : Augmenter.
Toutes ces assises ki chi snnt 'levisÀ
ne pueent plus esforchier k nul joar.
Cartulaire de l*ahhajre de St.'Anu»
^i Liber albus , foL i43,oett
1238.
EsrossEz : Difficile à porter
tenre, et à enfouir.
Hë! la! comje soi traveiiliez,
Fet Elstormis et eschaufez!
Molt estoit cras et esjossez ,
Li Prestres que fai enfoui,
Molt longement i ai foui
Pour lui mètre en plus parfont.
Hugues Piaucelle yfahU d'Estom
vers'fyi^,
EsGASDER : substant. Vue,reg
coup-d*œil., action de voir,
considérer, de regarder.
Li fers navre en Vesgarder
La flèche celé de penser ,
Li panon font les apparaus^
La coche ajouste les consaus.
Fabliau de Piramus et de Ti
vers 4i>
Amis ne puis mes plus ester ,
Lermes me tolent Vesgarder ,
Soupir me tolent le parler ,
Pensez de moi de retomer,
Plus k loisir porrons conter.
Même Fabliau , vers !
EsGOHELER : Sc ncttoycr la
che ; de gula.
lÀ s^asorelle et esgohele ;
ESK
m ol et s'escuele ,
let et ses mindolies ;
sment ot fait de dolies ,
gent et de viez oint ,
i viaire et ses mains oint
lel qu^il ne Pescaude.
ibliau de la f^ieiUe Truande^
V. 47.
S'amuser, preudre du
réjouir ; de gaudere,
3S voel dire et conter
)el que jV( conter,
ble qoe jou-ol
dire moalt -m'esgoï-
ibliau de la Vieille Truande ,
V. 8.
3N 9 eswillon : Aiguillon
1er les bœufs ; d^aculœus.
Échoir ; de cadere.
rentes k hiretage que ii hospi-
n , lesquelles eskeirent au jour
! Vhospiud des Wez^ de i35o.
Sy eshevin, eskievin : Éche-
ibre du corps de vQle , du
nicipal, en bas. lat sca-^
i Fallemand schaffer ou
Chenu, Recueil des Au"
\ privilèges de la ville de
p. 1 59, rapporte plusieurs
es de ce mot.
i on trouvé un brief
)i reccToir le fief «
: de par Jeban Bodei.
igié de Baude Fastould'jâras^
esquet : Cloison de plan«
te il poet frire mettre une es-
is on de piére en le molon de
vières pour soutenir les pièces
r esket qu'il fera faire. 19 fé-
regittre de rhostel de ville de
à, cot,Nj/ol,5'].
£ S L 145
Maison haboutaut par derrière au tene-
ment qui fu feu Pierot as Parisis , dont
il est séparé par un esquet qui fait clo*
sure.
Beg. aux Lettres , JbL Zt ,
a6 octobre i4a3.
EsKiEP», eskieponer : Chauffer ^
rechauffer, couTrir. f^oy, EscAUfim.
Il lor respunt : tos dites teir'»
Légiére cose est à saveir ,
De Tuef le puis-jeo bien giter
£ par caiur eskieponer;
Mes tos-diz arunt lor nature
Maldite seit teus norretnre.
Marie de France , Jable LXXX.
EsKiEU, eskiex , eskis : Fugitif il
craintif, qui évite, qui esquive.
• . Adiea
Gilles li pères Jehans-Joie ,
Au îoaster n^estes mie eskieu ,
De DOS ayés fait maint alien.
Li Congié d*Adans d'Aras^
V. 124*
EsKiuwBi, eskuiiver : Etqpiret ,
éviter ; à^excayere.
Ledit Englés déclaire vendre icdie
rente pour se nécessité et sen jgrand be-
soin f et pour pire marehié eskutwer,
Chirographe du a avril i3i6.
EsLiACim : Augmenter, f^oy. Ac-
GOMODvm Pim imc.
EsLbs ( à grant ) : Rapidement,
au galop ; à^exsultatio.
Dementiers ke li plais dun^
Gf Mêlent pas ne s^ublia ;
Sun blanc cevel fist amener,
O s* Amie s^en Teut aler.
Kaut ele ot £et ^u k'ele quist,
E ot oï ke ii Cors dist ,
Cungié demande et prent del' Ret,
£ munte sur sun palefrei :
De la sale se départi ,
Ses pnceles ensanble o li.
Gracient munte et vait après
Parmi le vile à grant esUs ;
Tuz-jurz li va merci criant ,
Ele ne raepunt ne tant ne quant.
t46
BSM
Tant ant lur dreit chemin tenu ,
K^il tant k ]e forest yena.
Marie de France , Laî de Gracient ,
V, 65o.
EsLiEB : Distinguer, choisir; eli-
gete.
EsionGER 5 estongier : Écarter ,
éloigner; de longiscere,
Li maus qui me fait dire aimi
M'^eslôngem de Tanemi,
Car Dix me prent k repentance.
Li CoTtgié de Éaude ÎFastoul d*Aras^
EsMABi : Chagrin , triste ; qui
craint , qui appréhende.
EsMERYEiLLABLE : Surprenant^mcr-
veilleux , admirable.
EsMERVEiLLEA i Étouner, surpren-
dre.
EsMEvvB, CMieu : Élevé, placé,
mis en avant.
EsMiBA : Briser, mettre en mor-
ceaux f réduire ep poussière.
Jehans le vit ,-molt Ven pesa ,
De la maçue qui pesa ,.
Le fiert tel oop en la caboce
Ce ne fil pas por lever boce ,
Ainz esmie quanqu^il ataint.
Hugues Pinnceie > Fabliau
d'Estourmi ,v, 217.
EsMUDUEMeNT ,' GsmindremeYU 65-
miudrement .: Amélioraftion , répa-
ration de maison.
Li Escbievin ont donneit k iriretage , le
porte d^Arras ensi que elle det k Régnier
t>aire , por demi-marc de rente par an ,
par ensi ke il i doit mètre en esmildre-
ment de le porte, ao liv. de }>arisis. n dé-
cembre ia58. Reg. aux Briefi , Jol. S^.
EsmiudrÉr : Améliorer, réparer.
Et si a eu convcnt li acatères esmiudrer
le maison devant dite de 4o s. por dcdens
deux ans , et cil esmiudrement sera al dis
li jugéres.
Chirogixipîie de juin 1260.
ESP
EsMOTOiB, esmotouer : Instminent
pour briser les mottes de terre;
sorte de massue du bois le plusdor
qu^on puisse trouver. La masse,
grosse comme la cuisse , est ganit
de cercles de fer, et le maocbei
quatre pieds de long.
EsHoiJTE : Droit de mouture.
EsMOVOiR : Agiter, fomenter, pro-
voquer ; se lever, partir; de m<hm.
Après la messe si Penfnécnt ,
Puis mlukguent et si s^esmuetfcnt,
Et quant orent bu et mangiel ,
S^ont au Saint homme pris congiet,
En leur païs en sunt aie.
Le Chevalier au Baritel , v. ^1
EsPADE : Sorte d'épée longue don
Rabelais fait mention , Uv, 111 J
ch. 4o« I
EsPÂNDEE : Disperser , répandre;!
parsemer , distribuer , verser , feih|
verser , expandere, [
Estans assis aux rives aquatiques
De Babylon , plorions mélancoliques ,
Nous souvenant du païs de Sion :
Et au milien de rkabitatîan , .
Où de regret tant de pleurs espaudûmn.
Aux saules verts noz harpes nous pefr
dîmes.
3faroty Traduction du Ps. CXXXVTI,
V. I.
EsPAin>u : Célèbre, répanda
connu.
EsPAiGouTB : La crapaudine hé-
rissée ; sorte de plante ; le sideritu
hirsuta de Linnée.
ESpe : Dense , épais ; spissia^
Broillas espe^ brouillard épais.
EspE : Abeille, mouché à midi
apis.
EsPEG : epeichCj espeiche : Le Pic
rouge, sorte d'oiseau ; connu en
latin sous la dénomination de Picm
martius minor.
ESP
EspÉCHiK y épéchir : Devenir épais,
^;rossir ; expissare, spissare, .
EspÉciAUL : Particulier , spécial ;
^peciabilis,
Quar c^est don espéciaul dou S. Esperit,
.^ui n^est mie à tous donneiz , mais ai poc
cie gens.
Traduction du Pseautier,
ESP
"47
EsPEiscE, espesce : Épaisseur.
En Vespeisee d'nn grant bcdssiui
Vit un Bisse od un Foun ,
Tut (u blaunche celé beste
Perches de cerf ont en la teste.
3farie de France, Lai de Gugemer,
Ms, , 7t« 9^8 , dt la Bibliothèque
Uariéiene,
EspE^iR , espenoir : Punir 5 châ-
tier, imposer une peine ; de pœna.
Se Dix me yeut mal envoier
Pour mes griés peciés espenir
A boîp port me yeut avoiçr ,
PëJerin me fait convoier
DusVau grand val sans reyenir.
Li Congié Baude Fastoul d'jérras ,
vers ai.
EspÉE (plaids de) : Haute justice
qui avoit le droit de Tépée et de con-
traindre par armes à Pexécution de
la justice.
EspBii : Apparent.
Comme proche's , de'bas', et controyer-
sie fussent men on espéré à mouvoir entre
Sandrart à le potente....
Chirographe du \o février 13^3 .
EsPEBGE : Aspersoir pour l'eau bé-
nite ; ^asperges.
A ung tonmeur de derrière l'escolle
â. Pieire j pour une esperge , 2 s.
Compte de Vhospital des Char^
tners, i^Si,JoL 70, /^®.
EspésoTîs (jouer des) : Fuir. Notre
histoire compte deux journées dites
des espérons; la preoiièjre en i5x49
sous Philîppe-le-Bel ; la seconde au
mois d'août i5i5, sous Louis XII.
Voyez Debeieux , pag. 80.
EsPiCHuz.: Épuisé; de puteu^
Cilz vit qu^à ce panroit la mort.
S'il ne pemoit auoiui confort \
Car il estoit tous espichiez
Par son effort, et tous suciez.
Fabliau de la Dame qui ai^eine
demandait , v. 287.
ESP1ERA.T ( en ) : Après le soleil
couché.
Fust remonstré que le Bailljr et son
lieutenant ne povoient entrer en maison
de bourgeois ne de manans , puisqu'elle
estoient closes en espierat , ne de nuit,
sansayoir ayoec lui deux Escheyîns, i433L
Beg, aux playts de Loi, fol, ai.
Espi5CHEE : Nettoyer avec une pe*
titc pince les draps des bulles de
laine qui les rendent mal unis.
Sachent tous que cest escript y^rront
ou oront que \y Eschevin et tout \y es-
wardeur de le marchandise et tout Ijr ton-
deur maistre et yalet que ilz yoeuillent
que de le Sainte-Croix prochaine en sep-
tembre y jusqu'au loyement de Bar qiii
yient en après, ne puissent trois variés
tondeurs , tondre quatre dras et demi le
jour et espinchier à Pendroit , et six dra^
enyerser le jour et espinchier à Tenyers.
Ordonfuuices sur le fait des tondeurs
et appareilleurs de draps du jour
iiamtrChristophlej laa^.
Beg^aux Ordonnances ^ fol, 9a.
Espiivofs : Haye plantée d'épines;
lieu plein d'épines ; de spina»
Li fossez ert granz par de'fors^
Li espinois espcs et fors ,
Ne se pooient aprochier.
Huon le Boy , Fabl. du Vair
PaUfroy ,v. i56,
EspLErr : Profit, avantage, utilité,
avancement; expUtio.
Fol yiel ke tu soies
Solunc ceo ke tu voies
i48 ESP
Ke la chose T€t ;
Ktr cointise est grant
De feindre soi nun- savant
Fur fére son egpleit.
Eferard de Kirkam^ DisUqueê de
CatoiijfoL 904) A» coL a.
'EwoMïim jCsproduite : Gueuse de
fer, résultat du mioerai mis au four-
neau^ fer rougi à la forge.
Le fevre
Ne fet semblant de noie rien ,
Ainz chanfe son fer bel et bien.
Quant s'esporduite est bien chaufée.
Et bien boiliant et embrasée,
Si porte son fer sor Penclume
Qui tout estincele et escume.
* Fabliau de la Dent, v. 8i*
Prendom tient toz-fors Vetproduite ,
Et si cbaufee et si conduite ,
Que bonté art et honor alume
Toz cels qui sont prés de s^enclume.
Même fabliau , v, 107.
EspovLiEA : Petit rouet à filer la
laine»
Et kiconques fîlleroît laine ointe à IVj-
poulier dedens le pooir de ceste ville , il
fcieroit el fourfait de 10 s. et si pierdroit
Veapoulier, et le puet prendre le roi des
ribaus comme sien.
Ban par Mgr, Bauduin de Loweis ,
chetfalier tenant Vescheyinage de
Douajr de par nottre Seigneurie
Roy, du aé septembre i3o5.
EsPRiura: : Exprimé, tiré, pressé.
Esp&ovEMENT, esproKfeTy esprovier f
Essai, épreuve', expérience ; ex^^ro-
batio.
Beax filz, ne loe ton ami ,
Ains que tu saches bien de fi ,
SHl t^aime bien veraiement.
Tu sauras à Vesprot^ement ^
Prologue du Castoiement, v, X04.
Moult as , dit-il , biien esploitië ,
Se tu i as tant porchacië ;
Mais tu ne te dois mie VfAiter
Aios que viegnes à Vesprover,
Castoiement, Conte 1, v, i6«
ESP
EsPVEA : Colonne , crochet , ap-
pui , soutien ; de podium.
Une espee a dou feurre traite
Qui est pendue à un espuer.
Si s^en feri par mi le cuer.
FahL de la Chastelaine de Fergf,
vers 897.
EspuEGEE , espurgier : Se purger,
se laver, se justifier d'une &ute,
d'une accusation; expurgare.
En Irlande si est un leos
Ke jur et nuit art cume feos,
K^um apele le Purgatore
Sainz Patrice , et est teus encore
Ke s'il i vnnt aucunes genz ,
Ke ne soient bien repentanz ,
Tantost est raviz é perduz ,
Qu^um ne set k'il est devenaz.
S^il est cunfez et repentanz
Si va et passe mainz turmenz , '
Et s^espurgé de ses péchiez ,
Kant plus en a , plus li.est gries.
Ki de cel liu revenuz est ,
Nule riens jamés ne li plest
En cest siècle , ne jamès jur ,
Ne rira , mes adés en plur ;
Et gémissent les maus qui sont
Et les péchiez ke les genz funt.
V Image du Monde, Ms,, n* 7989»/
/0/.143, r'^coL 1; etJVrfSj^, 7a,
iî« coL a.
EspuRiE : Surprendre, effraijper,
épouvanter ; d'où espuri, surpris,
efirayé.
En un angle va son lin prendre
Li Pries , car il veut aprendre
Com li Vasques que en fera ,
Tantost com il s'esvilerâ.
XTn poi a priés est espuris ,
Uë ! Oiexy dist-il, Sains-Esperis I
Com je sui pesamment covers ! ,
Fabliau de la Longue Nuit , v, 1017-
EspusoiB : Seau à puiser l'eau.
On fait le ban que tout li conestablie
de ceste viUe, cascun en lor conestablie
face faire trois eschielles de vingt-cinq
pies de lonc les deux , et l'aultre de seize
piés bonos et soufissaos. Et si ùlq/wX bm
ESR
m tines et quatre espusoirs , et une maît
le huit pîâs de lonc aux mains, por le
'u £t si est asavoir que si fus leyoit
rn le vile , ke il est ke li carbonier et ii
vaites et tout li conletier et li deskerkenr
ii li porteur ki se warissent en le yile
loivent porter aie besoigne del fa, les
sscbiellcs, les tines et les espusoirs en
^ael lia ke mestiers sera en le vile.
Beg, aux Bans et Edit», janvier ia47-
EsQuiPER , esquapir : Échapper ,
se soustraire; chauffer, échauffer.
Voyez E8CA.UPIK.
EsQCELLER : Sarcler.
73 s. ad. pour esqueller les bledz se-
nitz sour les terres do Taban dudit bos-
pitai , deux jours de cinq femes k 10 d. y
an jour de douze femes a 1% d. Tune.
Compte de Vhospitml des Wez , de i36o.
EsQuiELBTTB : Étal à )our, en
forme d'échelle, placé sur quatre
pieds. — Certaines pièces de bois
lég;er, formant Téquerre que Ton
attache aux bâts des âneâ, comme
des paniers, sur lesquels on place
les bottes d*herbes que Ton va cher-
cher aux champs pour la nourri-
ture des vaches ; de scala.
De cbacune esquieUite qne Ton dist
baion sur lesquelles on fiit estai desdites
marchandises , pour exposer à vendaf^ ,
est dû aa fermier 5 s. 5 d. , 20 mai i45o.
Registre aux Édite ,Joi. aS.
EsiEHT : Las y éreinté , Ëitîgué.
Lambert Bootry feit adjonmer Jehan
Croyer poor s«pt sala» d^or , à ce que par
son fait un cneral que ledit lâmbert
bailla k louage audit Croyer , lequel a le
dit cheral foorcbermocie , par lui faire
porter k deux et tellement Pa tra?ailié
que ledit cbr? al est tout esrent et ne s'en
poet aidier. 18 septembre i434'
Reg. aux Actes et Sentences ^J^L 5o.
EsiiSf au léminin esrèse : Élimé,
usé» râpé.
Icrt-ele porrement vestuë ,
Goto ftfoit véê et dcfmmpae ;
ESS
14»
Comme s'el fust as chiens rcmèse ;
Povre icrt moult la cote et esrèse ,
Et plaine de vies palestiaus.
Delez li pendoit un g mantiaus
A une perche moult greslete »
Et une cote de brunete.
Jttunan de ia Rose, v sio.
EssABoÏB , essabomr : Éblouir ;
d'où essaàouis, ébloui.
Autres merveilles vous dirai f
Que de cesti soleil li rai,
iHe troublent pas , ne ne retardent
Les y ex de ceux qui les regardent ,
Ne ne le!« font essahoîr^
Mes enforcier et resîolr »
Et ravigorer lor \^uë
For la bêle clarté vëuë
Plaine d'atremi^ée cbalor ,
Qui par mervcdleuse valor
Tout le parc d'odor resplenist
Par la grand doçor qoi en ist.
Roman de la Rose , v. 10783.
Tout maintenant que amors m'ot
Dî son plaisir, ge ne soi mot
Que il se fu esvanouis
Et je remés essabouù ,
Qoant gène TÎ lev^noi nului.
Même Roman , v. 3780.
EssAET : Ne signifie pas mine 9
destruction , mais cendre , pous-
sière.
EssAucBiEE , essaucier i Élever f
exalter, exaucer; exaliarc,
Essàumiui : Sans oreille; à oui
Ton a coupé les oreilles; En Gasco-
gne, essaurillat. Certain cadet da
pays entendant dire qu'un seigneur^
son compatriote , avoit l'oreille da
Roi, répondit : Eh cadédisi je ne
croyois pas que nous eussions un
roi essauriliai.
EssÂUAiixts : Couper, arracher
les oreilles , supplice auquel on
Gondamnoit les voleurs ; à^ejcamri--
adore.
EssBu , esseul : Essieu de voiture;
axis.
5
i5o E S S EST
EflSEu 9 eséeiU , esseulé, essil : éloigné des autres; ^or^e e^ieu/ee,
Latte, échalas , petites planches habitation solitaire ^ à Técart.
propres à couvrir les maisons; d'Art- Essoire , essoinement : Excuse pré-
^^"•^* sentée en justice pour n'avoir pai
Es8Ev,esseuXjesse^H^emene:l9suej comparu; difiQculté, obstacle, em-
écoulement, courant d'eau, dessé- péchement; exonia.
Ohemeni ; d'fixiius. Se chil qui apele ou qui est apelës va\
Les anciens connestables et arcbiers du '^^^'' «voué qui se combate pour lui, il
i?-
forteresse de ceste ▼ilie jcwques dedens «youé. Li uns des essoines si est se chil qû
le rivière par lequel esseux se polront ^^"t ^voî"" avoue monstre que il litalie
«Mcuer toutes les eauwes procédans des ««icun de ses membres , par lequel il est
combles, cuisine^puids et autres lieux de aperte chose que li cors en est plus foi-
ladite maison, suivant que de tous temps "^^^' ^ second essoine si est se Pci
elles avoient faîcts. ao aoust i52a. a fiasse Paage de soixante ans. Li tiers»
r»«j;,*-« j»^/.*-. /:,/,« »%» *oiwc se Peu est acconstnmës de maldii
Ca/iier a actes .Toi, la , r^, . . . _ . . . %
'*' ' qui vient soudainement , comme de goflli
Jehan d'Arras li pères , Jehan d'Arras arreticle ou de tvertin. Li cpxars essoùm
ses fieux, pissoniers de douche jauve est se Ten est malade de tierchaine ou de
(douce eau. ) recognôissent avoir prins à quart aine oïl antre maladie apertemest
ferme et censé..... tout le vivier de Pre- sene, sans fraude. li quins essoines »
fosse, séant k Quinchj le Baudnin pen- famé apele ou estapelée, car fîune m M
dant nœuf ans. Siporront lesdits censsiers cpmbat pas , si comme il est dit dessui.
esseuwer nœuf fois dedens les nœuf ans et Coustume de Beauwoisù , ck. LXI,
cascun esseu tenir 1 espace de trois sep- Zd^.Forezles mêmes cousU
mânes... seront aussi tenus a cascunejseu '^ ch, III p. a4.
fumir audit seioneur demi quarteron de ^ * J, ^ *
carpes et demi quarteron que de bies- . EsTABLlSSEUR : Fondateur, prOCU-
ques que d'anwilles: reur , qui établit ; de stabilire.
, Chirogmphe du i3 décembre iSyô. EsTACHE , estohiu , estàhius : Pi-
Onfaitle banteilnesoitnus si har- n^r, poteau, colonne. Au figuré
dishomnefemekeilaiteuwierliaitsen Y,^JA,\vt^x de repos, refuffe; tran-
e^^eu devant deviers le rue, ams le face ..^ \ *i>l»"0 5 *^*«5w, »■«
cascun C5*cuwe/r sor le sien ctnusto- qu'l»^, ne bougeant pas; à& siûr
sewemens ne d'ewe; ne de ploeve, ne dium,
d^autrc cause , ne puet avoir esseweument ^u siècle ne truis mais mon liu.
bas terre sor rue ne sour cauchié. ai juin " Et quant cascun truis estahiu
'1^7* Bien est raisons que jem'eskin.
Registre aux Bans et Bdits,foL ai. ^,. Congiés Baude Fastoul d'Aras,
Vente par les eschevins de deux por- vers i63.
iions de terre le long du courant du neuf ^j ^^j^ ^,; t ^^^^ j^ j^
pont , depuis le tour du dxcq le long des ^^ ^^ ^^ y^^^ ^y^^ ^ Romme ,
îientages de le Tnnite et contre le trenquis ^t mes roncis est estàhius ,
de Vesseu cjui fait séparation de 1 héritage -^^ ^^^^ j^j^. ^^^^ j^ courtiex
des Charfncrs. D'Arras, pour me pourie somme.
Jcte de vente , //•* a 7 {octobre 1 4o3 . j^j^^^ Congié ,u.^o.
EssEUER, esseiiiver, essetiAvdr, es- ^.^^ ^^ ^^^ ^^^^ ^^ ^ ,^ ^ ^^ j^t,^
sever : Couler, s écouler, donner Clostrent mes yeux, puis ne ^is goule!
cours à Peau , mèltrè à sec; d^exire. Or vriez que mercbi li fâche
Esseulé : (vivre) Vivre seul, Chil qui fust baitu en Tw^ac^.
EST EST i5i
Cette épitaphe, sans doute com- EsTiriîK : Réservoir, étang, lieu
^encée par le défunt et achevée par où l'on conserve le poisson; sta-
t poète, est celle de Pierre Carville, gnum.
Mre de Rouen, inhumé dans Fé- Totes les chooses qui ont pepne3 et e»-
iisede Saint Ouen de la même ville, cales, altresi bien en méer, comme en
EsTAiCHE», estinnier : Potier d'é- *^**' ^^ï"/;** v"!"??*"^ T';.,
Jùn ; de stamnarius. ^"^^^ Le^iu<,ue, ch. XI, vers g.
Testament de Anne Lcmairc vefve de ^«'*« ^"?^ habetpiunulas eisqmmas ,
Eathias Vandist eHinnier du 4 mai 1657.. ^'?* "* "*«" ♦ ^"«^ luflumumbus itt «ta-
Bdit jour Anne Le Maire bourgeoise es- .8°^ » comedetu.
aignere comparut par devant les au- EsTAVELE : Petite étable ; stobulum.
Vente par Jehan Dutemple à Jehan
ESTAMEIT : De suite , incessam- Hariquielle de trois estat^lles B\ec une
«ent, sans délai ; instanter. f^^f^^ ^ P^pi^'l^S- 1 iSg^
On fait le ban qu'il ne soit nul sy har- et estables dudit Hariquielle.
Kb que se les eswardeurs de paix deman- Chirographe du 17 janvier i438.
4nt aulcuns hommes pour entendre de le „ ^ t . i ^ •
besongne de paix , qu'if y vienne tout esta- ESTAVBU , estayel, estavcul : Cierg;e,
wutity puisque on le mandera mai chandelle de cire»
■*4'« . »•• ^i *. ^« veulx cstre i^bumé eQ l'église de»
Registre aux ediu Jol. 167 , a*. Frères Mineqrs... J'ordonne.... à mon ser-
EsTANCHiEz : Qui reste en place, T*' ^^^tr?, Af "l^î^^ de troU livres de
. f^, ^, *^»i^ 1." if*«%/^, ç|„pç-jç piechc , et quatre estaveux de
ïui ne peut plus bouger ; stagnans. ^^^^ ^^^ le pioche pour mon lumi-
Ainz k'U fust gaïres lunz alez naire , aveuc deux livres de menues can-
Estordiz fust è estatichiez. délies que on dist attaques , pour aller à
Marie de France , fable LXV, j*. SA. rwi ^ ' ^ j irr-^ j
'' 9 t Testament de mojiseigHeur fritaf se de
EsTANCHOv, estanson : Pieu , écha- Ligtijr ^chet^alier, du ^^ Janvier
làs j stadiuni. . '^^*'
-, f y n 1- A Emerr Gommelin, merchier, ponr
ESTAPLIAU , estaphel : Baliveau. a^oir livré six estai^x pesant chacun
Watiers PainmoulUés déclarent demi-quarignon de chire, pour servir à
avoir acatet k Monss. l'Abbet d'Hasnon , «'^ ?<>▼'«» cartriers et cartrièrcs, Irespas-
trois tailles de bos appelez, le Retour ®^* 9**
l'Abbet., et seront tenus de laissier Compte de Phospitaldes Chartriers,
sous cascun boi^iier desdites trois tailles, de i5a5 ,/oi. 61.
vÎBgt-cinqwtep/wux de bos. EsTBiFDftB : Étouffer, ne pouvoir
Chirographe du 33 mai 1376. plus respirer.
i7o..»r«Br . p»,^;*..i> EsTENELLES : Piocctles.
r<8TAPLiEL : rupitre. ^ a^ • ■. ^
/ Ester : Assister, demeurer, res-^
I^^^m un bréviaire encain^, pour les ter en place OU viuelque part ; j/tfrc.
V:^±Z.t "a'Z *" *rK?.'u-^n' n'r. Es«s-«-vo« = Le voUà, te voici,
porter hors; deux grans bréviaires nom-
més antifonicrs l'un d'esté, Pautre d'hiver,
ecce vos»
servans à Vestapliel deux draps qu'on S'el n'obéist , cil se corroce
met sur Vestapliel à lire l'éyangille un Et la lédengc ; et s'ele groce,
esrapliel de fer. Estes-le-vous en ire mis ,^
Inventaire de Vêglise de Nosire-Dame , Et tantost par l'ire anemis.
de 14^1. Roman de la Rose j vers g^o.f^
4
i5a
EST
"EwEvtLE, esteule : Grosse paille
de fève pour couvrir les maisons;
paille restée sur pied 9 après la coupe
des blés; stipula. Voyez Mession.
19 s. % d. nonr sept miarterons (i^S
bottes) d^effeii2e vendus k Jehan de Bour-
lon , un escut le cent.|
6 s. 4 ^* p<>°i' ctlrain vendu k Camp
Florjr et ailleurs par bouges (bottai).
4^ s. pour paille vendue à plusieurs
4bis.
Compte de Vhospital des Wez,
de i36o.
On voit par cet exemple que nos
ancêtres faisoient une différence
entre Téteule^ Fétrain et la paille.
Conclud a este de faire ^dit portant
obligation k toutes personnes ayant mai-
son couverte éCesteuile ou d'estrain en
'ceste ville, de les faire couvrir de tbieul-
les, dedens trois ans, ou que ce seroit
fait k leurs despens.
3 atrril i54t . Registre aux Consaux ,
De reauief les esteulUs doivent rema-
noir sur la terre entièrement dusques k
' VIII jours devant la fçste de Toussains....
de requief , s'aucun a maison u grange à
couvrir, il doit venir devant le Prouvost
et devant les Esquievins , et ils ly assène-
ront esieulle k couvrir.
Chartre de la commune d'Oisjr , du 6
des Kalendes de mai iai6
EsTiEL, esteaux : Pièce de bois
de cbarpente. Voy. Esvitilleb.
EsTiÈBE : Gouvernail d*un bâti-
ment.
Puis quMl Tôt lancié en la mer >
Al estière vait guverner ,
Tant gnverna la nef è tint ,
Le balhe prist, à terre vint»
Marie de France, lai d*Elidue,
vers 870.
EsTiLLS, estilj eus tille j exten-
sillcj extily hostieuj o tille : Outil
par excellence , métier à tisser ;
ustensile.
2>
(kl
m^
EST
Don de deux estils chergîés areeq
Pourdicboir , et ce qui appartient aaidili
extilles , a mars iBi^.
Don de toute le bugerie estant en ii
Srande cambre avec tousles^ffûazg»
issous et autres extensilles serrans à
mestier de trippes de velours, îscpU» ^
bre i558.
Don de linges et accoustrementde
les estilles et ustensilles servant an
tier de sayeteur. 10 décembre i56o. Vîic
Don d^n outil de sayeteur. n \
x555.
Honneste hoitame "Wibert Forée,
k Andrien Puriel un eustille que il 1
tricquié ainsi qu^elle est.
Testament du 11 janvier i\
EsTOiAVx Propriétaires des
principaux alleux de la chàt(
deLilte. Ils afvoieut le droit de 1
cevoîr la dessaisine et de donnerl
saisine des alleux : le premier d'e
tre eux portoit le titre de Roi M
estimaux. Son alleu étoit situé il
Fâches^ à Fretin et environs.
EsTiMULANGK .' Actlon d'excitCbl
EsTiMCLER : Exciter, piquer 9 at>|
guillonuer; stiniulare.
EsTiHGHELEB : Étinccler, jeter ds|
étincelles; scintillare.
Ainsi com {e pensoie k cestecoseiW
rais ausi com de fn ardant descendi k\
cbiel et vint par devers mes ie.\ ausi cob
foudres , moult ressembloit escrois ^
tonoires , fors tant que la clartez en ^\
grande , et vint par devant mes iez si sfl»
dainemeut ke tôt mi oel m'en estinchdk^
rent , et lors cal- je tout pasme's.
Roman du S. Gnd.
EsTivs : Trompe , trompette. On
a depuis donné ce nom à une ei-
pèce de cornemuse, particulière-
ment connue dans la carnouaille.
Chantez en estiwes menables et en Yoi:
de estiues de com.
Bible , Psaume XCVII, versi
Psallite in tubis ductililut et voce tubi
eoniete.
EST
n soun de ettive : loez lai en
harpe.
Bible, Ps, CL, v,Z.
mm in sono tabae ; laudate
irio et citharâ.
Sonner de la trompette.
Tautre corne , l'autre estit^e ,
nse , chascuns cstrive ,
)aignon sormonter.
man de la Poire ,JoL 66 R^»
esvos , ezvos, evos : Voici j
bois d') : Bois d'écarte-
nant de corps d'arbres.
des six hommes a quarante
bois de branches , vingt fais-
s d'e^toc^ et trois cents fagots
e mois.
Reg. aux Cotuaux , fol. 60,
4 septembre i663.
, ttocqué : Enfant attaqué
s, qui ne peut grandir 9
3issance est arrêta. Indi-
î fort petite taille.
[E5T : Ameublement ; meu-
aroissent une chambre 9
eauent , one maison ; a»-
une manufacture, oatib
r. f^. MUQCIEBtGBlLOIlES.
' m ^ '
luit et dcooDtc le Tallear «Tmiç
t meillear qpe ttlie C m —i C an,
eus de M ohaHlve et Wtàê MS
ares, et thappenms.
iTTs et PEmmn rt h^ÊÊ$»-4Êort ,
n : Oomer dargié dli»'
â«:ait» €'é^àiiit , 4e net-
imj^gei, 1» iaUeaiix^ et
er deiiiwrfiiif lu
rlkttededanir'
GHfK 4*ari«t; mt |Mt}4 ^m
EST iSS
EsTOivTiBAE, estoniure : Tonte dci
moutons, y. Orkbs et Tieitibi.
EsTOREA : Établfar, fonder, insU«
tuer j édifier , construire ; insiaU'^
rare. Dans quelques provinces » on
dit encore d*une personne mariée
d'une manière désavantageuse» on.
embarquée dans une mauvaise
affaire, qu'elle est bien mal es torée
sans faire sonner Vs.
ao d. pour le frait que on fiit le jour
dou servichedou Signeur qui estom oettu
maison, cheit assavoir 8 d. pour uu lot
de raies pour les demiftelles du haut noft-
pital , et 19 d. pour demi lot de vin.
Compte de Vlwêpital des fVez, de i35o.
EsTOEirBLy estorniau» , cstorniax :
L'étourneau,sorted*oiseau; êturnuê»
D'oîsiaus chant ans «voit aidex
Pars tout le verder ansMev |
En ung leu «voit roMignbtM ,
En Tautre gais et eêtoundauf.
Roman de la Ro$é, ver$ dh»
EtTonoiBa : Quereller^ dtoputer^
conteitar; stulUêcere.
CcmmtDl donnes^oti* k «««t* liW« 9
F«t-«le« par maU av^^iHiiri;?
Fox eet qui en iroci« %*eméufti
De prier msc me ÏH^ttUm^
H e qo*«n U qMM d^tmf liMtftM '■
Trop Citai reer^ihs et iméim^
Qmé^Êfééê eeikf immfAêmf
Et iwitk «KWidr iêUmUfkr.
ImmÈaBÊ^ftêtroUire. ^^, fmuxïêti^
Oy ptithutB fsM[(V4s Ut CmMiii
QmMiéi€emiie>e4t4$imit^f
u Tm»ni fait ùk€ 4^ if^n^f
JFimM mtté U Umf% 4^ U pÊéffpe
éÉnus^er^ 4ii»fm>iMm^f Uàêi^ xmvr
ff«r^ «jnSrtf«(W(r<.
i54 EST EST
Nous voians que par teles discencîons, qui bastîrent quatorze rasiérez de soilie
les roarcbandises et amistc^a de entre nos- eluiotérent Vestrain,
6*
Compté de VhoMpital des Wez, de i3(
Pour racHapt fait de douze nattes dT-
train strvans tant à ensépnltnrer les pi
vres , comme autrement ^ la somme de i
huit sois.
Compte de Vhospital des Charlrit
de i557«
EsTRAiNT , au féminin , estraint
Serré , renfermé j compris en p
de mots; d^extringere.,
Esnun : Morceau cl^étoSe, oo
pon; à'extractus.
Je laist à Tabbé de Mont Saint-Eloi ^
rante livres de parisis , et un estrah
FabL de Florance et de Blaiicheflor , bougberan qui e$t aussi comme une la
vers a5 pointe : si fu monsigneur Saint Loejs.
' „ n «Il .• iix «. Testament du mois de février û
EsThinr : Paille, particulièrement -^
celle de sei^e qui sert à faire des Esteangie : Eloigné , écarté, i
nattes, des liens et à rempailler buté, mis dehors; à'extranean.
des chaises. Estrain depesaz, traî- Car lorpiaus ne sunt pas vendues
née de pois» de lentilles; stramèn.
tre pays et ladite viil« de Douay se pour-
roient esloigner et estraiguer et plus grant
inconvénient sourdre.
Lettres de Louis de Maie , comte de
FItmdre, du i^auril i35o.
EsTBAiN, étrain : Chaîne d^une
ëtofie ; treillis de fil de fer. Voyez
Atrabunte et Canene.
Li eslrains * fu de flora de glai ,
Traime i ot de roses en mai , •
Les lisières furent de flors ,
£t lek pannes furent d'amors ;
Ouvré furent bien li tasse!
Atacbië sont à chant d^oisei.
Je me girrai enpoi de leu »
Je ne te quier nib point de feu ,
Ne conte-pointe , ne tapis ,
Mes là fors cel apentis
Me fai baillier un pou dVitraûs.
Auderirenier, ne despenduës
Lor toisons por faire dras langes >
Ne covertoirs à gens estranges
Jk ne seront d^aus estratigies^
Ne lor char en la fin mangies ,
Ne corrumpuds , ne maumises ,
Ne de maladies sorprises.
Roman de la Rose , vers k
FabL de Bemier la Houcepartie ,
vert a56. ,
EsTBAHLCB : Etrangler; stran
lare.
Une forte corde a porchacié ,
Se li a ens el col lacié
A deus mains sacbe et tire fort
Tant qu^l Pa esiranlé et mort.
Fabliau de la Longue Nuit , ve\
E^TjUTEEE, estraiitre : Dii
sion , longueur et largeur ; mes
Voyez Caucheteve.
Est advisé pour le bien commun ç
^ .„ , T^r j j* II j va aulcuns drappiers qui voeulle
GuilUumeU Normand, fabL du l^ ^^ molles, pour envoyer aux
Pnstre et d'Muon , v. SqS, ^^ ^^y^^^^ ^ ^^.^^ le pourront de Vesti
12 S. pour deux jours et demi de Wau- des grands draps qui contiennent
lier le manouvrier et sen compaignon 'a^te deux anncs de long, du com
1600 , et tisseront de treize quartier
Règlement de la Draperie , a.
XJy^ siècle.
Je mangerai ; hui muir de £un.
Seës dont sor ce fais d>8C/vi/» ,
J'arai jà atome molt tost. '
Fabliau de la Longue ^uit ,
vers laz.
Èle s^estoit nue drecie'e ,
jSi avoit alumë le fu
En une couche que grant fa (
jyestrain de pesaz amassez
A Herceloz le feu boute .
Puis escrié, haro le feu.
qoier
* Et non pas estams conme Ta «'crit rtfditenr
des Fabliaux.
EST
avoir que lesdits ont reco-
souvre de leurs deux tenemens
faict par les quatre maistres
$ des héritage de le ville. ^. tout
V de Doaay.
rograpite du 5 septembre iS^ô.
ENT : Diminuant, étrécis-
ytringere.
ement tout k mesure
u pie du fosse descent,
à-mont en estrecent.
Roman de la Rose^ vers 38^3.
iïEKf estrechir, estrecier :
•, étrécîr, resserrer, mo-
"îngere.
n^as si grant richece
' les paisses , si Vestrece f
>lus bel te dois déduire
>orras sans toi destroire.
Roman de la Rose^ v. ai68.
;nee, estreindre, estrenerj
îc force, serrer, presser,
er^ forcer; exstringere,
emplastre, ne ciroine,
et nerfs , ne os, ne Toine ,
idrc nV estrener.
Testament de Jehan^ de Meung,
'uers 336.
5 dirai de la Mescilie ,
e Sun ami ot perdu ,
si dolente ne fu ,
se cucbe é estent
»es bras Vestreiut è prent
li baise o'd è bûche ,
> de li al quor la tuche
unit la Dameisele
Dt est pmz è sage y è bêle.
Marie de France , Laides deux
^manz , vers 223.
SELOH : Être responsable.
ant que sur et auparavant toutes
;>rès mon trépas , tous les re-
mianttes des contracts par moy
receoz comme nottaire royal
t qui seront trouvez en ma pos-
1 ionr de mon trespas , soient
fermez en un^ coffre et envoyez
.uremcnt tenir en ia chambre
EST
i55
u?Ârtois à Arras , pour illecq on au gros
des lettres demeurer à la conservation du
droict de toutes parties, et en prendre
rëcipissé, car fen suis selon et charge par
macominission. 7 mai i58i.
Registre aux Testamens ^foL 176,^*.
EsTRicois, estricoises : Tenailles
de maréchal.
EsTRiQVE : Bâton que Ton passe
sur la mesure , pour en faire tom-
ber le grain excédent; à*o\i estri-
quer, mesurer avec Yestriquè,
Art. XVI. Que nul mesureur nemefture
de mesure qui ne soit enseignée du Doui-
sien sur dix livres d^amende et estre banni
de la ville. Comme aussi que nul n'e^tn-
qùc d*estrique qui ne soit euseigne'e et ait
plainement six paulces de tour (six pondes
six lignes q/io du pied-de-roi) sur le four*
fait de 100 s.
Art. XVn.Qne chascun mesureur mette
le poulce en le moienne de Vestrique, et
estrique oultrele mesure sur paine de 10 1.
et perdre son mesorage , quarante jours.
Ordonnances , Statuts et Édiu du
marché au hied de Douajr, du
5 mars 1693.
EsxaoBE : Fendre, ouvrir, percer,
trouer ; mettre en pièces.
Si aloît pendre son escû
A un frbre grant et foillu ,
De Tespée noe i feroit
Grant copsqne tout le dépérit >
S'en fesoit le piéees voler.
Et despécier et estroer ,
Que point ni demoroit d^enticr.
Fabliau de Berengery vers 38.
EsnoiBE : Permettre, accorder;
auctorisare, Voy. Aedoib.
Esnois, estroiciz : Serré , res-
serré; stricius.
Car pour bien entendre ce poinct,
Hz sont plus que lu/ endurciz.
Par digestion estroiciz ^ ^
A meurté pleine ou quasi pleine
Ont creu, si qu^ detault la graine.
Nicolas Flamel^ Petit traité
d'alchimie.
170 F il
Faiente : Bruit, frémissement;
Jremitus.
Moût lonc-tans après rbï-on
Casciin an en celé saison y
Ke se Sire parti de li ,
La noise et ïefiiente , et le cri
Ke li bons cevaus demenot
^or son seignor que perdu ot.
Marie de France , lai de Graeleut,
vers 724.
FRI5GÀNDE (parfaire) : Prendre ou
se donner des airs, se pavaner, faire
rimportant, trancher du faquin.
Mais cuydant qu'ilz ayent de quoy faire
Mal repeaz , maintenant saoulez ,
Pour mieulz iafringande parfaire,
L'eaue passe parmy leurs souliers.
Coquillartj Monologue des
perrucquesj page 174*
Fbire : Trembler, frémir, fris-
sonner; dejrigere.
Chascuns amans suit par coustume
XjC feu qui Part et qui Talume.
Quant il le feu de plus près sent j
Et il s*en ya plus apressant.
Le feu si est ce qui remire
S'amie qui tout le tel frire.
Roman de la Rose^ v. a566.
Frit : 'Fvmï\ fructus, Annaie fri-
teuse, année abondante.
Froidiz : Devenu froid, refroidi,
privé de chd\t\XT\frigidus*
Le cors son fill vait enbracier,
Et contre lui le vait lever j
Descolorez fu et paliz
Quant il le trova si froidiz»
Adonc loissiez dementer ,
Et Diogenes regreter.
Roman de Floire et Blancheflor,
fol. 200, R'* col. 3.
Feomantaige , fromentaige , Jru-
mentage : Droit sur les blés et au-
tres grains en général; àt/rumen-
tum,
F&OKTiÈ&E : Ce mot pris dansTac-
FI3 Al
ception de limite, barrière , vient
defrons lerrœ.
FaosT, au féminin ^Jro fie : Vide ,
vacant ;frostus.
Fkvuail, fèrmail : Agrafie, bou-
cle, fermoir ; de^rwMto^,
Item , donne à Jehan Picquette son
nepveu, fil dudit Jaquemes, ses bonnes
heures , nufrumail a un gros perle aa
milieu.
Testament du i^ février \ê^^i.
Feus : Troupeau, f^oy. Paisirb.
Vv^fust (kî) : Qui vécut, dé-
funt, défunte.
Testament de Willaumes de Goy , K
fins dame Iboure dou Gastiel kifu. Il laîst
à Liegart se feme, se maison ki siet el
meis , en costé le maison Nicolon de
Mons kifu,,. march 1269.
FumET, fuiron^ fuirons, furon '
Le furet, animal servant à la chasse
du lapin au terrier;^roy d*où^^
reter^ aller de droite et de gauche ^
épier et chercher comme un furet;
fuireteur , homme qui cherche de
tous côtés , qui se fourre partout.
Fuiron privé , le membre viril.
A la Dame fist tant d^onor
Que sor lui lieve la chemise ^
Après si l'a enverse mise ;
Entre les cuisses si li entre
Par le pertuis li entre el ventre ,
La a mis son fuiron privé :
MoU seroit malvais au civë
Li connins * que Mfuirofis chace:
Mielz li venroit trover deus lièvres,
Quar cil connins est si enrièvres.
Qu'il ne puet faire bêle chière,
SUl n'ai fuiron en sa tesnière.
Fabliau du Prestre et de la DamUt
vers i35.
FviTiu : Fugitif, qui est en fuite;
fugitivus, Voy. CotJME.
Fumure : Action de fumer , d'enr
graisser la terre. F'oy, ReproissuI'
* Lapin , cuaniculus.
G AL ' GAW 171
FuEcoK : Voiture , fourgon. provinces le peuple est encore assez
FuHKEBiE, furnie ( office de le ) : superstitieux pour croire que ce mé-
Entreprise d'une fourniture. *^o"^ » q"« produisent ordinaire-
^ I u-v . « V r » ment les lieux humides et maréca-
Colars HiJsert prennent a ferme et . . , ,, . ^ n*
loiale censé à relligieuses dames abbesse, g®"^» est doué d une mteUigencC
et conyent de Nostre Daioe des Prës-les- maligne qui le porte à faire périr
Douay leur maison et office de leyùrrue les voyageurs 9 soit dans Teau, soit
de ledite enlise ,. k tenir trois ans conti- jans des précipices , OU à les égarer
nuealx. Si livreront lesdi tes religieuses, le i.,»^,»! ^1 ^.^J\^ :.*„« ^^^^li,^^
maison, fosses , cuTes, et hostieulx dudil J"»^ ^ ^ ^"^ ^^ ï^"^ paroiSSe.
office de le fumerie, 9 mai 1376. YvstkUVÊifJustallier : Tonnelier,
Entreprise des souliers et cuirs de homme qui fait des futailles ifusti"
rabhajre des Prés, culus ; de/ustum,
FcROLE , Jurole : Feu folet , feu Fuste : Galère à deux rangs de
volant. Dans quelques-unes de nos rames.
G.
Gaagnee iga^nier, gagner : Ga- baril ovigalouette sur leur charette, qni
ger • parier ^^^^ emplie de semblable bière que ceie
Gabuisecb, gabuseiir : Railleur, contenue esdiU toneaux.
moqueur, mauvais plaisant : cai^il- SenWice eontre les Brasseurs , du 17
ioior. ,^ ^^^* '^°^-
Gaimant, gaiment, en normand Gambete : Petite jambe, jambe
guiamant : Mendiant , qui demande bien faite ; de campa,
Vaumàne; de quœrere. r« * , ,.
G.^^. : G?a„d mangeur. Jt^l^l^^tZ ""' '
GALBAUDEa , galvauder : fracasser. Et ton peliçon ermin .
impatienter, fâcher , mettre en co- La cemise de blanc lin
1ère ; de caballicare, Tant que ih gambete vit.
Galopiax ; Au grand galop. Fabliau d\Aucassin et Nicoletu ,
n s'en revient les galopiax ariére sVs-
péc eaiipi main. Gancleoe : Menteur, railleur,
Ufatliau d'Aucassin et Nicolette , COnteur ; joculator.
P S' "9* Garde toi tote voies
Galoustte : Baril de bière que ^^ ^ *^*** "® **'»®*
les brasseurs étaient tenus de four- Surfctos de parler ;
i« 1 ^ ... Duni SI tratieleor
nir pour remplir les tonneaux qu'ds Te tien^eît li plnsor
livroient. Ue mie pur ensegnie.
Comme pareillement ordonnons ens- Everard de Kirkam, Distiques de
coivant ladite ordonnance de Pan i6o3 , Caton y fol, 207 , Bf* coL i.
qne Jesdits brasseurs seront tenus livrer r».,_ ^t .. ., ,
ïèB toneaux plains sur les gantiers de , y^HTIEES : Chantiers , pièces de
ceobiL auxquels ils feront ladite livraison et "^^^ placées dans les cavcs et sur
qu'à cest effet les broutenra aoroot ung lesquelles on pose les tonneaux.
i6o
FAU
Il m^aideroît bien k cononerre
A délivrer de ceêt Jardei.
Hugues Ptaueèie ^fahUau d'Esiourmi^
V» a65«
Favcqvart : Instniment composé
de fers de faulx , droite ^ attachés
les uns aux autres par des riveto
qui leur permettent de jouer libre-
ment, et que Ton tratne dans les
rivières 9 pour en couper les herbes.
A Maurand Daf>ère et ses ajdes pour
«Toir par plusieurs ibis fauldé de hef et
faucquart , et tenu net )«nr pour jour le
fillet et courant d^eaue mouvant de le fon*
taines et bachinage de Lambres , 8 liv.
Compte de la ville d^ouai^ de iSsta.
FAvusm : Couper, tondre, fau-
cher; dejalx.
Car on i a si -prèêjaukiet
G'on leur a tout caupé le piet
Seor coi leur déduis ert fondés.
LiCojtgiés Adam d'Aroi^ v. 3i.
Fauldaicb , fauldage : Action de
faulder, de couper les herbes dans
les rivières.
Le Lieutenant de Roj demande aux six
hommes de faire faire ïe.Jauldage des
fossets. 8 juillet 1669.
Registre aux Consaux ^foL \^,y<*.
FAvu^EÊijJàuder: Faucher les her-
bes dans les rivières et les fossés.
f^oyez Favcqvart; et courber, re-
courber, faire plier.
Mais j'ai en remembrance ades
Que Dix ensi me ploie'etyàu^e
Ki veut Que Tame en ait son rés
£n paraais , quant li tempes ,
Kerra du fu ki tout escaude.
LiCongié de Bande Fastoul d'Aras ,
•V. 117.
Favlte : Indigence , besoin , pau-
vreté; défaut, mauvaise habitude;
de fallitas ; d'où fauLteux ^ cou-
pable , rempli de défauts et de mau-
vaises habitudes.
FBH
Favqitbt : Petite faulx ; s
râteau; à^oii Jauqueier , n
avec le râteau ; àejàlx.
FivssONiciEA : Faux moni
Dans quelques provinces ,
faussonnier pour fitux -sa
nom donné aux gens qui i
la contrebande du sel.
Mes esgardés cum de deniers
Ont usurier en lor greniers ,
Faussonniers et terminéours
Baillif , prevoz , bediaus , inaj
Tuit vivent presque de rapim
Li menus puenle les encline ,
£t eil comme leus les deveun
Roman de la Rose, 'i
Favslle , fas^eUe : Flatteri
jolerie , tromperie , fable ,
àt fabula. Woix faveler^ flat
joler , chercher à tromper.
C^est celé qui les triehëors
Fait tous et les faus pledëors
Qui maintes fois par lor favel
Ont as valés et as puceles
Lor droites hérites toluës.
Roman de la Rose
Fikvt 9 féaule ^ Jiauile :
dévoué yfidelis.
Feburb : Forgeron , féroni
mot jusque vers la fin du xv
s'écrivit constamment ^(^n
écrit àe^xxisfebvre.
Feindre : Boiter, marcher
dopant.
Feintement : Avec ruse, a^
simulation.
Dire venté
E simplicité
C'est Done famé ;
Feintement parler
Et vérité celer
C^est boisdie è blasme.
9
Eiferard de Kirkam , dû
. Caton,/bL 206, R** co
Femme de court talon :
de plaisir qui se laisse ai
aller.
FER FEU 161
Letemps>t la récolte des coffre ou armoire où sont déposés
yez KiEVftE. les titres et œuvres de loi des vil-
: yfénerés: Le mois de l^ges, et des fabriques des églises
poque où Ton coupe les paroissiales ; àcjirmitas.
yez Kalekdibr. Feameb : Louer, donner à bail,
Ax , fenestrex : Fenêtre , affermer, accorder ; ^r/ware. Voyez
lejènestra. Todrble.
., „, . ... . Fbbnaisie : Frénésie, sorte de rê-
no^i°'P-|riiej verie continuelle et Violente ;pAre.
à y à cesjenestrax , nesis,
itoit o ses vassax Or , vous voudrë-ge faire entendre
'.an de Floire et Blancheflory hsijeniaisie qui me vint
/. 2o4 1 f^** col, 3. Quant à rimoier me covint.
: : Sorte de plante méde- ^'' ^" ^"^'^ ""'^' » ^- '»•
ojrez Kalendier. VEhmii^JèrnjT : Munir, fournir
: Combattant à Parme approvisionner.
deferire , ou de/errum. Ferrand : Ferdinand, nom propre *
art sont li^Éfreor, d'homme, dont les Espagnols ont
re part li poignëor ; fait Fernand.
il traient les espees ,
redonnent granz colees. L^an mil deux cens et dix et quatrs
an de Blaiichaiidm ^fol, 174, ^'«^^ Ferraiis au Roy combatre.
' col, 3. Chronique de Saint'Magloh'e , v 2.
; : Espèce de pot de cuivre. Li qucns Ferrans liés et pris
. , _. __ .„ En fu amenez à Paris ,
nne îi ladite Marguentle sa Et maint autre Baron de pris ,
Q pot de cuivre nommé an- q^j j^ ^^ ^^^^j le„^ ^^
it/erzeax, une pay elle Dachi- ^ ^ .., m .
payelle à frire f un caudron , ^^^^ Chrojtique , v. 7 .
à couler la bierre Ferton , /erto/i : Pièce de mon-
Testameiitdu 1% juin i58o. ^^j^ ^^ ^.jnq sois douisiens, ou d%
XE : Gageure , action de douée deniers et demi tournois,
parier ; de Jirmitas. Ferusibn : Médecin , chirurgien.
îmant , fait-ele , plus , "Willaume Touse ^Jerusicn , me dame le
leniers ne cherra nus confesse de Flandre et d'Arthois, chape-
irante livres n^aiez lain de Saint-Amé.
r-maille guéeigniez ; TraJisaction du î6 septembre i^nS.
erdez , vous en iroiz '^ '
pié senz vostre hernoiz. Fessus : Qui a de grosses fesses.
"in , Fabliau du Chet^alier qui y oyez ACOCVETER.
isoit parler, v, 752. Festocation : Déguerpissement ,
n vint arriére senz faille, ou dessaisissement d^une propriélé,
qu'on perdra hfermaille «^j gg faisoit en rompant quelque
;aja , si Fist que foie. j^^..^ ^^ p^^j^ . ^e/estuca.
Même fabliau, -v, 828. j,^^^^ ^ ^^^^^ . Femme défuntç.
: Chambre ou seulement F^ojr^z Çotth.
1^4 G I B 6 1 B
GÉ&ni : Guérir , donner utilement de fronde, etc. Gela n'apprend rien ;
des remèdes et des conseils dans et sans une bordure des miniatures
une maladie. Voy, Pogques. du premier volume du Grand Froîs-
Geekette (pome) : Pomme rai- *^rl\™*°^^"l ""^ ^*^« ^^'^ «"
nette. Voy. Pomdaî^t. ^^^^^ a™^ de pied en cap et dans
*' laction de frapper de cet assom-
Gbsseb : Mener, conduire , gérer, j^oir , il seroit difficile de s'en faire
administrer; de gerere, une idée, soit en consultant les au-
Geoer : Jouer, s'amuser ;/ocarf. teurs précités, soit à la lecture
même de nos anciens ouvrages où il
C'est maladie moult cortoiw, gg^ question de Temploi de celle
L'en cnrit,etgw<cctenvoi8e. arme.
Roman de la Rose, vers aigo. q^ „,^jq.j ^. ^^^ fronde nî tonl
Geule : Gueule , bouche ; gula. ^"««^ ff «'"-Het , mais un véritable
^gB^iM.m, . ^ j o casse-tête, qui tire son nom de m
Ghieskeeec , gieskerec : Le mois figure, c'est-à-dire àegibbus , bosse
de |uin. ou bossu ; cette arme ne pouyoît
Il est 'Sigillé le nuit S* Jehan, en servir que de très-près ; sa longueur
fieskerec et le nuit S' Pierre et S» Pol totale ne paroissant pas excéder
i est en ghieskerec. Voyez la ciUtion douze à quinze pouces, la même
Kalehdier. longueur des casse- tètes amén-
GeiLLomE : Bière en fermenta- c^ins; ce qui prouve que les Fran-
lion. roy. Masquées ghillouies. 9?» "« «>«* Pf ^l ^^"^ P^^P^'^ ^"1
'^ ait conçu 1 idée d une arme ausu
Ghoîr , ghoyr : S^amuser , jouir ; courte.
de gaudere. Je ne sais pourquoi dom Garpen-
GiBE : Ballot contenant vingt piè- tîer s'est imaginé que le giSet étoit
ces de draps ou plus. F^oy. Plate, une fronde. Car, quand bien même
la peinture du Froissart ne four-
Car qui maine en plate on conle dix niroît pas la preuve du contraire,
dras pour le toursel et doit le toursel ^^ ^^ ^^^^^^ ^^^ ^ ^^^ .^^
3 s. 6 d. obole et h cars 33 d. et su y a ■ . .^ i^ « ui--. j o
viDgt dras ou plus en le plate , chestgiie. évidente , .dans le Fabhau du Se-
^ . ^ , « gretain moine.
Tarif du Travers de Feromie, ^ r m. a • ^ t.
XIII siècle. Ce religieux fort épns des char-
mes de dame Ydoine , fe^ime de
Gibet : Sorte de bâton fort court Guillaume le Changeur , et la sa-
avec une crosse , espèce d'assom- chant dans Tindigence , tâche de la
moir. Arme inconnue aux glossa- séduire par Tappât d'une forte som-
teurs qui n*ont jamais su la dési- me d'argent. Biais Pépouse fidèle en
gner, et qui, par sa forme et ses avertit son mari, qui convient avec
dimensions paroît être une parfaite elle des moyens de s'approprier les
réminiscence de la terrible ma- espèces. Celui-ci se promet de plasr
choire d'âne de Samson. Du Gange, mais in petto, de venger cruelle*
dom Ctirpentier, Borel, Barbazan , ment son honneur menacé , sur k
et autres avoient donné le gibet pour moine luxurieux. Le rendez -vouf
une espace d'arme, de gros bâton, est donné, le galant se rend au lo-
r
4 .
I
r
L
V
c
FIE FIL i65
lOÎ 9 et de la porter à la prc- leurs dras et les couvertures , sans dou-
te la cathédrale. Oo leur ser- y®' *■"* ^®°*» **"' caucquelle, sans
elour unecoUation dans une feSnV. "''* ^"""'^"^ ^"*'^"*^ ^ "^^
la vicomte, puis après une ^ , * «r, ^j . n .
., «Al ^ Ordonnance sur lEswart de U Perche^
î, Ils recevoient leur congé j^,^. ,^^ *
. Les Rois de France qui ont _ ^. ^ . , /% . «
é ce privilège, en pleine vi- ^*«* • ^"^^y fr^"' d" figuier; de
dès le temps même où Phi- fi^^'
iguste réunit la Normandie Les fruiz freiz dnnt parole cest hure,
laine royal , prescrivirent Sunt^c* è grapes , é peire, è muref
smotifsd'exclusiondegràce. f ^ T* *Pf^.* *!"*"* ^^^ "«^/^
^ -, , . J? , Le truitk^ai ore avant nome,
roient être les mcendiaires, Aucune pièce covint ke aticgne
)isonneurs, les assassina , les Avant çeo L'autre viande preigne.
;s, les faux monnoyeurs, etc. Pierre de Femon , Enseigjiemems
;es motifs, le chapitre et l'ar- d'Arûtote ,^ol. 193 , f^« col. i .
e n'en faisoient pas moins Si henst cascune fcmc 4 s. à Fentrëe du
lonté , lorsqu'ils VOUloient quaresme Tan 59, les ao d. pour leurs
.(faire un individu, quelque hiérens dou dit auaresme , et les a8 d.
u'il eût commis. P^"*^ ^««^ *^^'^«« ^'.AéT" « cascune.
ipela par suite casfiertable, Compu de Vhospital des ff^ez^ de i36o.
rtre copimis dans l'aveugle- Filindièees : Les trois parques.
une colère violente excitée
notif grave et même crimi- ^^^i* <l"î pourroit mourir j les Parques
exemple le fait d'un hom- r. /?'"*'''t'? ' * 1. 1
/^ " *^ « ^ . Desdaignent de toucher À nos moistes
tuoit sa îemmG 9 flagranti paupières,
^toit un cas fiertablCj et à Ayantfermé les yeulx du prince des guer-
te raison se trouvoit dans le riers :
elui qui prétendoit en avoir Atropos de sa proje 4î8t par trop glo-
autre par accident seule- EUe'3Vbîen changer ses cyprès en
»u pour défendre sa propre lauriers,
surplus , on doit bien être Puisque de ce guerrier elle est victorieuse,
é que l'importance des pro- Mademoiselle de Rohan, princesse de
qui réclamoient en faveur Léoih 'Stances sur la mort d'Henri ir,
e fierté, enaportoit de droit y,i^^„ p^^ jm, , p^ ^ coudre
I quarts de la culpabihté. ^^ ^ tisser ; filet , instrument de
ON : Déneral, sorte de poids pêche et de chasse.
ser les monnoies d'or. ^ * j /•» * j o j *
Le cent de Jileit de cannene 8 d. • et
3iraEUB : Officier des mon* maille et la bieste i3 d.: d'où aae \e filés
lont la charge avoilété créée soit; le cent de Jileit de lin S d., et la
, par Phîlippe-le-Bel. Leur ^i««*« *^ **•
oit de visiter le matin , et de Tarif du péage de Bapaume , laoa,
le» ofiiciers de chaque four- FiiLàTisA : Marchand de fil à
; de peser les monnoies. tisser.
; Fil à tisser. Martin Thelier , se plaint de ce que
rs, que tous tisserans lissent bien eeulx de son mcstier ne peuvent trouver
i64;
FLA
provision suffisante de filletz h. mettre en
œuvre, à cause que Charles le Gentil,
hallier.... et autres revendeurs et écho-
peurs prëWennent le jour de marche' qui
est le jeudi , achetant dès le mercredi aux
Jillatiers estrangers , à fur qu'ils arrivent
en ceste ville.
Plainte du g mai 1609.
T iLLET 9 filles , fius : Fils, jeune
garçon ;Jilius.
Et à cel meisme jor Brisses as Cauce-
reurs pardona et clama quite Marchand
à Le najre, et les siens d^endroit sen
fîllet qui li Jillés , celui Marquant avoit
ieru, et si fu mors \\ filles Bnssion , car
li fius Marcant n'a voit mie sen eage. i5
avril 1^4?*
Registre aux Bans et Edits yfol, 19.
FiLLET : Ruisseau, courant d^eau.
Voyiez Bachimàge.
FioLETE : Petite bouteille, flacon;
de phiala.
Li Reis ad sa fille menée ;
^'ot drap vestu foi^s U chemise
Entre ses bras Faveit cil prise
liBifiolete od tut sun bcivre
Bien seit qu'ele neP voutdeceivre
En sa main porter li baille
Mes jeo crcim que poi li vaille,
Kar n'ot en lui point de mesure
' Od lui s'en veit grant ale'ure.
Maine de France , Lai des Deus
Amanz^ v. 1^3.
FiQUEfiON : Jalon , morceau de
bois planté provisoirement, et qui
doit être remplacé par une borne,
^oj^ez EscoiRE.
Flabeav ^Jlabel : Conte, fabliau;
fabula y fahella*
Flabel sont molt encorsé
Mai ut deniers en ont enborsé
Cil qui les content et les portent.
Garin , Fabliau du Chei^alier qui
Jaisoit parler y -v. i»
Et nés à ceus qui sont plain d'ire ,
Se il oent honjlabeau dire.
Même Fabliau , v. 8.
FLJg
Fl^iàus , Jlaiel : Fléau , i
ment à battre le bled;jfZa^e//
Job fu semblant au drap de so
Qui tient le ploi où on le ploie
Job fu li graïus que Mfiaiaus
Jeté de la paille et netoie.
Roman de Charité , stroj
Flàmeng , au fém. , Flan
Flamand , habitant de la ¥h
Flamingus,
Et conte mon anui brie'ment
Mon Seigneur Jehan de Releng
Ke Dix en asséurement
M'a batu dolereusement ;
Mais ce furent trives Flameng^
Li Congié , Baude Fastoul >
r. 432.
FLÀMicnE : Petit pain sans
sounement.
Fla-^cuet 9 Jlanquet : Flanc
Flanquet de kemise^ les côté
Flatie : Verser, jeter, ren)
flectere.
Or escutez cum jo fud fous ,
E espcrduz , è entrepris ,
Ko un plain bacin d'ewe pris ,
E sus le perron Isiflati :
Mes si le ciel out bien glati
E envoie fudres en terre ,
Lors dubla la noise et la gucn
Huon de Meri , Tourn
d^Antecrist , JoL 11
col. I.
FiECQUB : Flèche.
Je donne à le confrérie de l'arec
du grand serment un arcq ei
Jlecques.
Testament du i" mar^
Flégàrd , fleghart : Petite
cul de sac. Foy, Destee , Es(
Fléror, Flérour : Odeur, 1
Et quant j'oi senti la flérour ,
Et si douce et si bone odour.
Roman de
Fleurons : Les lys qui si
tent la couronne royale.
FOI' FOR i65
Flokon , flocon : Fil d'éloupe. la farine qui, pendant la mouture,
o/. Atbamente , EsTRAiN ct Onkes. s'attache aux parois du biuteau.
Foc , foie, folk , fouc, foule : Foîîceau ; Fond, creux, profon-
roupeau de moutons ou d'autres deur ; defundus.
limaux. En Dauphinois, /eze,/eje. p^,^^ ^^^^^ . p ^ ^ . ^
«rbazan dérive ces mots de fui- ^u à lancer des pierres. ^
re, appuyer, fortifier. Son opi- „ „ . . , . .:
xn parotl d'autant plus juste ?««»^«î'»' j Fondation , établu-
ue dans le xu* siècle , on disoit "^"f*"* ifundamentum.
insi herde, pour troupeau formé , J^nor .comme il soit ensi que le prestre
•lugrere, se joindre, s'unir; un «'«f'-AuWnoî. Wem««t<reoeslipgUse,
^. » . ,. 1 . «Oit relevé dou tais de se cure, par quoy
•upeau n est autre chose que la polra plus délivremcnt et plus sauvemcnt
ninion d'individus de la même es- maintenir entour sen Peule TolEce de le
■Ce, puis les mots troupe et trou^ ^^^^ ^^ A> est kerklé....
Vau viennent de turba. Fondation de la cure de Campjlorit,
ÎJc devreit. puis entur eis repairer, ^
Borne qui ne fust de aukun léal mester, FoNDKIEBE : Abîme , précipice.
IVanc entendre lors sul a deupreier, v^^j„:\^„ j»' u» j
B lur/oc garder è justiser ^ Fow^ere d tn^rtom/tce, abîme de
Robert Grossetete, Roman des ^
Romans, fol. lÉfi, V^, FoNGBS^ Espèce de champignon,
Po.AT,«s,/ora«/e, : Fidèle, atta- ^""f ^^P''^'' P°i''"" ' deA«ff«^.
i . {^rl^iiV FoTSficLETEii^ : locommodité, in-
PoiBiEz ( jors ) : Jours de fête. disposition.
Quant il ira à la charrue , ^' ""^«. ^V*""© feme on ne poet mettre ,
ïui vassaus ira lez la rue °« recevoir home ne feme por maladie ne
A oui toz les yor* oi foiriez. 1*ot forme leteit ke û ait. Julie 1274.
Fabliau du vilain Mire , v. 45. Fondation de Vhospilal Ste, Mar^
gueritte.
p*oissiOMES , foissions : Nous fas- ^ « , , . v ^,
;^^ Fous : Fonds baptismaux. Voyez
S'oiSTÉ : Figé , coagulé , caillé. ^, \ r ,
\ , , . . , tooia: Echapper, fuir, se 8OU8-
P*€aucl Seigneur de ^Vasqual vint de la ^^^^^ 'Jugere.
L*î de Douay , audit Wasqual , le ii\ du- '-^ °
' mois, soy sentant mallade ayant du l^ Aumacors set bien et voit
» t la nuict et le jour ensuivant , et jus- Que iiyboïr ne se pooit.
il sa mort plusieurs vomissemens de «_ je»?* .»i ?/?
»g Unt/o«tlJ comme aultrement , dé- "«'',"•?« t ^^'"','" *''"'^*«/'<"-'
hânt q/il ayoit esté foullé. >^- =»°5, V' col. i.
Enquête du 26 sepUmbre i338. FoABEu ,yori^O{e : Hors de la voie ;
ToL-HABDi : Nom que l'on donnoit ^^ foras et via. D'oiifourbure, nia-
^ France à certaine milice turque *adie du cheval qui le met ordinai-
kmposée de cavaliers; espèce d'en- rement hors d'état de pouvoir tenir
âits perdus nommés dellys. ^^ \o\c.
Folle -FÀBiRE : En Normandie, FonciiE,/orcA(^; Violence, force;
Musse frine , folle frine , la partie fovtitudo.
^ plus volatile et la plus déliée de Or'veons des demandes qui doivent
5
178
GRU
G&iEFVEMEKT : Avec chagrin 9 pe-
samment, d'une manière incom-
mode et fatigante; graviter,
GfiiEFVFR : Être à charge, incom-
moder, nuire, faire tort, fatiguer;
gravare.
Grignob , grinor : Grand , plus
grand; grandior. Voy. Iror.
Grimaud : Toute espèce de bois
épineux , tel» que Pépine , le rosier,
Facacia, Téglantier, etc*
Grios , griox : Sorte d'oiseau que
je présume être le geai; graculusy
ou peut-être la pie-griesche.
lors oï Araors venir
A grant compaisne chevauchant;
Ge m^en aparçui bien au chant
Des rossignox et des kalcndreSy
Griox , merles , et inauyiz ,
Qui se teussent a en-viz ,
Ainçois démenoient tel bruit ,
C^onques si granz ne fu oï.
Roman de la Poire , n^ 7995 , jw-4®,
Gros : Sol de la livre parisis de
Flandre , appelé indifféremment
gros ou sol parisis. Il valoit un
demi-patar ou sept deniers et demi
tournois, f^oyez Parisis.
Gros (livre de] : Elle étoit ^e six
florins ou sept livres dix sols tournois.
Grovcer j groucher , groucier ,
subst. : Reproche, murmure, ré-
primande ; de grundire,
Ainsinc est remés de Postel ,
N'i ot noient plus de groucier
Aiusinc remest trusqu'au coschier.
Fabliau de la Pucele qui abevra le
Pola in , vers 1 o3 .
Grumel , grumdet , grumiaux :
Avoine perlée. Potage fait avec cette
avoine. F^ Drecherons et HixucE.
2 s. "çovLT gr^umel à faire potage.
Compte de Vhospital des Wez , de
i35o.
GUI
Grumeler : Perler Pavoine^ ôter
la paille qui Peuveloppe.
4 d. pour grumeler deux -coupes dV
vaine .
Compte de Vhospital des Wez ,
de i35a.
Gruicei : Mormtirer, gronder.
Par les forez poeit chacicr
Ni ot si hardi forestier
Ki cuutre-dire li osast
Ne jk une feiz en grusqat ;
Pur Tenyie del bien de lai
Si cum avient soTent d^autrui.
Marie de France , Léti d'EUdm^
vers 40.
GuÂRi : Gaéri, revenu en saaté.
Et voulons et ordonnons que apri^
che que li nayré sera aie de vie a trespas
ou qu^il sera guari, que nos baiUiu ....
Lettres de Louis, comte de Fiandn^
du 5o juin 13^6.
GcATER, gayer : MLener> con-
duire , diriger, voLr, regsu'der , eia-
miner ; de vider e,
GuÉEiGNER : Prendre, lever, pro«
fiter , gagner. Voyez Fermàiixe.
GuERNiER : Grenier. Voy, ExEt.
GuERSAi : L*lle de Gersey sur Itf
côtes de Normandie.
Si troTerent lëans dormans
Trcstous les sodoiers normans.
Tant orentbëu à Gttersai
Du yin que ge pas ne versai.
Roman de la Rose , vers 12^^^
GvETTER, guettoire : SourieiëN)
piège à mulots.
GuiLEE : Ondée 9 pluie d*orageî
loc, norm,
GviMPLE , gimple : Partie cte i^ht*
billement d'une femme; espèce A
voile qui couvroit la tôte et cacInS
le visage , fichu que les femmes p4^
tôient sur le col et que par suite ki
rcligic^nses ont adopté avec qofl^
ques légers changements pour lt
I-
N
V
iî
POU FOU 167
us jjbux: Le héire,aahre; toîr dedens le prosniei , et sans autrui
accompaigner , un marc de rente.
. . 1 . , .^ Exécution testamentaire du 7 juin i3o6«
re du aei descendoit , ' '
îhout è parfendoit FoiHBOUS : FauboUTff.
3 bois , cliaisnes èfous, »^ 1, .
zi j ^/T • ^ * s. Partaee d'une maison estans es /oun6oci#
Huonde Men , Tournioiement j^ ^^ ^J^^ j^ p^ ^^^^^ aui malade.
rf Anlecnst ,foL ai4 , A» de ladite rUle d'une fart et à le rue d'Ao-
^^'- '• bçmarie d'autre.
Taupe; defodere. ^« a47Viwf'ier 1479.
Troupeau de moutoDS, Foubchctâvchié (cheval) : Ghe-
e dindons » composé de val excédé de fatigue. P^q^. Eskeiht.
l bétes. f^ojr. Foc. Foitederune : Sorte de prune
rdonance du paage du roy nos- S^UVage.
c renne.,... vaifouc d'aves 4 d. FoUEÉS ' Xc cantOD le pluS épalf
iqavesfontlcyoïic. jaiV siècle. ^'^^ j^Qjg ^^ d'uue forét.
i^foucrrts , foueur : Fos- Foumer : Marchand de foin,
ionnîer, terrassier ;ybwor. Et le nus fouriers ne mete foorage
,/ougier ,/ouguer : Fouir , ^«Ç* ^« ""o*» «o»» cinq soU.
tra?ailler à la terre ;yô^i- -^«w <'«^' Escheuitu de Douai y
verbe exprime aussi Tac- m^* siècle.
y eienaeni. tite que
ABDS : Menues branches item , un autre fief audit terroir d*
s feuilles et les feuilles dont Ouantin rendant dix rasiéres dVaine
a couverte à la fin de Tau- /ourmenieresche, •
lejblium. Contrat de mariage du fj juin i5jS*
iK : S*enfuir , échapper. Fouahbturb : Somme d*ar^nt 00
imitation dans lequel on meubles qu'une personne veuve
Faction d*un homme qui laisse à ses enfans de premier lit ,
lestement à petit bruit et en se reniariant , pour, par eux eo
ent comme la fouine. jouir après son décès.
nés : Usine de foulon. FoQBMon : Succession.
le ban que tout cil et tontes .... Recognoissent avoir recea satis-
nt fait les fouUtUs et les tain- faction de tout tel droit que leur apparte-
: les fortereccs de le TÎle de- noitpar Leyôunsoit et hoirie de defiuncte
ehors ke il les aient fidt oster Manc Basselè leur mère.
feste S« Jehan \j rient. Chirographe du ^^juiU i585.
Ban desfo^reces , mars i245. FoiJElf IW, /oanw7 : ChaAbre OÙ
ssiHT : Infirme y impotent il y a un four. Petit bâtiment isolé
BBEo. où est le four; de Jiarnus. Yoy*
s donnent as malades cartriers ***^8**"*
stre Dame qui gisent en l'en- Trois pos et une caadiAre s^ans wkfowT'
\t»/ouriisstuu » et où bas dor- niel de le haute quiêinae dondit hoepitsK
4
i8o H A L
est appelé Bersabce tant que k cest jour
présent.
Bible , Genèse , ch. XXVI, v. Zi et 33.
Invenimns aquam. Et vocavit illum
sibea : oh hanc causant nomen civitatis
ilLius est Beer-seba , usque in hodiemum
diem,
Hâce , hache : Flambeau , torche
de cire jaune, à six mèches.
Hagqvebart : Bière foible, qui
tenoit lieu de petite bière , mais qui
lui étoit de beaucoup supérieure.
Haffre , offre : Épouvante, effroi,
terreur. Voyez Affbâi.
Hafne, hafnes : Havre, ouver-
ture, port; apertura.
Le trayers deP bois est alez ,
Un vert chemin qui Pad menez
Fors de la launde enmi la plaigne ,
Voit la faloise et la muntaigne.
D^une ewe W desus cureit ,
Bras fu de mer , hafne i aveit ,
£1 hafne ont une suie nef
Dunt Gugemer counut le tref.
Marie de France , Lai de Gugemer,
vers iSa.
Ëliduc fut mut veisiez
Luin deP hafnes s^est hébergiez
Ne Toleil mie es Ire véuz ,
I9e trovez , ne recunéuz.
Marie de France y Lai d*Eliduc ,
•vers 768.
Haguihelo, haguinenlo, hogui-
gagnéj hoquinano, Voy. Aguilav.
H AIDER ^ haidier, haydier : Se-
courir, protéger, aider; adjutare.
Cil \ qui il vostrent haydier à estre
reis , si le furent.
Liure des Machahées ,fol. 167 ,
V"* coL I,
- Haîon : Sorte d'étal à jour. V^
ESQUIELETTB Ct RrCBOT. j
Hale, halle , hele , helle^ hede:
Côté, ûanci aile, bord, extrémité;
ala.
H AN
Halegre : Gai, joyeux. Dans le
Roman d' Alexandre , Ms. n"" 7190%
fol. (io, Vcol. 1.
Haliegreté : Plaisir, joie, gaieté.
Cist feus et ceste flambe sue
Sèche les ners , art la molue ,
Toit la vertu , chace biauté ,
Chace toute haliegreté.
Fabliau de Piramus et Tisbéf
vers i5o.
Hallisr : Concierge d'une halle.
Foy. Falourdevr et Fillatibr.
Halon, au fém., halonne: Avan-
tages accordés à des pauvres qui
n'appartenoient pas à un hôpital et
qui étoient considérés comme ex-
ternes. Nom donné à ces pauvres.
Il fust arresté que les aulmosnes de la
bonne maison de Phostellerie , si connue
des halons et Jialonnes et des pauvres du
dortoir, ne se donneroient plus quW
fils et filles des bourgeois de ceste ville
ou à bourgeois et bourgeoises d^icelles.
Règlement *de la bonne maison dt
yaleiiciennes.
Haivce : Avoine blanche.
Item y 5 s. 4 d. pour demi-coupe de
blanke haluce pour faire grumiaus.
Compte de Vhospital des Wa^
de i35o.
Hanap, hanas y hanep : Coupe j
avec ou sans pied; gobelet.
Encore avoit ladite maison d'apparent
en biens meubles, les parties qui s^en-
suivent en haneprie : un hanap crargent ,
sans piet, cinq hanaa de madré à piet
d'argent, deux louches d'argent, seisi
hanas de madré sans piet qui sont de
petite valeur.
Compte de Vhospital des JVet 1
de i35o.
Jehan de Rcmy dit Sarrasin fa blec^
au dessus de l'œil , et dk que ce fil d^o*
cobelet de piet ainsi que ledit SarrasiA
DUYoit en le tayerae Alartin d« Goy, c&
FRE
ît Jelyn Picquet(e frères , tous
vTechiefs, picches et crespet à
ireusement ensemble.
Testament du \ç^féurier i44''
ux (héritages) : Maisons ou
répondants les uns pour les
des rentes dont chacun
it chargé.
re et partage d^une grande mai-
clin eu le rue Pain k peile... ii le
e payer par cascune des deux
moictic de a3 s. ad. douisiens
capons de rente foncière, par
i que lesdits deux héritages de-
f nabout Pun pour l'autre eijra-
CDtc. 1 4 mars i^jS»
. aux Actes et ContiXLts ,Jol, 66.
[l'une maison a la charge de
ieus et deux capons à Tanmosne
3 , pour moitié contre la maison
ui sont about etj'rareux, 26 aoust
Registre aux Actes ,./b/. 76 , A^®.
^^frerin : Chose de peu de
de mince aloi; fraîcheur,
occasionnée par le froid,
iclques provinces c'est un
été accouîpagné de frissons
; fièvre qui dure ordinaire-
ngt-quatre heures et saisît
relies accouchées qui s'cx-
:rop tét à riinpression de
isjTrarlnj mauvais temps.
Pcx H mcstre de la gcnC,
it en son enseignement,
uanqui est en livre escrit
tôt pour nostre profit
us escritz nVst tantyhinws,
vices as Sarrazins ,
^en ne puisse exemple traire ,
1 laisser et de bien faire.
man de Partonopex de Bloys ,
fol. 124» il" cot, 3.
frelyfrtidyfreLs ,frtdant,
féminin, J'reide, freske,
: Mouillé 9 humide, froid,
fraicbissaut; frigidus. F>
F RI iS^
Si li a dit en son langaise.
Que au port aToit une Puceie
Froisvhe comme rose novele ,
L^Amirai la novele entent.
Roman de Floire et Bianchtflor^
JoL aoi , iî** coL 3.
7S s. a d. pour \zTfreske acatëe où mai-
siel pour tout le terme devant dis por le*
dite demiselle , por ses compaiugnes et
por les cnfans comptes ens.
Compte de Vhospital S, Jean des
Irouvés, de i33a.
Faemer : Clore, fermer , boucher;
firmare,
Fresnb : Le frêne , arbre de haute
fu laie ijraxinus ; bratidir UJresne y
agiter la lance.
Devant Prouesce la hardie ,
Vhxs qae le pas fuit Gouardie
Que Pëor tint parmi la resne,
E Prouesce brandisi lefresne
Vers Peresce.
Tournoiement d'Antecrist ^foL a34 »
Vo col. a.
Fretin d'abgent : Menus bijoux et
effets d'argent. .
Je donne audit hospital des Wez tout
le fi'etin tVargent et ung ancl d^argent
doré que on trouvera en mes choses, pour
convertir à faire une relicquc pour encas-
ser aucuns osselemens de corps saints qui
sont audit bospital.
Testament du €f janvier i45o.
Faeton Pièce de monnoie. P^oy.
Ferton.
Freux : La corneille , sorte d'oi-
seau.
Friçun : Tremblement, frisson ,
frémissement.
• Dolent en est li Sénescaus,
Il ne seit pas quels est li maus
De que li Beis sent les Jri^uns ^
Sa femme en est droit acheisnns.
Marie de France, Lai d'EqUitan,
vers 109.
i«a H AU HAY
venti II Douai , que nul ne livre nul faissel En Pab^fe de Vicongne,
fi^iln^a une hart du moing sur le fourfait Et de haubiers et de bacons.
^® ^® *• Philippe Mouskes , Ms, ,f<d. €81 ,
Ordonnance sur les bois , xv« siècle, k^ col. 2.
Ha&se : Porte en coulisse et en ^ HIughe : Hausse » talon de sou^
forme de grille dont on se servoil à ^^^^ àe femmes, en bois, recou-
l'entrée des villes et des châteaux* vert de cuir ; à'akus.
Voy. Ebce. x8 s. 6 d. pour les frai» ly demiscllé,
Hasau , haseau , hasiau : Porte à *«"« en soUers , en kauches connue ^pma
claire voie, porte faîte de branches T ^ras refaire et pour une coroie et ud«
,, . '/ , . ^ "^^ " au^u^o i^Q^jse de quir qui oousta 5 s. 4 d.
d arbres entrelacées les unes dans ,, , . »,1 .. , , »/, , »,-
les autres Compte de Uhospilal des irez de i35o.
HastierJ: Broche de fer; de hasta. ^^^^^ ^ ^^ «^"^ • ^^^^ arrogant,
Foy. AuDiER. impudent.
Hastine , hastine : Empressement, Hàultelisseub : Ouvrier qui fei-
hâte, vivacité, promptitude, co- w»t ^es tapis de haute-lisie.
1ère, emportement; à^ardere, Hauwe : Esinyaqua.
Hatiel , hûstiel : Le cou ^ la nu- Arrentement à charge de deux
que du col; le derrière de la tête, cappons de rente et ensement de tenir
VA^:«« j., A^^ ^,1 ^-ttc «A.'r^o. j'/.x»« ouverte par lour rentrée diceile rmelle
1 épine du dos ou des reins; àhas- ,^^ j^^jj^ ^^ j^ Wez, pour aler lu
^^^* gens à hauwe de ladite rivière
Amé Pinclion , envoyé vers monsei- ChirograpJie au 27 aoust \ifio.
f^nJ^^mr^m^^^ , Havel : Croc , pioche pouT foDU-
déclare au'en partant il a appris que s'il l«r la terre, pic-hoyao.
alloit en ladite ambassade on lui torde- Estormis en jure par Saint Pol
roit le hatiel, 1 1 juillet i486. q^,^^^^ ^^ ^^^ si pesant fardel.
Registre aux mémoires ,Jol, 71. Ses oncles li baille uns hayeZ
Et une pelé por covrir
Haubergie : Qui porte le haubert , Dont hauce te hauel en haut,
revêtu du haubert. I^e Prestre fiert si lez Toreille ,
Que ce f ust une grant merveille
Ils Sun t seigneurs des iaiz, quequ'il soit Se H Prestres fust eschapez ;
du ciersi^. Quar il fu du hatiel frapez ,
Contre qui il se sunt armé eiliaubergié , Que la cerveie en chëi jus.
Por les contens qu'il ont contre ceuls en- j^ugues PiauceU.fabl. d'EstfmrmL
n .^'VT- . . . .X. \. "^ <i;c7'* 342 , 528 et 552.
Dont il soioieut estre vestu et nerbergie.
Testament de Jehan de Meung , Haye : Aide , sccouTS , assistance ;
vers 786. adjutorium.
Haubier : Sorte de provision , Hayneux : Sorte de charge à Va-
peut-être est-ce le bois nécessaire lenciennes.
aux besoins de l'armée. Et quant à ce «ue noditte gens se dol-
loient que par le hayneux en office en
Fain et av^inne et orge et hlë temps passé , li aulcuns dlaux avoient '
Par le pals ont asambléy esté commandés par le loy et par Its
Et si fiscnt bien lor besogne siergeans de le paix de incontinent tenir
G AL ' GAW 171
)N : Voiture , fourgon. provinces le peuple est encore assez
ERiE, furnie ( office de le ) : superstitieux pour croire que ce mé-
•ise d'une fourniture. ^^^^ » V^ produisent ordinairfe-
uv . ^ V r 4 ment les lieux humides et maréca-
Hibert prennent à ienneet ^ , . ,, . ^ h.
iseàrelligieusesdamesabbesse, g^UX, est doué d'une inteUlgenCC
it de Nostre Dame des Prës-ies- maligne qui le porte à faire périr
>ur maison et office de lejunue les voyageurs^ soit dans l'eau^ soit
I enlise ,. k tenir troia ans conti- ^ans des précipices , OU à les égarer
>i livreront lesdi tes reiicieuses, le i^^^,»! * ^«^1^ :««« ^*^.,^itB„é^
fosses , cuyes, et hostie^dx dudit J^^qu'à ce que le ]ouf paroisse.
\e fumerie. 9 mai 1376. FvsTkuvA, /us tuilier : Tonnelier,
ntreprise des souliers et cuirs de homme qui fait des futailles ijusti"
l'abbaye des Prés. culus ; àefustum.
X. , Jïirole : Feu folet 9 feu Fuste : Galère à deux rangs de
Dans quelques-unes de nos rames.
G.
TER ^gagnier y gagner : Ga- baril ou galouette sur leur charette, qni
.[^1. sera emplie de semblable bière que celé
mm, gabuseur : HaiMeur, contenue e«liu toneaux.
r , mauvais plaisant ; cavil- Sentence eontre le. Brasseurs , rfu 1 7
tr ' mars ioo5.
NT, gaiment, ?n normand Gâmbete : Petite jambe, jambe
it : Mendiant , qui demande bien faite ; de campa,
e ; de qiiœrere. * j * v*
„., . rZr^^A ».»^»^». Tu passag devant son ht ,
RE : Grand mangeur. Si siulevas ton traïu
[iDER , galvauder : fracasser. Et ton peliçon ermin ,
iter , fâcher , mettre en co- La cemise de blanc lin
caballicare. Tant que ta g^amActc vit.
[AX : Au grand galop. FabUau d^Aucassm et NicoUiU ,
•evient les galopiax arière s es-
main. Gângleor : Menteur, railleur,
aîliau d'Aucassin et Nicolette , COnteur ; joculator,
^ ^' ^' Garde toi tote voies
ETTE : Baril de bière que ^^ ^ ^'^**« ^^ *°*^«
3urs étaient tenus de four- ?,"'^?*^?* ^^ P/'^^^' 5
1. 1 . ,., Dunt a M7ig^/eor
remplir les tonneaux qu'ds Te tiennent li plusor
Ne mie pur ensegnie.
! pareillement ordonnons ens- Et^erard de Kirkam, Distiques de
dite ordonnance de Pan i6o3 , Caton^fol. ao7 , Bf* col, i.
s brasseurs seront tenus livrer r».««„»«^ z^i. .. .« m
Qx plains sur les gantiers de , yARTiEM : Chantiers , pièccs de
[ucls ils feront ladite livraison et "OIS placées dans les caves et sur
effet les brouteors auront ung lesquelles on pose les tonneaux.
i84
HÉ R
Soit crue tu soys Flusteur ,
Ou Pliœbus, ou Pasteur ,
Dessus les bords d^Amphryse ,
On HerheuT , enten moy j
Vien t'en guérir mon roy
Qui SQul te favorise.
*Rofisard, Ode à Phœbus pour la
. guérison de Charles L^ ^ ■* '
•Hebche. F^oy.HACiL,
HÉBÉDii;i^ :JBérédîtaire.
Hkreng j hareng , hieren^ hierenc:
Hareug, petit poisson de mer. P^oy.
FlCES.
Sor et bJanc harenc frés poudré ,
Jiarenc nostre vendre voudré.
Guillaume de la F'illeneut^e ,
Crieries de Paris.
Herengier , herenguier : Mar-
chaDd de hareng. Foy. Mils.
Herenguebie : Marché au poisson.
Office de herenguerie , charge de
ceux qui vendoient les poissons sa-
lés , tels que le hareng, la morue,
le saumon, le maquereau, etc.
Hebm, /ier/ne .• Casque, armure
de tête à^ElmuSj qui dans les lois
rîpuaires est employé pour galea.
Li Vallès fu grans et fors et li cevax so
qoi il sist fu remuans , et il mist le main à
respec , si comence à désire et à senes-
tre et caupe herm, et va seus et puins et
bras et fait un caple entor lui autresi com
li senglers quant li cien Fasalent en le
forest.
Fabliau d*Jtucassin et ^icolete,
p. 389.
HÉROES : Héros, grand, remar-
quable; héros.
Puis soupirèrent un chant
De leurs gorges nompareilles >
Par douce force alle'cnant
Les plus gaillardes oreilles
AlEu que le son pippeur
Fraudast Thonneste labeur.
HID
Des Hêroes de la Grèce
Ârmorcez de leur caresse.
Ronsard , m* strophe de POde
aux Trois Sœurs,
. HcBSom : Hier au soir.
. A son Oste a maintenant dit :
Oste , cest bon cheval prenez ,
A vostre feme le donez
Qui hersoir me fist mon lit faire ,
Moult est cortoise ^t debonaire ;
Dites lui que ge li envoi ?
Cil respont : Siré , ge l'otroi.
Roman de Blanchandin , Jol, 17g,
jRo col, 3.
Heude : Échoppe, baraque, ca-
bane. Foyez Deswageb.
Heub : Bonheur, félicité; à^kora»
Uheur ou malheur de vostre connois-
sance
Est si douteux en mon entendement ,
Que je ne say s'il est en la puissance
De nom esprit en faire jugement :
Car , si c'e.t heur^ je say certainement
Qu'un bien est mai quand il n'^est point
durable :
Si c'est mal-heur , ce m'est contentement
De l'endurer pour chose si louable.
Maroty Epigramjne sur Amit*
Heube : Heureux , fortuné.
Denisot se vante heure
D'avoir oublyé sa terre
?uelques fois , et demeure
rois ans en vostre Angleterre.
Ronsard , XII* strophe de POde
aux Trois Sœurs.
Hevs : Peau de mouton.
Item , encore en pur prest , tant en
quis ( cuirs ] tenne's comme en fosses, en
piaulx de viel et en heus de moutons et
en argent , dusqùes à la somme de qua-
rante trois francs franchois.
Entreprise des souliers et cuirs à
fournir à Pabbaye des Prés.
Du 9 mai 1276.
HiDOR : Horreur, efifroi, frayeur.
Et la Pucele est hors salie ,
Kant ele vit le cors sans vie ;
GEN
, arbre fruitier; d'où5'<2M-
rwe^ gaughe, noix. Voy.
s.
e tout icellui gardin avec le
urt des malade^ , qauguiers et
Tes avec de tous les herbages
n Tatre et chimentîère des ma-
pendant neuf ans.
Bail du ^7 octobre i45o.
: Jaune , de couleur jaune;
Voy. Pe&idos.
action de jeter, de lancer;
hez, ghiCy giest : Levure
P^Oy. ADMETTRE.
eux deniers obole , pour giest.
de Vhospilal des JVez de i36o.
: Jeter, lancer; jactare,
EVIER.
R : Poulailler, lieu à ren-
s poules.
sa forment k Âudigicr;
L en jura le droituricr,
tant qu^en puist les prez fau-
ielle son huis brisicr,
ît trouver le gelinier^
a o tout les hués aler.
Fabliau d'Audigier , vers aa3.
î ^gentior : Joli , charmant,
réable ; gentilis,
Dr ii dona sa manche
blanche com une flor,
ele au corsgencior.
\an de Blaiichandin ,fol. 179 »
-fto col. 3.
içenne : Jeunje, adolescent,
;e ; juvenis,
faisoit la geiine dame
tendant et bien letre'e y
amant et bien amtîe,
fUS à li chastier
; gardust de marier.
Roman de la Rpse, vers 8804.
GER 173
. GÉNiTÀiREs : Testicules, les bour*
ses; de geniturus.
Une beste qui a nom bièvre ,
Un poi , ce cait , ^reignor d'un lièvre ^
Moult senez et durement sage,
N'est pas privée , mes sauvage ,
Si fct Fen de ses génitaires,
Mécines k plusors afaires.
Le Bestiaire^
Geheste, genestais , genestre : Le
genêt, arbrisseau qui porte des fleurs
jaunes et qui sert à faire des balais;
genista,
Covertes iérent de geitestes ,
De foillies et de ramiaus
Lor bordetes et lor hamiaus.
Roman de la Rose , vers 843o.
Geiveb : Gendre, beau-fils.
Cejourd'huy la mai iSqq, pardevant
moi Marcq Prévost, notaire, comparut le
sieur Jean de Renais escuier.... lequel
se déporte de ses droits au profit au sieur
Estienne Raes , son genre.
Reg, aux mémoires de la ville de Douai,
Gentement : Joliment, agréable-
ment, gracieusement, poliment.
Il méisme le fist entrer ,
Gentement le fist apeler ,
Et il sitost com il i entra
Son sache! dcsrrier soi gita«
Li preudom li fist beau semblant,
Et si Pala moult losangeant.
De sa véue ert moult liez ,
"HLovlt gentem,ent Ta arresniez«
Castoiement , Conte I , vers 5S
et 64*
GÈRE , gères j genre : Guerre ,
combat, bataille; et peu, guères,
pas beaucoup. Voy. UinoB.
Jk n'aies en despit
Le cors deP petit
Ne en pès ne en gerre ;
Kar là où force faut
3 un conseil mult i vaut
Kant home en ad afére.
JEt'erard de Kirkam, Distiques de
Caton,fol' 2o3, ^o coi. i.
iM HOR HOU
justice; claie, barrière ^ palissade; Hors, /lor/^ ^i/r^ /zour/ ; Balcon,
rempart, fortification, barricade; estrade, écfaaffaud. Voy. Horb.
loges élevées pour voiries tournois; Hostaux, hostal, hostiaux : Hô-
places des princes et des juges dans t^ ^ maison composés de plusieurs
les tournois; claies pour fermer ou ^orps de logis; d'hospitalis.
entourer un camp; échafiaud qno ^ , , \^ ,
le. maçon, dressent pour élever uu Ern^t^i^îr.tot'^ '
mur , un bâtiment ; de ora. pius que cuers ne porroit pensser ,
HoRDAtBB , hordemeni^ hourdage, JSie bouche dire ne parler.
hourdement : L'ensemble d'un échaf- ' Rom, de Fioire et Bianckefl^',
faudage; action d'échaffauder, de foLj^5, F'^coL^.
palîssader , de fortifier. Vente d'âne maison qni fîi feu George
HORDÉ : Bordé, limité, entouré » Croeche , habontant par derrière aux A^
écbaffaudé , réparé , fortifié ; d'ora, taux et maison du pot d'estain. 3 juil-
HoRDER, hordir, hourder, hour- ^** ^^4^*
deier^ hourdeyer , hourdir , hour- Hostàux, hosteux 9 hostiaulx,
doier : ÉchafTauder, border, dou- kostieulx : Outils, ustensiles. J^py*
bler, environner, entourer^ réparer, Minette.
fortifier, Fenforcer. Hostelaih , hostdier : Qui reçoit,
Si prirent trez et fus et erant plante de qui loge dans sa maison , qui doxiDft
mairien et de tables , si clostrent et hor-- phospitalité; FoY. VoLiLLB.
dèf'ent icele fraiture dou mur qui estoit '^ ''
cheu et se mistrent à deffendre celui lieu. Je ne me vueil pas encor taire ,
Le Continuateur de Guillaume l*our chose qu'on m'oie retrairc ,
de TYr,fol.'6iQ,R^. De toi , très-doulcc Magdalamc ;
Car tu fuz de si bonne affaire 9^
Horion : Coup à la tète , mot cor- Que le î'ilz Dieu volt de toi faire
rompu à^oreillon. On a dit par suite Sa propre et privée hostelaine.
dans le style familier, doire un ho^ Le trésor de Jehan de Meungt
rion, pour boire un coup. ^- 9"^*
Par Nostre-Dame de Boulogne HosTiSEL : Petite maison, f^oyez
YouB valez moins que ne cuydoye. CoSTiÈRE.
fcn:ïlîrenT.rdi?:rr Hor,» = courbé voûté par l'ha-
Je ne sçay que faire de boire bitude de porter la hotte.
Ung horion ; c^est le plus seur. HoutRERT : Hubert, nom propre
Testament de Pathelin , p. 119. j'homme , dans une inscripHoh at-
Au devant que )e le vous die , tachée à un monument du xhi' siè-
Donnez-moy à ioire uns horion , cle dans Téglise de Louvîers.
Oyez-vous , maistre Aliborum ? _, »»»•»#•!.
Avant que ma femme revieugne. H0URDEBU.MER, hurdebllUer, huT-
Même Testament, p, i3o. tebilUer : Consommer l'acte véné-
fien; l'ane/are des anciens.
Hors : Sale , malpropre , vdam , ^ x i^l .
dégoûtant; Aorrù^-.. l'I^'-^l^ZZ^n^r '
Mais li mais que [ai me conselle ç^int Emoi , le seignor des cous,
Que ne doi porte! le candelle , jy^^^ n^s ne puet estre rescous.
Car je suis un hors meneslreus. q^ famé ait , au mien escient^
Li Confié Baude Fastoul d'Jras, v. 636. Tant Taut gardant ne espiant ,
6IG
belle où Guillaume le guet-
5 des vues pour lesquelles:
mein porta un^i^t (vers «87.)
ot emprunte d'un vallet.
re moine s*empressoît d*en
1 dénouement quand Guil-
ipparoît et se met à la tra -
I Tapostrophant :
ine Tôt y puis se leva , (v. 34o.)
e le voit, mais cil li don
)p du giôet qu^ii Testone,
t li moines f u eslonez ,
iume a son cop recoyrez
refiert el haterel ,
spandi le cervcl ,
Qoines chaï avant:
va fox sa mort querant.
issage 9 la peinture du Froîs-
;t le nom de Finstrument
t pour déterminer la figure
loi du giùet,
; Jeu, amusement ;/ocz/j.
eng aussinc avoir perdue
espérance et m'atendue ,
mors m^avoit tant avancié,
^avoie jà commencië
s mes érans privetés
-Acueil, qui aprestës
e recevoir mes gieus.
Roman de la Rose , vers 3987.
gigue, gygue : Sorte d'ins-
t de musique à veut , espèce
Dante en fait mention ddns
rie comédie,
li iuglères de viéle ,
de muse et de fresteU^
harpe et de chifonie,
gigue et de Tarmonie.
bliau des deux Bordéors RiBaut»
is, harpes, et sautiers,
$ y gygues y et rotes ,
hantoient diverses notes.
Roman de la Poire y fol. 66, R'*,
TIF y au jEéminin , gignitive :
GLI
195
Qui engendre , qui produit, qui
fait éclore ; de gignere.
Mais deà qu^il reste en croissance^
Dote sur pied du defructu,
De sa gignitwe vertu.
Nicolas Flamelj Traité d'AUhymie,
vers 45a.
GiRE svs : Être couché dessus;
de jacere.
Elle donne à Baudet, sen fil qn^eile eut
de Renaut le cordier , /^o s. parisis et un
lit tout tel estoffet que h dis Baudes Ta à
gire êus cascun jour.
Testament du 18 aoust i34o.
GisT : Demeure, repùse ; j'acet.
Les a8 s. 4 d. à ?ïihaise DouLos et à
son compaignon couvreurs de ros pour
sept jours et demi qu^ils ouvrèrent k cou-
vrir le cambre ù li dite Margaeritte gistm
c'est ao d. le jor. ^
Compte de Vhospital S. Jehan Ses
Trouvés, de i33a.
GiTEB : Renvoyer, chasser, ex-
pulser , mettre dehors ; jactare.
Priam fut abandonné des Gfiecs
parce qu'il avoit
Fait jostice de son reg^e
Et cil avoit as ses parenz
Donez ies riches garnemenz,
Et les genliz-homes giim.
Roman de Partanopeus de Blois ,
foL i^ji?".
Glagolb : Qui est de plusieurs
couleurs.
Je donne à Jehane, me maitnëe ceur
memeileure hupelande fourëe comme elle
est et un long sarcot de dras glagolé^
Testament du %è juillet i4oo.
Glise : Église , assemblée des ca-
tholiques romains ; eccUsia.
Hues respont de Tabarie ,
Sire , cheste reube vous done
A entendre , chen est la somme.
Que jà ne soiez sans donner
Four Diu servir et hounourer ,
176
GLU
Et pour sainte f /15e dcITendrey
Que nus ne puist vers li mesprendre.
Ordene de Chevalerie , vers iSq.
Glorie : Réputation , gloire , re-
nom; gloria.
O Alisandre kar cardez
Yostre aime uobie kc vus éez ,
K^est par la pocsté divine
De haute nature corne Angdline ^
Et si TUS est pur ceo baiiie'e
Ke pas ne seit deshonurce ,
Mes glorifiëe ne ne seit mie
De condiciun de cent suillie ,
Mes seit del numbre de la sage gent,
A qvLcls (glorie è joie apent.
Pierre de Venion , Enseignemenz
éCAristolG , fol, i85 , A^« coL i .
GiOAikTE , gloriette : Pavillon ,
cabinet de verdure, petite retraite,
^ que nous appellerions boudoir;
glorieta.
**
En lor nef ot une maison ,
Une moult bien paiute chanbrete ,
Urake nome gloriete ;
Un autre clos i a petit
Où il ne paet avoir c^un lit,
En cel mucent Partonopex.
Rom, de Partonopex de Blojrs ,
fol, 149, y^ «ol, I.
Glotemeitt : D'une manière avide ,
gloutonnement ; de gluto.
Ainsinc mort qui ja n'iert saoule,
Glotement les pièces engoulc.
Roman de la Rose , rters 1G168.
Glvioter : Battre , apprêter la
paille de seigle. Foy. Estrain.
GoAKrcHE , goiance , gouance : Plai-
sir 9 jouissance ; gaudium ; que go-
çhe y que goé , qu'il jouisse ; que
gotchent , qu'ils jouissent.
Item à Hanotin Lecarlier dit Ramaget,
3oo vieses couronnes d'or de rente viagère
avec goaîirhe ung an de le maison d^icelle
testatresse. a aoust i435.
Re^isti^ aux J'^tamens .fol, ^â.
GO M
GoBEMiVE : Festin 5 grand repas,
bonne chère.
Beaz sire Diex, glorioz père,
Gom font hui de ton patremoine
Cil riche Clerc, cil hait Chanoine,
Grtnz degraz et grant godemines,
Gautier de Coincjr , BîiracU ée
Ste, Léocade , vers 1011..
GoBnvE : Nom fabuleux d'une
princesse d'Angleterre » que le ro-
man de Tristan de Léonots , dépeint
comme une femme extrêmement
méchante 9 et dont le nom paroit
avoir formé le mot gouine, femme
de mauvaise vie j de basses moeuH)
femme méchante.
GoiGNANT : Joignant ; de jungen.
Vente par Foucart li Carpcnticrs à Ag-
nie's le Cuvelière et k Bertris se compii*
gnesse, béguines de ses maisons et tovt
s en tenement ki siet^i^;uz7it Sainte Mir-
gheritte.
Chirographe el mois d^octemhre 1369.
Goitre , goitrie , goitron : La
gorge , le gosier ; grosseur qui sur-
vient au col chez les hommes et les
femmes; de gurges. Voy. Poistbok.
La gorge et li goitrons sunt dessous h
gonelle ,
Oïl il n'^a que trois tours k' la tourne-bo-
neile ;
Mes il y a d^espingles une demie escaelie
Fichies en deus cornes et entour la touelie.
■
Testament de Jehan de Meung^
vers 1^45.
GoïifORAifT : Habitant de Sodome
et de Gomorrhe; sectateur des vices
qui leur étoient reprochés.
Ne te pers doncques por ton <der gomo'
rant,
Por don , ne por prières , ne por ton ibl
parent ;
Car si faites amorsne va pas Dicx qiterantf
Ne jà à ton bcsoing ne te seront garant.
Testament de Jehan de Aleun^t
vers 565*
GOU
GoBLE&iB (hamas de) : Tout oa->
*^nrage relatif aux harnois des che-
*^aux; d'où goreau, collier de che-
"^al; gorelier , sellier, bourrelier,
^Hivrier qui fait les goreaux , les
liamois, etc.
Item, doîrent livrer et estofier tous les
lurnas des qoevaox de le basse cort et
4duemeiit les hamas de gorlen'e da kar
Medame.
Entreprise des souliers et cuirs à
Jouniir à Vahhaye des Prés,
Du 9 mai 13^6.
,; GosiLUEB : Parler, raconter, dire*
^ U n'^est ne pie ne calandre
Qai me séost pas gosiliier,
Ce qui me fet si merveillier.
Fabliau de la DerU, vers a5.
* GRI
«77
•4'
Gote: La goutte; le podagra des
■i . . '
Car , quant ele oit braire le vent ,
On el ot saillir deas langotes ,
^' Si l'en prennent fièvres et gotes.
-- Roman de la Rose vers , 3898.
f 60UDAL , goudcUe 4 goudalle :
»^lière forte.
On fait le Banke il ne soit nos si hardis
éfiim ceste ville, hom ne feme ke il venge
(rende) ^oiuia^, plus chiére que deux de-
ij^aiers doisiens le lot, et si prenge (prenne)
peroec une maille artisien et le cervoise
{«venge on denier doisien le lot, et si prenge
ji'4^r les quatre los un denier artisien , etsi
tSe venge nui autre boire de grain plus
idiier qu'à celui foer.
• Jfan des Eschepins de Douais de ia53.
^ Gouux)T : Sortie , embouchure
tiVin canal, d*un égout. F^oy. Exeu.
GovRDurs : Courtine, rideaux,
de lit. Voyez Ceudepoiuct.
GouRT (trencher du) : Tromper,
imposer par de belles paroles.
Pomper , faire la queue de pie ,
Avoir d^or et d^argent à foison,
Pier de la plus gourde pie ,
ni;
Mon souhait seroit-il pas bon?
Trenclier du gourt , avoir renom
De bouter courroucez , marris.
Et tant à Nente, qu*à Vernon
Faire cocnz plusieurs maris.
CoquïUart , Monologue des PeT"
rucques , p. i68«
Geâissiee : Marchand de graisse ,
de beurre, de chandelles, et d'é-
piceries. Foyez CfiàCHiEE el Cbusse.
Gaangette : Petite grange. Voyez
ESTAVELB.
Geâtis : GratiGcation.
A Victor de Gouy aussi clerc de la
greffe eschevinalle qui lui a esté acoordé
en gratis , 6 liv. *
Compte du domaine de la ville da
Douai, 1600.
Gratuisb : Laine, poil qui reste
sur la peau des animaux après la
tonte ou Tépilation. V. Onbles.
Gravir : Grimper, monter avec
peine en se traînant.
Grebion de puch : Tour de puits
hors 4e terre.
Et aussi faire Tevyer de le cuisine et le
grebion de puch,
Chirographe du 8 aoust 1404.
Gbcfves, grèves, grei^ettes : Ar-»
mure de jambes , bottines.
Grésiller : Écraser, mettre eh
pièces, en morceaux, en éclats.
Grevance : Pesanteur sur Testo-
mac; gravatio.
Si aucune grevance dune sentez
Ou k^en Testomac ou ventre avez.
Fêtes une chemise eschaufer,
£ ferme sur votre ventre poser.
PieiTC de f^ernon , Enseigjiemenz
d*Aristote ^fol, 190 , y^ col, i .
Grief, griès : Pesant, incommode,
fatigant, difficile à supporter ; gra^
valus.
iyS G 11 C
Gbiëfvemeht : Avec chagrin, pe-
samment, d^uue manière incom-
mode et fatigante; graviter,
GfinsFVEB : Être à charge, incom-
moder, nuire, faire tort, fatiguer;
gra\^are.
GiiGNOB , grinor : Grand , plus
grand; grandior. Yoy. Iaob.
GRiMArB : Toute espèce de bois
épineux , tels que Pépine , le rosier,
Facacia, Téglantier, etc-
Gbios , griox : Sorte d'oîseau que
|e présume être le geai; graculusj
ou peut-être la pie-griesche.
lors oï Âroors Tenir
A grant comfaiçne chevauchaiit;
Ge m^en aparçui bien au chant
Des rossignox et des kalendreSy
irriox j merles , et tnauTiz ,
Qui se teussent à enTÎz ,
Ainçois dëmenoienl tel brait ^
C^onques si granz ne fu oï.
Roman de la Poire , u° 7995 , iw-4<*,
fol. 66, 7Ϋ.
Gros : Sol de la livre parisis de
Flandre , appelé indifféremment
gros ou sol parisis. Il valoit un
demi-patar ou sept deniers et demi
tournois, f^oyez Pabisis.
Gbos ( livre de ) : Elle étoit ^e six
florins ou sept livres dix sols tournois.
Gbovceb ^ groucher , groucier ,
subst. : Reproche, murmure, ré-
primande ; de grundire.
Ainsinc est rem es de Tostel ,
N'i ot noient plus de groucier
Aiusînc remesl trusqu'au coscbier.
Fabliau de la Pucele qui aheura le
Polain, vers io3.
Gbumei.^ grunieletf grumiaux :
Avoine perlée. Potage fait avec cette
avoine, f^. Dbechebons et Haluce.
a s. pour gi-umel à faire potage.
Compte de Vhospital des Wez , de
i35o.
GUI
Gbumeieb : Perler Pavoine
la paille qui Peuveloppe.
4 d. pour grumeler deux -coup
vaine .
Compte de Vhospital da
de i55a.
Gbvs ceb : Marmtirer ^ gron
Par les forez poeit chacier
Ni ot si hardi forestier
Ki cuutre-dire li osast
Ne jk une feîz en grusçat ;
Pur fenyie dei bien de lui
Si cum a vient soyent d^autrui.
Marie de France , Lai d'
vers 4o.
GuABi : Guéri ^ revenu en i
Et voulons et ordonnons que
che que li nayré sera aie de yie à
ou qu^il sera guari , que nos baill
Lettres de Louis, comte de Fi
du 5o juin i3^6.
GoATEB, gayer : Mener,
duire , diriger, voir, regarder
miner ; de videre,
GvÉEiGNEB : Prendre , lever
fiter , gagner. Voyez Febmaili
GuEBNiEB : Grenier. Voy.
Gi}EBSAi : L*île de Gersey s
côtes de Normandie*
Si troyèrent léans dormans
TrestoHs les sodoiers normans,
Tant orcntbéu à Guersai
Du yin que ge pas ne yersai.
Roman de la Rose , vers
GvETTEB, guettoire : Souri
piège à mulots.
GviiÉE : Ondée 9 pluie d'<
toc. norm,
GriMPLE , gimple : Partie di
billement d'une femme; esp
voile qui couvroit la tôte et c
le visage, fichu que les fenuni
tôient sur le col et que par si
religieuses ont adopté avec
ques légers changements p(
HAB
cacher le menton et se couvrir la
^orge ; de vinculum.
Tant fu esbahie , la simple ,
Que sooz Farbre gerpi sa gimple,
fabliau de Piramus et Tisbé , v, 648«
Traeve le guimple eosanglente'e.
Cui de novel ert dcfoulée
Ihid, , Vert 667.
Par grant îre a Pespee traite,
Puis a la guimple sus levée
En -son la pointe de Tespëe;
Bèsa la guimple , puis le sanô
Tresperce soi par-mi le flano.
CijiKDEs : Atours de femme , peut-*
fke la guimple, Yoy. ce mot.
' Autrefois li reprent corage
D'ester tout et. de mettre guindés
HAB
«7»
Jaunes , vermeilles , vers et indes ,
Et trécéfors fi^cntiz et gresles ,
De soie et d^or k menus perles.
Roman de la Rose, vers 21219.
GuiOK : Guy, nom propre d*homme»
GvLE : Jules, nom propre d'hom«
me ; Julius^
GuNDEsoREs : Windsor, petite ville
du comté de Bark, en Angleterre ^
célèbre par un ancien et beau chà«
teau dans lequel Edouard III insti-
tua Tordre de la Jarretière en i344»
Uns B<icheicrs jones s^estoit
Pris à Francbise lez à lez ,
pNe soi comment ert apele\
Mes biaus estoit, se il fust ores
^lez au seignor de Gundesores,
Roman de la Rose, vers laSf»
H
Habuleb à sovppba : Apprêter 9
r>^^arer nn repas.
HâBiTATEu&9 haèitator y habita"
^^ir : Habitant; habitator.
Kt feu de nostre Seignor de ciel, et
ftfbnndri celé citëe, et toute la regioune
^four , «t tous les hahitatours,
BiUej Genèse, ehap, XIX, v» 24.
_ •
JEt ignem à domino de cœlo : et suht^r-
K cif liâtes has et omnem circà ngionem,
^yersos habitatores urbium,
Hàbouder : Venir au bord, tou-
Iber au bord; à'ora, Yoy. Bouttiee.
- Hàbovlt , kabout : Biens fonds
lÀëctés pour sûreté d'une dette.
^oy. AssE&Quié et Fbibeux.
Et avoec ce s^il avenoit que demi de-
MiMt ai^ckôis que de Lucie me chiére
■ne et elle y demandast aucun droit
pris mon dëcës por raison de doaire por
M de noeces , u por assenement de ma-
ipigiey n por auitre raison, jou ai rap-
Mté en nom d^hahout en le main de
idite GoQteasa c|[uanq[^ues j^ tieng do li
en fief a Montegny por reprendre en chc-^
lui fief, jusqnes à trente livrées de terr*
par an.
Lettres de la Contes se Margueritte^
du mois de septembre 1271.
Haboctant : Joignant, touchant ;
habouter, joindre, toucher, se ter-
miner, t^oy, Baghiçollé et Esket.
Haboubjon : Haubert , sorte de
cotte de maille qui se mettoit sur
le gambisson et que les nobles ou
chevaliers avoient seuls droit de
porter. Le haubert couvroit la poi-
trine jusqu*au défaut des côtes et
descendoit jusqu'aux genoux.
Lai raicine de tous malz deraicinc
comme habourjon rerest et con hyalme
defent. Traduction des Psaumes.
Habbiser : Protéger, défendre^
couvrir, mettre àTabri; à'arbor»
Habundance.
Nos avons trovée dcl'eavre, et por ceo il
9iT^l*9\\ai Habundance: et le nounae lacité#
a
i
i8o H A L
est appela Bersabee tant que à cest jour
présent.
Bible , Genèse , ch. XXVI, v. 5a et 33.
Invenimus aquam. Et vocavit illum
ftibea : ob liane causam nomen civitatis
illius est Beer-seba , ust/ue in hodiemum
diem»
Hace 9 hache : Flambeau , torche
de cire jaune, à six mèches.
Hacqvebart : Bière foible, qui
tenoit h'eu de petite bière , mais qui
lui étolt de beaucoup supérieure.
Haffee , offre : Épouvante, effroi ,
terreur. Voyez Affrai.
Hafne, hafnes : Havre, ouver-
ture, port; apertura.
Le trayers deP bois est alez,
Un vert chemin qui Pad menez
Fors de la lannde enmi la plaigne ,
Voit la faloise et la muntaigne.
D'une ewe ki desus cureit ,
Bras fu de mer , hafne i aveit ,
£1 hafne ont une suie nef
Dunt Gugemer counut le tref.
Marie de France , Lai de Gugemer,
vers iSa.
Ëliduc fut mut veisiez
Luin deP hafnes s'est hébergiez
Ne Tolcit mie estre vëuz ,
I9e trovez , ne recunëuz.
Marie de France ^ Laid*Eliduc ,
vers ^68.
Haguihelo, haguinenlo, hogui-
gagné, hoquinano, Yoy. Aguilav.
Hau>ea^ haidier, haydier : Se-
courir, protéger, aider; adjutare.
Cil \y qui il vostrent haydier à estre
reis , si le furent.
Livre des Machabées ,fol. 167 ,
V**coL I.
- Haïon : Sorte d'éfal à jour. V.
FSQIJIELETTS Ct RuCHOT. ,
Hale, halle, hele , helle, hesle:
Côté, flanc I oUe, bord, extrémité;
ala.
H AN
Halegre : Gai, joyeux. Dai
Roman d*Alexandre, Ms. n° 71
fol. (io, Vcol. 1.
Haliegaeté : Plaisir, joie, g:
Cist feus et ceste flambe sue
Sèche les ners y art la molue ,
Toit la vertu , chace biauté ,
Chace tonte haliegreté.
Fabliau de Piramus et
vei's i5o.
Hallier : Concierge d'une
Voy. Faloubdeur et Fillatieb
Halon, aufém. , halonne:
tages accordés à des pauvn
n'appartenoient pas à un hôp
qui étoient considérés coian
ternes. Nom donné à ces pan
Il fust arrestë que les aulmosne
bonne maison de Phostellerie , si
des halons et lialonnes et des pau
dortoir, ne se donneroîent plus
fils et filles des bourgeois de ce;
ou à bourgeois et bourgeoises dHc
Règlement *de la bonne me
Valenciennes .
Haivce : Avoine blanche.
Item , 5 s. 4 d. pour demi-co
blanke haluce pour faire grumiau
Compte de Phospital di
de i35o.
Hanap, hanas, hanep : C
avec ou sans pied; gobelet.
Encore avoit ladite maison d^ap
en biens meubles, les parties qu
suivent en haneprie : un hanap c'a
sans piet, cinq hanas de madré
d^argent , deux louches d^argent .
hanas de madré sans piet qui st
petite valeur.
Compte de Vhospital des
de i35o.
Jehan de Rcmy dit Sarrasin fu h
au dessus de Pœil , et d>t que ce fi
gobelet de piet ainsi que ledit Sa
buYoit en le tayerne Martin de Gc
--.•
HAO
lapant sur le cul da' gobelet, 17 mars
1593.
Registres aux pfayes de loi tjbl. 76 ^'<».
Hangq : Angle, coin; d'angulus.
Handciteub : Espèce de professeur
dans une académie de jeux de ha-
sard et d'adresse, tels que dez, car-
tes, trictrac, boules, quilles, etc.
Ce mot est formé du flamand hand,
main; d'où handigheid , adresse,
fXuit duiden, expliquer, dévelop-
per. Voy, Baelekghevr.
Haneprie : Toute espèce de ha-
^nap d'orfèvrerie ou de cuivre doré ,
'f^ l'art de les faire et de les fabri-
quer. Voy, Hanap.
HANiffEQuiNEB : S'efiforcer sans
, succès.
' Hansart , hansard : Sorte d'arme
qui paroît être le bâton ferré; une
cqpèce de javelot ou de lance courte.
Mon hansart tenoie en ma destre ,
£t mon lévrier à ma senestre.
Roman de Parlhenopex de Blojrs ,
fol, 166 , f^o col, 2.
A un erant cerf sunt arutë ,
£ li cnien furent descuplë ;
JÀ veneur curent avant ,
Li Dameiftels se vait tareant ,
Sun arc ii porte un Valiez
Sun hansart et sun bercerez.
Marie de France , Lai de
Gugemer.
Hantise, hantoisie : Fréquenta-
tion , liaison , attachement ; éUntus.
Haoi : Haine.
Ke muef jà tençun
Vers tun compaignun ,
Ne vers tun bien-voillant ;
Kar ire engendre haor
Concorde nurit amor
Ke Deu8 prise tant.
Everard de Kirkam , Distiques dW
Caion,foL aui, y** col, a.
UAR 181
HiRBrrEB : Être Tun sur ràcftre
en se battant.
HARonuiîx (chevaulx) : Chevaux
roux^. Voy, Bâilleuse.
Hareaux, hariaux : Petits gâ-
teaux ronds et plats que l'on vcn-
doit en carême pour faire collation.
Harieavlx (chevaux de) : Che-
vaux de labour; iVarare,
Saisie par Jehan le Barbîeur nostre
submanant , sur les biens de monseigueur
Jehan de la Tramcrye , chevalier, pour
28 francs, sa gtos, m onnoie de Flandre
pour le franc , pour l'avoir servi et dc-
mouré aveucq luy , tant en maison à Wa-
siers , comme à Drehancourt , este' sou
maistre varlet do chevaulx de harieaulx ,
mené iceuljr, esté son varlet par le mai-
son, eu le soin et gouvernement déterres
etlabeurt
Sentence des Escheuins de Douai ,
du x«' apuril i44^>
Habnas : Armure complette, pa-
quet, sac de nuit, bagage, outils,
meubles, mobilier.
Où est, fist cil , vostre harnas.
Ce vos voi-ci tôt seul venir j
Se riche ostei volez tenir ,
Alez vos en chiés le Provost.
Roman de Blanchandin yjol. 1 78 ,
R* col. I .
Haepsur, harpeor : Joueur de
harpe.
Hais si le harpeur fameux
ObYoit le lue des Serènes ,
Qui sonne aux bordz escameuz
Sur les angloises arènes :
Son lue payen il fendroit ,
Et disciple se rendroit
Dessous» leur chanson chrestienne
Dont la voix passe la sienne.
Ronsard, \l* strophe de l'Ode aux
trois Sœurt.
Harquebovse ; Arquebuse.
Hars, kart : Lien, attache.
Que nui ne qucrquc au rivat;e faissel ,
s'il n'a deux hars. Quant le laisuc sera
5
i89 H A U
yerùi k Douai , que nul ne lÎTre nul faisset
ff^iln^a une hart du moing sur le fourfait
de 4o s.
Ordonnance sur les hois , xy^ siècle,
IIabse : Porte en coulisse et en
forme de grille dont on se servolt à
rentrée des villes et des chdteaux*
J^oy. Ebce.
Hasau, haseauy hasiau : Porte à
claire voie 9 porte faîte de branches
d'arbres entrelacées les unes dans
les autres.
Hastiebj: Broche de fer; de hasta,
Voy. ACDIEB.
Hastive 9 hastine : Empressement,
hâte, vivacité, promptitude, co-
lère, emportement; d^ardere.
Hatiel , hastiel : Le cou , la nu-
que du col; le derrière de la tête,
Tépine du dos ou des reins ; d'has-
tile.
Amë Pinchon , envoyé' vers monsei-
gneur Philippe de Glèves, pour le prier
de ne point amener garnison en Douai ,
déclare qu'en partant il a appris que s^ii
alloit en ladite ambaiisade, on lui torde-
roit le hatiel. 11 juillet i486.
Registre aux mémoires j fol, 71.
Haubergie : Qui porte le haubert,
revêtu du haubert.
Us sunt seigneurs des laiz, quequHl soit
du clersië.
Contre qui il se sunt armé etliaubergié ,
Por les contens qu'il ont contre ceuls en-
chargie'
Dont il soloieut estre vestu et kerbergie'.*!
Testament de Jehan de Meung ,
vers ^86.
Haubier : Sorte de provision ,
peut-être est-ce le bois nécessaire
aux besoins de l'armée.
Faiu et av^inne et orge et blé
Par le pals ont asamolé,
Et si fiscnt bien lor besogne
HÂY
Kn Pab^e de Vicongne^
Et de liaubiers et de bacons.
Philippe Mouskesy Mt, ,Jol,^i^
f^*> col. 2.
HivcHE : Hausse^ talon de soa-
liers de femmes 9 en bois, recou-
vei*t de cuir ; d'aUus.
18 s. 6 d. poar les frais ly demiselle,
tant en sollers , en hauches comhkt ym
ses dras refaire et pour une coroie et un
bourse de quir qui oousta 5 s. 4 d.
Compte de Vhospilal des JPez de i35o.
Hàvlt ▲ LA mia : Fier, arrogant,
impudent.
Hàultelisseub : Ouvrier qui fai-
soit des tapis de haute-liste.
Hauwe : Ean; aqua.
Arrentement à charge de deux
cappons de rente et ensement de tenir
ouverte par Jour Fentrée d^icdle roîclle
sur ladite rue des Wez y pour aler les
gens à hauwe de ladite rivière......
Chirographe du 27 aoust itfifi.
Havel : Croc, pioche pour fimit
1er la terre 9 pic-hoyaa.
Estormis en jure par Saint Poi
Qu'ainz ne tint si pesant fardeL
Ses oncles li baille uns havel
Et une pelé por covrir
Dont hauce le havel en iiaut»
Le Prestre fiert si lez Pcreille ,
Que ce fust une grant merveille
Se li Prestres fust escbapez ;
Quar il fu du havel frapez ,
Que la cerveie en cbe'i jus.
Hugues PiauceUjfabl. d'Enamrmi)
'vers 343 , 5a8 et 53a.
Hâte : Aide , secours 9 assistance;
adjutorium.
Hatneux : Sorte de charge à Ta-
lenciennes.
Et quant à ce que noditte gens se dol*
loient que par le hayiieux en office es
temps passé , li aulcuus dlaux avoient
esté commandés par le loy et par Ks
siergeans de le paix de incontinent tenir
QEL
prison , u à aultr£ jour preficqaiet contre
laditte anchieiui<; coustumç sy qt^e dessus
est dict, recognoissons que en la manière
de chil htijrneux en nsoicnt , c^estoient
contre leurs libertés*
Règlements t^e la èoiuie maison à
f^alenciennes.
Hazetee : Peloter.
Item de ne jouer, ne /uizeter les festes
et dimanches aux jeux de palmes » tamis
ou aultres à ipaiue de lo liy.
Ban des Eschefiiu de Douai y Ju la
juillet i566.
Hecquet : Toit de bois âu -dessus
d\iiic porte.
A Jehan Boistel , murennier pour b^s ,
par lui délirrë dont on a fait un hecquet
t l'huis de ladite maison, 6 s.
A Robert Bauduin, carpentier, pour
avoir esté occupé pour un jour à faire
ledit hecquetj 6 s.
Compte de Vhospital des femmes
^santés , de lêfii.
Hep : F aulx dentelée comme une
scie servant à couper les herbes des
rivières comme le faucquaru Yoy.
ce mot.
Hei£r : Crier 9 appeler; boire
ensemble , se réjouir.
Hblloibes : Présents > étrennef.
'F'oy. HiELouEs.
8 s. pour courtoisies faites as siergeans
dou Roy, as -waites de nuit, as eswar-
deurs ae Piauwe , et as foumiers pour
helloires et estrines.
Compte de Vhospital S» Jean des
Ti'ouvésy de i332.
Helme : Armure de tête» casque
à visière.
Puis a un bon hauberc vestu
Fort, et serré, maillé menu.
Dont les mailles furent à or
Et a lacié un helme brun ,
Ainz ne déistes meillor un ;
Li cercles en fu merveîQos
D''or et de pierres précioz.
Roman de Blanchandin ^foU 179»
Uf* col, a.
tlENDHAGHiEH» endragîer , endra--
ghierj hcndragier : Curer une ri-
vière avec un instrument semblable
à celui dont on se sert pour tirer la
tourbe de dessous Peau.
Employé trois jours tant a assacquier
hors de la rivière au bail, un bacquet
pour le amener k hendragier \c porte des
Wez, comme ajoiii: jftommeoclôé. à eùdra"
ghier pour rentrçtcnement de le rivière.
Compte de là^ ville de 'Dihiai , âe i45o.
Henor, hennor : Honnear> rang,
dignité; courage, grandeur d^ame;
fief, domaine , chdtellenie ; honor.
Porte Dieu ^e7t/<orctservise,
Gar que soit ta marchéandise.
Dont aoras-tu sanz travaiilier
Quanque tu verras devisier
Prologue du Castoiement, vers ai.
HENOEE&9 hennorer : Porter iioyQ-
neur et respect.
Hebbéqvié : Garni d'herbes pota-
gères; àherba. Yoy. Augquié.
HERBERCàGE : Logemeot , de*
meure ^ habitation.
Car , ainsinc cum il met et oste
Son cors en divers herèeigages ,
Ainsinc li est H cuers volages.
Roman de la Rose , -vers 158^7.
Herbebgiea : Bâtir sur un terrain
où il n'y a point encore en de bàti<
ment pour eu faire sa demeure.
Li eakevin unt «tireit et loeit...... ke se
il avenoit ke Jakemes li Blous et si hoirs
voloicnt herbergier là endroit en aucun
tems , 11 Vile leur doit leur terre descom-
brer , et si li Vile voloit aussi là endioit
herbergier en aucuns tems Jakemes li Blons
u cuils ki de sen tenement seroit tenant ,
doit à li Vile se tere descombrer.En Pan
1^43 ci mois de juiie.
Reg. de la ville de Douai ^ cottéi*!^
fol, xa.
Herbeor : Botaniste, homme qui
conuoit la propriété des plantes.
4
i84
HËK
Soit oae tu soys Flusteur ,
Ou Piiœbus, ou Pasteur ,
Dessus les bords d^Amphryse ,
Ou Herbeut , enten moy \
VJen t'en gnerir mon roy
Qui sq,ui te favorise.
Moutard, Ode à Phœbus pour la
, guérison de Charles IJC. ^ ^ -'
Hercbe. p^oy.EÊCZ,
HÉRÉDixi^ :JBéréditaire.
HbBEKG , hereng , hieren^ hierenc:
Harpug, petit poisson de mer. J^oy.
FlCES.
Sor et bJanc hareiic frés poudré ,
Hareiic nostre vendre voudré.
Guillaume de la Villeneuve ,
Crieries de Paris.
Herengier , herenguier : Mar-
chand de hareng. Foy, Mils.
Hereivcuerie : Marché au poisson.
Office de herenguerie , charge de
ceux qui vendoient les poissons sa-
lés, tels que le hareng 9 la morue 9
le saumon 9 le maquereau, etc.
IIerm, herme : Casque, armure
de tête à^Elmus y qui dans les lois
ripuaires est employé pour galea.
Li Vallès fu grans et fors et li cevax so
qoi il sist fu remuans , et il mist le main à
respcc , si comence à destre et à senes-
tre et caupe henn, et va seus et puins et
bras et fait un caple entor lui autresi com
li senglers quant li cien Tasalent en le
forest.
Falliau d^Aucassin et Nicolete ,
p, 389.
HÉROES : Héros y grand, remar-
quable; héros.
Puis soupirèrent un chant
Do leurs gorges nompareilles >
Par douce force alléchant
Les plus gaillardes oreilles
Alfiu que le son pippeur
Fraudast l'honneste labeur,
HID
Des Hèroes de U Grèce
Armorcez de leur caresse.
Ronsard , m* strophe de POdt
aux Trois Sœurs.
. Hersoir : Hier au soir.
. A son Oste a maintenant dit :
Oste , cest bon cheval prenez ,
A vostre feme le donez
Qui hersoir me fist mon lit faire,
Moult est cortoise ^t dehonaire ;
Dites lui que ge li envoi ?
Cil respont : Sire , ge i'otroi.
Moman de Blanchandin , JoL i^,
jR«» coL 3.
Hevde : Échoppe , baraque, ca-
bane. Voyez Dbswager.
Heur : Bonheur , félicité ; d^AonL
làheur ou malheur de Tostre coanois-
sance
Est si douteux en mon entendement,
Que je ne say s^il est en la puissance
De nom esprit en faire jugement :
Car , si c^e.t heur, je say certainement
Qu^un bien est mal quand il n'*est point
durable :
Si c^est mal-heur , ce m^est contentement
De Fendurer pour chose si louable.
Marot, Epigramme surJnnL
Heure : Heureux , fortuné.
Denisot se vante heure
D^avoir oublyé sa terre
Quelques fois , et demeure
rois ans en vostre Angleterre.
Ronsard , XII* strophe de VOiit
aux Trois Sœurv.
Heus : Peau de mouton.
Jtem , encore en pur prest , tant en
quis ( cuirs ] tenne's comme en fosses, en
piaulx de viel et en heus de moutons et
en argent , dusques à la somme de qoi-
rante trois francs franchois.
Entreprise des souliers et cuirt i
fournir à l'abbaye des Prés-
Vu 9 mai 12^6.
HiDOR : Horreur, effroi, frayeur.
Et la Pucele est hors salie ,
Kant ele vit le cors sans vie j
HIR H OR- i»5
Hidor ot de ce qu^ele vit, si que le moclin des We2.... Nulsmols-
Au Duc quVle encontra a dit niers de ce cinq moelins ne puet vendre
Ce qu^eie ot oi et véu , se mosnerie sans le seu le Prouvost, droic-
Si qu^ele n^i a riens téu. ■ tures lé Prouvost de Douai , mut saint
La ChasUlaine de Vergi , v. goS. Andricu , 1270.
HiEtoiREs : Étrennes, présents Hivehn^cb.: Seigle et vesce semés
que Ton faisoit aux fêtes de Noël, «* récoltés ensemble; fourrage qui
des rois, et du nouvel an. Le pre- ^^ provient.
mier jour de Tan qu'on appeloit Hoer : Travailler la terre avec la
ailleurs aguilaneuf. Voy. Aguilan. houe. Voy. Yeneb. ,
a8 s. pour les estrines des maisnies dou- HoGuiGNER : Caresser une femme.
dit hospital , as Clers et Variés de le HoiNGNEUR : Qui murmure, qui
JaaJe , a plusieurs Majeurs , Eschevins » j .71
Siergens ; as Siergens dou Roi , Nostre g^^^^.
Seigneur , as Siergens le Catelain , as HoNESTANCE, honnestanche : Po-
Wetes de nuit , as Wetes de Pyauwe , au jjj honnêteté , faveur , bou
levre , au Cariier , etc. , de courtoisie au .11 ^
Hoel, à le Hieloire et as Trois Rois, ensi accueil ; honestas.
fiHÏ est de coustume. Bien doi avoir en ramembranclie
Compte de Vhospital des Wez , Deus frères en cui j'ai fiancbe ,
de i36«. Signeur Baude et signeur Robert
Le Normant , car il m'ont d'enfanche
_^ 20 s. 10 d. pour hieloires données as Nourri et fait mainte honnestanche.
»i^,- ^Zh î""î-" ' ^"^V \ '^"''"i ' ^' Congié d'Adan d'Aras , V. 89.
>aiTiu demi lot de vin que il eust pour le ° ^ if
uiit des Trois Rois.... Item, i6 d. au HoNGrERiE : Le royaume de Hon-
aayeur de Lambres , et a d. au Mayeur et -,-;«
s Eschevins de Sin. ©rie.
Compte de Vhospital des Wez, de i35o. Laquelle vente Margueritte Flamenq ,
dite de Bours, ante dudit Mathieu, re-
HiivES (grater ses) : Faire le tour cognoit avoir esté faite par icellui com-
îe gueux, se grater la léte, le der- V^^^^^y pourfumir à ses urgentes affaires
rière des oreUles. f * ^^^J^^Y'Î^]. «* «<^^«^«^ ^^ T^^^^^î^ ^e
w v.M«^0. j^y. q^ ggj. ^i|Q[gr en Uonguerie y faire la
Et li Paistres vient acourant , guerre à la saudée de l'empereur nostre
Qui ses moutons avoit contez ;
Ersoir l'en fu ii uns emblez ,
Il ne set qu'il est devennz.
>ire.
Vente d*une maison, du 6 febvrier i5?i.
Craut aléure en est venuz ; HoimiNE : Chenille ; honniner ,
Cratant ses hines , en meson, Voy. BoSKELLiER.
^'bo^J^er^d^AU^^^^ ''" HoNWYEMENT : Uniment, simple-
• ^' '* ment, sans façon.
HiRETAGE, A/rer^ ; Héritage, hé- Hord, hoord, hordage, hordée,
redite ; hœreditas. hordeie, hordeis , hordeiz , hordel,
HiRETAULE : Héréditaire; hiretau" hordement, hordeus , hordis , hor-
lenient , héritablement ; hévéàiiaXTt» dois, hors, hort , hour , hourd ,
ment ; hiretier , héritier. V^ Deswa- hourdage, hourdeis, hourdel, hour-
GER, Excu et Mandet- dément, hourdiez^ hourdis , hour-
Art. i8. Et nuls molsniers hiretaules de ^*2 , hourdoir , hourdois : Écha-
tous le9 moelins là ù le Pruyosts a part , faud pour exécuter les arrêts de la
186 noR
justice; claie , barrière , palissade;
rempart, fortification , barricade;
loges élevées pour voiries tournois;
places des princes et des juges dans
les tournois; claies pour fermer ou
entourer un camp; échafiaud que
les maçons dressent pour élever uu
mur , un bâtiment ; de ora,
HoBDACB, hordement, hoiardagej
hourdement: L*ensembled*unéchaf-
fandage; action d'échaffauder, do
palissader, de fortifier.
HoBDÉ : Bordé 9 limité 9 entouré 9
échaffaudé , réparé , fortifié ; d*ora.
HoBDEB, hordir, hourder, hour-
deierj hourdeyer , hourdir , hour-
doier : Échaffauder, border 9 dou-
bler^ environner, entoarer, réparer,
fortifier, renforcer.
Si prirent trez et fus et grant plante de
mainen et de tables , si cfostrent et hor-^
dèfent icele fraiture dou mur qui estoit
clieu et se mistrent à defTendre celui lieu.
Le Continuateur de Guillaume
deTyr,foL'6i^yR»,
HoBiON : Coup à la tète , mot cor-
rompu îVoreilion. On a dit par suite
dans le style familier, ùoire un ho^
rion, pour boire un coup.
Par Nostre-Daroe de Boulogne
Vous yalez moins que ne cuydoye.
Mais sçayez-vous que je pensoye
Devant qn^aller en Tauditoire i
Je ne sçay que faire de boire
Uog honon ; c'est le plus seur.
Testament de Pathelin , p, 119.
Au devant que je le vous die ,
Donnez-moy à boire une horion ,
Oyez-vous , roaistre AHoorum ?
Avant que ma femme revieugne.
Même Testament ^ /;. i3o.
HoBS : Sale , malpropre, vilain,
dégoûtant; horridus.
Mais li mais que Tai me conselle
Que ne doi porter le candelle ,
Car je suis un hors menestreus.
Li Coiigié Baude Fastoul d'/éras, r.636.
l
HOD
HoBS , hortj hour, hourt : Balcon,
estrade, échafiaud. Voy, Hobd.
HosTAtJX^ hostal, hostiaux : Hô*
tel, maison composés de plusieun
corps de logis ; d'hospiialis.
Descendre les estuet à-val ,
En un si doulerox hostal ,
Plus que cuers ne porroit pensser,
fi^e bouche dire ne parler.
Rom. de Floire et Bianck^,
fol. 195 , y* col. 3.
Venfte d'une maison qui fa feu George
Cruecbe , babootant par derrière aoi W
taux et maison da pot d*estain. 3 juil-
let 1440.
HosTAux , hosteux , hostiaulXf
hostieulx : Outils, ustensiles. Vtj*
MiKETTE.
HosTELAni , hostelier : Qui reçoit»
qui loge dans sa maison , quidoDM
l'hospitalité; Foy. Voulle.
Je ne me vueil pas encor taire ,
Pour cbose qu'on m'oie retraire»
De toi , trés-doulce Magdalaine,
Car tu fuz de si bonne affaire,^
Que le 7iiz Dieu volt de toi faire
Sa propre et privée hostelaine.
Le trésor de Jehan de MnM^t
V. 978.
HosTisEL : Petite oaaîson. f^oye
COSTIEBE.
HoTTU : Courbé , voûté par l'ha-
bitude de porter la hotte.
HouLBEBT : Hubert, nom propre
d'homme , dans une inscriptioti at-
tachée à un monument du xhi' siè-
cle dans Téglise de Louviers.
HovBDEBiLLiEB, kurdebUUer , hur-
tebilUer : Consommer l'acte véné-
rien; Varietàre des anciens.
Par vous , par vostre iécherie ,
Sui-ge mis en la confrarie
l^aint Ernol , le seignor des couS)
Dont nus ne puet estre rescons.
Qui famé ait , au mien escient,.
Tant l'aut gardant ne espimt ,
ICH
S'éust neis d^îexung millier;
Toutes se fonj: hurteùillier.
Roman de la Rose , v» 91 74*
H1TCHÉE9 huchie : €ri, portée de
HfOiz ; nyocalio,
7eo sui un hum de tel mester
D'oiseus prendre me sai aider \
£ Une kucnie desuz Karliun
Pris un cîsne od mun laçun,
Pur force é pur meintenent,
La Dame en voil fère présent*
Marie de France , Lai de Mikai ,
^ V. i85.
^ HuGHiER : Huissier; ostarius,
.Terres k Anby et maisons à Douai, jà
fêècha. litigieuses entre ceux de Saint-
w^Bois d^Auby et Jehan Gherdeau, na-
gséres kuehier du parlement de Paris.
ta aoast i5ai.
Registre aux Actes , Jol, 61 •
HvEM : fiors,'dehors;j^Î7iYi^. Voy.
HfJGE 9 huce : Petite maison , pe-
fe9e chambre de garçon , cellule dé
^iigteux. Voyez Ltn»NGaiÉ.
Lî THain droit k Puis amainp,
Elntre's i est et ist de paine
Car droit à la huce au Priex
Met le Prestre luxuriex ,
£t moh -welc quant il fu vis ,
La huge reclot
Quant li Piiex est repairie's ,
Sa huge ouvri por dras ataindre.
Fabliau de la Loftgue Nuit ,
v.8§5, 898,903.
I £ F 187
HuGEHiE : Profession de menui-
sier, ouvrage de menuiserie. Voy*
Caubhelagh*
HvGiER : Menuisier , charpentier.
HuiCHET, huichon : Petite porte;
ostium, Voy. Dent.
HuisiNE : Atelier, laboratoire ^
usine , boutique. Voyez Minette.
HuREBEG ou urebec : La bruche ,
sorte d^insecte qui ronge les bour-
geons de la vigne. Jehan Milon,
oflîcial de Troyes rendit une sen-
tence en l'année i5i6, conh<e ces
insectes. Elle se trouve dans les
Ephémérides troyennes de Grosley,
tom. I**. f^qy^a les pag. i52, 16S
et 563.
HuRTES {à toutes^ : Malgré tous
les obstacles.
Le Seigneuir riche et non expert,
D^auicun labeur veuit qu^on le sert
ui toutes hurtes,
ancienne truduction d^ Amphitryon.
Htmettien : Du mont Hymelte*
Quand les filles d^Acbelois,
La Fable Sëcilienne,
Qui foullérent de leurs voys
La doncem* hymettiennCy
Virent jaunir la toison,
Et les soudards de Jason,
Ramer la barque partante
Prés de leur gyron parlante.
Ronsard , I'«. strophe de VOde aux
Trois Sœurs,
I.
làVE» iawe : Eau, rivière, ruis-
leau ; agua.
IcBiuLx, ichisj ichist : Ledit, ce,
Det Voy* EnuEBXEB.
Avant lequel jugement et depuis icel-
luy heust, ichiuLx Jehans Crespin de sen
bon gre pour ampiiement del divin
•arrice de Dieu y ensement affin de labou-
rer al alegemcnt de le penancbe de Pâme
du dessus dît feu Robert fioinebroque ,
jadis sen ave a accordé.
Fondation d'amie chapelle ,
5 janvier i^o6*
Ieppe : Savon.
Audit Jehan Conppelot, pour par luy
avoir délivré audit tiospital , six li^res
i88
INC
-Dieppe , pour faire le buëe des povres
caririers a deux sols la livre , 12, 5.
Ieare : Le lierre; hedera.
Plus devint vert que fueille dUerre ,
Et refroidist comme une pierre.
Fabliau de Piramus et Tishé ^
v. 679.
Jà troveroiz devant son huis
A cei grant maison de pierre
Dont le pignon sont covert dVemff ,
Roman de Blanchandm , Jbl. 178 ,
K^col, I.
Illigitevx : Illicite.
Pourquoi , nous ces choses considérées
et que tous marchez iUiciteux , fraudu-
leux , sont à annuler , ou au moins à ré-
duire
Lettres patentes du duc de Bourgogne,
aa novembre i435.
Illoecq, illuecques : Là, en cet
endroit, lui , lui-même; ille , illic.
Illuminateur : Qui donne la lu-
mière , qui éclaire ; iltuminator.
Des ténèbres vray illuminateur ,
Doux Paraciet , à vous cecy j^addresse ,
Des desvoyez vous estes conducteur ,
De tous dangers la garde et protecteur
Qui délivrez nostre esprit de tristesse.
La Marguerite des Marguerites,
Oraison à J,'C. , p. iSy.
Impotence: Impuissance, débilité,
foiblesse.
Après s'en va sans escuier,
Mes por ses membres apuier ,
Ot ausinc cum par impotence
De traïson une potence.
Roman de la Rose y v, 12295.
Incognu , incongnu : Qui n'est
pas connu.
La science au-paravant
Si long-temps orientale ,
Peu k peu marchant avant
S'apparoist occidentale :
Et sans jamais se borner
ËIL^ n^a cessé de tourner,
b
lll
Tant quelle soit parvenue
A l'autre rive iticogntu.
RoTuard', IX* strophe de H
aux TVvis Sœurs.
InCOMPAEABLEMENT : D'iUe
niëre incomparable ; incomparêi
biliter,
iNCONNrEHENT : D*une maniènlip
inconnue. Voy. Axugemert.
iNCONTniENT : Aussitôt y sur-lii
champ.
iNCoireEMENT : Malheur, acddertf
adversité.
Incaée : Qui n*a pas été créé, fi
n*a pas eu de commencement.
O jeu immortel , ificrée créateur,
Roy et recteur de TunÎTersel munde,
Des désolez parfait consolateur,
Réparateur de I9 grant coulpe iiïimuiMifc
Greban, Mystère des Jetetk
Apostres , fol, i , iî».
Infestugation seigneuriale :.PriM
de possession d*une terre; èUe«
faisoit par la délivrance d'une hooi*
sine d'aune ou en donnant un fèto,
un brin de paille.
Ingvelande : L'Angleterre, h
Grande-Bretagne; anglîajenst
glois, england.
Tant va , tant vient , et tant demanàei
Tant à erré par Inguelande ,
. Qu^il a trové desuz en l'onbre
Devant le pin le Roi à Londres,
O lui grant part de son bamaige.
Fabl, de la M aie-Honte ^ v.3o.
Inigion : CommeDcement , ori-
gine; initium.
Gloire , honneur , jubilacion ^
Soit à la Trinité celestre ,
Com il fu tousjours et doit estre
Sans tin et sans inicion.
Trésor de Jehan de Uleung^ v. 109)*
Inlicitb : Qui n'est pas licite, qw
n^est pas permis.
INN
N BEssoBT : Seul et entier
es nous voulons illec avoir lieu
in cours et éxecution de nostre
imoyeii ressort , et à ceste fin
, etc.
Prii^iléges de P^alenciennes ,
îïTs (bailler les ) : Sorte de
ridicule encore en usage
ilques cantons de la Nor-
qui consiste en ce que le
innocents j les jeunes gens
iveillés et les plus diligents
r matin 9 vont surprendre
:mis et les paresseux pour
er dans leurs lits. Les jeu-
ns appellent cette cérémo-
er les innocents, Marot,
en un seul mol donner les
', a construit le verbe in-
qui a aussi été employé
larer non coupable ; innO"
amare,
sœur , si je savois où couciie
sonne au jour des Innocens ,
itin j'yrois à voslre couche ,
nt corps que j'ayme entre cinq
main , veu Tardeur que je sens,
roit bonnement contenter
toucher, tenir, tater, tenter :
um survenoit d^avanture,
Ferois de vous innocenter ^
as honneste couverture.
Marot , Épigramme du jour
des Innocents y p. ^11,
!ïABLE : Auquel on ne peut
er de nom.
Q est sy grand et admirable,
el , esprit , ou raisonnable
auroit nommer parfaitement;
i avez , estant innominable ,
e sens est sy très-capable ,
ongnoit que c^est , quoy , ne
ent.
Mar^erite des Marguerites ,
Oraison à J.-C. > p. 137.
49
I R O 189
Innuiserâble : innombrable 9 qu*oi>
ne peut pas compter; innunm'abi''
lis ; d'où innumerablement , d'une
manière innombrable.
Invehtiblb : Invariable , qui ne
peut pas changer ; invertibilis,
La Deite' est invisible ,
Permanant en lui et visible ;
Vertueuse en infinité ,
Ver tant toute riens invertiblcy
De pure grâce convertible
A humaine fragilité.
Trésor de Jehan de Meung, v, laSa.
lo : Le milan , oiseau de proie.
loNQVEs : Jamais, non.
loTES : Fruits 9 légumes > biens de
la terre.
Or-li lerres avoit acoustumeit venir, et
par la soif monteir, et répunsement les
iotes en voies porteir.
Dialogues de Saint-Grégoire ,
/ïV. I, ch. m.
F'ur vero venire consueverat^ et per
sepem ascendere^ et occulté oleraau/ènv.
lou, lisez /ou : Je, mot; ego,
Sacent tout chil ki ces lettres verront
et orront ke Jou Jakemes Boinebroke ai
werpi et otnë à Robert Baudane,i6s.
d^es ter lins , lesquels deniers le Uoy de
Engletere me devoitpour mi et li oi werpi
et mis en autel point comme jou en estoie: '
Chirographe du mois d* avril ia56.
Ippottegquer : Donner en garanr
tîe. Voy. AssERQUié.
Iqui : Ici 9 là, en ce lieu.
Iaor^ ireur, irour : Colère, cour-
roux, emportement; ira. Dans les
Sermons de S* Bernard, fol. 77.
La Dame vint à Tuis le cours ,
Corrjechie , plaine àHrours
S'euvra Puis , lait ens son Signor
Qui n^ot piecha joie grinor.
Fabliau de la Longue Nuit , v» zo6.
Iroumes : Nous irons.
i
190 J A
Ibots : Fâché, en colère, prompt
à s'enflammer, à se mettre en co-
lère; iratus.
IsAHBiinis, isaulaun : Drap noir
dont on £aisoit des chausses.
IsciA, issir de tnoy : Tenir, sortir
de moi ; exire.
IsTEioiT : Nattroît, sortiroit, pro-
irieodroit; d^ exire.
JES
Eocor« Toclt qoe se bdîie Kc
mesquine estoit encbeinte aa jou
datte de cbest codichille , il soit |
à ce qne dVile Uteroit de le manièi
a qoerqiiié sesditc Iknfs pour aatre
en sa dite deriae principale.
Codicile du ii aoui
IfiEïia : Faire
j.
Jaîse : Peine , tourment , gène.
Or ont por lear aniDor , perpétuel haïae^
Por leur joie, tristescc, por leur pais ,
atalne.
Et por leur fans déliz , très destraignaat
iamei
Périlieiise est «mor qui tel qaeaë traîtae.
Testament de Jehan de Meung^
V. 1575.
JuouB : Cage d*oîseaa , prison ;
copeoUù
ZuaLïÊE^jàkemes /Jacques, nom
propre dlionmie et de lieu ; Jacobas.
Voy. EMBins.
Jaioz : Jaloux, envieux; zeloty"
pus.
Jaoub : Prison , lieu de réclusion ;
ccu^eola : à'oii jaolage : £mprison«
nement, jaolier : Gsurdien d'une pri-
son.
Ce est ce que le jaolier doit avoir de
jaolage des prisonniers qui sont en sa
jaole ; c^est assavoir de la sainte croix , en
septembre, jusqu'à la sainte croix en moi.
Jlnciennes coustumes d* Orléans f
/1.471.
Ja soiche ; Déjà soit-il.
Item vœult que le confrérie de Nostre-
Dame des Clers Parisiens ait son bon et
railleur habit et qu'il soit yenda a l'entre-
tenement des messes du jœudi , jà soiclie
qu'il euift payé sa morte-main ou non.
Testament du ^ juin i449*
IkncRjous^jause^jausse : l
de couleur jaune ; hj^alinus.
Dn bont des dois le morsel tooc
Qa'el devra moillier en la sauce
Soit vert, ou cameline , ou yaiict
Rom. de la Rose , v.
Javlket : Sorte de fleur jau
Tient dans les champs; hjral\
Jectevr : Homme sennent'
jeter à la pelle , d'une m
uniforme. Les grains dans ]
sure, pour j être mesurés.
A un Jecteur appelé pour ject
mesure lesdits grains , quand vei
est faiclB à la délivrance d'ice
pris de douze derniers pour cint
las.
Compte de l'hospHal des Chartt
i5a5.
Jrhih : Reposer , demeui
place ;yacere.
Jenglos : Bavard, babillard
leur, conteur ; joculator.
Jes : Je les.
Congié lor demanc et reqnier ,
Ciucjes aim de cuer sans plalûei
Li Congié de Boude Fastoul i
Zf. 212.
te
Jesme : Diamant, pierre
cieuse ; gemma.
Tant com jesme surmonte yoi
JOI
Or, argent, rose prinaevoire,
Tant sormontèrent de biauté
Cil dui toz ceus de la cité*
FabL de Piramus et Tishi, i;. 65.
Jo, lîsez/'o ? J'entends^ j'écoute;
tdio,
Joe l 9 joelé y joelet , foiel, jouet,
yel ^ joyelet , }uel , au plurid
£ax , joyax , jouellez^ , jouets ,
-els : Joyau, bijou d'or ou d'argent ;
ideau de toute espèce , de jocus
% bas latio , jocalia.
Ge ne di pas que bien n^en port
ElJt par solas et par déport ,
TJng joelet , se ses aBois.
lie li a donné ou tramis.
Romau de la RoUy v, 4^^*
Cbapiaus de flors en esclicetes,
Aamosniéres ou crespînetes,
On antres joèlés petis ,
Ceintes et bians et bien fetis
' Se TOUS en aye's Paisement ,
Sans TOUS metre à destruiement,
Por apéfier |or présentez.
Roman de la Rose^ v, 7477*
St rob^ maint joiel a tort et sans raison ,
«alices de mousders, et argent et or boa,
.V>as les maus qu'on peut faire , plain de
Bude aohoisoo.
f^ie de Bertrand du Gûeslin,
JocLiER fjoielier jjoyaulier jjoyeU
ter : Joaillier, bijoutier. F'oyez
'OTELERIE.
JoBUDi 9 Joeudi : Jeudi , le qua-
rième jour de la semaine ; jovis
lies. Voyez. Atal.
JoBunENT : Jument 9 cavalle.
Les couUetiers auront pour chacun vint
lous de marchandise faite en Douay par
personne foraine ou non bonrgois , de
racqoe , bouveaux , cheranU , jœumens ,
pontlains et aultres vives bestes. . . . 4 d.
p^risis.
Droictures des couUetiers^ 20 mai i45o.
JoiGKAin : Fait avec justesse ; de
(ungere^
J L igi
Joims yjeosm , jone , jones , josne :
Nouveau, jeune, adolescent, en
bas âge ; ju>^enis ; d'où jonesce ,
josnesce ^ adolescence , jeunesse ;
juventus, Voy. ëscunduik.
Jois j joios , au féminin jo'we :
Gai, content, joyeux; degaudium^
jocosus,
Li DamiseasjfoiW é liez
Quant ariére fu repeiriez
Ife séjurnat pas en la teire ,
Al Rei aia sa fille quere ,
Qu^il li donast , il la prendreit
Ên-sum le muni la portereit*
Marie de France^ Lai des deux Amants ,
«;. 14 1*
Oublié avoie une chose ,
Qu^à chascun Prestre à la parelos*
Fist Yfame entendre par guile
Oue lehans n'est pas en la vile :
Si s^en refist chascuns plnsycû.
Hugues PiatieeU , Fabliau d'Estula ,
V. 189
Jouet, jollf, jolis; au £éminip
joliete, joUvCj jolivete : Joyeux,
enjoué*, gai, gentil, joli, mignon;
formé âejovialisj d'où/o/ev'cr et/o-
lier ; être gai, joyeux, aimable.
Jolivetement , joliment, avec grâce,
gentiment, d'une manière mi-
gnone.
Hé ! aloetc
Joliete y
Petit Test de mes maus.
Amors tant come li plaira ^
Ces maus soufrir me lera ,
Jà por destrece
Que en moi m'éde
Ne serai plus li faus.
Hé ! aloete ,
Joliete ,
Petit t^est de mes maus.
Complainte d^amour, seconde strophe ,
Ms. 7ai8,/t)/. 557 , A» eoU I.
Et par grant entente li chance
En chascun pie soler et chauctt
EntailliÀ joUvetemenl
A deus doie du pavement.
Roman de; /« Rost , v. 31359.
ao6 L O Y
en quatre pintes et variQÎt d\in en-
droit à l'autre. Le lot de Douai , le
pluâ grand de tous , employé pour
la bière 9 étoit de cent vingt -huit
pouces de roi cubes , et celui pour
le vin de cent sept pouces.
Louche : Soucoupe d'un calice y et
tout vase à boire. V. Calisse.
LoucHiE : La contenance d'une
louche,
LouisiEN (denier): Onxe de ces
jfleniers valoientsept deniers et demi
tournois. Ils étoient autrefois fort
en usage à Tournai et aux environs.
Louper : Manger, avaler avec
avidité.
Louz : Louange, action de grâce ;
laus,
£ sacrëfîéreBt sacréfîement de salu è
de louz.
Premier Livre des Machabées ,
ch. IV , V. 56.
Et sacrificium salutaris et laudis.
LovEi , loviaus : Loup , louve-
teau ; lupus.
S'il a gaires de tex louviaus
Entre ces apostres noviaas y
Eglise , tu es mal-baiiiie ,
Se ta cité est assaillie
Par les chevaliers de ta table.
Roman de la Rose , v, iii^S.
Lotement: Action d'attacher^ de
lier , de joindre , d'unir ; ligatio.
Ce mot vient de loyer ^ lier, d'où
loyen ^ lien , et signifie obligation
payable en foire
On datoit autrefois les actes pu-
blics et privés d'un jour notable ;
celui des paiements à faire aux foires
de Bar et de Ligny , où les draperies
de Douai avoicnt un débit considé-
rable , étoit fort connu des tondeurs
de cette ville , et on a employé le
nom qui désigne le jour de ces paie-
LUI
ments dans l'ordonnance qui les
concerne.
Foy. la citation du mot espin-
cher , à laquelle celle ci-après fait
suite :
Et se ne soit nulz onvriers si' hardis qui
fâche ouvrer de nuyt , de cest mestierse
n^cst de le sainct Nicollaj jusques au
lojrement de Ligny.
Ordonnance sur le fait des tondeun
et appareiUeurs de dra: s , de Van
1229, le joui'St'Christophie.
Nicholes Audefrois bourgboisde Douay
reconnoit devoir à Picron de Vaus,
bourghois de Compicngne ^1 liv. 10 sols
de parisis à rendre et à paier à Pieron de-
vant dit au lendi en fieste (Jeté ,Joire) si
comme marchans paie à autre , pro-
chaine , ke nous atcndons. ... et s' on paie
ces deniers devant preudoumes on est
qui te de l'eschevinage.
Chirographe du mois d^aoust 127 J.
Loyer : Prix , récompense. Loyer
de victoire , gage de la victoire.
Luc : Le luth , instrument de
musique.
Jà ces demy-dîeux estoient
Pretz de tumber en servage ^
Et jà doutez se iettoient
Dans la prison du rivage :
Sanz Orphée , qui soubdain
Prenant son lue en la main ^
Oppose' contre elles joue
Loing des autres, sur la proue.
Ronsard , stroph. IV de VOde aux
Trois Soeurs,
•1
LuiNz : Loin , élo^né ; de longus.
Cumença sei à purpenser -
Cument s'en purrat délivrer
Que nul sa fîUe ne quesist ,
Luinz h près manda é dist
Ki sa fille vodreit aveir ,
Une chose séust de veir
Sortit esteit è destiné
Desur le munt fors la cité
Entre ses bras la portereit.
Si que ne se reposereit.
Marie de France , Lai des Deut
Amanz , ^. 3a.
JUN
JluER DE RASTEL : Faire aller où Ton
mit 9 conduire à droite et à gauche.
Or m'a Dix jué de rastel ,
^uant prendre me convient pastel
-Avoec le chief des Yëeleiis.
fCotigié Baude Fastoul é^Arat y v. 285.
JfuGÉOR , jugères, fugièrCj jugier-
: Gonnoisseur , juge , arbitre ; de
JUS
19»
re.
Ne crien pas (}ue soie grevé
Por secorre aversité ;
Mais criem Diex et li sien servîse
Qui fera des péchiez justise.
Pense à Dame-Dieu le Père.
Qui toi ert tesmoing etjugièiie,
Castoiement , conte XXIX , v, 4^.
' JlTGES DE DESSOUS l'oRMB .* JugCS de
9iage qui , n^ayant point de tribu-
M, tenoient ordinairement leur
mrisdictîon devant la porte du ma-
Oir seigneurial y sous un orme ,
^as un chêne , ou tout autre arbre.
^Dîseaa en parle au Gh. X de son
*^aité des Seigneuries» Dans quel-
les coutumes on les appeloit sim-
tits voyers , parce que n'ayant point
m salle d'audience , ils rendoient la
UsUce sur la voie publique.
JvisiER, jusier : Le' gésier , Tes-
imnach des oiseaux : au figuré ; les
entrailles , le foie.
Si resaye's , biaux Genius »
Gomment Wjuisier Ticius
S^efforcent ostoir de mangier
fie riens nés en puet estrangier.
Roman de la Rose , i;. 19506.
JvLE^julle : Le mois de juillet; de
fulius. Voy. Retenir.
JvMENTiELE : Jcunc jumeut.
JuHCTVRE : Embranehement, join-
ture y assemblage j liaison.
Pus après kant hure serra
De manger quant il vus plerra ^
Travaillez vus un poi avant
£n chevachant ou en aiant ^
liif
Ou aucun autre chose fesant , ^
Kar çeo est mut ai cors aidant \
Kar çeo euchace ventositez ,
Le cors adresce , ô aforcez
£n est , é ailégge' ensement ,
£ al estomac cbaline rent ,
E les funetures lie , è ennientit ;
Les humurs nusantes é tut défit >
£ fleume sur Pestomac fet aussi
Descendre , k'est trop chaud èensechî.
Pierre de Vertion , Enseignemenz.
d'Aristote,fol, i8g, f^ col, a.
JuNE : Jeune , privation de man-
ger ; jejunium.
JiTNE , jung : Le mois de juin.
Voyez Cëvbt et Sierrant.
JoouR : Jeu , amusement ^ plaisir ;
de/ocan.
JuriNS d'enfans ; Parents après la
mort desquels des enfants mineurs
doivent hériter.
Item , que doresnayant toutes fois que
père , mère ou iupins d'enjans menre-
d^ans iront de vie à trespas sans testa-
ment, lesdits ministres prendront et aront
le cognoissance des biens revenants aux
dits menre-d'ans.
Instruction sur le fait des offices det
Orphenes de Douai , donnée par les
escheuins , /e 18 novembre ià^i»
Jts ( mettre) : Mettre bas^ an-
nuller, renverser.
Se fut conclud que en mectant Pamande
contenue es esdicts , jus , ladite correc-
tion et purgation desdits dras trouvé trop
courts et trop estrois , se feroit doresna-
vant y suivant ledit avis.
Reg, au Consaux , as juin 15^7.
Justice : Lieutenant des prévôt»
de Douai , chargé de mettre à exé-
cution les jugements civil& don
échevins. Voyez BiitLEusE et Satep-
FAGTION.
JCSTIGER9 justicier y justiser : Mat-*
triser y tenir sous la dépendance t
)uger y commander y gouverner j,
aoS UAL MAL
femme de lépreux ou attaa*~4e de la Maldire : Médire , blasphémer;
lèpre. Ç maledicere.
Jake de France et Lîegars de Ghesnain Li Aignelës adonc respunt :
se compagniesse.. donnent à l'abbie de Sia Sire , \k bevez vus k munt ,
daiésDouay 4^8. k pitance ; as frères prë- De vus me vient quanaae j^ai beu ?
ceurs , ao s. k pitance ; as boins enuns , Qui , fist li lox , malais me tu ,
5 s. k pitance j as povres maisiaux et L^Aigneax respunt, n^en ai voloir.
mâûie//e« de le maladrerie; asmalades de jtr ^' j c ^ Lt j r
l'hospital de» Carlriers jUans dans le Ti'^-^?',"'-^"^^ ^"^"'^
prosniel et en l'enfermerîe , k cascun de i igt le ,
ces lius 5 s. k pitance , hormis les uroven- M AtDisON , moldison : Impréca-
diers et les provendiéres : al hospital . "*"*'*ov« , m^^^t^ouic , ^lupicui
des femmes gisantes d'enfant, al hospital **Oll ; mala robies ; malédiction,
S^ Julyen , al hospital de Campflory ; au maledictio.
couvent de Corbie, au cornent de keBier' _ ., j^*i iv'u
nars Klate estera , au convent dou Cro- Fo'pent devon» doteir te celé honbfe
ket ; à cascun de ces iius 3 s. à pitance. "»'''^«°'" ; ke h profète pnest , ne chactt
' ^ par adventure sor noz.
Testament du mois de no^mbre i3o8. Sermons de St. -Bernard, fol. il%
MAI8INES : Servante. T. Veixon ^^^^^ . Malandre, maladie qui
^^ ^^^'^' vient aux chevaux.
MAI8E - ocgrisoN : Malencontre , m^^^^^^^^j, . Xrouble , empêche-
trouble, empêchement. ment
Maistroyer: Dominer, maîtri- Màl-faim : Misère, pauvreté,
ger, conimander, gouverner, ré- faim cruelle,
g 9 fnag . Male-foi: Duplicité, mauvaise foi.
Le eranz biautcz com si sot acointier _- ^ ^ ii/f«iu«.,« «««:
En Jortoisie , qui sont gent cors maLstroie , M ALE-FORTtJNE î Malheur , acci-
Jà li fist Diex por faire merveillier dent , infortune.
ÏL^ ChansonduroideNavarrefStrop.lv. Mal-gratieux , mal-gratieux de
« ^ j, j. ' j nflj/ure: Dur, bourru, fantasque I .
Mait : Baquet carré en forme de ^^^^ complaisant,
mai ou huche, propre a tenir leau. ,^ ^^ m, ,. . ,. .
ror. EspusoiR. * teAL.METTRE:MaUraiter, dissiper,
Majestire- Maffîstrature V Clei S^ter, détruire ; malt mittere. Doù
MAJESTiRE. Magistrature, f^ . i.LEL. ^^i^^i^^ maltraité, détruit.
Malbaillir: Maltraiter, détruire, „
Ktiînpr Hi&vAAtPr Tantost cum par ceste mesnie
ruiner, dévaster. p^ j^ ^^^^ mal-mise et fesnie ,
Trop li plaist quant il puet saintes gens La première vie lessièrent.
mal'baillir, Romande la Rose, v.t)lSio.
Eteuls oster de crace et enpechië sailuir:
As manvès, ce li semble , ne puet-il pas Mal-farler, mesparler; Médire,
Si nÎT/chaut granment de tiex gens calomnier ; de math parabolari.
assaillir. Malparlier : Médisant y calom*
Testament de Jehan deMeung, niateur.
'^^^^ '^^9- Male-peine : Peine înutUe ; avec
Maicontentemetît : Lisez 7wa/-c(?/t- niale peine ^ difiicilement , avec
lentement j mécQOtentement; beaucoup de difficulté.
K A L K A L 195
Lors s'esvcrtue , et lors s'envoisc II est vigUle le nuit S» Jehan en cieskerec
Li papegaus et la kalandre, et le nuit S* Picre et S» Pol ki est eu
Roman de la Rose , v. 77. _, ghieskerec.
' Il est vieille Je nuit b* Laurent en aoust et
Kale>-DIER : Calendrier , formé le nuit S» Mathiu en septembre.
île Calendœ ; ce mot (jui se trouve II est sigillé le nuit S» Simon et S* Jude en
lans V Image du Monde i!/. ^ n° 18, octembre et le nuit Toussains en oc-
•« 40 , R; , m'engage à publier une ^ */,^,i^ûe le nuit S» Andriu en novembre
iorte d almanach du xiii* siècle. Les et le nuit dou Noël en décembre.
Dréceptes qu'il renferme étoient Le demierkes et le devenres et le samedi
employés beaucoup plus ancienne- apriés le jor sainte crois sunt li quatuor
aient; il est écrit à deux colonnes : la tempre.
première contient les ordonnances ^*^ de.merkes et le devenres et le samedi
^ .. . , , , après le lor sainte Lusse sunt 11 quatuor
sanitaires; la seconde , des remar- tempre.
ques sur divers jours de l'année. Le demierkes et le devenres et le samedi
PREMIÈRE COLONNE. aprés Ic jour des Cendres sunt li qua-
En jenvier ne doit nussainier , mais faire tuor tempre.
puison de gengembre. Le demierkes et le devenres et le samedi
En février doit-on saiuier de le vaine dou après le jour de la Pentecouste sunt li
pous. ^ quatuor tempre ./^me/i.
En marc doit-on boire doue boire et nient
sainit^r et prendre puison d'aukerrais. L'usage de se faire saigner Sub-
En avril doit-on sainier de le moiene vainc sistoît dès les premiers temps de la
etmangicr car nouvcle et veutouser et „io„archie ; il étoit surtout en fa-
faire puison de leneule. , , . . ,
En mai doit-on caut boire et cautmangier veur chez Ics moines qui, par leur
et de le vaine del fie sainier et faire vie sobre et uniforme, par le Ira-
puison d'aloisne. vail journalier auquel ils étoient
En ghieskcrecdoiton sainier et boire aigbe assujettis, avoient moins besoin que
aenjunetfairepuisondefloursdccrapcs ^^^^i^es d'un pareil remède. Dans
de roism ^
En fenerec ne doit nus sainier , mais man- chaque couvent il y avoit des jours
gier rue et boire aiguë à enjun et faire désignés pOUr employer ce remède,
puison de flors de crapes de roisin. que le COncile d'Aix-la-Chapelle ,
En aoust doii-on boire doue boire , nient tenu en 817, défendit en réglant
saiciiier , et faire puison de rue. u ^ ,^ ^i'«*^.,^ -, > «i.
En septembre doit-on sainier etmangier f\^ ^^^q^^ religieux ne pourroit se
ces et car de porc et boire moust et laire saigner que lorsque sa santé
faire poison de betone. l'exigeroit. Mais le préjugé l'empor-
En octembre doit-on roisin mangier et tant sur la loi du concile, il COnti-
moust boire à enjun et faire puison de „^j^ ^^^^^j^ lje„ jusqu'au XVl" siècle,
poivre et des aille et de sel. ^ ^ j • t / ^ 1 «
En novembre doit-on sainier de le vaine ^6 temps de saignée générale S ap-
del lie et faire puison d'Isopc. peloit jouTs malades ^ et jours de
En décembre fait-on ausicom en novembre, la minution del' sanc. Les Statuts
DEUXIÈME coLoirifE. dcs Chartrcux leur permettoient
Biheslres kiet une fie en quatre ans et pour seul remède la mînution et le
c'est quant on puet Tlncamation partir cautère qu'ils pouvoicnt employer
en Quatre parties en Weles et si kiet le cinq fois l'année. Il en étoit de
jor S» Matbm en février. ^^^^^ ^^^ Prémontrés, mais les
Oueres le lune pninc après les nones de- >-,, . ^ , . \ . ,
mercre, li tiers dicmenccs après celé Clunistes, Ics autres ordres et les
lune prime est li jour de paskfs. chanoines étoÎQnt réduits au pom
9
ig6 KAR
bre de quatre saignées par an. Les
laies eu faisoient autant et souvent
même 9 pour ce moment ^ ils al-
laient se retirer dans quelques mo.
nastères. Dans certaines chartes de
fondation , le fondateur se réservoit
ce droit pour lui et pour sa famille.
{Voy, ma note sur Tétat de la mé-
decine en France au xui* siècle,
dans les productions de Marie de
France , table du, Mire qui seina
un homme, )
Kanebvise : Chenevis.
Grard Senallard et demiseUe Jacques le
Micquiei, yeuve de 3acquemon Lallart ,
ont recoenu estre d^accord de toutes les
zuarchandises dont iceilui Grard et ledit
feu Jacques se estoient entretenus et en-
sonnyés ensemble et à compagnie , tant de
bois y bleds, advaines, soilles, secourjon,
navettes , lynuys, kaiienes ( chanvre \ ka-
jiebuises , oil]es, laines , -waranches , wed-
des, vinsyherens et saumons. 12 aoust i479«
Registre aux Actes ,foL 99, ^*.
Kaneke : Chanvre. Voyez Cank-
BrisE et Ganene.
Kar : Pourquoi ; car quare.
Si vels ke tu ne failles
De savoir les batailles
D'Aufrike ou de Rome \
Lucan apren , kar
Iliuec troveraz
De guère la summe.
Ev^erard de Kirkam , Distiques
de Caton,
Karnel, karnias j karniaus, kar-
niax , kcrniaus : Crénaux d'une
forteresse ; d'où kernelé , crénelé.
Quant Bras-de-Fer reconté m'ot
Sun estre trcstut mot à mot ;
Lors véimes une valëe
E praérie è grant è lée ;
Rivière grant , è deus chastiaus.
Fremés à murs è as karniaus ,
£ as fossés granz c parfonz.
Paliz , è Ireochéis, è ponz
I avoit , è bares , è lices j
J^reta^cbes » portes couléices,
KEM
De fer vestnes è bien chaucîes ^
A cbaianes sus les caucies.
Tornient les ponz toi-ne'is
Sur les murs ot fort hordéis ,
Et as kemiaus larges aiées ,
Forz bailes , forz turs hemelées ,
£ fort garites i avoit.
La rivière au pie lur batoit
Plus grant é plus rade du Rône ;
Ouques hom ne vit sur le trône
Doos viles issi délitables.
En contant yéritez et fables
Entrâmes en la mestre rue.
Tournoiement d^Antecrist^foU i\%
V"* col. 2.
Kavve , kauwe , kawe : Choœttey
oiseau de nuit,; sorte de corneilk
grise aux bec et pieds rouges; ca-
cuba.
D^un Yileîn dist qui norrisseit
Une Kauwe que mult ameit ;
Tant la norri qu^ele parla ,
Un sien Veisin la li tua.
Marie de France , Fable XLVIIIi
du y^ilain et de la Choë»
Kavegheu , ka^fech ^ havechdf
kavecheul, kas^echil , kavecoel : Tra-
versin , oreiller. Voyez Kemisui»
et KovjLE.
Dix ki ne veut prendre mellonr
De mi por souffrir grant dolour ,
Me commande que ior desponde
Le mal dont jou ai le piour ,
Que tous tens me senc eu dolour,
Et au ka^eck et a Pesponde.
Li Consié Baude Fastoul d'Am
V. 96.
Kel , kele , lisez k'el , keV , k*ek :
Que lui 9 qu'elle.
E est aie Bras-de-Fcr pendre
L^escu Anticrit à la porte
De nostre hostel ; è l'en m'aporte
Vin de Poitou pur assaier ,
E jo qui kW deust paicr
Bui assez.
Tournoiement d*AnUcristjfoh 21%
R"* col, I.
K^MiNiAvs : Ghçaets , feu ^ cp qui
K E U K E U 197
ompose les instruments nécessaires Kevde : Coude, angle; cubitus.
une cheminée. C^^st assavoir que li dis sire Jean Bonne-
Une keme, «nkayechea, une keute- broque puet faire couvrir et mettre plu<-
• ointe , un couvertoir , deux keminiaus, sieurs pièces de bos pardeseure l'iau ne
T» Tj Tt j i>'«^....- j- .«//; joignant à le maison de le tainture et au
Tarif du Trauersde Peronne de «45. {enement Simon de Prouvins , par derrière
KcMisB : Chemise , robe de des- f^ ^^^^ ^^^^^^ «^ <ioit venir jusques à ua
ous. Voyez Toeixe. igU&li6. "'"'*''' frères Prescheurs.
Kerker : Chercher , rechercher ; q^^^^^ ^ ^ pjg^^^^i ^ y^j^ ^^
ircuire , qucerere. Voy. Adevaucer. Douai; coté JY. ,foL 37.
KERKié ( être ) : Êti-e chargé. jj^g^^^^ ^ ^^^^^^ ^ ^^^^^ . jy^iset-
'^oyez Fondement. ti^r , coudrier, arbre qui porte des '
RERtJiER , kieruier , kieruyer : noisettes ; corytus j codra , d'où
naître des labours ; celui qui con- keudrette , cmidrette, ombrage des
luit les charrues. coudriers.
Jehau de Los , bouchiers , fu navre' de Keulte , keute, kieute, koute : Lit
leux cops morteus , s'en encoupa Colin de plumes , matelas ; culciia. Voy.
^icart , dit d'Anthoin , keruier. KouiLE..
^fC"" ^^""^'^ ^^ ^""^ '^''^^^' ^^''"^ " "^'^^^ ' ^^"'^ -pointe :
^^^' Courte-pointe , couverture de lit ;
Huit muis , six rasiéres , d|pus coupes culcita-puncta.
ravaine pour les kievaus de hierue dou- '
lit hospital pour toutle terme devant dit, Et que nuz ne puist faire keulte-pointe
toute laquelle avaine a esté par ladite De- nœufve qui n'ayt flocon de cotton dedens
tnisiele délivrée par taille à rencontre dou sur ce meisme fourfait.
kieruyer qui en a wardé le contre-Uille. 2?a/i des Parmentiers et Pourpoint
Compte de P Hospital des Wez tiers , xv* siècle.
Kevvre, kieuvre^ kievre : Cuivre;
Keschedont , lisez k^es-che-dont : cuprunu V. Pestel.
I^U es ce CU) C* Uem. Trois cappes de soie estoflëes est
Dont met sa main sor la poitrine , assavoir l'une des deux alHquée d^argeot
Et voit k'il ne li respont mot. encasséz , et les autres chacune de deux
He ! Diex , k'es-che dont ? nés un mot afEques de keuure.
Mes dous sires , mes dos amis y Inventaire de Véglise de Nostre-Dame
Vous estes por chou engramis de 1421.
Que plus tost ne sui revenue. Si vînt en le cambre as pillées de keuin^
Fabliau de la Longue Nuit , v, i5o. li ù les eskevias plaident, xiv» siècle.
Keste : Embarras , peine , souci. Keuvrechiez. V. Kieuvrekwf.
Vous aveï oï les assens Reitwes, sorte de mesure ou do
Comment il fut mis hors del keste , . ^^ ^^ peut-être le ton-
Comment lut sus le ht a Vesque 101 ' r
Et li Moines tant le doutèrent «eau appelé queue.
Conques un seul mot ne sonnèrent. Lesdits deMarlis ne pourront vendre ni
Fabliau delà Longue Nuit j v. ii47« distribuer à brocque , par an , plus que
de la montance de dix keuwes de vin sans
Kevge , keuche : Pierre à aiguiser, payer maltotc.
Keuge^POIHTIÉ • Rémouleur.^ RéglcmenU de laville de Vahnoienneu
-..r
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f:r.»-.^ i p*»r-r.:» . i.: en zrïxi:-:rs .
P .f ^; .;ttr<'Uz..4 ^■^ mains ierû q-^rjs,
■ ■ f,uf. j*>^ ioi.4 »jai Aunt esrritea .
1/ ^',1*. pr.i rii f r*»«ont forfait.
M AU
Matràràs : Massette ; tipha lati^
Jblia ; fruit d'une espèce de roseau
et son duvet, dont on faîsoit des
matelas.
Matutir Ats : Le matin , l'aube da
jour ; de niatutinalis.
Mav , maus ^ mauz : Méchant j
mauvais ; malus.
Sans faille tu es mau5 traitre
Et lerres trop desmesurés ,
Qtmt mil fois t^ies parjures.
Roman de la Rose , v. 10976.
Mavbaillir : Maltraiter, gâter,
détruire , ravager , ruiner.
Maubuisson : Buisson près duquel
il est dangereux de passer.
Mavfaitor: Criminel, malfaisant;
malefactor,
Maucer : Panser une blessure ,
soigner une plaie ; de niedicare,
Maugister : Être mal couché ,
mal héberger ; de nialè et de/acere,
Mavgré : Mauvais gré.
A sa meisun en est alez ,
Si ad tuz ses amis mandez ;
DeP Rei , sun seigneur , lur mostra
E de Pire que Ters li leva.
Mut li servi a sun poeir ,
Jk ne deust maugré aveir.
Marie de France , lai d'Éliduc ,
vers 60.
Mavgreur : Homme qui jure et
qui profère de vilains termes. Foy.
OsnvEZ.
Maulevrier : Méchant chien de
chasse.
Maumis : Maltraité, tourmenté;
de malè mittere,
Mavpas : Endroit dangereux ,
poste périlleux , lieu où le danger
est plus grand.
Il lur respunt vostre merci ;
Aureit-il nul de vus ici
ME G 2i5
Ki maupas , ou destreit séust
U Tum encumbrer les pe'ust ?
Si nus ici les atendums ,
Peot cel estre nus'justerums.
Marie de France , lai d'Eliduc ,
vers 167.
Mavrikn , morien : Éthiopien ,
Maure ; Maurus : Bas breton Mau^
ryan,
Maurov : Rond de malheur , cer-
cle tracé par un magi^en.
M AU vendre , mavenure: mauvaise
herbe.
6 s. payes pour queiller egret et aaltres
mavenures as dis gardins.
Compte de Vhospital des Wez^
de i36o.
Mavés , mavez : Méchant , mau -
vais ; malus , maleficus ; d^où ma-*
vestié; méchanceté , malice.
Meghief , mcschief : Malheur ,
accidibt.
Megin : Jeune garçon. Mecine ,
jeune fille.
Megtre : Placer , mettre ; mittere.
MÉET : Mai , huche , pétrin.
Si donne comme aussi toute ma
bouticiedeboulengerie compris les méetz,
monstres , drescnes , pelles , pots aux
brèses de cuivre, moulin bultoire, et
ge'néralement tous autres ustensilz , ap-
partenans au stil de boulengerie.
Testament du i" juin 1674*
Meffesant : Dangereux, malfai-
sant. P^oy. Enteimes.
MÉGREGE , mégresce , mégresse :
Maigreur, diminution; maceratio.
Si nH fëist riens Avarice
Ne de pâleur, ne de megrece ;
Car ii soucis et la destrece ,
Et la pesauce et les ennuis
QuM soffroit dejors et de nuis,
L^avoient moult fcte jaunir ,
£t maigra et pasle devenir.
Romaji de la. Rose y v, 397.
5
SS03
LE V
Que tut TUS recuiiforterunt
£ boue Tcrtu vus dunrunt.
Mai ie de France , Laides Deux Amanz ,
V. io3.
Lettcre : Laitue , plante pota-
gère.
hem. ( fournira) Chascun jour cliivos ,
porrée , lettures et presin où temps que
telles mesmes choses sont en saison.
Bail du 27 octobre i45o.
Leumer, lumer : Jetler de la lu-
uiière , éclairer ; de luminare.
Leur : Là où. V. Osecerec,
Dcssoivre et çerquemanement entre
j'hiretaice de M* Henry de Caudr^ et Tire-
tage de Loys Février , leur il maint.
Chirographe du 'ai aoust i463.
Leure : Éclairer y luire ; lucere.
Leur l^en : Là où Ton.
Pour rente deue sur tout le dismage de
le court de Flcrs-iez-Douai , appartenans
à i'abbeie de Saint-Vinchant-de-Senlis ,
deux muis de blc qui se prendcnt et lie-
vent en ie grange dudit lieu de Fiers leur
Veii met les grains dudit dismage.
Compte de l' hospital Saint- Jean-des-
Tjxfui'és de 1^60.
Pour le maison Baudes de Saint-Venant
qui siet entre le maison Evrart de Saint-
V'enant-le-Viel , d'une part et le muelin
leur Veii dene (moulin là où Ton dîne )
(rautre part, deux murs et un ferton.
Cartulaire des rentes de Jean de
Franche ^ octobre 1291.
Leu-repost : Lieu secret , caché ,
dérobé à tous les yeux; cabinet
d'aisances.
Lever le cri : Appeler , deman-
[îcr du secours.
Al terz jurs qu'il ot surjurne' ,
lÀ criz let-'a tu la citû
Que lur aucmi sunt venu ,
£ parla cuntrée espendu.
Marin de France, lai d^ Eli duc ,
LIE
LiBRAiÈRE : Femme d'un libraiie;
mot encore en usage dans la Flan-
dre.
Lice : Terrain où avoit lieu les
joutes et tournois. Entrer en lice y
commencer le combat; Jidr k
lice , éviter le combat.
Lie : Gai , {oyeux » content;
lœtiis. La Fontaine s^est servi de ce
mot en plusieurs endroits , Liv. lH,
Fable 17; Liv. VII, FaWe 14 ;
Liv. VI 9 Fab. 12. Suivant Le Da-
chat, Notes sur Rabelais ^lAsA^
cb. Liesse, joie, gai té , viendroit
de lœta. L'abbé Guillon , Notes sur
les Fables de La Fontaine ^ tom. I,
pag. 1 87 y dérive ce mot de Liœus,
surnom de Bacchus, père de la joie,
qui vient du grec xZmj soivo ; curis
solutus y libre de soins , joyeux.
Liefres : Lèvres ; labra.
Bocbe petite ot et rermoilles
Et les liefvres furent pareilles.
Fabliau du chewalier gui foisoit
parler y v. \c^\.
LiENARTDE Waces : On donnoit ce
nom à la personne qui , dans un
jeu de société 9 payoit les gages non
retirés.
LiGNALOECY y Ugnaloes , lignis-
aloes : Bois d'aloes.
Avant que le flum entre en Egypte , les
gens qui ont acoustumé à ce faire , getent
leur roys desliées parmi le flum au soir ;
et qu.int ce vient au matin , si treuventen
leur royz cel avoir de poiz que l'en aporte
en ceste terre , c'est a savcnr gingimbre ,
rubarbe , lignaloecy et canele.
Joinvillc, Histoire de Saint-Louis, p. 4^*
Si prendrez létoaires après
K'cst nome lignis-aloès ,
K'cst en livres de mescines cscrit ,
Comcntc de ki estcumiit.
pierre de Fenion , enseisnemtJt:i
d^Aristote ,JbL 189, F* col. i.
\ .
LIN
ils ont tant fait en ce mant.
e :".c.i bitns-fais lor doins part,
est ki m'est jnoutt'e ù front.
à savoir tous ceux ki sont
cK^s JVages sui Lien art,
Cons^îê Bande Fastoul d*Aras ,
iK 456.
HÉ , llurviché (maison ) :
louée.
me à Jehan Wallequin , men fil ,
le maison et toutes les maisons
a{>])Krfenans à icelle , qui sont
n membre.
estameitt du 26 décembre ii'fi,
Jehan de Vitery ii barbières ,
it devoir à Ivette femme Jehan
te qui fu, vingt- deux sols quatre
parisis, forte monnoie pour hos-
n maison liurvîché.
rrographe du mois dejule i3o8.
ER : Lever un malade pour le
er ; lever l'ancre d'un vais-
lever une vanne pour laisser
les eaux.
ACE, ligne e : Race 9 poslé-
uite , descendant, famille,
peuple , nation ; de linta ^
aintenaunt après cestes chouses ;
ni tous les pocples oïMsent le soun
e , de frestel , de harpe ; de bu-
de psaltries, de symplmns et de
anères de musikes: chcauntz tous
des , lignées et langes et ahourèrent
; de or que le roy r^abugodonosor
bliz.
Bible , Daniel , ch. III , v. 7.
hœc igitur statini ut audierunt
populi sonitum tubas , fistulœ et
? , sambucœ , psalterii , et sym-
, et omnis ^eneris musicorum :
'S omîtes populi , tribus et liuguœ.
LI V
205
ei^nt statuant auream
lerat Nabuchodonosor jvx.
qucm
:Erit , lincœul : Drap de lit.
lExy.
Lingnàs : Bâton ^ parement d«
fagot, coteret; lignum.
Or sui- je bien venu à point ,
Fait li Ostes, quant on me truflfe;
L^un va doner une grant bufiTe
Puis fait apporter aeux lingnas.
Fabliau des Ti\)is Aueugles Corn-
piengne , v. i^S.
LiNGNE ( à cop de): à coup de
ligne, en ligne droite. ^. Bajoes.
LiSBETTE , lisebette : Sorte de petit
lit.
Item. Donne à ladite Authoinrtte une
lis bette y un petit lit et parclicvct....
Testament du \S mars iô83.
Je donne a Jacqueline de G... maniepce
cent florins avec la couche , aultrement
appellëe Lisebette
Testament du i*] juillet i6oi.
L1UA.GE, Image: Louage, location ,
locatio.
Je mets entre les mains de mes testa-
menteurs deux mai^ns pour mettre
manoir en Tune d^icelle trois povres
femmes , telles qu'ils veront que bon i crt
et dou liuage de Paultrc maison, les dites
trois femmes les doivent retenir et des-
roater bien et souflissament.
Testament du mois d'aoust i538.
LivERER : Donner, prêter, accor-
der; liberare,
Di ta priveté
A compaignun celé
Ki feint n est ne volage ;
Tim cof^médeciner
Al mire deis liuerer
ICi leal est è sage.
Eyerard de Kirkam , Distiques de
Caton ifol, 2o4 ^° ^ol» i.
LiVREisiFN : Réquisition j levée
d'hommes, d'armes, de chevaux
et d^autres fournitures; liberatio.
A tuz ses hummes dëfendi ,
Que ni c'u&t nul si hardi ,
Qui des quarante jurs primera
Preist livréisun ne dcners.
Marie de France, Lai d^Fliduc, t*. i^
fti6 MES MES
Mesaler: Se gâter, se corrompre, Mescokgnoissant : Qui ne recBn-
de malc satire ,. et non pas de mesel, nott pas y qui ne veut pas recon-
meseauj lépreux. P^oy, Maisiavs. noître.
Tant font le savoreux en venir, en aler, MescohtEE : Se tromper dans Un
£n sadaier la bouche, en regart, en par- calcul.
X iM^"^' L ,. *i 11- j' Mescké ANGE : Soupçon.
Qu'il en estuet sovent les plus haus de- *^^
yaler , Mespabirl : Mal partager^ diviser
Les plus fermes frémir , les plus sains inégalement , déranger.
,rr, . /j 1 t. j «Vf Mesqueance : Malheur, infortune,
Testament de JehandeMeui^iv.x^^. f^^^^^^ accident; nJUus casus,
Mesaher : Mésestimer, mépriser^ formé de malè cadere.
h^t ; malèamare. Dixkim'afaitk sa samblancc.
Se assailli ou mésamés Eskiut son cors de mesqueance
Ne cremisse estre , g''en cuillisse , Assés mix que il n'ait fait mi.
Au mains une que çc tenisse j^i Coiigié Baude Fastoul d'Jras,
En ma mam , por lodor sentir. ^^ /q°
Roman de la Rose^ v, i638. «, -» . r » .
Mesriehs : Bois en général , et
ME8Au,me*aM5^me5<2i42; Lépreux, particulièrement le bois de cons-
attaqué de la lèpre ; misellus. truction ; de mater iatnen.
Meschine : Rond de fer à jour, Mbsseux : Missel, livre qui con-
tenu par deux branches qui s'accro- tient toutes les messes de Tannée;
chent à la crémaillère, sur lequel àe missa.
on peut mettre une casserole, un xtem, vingt-trois livres de pluâeurs
poêlon , etc. Voyez Ansette. fâchons servans à ladite église , c^est assa-
Mescine : Remède , médecine, voir six mc^icax.,..
réconfortant ; medicina. -'>' uentaire de r^glUe de Nostre^Dame ,
Sovent li prie la Meschine, ^ ^^"^'' ^" ^^f^^rier ,4ai.
Ami , bévcz vostre mescine ; Mession : Récolte y moisson ; meS'
Jà ne la volt oïr ne creire , ^^q^
A grant anguisss od tu l'eire * j* ti. i t? •
Sur le munt vint , tant se greva, E* se dist Jhesus en rEscriptore, aussi
Ueoc chai , puis ne leva. <ïom cil ki coelle el tans de mession ^
■n/Ê ' j ^ r • JF n c'est-à-dire qu'il n'avoit racatëe ouc K
Marie de France^ Lai des Deus Larrons ki n^estoit riens envers les îutrcs
Amanz , -v. 198. g^^^ Roman du SainuGraoL
Mescine, meschine, mesquine: Mestenon : La petite vîUe de
Jeune personne, demoiselle. Foy. Maintenon, située entre Chartres et
ÏSTEROiT. , . . o Nogent-le-Roy ; Mesteno.
Mescoisir , meschoisir : Se Irom- __
per dans un choix , mal choisir. ^^^tier a mettee vwdes : Ar-
^ ^. ^ n j TT 1 • j- moire de cuisme , buffet , garde-
Li Quens Bongars de Valence 01 dire «jonirpr
c'en pendcroit Aucassin son enemi, si ve- *"3nger.
noit celé part, et Aucassin ne le mescoisi Rechupt des biens demoiîrës de cincq
mie , il tint s'espe'e eq la main , et se le femmes trespasse'es ondit bospital
fiert "parmi le hiaume si qui li en baie la 8 s. 4 d* pour un mestier à mettre vian-
main. des.
Fabliau d' Aucassin et Hdcolete , p. 38g. Compta de Vhospiial des ^ea de 1Z60.
LOI
Et s^il y a anlcuns poissonnier de
lie à quy auicun envoy soit i'aict
on de mer , il le poura vendre par
le denier , dure de la mer , à une
it la li^^re de la mer ne yaurra que
•j ( trois sols neuf deniers.)
onnance sur la vente du poisson
mer renouvellée Van jCfio.
.ssER : Pencher la této de
3il j sommeiller.
ltif : Locataire d'un bien,
[naison , d'un appîiirtement ;
ius,
[nil trois cens six , le menu peuple
lie de Paris , à Poccasion de Vanoi-
ent des monnoyes , pillèrent les
de ceux qu'on disoit en estre
car les riches et propriétaires des
» refusoient de leurs locatifs la
re abaissée, exigeoient d'yeux autre
(e de plus haut pris.
Gilles Corrozetf Antiquitez de
Paris i586, p. 107^».
E : Espace de temps et de che-
Un jeune homme ayant tué
.4ette :
mi l'eire l'aveit getëe ,
demura ke une loée
lant sa cumpaine i acarrat ,
vit la place ù ele jut.
de France, Lai d'Éliduc , t^, loSa.
ETTE : Chaumière 9 cabane.
SNET : Loin , éloigné ; de /o/i-
autres fu un poi loignet ,
n chien honteux en un coignet
cropoit et s'atapissoit.
Roman de la Rose, v, 455.
NGTENG9 loingtien , au féminin
^igne j lointiegne , lointiengne :
lé y distant ; longinquus*
u>it-ilainsint que se mère eust baron
il prueve que li baron sa mère où
le il funés et dix mois devant estoit
:erre de Outremer ou en estrangcs
loingtengnes sans revenir.
oustumes de Beauvoiiis | cA. XLY ,
p. a53.
LOT 2o5
Lois : Homme du monde , laïc ;
laicus, du grec A«^$-.
Justice avoit escu douté
liC tiers de discrès è lois ,
Pour justifier è clers è lois»
Huon de Meri , Tournoiement d^An-^
tecrist , JoL a3o, f^*». col, a.
LoiSE, loisible: Permis, licite ^
juste ; licitus,
LoiuRE , hien : Lien , ligature f
attache; ligatura^ ligatio» Yoy. Mb*
NVSTIN.
Vengiés est de son anemi
Dont se feme faisoit ami :
Ainsi avint del prestre fol ,
Li loien li osta del ctA. ,
Que on n'en voit perchevant.
Fabliau de la Longue Nuit y v. 90.
Longq: Effîléjlong, menu, étroit;
longus. Yoy. Bauch.
LoNGHEGE , longheur : Longueur;
longitudo. Yoy. Atee et Bavch»
LoBD : Lourd , pesant.
Et s^ele a trop lordos mameles j
Preingne cuevrechief ou toéies
Dont sus le pis se face estraindrt
£t tout entor ses eus tes ceindre
Roman de la Rose , if. i3535.
LOBSEILHOL. yoy* LOSSEGNOI.
LosENGBiÉ : Fait en losanges.
Je donne à Jehane , fille Jacquemon de
Goy une nappe , la plus longnue de le
huge, undoublier derœuvre de Toarnay,
le meilleur Içsenghié et un aultre dooblier
de Pœuvre de le dite nappe.
Testajnent du 26 juillet i354»
Lossegnol'^ lossenos, loussegnos,
lousseignos : Le rossignol , oiseau
connu par la beauté de son chant.
Lot: Dit axxssi pot de lot ^ ou sim-
plement pot.
Mesure au vin et à la bière, en
usage dans la Flandre françoise. Il
se dlvisoit en deux demi-lots^ et
2io6 LO Y
en quatre pintes et varÎQÎt d*un en-
droit à i^aiitre. Le lot de Douai y le
pluâ grand de tous , employé pour
la bière 9 étoit de cent vingt -huit
pouces de roi cubes , et celui pour
le viii de cent sept pouces.
Louche : Soucoupe d'un calice 9 et
tout vase à boire. V. Calisse.
LoucHiE : La contenance d'une
louche,
LovisiEN (denier): Onze de ces
jfleniers valoientsept deniersetdemi
tournois. Ils étoient autrefois fort
en usage à Tournai et aux environs.
LoupEH : Manger 9 avaler avec
avidité.
Lovz : Louange 9 action de grâce ;
laus,
E sacrëfiérest sacréfîcment de saiu è
de louz.
Premier Livre des MacTiabèes ,
ch, rV , V. 56.
Et sacrijîcium salutaris et laudis.
LoTEi , loviaus : Loup , louve-
teau ; lupus,
S^il a gaircs de tex louviaus
Entre ces apostres noviaus y
Eglise , tu es mal-baillie ,
Se ta cité est assaillie
Par les chevaliers de ta table.
Roman de la Rose , v, iii^S.
Lotemekt: Action d'attacher^ de
lier 9 de joindre 9 d'unir; ligatio.
Ce mot vient de loyer , lier, d'où
loyen , lien , et signifie obligation
payable en foire
On datoit autrefois les actes pu-
blics et privés d'un jour notable ;
celui des paiements à faire aux foires
de Bar et de Ligny , où les draperies
de Douai avoient un débit considé-
rable , étoit fort connu des tondeurs
de cette ville , et on a employé le
nom qui désigne le jour de ces paie-
LUI
ments dans Tordonnance q
concerne.
Voy. la citation du mot .
cher , à laquelle celle ci-apr
suite :
Et se ne soit nulz ouvriers si ha
fâche ouvrer de nuyt , de cest im
n^cst de le sainct Nicoilaj )usc
lojf'ement de Ligny.
Ordonnance sur le fait des i
et appareiUeurs de dra s ,
1229 , le joui' St-Christop}
Nicholes Audefrois bourghoisd
reconnoit devoir à Picron de
bourgbois de Compiengne ^i liv.
de pari*is à rendre et à paier à Pi>
vant dit au lendi en tiesle (Jeie ,
comme marchans paie à autr*
ciiainc , ke nous atcndons. ... et s
ces deniers devant preudoumcs
qui te de Teschcvinagc.
Chiixtgraphe du mois d^aoust
Loyer: Prix, récompense.
de victoire y gage delà victoi
Lrc : Le luth , instrum
musique.
Jà ces demy-dieux estoîcnt
Prelz de tumbcr en servage ,
Et jà doutez se jettoient
Dans la prison au rivage :
Sanz Orphée , qui souhdain
Prenant son lue eu la main ,
Oppose' contre elles jolie
Loing des autres, sur la proiïi
Ronsard , sti^ph. IV de /'
Trois Sœurs,
LviNZ : Loin , éloigné ; de <
Cumença sei à purpenser
Cumeut s'en purrat délivrer
Que nul sa fille ne quesi.st ,
Luinz è près manda è dist
Ki sa fille vodreit aveir ,
Une chose soust de veir
Sortit estcit i^ destine
Desur le munt fors la cit«;
Entre ses bras la portereit.
Si que ne se roposcreit.
Marie de France , Lai d
uimanZf v, 52.
MAC
LûiTiÈRE : Lutteur ; de luctari.
N^est pas bons luitières , ne fors,
Quant Fortune fait ses efforts ,
Et le vuet desconfiie ou batre,
Qui se puct à li combatre.
Rowian de la Rose y v, 5go2,
Luminaire : Cierge ou lampe en-
ZTetenue dans une église ou chapelle
par la fabrique ou par une con-
Erérie. P^oy, Œuvre.
Lt : Le^ la, les, lui, elle.
MAI
207
Item, sensuît le l^ierke dou blé que ly
dite demiselle fait pour les despouiile de
douze rasières de terre.
Compte de Vhosphal des fVez^
de i35o.
Ltde : Le royaume de Lydie.
PTonc ne la pot tenir Crésus , ^
§u^el neP tornast et jus et sus ,
ui refu roi de toute Lyde,
Roman de la Rose , v. 65i5.
Ltnuts : Lin, graine de lin;
linum, V. Ka^ebuise.
M.
Machon : Maçon , ouvrier en bâ-
piment. D^où niachenerie , macho-
nerie , construction ; et machoner ,
^édifier , construire , travailler au
bâtiment ; de mansio, Y. Advalue
~-;el Mierde.
Maclou, macloud, maclout^ nia-
ikout: Malo, nom propre d'homme
et de lieu.
Macrovle : La macreuse , sorte de
poule d'eau.
Madré , mascre, Voy. Drapaille ,
HaNAP et QUECVRE.
Je donne a Jehan Âudefroit , fil Collart ,
.. trois hanaps de Madré à piet d'argent , à
'..Katherine Audefroit sereur audit Jehan
-trois hanaps de madré plas qui sont pour
monstre de taverne.
Testament du 5 mars i36i.
i
Magnier, mangnier y mannier ,
' masnitr , mœnier, molsnier ^ mon-
gnier , mosnier , mousnier : Meu-
nier ; molinarius» V. Hiretaule.
Ordonnances , bans et édis sur les mos-
niers , pour moire à le xx™«.
On fait le ban. . . . qu^il ne soit aulcuns
masniers ou magnières, variez de mari'
niers ou magnières qui prende pour
' droit de mouiture plus grant saiiaire que
le vingtiesme. 14 aonst 1437.
De Martin Wion mangnier, ....
De Pierre Gourdin mangnier, . . .
Compte de Vhospital SainlrJean'-des-
Trouvés de i53o.
Maigresce: Maigreur; macritas.
Ses dois li a créus maigresce ,
Des genous li pert la rondesce ;
Talons a haus , agus parens ,
Ne pert^u'el ait point de char cns.
Tant la tient maigresce et compresse.
Roman de la Rose y v» 1031 1.
MAiNTE2îAiïT(de) : Sur-le-champ «
aussitôt
La grant dolor me renovele
l^e mes plaies de maintenant ,
Trois fois me pasme en un tenant.
Roman de la Rose , v, i83^.
Mairoitnier , maronnier : Mar-
chand de bois de charpente et de
construction; de materiamen.
Pierre Baratte , maironnier et carpcn-
tier.
Testament du 17 octobre i5o6.
Betremieu de Brou , maronnier.
Vente du 29 mai i4-9'
Maisiavs 9 maisiclles : Lépreux *
aao M K
quantité ; de mons , beaucoup ,
considérablement; de multum.
Monstre : Intérêt d'argent prêté.
Item , pour ce que les obligations qui
6ont à le Taule des orphenes , contien-
nent francs franchois , est ordounë que
les obligiez payeront les monstres et pnn-
cipaux deniers en francs royaux ou mon-
noie à Tadvenant.
Instruction sur le fait des offices
des orphenes, au i5 not^, iSga.
MoR , morien : Nègre , noir ,
maure ; maurus. Voy. Moretâigne.
MoRETAiGNE, mortaignc : La Mau-
ritanie.
Mais cil el dromont me mena ,
\ Et ces letres vos envoia ,
Il a plus noir du chief la cliaigne
Que n'est un Mor de Moretâigne /
Ne sai sVst Grizois ou Hermins.
Rom. de Blanchandin y foL i86,
R° col. 3«
Quant devant mei vi cheminer
Par le bos un Mor de Mortaigne ,
E sist sus un destrier d'Espaigne.
Huon de Meri , Tournoiement
d^Antecristyfol. ai4, ^° coZ 2.
MoRiER , mûrier : Arbre qui pro-
duit des mûres.
Ne soyez pas entr'oubliez ,
De la prison vous en enblez ,
A la fontaine me querez
Souz le morier en mi les prez. . . •
Et Ele aproche du morier
Et vit les mores noirçoier.
Lors cuidoit bien estre esgarée
For la color que vit muëe ,
Que primes avoit vëu blanc
Le fruit qui estoitnoir de sanc.
Fabliau de Piramus et de Tisbé ,
vers 566 et 768.
MoRioN, morrion : Casque^ sorte
de heaume ou d'habillement de tête
de l'homme d'armes, et qui plus
anciennement se nommoît armet.
MoRiNEUs, au/émînin morîneitse :
Se dit des moutons et d
MOS
malades ; de morinusj malade , for-
mé du verbe niori^ dont a fait
morne ^ opposé à vif.
Cist r'ont en lor rais atachies ,
Dont jamés n^iérent relachies ,
Les noires berbis dolereuses ,
Lasses , chetives , morineuses ,
Qui ne voldrent aler la sente
Que ii biaus aignelés présente.
Roman de la Rose. v. ao4i3.
MoRTEVS^ morteXy niortiex : Mor-
tel j sujet à la mort ; mx>rtaUs.
Jehan de Los , bouchier, fat navré de
deux cops morteus S^en enconpa
Colin Wicart , Keruyer. Se furent au re-
muer AVill et Ruard Bonnebroque , es-
chcvins. iSqo.
Reg. aux plajres de Lojr,ybl. 4a.
Accordons que les Esquevins peuent
eslire sept preudhomme loyaux bourgois
de Douay. . . . pour faire les pais des
weres morteus , des haines et de totes les
aultres discordes qui sont avenues et areo-
ronsà Douay u alleurs entre nos bourgoiSi
u fiex de nos bourgois de Douay.
Lettres de Margueritte, comtesu
de Flandre , au lundi après U
jour Saint-Nicolay , iî»68.
MoRTiLLER : Mettre de la paille
coupée dans l'argile destinée à faire
un mur , pour le rendre plus solide.
A Pierot Heupoix , mureteur , pour son
sallaire d^avoir fait deux cent quatre péi
de nœufs murs es gardins. . . . Item pour
cinq cens et un quartron d^estrain d'avène
et de secourjon pour mortiller et couvrir
lesdits murs , à 16 s. le cent, sont 41-4**
Compte de Vhospital des Chartritrti
de 1452.
Mos : Efféminé 9 mou , sans cou-
rage ; mollis.
Si aurez mes par tout le les
Que vous estes lasches et mor ,
Et que vous crëës jangléors.
Roman de la Rose , v, ^Vi»
MosNERiE : Profession de meunier.
Voyez HiBETJiviE.
M A N M A N S09
^ Mal-propre : Qui n'est pas des- vobis que l'on chante dans la céré-
«.mé à une vocation , peu apte à une monie du lavement des pieds
l^aire, à un état. Elsilaistaussiau mandetc'<m faîtchas.
Mal-Rage : Grande faim , besoin ^^^ "V ^*' '*'®"® ^ ^'^- ^* '° *• pa"sis
«tréme d'aUments. ffjî"' ^*'*'**?"' "° ^«'*°« d'iretagc , pour
aidier a paier chaskun au le mandet tire-
Maltoteur: Homme qui fait la taulement.
aaaltote. Testament du mois d'avril 1273;
Mambournir • Administrer Mandée signifie aussi les aumô-
JIIAMBOURNIR. Admmistpcr. ^^8 que faisoient chaque semaine
le vœulx , mcontincnl mon trespas , les administrateurs des biens des
■ ae mes enians aient entre leurs mains nanvr^c Aaa no«.A:o<i^«
5dus les biens qu'ils auront de ma succès- &?"T^ "^^^ paroiSSes , COnnus en
iioii, pour en faire leur prouffit , parce '^^«ire SOUS les noms d'adminîs-
(Q^s sont sufiisament eagës pour gou- li'âteurs de la table du St. -Esprit,
remer et mamboumir leurs biens. de la table des Pauvres ; de pauvri"
Testament au i^feb^rier i586. seurs et de pauvriers. V. CEubt.
1^ Mameletes : Gorge naissante , Mangière , mangièrre : Mangeur;
gorge de jeune personne. manducator.
EUe avoit les mameUtes dures qui li ?? *"** ^°' ^^«'' «« voloit vivre,
mudevoient sa vesteure ausi corn ce fuis- f^'^K ^Vj r .®^'"^? majigièrres ,
Mut deus nois gauges, et estoit graille Tant est delicieus lechierres.
gvmi les flans , qu^en vos dcx mains le ^^^^ °V«» volatiles chieres.
peosciés enclore. lioman de la Rose , v. 2o365, 1
Fabliau d'Aucassin et Nicoletu, ,, Mangnier: Meunier; moUnarius.
p. 393. Voy. GOSTEREGH.
Man , men : Bon , clément , mi- m* 'r. onjour.
tiricordieux; manus, mannus. ^^^"^"^^ ^^Ç^° ' mamère.
-M ^ • / rk Manke: Manchot, p^or. Graper.
, wLàMCiOTXfman,moinel: Demeure, «. rr.
liabitation ; de niansio. Manoir : Terram d'une étendue
indéfinie, beaucoup plus grand que
Il donne se maison servant au mesher ja masure, sur lequel sont élevés
Ai. tainture a sa dite femme pour de- • . ^_\^. ^^ , cicvc»
^rer avec ledit Jehan son fil , et si Plusieurs bâtiments à usage de fer-
JlUe ne veuit , ledit Jehan payera à se dite me. On appelle aujourd'hui manoir ^
Père seize francs se vie durante pour tout terrain non amazé , abordant
«udre se mancion ù il li plaira. ^ front de rue.
Testament du 8 janvier iZ'jS. Et ladite demiselle apporte andit m'a-
'■ Mande : Ville, cité , commune. S>rmŒ":'ç^^^^^^^^
t MaKDEt: Le lavement des pieds marescauchits,lieu,ettoutletenement,
da Jeudi-Saînt dans les chapitres T^ ^^^'^^ *« comprend en tout son en-
^ 11 _^ M.^..^ 1 ^^ clos, contenant dix huit rasières de h^ri-
^foi ^ ^
•or la caisse dite du mandet. ahanable en plusieurs pièces en le ville
^^ » M. jï • «. j et terroir de Dorenv , tout en i'eschevi*
Ge nomvient du premier mot de ^«ge je Douay. ^Tfanvier 1425.
oe ranUenne Mandatum noyum do Re§, aux lettres, contrats , etc.foL a66,
m. n
aïo UAR
MANotvRiCR : Artisan , ou\rîer.
Manauvrier des deux , réternel, le
grand architecte deTunivers.
Car luy enflé de vains motz
Devitoit à Faventure ,
Ou des membres du chaos ,
Ou du sein de la nature :
Maïs ces Vierges chantent mienlz
Le vray Manouvrier des cieulx ,
Nostre demeure étemelle
£t ceux qui yivent en elle.
Ronsard , ode aux trois Sœurs,
stroph, Vn.
IfAiiTilaE^ mantierre : Menteur.
MAQUEaEt y niaqueriau : Soute-
neur de mauvais lieux, homme qui
procure des femmes de mauvaise
vie.
Lî maquerel au femes des femes doivent
estre fusté et gîtez hors de la viile et leurs
biens sont Je Roy.
jinciennes coustumes d'Orléans ,
p. 469.
Tu es maqiieriaus chascuu mois
Ce dient bien ]i ancien ,
Tu fès sovent par ton gabois
Joindre deux eus à un lien.
Rutebeufy Disputoison de Chariot
et du Barbier, n^ 7218 , Jol, 323 ,
22o coL a.
Mirage : Marée , produit par la
mer 9 qui vient de la mer; de mare,
A son col pend une grant targe
Qui fu dos de poisson mavase;
Blanchandin demande s'espee ,
Ne velt qu'autre li soit douce.
Roman de Blanchandin ,Jol, 179 ,
i?<> col, a.
Marc , mars , marcq : Marc d'ar-
gent. Il étoit à Douai de six onces 9
poids de Paris, y. Calisse.
Mabc: Moiinoie de compte. Le
marc valoit à Douai vingt sols doui-
siens, qui formoient la livre doui-
sienne de cinquante deniers tour-
nois , et se divisi'ît en deux demi-
marcs et quaîie ferlons.
M A R
Mabgandeh^ marchander y
cheander : Vendre , négocier ,
commerce. /^. Tavrener: d'où
clieande , mercenaire.
Car moult et digne chose et haut
De bien savoir garder s^amic ,
Si que Pcn ne la perde mie ,
Me'ismemcnt , quant Diex la don
Sage , cortolse , sisiple et bonne
Qm s^amor doint et point ne ven
Car onques amor marchéande
Ne fut pas famé controvée ,
Fors par ribaudie prauvëc.
Roman de la Rose, v, :
Marcauder , marchander :
de vendre et d'acheter.
Et li marchans et li marchaiK
contrespasseroit , il seroit à 5o
banis de le vile et se perderolt li
charnier un an.
Bail des Baras de i
Marchandise , niarchéai
Commerce 9 la science du
merce.
En Founeur de marchéandie
M'est pris talent que je vous di
Se il vous plaist , un nouvel dit
Le dit du Lendit rimé ,
Marcheant: Marchand. D;
citation ce mot est le synonyï
voleur.
Cbil si est moût fors lierres qi
cuivre pour or , ou estain pour :
ou pierre de voirre pour pierre pré
car se lele manière de larrecin
courre sans cstrc juslicie's comme
moût de gens pourroient estre
par chaus qui ouvrent d'or et d'i
et par autres , et pour che chil q
tex choses doit dii*e le ve'ritc de 1
que il vent et de quel métal et qi
tère ele est , et se il en est trouvé
à mensonges , il doit estre j
coumu lierres et pour che dit-o
cheant ou lierre.
Couutume de Beau
ch. XXX, p, 16 j.
RlARcni , inavchis , an fém.
chie: ïoulé aux pieds.
M AR
Mârgriet: Mouvement, marche,
mlsation.
Et )à-soit ce que li leiz en repos tenget
es membres par dcfors nekeaent si at
;rant tence dedenz ei marchiet del cuer.
Morales de Saint-Grégroire ,
fol, 45 V^.
Mahescauchie • mareschauciée :
écurie , étable , forge à ferrer les
chevaux. Voy. Manoir.
Xiors se tint cil por fol prové
Qui la folie ot conimenciée \
A Puis de la mareschauciée
Se sont ambedui aresté,
Près d'iluec ont lonc-tcras esté;
Une cuve trestote enverse
Kt li Sire dedenz enverse .
Celui qu'il lient por rpbéor.
Gueriu , fabliau des Tresces ,
'vers 102.
Marime5t: Peine, chagrin, afflic-
tion , tristesse , plainte : mœror.
Par droit ayez vilains k nou
Quar vilain vient de viionie ;
Que querez vous , gent esbahie ,
Que menez vous tel mariment ?
Fabliau d'Aloul, v. 409.
j MiEissoif: Petit marais. V. Ahi-
Décret de un manoir séant au marisson
.4e le sanch Boineul en Teschevinage de
k>uai , et de six quarantaines de terre.
\\k 3 septembre i384*
^kXEJKi y marquiet : Convention,
larché , acquisition et lieu où se
^rendent des denrées ou des mar-
landises. F* Nyeur.
A le Prestre mort encarkiet ;
Loer ne doit de cet markiet ,
Se il parfait chou ke il pensse.
Fabliau de la Longue Nuit ,
vers ioi4*
Marie : Marne, engrais de la
terre. P^» Bachitsage.
Maruère: Marnièrc, lieu où l'on
tire de la marne.
M A R 211
Estormis le Prestre reporte
Par une bresche lez la porte ,
Si l'enfuet en une marlière.
Hugues Piaucele, fabliau d^Estourmi ^
vers 63().
Maron , maron : Lieu élevé, cime
de montagne , du grec /K«p0y«
Maronner : Mouiller le fil dit co-
ron avec le pouce et le premier doigt
de la main droite avant de Vavaler.
Mars : Grains qui se sèment au
mois de mars , et les plantes qui en
proviennent.
Mars : Marc , poids d'une demi-
livre.
Martauteur : Forgeron , ouvrier
qui bat le fer et qui se sert du mar-
teau.
Martiau , martel : Marteau , ins-
trument de forgeron ; (Voiimartelet ;
petit marteau ; marteleiz ; bruit des
marteaux qui frappent sur Tendu*
me. Voyez Clauves.
Les niartiaus étoient une sorte de
jeu d'enfants ; il se jouoit avec des
pierres rondes ou des petits cailloux
qu'on jetoit en Pair en les faisant
choquer les uns contre les autres ;
puis on les recevoit tour à tour dans
la main droite et dans la main gau-
che. On avoit encore donné le nom
de martiaus à un autre jeu qui pa-
roît être celui des petits palets.
Et cincq pierres i met petites
Du rivage de mer esiites,
Dont puceles à martiaus geuent ,
Quant bêles et rondes les treuent.
Roman de la Rose ,v, a 12 '5.
Martin li boillaist ( Saint ) : La
Translation de Saint - Martin , 1^
Saint-Martin d'été, qui se choimna
le 4 jv^iillct.
Martyrier, siibst. : Mort, sup-
212 MAS
plice , châtiment ; de martyrarius.
Or primes vueil les Diex prier
Que il m'otroît cest martrrier,
Si que de mort de destoroier,
En leu de mort ,
Facent souffrir à tel fîre'or
Qui apartiengne à ma dolor.
Fabliau de Piramus et Thisbé,
vers ^35.
Masièbb : Fente 9 crevasse d'un
mur^ lésarde ; de maceries.
Masihre
Tant par estes cruels et fiére ,
Que n'entr'ouvrez pas ma proiére ,
Tant que bésier puisse sa bouche ,
lik , quel dolor au cuer me touche.
O grietë !
Fabliau de Piramus et Thisbé ,
vers 4fio.
Masnier 9 au féminin masnitre :
Casanier , qui aime la maison ,
qui sort peu de chez lui; mansio^
narius,
MiSQuiERs GHiLoiREs .* Tuyaux de
fer blanc qui conduisent dans un
cuvier la bière que la fermentation
fait sortir des tonneaux.
Vente par Waghe Boinebroque
de tout le droit qu'il a eu tous les yais-
siaux de caudière , masquiers ghiloires ,
bacquet, toniaux, bacs, plattiaux , taulies,
gantiers , mesures et tous autres meubles
servans pour cstofifement de brasserie.
9 juillet 1422.
Registre aux lettres, fol. 34.
Màssegbier : Boucher; macella"
rius.
Masure , masurie , mey ^ quief
mey : Terrain bâti ou propre à l'être,
plus grand que le courtil, et plus
petit que le manoir 9 contenant , à
Douai et dans ses environs , partout
où la mesure d'Ostrevant est en
usage 9 vingt quarantaines qui font
une rasière deux quareaux trois
quarts , ou cinquante ares p vingt
centiares.
HAT
Le tenancier de la masure , s'ap-
peloit Masurier^ Quief ^ masurier,
Foy. Masure.
Il donne à Hanotin Paien son fils
Tingt quarantaines de terre qui fait me
masure séant au terroir de Ecourt.
Testament du ^1 décembre léfi^.
Item : apporte un quief mey, sëantii
terroir d'Ecourt , dont il est quief-matik'
rier tenu des doyen et chapitre dsPéglise
de Saint- Ame' y à Douai.
Contrat de mariage du S juillet 1476.
Pour la masurie commune de Tan deoe
compte , huit rasières de blé.
Grand compte de Saint-jdmé,
de 1788 à 1789.
Lepast faict à Ecourt à tous les GanoM
de Saint-Amë (au nombre de vingt-dm^
le dimanche aG'juin i4^> cousta B^fir.
3 s. a d. y payables par vingt-cinq nu»
riers à quarante-deux ; dix-neuf coartiea,
aj[a , les trois courtieuz pour deux mim
ries , sont trente-sept masurieseileièm
parts d^un courtil à ao s. parisis pour dit
cune des vingt-cinq masuries , et po«r
chacun courtil à le proportion dessus diti
z3 s. 4 d. sont en sonune 38 liv.
Archives du département du Nord»
titres de Saint-Amé*
Masuwibr : Propriétaire de mai-
son.
Nous advons promis et promettons ponr I
nous , nos hoirs que les corps et adTois
des bourgeois et masuwiers de Vales-
ciennes , nous les varderons et debonb
ville et dedans.
Privilèges de Valencienna.
Mate ( enfant de la ) : Voleur ,
escroc, coupeur de bourse ; d*oùlft
mot matois.
Materov : Maçon , tailleur di
pierre, homme de bâtiment; en
bas. lat. macerio; formé de mûl^\
riarius,
Màthelin : Matthieu y nom propK
d'homme.
MAU
Matràras : Mussette ; tipha lati-
jTolia ; fruit d^une espèce de roseau
«t son duvet, dont on faîsoit des
matelas.
MATUTiHAts : Le matin , Taube du
jour ; de niatutinalis.
Mau , maus , mauz : Méchant j
mauvais ; malus.
Sans faille tu es maus traître
£t lerres trop desmesurés ,
Cent mil fois t''ies parjurés.
Roman de 4a Rose , v. 10976.
Maubaillir : Maltraiter , gâter,
détruire , ravager , ruiner.
Maubuisson : Buisson près duquel
il est dangereux de passer.
M AVPAiTOR : Criminel» malfaisant;
maiefactor.
Mavcbr : Panser une blessure ,
rigber une plaie ; de medicare.
Haugister : Être mal couché ,
"^pial héberger; de nialh et dejacere,
Jk' Havgrb : Mauvais gré.
A sa meisun en est alcx ,
■• ' Si ad tuz ses amis mandez ;
DeP Hei , sun seigneur , lur mustra
E de Tire que vers li leva.
4 Mnt li sem à sun poeir ,
3 à ne dcust maugré ayeir.
Marie de France , lai d'Éliduc ,
vers 60.
MÉG
Ki maupas , ou destreit séusc
2l3
^* Havcrbur : Homme qui jure et
^ qui profère de vilains termes. Voy.
_, OsnvEZ.
t Mavlevrier : Méchant chien de
^jjphasse.
"' Maumis : Maltraité, tourmenté;
^le malè mittere.
>,* Mavpas : Endroit dangereux ,
j-poste périlleux y lieu où le danger
est plus grand.
Il lur respunt vostre merci \
^' Aoreit-U oui de vus ici
U Tum encumbrer les péust ?
Si nus ici les atendums ,
' Peot cel estre nus'justerums.
Marie de France , lai d'Eliduc ,
vers 167.
Maurice , morien : Éthiopien ,
Maure ; Maurus : Bas breton Mau^
ryan.
Mauron : Rond de malheur , cer-
cle tracé par un magi^en.
Mavvenure , mavenure: mauvaise
herbe.
6 s. payés pour queiller egret et aoltres
mat^enures as dis girdins.
Compte de Vhospiial des Wez ,
de i36o.
Mavés , mavez : Méchant , mau -
vais ; malus , maleflcus ; d^où m^z->
vestié; méchanceté , malice.
Mechief , mcsckief : Malheur ,
accid||bit.
Mecin : Jeune garçon. Mecine ,
jeune fille.
Mectrb : Placer , mettre ; mittere,
Meet : Mai, huche, pétrin.
Si donne comme aussi toute ma
bouticle de boulangerie compris les méetz,
monstres , drescliîs , pelles , pots aux
brèses de cuivre, moulin bultoire, et
généralement tous autres ustcnsilz , ap-
partenans au stil de boulcngerie.
Testament du i" juin 1674*
Meffesaiït : Dangereux, malfai-
sant. P^oy, Enteiiies.
MÉ6RECB , mégresce , mégresse :
Maigreur, diminution; maceratio»
Si uH féist riens Avarice
Ne de pâleur, ne de msgrece ;
Car li soucis et la destrece ,
Et la pesauce et les ennuis
Qu^el sofiroit dejors et de nuis,
L^avoient moult tete jaunir,
£t maigre et pasle devenir.
Romati de la Rose y. v, 397.
5
ai4 M E N B! E N
Meide^ meige : Médecin ; medi^ MENCBoiiiiGNE : Mensonge y faïu-
eus. seté ; mendacium.
Geste Romula cui ge devant dis, ele Mendiauce , mendience : Misère,
fut férue de celé maladie del cors cui li pauvreté 9 action de demander Pau-
meide par un grijois nom apelent para- ^j^^g . rnendicitas. D*où mendiant,
"«. » . o . ^ r . »• i^r homme qui mendie ; men^iciw.
Dialogues de SmnUGregoire , Iw, IV, ^
ch, 17.
Garde moi, Diex, par ta poissance,
De richesse et de mendiaiice.
Roman de la Rose, v, iitfj^
Hœc quant prœdiximus Romula , ea
quam grœco 'uocabulo medici paraljrsin
•vocanl , molestia corporali percussa eit,
Menestrbvb; , menesterez > memi'
Meihub, menur : Petit, moindre ; terex, au fém., nienestrière : ^oxxm
mmor. d'instruments, musicien; mimster,
Éliduc aveit un Seignur
Keis de Brutaine la meinur.
Qui mut Tamot è chërisseit
Ë il lëaument le serveit.
Marie de Fraîice , Lai d'Eliduc ,
^f, 3o.
Si tVist Diex, or me dis voir,
Quex hom es, tu or me di quex;
Tu n^es mie menesterex,
Ve de nule bone œvre orriéis.
Fabliau des deux Bordeors Ribatu.
Il est convenu que les menestrean
MÊLAN : Le nûlan , oiseau de proie; pourront faire la station du Joyel , en de-
niilvus. mandant la permission à deux dumoines;
. . , A . , quHls auront les dons et oblations, sauf,
Mellendis : Nom du chlf^i du ^église , les trois premières desdites obU-
fameux Roland, neveu de Gnarle- tions , grandes et petites.
magne.
Mellofr, melour : Meilleur; me-
lior.
Dix ki ne veut prendre niellour
De mi por souffrir grant doulour ,
Me comande que lor despondc
Le mal dont jou ai le piour.
Li Congié , Baude Fasloul d'Aras,
v. 91.
MÉMORiTiF, au fémin. , mémora-
tive : digne de mémoire; de me-
moria,
Tousjours et vif et mort Tamastes ,
Et en s^amour perse'verates ,
Tant com l'une et l'autre fu vive ;
Car vif souvent le lierbergastes ',
Et par bon exemple monstrastes
Vie bonne , mémoratiwe.
Le Trésor de Jehan de Meung ,
V. 99a.
Men : Moins, en plus petite quan-
tité; minus , en bas Bret. , miana.
Concordat entre le chapitre à
St. 'Pierre et les escheuùu de
Douai, du 5o juillet i5i7>
Meiœstrevr du bas mestier : Mau-
vais joueur d'instruments, menes-
trier de village ; de niinîster.
Jehan Boudare, menestreur du bas ma-
tier, bourgois de Douai.
Contrat de rente du a6 apfrili'^-
Menin : Petit enfant ; de minus.
Menjve : Démangeaison.
Pou en est qui de Court vuelent estze
apostate ^
Je ne m'en merveilpas, car cbascunsles
y flate ,
Ou il flatent' au tri por qu'en ne les sor-
bâte \
Car menjue s'acoîse, qui ung petit la
grate.
Testament de Jehan de Meuu§i
vers 844»
MER
Me^re d'eage , nienre d'ans : En-
fant mineur, en bas âge.
Grors li Carlicrs, cordewanier, tuteur
aveuck plusieurs aultres de defiuncte Ha-
netîc Ilardiel ^ 77ie/ire <Veage
Chirographe dit 25 march i38o.
Einoluniens de la priscrie des biens
meubles à quatre personnes pour cest of-
fice. Uu vievoyrier, un caudrclier, un or-
febrrc , et une femme. Ils ont pour leur
priserie deux deniers de le livre, et des
enfans meure d'ans, demi-prisence.
Registre aux droictures y fol, 36 ,
XVI <^ sièc/e.
Mf.istel : Manteau , habillement
de dessus; mantelum.
Mentkkesse, menterresce : Men^
teuse.
Lî livres est fait de savoir
Tote Pestoire est de voir ;
Qui la tenroit por menteresse ,
Die cornent PAÎichanteresse
Pithonissa qui tant savoit.
Conclusion du Roman de Dolapathos.
Sa nièce à la vois bien connut.
Si bien , et a la contenance
Que il est tout hors de doutance,
Et si tint de ce la Duchesce
Que dit li ot à menteiTesce.
Fabliau de la Chastelaine de Fergi,
V, 434*
Menton : Pièce de ferrure d'une
porte. Voy. Sagquoir.
Menustin : Paille courte qui se
trouve dalis les gerbes de blé.
On fait défense a tsus laboureurs , ccn-
siers et autres vendans garbées, bottes
d^avaine et aulti'es , de les vendre d^aultre
loiure et grosseur que ne les font les bat-
teurs en granf^e, en battans un cent de
^arbëes de bledt ; sans oster ni diminuer
le menustin ne aultres choses et deuix
garbées d'avaine pour une botte , sur en-
courir amende de cent sols.
Ban. des Eschei^ins de Douai ,
du 7.1^ janvier i536.
MuTNDB : Collation y goûter; nia"
MES 2i5
renda. D'où merinder^ goûter^ faire
collation ; merendare.
Menuwe , au féminin de menu :
Mince, délié 5 délicat; de minus.
Merainier : Marchand de bois de
charpente et de construction ; de
mater iamen.
Vente de rente à trois vies par Jehan
Burette, merainier, du 19 janvier i47i'
M'ERiËNNE, pour méridienne: Re-
pos que les journaliers prennent à
l'heure de midi, et pendant lequel
ils se livrent au sonmicil.
Mérite : Grâce , récompense ;
meritum.
Péchic porte sa paine, et bienfait sa mé-
rite ;
De ces deus choses snnt homme et famé à
eslitc :
SHl pèchent ; il se dampnent ; sUl font
i)icn , il snnt quite ;
Mes k Dieu riens qu^il facent ne nuist, ne
ne profite.
Testament de Jehan de Meûng ,
vers 209.
MÉBiTOiREMEivT : A justc titrc^ avec
justice.
Mesaiseb (se) : Souffrir volontai-
rement.
Mais cilz tous sept ouvers les a ,
Dont Saint- Jehan so rapaiSa ,
Qui le mistére voit descripre
De PAigncl que Judas baisa ,
Qui pour nous tant se mesaisa
Que nous fumes de mort délivre.
£e Trésor de Jehan de Meung,
V, i3i.
Mesaler , Sidfst. : Action de quit-
ter un pays par force majeure, de
faire un voyage contre son gré.
Cors , en sauté ne t'asséure ,
Pour cacier te convient voiture ,
ICk Courceles puisses aler
Rouver congié sans mespresure
Segneur Giïlon ti par droiture ^
£rt dolans de mien mesaler,
Li Congié f Baude Fastoul d'Aras ,
V. 246.
4
3i8 MIN MIR
MiBRDE : Gravois , déblais, or- gros, sous les yeux de la police, le
dure 9 vidange, matière fécale. poisson de mer aux poissonnien,
Un manouvrier wida le mierde de le qui seuls ont le droit de le revendre
maison dudit Fourqaand , quand les ma- en détail. Ce mot vient du fla-
chons furent dehors. mand min, qui signifie mien. Celui f:
Compte de Vhospital des Wez qui le prononce hautement, tandis
^*^ *^^' que le crieur qui va en décroissant
MiBWRE : Moudre ; molere. «e prix avec une graude prompli-
Mais se k femme dudit testateur en ^^^^"^ » devient adjudicataire des
voloit pourfiter pour y chaufFer garanche sommes qui SOnt en vente. Lciè-
et mîeure , faire le porra en payant tous glement SUr la vente du poissoilde
les ans à ladite Jacqueline trente francs, mer, renouvelé le 22 mai l58i,
Testament du aS décembre iSaS. par les échevins de Douai , écrit
MiGNiEK : Conduire, mener ;/n/- ^tin et miner, ce que l'on dit au-
nare. ^oy. Vellon ; et manger pren- ï^"''? hxn mmck et minauer, acte-
dre de la nourriture ; mandùcare. ^^^ ^" P^^^^" ^« '^^'^^*-
Voy. EscouïENGHiER. . MiHE : Mienae.
MiGNOTER : Caresser, flatter, ama- J^ou Gilles de Douai , chevaliers.... d^
douer. clare ke on puet acater de Bauduinsdc
' Mortaigne , cnevaliers , le terre deBriiloi,
Elles (lesSyrenes) d'ordre flanc à flaijc^ ki f u miiie et ke riens nei demande-joo.
Oisives au fond des ondes, ' 1285.
FrUèrent^eulYrell^ blindes, ^'"^fî%^" l'abbaye de St.-Amnd,
Et mignoiant de leurs yeux «^^ *
Les attraictz délicieux, «- i-« ^x -l
D'une œillade languissante MlMETTE : Cuvette , baquet
Guettèrent la nef passante. Lequel hiretage avec le huisine cthos-
Ronsard^ II" strophe de l'Ode aux tieulx qui sont appartenans à le brasse-
Trois Sœurs, rie , est assavoir , caudière , masquien-
ghiloire , bas gantiers, tonuiaux, mi/i^tt»
MiRiEx , mikieus : Michel , nom et autres hosiieulx , ont été prisiës »
propre d'lion>me; Michael. 819 liv.
,- . , . , -r^ 1 Partage du aa mars i438.
Mais pour m amour voist a Dourlens,
SIhI :SL"de'crsfei ^ M«E«8 : Regardant, considérant;
M'ont fait tel part de gastel "® mirari.
Que j'en ai dehors et dedans. Lors porra les causes trover
Li Congié Baude Fastoul d'Aras , Et les forces des miréoirs
i;, 2g3. Qui tant ont merveilleus pooirs ,
Que toutes choses très-petites,
Mils : Mieux. Voy, Coustenghe. Letres gresles, très-loin escrites,
Et li eswardeur et ii tonloier de mar- ^* P^"f ^*. ^^ ^**^1°° °i«°j^«« >
chiet puent faire aler les cauderliers et %\ ^F^^.' ^' F^*^^'' *^^*^ v^»*^»
I *^ 1. il! • . • Eit SI près mises as mirens ,
les escuciiers et les hereneiers pour assir rk K, 1 *. l • .
1 ^ •! i-i- M. li^— •/ j 1» vue chascuns les puet choisir ens.
la u il verront ki serunt pour le mils del ^ *■ «loi* ciu.
marchiet sour 10 s. ki encontre seroit. Roman de la Rose , v. iSaSi.
Ban du Marché au blé de \^&n. -- , »« .
^' M1A0VIIERE : Matrone , sage-
MiN , minck : Lieu où se vend en femme.
M Œ
MisÉRATioN : Disgrâce, affliction ,
infortune.
Et où il dit ces^ misérations , c^est ces
piliez ; et lai- où il dit ces tesmoingnaiges,
se sont ces ordenances et cerimonies j et
lai où il dit ces aitres , c'est son osteit ,
on sai maisons , ou son temple , et ainsi
dte plusour autres mos.
Traduction des Psaumes,
MissiBLE , pour missive : Lettre y
dépêche.
Mission: Dépense, achat, acqui-
iritiôn ; missio.
MissoDOft , missodour : Cheval de
bataille.
flores et sa compaignîe cbeyauclie k .
baudor,
Chascune fet mener sept destriers mis- •
sodor ,
Et si avoit chascune palefroi embléor.
Roman d^ Alexandre , w<* ^ igo* ,Jol. 99,
y^ col, 2, parlant des Amazones.
. Mis sus ( avoir ) : Avoir ense-
mencé. Voy, Gensseub.
Item , s'ensuit ly kierke dou bled que
hr dite Demiselle fait pour le despouile
de douze rasières , coupe et demie de
terre à blé , et de trois coupes et demie
d* terre à soille que ly dis hospitaux avoit
mis sus k ses deniers , qui furent des-
|K>alliëes à Paonst Tan 5o.
Compte de Vhospital des Wezde i35o.
MiBLs ; Mieux, plus, davantage.
Suite de la citation sur le mot kiés.
De le court , qui chi après sont dénom-
mées , en doivent eslire une à bonne foy ,
et sur leur consienche le plus soufBssant,
et le miuls pourfitans à estre maitresse
deseure toutes.
Lettres pour Vhospital de Campflori,
décembre 1278.
MoGHE : Mouche ; musca. D'où
mochete : petite mouche.
MoELiN : Moulin. Voyez Hire-
TAULE.
MoicT^TÇE : Centre , milieu. Voy,
ESTAIQUE.
MON ai9
MoiLON , molon : Centre, milieu.
Voy, £ss£T.
Toute laquelle maison , grange et tene-
ment ainsi que il siet , wis et berbergies ,
dessoubz et deseure , entre les quatre cors
et le moilon appartiendront
Vente du 11 juin iSSg.
Moin AGE , moniage : Profession
monastique.
Luxure est contre Diez et contre mariage,
Et contre chaste'ë et contre pucelage ,
Contre religieuses et frères de moinage ,
Ou de plus haut estât, néis contre hermi-
tage.
Testament de Jehan de Meung ,
V. i8o3.
MoLEu, mo//i^e : Morue.
Pour charre à la boucherie , moleu ,
herens , tems de quaresme , à Padyenant
de quatre livres pur semaine , 108 liy.
Compte de Vhospital des Sept
Douleurs , de 1646.
Je laisse a ladite Isabeau un g aultre
oflice sa vie durant , se consistant aussi en
seize deniers sur chascun tonneau de
mollue et les deux parts de quatre deniers
sur chascun tonneau de hereng.
Testament du 7 mars 1592.
Mou, moly : Mou, tendre, effé-
miné ; mollis,
MoLSNiEa : Meunier. Voy, Hire-
TAULE.
MoNARGHE : Royaume, monarchie,
gouvernement.
Neporquant li saint père , et li saiut pa-
triarche ,
Et Tobie et Jacob , etNoe qui fist l'arche,
Qui tindrent en leur temps du monde la
monarche ,
Eslirent à gésir o les leur en leur marche.
Testament de Jelian de Meung ,
vers 919.
MoNGH : Tas , monceau , amas ;
de morts. Voy. Roulle.
Monder, munder : Nettoyer, pu-
rifier , rendre propre ; mundare,
MoNs : L'univers, le monde entier;
mundus , assemblage , monceau ,
\
920 M R
quantité ; de mons , beaucoup y
considérablement; de multum.
Monstre : Intérêt d'argent prêté.
Item , poar ce que les obligations qui
sont à le Taule des orphenes , contien-
nent francs franchois , est ordouné que
les obligiez payeront les monstres et prin-
cipaux deniers en francs royaux ou mon-
noie à Padvcnant.
Instruction sur le fait des offices
des orphenes, du i5 nov, iSga.
MoE , morien : Nègre , noir ,
maure ; maurus, Voy. Moretàigne.
MoRETAiGNE, moTtaigne : La Mau-
ritanie.
Mais cil el dromont me mena ,
\ Et ces letres vos envoia ,
Il a plus noir du chief la cliaigne
Que n'^est un Mor de Moretàigne ;
Ne sai sVst Grizois ou Hermins.
Rom. de Blanchandin , JoL 186,
R'* col. a«
Quant devant mei vi cheminer
Par le bos un Mor de Mortaigne ,
£ sist sus un destrier d^Espaigne.
Huon de Meri , TourJioiement
d*Antecrist,fol. a 14 1 ^° co/ a.
MoRiER 9 mûrier : Arbre qui pro-
duit des mûres.
Ne soyez pas entr'oubliez ,
De la prison vous en enblez ,
A la fontaine me querez
Souz le morier en mi les prez. . . .
Et Ele aproche du morier
Et vit les mores noirçoier.
Lors cuidoit bien estre esgarée
Por la coior que vit mue'e ,
Que primes avoit vëu blanc
£e fruit qui estoitnoir de sanc.
Fabliau de Piramus et de Tisbé ,
-vers 566 et 768.
M0RION9 morrion : Casque ^ sorte
de heaume ou d^habillement de tête
de rhomme d'armes, et qui plus
anciennement se nommoit armeu
MoBiNE€S, au/éminin morineuse\
Se dit des moutons et d
MOS
malades ; de morlnus , malade, {(»<
mé du verbe niori, dont a fal
mornej opposé à vif.
Cist r'ont en lor rais atachies ,
Dont jamés n'iérent relachies ,
Les noires berbis dolereuses ,
Lasses , chetives , morineuses ,
Qui ne voldrent aler la sente
Que li biaus aigneles présente.
Roman de la Rose. v. 001(11.
MoRTEus j mortex , nwrtiex : Mcf-
tel , sujet à la mort ; niortalis.
Jehan de Los , bouchier , fat navr^ éi
deux cops morteus S>n encoipi
Colin Wicart , Keruyer. Se furent a& w»
muer AVili et Ruard Bonnebroque , o-
chevins. iSgo.
Reg. aux plajres de L,ojr,Jbl.ifl.
Accordons que les Esquevins peuent
eslire sept preudhomme loyaux bourgou
de Douay. . . . pour faii*e les pais des
weres morteus , des haines et de totes les
aultres discordes qui sont avenues et ffeo*
rons à Douay u alleurs entre nos bourgoisi
u fiex de nos bourgois de Douay.
Lettres de Marguerittey comtesse
de Flandre , au lundi après k
jour Saifit-Nicolay , ia68.
MoRTiLLER : Mettre de la paille
coupée dans Targile destinée à faire
un mur , pour le rendre plus solide»
A Pierot Heupoix, mureteur , pour son
sallaire d^avoir fait deux cent quatre piâ
de nœufs murs es gardins. . . . Item pour
cinq cens et un quartron d'estrain d^avéne
et de secourjon pour mortiller et couTrir
lesdits murs , à 16 s. le cent , sont 4 1' 4 ^
Compte de Vhospital des Ckartrimt
de i45a.
Mos : Efféminé ^ mou , sans cou-
rage ; mollis.
Si aurez mes par tout le los
Que vous estes lasckes et mos y
Et que vous crées jangléors.
Roman de la Rose , v. S^ao.
MosNERiE : Profession de meunier.
Voyez HULETAVLE.
I
MUI
Mossu , moussu : Plein de mousse^
24>uyeTt de mousse. V» Potancb.
MOUDONGHUUX , MOUTONGBIIUX :
agneaux , petits moutons.
Je donne pour mon service , quinze ou
3ix huit blancquesbestes que on dit mou-
dotichiaux.
Testament du a8 octobre i432.
MovsKE 9 mousque , muske , mus-
qué : Mouche ; musca.
MoiTSTOiLE , musteile : Fouine y
belette ; mustella,
Encore i refont-elles un grant haribourras,
Car entre la touelle qui n'est pas de bour-
ras,
Et la temple et les cornes porroit passer
un ras ,
Ou la greigneur moustoile qui soit jusques
Arras.
Testament de Jehan' de Meung ,
t^ers 1369.
Une musteile vint curant ,
Desuz Fauter esteit eissue
E le Vadlct l'aveit férue
Por ceo que sur le cors passa ,
De un bastun qu^il tint la tua.
Marie de France , lai d*Eliduc ,
vers io36.
HovABLE : Mobile^ mouvant^ qui
peut se mouvoir ; mobilis.
M0VEBBS8E : Qui excite , qui en-
gage.
MoTENNEfL : Epargner, ménager.
Mdance , muanche : Changement,
mttivance ; mutatio,
MîïGADE ( noix ) : Muscade.
De noiers i ot grant foison ,
Qui chargeoient en la saison
Itel fruit cum sunt nois mugades ,
Qui ne sunt améres, ne fades/
Rom, de la Rose , v, i343.
MvNDiAL , au pluriel mundiaulx :
Du monde, qui tient au monde.
MuiEL, muyel : Muet, qui ne
parle pas ; mutus.
MUS 221
L^ennepeutsuir de convenanche muyel^
ne sourt qui n'ot goûte , ne forsené , ne
foi naturel, ne sous-aagië , ne famé el tans
que el a seigneur ; car le muyel ne puet
Itère conyenanche pour che que il ne puet
parler.
Coustume de Beauuoisis , ch, XXXTV,
page i85.
MuLAGE , mulaige : Action de
mettre le foin en meule et même en
bottes.
MuLEUR : Homme qui met le foin
en botte ou en meule.
MvLiER : Femme 9 épouse; mulier.
SuefFre ta mulier
Quant Pois bien parler
E tu te reposes ;
Kar ki ne veut sufirir
Ne ne puet taisir
Ceo est maie cbose.
Ei>erard de Kirkam, distiçues dû,
Caton,JbL 207, f^o col, i
MiJRENiEA 9 murennier : Maçon ,
goujat , tailleur de pierre ; mw-
rennier pour bos , charpentier. Voy.
Hegquet.
MvRETEUR : Ouvrier qui fait des
murs de terre. Voy, Mortilueh.
MuRGOE : Tas, monceau, amas ,
trésor cumulé ; en bas. lat. murgG^
rium.
Se fortune vous a encroé sur sa roë ,
Sili avoirs de Diex entour yous flote et
noë ,
Ce n'est pas por mucier , ne por fairt
murgoë ,
Autant vauldroit qu'il fust repost dedens
la boë.
Testament de Jehan de Meung ,
vers 355.
MuscATRiE : Mousqueterie. Explo-
sion d'arme à feu.
Muse ( donner la ) : Tromper ,
amuser par de belles paroles. Ten-
chap. CXIII. Pendant le siège de
Meaux en Brie, dit-il, fust ordonné
à Paris au conseil du Roy, que la
monnoye nommée fleurete , qui de
seize deniers avoit esté mise à quatre,
seroit de rechef diminuée et mise à
deux deniers, et Vescu d'çr , qui
avoit couru à neuf francs , fust
mis à dix-huict sols parisis, et fu-
rent forgés salus d'or', qui eurent
cours pour vingt-cinq sols tournois
la pièce; en icelle monnoie avoit
deux escus de France et un d'An-
gleterre ; et au regard de la blanche
monnoie, on forgea doubles qui
eurent cours pour deux deniers
tournois et depuis furent nonunés
niquets.
Nis (en) : En aucun, en aucune.
Voyez FÉESCHE.
N0BU.B : Noble , magnifique ,
grand, somptueux; nobilis.
Arras , Arras , TÎle de plait
Et de haine et de detrait.
Qui soliés estre si noBile,
On va disant qu'on vous refait.
Li CongUAdan d'jirras, vert i5.
Hai ! fait-il, noèiles her,
Qoar les nos laissez racheter ?
Dist FAmirauz , ce ne valt rien,
Or ne argent nel puet garir.
Roman de Floire et Blancheflor,
fol, 204, R* col. 3.
NoBCE : Noces; nuptiœ.
Et avoec ce sHl avenoit que de mi
defausist anchois ke de Lucie me chiére
femme et elle y demandast aucun droit
après men décès por raison de doaîre ,
pour don de noeces ou pour assenement
de mariage.
Lettres de Guy , seigneur de
Mojitignies, de i2yi.
NoEiL , noel , noeillon , nouel :
Bouton , noyau de fruit et nœud ;
noduluSf fait de nodus.
Qui est-ce ci , bêle , fait-il ?
NOI
Sire , par foi , c'est un noel
Où ge me geu quant il m'est bel.
Fa6l. de la pucele qui ahre
polain , a;. i55.
NoÉuBE : Nageoire de poiss
action de nager ; de natare.
Et vont ainsinc par-tout nagant,
Dont luit yis s'en vont enragant
Bacus, Geiès, Pan , Cibelé,
Quant si s'en vont atropelè
Li poissons à lor iioéures ,
Par lor délitables pastures.
Roman de la Rose , v. il
NoBVE , féminin de noef: Nei
nouvelle ; nova*
NoiENZ : Rien, aucune cli
Au figuré, imbéciUe , niais , sot
nihil stans.
Quant il vit qu'il es toit cliéuz
Et qu'il n'estoit mie vëuz ,
Si s en vient enmi la maison,
Hardiement dist sa raison ,
Ne parla pas comme noienz
Diex , fait li Prestres , soit céanz
Fahlicifi du Prestre et delà Di
vers 6g,
NoiRçoiER : Noircir , devenir i
Voyez MoRiER.
NoisiER : Noyer, arbre qui
duit des noix.
Six sols pour queiller cinq noisie
grant gardin et au petit.
Compte de fhospital des Wez, de
NoisiER : Doute , iucertiti
action de balancer.
Le corps de l'escu , si est Dieux
Qui est paie de ces dix pieux ,
Lesquels font naistre et baptisier
Mourir , descendre aux inferneul:
Ressusciter , monter es cieulx ,
Jugier et croire sans noisier ,
Espérer avoir le loier
De paradis, et Dieu prier
Qu'il lui plaise à nous faire tieuh
Que nous puissions lui apaier,
Et lui du dixiesme armoier ,
Qui est amour esperitieulx.
Trésor de Jehan de Meuiig, v. i
NOU
NoNGiÈRE : Bavarde^ causeuse^
rapporteuse.
Sa mère forment la chastîe ,
£t dist , fille ; ne soîez mie
Ne trop parlant , ne trop jioncière ,
Ne de parler trop coustumière ,
Quar a mal puet Ten atomer ,
Famé , quant l'en Tôt trop parler
Autrement que ele ne doit.
Fabliau de VEscureul, vers 19.
NONPORQUAWT , nonvourquaut : M^'S en lou_ant plus haute termes alloues,
Cependant. Foy. Nanpouka^t. ^"' ^^ '""* ^""'^ ' ^" ^''^""' ^" ^^"*'-
NoQuiERE , nochère ^ nocquière.
Ruisseau d'une cour; gouttière. P^,
Canel.
NoRiR : Nourrir , substanter ; nu-
trire.
N U N ànS
Se joigne a quelqu'un de nous
Par une nopce estrangère.
Ronsard, XV« strophe de V Ode au»
trois sœurs.
Noué , Nouel : La fête de Noël ; d«
natalis.
Pour bien louer , et pour esire loue ,
De tout esprit tu dois estre alloué
Fors que du mien, car tu me plus qui
loues :
Clément Marot^ Rondeau à Esîiennm
Clavier,
NovELBS, noveletj, novelcz : Neu^
nouveau; novellus.
NosTREE, nostret : De notre pays.
Voy. Ensonkié.
11 est ordonné que toutes les brunettes
faites de laine englcsque , soient listellées
et scellées de deux sceaulx du lainage et
de deux sceaulx du recousage et
toutes les brunettes de laine nostret les
meilleures seront listellées d^un de cha-
cun desdits sceaulx.
\Ban de le drapene de Douai,
XIV* siècle,
NoTONiER : Patron, conducteur
d^une barque , ou d'un vaisseau ;
nauticus.
En son batel s^en est entrez
Puis gouverne voile levez ;
lii Provost dist au notonier
QuMlse hast tost de nagier.
Et cil dist à ses compaignons
Que il pignent les avirons.
Roman de Blanchandin , fol, 190,
iî*» col, 2.
NoTTiFiANTE, pour nottifîancfi : Or-
dre, arrêté, décret, ordonnance.
Voyez Attache.
Nouant : Nageant, flottant, vo-
guant.
Avienne qu'une de vous
Nouant la mer passagère^
UI.
Confié pren et m'en vois à-tant ;
Ainsmc cum tous seus esbatant
IVTen alai contreval la prée
D^erbe et de flors enluminée ,
Escoutant ces dous oiselés
Qui chantoient sons nowelés.
Roman de la Rose , v, ioo5a«
NuEus : Obscur, nuageux; neifw
losus.
NvisiR , subst. : Peine , ennui ^
désavantage, préjudice, dommage 9
obstacle, tort, incommodité; de
nocentia; et verbe : Ennuyer, faire
de la peine, incommoder, nuire >
porter préjudice ; de nocere.
Mais mi anui et mi contraire
Mo font si coi tenir et taire,
Que je criem à cascun nuisir:
Mais on se puet bien trop taisir«
Il me vient un poi à plaisir
Que je die de mou araire :
Dix ki a fait sur moi luisir
Un mal dont il m'estuet nuisir y
Dist que devant lui souef flaire.
Li Congié Baude Fastoul d^Aras ,
vers 1) et 11.
NiJLECE, nulesce : Nullité.
NuNCHiER : Faire savoir, procla-
•mer, annoncer; nuntiare.
Ban de ne vendre aucum grain braissi*
P.
226
OCG
sans le signifîer et nunchier aux fermiers
de l'assis du bray sur le fonrfait de lo liv.
et banni. Du 2S juillet 1473.
NrRisftEMEKT : Nourriture , ali-
ment; nutritio.
A home mc^gre le jursanz dutance
Sui une (lez manger est naissance ,
Mes dous Gès le jur manger itant
A gros home è; gras est nuisant.
Mes à gent kc ti availlent mnlt è sovent,
Mestcr uut de gros tniiissemeni;
E à ces kc travaillent poi ou nient
Légier nurissement covient.
Enseignemenz d'Aristote,foL igS,
R^ col, i.
OES
Ntàge : Nettoiement , balayage
Nyer : Nettoyer, rendre propre. I''
Nyecr : Nettoyeur, balayeur.
De le cause mue entre Jehan âeWis-
tines njreur et bellenvnr du marquiet h
§rain, demandeur, d'une part et I (
isoit lui estre du , k cause dudit ofis
du nyage du marcliiëe , de chacm of
ivit (charetta vide) séjournant de nnito»
dit marcbîë • . . pour son sallaire da«^
tage et wardage d'iceulz cars , 4 àffàm
parisis.
Sentence du 27 nofembn iÇf.
o.
O , avec ; aim. Un Prudhomme
croyant avoir entendu parler son
chien , dit à son iils :
Va tost , si conte ces merveilles
Au Prestre , si Pain aine o toi ,
Et ii di qu^il aport o soi
L^estole et revebencoite.
Fabliau d'Estula, v. 71 ef 72.
Objicer : Objecter , mettre ou
jeter au devant.
OhLi ^ obliance,oM£ence : Oubli,
faute de mémoire.
Obstint : A cause , relativement ,
moyennant ; d'oèstentia. Yoy. Pla-
TELET.
OcciEivE f ociere : Tuer, massa-
crer, assommer, assassiner, faire
mourir; occidere.
Des chevaliers de terre nds ,
Batailictrc'us rt forcenés,
Qui Jason voloient occiere.
Quant il ciilrVus gria la pierre ,
Fist-elc tant qu'il sV'ntrcpristreut,
Et qu'il méisnies sVntr'occistrent,
Et 11 iist avoir lu toison
Par son art et par su poison.
Roman da la Rose, vers i3447«
OccrFATioN : Maladie , infirmité.
Le 21 février i4a6 , BJahieu le Wil-
laume et George Lefevre furent, park
consentement oe Porrus Grigoire et pou 1
\e occupation de Gamot Regnaolttpucst
cmpcsché du mal monseicnciir Saint-la-
dre, dénommé exécuteur audit testamenL
21 feviier 1426.
Registre aux Testaments , foL m8.
OcTEMBRE : Le mois d^octobre.
f^oyez Kalendieb.
OcTBOi, octti'oi, octiroy y otirùy:
Don , concession , permission ; d'oi^
octtroyerj ottroicr : Douner, con-
céder.
Oef : Œuf; à^ovum» Yoy. Bassei.
Oes : Tous.
Il laist pour Dieu et pour s^arme. . . . i
Saint -Jclian des Trouve's devant Saint-
Pierre , demi marc d'irctage pour acater
deux saudces de cauchiers y cascun an à
oes les trouves de laiens.
Testament du mois €le maivh 1365.
Oes; signiûe aussi la préposi-
tion a,
E\ son cnsi n'en fisoit de celi maison
que Clarisse Tordenu , ccH Maroic veut
CED O L aa7
|ue se testamenteurs doiasent ces lo liv. Oevber : Ouvrir 9 prendre jour;
is frères de le Trinité et oe* leur ospital, aperire, Voy. AfFAlTOlBE.
Dour faire chou ke boin ert de ces 10 liy. r\ r\ » • ii.
m celui ospital. Offendeuh : Qm insulte, qui m-
Testamentdumoisd>a^li^'35. 3""e; offenseur, agresseur.
Offeea : Présentera , offrira.
On trouve encore ce mot em- Offebtb : Présent, offrande*
ployé avec la préposition A , par un ^^^ . ^.j ^^^^^ . ^^^
pléonasme autrefois très-commun. ^^^^^^
Item laissent lesdits exécuteurs en le q^^^^ ^ij p^js ^^^ p -^ envoier
main desdits trois preudomes le droit de ^ ^^^ ^ p^^^ ^^^ ^^^^ convoier ,
faire cou cju'il s'ensuit, chou est à oes gg ^jj oiY mon cuer ne convoient ,
•aer Marotin.... Qe ne pris riens quanque il yoient.
10 mars de rente. ... a oc* sueur Helo- Roman de la Rose , vers aSin.
tain. 6 mars 4 deniers obole . . • . a oes
Jehan dit Lcnalés fil Jehan qui fu. . . . à OiBRE : Marcher, cheminer, voya-
oes l'oir u les hoirs que chius Jehan aroit «gj. . . errare,
mU^ra^ice dou Testament Jehan ^. ^/«^«««^ ' ""Ï'^^Ta.' • ^"^^^'^^ •*
de Franche , du 7 juin i3o6. Oiseleur , marchand d'oiseaux.
Ne voilles loseneier
Oeubt, œubt (où il y) : Où il y Home , ne trop loer
eut; habldt, ^o's suluno le droit;
Bel citante le frestel
Pour faire et furnir le mandet commen- Quant Voiselor Toisel
chant le vcndredit après le jour Saint- Xret à soi c desçoit.
Jehan-Baptiste, W jour de juing, jus- j j ir- i, n-.- j r> ^
qaes et énant le vendredit 9 novembre Et^erard de Kirkam , Distiques de Caton,
ensuivant où U y œuÙL le nombre de vingt >^- ^^^ » -«" ^o^- »•
vendredit. OisEusE , oisive : Paresse , oisiveté;
CompU de la Table du Su^Esprit de qiI^^^
St.'Pierre de Douai , de iS'je. '
Ole, oille, olle : Huile; oleum,
Oettvbe , œvre : Fabrique d'église Voyez Batage et Kai^ebuise.
ou de chapelle; à'opera. ^^^^^^^ ^n^^^, ^^ féminin, o/Zc
Donnent, lesdits testateurs, k leurs resse : Fabricant OU marchand
près très curet , au capelain , au clerc , au j»]jyile.
Îietit clerc, al œuïTcNostre-Dame devant ' o i 1 4-1
es cartriers , 10 sols au luminaire et à le Testament de Sandre le Gossart , olie*
taule du Saint-Esprit de ce mesme liu , à resse, du 4 avril iSSq.
cascun 5 sols. ^^^^^ . g,^^^ ^.^ ^^^^ j^^-j-^^^
Testament du mois de novembre i3o8. ^^^^ ^ ^^^^^^ p^^^^-j^^ ^^ j^ .^^yj^^ ^^
Je donne al œvre de Feglise Nostre- on la renferme.
Dame devant If s carterjers 20 s alœ^re ^^^ ^^ ^^.^^^^^ ^_
de le cainele Sainte Jvatheline ou f^astei , i r- • j nu ,•!« . ^/^>.«
al ocure de le capiele Saint- Jehan à nes propres à faire de 1 huile, oleas*
cascun lo s. tellus, V. Batage.
Testament du mois d*octembre i3i5. Quï : Olive , fruît de Tolivier.
Oeuvreii : Agir, travaUler, faire; OtoB : Odeur, senteur, parfum;
operari» Voy* PnocÉDUAs. . olor.
22%
ONE
Lors pare son corps et atome*
Et se vcst cum une Koïne
De grant robe qui H trulne ,
De toutes diverses olors ,
De moult desguisëes colors.
Roman de la Rose , v, 6i^g*
ONU
rôle sur lequel chaque seigneur £aii-
soit inscrire les non -nobles qui lai
payaient un cens, dits à cause de
cela rotuliersp dont ou a fait rotu-
riers.
De requîef se U sergans le Seigneur trenre
aucun copant quesne , u portant , u trai-
Is
Olt : Il y eut , il eut ; habuit.
Vente d^une maison avec plusieurs gar- nant à carette , et il monstre le lieu lev
dinages ou par ci-devant oit plusieurs mai- on Ta caupé , s'il amène loyaus tëmoiogs,
êons. Du II juin i/i^, • t- - ^ • .
OhE) omme : L'homme; homo.
Adans que notre Sires fist ,
Qui puis vers lui tant se meiBst
Qu**]! passa son commandement ,
Se TEscriptiire ne nous ment ,
Ce fus par le mors de la pomme ,
De la terre forma Diex Vomme ,
Puis si en prist une des ses costes
Qu'il li ot au costë apostes.
Fabliau de celui qui Ju fait à la
besche , v. 6.
Omégide : Assassinat , assassin ;
homicida,
A haute vois lore s'escrie ,
Que faites vos? nel' pendez mie.
A grant tort avez celui pris ,
Vez-nioi ci qui Vome ai ocis.
Si le saisirent et lièrent
Et l'autre tantost délivrèrent,
Li omécide iluec estoit
Qui la folie fait avoit ,
Il se commence à porpenser
Quant le preudome en vit mener.
Castoiment , conte II , v. 2a8.
il paiera an seigneur 60 s. se li caisnepôet
iestre fores d'un tarel onecerec et si le
sergans jure sans tesmoniage qu'il est
ainsy , h bourgois, u li copptiers doin
3o s. et se li quesne ne puet ainsy estre
forés , il donra 10 s. au seigneur.
Chartre de la commune d'Oity^M
des kalendes de may , 1216.
Onger , ongier : Oindre y parfu-
mer, enbaumer, graisser; ungere.
On&es : Jamais ; unquam.
Et si ne mece ( mette ) nus home , ne
feme , boure , ne flocon , ne laneton , ne
gratuise de peaus , ne estonture batue , ne
a batre , et ki onkes feroit tiretaine là à
il y cust meslé avœc auqunes de ces coses>
il pcrdcroit le tiretaine malvaise et boioe
toute ensanle et si seroit en forfait de
10 liv. Ban des Tiivtaines de ia53.
Onkiement : Pareillement , égale-'
ment.
La vertu de la messe gist où saint Sacre-
ment ,
Que Prestres , quiex qu'il soient , sacrent
onniement ,
^ T . .1 m» j» S'il dient les paroles avec l'entendement;
Onche : La seizième partie ci une poni bonté ne li donne , ne mal empire-
livre poids de marc. F< Caliste. ment.
Onc-MAIS , onc-mès: Non ^ jamais , Testament de. Jehan de Meun§f
en aucun temps ; nunquam, "^^^^^ 99^-
Onecerec : De roue , concernant Oknier : Égaliser, mettre aa
une roue ; tout ce qui tourne ou se même niveau ; unire.
roule sur soi-même. Tard onece^ Q^vbl^x Obscur, nuageux; de
— tarièr^ a percer les moyeux ^lebulosus.
Si-tost cum povrete' l'afuble
De son hideus mantcl onuble ,
Qu'el ne voit mes riche«ce luire,
Oscurirla convient et fuire.
Roman de la Rose, vers^Sn.
rec
des roues. Ce mot s'est conservé en
partie dans le flamand onedel ^ ro-
turier. Le mot roturie a là même
origine ; il vient de rota , d'oii le
latin de la basse latinité rotuUis ^
O R F f^ OS 229
Onze : Once 9 la seizième partie Tout ce qu'il a sera veuJu et mis avec
de la livre poids de marc. V. Peeys. °^??^*^-,?^^ couronnes d'or , un demi
g^ r\ •• j ' noble d Angleterre et deux doubles de
OSZIME : Onzième ; unA^imm. „,;„,„ -^ ,^8^,,le d'orpfce,^. ainsi que le
Comme demiseile Jehane de Goy vesve costume de le ville est accoustume'e faire.
de Nicaise Logier eust ordonne par se Testament du 8 marck i3i3.
devise eu date del onzime jour de mai
i4a4, que. . . . Orfroisi : Chargé de broderies.
Chirosraphed^^^ juins i^^o. Orgcex : Vanité, orgueil, pré-
Oquison : Sujet , prétexte , occa- somption.
fion ; occasio. Voy. ëscokdiïxer. Orhoirie : Succession.
Ob ji ore : Tantôt, a présent , Renonciation à tout droit de orhoirie ;
sur-le-champ ; à'hora hoc. V. Des- du 27 mai i483.
PECHER. Registre aux Actes , fol. 234 F'**,
Okcanon , organ , organe , orga- QRitLER : Coussin , traversin ,
non, orguene: Orgue, instrument oreiller ; oncw/anM^.
de musique ; organum» Y. C&outb.
s
Cil jougléour de pluisofis terres
Cantent et sonent lor vieles ,
Muses , harpes , et orcanons ,
Timpanes et salterions ,
Gigues , estives et frestiaus
Et huisines et calemiaus.
Roman de VAtre périlleux ^
fol, 44 , F'* col. 2.
Oedir: Faire un tissu.
Orée : Espace d'une heure , em-
ploi d'une heure ; A'hora,
Oreillier: Prêter l'oreille, écou-
ter attentivement; à^auriculare.
Lors commencent à oreillier
Tant quUls oïrent sommeillier.
Fabliau de Barat et Haimet ,
vers 233.
Orer : Prier , supplier , réciter
- . des prières ; orare.
Ores (par): Alternativement,
^ l'un après l'autre.
Orfexe , orphene , orphenin :
Orphelin, mineur; orphanus.
Item. Donné à Jeanin et Therion , ses^
deux fils mcnre d'ans, cent cinquante Qg . Qg^ ^ hardi, téméraire, au-
frans de rente viagère , sans que le cam- ^ j entreprenant.
• bre des orfones , ne les ministres d'icelle »a«»^i«="^ » ^"" F
•^ y aient rien que veoir. En un chastel Tavoit enclos ,
Testament du efobynerii^S. , N'aveit el chastel hum si 05 ,
E saciez bien ke mut vaut
Aver un oriller bien haut,
E noméement si le manger ne seit
Descendu en Testomac dreit.
Enseignemenz d'Aristote ,
fol. 192 , iî° col. i .
Orilue: Perce-oreille.
Néis puces et orillies ,
S'eles sHèrent entortillies
En dormant dcdens lor oreilles ,
Les greveroient à merveilles.
Roman de la Rose, v. i8o4i.
Orlenois : L'Orléanoîs , ancienne
province qui forme aujourd'hui le
département du Loiret»
Ortil , ortille : Jardin , enclos,
terrain cultivé. V* Cortil.
Ortilla-Ge : Jardinage , plantes
potagères.
Et se doit li censiers VoHillage dudit
courtil par maintenir et si doit toutes le«
vignes d'icelui gardin entretenir.
Bail du grant gardin des
malades. ii>79*
•3o S T
Ki cuufre 11 osast eissîr ,
"Ne estar ne meilëe tenir.
Marie de France , lai d'Eliduc ,
vers loo.
OsGVEiEa, oscarir : Obscurcir,
embrouiller. /^. Onuble.
Ospitàl: Hôpital, hospice, f^oj-.
0E8.
OssELEMENT : Petit os. F". Fretin.
OssT : Aussi , également , de
même.
Item* Commande k Percheval , mon
fils, quMl warde Pierre Havet tout leêours
de sa yie , pour les bons services qu'il
a fait à monsej^eur mon mari et k moi
cssjr.
Testament du 3i march i45o.
OsTÀL j ostaxy ostau: Logement y
demeure; hospitium.
Bien m'est rerenuz à la mein y
£n cel bore a pris son ostal ,
Mais ge lui cuit faire molt mal.
Rom, de Blanchandin ,fol, 178 ,
R'^col. I.
Que Biex soit à toz garant.
Et nos deffende de toz max ,
Et nos doint en nuit bons ostax.
Roman de Floire et Blanchejlor,
fol, 193 , /?<> col I.
OsTEis ( eslre) : Être annullé.
Cis bans d'esterlins est osteis.
Ban du 2 février ii^Q,
Ostelàge : Hospitalité.
Ostelenc, ostelier : Hôtelier, au-
bergiste; ostelarius.
Ostencion: Exposition, manifes-
tation; d'ostensio.
Là nous feront nos yexaperte ostencion
l3(i la divinité , de l'incarnalion ,
De la nativité et de la passion ,
Du rcssuscitement et de Pasccnsion.
Testament de Jehan de Meung ,
vers i863.
OsTiVEZ
otiosus.
01) N
Oisif, désœuvré ,
Le a6 d''octobre i5o7 , fut insdtnë de
nouvel par loj, pour le bien de leias-
tice j et rcfiraindre les corradges' f il-
tentions) de plusieurs jonesgens osUva
et incorrigibles qui sont de présent eili
ville, noiseux, remoreux , jyroingnes,
jnreurs et maugrcurs du nom de Dieu,
ung tounel de bois pour par stuj trooTé
cappable de condition prédicte, le porter
ayant la ville.
1*' Registre aux mémoires de la
ville de Douai,
OsTORiN : Sorte d'étoffe propre à
faire des chaussures. ^. Poktohiei.
Otiex', otîeux : Paisible , trafi-
quille ; d'otiosus.
Otretel: Autant.
Le Seigneur a de le brebis , de Taignel,
du porc , de le vacbe , une maille , doa
roncbi de le jument deux deniers et du
poutrain otretel , s'il n'allaite , et don
viel ( veau ) comme don poutrain.
Loi d'Escaupont de iaS8, Utm
de St.-xAmand,
Ottilb : Métier à tisser.
Je done à men josne fils Mathien , xa
ottile de saieteur.
Testament du ^'ii juillet i555.
Ottroter: Permettre, accorder.
OuBLÉE : Six pains de farine ta-
misée , produit d'un boisseau de
froment.
OvEN , ouin : Non , signe de né-
gation du latin lion.
OvLTRANCE .* Excës, superfluité.
OrNi, au féminin ounie : Uni,
poli, simple; unitus,
Li escbevin ont enquis par tesmoigiuf[e
de preudomes que li navée de piere doit
à Mortaigne vingt neuf deniers et tue
lame de marbre ounie, doit là ausi six de*
niers et li auteus et li fons i doit sÎJ. àe-
niers et li navée de piere sauvage doit à
cascun avienage par deçà Mortaigne, douic
O UT
deniers et lote pi ère ke on anioiue , on le
tient à piere sauvage se elle n'est taillié et
le lame faillie' et îi auteus et li fons doi-
vent à Saiut-Aiiiaut quatre deniers, à Has-
non six deniers, à Warlaing quati^ deniers,
à Loiaing quatre deniers , et à E.ccarpei
deux deniers, et ctdonibes et capleii et
basses et entaultmicnt tient-on à piérc
sauTage. Ce fut cuquis en Tan iQ46.
Opkdure : Longueur de la chaîne
d^une étoffe. V. Ros.
Ourmillage: Camîtnre, ordînaî-
rcmeii t en dentelle, pour les bonnets
de femme , pour le linge.
Pour acot fait de nœuf quartiers de
thoilJette achete'e Je derraiu febvrier g l'an
1460 , pour faire deux queuvrechies à la
dite Haanette la Sotte à 5 s. Taune sont
1 1 6. 3 d. , et pour le façon et ourinillage
desdits queuvrechies , 12 d*". , sont
la s. 5 d.
Compte de Vhospital SainUJean"
des 'Trouvés de itfio,
OuTÀA, hotars: Autel ; d^altare.
L'an M.CCC.LII, fit Micheles Pauczus
«itiens deLian édifier cetachapeIla,rou£ar
et lo crucifiz por lo reméio de s'arma ;
Matheu i^cbert, Marietan si mulier , et
Guillermetan leur fili mulier say en arères
dudit Michelet liquax mère et filli muri-
rirent cl tems de la morlalita, l'an
M-CCC.XLVÏII, liquax Micheles a cons-
titui et hordena que una messa perpétuai
que li dittaMarieta ordeniat en son lesta-
mcn que cl et li in , ladita messa el dit
outar chascun jour perpëtualment fesant
celebrar nostres Sires per sa misëricordi
les armes de ellos et de toz autres féax
O Z G 23i
Léon rongeant en eust telle plaisance
Que feux de joye en fist en ses pourpris
S'esjouyssant avoir gaigné le pris
Tascliant tousjours faire ausditz Hz nuy-
sancc
En espérant le tenir en souffrance
Sans envers Dieu craindre laire forfaict
JJouirageux tumbe en la fof-se qu il ftit.
Mère soie A IV verso.
Outré : Achevé, fini, terminé 5
consommé; d'ultra.
Mes la famé si bien se cuèvre , /
Ne jà n^i sera descouverte ,
Ne por gaaigue , ne ])or perte ,
Ne por solas , ne por mesèsc ,
Por ce sans phis qu'cl ne de>pièse
Devant qu'ele soit espouséc ;
£t quant el voit la chose outrée ,
Lors primes monstre sa malice ,
Lors pert s'ele a en li nul vice.
Roman de la Rose, v, 8718.
Ou TRI aulx: Excédent, par-
dessus.
Pour frainture d'avainne en grenier et
pour oultriaux aux vendanges.
Compte de Vhospital des fVez de i36o.
OuvRoiR : Lieu où on travaille ,
boutique, atelier, magasin; ope-
ratoriiun.
Fors Hanuis ki par oui^roirs velle
Et pour son preu faire sommeile
Li Congié Baude Fastoul
d*Aras , v, 63i.
Overe: Œuvre, ouvrage, Ira-
trapassas metat en bon repos. Amen I^^^^ vail; overa. V. Triffube.
lo X vil jour de dccembro 1 an M.CCCLV ' 1
jour
fiit sacras li des hotars et bëneis li diz
crucifiz.
Inscription du musée de Lyon.
OuTRÀGEUx : Qui insulte , qui ou-
trage.
Le temps pendant Mi lion son vol a pris
Soj retournant comme au mcsticr apiia
Oyer : Marchand de volaille cuite.
Les oyer s cessèrent en 1473 de
vendre du bacon ou chair de i)orc ,
à cause de rétablissement des
chaircui tiers ; à'anser.
OzoN : Oie , oiseau de basse
cour ; anser.
4
a3s P A I PAL
P.
i
a
Pachon : Mise des porcs dans une espèce de nourrriture , et même
forêt pour y manger le pose ou la Tentretien. Paîn ars , pain arsù,
glaudée. paindur^paineschaudé; ipdlnix^
Pacolet (cheval de): Cheval de cuit et même brûlé. Pain mu-
bois imaginaire qui alioit dans les tourné; petit pain en forme de
airs, et qui seconduisoit au moyen brioche. Pain de brode, pain à
d'une cheville. Quelques poètes an- pot ; pain de la valeur de deux de-
ciens ont donné le nom de pacolet niers. Pain rehouti ; celui qui a élé
au cheval Pégase. refusé et que le boulanger n'a pas
Pacqueus , pacus : Magasin , ate- v^°^"- Pain raté ; celui qui a «é
lier, boutique. ^i**?°*^ Pf !«» rats ou les soum.
^ . j ^ ». a\ Ail,- I Pom- de farine et de char ; pâté*
Fuis nous donnons a notre iils Albin la . . -^ . y. . - -•^. *: ,
maison où il résiae en la ville de Gand *®"^- P^infaitis oufetis; paiûde
ayec brasserie, pacqueus , etc. commande, pain fait exprès. Vmt
Testament du iSjuing i5g5. ^ P^^^ menu; être dans la misère.
Page, tirer de page , sortir de I>onc U diz Ysembarz fesoit > cu^^^
' , ^7 ^ P®**r le samt Roy , et fesoit pam de cher
page , mettre hors de page : Exprès- ^t de farine que il aportoit de la Cour au
sions fort usitées qui signifioient Soudan.
rendre ou devenir maître de ses ^i^ àe Saint Louis , p, 362.
actions , tirer de la servitude et de j,^^^^ . p^^j berger; pastor. ^
la ««///w«. Nos historiens rappor- Voy. Pastokel.; ^ "^
lent que ce tut Louis Al qui mit les _r .. ,. ^ , , ,.
rois de France hors de page; c'est- , ^^ reqmef , se h frus de brebis est
, -, ,., ., , / o > ^ ^^ trouve en bos , u en blés , u en avainc,
à-dire qu il apprit a ses successeurs u en quelque damai^e d'anltruy , li quel
à dire sic volo , sic juheo. Louis XI , U paistre \^art dedens li domaige ; li ser-
dit Mezeray en parlant de prince: ga^s peut prendre douze deniers, doa
€ Ayma mieux suivre ses fantaisies Ç^'^P"^^ ^5," pasteur... Li cheval teouvc en
àèvMèt^^. niiP IPd «airpa Inîfi dP domaged'auiruy payera quatre deniers b
aeregiees , que les sages lois ae vacque deux deniers... Li frus d'aves deux
1 Estât ; il fist consister sa grandeur deniers.
dans l'oppression de ses peuples , Chanre de la commune éPOisr du S
dans l'abaissement des grands, et des kalendes de mai iai6.
dans l'élévation des gens de néant. » . j v
C'est ce qu'un autre a appelé mettre Paianche : Ais de bois , levier.
les rois hors de page ; il devoit Pallement : Conversation , déli-
dire, les mettre hors du sens et de bération ; de parabola.
la raison. » JVe faison pas lonc pallement ,
PaielLE. F. Patelle. Que nos esgardcnt mainte gent. i
Paillotis : Muraille d'une demi- ^^J»/*'* ^f ^f^'^^ «/ Blanchefior,
brique, muraille de lattes et de •^^'' ^^"^^ ^° ^^^- "'• ]
terre glaise, entrefeud. Palme: Poêle à mettre sur les
Vkm : Ce mot slgnifioit toute morts.
PAO P A ft aSS
Je donne pour le bon palme, à Saint- Pioa : Crainte, peur effroi; de
Mbin , trente patars. ^ pa^,or ; d'où paoreus, timide , peu-
Tesuiment du 17 juin i6o3. reux, craintif; paoreusement , avec
Palmée, pâmée, paulmée: Prime crainte,
iccordée aux enchérisseurs des biens Paou : Le pou et la puce; de
k vendre , payée par l'acquéreur, pulex.
Elle est à Douai de douze francs p^^cut : Le Paraclel , abbaye
cinquante centimes au cent; à Lille célèbre par le tombeau d'Abaelard
iu tiers des enchères , etc. et celui d'Héloïse.
Palestre : Marécageux, bourbeux, p^hail, Dare/,au pluriel paraus,
/^ . pareus : Egal , pareil , semblable ;
Panebevx , panerel : Petit panier; parilis.
partis, y^is. Catoew. „ / * \ u a*
^ i . , . , Parainchinaulx ( prestre ) : Prêtre
Paîtoetee : Faire le pam ; ^tpanis. ^^ paroisse , curé ; Parochialis.
ANicolasDaghenet fournier Douravoir ^^^^^ ^^^^^ ^^^^ ^^^ ^^^ ^^^^
cuit et panuetev^v Tespace de ung an ^^^^^^^^^ ^t l^rs donra*^commc prestre
deuxcoupes de ble converties en pains.... ^«^^,.,^^,„^„/^ tous les sacremens de
Compte de la table du St.-Esprit de S** Eglise.
St.^Pierre , à Douai , de iSjô. Fondation de la cure du Bégui^ge ou,
Panke : Prendre , saisir, empoi- hospital de Champ fllori,dec. 1245.
gner , s'emparer ; /?reAe/iû?ere. Paiair : Paroître , se montrer;
Li Prudom norrir la fesoit , d'où parans , parens , paroîssant ;
A nxollier pani^e la yoloit : parère.
Et bonement îi ôtroia ' Parchevance : Action de voir ,
QuanquM o lui parère cuida. d'examiner.
Castoiement , Conte II , v. lai et i35. Parchevet : Traversin. V. Cobutil
PAifSEMEin: : Examen , pensée, ré- ®' Parement.
flexion ; pensatio , d'où le verbe Je donne k Marie Thérèse de Mailly ,
penser , examiner , réfléchir ; pen- ma serrante, quatre cents florins; item un
sare. quiety de lit sans plumes , avecq un par-
chevet et un oreiller emplis.
Douce Dame , tout autre pansement , Testament du 3 seplemire i658.
Quant pans a vos ooJi eu mon corage, '^
Des que vos vis des iex premièrement, Pi,cHBVOtt , pOTchoivre : Aper-
Ains puis amors de moi ne IU sauvage. ««t , ^ ^ r
n " ' j V j nr cevoir , regarder , examiner ; per-
Poésies du Jtor de Navarre , . \r m
ChansonU^strophA. ^V^''^- ^oy. Bachon.
«% T.1V u • j 1 Par coy : Pourquoi. Voy» Fon-
PAONNETrFlèchegarnie de plumes. ^ ^ j
Quant a respée qui bien taille, ^ _ ». j . j.
En la prcmeraine bataille Parcq. : Carreau , partie de jardin
L'assailU por ii desconfîrc , séparée des autres par des chemins.
Eschcc et mat li ala dire Voy* ROUTTIER.
Dessus son destrier auferrant , _^ « ^ r jt •
Du trait d'un paonnet errant Paremeut : Parade , Cérémonie.
Où miUu de son eschiquier. j^ j^^„g ^ Anthoinette de Maillie ,fiUe
Roman de la Rose^v* 6678. de feu Jehan , vifant escrimer , ong lict ',
a54 PAR
ÎiarcLevei > quatre oriiiiers , et toas les
inceuls , tous les couyertoirs , comprins
aussi le lincœul de parement.
Testament du 8 aoust x6i 7.
Parfekir : Achever, terminer,
finir.
Cis aura le Roman si cbier ,
Qu'il le vodra tout parfenir ,
Se tcDs et leu Pcn puct Tenir.
Roman de la Rose , 1/. 10621.
PiAFUMiER : Marchand de parfums.
pARFiJNDEscE ! Profondcur ; pro--
Junditas. Voy. Cbâline.
Pabcb : Page d'un livre. Voy. Ai-
UAiRE ; feuilles de laurier sauvage 9
garnies de quelques morceaux de
feuilles d^argent que Ton place sur
le poêle des filles de tout âge que
Ton porte en terre.
Paruigàl , au pluriel paringaus :
£gal, pareil, semblable ; à'œqualis.
Cuers , se Ridiaus et Brisegaus
Pour ce s'a aux n'es paringaus ,
^e baisse congié à rouver.
Xi Congié Baude Fastoul d'Aras,
vers 371.
Pàrisis : Monnoie de Flandre , ou
petite livre , petite monnoie. Seule
monnoie de compte employée dans
la Flandre Françoise, le Hainaut et
le Cambresis; connue encore au-
jourd'hui , sous le nom de petite
livre , valant dix patars, on douze
sols six deniers ; elle étoit composée
de vingt gros ou sols , et le gros de
douze deniers. Les relations com-
merciales obligeoient quelquefois
d'énoncer des livres parisis de vingt-
cinq sols tournois ; mais en ce cas
tes actes les distinguoient toujours,
en ajoutant au mot livre parisis de
Paris , monnoie royale , forte mon-
noie , on les appeloii livres ùf Artois.
Voy. LiECBÉ et Ra value.
PAR.
Parissant : Visible , paroissant
Parjvrement : Déni de justice}
manque de foi. V. Temporiex.
Parlier ( bîaus) : Beau parleur,
homme d'une conversation agréa-
ble. Blaus parlier; discours âo«
quent.
Parmain : Sorte de poire.
Paroche : Paroisse , église ; po^ro-
chia , d'où parochial , paroehiaus,
qui appartient à la paroisse; paro-
chialis. Voyez Pourveia.
Et si ai , par la haute Dame ,
Cent ans plus pitié de vostre ame ,
Que vos prestres paroehiaus ,
Jk tant n iert rostre esp(5ciaus.
Roman de la Rose , v, laS^i.
Pàroler pair : Parler avec jus-
tesse, avec mesure; parler avec
sincérité , sans équivoque , répon-
dre formellement et précisément à
une demande.
Parsevoir : Recueillir, percevoir,
prendre , recevoir, lever les deniers
publics , les impositions ; percipere.
FkhSiSfpai^siz : Reçu, recueilli;
imposé , soumis à l'iriipôt.
Parsis, par six : Parisis.
Vente pour nœuf vingt quinze litres
parsis , monnoie de Flandres de i3 l. 3s.
/;aivi5 , monnoie dite , 17 s. 11 d. doni-
siens. ... et quatre capons de rente , da
la février 14^4*
Sera tenu de bailler en propriété à Ha-
notin de Deuyeul , cinquante sols parsii
de rente héritière sur aucuns héritages à
Douay; item k Wibelet Bonnebroqae»
durant sa vie , huit livres parsix.
Testament du 8 julle i/^oo.
Partissant : Distribuant , parta-
geant, séparant.
Partreîïoste : Prière , oraison ;
ch pelet où les gros grains qui le
composent, le Pater nos ter. V. Ti»-
GERON.
«1
PLI
Tissues de verges pléîces ,
QuMls orent par gratis estotîes
En la haie Dangier coillies.
Roman de la Rose , vers 16010.
Flenierement : Entièrement
Quant un petit àoix
Te met à-bandon ,
Le tuen pour ami ;
Recevez Jbonemcnt ,
E plenièrement
Te loue par-tot de li.
Euerard , distiques de Caton ,
fol, 200 , V^ coL X .
PtER : Peler. F'oy, Esgorghe.
Plevi» plevie, pleuvy , pleuvye.
Nom donné aux futurs époux , pen-
dant les quarante jours qui s'écou-
loient entre la passation du contrat
de mariage et la bénédiction nup-
tiale. Dès lors la femme ne pouvoit
plus contracter sans Tautorisation
de son ple^i.
Vente par Jehan de Haucoart , clerc de
Peschevînaee , et demiselle Jehenne Haul-
tain , se pïeuie , à maistre Guilie Haul-^
tain de la moitié de tout ce qu^lls aveient
allencontre dudit maistre Guillaume qui
ayoit Taultre moitié'. . . est assavoir trois
maisons en Tune desquelles demeure Jehan
le Clerc, escolier. i473<
Robert Régnier , fils de feu Micquiel
vend à demiselle Jehene Haucourt vesve
dudit Miquiel , et ad présent pUuuie de
Jehan Marlart, escuier , la moitié d^une
maison appartenant par moictië ausdis
Tendeur et acheteresse,... 8 juillet i5o8.
Lettres par lesquelles ledit Jehan Mar-
lart escuier , a grée, consenti et approuvé
l'achapt fait par ladite demiselle sa pleu-
ujre , et y mis son consentement pour la
seureté audit Robert. Du 8 juillet i5o8.
Comparut Simone de Ricquebourg ,
yesYe d^Ânthoiné Boutiilier , et Robert
fioutillier son fils, ad -preseni pleufjr à la
fille de Jehan Singler.
Cliirographe du 10 avril i^li^,
Pliçonniavs y pliconel : Camisole
d'enfants.
Huit sols pour refaire et retenir les que-
P OE
a4S
mises, les pliçonniaus et les pourpoin-
tiaus des enfans et de leurs cauches (bas).
Compte de Vhospital Si, Jean d^
Trouvés , de i332.
Ploevb : Pluie; pluvia, Voyev
Esseit.
Ploumier: Plombier ;^fo/?ï3a;rw.
PoAGRE : Paralytique; au figuré,
sale, dégoûtant; /?oaa^ro^M^.
PocQUES : Malc^die de Naples»
Jehan Bonnel concherge de la halle et
sa femme sont crus entéchiés de la mal-
ladyedeNapples, appellée volghairementb
pocques, pourquoi les eschevins n^alloient
plus chez lui, mais es tavernes de la ville,
ce qui èstoit înconvenent, pourquoi on.
proposoit d'en nommer un aultre. Si fut
conclud que ledit Bonnel et sa femme ne
portoient enseigne ou cicatoire notable
procédant de ladite malladye qui estoit
sent visités tout nuds , par gens ea
ce cognoissans , si comme par le greffier
de Tordre et autres ses confrères , et que
s^il estoit trouvé quUls eussent aucune
cicatoire ou reste de rongne notable en
quelque partie que ce fust de leurs corps,
quUl fust depporté de son dit estât et
office { est mamtenu. ai jnijllet i5a4<
Reg, aux Consaux , fol, 65.
PocQUES : Pustules , boutons ,
marques de la petite vérole sur les
différentes parties du corps; mar-
ques de la toupie à doux sur lo
bois.
PoELEB,;70//er .- Peler, ôter l'é-
corce d'^n arbre ou d'un fruit, f^.
Kjlisne.
PoESTÉ, poète ^ poestet , poosté\
poté : Nom générique de toute réu-
nion d'habitants jouissant dés drolis
et privilèges avant rétablissement
defl| communes : gens de poesté ,
serfs ou sujets des possesseurs d^
terre , lesquels avoient sur eux droit
936 PEC
Pâte : Quittance.
Le défendeur respond quMl a paye par
compte fait , qu'il avoit deduict ses tailles
dont il avoit monstre ses payes qui furent
rompues et jettées an long.
Sentence du i5 mars , ij^Sq,
Pateujs d'airain : Casserole 9 ainsi
appelée pour la distinguer de. la
poêle de fer , qu'on appelle poêle à
frire > et de la poêle de cuivre à cou-
vercle, dite payelle bachinoire, qui
sert à bassiner les lits. Voy. Audier
et Fe&ieux.
Pec 9 pech,pet, peu , peus^peux,
pi y pic y pie y pioch, poet^poi , pol,
port y pou , poul y poy y poya,puc ,
puch, puechy puesch^ pui, puj\puigj
punch y pus, puy , py : Montagne 9
ëminence ^ échaffaud , lieu élevé ;
de podium. Voy. Costal.
Pegcatoe ^peccatour : Pécheur ,'în-
dividu qui commet des fautes ; pec-
cator, pécheur de poisson ; piscator.
Langue de prëlat sans parole
N^est mais qui rapiaut peccatour ,
Ame périssent sans retour ,
Et en apcrt et en destour.
Roman de Charité y strophe i^a,
■
Pegbiet , pehiet : Péché , chose
illégitime; peccatum. Par pehiet ,
illégitimement, contre la loi.
En Pan 12A5 , deux jors devant Tentrée
de janvier, li Ëskevin ont octroiet as Dames
des Preis ke quanques elles porront evrer
dedens cestui an k dame Onestacien Wa-
gone d'Arras. . . . por que elle renge por
Ji ne por sen baron a le vile de Dowai ,
de çou que il unt v?aignié par pechiet , ke
elles en doivent avoir le moitiet et li vile
l^autre moitié , et sauf cou eles prengcnt
riedens cestui rendage lor despens sans
cngien ( fraude ).
Il laist pour Diu et pour s^arme et pour
les armes de sen père et de se mère, et de
Liegart se feme et pour les armes ausi de
tous ciaux et de toutes celés de qui il
waagna onkes aucune cose par maie
PE N
raison u par pekiet , as mesiaus de le et»
pieic la huers, soixante sols.
Testament du mois de march 1269.
PÉCHIKE, piscine : Morceau de
marbre ou d'autre pierre creusé et
scellé dans le mur, près d''ua autel
dans lequel on jette Peau provenant
du lavabo de la messe.
Quatre sols pour le marbre de le fi*
chine ^ 16 d. à Wille de Bfaroel pouricdj
pêchine faire et pour le marbre assir.
Compte de la Table du Saint'Bsfrit
de x334>
Peesgbe : Instrument pour pé-
cher, ligne; au figuré , le membre
viril ; de piscari.
Tesiez , fille , \k nule famé ,
S*ele n^est trop de maie téche ,
Ne doit nomer celé pêesche
Qui entre les jambes pendeille
A ces homes. Et quel merveille
Est ore de nomer péesche ?
Est-ce ore ce dont Ten pesche ?
Tesiez, fille , vous estes foie y
Ne dites pas celé parole :
Péesche n^a ele pas non.
Jà nous famés ne le devon
Nomer en nis une manière ,
Ne au devant ne au derrière
Ceie Déable pendeloche.
Fabliau de l'JSscureul ^ v, 4o*
Peibe : Poire, fruit du poirier.
F'oy. Fige.
pEL0ssE,^^^5e .* Espèce de prune
sauvage. D'où pelossier ^ arbre qui
les porte. Voy. Bblloche.
Penanghe : Pénitence, punition;
pœnitentia. Yoy. Ighiulx.
Pe^deiixeb : Pendre ^ flotter, aller
de côté et d'autre , remuer ; de
pendere. D'où pendeloche, pendilo-
che , chose qui pend; au figuré le
membre viril. Voy, Péesche.
Pendoille : Partie pendante delà
ceinture des religieux et religieuses;
de pendere.
i
m
ES
PER
Item ( sera tenu ) , à tout le convent
îfecturer corroyés et pen'doilles en le
lanière accoustumëe.
jLnttvpiise des souliers et cuirs à
fournir à Vabhayt des Prés.
Du 9 mai iS^G.
Pendre : Dépendre, être assujétî ;
e pas être maître de sol ; pendere.
Penevs : Malheureux, infortuné,
jui éprouve des chagrins ; depœna.
Al sepmaine peneuse, la semaine
lainte. ( P^oy, les Mémoires de l'A-
adémie des Inscriptions j t. XVII ,
>ag. 752.)
Peoples : Le peuple, la nation ;
wpidus.
Jamais jugement
Où peoples se cunsent
Ne despises seul ;
Kar ki mulz despit
Par fet è par dit
N^ert amis k nul.
Euerard , Distiques de Caton ,
fol. 2o5 , R^ col. 2.
Peb , au féminin père : Égal , pa-»
•eil, semblable; parilis. JYon-per,
ion pareil.
O mort de toutes mors non-pere ,
A qui nulle ne se compère ,
Sanz qui nulz n^est sauf ne sera ;
Trésor de Jehan de 3teun§, v. 687.
Pebçable : Pénétrant, insinuant.
Mes raison ne puet pas véoir ^
Que riens puist des Giez chéoir ,
Car en eus n^a riens corrumpable ,
Tant est ferme , fors et es table ;
N'ii ne reçoivent pas empruintes
Por que soient dénors empaintes ,
Ne riens ne les porroit casser ,
N^il n^i lerroient riens passer ,
Tant fust sotive ne per^able ,
S^el nVrt espoir espéri table.
Roman de la Rose , v, 19127.
Percbeb : Déchirer, percer, rom-
pre, blesser; de percudere. Voyez
Pacte uR.
Perchoir, percAcvo/r.* Voir^aper*
P£R
a57
cevoir, remarquer ; percipere, Voy.
LOIURE.
Il est que ladite Demiselle considérant
la mortalité qui présentement reigne en
ladite ville de Douay et en plusieurs aul-
tres lieux, inesmement que elle est en-
chainte de fruit , sentant et que elle per-
choit que plusieurs en tel estât vont dévier
par trespas , a donné et donne , etc.
l^estament du lo septembre i4i5.
Perelinâge : Pèlerinage^ voyage ;
peregrinatio.
en cité k Ârras , j^ordonne qu^en cas qu^il
retourne , qu^il soit libre de recouvrer.
Testament du 1^ janvier i6i5.
Pbreries, perreries : Diamants y
pierres précieuses.
Et ces corones de fin or
Dont enragier ne me fine or ,
Tant sunt bêles et bien polies ,
Ou tant a bêles perreries ,
Saphirs , rubis et esmeraudes ,
Qui si vous font les chières baudes.
Roman de la Rose, v. qS^o.
Pereux, perreux: Pierreux, rem-
pli de pierres; petrosus.
Et se savoir volés de son estre ,
Qui n^est ne souple ne terre us ,
Fain demore en un champ perreus
Où ne croist blé , buisson ne broce.
Roman de la Rose y v. ioi86.
Perforger : Faire tous ses efforts.
Pbridos : Topaze.
Item , je donne k Bernard de Goy, ua
aniel d^or k une ganne pierre quarée quo
li aucuns nomment péridos et hault to-
passe.
Testament du iS décembre i38o.
Perié , perler, perrier, pirié, pi~.
rier, poirier : Arbre qui produit des
poires ; pirus , en bas. lat. pera^-
riusj en Langued. përié>
Perière , perrière : Carrière de
pierre ; au figuré , fosse d^un cime-
«40 PIE PIN
Peu : Un ou plusieurs brios de Pierbb sauvage : Pierre bnite.
fil de lin que la fileuse tire de la Voy. Ounie.
quenouille pour en former son co- PuaTiwa : Appartenir ; pettinm.
_ n I ^* Encore est-il adjoatet a ches cosesle
Peuble : Peuple , nation ; popw <jui establira capeilenie ens ledile église,
lus^ Il dons de ledite , piertenra k lay.
Entre vous homes liges , et autres bor- Fondation de la cure de Champfiori^
jois , et toute autre manière de gens et ia45.
dou peuèle'qtd ci estes assemblés, nous
somes ici pour coroner tel à Roy de Jéra- PilerÉ , pillée .• Golonne , pilier;
«1™- pila. Voy. Keuvre.
^pl'i^f' ^'"''^'''^ ' "^' cclxxxi^iij . p^^ . Richesse , puissance.
Peus : Poils , cheveux ; pilli. ^''%'f^')* "'" ^'^^^ *°*'^ gens de gras
Pevs ( ronds ) : Bûches rondes Gouveraéeurs de Court qui par on noiml
mises en faisceaux ou rangées en _ . **^^®» ^
•1 Qui muert sanz testament , mmre «
P champs ou à ville ,
De le nayëe de rotu peus et defen- Usuriers, ou sans langue, est mors, bU
dus trois bouges. cils ortille.
Wienage du Châtelain de Douai , Testament de Jehan de Mesa^^
xni« siècle, vers iqSS.
Petstich : Appentis. P,ne : Pièce de bois placée bon- ^
Se n^y a au présent que ung gardin , zontalement et enchâssée dans les
mng hecquet et peusUch sur rue. poteaux d'une maison dont la car-
Cartulaire de la Chapelle de la casse est en bois. J^oy, EswiIXEft.
Halle , 1452. • * 17 3. j . •
Pineau , pinot : Espèce de raisiD
PEXiPieu, épieu, bâtpn ferré; noir fort doux et très -agréable an
palus, goût.
Nel' garroient armes esmoluës , pj^j^E : Lieu planté de pins et de
Heaumes, haubers,f»ex, ne macu es, canine
Ne husches , ne dotes , ne chambres , ® P *'
Qu'il ne fust despeciés par membres. PraiEBS, pisneur ^ pisnier : Peig-
Roman de la Rose, vers 14024. neur de laine. Pisneur de sayetu,
. ^ , , ouvrier en étoffes de laine ; pecd- 1
Pbisiquee ( se ) : Prendre des re- narius. 1
* ^ * Testament de Gilles Desplanqnes /»•
Se foy n'as , en vain ie phisiques , niers. Du 26 aoust i43o.
Car foy a toutes les reliques ,
Par foy toutes vertus sont faictes. PiNPENEAU , pinpenel : Sorte ^
Trésor de Jehan de Meung, v. 86. petite monnoie ; pinpenellus,
Vikv : Peau. D'où piauchelier , Pinser : Panser , soigner.
pelletier, marchand de peau, mé- u donne.... les 40 florins pour aidier»
gissier. nourir et pinser les poures mallades ^
P1ERDIT10K ( aller à ) : Tomber en St. Thomas.
2!uine. Testament du mois d^aoust i55>
PIT
Pintee: Boire.
N^est nus qui chascun jour ne pinte ^
De ces tônneaus ou quarte ou pinte y
Ou mui, ou setier , ou chopine ,
Si cnm il plest à la meschme ,
Ou plaine paume ou plaine goûte
Que Fortune oh. bec H agoute.
Roman de la Rose^ v, 685i.
Pipelea: Orner, enjoliver, dé-
corer.
PiuraiENT : Plus mal, de t mal en
pire.
PissoNSTiBR : Poissonnier , mar-
chand de poisson. Voy. Donkb^.
PiSTRB, aujourd'hui Pitre,' an-
cienne et. petite ville de la Norman-
die au confluent de TAndelle et de
la Seine : Pistœ. Pistis. Gharles-le-
Chauve y ût construire un château
pour se mettre en état de résister
aux ]^ormaiids, et il s'y tint un ctil-
Dîle en 861^ Pistreis^Piàjtreinsj ha-
bitants du château de Pitre*
Une Cité fist faire un Reis
Qui esteit Sire dés PUireU ;'
Des Pistréitu la fist numer »
£ Pistre la fist apeler.
Tox-jurs ad puis dure li nttn*
Uncore i ad vile é meisuns :
îïus saTum bien de la Cuntréo
là Vais de Pistre est nomée.
Marie de France ^ Lai des Detu
Amanz , v* ao.
PiTÂBLE : Bon j sensible, compa-
tissant ; piètosus.
Pitance , pitanche : Repas extra-»
ordinaire, soit en viande ou en
poisson ; augmentation de repas or«
dinaire pour récréation,
PiTAHGE a été faite de pite , petite
mon noie frappée à Poitiers > qui va-
loit le quart d'un denier ou la moi-
tié d'une obole , comme le mot
denrée a été fait de deniçr, Voyex
P0UaVE5DlEB.
Pour pitance dn jour de PuqiieA cow-
lU.
P L A 941
muniaulx , a chascun povre et proven-
dier un flancq et deux'oèiifs. ■
Pour le pitance dudit jour, ordonnée
par ieu Miquiel du Forest , pinte de ^n
et un pain blanc.
• Compte de l'hospilal des Chartriers
ae 1452.
PiTEx : Pitoyable, digne. dé' Jiitié,
misérable ; de pietosus* \'^'*
Je nH saroié raison rendre" ■ '"
De chou k^estes cbi or venus
A pitex scrés retenus. ■'.,«..
Se parole n'enoi auciuiDje, ^ '. , . . «
Fabliau de la -Langue I^uitfV. ^o*
■ ■ -
Piz : Pieu, bâton, ëdialas;;7a/tt,r.
Prennent bordons , prennent* escharpes^
On piz, ou faucilliips^ ou sacpes^ . .. .
Et vont cheminant longue VxpijBS »
Et ne sevent o ji toute voies.
Roman de fa lSo^f4^riB5AL.
Pix : Poitrine > estomach; 'pectUsy^
Si «nt reconntfHet'-juré îësfflts-frSir^ft %st
assavoir Itdis trésorier 84'^nnn*«n'>;i6è •
comme prestre et li dis EvraHl par 8e foy ,
que sur ledis héritage vendu' et "werpi, n«,
' ont fait abouty- emprunt, né assenement. '- *
renudtcf^j'amèr, i^biV
PumsjUEit pour plaidoierie». disK *
cours des avocats. -. *
PLA.1D01R, plaideur : Salhl^djim
tribunal, lieu oiL.devroit %rf:fi^^r9
la justice, où par &is elle^ieJve]^^
et où, dans les temps de reanlon ,
on semble oublier entièrement qu'il
existe un codé, puisqu'elle devienf;^
un tribunal du saint-olfice.
' Plaie , phiïs : La plie> poisson A%
mer.
Et se fu KareSme ensement
Qui molt se contint noblement;
O lui ot grant Chevalerie
De poissons frës à btanctre ailHe»
De saumons frès et de plaîs
G^on ne het nûe en cest païs »
Et d'antres chevaliers de mer
Qui ne refont mie à blasmer.
faàl. de la Bataille de AîsiVfmtf ft
de ÇlianiagCy vers 69*
V
344 VOE P O I
de suite et droit de les revendiquer ceyalicr ; mais li homme de poùsté seront
en tous lieux, même dans la clérî- i»6i«^ V^^ % des Esquievin».
cature; sous le nom de gens de Chartredelacommutied'Oisjrydu^
poesté, on comprenoît par fois les '^*'' Kalendes de mai iai6.
roturiers et les vilains. Pote ou p^jg^ ^ p^i^ . Peindre , mettre
poté dt^signoit encore un territoire en couleur ; pingere.
de seigneurie comprenant plusieurs j^^ v
familles et villages , qui , ancienne- mÛÛ bien csiêit apâriilîëe , '
ment étoient de condition servile; Defors é dedens eri poiée.
de potestas, Marie de Fraîtce^ Laide Gugemer,
vers I ^o
Mes Sires Gilles W Sires ert de \1 et de
toutle pooir etme DameFoulduski doëe PoiLLON : Plume ^ duvet , poil;
en est, font assayoir quMis ont mises de pilus.
lenr villes >cVstVi et Escaupons et toute „ ., ^ , t ^ ,
le pooir a vingt-cinq livres Je blans , de |*"* quidc estre beaus h Corbeaus
droite assise k paier cascnn an et plus ^î "**®^^ chaunter ke nus oiseaus;
ne puent prendre cascun an de taille ^^ *f j^oiUoiis voit blanc de rien,
«prés ils font assavoir que ces trente - cinq **™^* )^^ °« lo' "" l^»en-
livres li Eskievins de Vi et d'Escaupons L'Image du m6nde\ Mt, N, S t
et toute li poesté ont grëet et loet et es- fol, 74 1 ^® col. i.
taulit tout ensanle à prendre à tous les
taillaules près et -terres dou pooir de PoiN :Anse 9 poignée; de pu^/Utf.
Vi et d'Escanpons....... et se boste de fo- p^ovez DouBLIER*
rain venoient manoir où pooir de Vi et , .
d'Escaupons, parmi deux sols doit cha- PoiNGHUUS ( lance ) : LanCC ,
cuns hostes estre quites chascun an des courte de manche 9 dont le fer très*
trente-cinq livres d^assisc. Et ces derniers aigu , est en forme de poingnol OU
de ces sourvei^ans doivent estre en ajuve ^g dacue
de payes l^assise des trente-cinq livres de ^
blans u en le besongne de le ville de Vi et Les Frères fîst monter aus dens sor lor
d^Escaupons par Tassenement des Eskie- chevaus,
vins et par le poestet de ces deux villes. A chascun fistdoner une 2a7icepo i7M7i/au;.-
Se les terres , près et courtils ne pooient Or verrai , dist Jli Rois y liqueis est plus
fournir les trente-cinq livres; un Eskievin isniaus,
et un homme de poesté de cascune de ces Et qui miex assaudroit ses flTif>p«^ mor*
deux villes esliront quatre hommes de taus.
poesté et ces quatre , aultrcs quatre et le» £« Jugtment de Salomon , vm 5o.
douze assiront loiaument et par serment ^ '
sur les meules (meubles) des manages des- PoiNEE : S 'empresser , s'appli-
dites deux villes , ce que s'en defaudroit. çnxet • de Vcena. » rr
Loi d'Escaupons , du mois m x > .. l
d'octemère .a38. î??','*** *^'"î« "." «» honore ,
. D'eles servir poine et labore ;
Derequief se li bonrgois , de cevalier a ^' ?* ?,^ °î ""^ mesdisant ,
d»aultre homme , tel qu'il soit , fait clain g" ""f &•»« despnsant ,
sur dete et U Esqueyii tesmôignent le Bl?*"»»;'*. "K^^ ?«"» »« »"««.
det« , le justice li f?a paier en se présence , ^"}, '* *" P,""* ', "•"'?* ?"' P*"*»
sinon ils verront à U loi et si £ borgois ^ ^T^ *.* »? d«™<>"«l=s . ,
jure que il ly doit cely dete, ly detteur le ^'. 1" «'« "î"* '"'"»«* ""Veles
paira sans fourfait , et Vil ne le veut paier, ?'" ^ *°' *» "«°».*" 5 .
U M dcffenge par le tierce main donnée^ ^" " P°"** ™ P'" «n»"»".
k, tous ser«ment d« celi dete. C'est dit dou Roman de la Rote , ven m^-
POI
Point : Peint ; de pingere , et pi-
qué , ai^illonné ; de pungere .
Pointure : Peinture ; pictura»
Font un tonbel apareillier ,
De marbre le fist entailiicr,
Oiseax, et bestes et pointures ,
£t de soltis trésgiteures
L'ont, entaille par de defors ;
Mais dedenz n'i ot point de cors.
Roman de Floire et Bhmchefior ,
foL 198 , jRo coL 3.
PoiNTvaÉ : Peint.
Item donne à Andrieu Picquette son
frère , une relique de le vraie croix avec
le coffret ù on le met pointure des armes
de Coucliy.
Testament du 11 décembre i38o.
PoiSE : Certaine quantité de mar-
chandises qui payoient dès droits
en différents lieux et sous diffé-
rents noms.
Au village d'Escarpel, la charge
d'un homme étoit estimée de quatre
poises et payoit trois deniers doui-
siens. Au Pont-à-Raohes, la poise
de fromages étoit de cent fromages,
estimés peser trente livres, et payoit
huit deniers douisîens. Au travers
de Ba paume , la poise de fromages
étoit de cent livres, et payoit quatre
deniers parisis, monnoie de Flan-
dre. La poise de laine , au même
travers , étoit de cent soixante-seize
livres ^ et payoit quatre derniers
même monnoie : celle de plumes
étoit dé trente livres, et payoit qua-
tre deniers parisis , monnoie de
Flandre.
PoisTRON, poltron : La poitrine ;
pectus.
Au Preste vint , par les oreilles
L^aert et |)uis par le goitron ,
Puis en a yirélé poisiron
Que le Provoire renfoura ,
]Ve jà por ce ne remaindra ,
S'il a Içs Dëables el ventre.
Hugues Piaucele , fabliau
d^stourmi , v. ^60.
P O N 345
PouiGis: Police.
On fait assavoir.... jjlièpotif pourvoir
donner ordre sur le faîct el cjnduite des
fruciiers de ceste ville mes dils sieurs
ont par edictz , et statuts par forme de
pollicie cstali....BaBdu i8aousti565.
Registre aux ]Edits,Jbl, io3 P^**.
Po&CHOi: Pourquoi. F, ëscarni.
PoLTBE , poultre : Jeune cavale
on yxxïieni pultra , pultrina^ en bas.
latinité pultrina fomié de pullus,
PoLTRSL , poultrel : £ talon , che-
nal de haras.
PoLTRENiER, poultretiier : Chef
d'un haras, qui est chargé de Tédu-
cation des poulains.
PoMEAx : Pommeau d'un casque ,
d'une canne et de tout autre
objet.
Et cercle d'or ot deus pomeax ,
Portraiz i sont deus dàtnoiseax ,
§ui devisoient par nature
ote manière frescriture.
Roman dé Floire et Blancheflàr ,
foL 198 R** , col. I.
PoxuÀNT : Ayant le goût de la
pomme ; ponte gernette , pomme
-reinette.
Le fruit ke Ten menger dcit
Avant autre mangiers mangié seit ^
Si çeo ne seit tcu manère de fi u^t
Ke lunge en festomac gist descenduit ,
Corne est fruit acetus é pomuant ,
Corne uome gernette è autre freidant.
Mes kl k^un poient prendre vuet
par mëdicine bien fere le puet.
Les Enseignemenz d^Aristote ^
foL 19Ï /^o-, coL I.
PoTîTONiER, pontonnier: Percep-
teur du droit depontage ou de pas-
sage SOUS un pont pour les bateaux
et leur apport et sur le pont poui^
les passagers, les bestiaux et le»
voitures qui le traversent.
Sor une chaëre enscmeut
fiiea entailUée soUiment ,
3
946 POU
Se fa assis le pontonnier
11 n^estoit mie pautonnier , ^
Vestuz fu'dW pliçon hermin,
Et bien fa chauciez d'ostorin.
Koman de Floire et Blancheflor ,
fol. aoi K^ , col. a.
PoQVETTE : Petite poche, petit
troH ; avoir les poquettes , être at-
teint de la petite vérole , en être
marqué. V. Pocqces.
PoBGHE&iE 9 porquerie : Toit à
cochons, bourbier où les pour-
ceaux se vautrent ; de porcaria, çn
bas. lat. porcheria , en anc. prov.
pourcairoiOf d'où porchier, gar-
deur de cochons, porcarius.
Si me besei^s en la bouche ,
A qui nus vilains homs n'^atouche ;
Je n'i ïesAt mie atoucbîer
chascun vilain , chasun porchier.
Romajh de la Rose^ v« 1948.
PoaiON, lisez porjon: Poireau,
sorte de légume ; deporrum,
a6 s. 6 d. pour le trente-septiesme
semaine qui commencha 27 jours en fé-
vrier , chest assavoir 16 d. pour deus fais
de porjons , a s. 6 d. item.
Compte de Vhospital des JVez
de i55o.
PoBLiRGmsR : Regarder, examiner,
ajuster.
Et Jehans qui lassus estoit ,
Par la treiltie le porliiigne ,
Félonessement le rechingne
Aval descent tout coiement.
Husues Piaucelle , fabliau
d Estourmi y v. 207.
PoBQVE : Quatre tourteaux de
marc de graine grasse.
Sur la requeste des Maire et quatre
hommes des graissiers, a été ordonné de
porter annueliement à Tesgard , les ton-
neaux d'huile, à paine de dix livres doni-
siemes d^amende et que le porque de
tourteaux contenant qtiatre tourteaux de*
PO S
vra poiser douze à treize livres.... selon
Fancnien pied.
Registre aux Mémoires, 4 JU'a 1610.
PoBQiTERiR : Chercher , recher-
cher, travailler, se donner delà
peine; proquœrere^ d'où porquis,
cherché. F. Nânpobkant.
PoBSiVEB , porsivre : Poursuivre,
attaquer en justice; prosequi.
Et sUl cosnoit ledit fait en proposant
cors defiendant et PoSre à prouver et
monstrer , il y sera rechens et fera pro-
cureurs devant nosdits eschevins, liqaens
procuréres porra persifler ledit corps
defiendant icellui soupechomié estant en
terre sainte.
Chartre de Loys^ comte de Flandre ^
du 5o juin 1376.
PoBTÀNCB : Total d'un mémoire ^
d'un état dépense , de déboursés.
PoBTANCE , porterie^ portéurCj
porture : Faix , charge , poids j
fardeau.
Pur eschivre envie
Gardez ke ne soies mie
Trop noble de vesteure ;
Si envie ne nuit granment ,
Costeuse est nequident
E grief sa porteure
Everard de Kirkam,^ Distiques de
Caton , fol, 2o3 y** , coL a.
PoBTBioN : Petite porte,yanne d'une
écluse. V. SoTÈBE.
PoBVOiB : Aviser , penser , pré-
sumer , pourvoir ; providere,
PossESSEB : Posséder , avoir en
jouissance ; possidere,
PosTBoiLLÂz : Peuple étranger et
son langage.
Lors commence a palier latin
Et postroUtaz et alemant.
Et puis tyois et puis flenunant ,
Et se yentoit de ses largesce ,
Et d^iine trop fîére proesce
Que il soloit faire es anfance :
Li vins Pavoit fait roi de France.
Fabliau du Prestre et de la Datm^
-vers 107. '
POU
PoTANGB : Béquille , bdton; canne y
potentia.
Les oreilles avoit mossues ,
Et trestofes les dents perdues ,
Si qu^el n^en avoit neis une.
Tant par estoit de grant viellune y
Qu^el n^alast mie la mont^nce
De quatre toises sans potarice.
Roman de la Rose , v* 36o«
PoTiE, putie: Poussière, ordure,
immondices; de pulvis.
Car ses grâces , quant les despent ^
En despendanl si les espeut ,
Que les gîete en leu de poties »
Par putiaus et enfangeries.
Roman de la Rose , v. 6589.
PoTTÉ : Terre amenée par les
€aux.
Ledit s' Comte a dans ladite ville un
chasteau et basse cour , maintenant la
pluspart Tuine's et démolis à cause des
guerres ledit chasteau estant envi-
ronné de fossés remplis de potté K cause
des débordeniens des eaux sauvages.
Dénombrement de la terre de
Marquette en Ostreyant ,
du ^g mars 1718.
Pove: Pied , patie d'animal ; de
pes^ pedis.
PovLtETiER : Marchand ou nour-
rîsseur de volaille. V. Volilli.
PouER : Monter , élever ; de po^
elium. V. Pec.
PouRCHEL , pourchelet^ pourchiel ,
au ^hxriel pourcheaux,pourchiaux ,
pourchelets : Porc, pourceaux. Voyez
Resson et Triiiwe.
aS s. pour Tacat d^un pourchiel deux
jours en juin.
Compte de Vhospital des Wex
de i35o
On fait le ban de ne laisser courir au-
cunes truyes u pourchiaux sur rue par
jour se ne sont pourchel appartenans à
Sainct Anthoiac , sans fraïude et du
POU
^47
nombre ordonné selon le coustume an-
cbienne.
Ban renouvelé le 1 août i382.
Les pourceaux de St. Antoine ^
connus autrefois dans la Flandre» et
dans plusieurs provinces , apparte^
noient aux confréries du saint de ce
nom qui les vendoienl à cri public,
à leur profit , quand ils étoient de-
venus gras. Ces pourceaux por-
toient une marque pour éti'e recon-
nus 9 et parcouroient tranquillement
les villes pour chercher leur nourri-
ture. Il étoit défendu de les inquié-
ter , plus encore de les frapper. On
n'avoit point d'autre moyen de les
faire sortir des maisons 9 où ils
s'introduisoient fort souvent, que
de leur jeter quelque mangeaille
dehors pour les y attirer. Us furent
supprimés partout pour avoir dévoré
plusieurs jeunes enfants; ils jouis-
sent encore aujourd'hui en Espagne
de tous leurs privilèges. Les défen-
seurs du gouvernement féodal ne
manqueront pas de citer à l'appui
de leur système le bonheur dont
jouissoient ces honnêtes » ces bons
cochons , qui s'engraissoient à la
plus grand gloire de Dieu, aux dé-
pens du peuple et qui contribuoient
au profit des religieux.
PoTTRFÀTAULE , pourfitoult i Profil-
table , utile, avantageux.
Cent sous pour une vake doudit hos-
pital vendue eus o& quaresme , Pan
\9**"** pôurche qu^elle n'estoit mie poicr-
ataule^
Compte de Vhospital des Wez , de iSSa.
PouiMAiN : Promenade , endroit
où l'on se promène et l'action d'aller
se promener.
PouRPATE : Parlait et entier paye-
ment.
Comparut léham de Noyelles dit de
4
j
ft4S POD
G-uises , escaîer et demiselle Margheritte
Filiale t se femme , lesquels ont reconnu
avoir reçeu de Jacques Pilla te , frère à la-
dite demiselle , la somme de 35o francs
rojaolz pour le pourpajre de 3i4 irancs
par certain accord.
Chirographe du 6 décembre i538.
PouiFLiiin : Bien planté. Voyez
AUROTEBIE»
«
De Franchois Salle demenrant àLandas ,
pour arentement d^une maison jardin et
héritage pourplanté dWbres contenant
trois cens de terre , m liv. lo gros.
Compte de la bourse commune
des pauvres, i644*
Vov^^omrikv^^pourpointel^ Robe
camisole , habillement d^enfant.
V> PLiçokiiuus.
PovRPOs : Récit , narration ; pro^
positio. Dans une ancienne tra-
duction ^ Amphytrion y Sosie se
consultant pour savoir comment il
fera le récit des détails de la ba-
taille dit :
Mais maintenant cy , par quelz motz
Commencer doye mon pourpos,
PorasiEUTE : Poursuite.
Comme de ladite somme de io4o escus
il pouvoit faire demande et poursieute
allencontre dudit Bauduin du Bos
iSjuin i£^i^.
Registre aux actes , foL 169 , V^.
PouESiEviR : Poursuivre , chercher
après; persequL
PovRTBAiRE, uTig homc au vif:
peindre quelqu'un, faire son por-
trait.
PoDRVAiïDiER, vrovendieT 9 au fé-
minin provenditre: Individu qui
jouissoit d'une prébende dans un
hôpital en payant , à la différence
du pauvre qui y étoit reçu gratui-
tement. V. Maisuux.
Pour le pitance qui fut donnée le jour
P O V
àtê t[uara8meauz qui est telle que chaeoa
povre et prouuanaier a. une double cir-
Donnëe de lart de saison , de le porée ,
des porjons. Se y oit ledit jour > panai
curé , recepveur et li demiselle du dor-
toir qui doublent ; 61 personnes pour
lesquelles on oit 61 carbonne'es ^
coustérent 61 s. , et si leur fut faict de
au lieu de à chacun un demi quartier
d^aignel roty à le sauce verde qu^fls deb-
Yoient avoir, leur a esté délivre à chacnn
3 8. sont 4^ s. 4 ^'
Compte de Vhospitaldts
Chartriers de i5a5.
PovRVEiE 9 pourveyr : Pourvoir,
subvenir 9 approvisionner; pn-
videre.
Et à ches coses comme li deseore ne
Dame li Comtesse pour se dévotion se soit
loyé et obligié à chou Welle feiapo«>-
veir où Priestre parochial dudit iicB,
une rente perpétuel de vingt livres moi-
noie de Flandre , nous li avons otrië.
Fondation de l'hospital deùaf
Flory, Décerné re ia45. *
Povs 9 pox : le pouls ; pulsus.
V. Kalendier.
Il a mandé hastivement
D^Égipte les Fuisiciens ,
Et cil i vindrent de tos sens ,
Et le malade ont regardé
Sovent li ont le pox tasté.
Castoiement , conte 1 1 , v. 43>
■ •
PouTBAiN : Poulain , jeune che-
val. V. Oteetei.
PovE&s : Misérable , pauvre , dans
le dénuement; pauper y d'où po-
verte ^ pauvreté ; pauipertas.
Quant tu el munde yenis
Pouers è c1:aitifs ,
E nuz è dolenz ;
La charge de poverte •
De mésese è ae perte
Sofirez bonement.
Eperard de Kirkam , Distiques dt
Caton,Jol, 200, p^o col, i.
PovAEs DiEX : Les pauvres de
Dieu.
P B É PRE 349
~ POVRIB ( se ) : S'appauvrir. ment sonr le dit corps defièndant et sour
-y ,, . ., le faict principal à certain jour outils lî
La cause, ce me semble, por quoi il préfiqueront.
* Si estYa CT^^sdeice en quoi Q se nor- Charire de Lojrs, Comte de Flandre ,
rissent, duZojuin i^'jô,
d: Où deffaut de laqnele autres clers se p^ÉjuinsCE : Tort , préjudice.
povrissent ^ ^ '
M Qui , quant aus biens du monde , contre Prelacion : Dignité de prélat ;
b raison florissent. prœlatio.
^ '• Testament de Jehan de MeunSt r^i • • . '1 •
^^ ^n*,^ K ^»^*u, « ^ .g, Clerc qui par sjrmonie entre en prewicio/t,
^* *** Ne poetseurremaindresansdispensacion,
i Pejed ACOGUE : Précepteur, maître, îl!7*"** "*^°s ^^ confesse ne sa contriccion,
' {nftt'tiitpiir S il ne rent quanqu'u prent sans dimmu-
, j * cion.
Pbécbdentemeht : Précédemment, -, , . . r . . «^
!' . ' Testament de Jehan de Meune ,
auparavant. î,ei, SaS.
Tégument de damofeelle Aliéner de pjÉMCrTBlJB : Avocat, procureur,
Hennin Lietard , wesve de Jehan de Wa- , ,^ , ' ^ '
sters , escuyer , S', de Femmy , et précé- défenseur ; prœlocutor.
Ba aiTai 1624.'^"'""''"'' ^' ^"'*''''* PnEMETTM : Promettre.
n i • JE ^ «1 Chose ki est promise
Preceps : Avis , précepte , conseil. a autre en nule guiso
Pur tels acheisons Ne premettez avant \
Fiz-)eo te enjoignons El monde a poi de foi
Ke mes /irece^c^f lises ; Kar maint en droit de soi
Mais nient entendre é lire Est faus è soduant.
Ceo est à despire ; Ewerard de Kirkam , Distiques de
Si voit ke tu t'en chastiscs. Caton.foL 199 , V° coL a.
Euerard de Kirkam , Distiques <fe _ , , ^ , » i, ,
Caton ,Jol 197 . V^ col. a. Prbordonne : Recommandé ; d'où
PeÉceur : Prêcheur, religieux; pr^or^on/ier , commander , recom-
de prœdicator. V> MiisiArs. manaer.
ftiénicAMENT : Discours, avertis- PBEscHéoR,/7r<?e5c^ierre;Prédica-
sement , remontrance ; prœdicatio* *®^' > prœdicator.
Raison suis subiiUe et argute , Pbesin , persin : PersU, plante
Qui du faulx et du vray dispute potagère. V. LETTITiLE.
Affîn de bien et clèrement _ , , _ * <• ^
Applicquer tovX prédicamiait ; P*M Qu'iL : Peu S en faut quc.
El t>u;Ti^^^^^^^^^^ , PaESTAGE;lisez;,re,m.^e; Prétaî-je.
Et réprimer toutes injures, Et depuis y venut Jakes Boinebroque ,
Les faulx poix et les faulces mesures, dit li Honneres qui prest accort k Wagon
Quiettement prospérera sen cousin , pour rente qu'ils avoient en-
Qui par moy se gouvernera. sanie. Là presta-ge treize deniers pour un
Mère iSote A. ii R* et F"", ^^^ ^c ^^ «* po'*'^ "^ fidscelet.
PaipiQtB» , préfixer : Fi«r , dé- ^2%%!" ^"^^ ^ '""""^ '
terminer.
Etdirontquele ditsoupechonnëvîengne ^ Pmsterub : Presbytère , demeure
an se propre perèenne pour oir leur juge- d'un curé.
!i54 QAU
PucELETB : Jeune fiUe de douce à
«eize ans; puella , en bas. lat pu"
ceUa.
Son père et sa mère Tamoient*,
A son pooir la chërissoient
Plus que toz lor autres enfanz ;
JLa pucelete avoit quinze ans.
Fabliau de l'Escureul , vers i6.
VvcELLEfpucele^puchelie : Jeune
personne en général. Foy, Qvkb,
' Dé Pautre part une meschine,
D^autre signor ot la RoYne ;
Preus è cortoise ert la pucele
£ si esteit moût joTencele j
Pille de Roi et de Roïne ,
La coulor ot et bêle et fine.
Andui furent de haut paragç
ITestoient pas de vie! éage ;
Li aisnés n^aveit que sept nna ,
C'est c'il ki esteit li plus grans.
Marie de France y lai de VEspine^
x'ers.aS.
PucHOT 9 puichot, puigot^ puisot:
Puisoir, lieu où l'on puise de Teau
à une rivière ; XY I* siècle.
PuEPPLB : Peuple , nation ; popih-
lus ; d'où pueplier, peupler.
Nous Jehan , sire de Ghistelle et de
Harnès, et Gay de Pontaillier , mareschal
de Bourgoingne. . . . savoir faisons à tous
que comme nagaires pour plusieurs pa-
roles aiant regart k commotion de puep"
pie , dites en la ville de Douay par Wi&ert. .
^ aoust i384'
Begistre aux privilèges , fol, 45.
QU A
PuGHissTOH , pugnissenient , pugni-
tion : Gbâtiment^ condamnation;
punitio.
PuisoN : Potion, remède 9 tisane,
infusion. Voy. Kalbnbieb.
PuLBu : Plutôt, mieux 9 davan-
tage ; du grec , polus.
PuLTUBE : Nourriture.
El tens del' yendenger , lores mnnte al
palmer
La ù la grappe yeit , la plus meure seit,
S'in abat Je raisin , mult 11 est mal vâsin;
Puis del' Palmèr descent , sur les raisins
s'estent, .
Puis desus se Yulote, ruunt cume pelote.
Quant est très ben charge t les raisms em-
brôcet ;
Eissi porte pulture à ses fils par nature.
Philippe de Than , Bestiaire.
PuME, pun : Pomme.
Trois deniers obole pour un cent de
pûmes,.». Item quatre sols qaatre denien
pouB trois cent de puns.
Compte de l'hospital des We%^ de i35b.
Putain : Ce nom a été avsn
donné à un homme livré à la dé-
bauche des femmes; male^putain,
femme acariâtre et de inauvaiseï
mœurs dans le Plutarque d'Amiet,
édit. de Clavier^ t. II, p. 207.(231.)
Put botal: Chant royal etautrei
pièces de vers mises au concoofi
par la confrérie des clercs parisienr
ou écoliers de Paris.
Q.
Qauces 9 qaucons , gausses , qaus^
sons : Bas et souliers , chaussure en
général; de calceantentum.
De fables fet-Pen les fabliaux
Et de notes les sons noviaux^
Et des matèrcs les chançons ,
£t des dras qauces et qauqons.
Fabliau de la rieilk Ti^ande^ v, 4,
Qoi : Tranquille, paisible, es
repos; quietus.
QuALKu , qualleu : Pierre , caQIèiç
calculus.
Nés les pierres et les qualleu
Et les roches connurent Dieu,
De sa mort <>rent tel tri9tece;i
PRO
lÉ : Prieuré, bénéfice ecclé-
e ; prioratus»
aeut de Pierre Durez , jardiiiier ,
nt es Verdes , rue Saint-Jacques,
rioré d^Anchin. Du i5 mars i574*
18 : Profond , creux ; pro^'
[E : Le prochain ; proximus.
iex glorieus par le sien nom sain-
ue
; , se il li plaist par tonte ctst rime
moi sauver, ëdëfier mon prisme ,
iilt et commande c'on Paint com
mëisme.
Testament de Jehan de Meung ,
vers 3i.
:ëdi7re : Action , marche ,
, avancement ; processus.
fault vigueur de nature
-jours robant sa procédure ,
Tant en cachette de nous ,
[uoy la secourirez vous? '
las Flamelj Traicté d'aichjrmie ,
ers 462.
HE : Paroisse ; parochia, V.
:s.
iTRATiON , procure : Pouvoir ,
ion , procuration^ part, por-
îvenu; procuratio,
lan Foufelin , collecteur de le
prince à Sin , pour le procuration
)spital de une aide accordée où
3 ce compte pour les manans et
et tierisiens de ledite ville , à
rcs redoubté seigneur et prince
neur le duc de Bourgogne, comte
Ire , a este payé pour neuf rasiéres
, 20 s. 4 d.
Compte de fa Bourse commune ,
de 1695.
UBE (mettre en) : Affermer
n , le faire adnadnistrer.
estre certain qu'il ont bonnes
astures ,
ont en maint lies du leur mis en
tvcures ,
Qui leur valent assez sans autres aven-
tures :
Or voions qui les muet à avoir sépultures.
Testament de Jehan de Meung ,
vers I074'
pRODéFAME : Femme' honnête,
vertueuse , remplie de mérite ; pru'
densjbemina.
Proeusement : Avec valeur , cou-
rageusement.
Si n'avez c'ong sol nuisement ,
Defiendés-vous proeusement :
D^une part iestes assailli ,
Trois cnampions sunt moult failli ,
Et bien ont desservi à batre ,
S'il ne puéent le. quart abatre.
Roman de la Rose , vers 19958.
Progbnier : Engendrer, produire ;
progenerare.
Proisne : Chaire où se fait le
prône. Voy. Dom Carpentîer , au
mot pronus.
Je veux estre enterré en réélise Nostre-
Dame devant le proisne où l'on fait les
commandemens .
Testament du 11 janvier il^iQ.
Prorghb : Prune, fruit du pru-
nier ; prunum.
Le dit de Haussy ptie messieurs les es-
chevins de vouloir recevoir Paul Lefebure ,
son beau-fils , à la place à lui conférée
touchant la livraison des prongnes néces-
saires pour les pauvres pestiferex , aecordé
pour le prix des autres apoticaires. 19 dé-
cembre 1646.
pROPEHSER : Projeter, méditer,
préméditer ; propensare,
Prosnibl : Dortoir d'hôpital , avec
une chapelle où se célébroît Toûiee
divin. C'est le pronus des Grecs.
Le prosniel , pi^oprement dit ,.
était l'espace dans lequel le peuple,
qui vouloit assister aux offices, se
plaçait entre la chapelle et le dortoir
des vieillards de la maison , dortoir
auquel on donnoit aussi le nom
de prosniel ou dioultre prosniel. Ce
Q56 QUE
QviUi : Tomber; cadere.
Et il soit ainsi que ladite maison... par
defaulte de couvertures et auitres rete-
naiges elle ne allast à ruine et quéir sur
les passans en le rue....
Chijvgraphe du 8 aoust i4o4*
QuELLiB : Cueillir, le?er, rece-
voir, percevoir; coUigere.
Cheste enqueste fu faite à Capi parde-
yant monseisneur Betremieù de Koye
et là furent u siergent, qui ayoient quelU
le travers de Balpaume où tans le conte
de Flandres.
Tarif du Travers de Bapaume.de iao8.
QvEMiKUux : Chenets. F'oyez
ÂVDIEa.
QuEMisE : Chemise. Yoy. Cobv-
VfiE-QCIEF.
• QuENAitLE : Rassemblement de
chiens , au figuré , amas de bas peu
pie ; canis alligatio,
QuEE, quersj quors : Le cœur;
cor. Voy. Esgaiee et ëstubigheb.
Si aucuns par parler
£ ne mie du quer
Se feigne tun ami ;
Se ceu art par art
Du la tue part
Fait autretant à lui.
JSyerardj Distiques de Caton,
fol, ^01 y R* col, I.
li quors deP ventre s'en parti ,
"La, pncele vit son ami ,
Quida qu^il fust en paumeisuns
Lez lui se met en genuilluns.
Marie de France ^ Lai desDeus
Amanz , vers ao3.
Qveeqve , querqunge : Action de
porter , de transporter ; charge , cop-
dition. P^oy. Quief et Weepe.
Item donne à Hannotin de Goy tout ce
Sue il a sur plusieurs héritages en le ville
'Anhiers, emprés Raisse à telles quer^
ques que li laissa demiselle Isabeau fioi-
nebroque se ante.
Testament du B Julie i4oo.
Q 13 ï
QuEEQUEUE : Chargeur , porte-
faix. F^oy. Weep.
QuEEQViEE : Charger, p^oy. Istk^
BOIT.
Et sy ne poeult-on tenir dedens les arti
nefz wides , se ce n^est pour querquier.
Ban sur les Los admenés à Douai^
xiv* siècle.
QvENNENE : Chanvre ; canabium.
Je donne k Amelot des Fers , ma femme,
cent livres au moyen de qaoi elle ne
§ora chose quelconcfue demander fut
e quennene en fardiaolz comime délié,
quennene en douzaines et tous auitres oa-
vrages tors .et fiUés servans an mestier de
lacorderie.
f Testament du a6 iwril iSoy.
QuEEThr : Panier à anse dont.oo
se sert pour aller à la provision.
QuESNE : Le chêne , arbre de
haute futaie; d'où quesnel, quesniauy
petit chêne. Foy. ËinvAGié.
QuESTON : Petits coffres fixés dani
un grande dont les couvercles oih
verts empêchent le grand couverde
de se re&rmer. Les carreaux dei
couturières sont garnis d*uD quéton*
Elle donne un petit esicringh et k d«ii
questons par dedens.
Testament du ao septembre i^
H^uEVEE : Chercher 9 rechercher;
dtcuircj quœrere.
En ensuivant nostre appointemeiit.M«
nos pères et compaignons en escheyinMi
se fussent transportés à Tostel de btîS»
demiselle Jehenne Tange , laquelle ei
leur présence eust fait serment solimpud
de dire vérité ; elle demanda le temi iê
queure ses^ lettres pour déposer pins see-
rement.
Sentence des Eschêuine de Douai h
5 octobre 1459.
QuEUEUi : Courir, marcher vlf^
ment; poursuivre ; cursare.
Et ne porquant, quoi qae g^en diej
QUI
Por ce que ceus qui sont en TÎe,
Ne puissent dire que ge queure
A toutes famés trop asseure.
Homqji de la Rose , ven S']3g.
QvBiJTAE : Cuivre jaune; ca/7ram.
Voy. AuDiER.
Comparut Simon Pothîns , drappiers et
foulons, bourgois de Donay».... 11 donne
I Jehanne Potninne sa fiUe Item tout
ce qu^ii a en hanneperie et yaisselemente
^'argent , de madré , de queut^re , de lai-
ton 9 d^airain , et d'estain.
Testament du a3 aoust 1375.
QuEUYRiiL : Couvrir, cacher , en-
relopper; cooperire.
Et quant ii cors a tel poissance ,
QuM fait des ciex la aestrempance^
£t lor destorbe ainsine lor eavre ,
Quant encontre eus ainsino se queuvre^
Et plus poissant, bien le recors ,
Est force d'ame que de cors :
Car celé meut \ti cors et porte ,
S'el ne fust, il fust chose morte.
Roman de la Rose, vers 17903.
QuEVAirx : Chevaux. Voy. Gob-
ifmiE.
QuEuvBECHiEP , couvrc-chef : Coif-
fure de femme. Voy. Ouemillage.
QuEVÉs 9 queveux : Cheveux ,
poils; capillL
QmcÀUDAiiE^ quicaudaine : Chaise
percée.
Item donne à Monseigneur Grard , son
fils , chevalier de TOrdene S'-Jeban , trois
lits qui sont dans le haulte cambre un
liachin et un pot-lavoir, ung ront bachin
'€t une quicaudame servant audit bachin.
Testajnent du igjéyrier i44i*
' QviGimKBS : Qui que ce soit ; qui"
€umque,
Quicunkes tu seras
Ki ses diz voudra
En lisant entendre \
Oyse tun curage
En sen soies sage
Si te force de aprendre.
Eperard, Distiques de Caton,
j, JbL 2o5, V^coL I.
».
XH.
QUI aS?
QxriEF : Chef, premier; de caput.
Vente d^une maison et mollin à yauwe ,
à le querque de douze rasières de bled à
la mesure de Douay au jour Saint-Remy,
où ^uie/'d^octobre. i3 septembre iSSq.
QuiERGHiE , quierechie ( tiere ) :
Terre préparée pour les semailles.
Ce mot formé de quierue^ charrue
et de herche, herse a dû s'écrira
quierherchie.
Item^ pour le despoule qui jssi de qua-
tre rasières de tiére quiercnies et advesties
de soncourjon, de Vahan de le maison ,
se fu refroissis trois muis onze rasières de
soucouriôn. Rechapt de demi selle Maroie.. .
pour ahaner neuf rasières trois coupes
de terre qui furent quierechies et adves-
ties de mars.
Compte de Vhospital des TVeZy de 1369.
QuiEBQUE : Charge , condition ,
poids , fkrdeau. Voy. Songnie.
QviERVE : Charrue.
QuiETi : Coutil , toile de lit de
plumes et de traversin.
Je donne à Marie-Tl^erèse de Mailly ,
ma servante , quatre cents florins , item
un quiety de lit sans plumes , un par-
chevet et un oreiller emplis , ensemble les
deux meilleurs couvertoirs , trois paires
de lincoeulx , quatre paires de toies. .
Testament du 5 septembre i658.
Qdiexqde: Quelques.
QtJi PU, quijiity kiju: Défunt,
défunte. Voy. Cois.
Testament de Wiilaume de Goy, li
fius dame Iboure dou Castîel he fu ;
march 1269.
QuiLLU : Cueillir , recueillir ,
amasser; colligere.
Si tu le comaundes, jeo irroi el champ
et quilleroi espiz qui averunt cheus des
mains des siauntz en quel lieu que je
troeffe en moi la grâce de la bonairete'o
deF seignor.
Bible, Livre de Ruthy
ch. II, v. I.
a58
R AC
Si Jules , vadam in agrunif et coUigain
spicas , quœ Jugerini manus mcten-
sittm , iiùicumifue clemviiiis in me patris
JamiLias îvpei'etx) gratiam.
Qlimoier , quinloyer : Chanter
en l'aisaDt certains agréments.
Diex , ne sa nii'rc nul délit ,
K^ont en la bouche scelle organe ,
Ii^e ou^en un asne sHl requaue ,
En 1 orguener ou wesbloier ,
Ou deschanter ou quintoier.
En la voiz haute , en la voiz clère
Force ne fait Diex , ne sa mère,
Tiex chante bas et rudement ,
Qu^escoute Diex plus doucement ,
iNe fait celui qui se coatoie
4)uaut organe ou haut quintoie ,
La clère voiz plaisant et bele.
Gautier de Coinsi , Miracles de la
Vierge. Ms. M. rîo , fol., 167, /^*
coL 2. Fonds de TÉglisc de
Paris.
R AE
QciB, quis : Cuir; corium. Voy.
Hauche et Heos.
Qcire: Cuire, bouillir; de co-
querCj d*où quite^ cuisson, action
de faire cuire.
La santé bien garder pleinement
Est en quiie k movement ,
E en bcivre é en mangier saciez ,
E en \oider superflue tez.
Enseignemenz d'Aristote,Jol, 191,
/?• col. a.
QuiSAGË : Cuisson.
6 liv. 5 s. II d. payés à Jehan Dayesnes
le fournier , pour quisage de pain.
Compte de Vhospital des Wa ,
de i35o.
QuiTER, quitter j quitter: Tenir
quitte^ exempter, se désister.
Ja.»
Rabarbel : Tapage ; trépignement,
cris de joie.
,Li Chevalier Anticrist font
Le rabardel par grand déduit
Li autres Antecrist déduit.
Huon de Meri , tournoiement
d* Antecrist, fol. 217 , R'*
col, a.
Rabas, rabat ^ rabatement, raba-
ture : Diminution , réduction , ra-
bais.
Raggointer 5 racointer : Fréquen-
ter de nouveau, se reconcilier, se
revoir après avoir été Ion g- temps
brouillé.
Raccoustreb, racoustrer , racou-
trer: ajuster, arranger, embellir,
réparer, rétablir, mettre en état.
Rachimbcrger : Servir, tenir un
emploi militaire 9 faire Toûice d«
rachimburge , sorte de gardien, de
soldat de ville.
Raciner : Demeurer, séjourner 1
habiter.
En rhonur de vos , nobles Keis,
Ki tant estes pruz é curteis ,
A ki tute joie s^ encline ,
E en ki quoer tuz biens racine ;
MVntremis de Lais assembler
Por rime faire è reconter.
Prologue des Lais de Marie de
France,
Ragonatedr , raconatour : Babil*
lard, parleur.
Raeilment : Réellement , en vé-
rité.
Raembre , reambrer , raîndre,
reaindre : Fayer la rançon , rache-
ter ; redimere.
Encore le doi-je plus amer quant il X
membre ,
RAI
Ct neP doi oublier n'en janvier n'en sep-
tembre ,
Qu'il me fist creslien , qu'il me daigna
Par la croix en quoi furent estenda tuit si
membre.
Testament de Jehan de Meung ,
zfers 247.
Rafetin : Boîte à mettre la chan-
delle.
Raffi^ster, rqfuster : Mettre à
l'affût, ajuster^ mirer, viser; de
Justum,
Ragacer : Le cri ou ca ra ca ra
que font les pies encore appelées
eigacçs^ dans plusieurs départe-
ments.
Ragrangement : Agrandissement,
augmentation.
Comparurent maistre Jacques Clieral-
lier, prinche régnant delà confrérie de
Monseigneur St. -Jacques , etc. , lesquels
ont pris en leur propre et privé nom
de..... 200 liv. parisis pour employer
au paiement d'une maison.... pour le ra-
grangement et spaciositë dudit hospitai.
Contrat de rente du 21 janvier i526.
Rai : Rayon , ombre de telle chose
que ce soit; radius.
Ge fui jadis , fait-il , larron ,
Par ce entrai en possession.
Cornent , dist-eie , ayez eni^lé , .
Quant onques n'en fustes reste' ?
Mon maistre , dist-il , m'enseigna
Par un charme qu'il moult proisa ,
Quant sor une maison estoit y
Ce charme par sept foiz disoit ,
Le rai de la lune embraçoie
Et en la maison avaloie.
Dont prenoie à ma vol enté ,
Que de riens n'ere encombré.
Et quant repairier m'en voioie ,
Le charme par sept foiz disoie ,
Le rai de la lune embraçoie
Com par une eschiele montoîe.
£le h A, quar m'enseigniez
Le charme que vos faisiez.
Légièrement , dit-il , faisoie,
Cest mot Saul en sept foiz disoie ;
RAM
259
Puis me pooit sanz encombrer
Le rai de la lune porter.
Casioiement, conte XXII , v. 5n
du Larron qui embrasa le rai
de la lune,
Rainchel ; Présent que l'homme
faisoit à la femme le jour des fian-
çailles.
/tew. Je donne à ladite Jehanne de
liily , un anneau d'or , k tout une pierre
turquoise , lequel lui avoit par moi Char-
I ■■ ,' 1 --_.—.« par ««*vi ^jjuai»
Jes , este donné pour rainchel, à nostr»
liauchier.
Testament du 4 décembre 1 5o4 .
Raioir : Recouvrer, retrouver.
Rais, raiz: Piège, filet ^ réseau,
lac; d'où raisiau, petit filet pour la
chasse et pour la pêche.
Car qu'el ne puist du tout faillir ,
Por une en vet mil assaillir ,
Qu'el ne set laqueJe el prendra,
Devant que prinse la tendra.
Ainsinc doit famé par tout tendre
Ses raiz por tous les hommes prendre.
Ro^nan de la Rose, vers i37g4.
R AISNE : Petit bois propre à faire
des fagots; de ramus. Y oy. Euwagié.
Raison : Discours, réponse , plai-
doyer; ratio; mettre à raison^ parler
à quelqu'un ; dire sa raison , débat-*
tre ses intérêts, expliquer.
Rajovenir : Rajeunir , devenir
jeune. Voy, Jovent.
Ramamb&anghe , ramembranct ,
subst. : Ressouvenir, mémoire
souvenir , pensée; de membrare,
Ramambranche d'amors me fait chanter
Ce n'est pas l'oquoison ,
Au rien m^ais
Mais haus vouloir sans espoir d'aciever.
Poës. franc. Ms. du Vatican ,
7*« 1490 , foL 32 ii".
Ramander, ramender : Réparer,
remettre en état, restaurer; d'où
ramandeurframendeor, ramendeurj
056 QUE
QviiA : Tomber; cadere.
Et il soit ainsi qae ladite maison... par
defaulte de couTertures et auitres rete-
naiges elle ne allast à ruine et quéir sur
les passans en le rue....
Chiirygraphe du 8 aoust i4o4*
QuELLiB : Cueillir 9 leyer, rece-
voir, percevoir; colUgere.
Cbeste enqueste fu faite à Capi parde-
yant monseisneur Betremieù de Koye
et là furent u siergent , qui avoieut queUi
le travers de Balpaume où tans le conte
de Flandres.
Tarif du Travers de Bapaume de iao8.
QvEMiKUux : Chenets. F'oyez
ÂUDIEa.
QuEMisE : Chemise. Yoy. Cobv-
VfiE-QVIEF.
• QUJE1IAII.LB : Rassemblement de
chiens j au figuré , amas de bas peu
pie ; canis alligatio,
QuEB, quersj quors : Le cœur;
cor. Voy, Escaiee et ëstuugmeb.
Si aucuns par parler
£ ne mie du quer
Se feigne tun ami ;
Se ceu art par art
Du la tue part
Fait autretant à lui.
Everardj Distiques de Caton,
fol, aoi, i{* col. I.
li quors deP ventre s'en parti ,
La pucele vit son ami ,
Quida qu'il fust en paumeisuns
Lez lui se met en genuilluns.
Marie de France ^ Lai desDeus
Amanz , vers ao3.
QvERQVE 9 querquage : Action de
porter, de transporter; charge ^cop-
ditîon. f^ojr. Quiep et Weepe.
Item donne à Hannotin de Goy tout ce
Sue il a sur plusieurs héritages en le ville
'Anfaiers, emprés Raisse à telles quer^
ques que li laissa demiselle Isabeau fioi-
nebroque se ante.
Testament du Bjulle i4oa
QuEiQUEVE : Chargeur , port^
faix. Foy. WsEP.
QuEEQUiEE : Charger, f^oy. Isn^
EOIT.
Et sy ne poealt*on tenir dedens les arb
nefs wides , se ce n'est pour querquier.
Bail sur les los admenés à Douai,
xiy* siècle,
QuENNENE : Chanvre ; canaUm.
Je donne à Amelot des Fers , ma femor,
cent livres au moyen de quoi ellcK
§ora chose quelconque demander tait
e queuneiie en fardiaolz comme ààé,
quennene en doazaines et tous anltres ou-
vrages tors .et filles servans an mesticr i
lacorderie.
: t: Testamefit du a6 opH/ i5oy.
QuEEm : Panier à anse doot,«
se sert pour aller à la provision.
QuESNE : Le chêne ^ arbre de
haute futaie; d^où quesnel, quesfÙMi
petit chêne. F^oy, EnvirÀGié.
QuESTON : Petits coffres fixés dan
un grand, dont les couvercles ou-
verts empêchent le grand couTeick
de se refermer. Les carreaux dfl
couturières sont garnis d'un qnètak
Elle donne un petit escringh etàdtf
questons par dedens.
Testameru du ao septembre i^i
"HJuEUEE : Chercher 9 rechercher;
circuire, qucerere.
îi
En ensuivant nostre appointemeoL.*
nos pères et compaignons en escheyiatf
se fussent transportés à Tostel de iiS
demiselle Jehenne Tange , laquelle ci
leur présence eust fait serment solimjflJ
de dire vérité ; elle demanda le tem A
queure ses^ lettres pour déposer plosMf
rement.
Sentence des Escheyins de Douai à
5 octoère i^Sg,
QuEVEiE : Courir, marcher viT^
ment, poursuivre; cursare.
Et ne porquant , quoi que g^en dicj
k
pei
I
t
«s
its
U(
t
REB
Ravine: Longue épée.
Ravissièbes : Ravisseur » - voleur
de grand chemin.
Par foi , se g'esloie orc lierres »
Ou traïstres , ou ravissierres ,
Ou d^aucun murdre achoisonë
Et Yosisse estre empris«né ,
Por quoi la prison requéisse ,
Ne cuit-ge pas que gU fausisse.
Roman de la Rose, vers i54i4*
• <* -
Rawabd : Regard, d'où rawar^
der y regarder.
Ratère : Soupirail de cave > ou-
verture dans les murs d'une ville ,
mâchicoulis , canardiëre , meur-
trière. Voy, Advaluee et âffaitoire
DE BESTE8.
Razières , raseur : Barbier, ton-
deur.
Rebaienner : Remettre en ban ou
défenses un pré en regain.
Rebail : Nouveau bail , nouvelle
location. Voy. Attache.
Rebillant : Sautillant, rebon->
dissant.
Reboler , rebouler : Retrousser ;
dans la citation du mot Cibole ,| ce
verbe signifie assommer à coups de
bâton , à coups de reboule, sorte
de bat-à-bœuf, de bâton à l'iïsage
des bouchers , des bouviisrs et con-
ducteurs de bêtes à cornes.
Reboter , rebouter : Placer , re-
placer, mettre, remettre > cacher,
repousser ; de pulsare, ^
Et fesoient en terres fosses ,
Es roches et es tiges grosses
Des cfaesnes crue's se rebotoient y
Quand les tempestes redotoient.
Roman de la Rose , vers 84^5*
Bien le cuidai lancier debout,
Msis il ressort, et ge rebout ,
Mes rien n^i vaut , tous-jours recule ,
Entrer n^i pot por chose nule.
Roman de la Rose , vers 21874*
R E G a($i
Rebours : Revéche, désagréable,
opposé d'avis.
Recéant ; Recevable , qu'on peut
accepter.
Recet , receit : Réqeption , ac-
cueil; à^oiireceiter , receler , accueil-
lir , recevoir.
Recez , recept : Domicile , re-
traite, gîte, lieu de repos, cachette;
receptus,
Ëiiduc prist à pnrpenser
Quel part il l'a purrat porter.
Sis î'ecez fut prés de la mer
Estre i péust à sun deigner.
Marie de France ^ Lai d^Eliduc,
vers 8gi.
Rechensib : Faire le dénombre-
ment , le recensement.
Recheu : Au féminin, recheue y
recheuwe : Reçu; du verbe rechoir'
vreowrechevoir ; récidivé, retombé,
du verbe recheoir ou rechoir.
Et dist , Sires , ne vous move's
Car se vous estiës chi trove's
Vous serie's molt mal rechénz.
Fabliau de la Longue Nuit , v. lor.
Régis : Coupé, retranché, an-»
nulé.
RÉCITE : Reçu , logé , retiré.
S'il i a chastel ne cite
Où bogres soient récité ,
Néis s^U ierent de Mëlan
Gar.ausinc Ibs en blasme Ten.
Roman de la Rose , v, 1x928. '
Récïtierre: Conteur, qui récite.
Reclain : Renom , réputation.
Et se femmes s^entredisent lait , deux
femes pueuyent porter tesmoignage , ki ne
soient de malvais reclain,
Loy de Syran de 12.... cfM Cartu-
laire de l^ abbaye de St^Amand^
fol. 184.
Reguiver : Revenir sur ses pas.
258
R A C
Si Jules , vadam in a^runif et colligain
spicas , quœ Jugerint inanus mcten-
sittm , uùicumifue démentis in me patris
J'amilias ivpei^etv gratiam»
QciMoiEii , quint oyer : Chanter
en i'aisaDt certains agréments.
Diex , ne sa ni.'re nul délit ,
n'ont en la bouche s'eJle organe ,
Ne ciu^en un asne s'il requaue ,
En 1 orguener ou wcsbloier ,
Ou deschanter ou quintoier.
En la voiz haute , en la voiz clére
Force ne fait Diex , ne sa mère,
Tiex chante bas et rudement ,
Qu'escoute Diex plus doucement ,
Ne fait celui qui se contoie
Quant organe ou haut quintoie ,
La clcre voiz plaisant et bêle.
Gautier de Coinsi , Miracles de la
yier^e. AJs. AI, 20 , fol., 167, Z^*
col. 2. Fonds de TÉglisc de
Paris.
R AE
QciB, quis : Cuir; corium, Yoy.
Hauche et Heos.
Quire: Cuire, bouillir; de co-
quere , d'où quite , cuisson , action
de faire cuire.
La San te bien garder pleinement
Est en quite à inovement,
£ en bcivre é en mangier saciez,
E en voider superflue tez.
Enseignemenz d'^ristote ,fol. 191,
/?• col. a.
QuiSiGË : Cuisson.
6 liv. 5 s. II d. payés à Jehan DayeSBes
le fournier , pour quisage de pain.
Compte de l'hospital des Wa
de i35o.
Q CITER, quitier^ quitter: Tenir
quitte^ exempter, se désister.
Ja.»
Rabarbel : Tapage, trépignement,
cris de joie.
, Li Chevalier AnticrLst font
Le rabardel par grand déduit
Li autres Antecrist déduit.
Huon de Meri , tournoiement
d* Antecrist , fol. 217 , Jx"*
col. 2.
Rabas, rabat, rabatement , raba-
ture : Diminution , réduction , ra-
bais.
Racgointer 5 racointer : Fréquen-
ter de nouveau, se reconcilier, se
revoir après avoir été long-temps
brouillé.
Raccoustrer, racoustrer , racou-
trer : juster, arranger, embellir,
réparer, rétablir, mettre en état.
Rachimburgër : Servir, tenir un
«mploi militaire 9 faire Tofiice d«
rachimburge, sorte de gardien, de
soldat de ville.
Raciner : Demeurer, séjourueri
habiter.
En rhonur de vos , nobles Keis,
Ki tant estes pruz é curteis ,
A ki tute joie s'encline ,
E en Li quoer tuz biens racine ;
MVntremis de Lais assembler
Por rime faire è reconter.
Prologue des Lais de Marie it
France,
Ragonatedr , raconatour : Babil-
lard, parleur.
Raeilment : Réellement , en vé-
rité.
Raembre , reambrer , raindre,
reaindre : Fayer la rançon, rach^
ter ; redimere.
Encore le doi-je plus amer quant il *
membre ,
RAI
Et néV doi oublier n^en janvier n^en sep-
tembre ,
Qu'il me fîst crestien , qu'il me daigna
Par la croix en quoi furent estenda tuit si
membre.
Testament de Jehan de Meung ,
vers a47»
Rafetin : Boîte à mettre la chan-
lelie.
Raffi^ster , rafuster : Mettre à
.'affût, ajuster^ mirer, viser; de
B.AGACER : Le cri ou ca ra ca ra
[|ue font les pies encore appelées
agaces ^ dans plusieurs départe-
ments.
B.AGRANGEMENT : Agrandissement,
augmentation.
Comparurent maistre Jacques Glieral-
lier , prinche régnant de la confrérie de
Monseigneur St. -Jacques , etc. , lesquels
ont pris en leur propre et privé nom
de..... 200 Jiv. parisis pour employer
au paiement d'une maison.... pour le ra-
grangement et spaciosité dudit hospital.
Contrat de rente du 21 janvier i526.
Rai : Rayon , ombre de telle chose
que ce soit; radius.
Ge fui jadis , fait-il , larron ,
Par ce entrai en possession.
Cornent , dist-ele , avez eni^lé ,
Quant onques n'enfustes resté?
Mon maistre , dist-il , m'enseigna
Par un charme qu'il moult proisa j
Quant sor une maison estoit y
Ce charme par sept foiz disoit ,
Le rai de la lune embraçoie
Et en la maison avaloie,
Dont prenoie k ma vol enté ,
Que de riens n'cre encombré.
Et quant repairier m'en voioie ,
Le charme par sept foiz disoie ,
Le rai de la lune embraçoie
Com par une eschiele montoie.
Ele li ^, quar m'enseigniez
Le charme que vos faisiez.
Légièrement , dit-il , faisoîe,
Ccst mot Saul en sept foiz disoie ;
RAM
259
puis me pooit sanz encombrer
JLe rai de la lune porter.
Castoiement, conte XXII, v, 67
du Larroti qui embrasa le rai
de la lune»
Kai^ohel : Présent que Thomme .
faisoit à la femme le jour des fian-
çailles.
Item. Je donne à ladite Jehanne de
Tiily , un anneau d'or , k tout une pierre
turquoise , lequel lui avoit par moi Char-
les , esté donné pour rainchel, à nostrc
fiauchier.
Testament du 4 décembre i5o4.
Raioir : Recouvrer, retrouver.
Rais, raiz: Piège, filet ^ réseau,
lac; d'où raisiau, petit filet pour la
chasse et pour la pêche.
Car qu'el ne puist du tout faillir ,
Por une en vet mil assaillir ,
Qu'el ne set laquele el prendra.
Devant que prinse la tendra.
Ainsinc doit famé par tout tendre
Ses raiz por tous les hommes prendre.
Ro^nan de la Rose, vers i3794«
Raisne : Petit bois propre à faire
des fagots; de ranius, \oy, ËuwAcié.
Raison : Discours, réponse , plai-
doyer; ratio; mettre à raison^ parler
à quelqu'un ; dire sa raison , débat-*
tre ses intérêts, expliquer.
Rajovenir : Rajeunir , devenir
jeune. Foj". Jovent.
Ramamb&anghe , ramembrance ,
subst. : Ressouvenir, mémoire ,
souvenir y pensée; de memhrare.
Ramambranche d'amors me fait chanter
Ce n'est pas l'oquoison ,
Au rien m'ais
Mais haus vouloir sans espoir d'aciever.
Poës, fran^. Ms, du Vatican ,
î*« 1490 , foL Sa i^".
Ramander, ramender : Réparer,
remettre en état, restaurer; d'où
ramandeurframendeor, ramendeurj
aSo
RAS
ouvrier, homme qui raccommode ;
dans la Normandie et le Perche , le
verbe ramander ou ramender , si-
gnifie diminuer, baisser de prix. On
dit le blé a huL ramendé au marcié.
B.AMENTEVOI&, TamentowTe, subst. :
Souvenir; de ramentare.
Bames, remhs : Demeuré, resté;
remissus,
Ramucbir : Rendre moite, devenir
moite.
Ramures , rameures : Grosses per-
ches couchées sur des fourches ,
dans les champs semés de lin de fin
pour le soutenir contre le vent et la
pluie.
Menues branches placées de bout
pour soutenir les pois.
Raiïchon : Rachat, rançon.
Rapaiuille, rappareille ^ rappa--
reniement : Réparation , rétablisse-
ment.
Raparailler , rappareiller, rappa-
riller : Réparer , rétablir.
Rapeleauble , rappelleauble : Ré-
vocable.
Rap AILLES , rappailles : Haie ,
broussailles , épines.
h.vfi^GE^E^Tf rappiegement: Cau-
tionnement.
Rapportagb ( dixme de): Droit
que pay oient les laboureurs qui
çultivoient des terres situées hors
du territoire de leur seigneur.
Rasière : Ancienne mesure pour
le blé , en usage dans la ville de
Douai, de la contenance de o. h.
84^ c. Elle servoit aussi à mesurer
tous les autres grains, excepté l'a-
voine qui avoit sa mesure particu-
lière , un peu plus graude que
celle-ci.
k
'RAY
Mesure de superficie ; celle d^Of<
frétant étoit de quarante-cinq ara
vingt-deux centiares ; celle à'Jrtou
de quarante-deux aresquatre-viiigt<
deux centiares.
Rasque : Précipice , fondrière au
fond desquels il se trouve de Teaa
stagnante , de la vase ; faoge^
bourbier , mamîère.
A-tant le pris , si me raYoie
Par la posteme là à-val.
Si Tai geté en contrerai
En une rasque Tai boute'.
Hugues Piaucele , Fabliau d'Estoum,
vers 579.
Rate (pour la) : A propoitiM}
au prorata.
Raton : Sorte de pâtisserie. ,
Ratouere , ratoire : Souridère^
piège à prendre les rats.
Ravaler : Descendre , aller pltf
bas.
Et quant advient que il s^oublie ,
Qu^k nagîer ne iabeure mie ,
Et qu'il y laisse entrevale,
La nef arriére se ravale ,
Et arrière contre-val revient.
Roman du Second Renard,
fal. 93 , ro,
Ravalué : Évalué.
Comparut... .laquelle a reconnu aiw
reçeu 400 iiv. vingt gros , monnoie 3e I
Flandres pour la livre , petite monnoie qii
a été ravaluée par Paccord desdites pu^
ties à le bonne monnoie de Flandres, à
présent courant , à 364.
Chirographe du aS juin i5^o.
Ravigober, revigorer, res^igounr,
ravigourir : Prendre des forces, du
courage, fortifier.
Bien Pempoint, sePgiete à la terre,
Iriéement le vait requerre ,
Li Sencschax se voit ieyei^
Mais ne se pot ra{*igoret^
Roman de Floire et Blajicheflor)
/o/. i97,&«co/, 3.
REB
Ravine: Longue épée.
Bavissièbes : Ravisseur » - voleur
Le grand chemin.
Par foi , se g^estoie ore lierres »
Ou traïstres y ou ravfissierres ,
Ou d^aucun mordre achoisonë
Et vosisse estre empris«ne' ,
Por quoi la prison requéisse ,
Ne cuit-ge pas que gH fausisse.
Roman de la Rose, vers i54i4*
Rawabd : Regard, d'où rawar^
1er 9 regarder.
Ratère : Soupirail de cave , ou-
verture dans les murs d'une ville,
nachicoulîs , canardiëre , meur-
rière. Voy, Advaluee et âffaitoire
>E BESTES.
Razières , raseur : Barbier, ton-
leur.
Rebaienner : Remettre en ban ou
léfenses un pré en regain.
Rebail : Nouveau bail , nouvelle
location. Voy, Attache.
Rebillant : Sautillant, rebon-
dissant.
Reboleb , rebouler : Retrousser ;
dans la citation du mot Cibole ,| ce
verbe signifie assommer à coups de
bâton , à coups de reboule ^ sorte
de bat-à-bœuf, de bâton à IVsage
des bouchers , des bouviers et con-
ducteurs de bétes à cornes.
Reboteb , rebouter : Placer , re-
placer, mettre, remettre, cacher,
repousser ; de pulsare. <
Et fesoient en terres fosses ,
Es roches et es tiges grosses
Des chesncs crues se rebotoient y
Quand les tempestes redotoient.
Roman de la Rose , vers 84^5.
Bien le cuidai lancier debout,
MâIs il ressort, et ge rebout ,
Mes rien n^i vaut , tous-jours recule ,
Entrer n^i pot por chose nule.
Roman de la Rose , vers 21874*
R E C aCi
Rebours : Revêche, désagréable,
opposé d'avis.
Recéant : Recevable , qu'on peut
accepter.
Recet , recelt : Réqeption , ac-
cueil; d'oiireceiter ^receler, accueil-
lir , recevoir.
Regez , recept : Domicile , re-
traite, gîte, lieu de repos, cachette;
receptus.
Ëliduc prist à parpenser
Quel part il Ta purrat porter.
Sis f^ecez fut près de la mer
Estre i péust à sun deigner.
Marie de France y Lai d*£lîduc,
vers 8gi.
Rechensib : Faire le dénombre-
ment , le recensement.
Recheu : Au féminin , recheue ,
rechewwe : Reçu; du verbe rechoir'
vreowrechevoir; récidivé, retombé,
du verbe recheoir ou rechoir.
Et dist , Sires , ne vous movës
Car se vous estiés chi trove's
Vous serie's molt mal rechéuz.
Fabliau de la Longue Nuit , v. ici.
Régis : Coupé, retranché, an-
nulé.
Régitb : Reçu , logé , retiré.
S'il i a chastel ne cité
Où bogres soient récité ,
T9éis s*n ierent de Mélan
Gar.ausinc I^s en blasme Pen.
Roman de la Rose , v, 1x928. '
Régïtierre: Conteur, qui récite.
Reclain : Renom , réputation.
Et se femmes s'entredisent lait , deux
femes pueuyent porter tesmoignage , ki ne
soient de maivais reclain,
Loy de Syran de 12.... a« Cartu^
laire de l"* abbaye de St^Amandy
fol. 184.
Reguner : Revenir sur ses pas.
264
REN
Vodrat aider k sun poeir ,
£ en soudées remanéir.
Marie de France , Laid'Eliduc ,
vers 106 et iio.
Remaitbrange , remanhranche j re-
mémoration : Mémoire, souvenir.
Remanoir 9 subst. : Stagnation ,
demeure ^ cessation ; de rémunère.
Sire Prestres , trop vous hastez ,
Mais meogiez avuec mon seignor^
Si li faites itant d^ennor.
Et li Prestres dit , ge Totroie ,
Qui de remanoir ot grant joie.
Fabliau du PresP^e et de la Dame^
vers 90,
Remat : Éloigné ; remotus.
Rehehbeer , remembrer ^ subst. :
Mémoire , souvenir.
Rehbnoir , rementevoir : Avoir en
mémoire ^ se ressouvenir.
Remoreux : Capricieux 9 tapageur,
mauvais sujet, f^oy, Ostivez.
Remotement, adv. : Au loin, dans
le lointain.
Remuement : Déménagement,
changement de domicile.
Remuer : Changer de demeure.
Ce verbe et son substantif sont en-
core en usage dans plusieurs pro-
vinces. A Lyon, le peuple dit se
remuer ou débagageTf pour démé«
nager.
Et si fait-on le ban que tous ceulx et
celles qui tiennent et ont tenu lesdites
maisons à louage et qui à ladite Saint-
Jehan doivent remuer et remuront , net-
toient et fassent nettier lesdites maisons
bien et soufiisamment.
Ban rajfrcscy ^ Van i56o et i5C3.
Rendage : Restitution, action de
rendre; de reddere, Voy. Pechiet.
Reneswilliîr : Replacer des tenons
qui sont sortis de leurs mortaises.
Voy. Eneswiller.
REP
Revgibr : Cerf métis, né d'uâcerf
et d'une daine.
Cerz et biches , cheyriaus et chièvres,
Rengiers et dain^ , connins et lièvres,
Ceus voil-ge bien que yous chaciés,
En tel chace vous solaciës.
Roman de la Rose, v, iSqiC.
Rengregbment : Augmentatioii,
accroissement.
Rengrouer : Clore , reboucher.
Rbnhauchier : Remettre en iv>
gueur, maintenir, restituer, ràa-
blir.
Renois : Rejeté, renié, avoués
fieffé ; renegatus.
Je serois coars renois j
Se mon oncle honoir lessoîe.
Hugues Piaucele, FabliaucTEstoum^^
vers 58o.
Renonghie : Renonciation , aban*
don ; renuntiatio.
Renvaser : Faire des reprises à
une étoffe, renmailler des bas,
boucher un trou. Ce que dans la
Picardie , l'Artois et la Flandre on
appelle aujourd'hui ressarcir.
A messire Nicolle Willat^re, prestre,
pour son sallaire de avoir refait , recoasa,
renvasé, retaillé, retasselé et reviselé trois
casures de le capelle , 36 s.
Compte de Vhospital Saint-Jean
des Trouvés, de 1460.
Renttmerange , renufiiération : Ré-
compense.
Reisvoisons : Prières pour les biens
de la terre. Ce mot se dit encore à
Lan grès pour rouvoisons y fait de
rogoisons. Voyez les Mémoires de
l'académie des Inscriptions , t. xvu,
pag. 752.
Reon : Rayon y ray d'une roue ,
radius.
Repas : Répit, exemptions
REP
'or Diea et por sa mère ne nons dëce-
Tons pas ,
fous yéons que la mort aqueurt plus que
le pas ,
7ous nous estuet morir , nul n^en aura
repas ,
Rostre chietive yie nVst c^uns petit trépas.
Testament de Jehan de Meung^
vers i63.
RÉpÉTEB : Réduire, contraindre.
Repéu 9 repéus : Nourri y ayant
nnangé suffisamment.
Replacquier : Raccommoder, ré-
[larer , arranger. F oy> Rkssoler.
Repienir : Remplir, combler.
Kepluit : Il pleut , il tombe de
Tcau.
£n Bretaine ce troeve-on
Une fontaine et un peron ;
Quant-on gette Teawe desus
Si yente et toune et repluit jus.
La yie du monde , Ms, H, 5,
fol. 72 , R^ col a.
Repointuaer : Repeindre , mettre
une nouvelle couche. Voy. Saagu.
Reponal : Retraite , cachette.
Comment ne savez-vous trover
Autre reponal ke ma huge ?
En home Id ensi se muche
Ne poroit-on nui bien entendre.
Fabliau de la Longue Nuit^ vers qSS.
RÉPONDRE, respondre : Cacher,
couvrir, renfermer. F oyez Retra-
vailler
Repos , repos t , repos le , repoz :
Caché , couvert , tranquille.
Et cil qui n^a soing de fabler y
Qui repoz ert en la corbeille y
Icil ne dort ne ne sommeille.
Mais si fort de paor trestranble ,
Que la corbeille et lui ensanble
Encontre terre aval chair ent.
Fabliau du Prestre et de la Dame
vers 69.
RES
265
Reprovier ( en ) : Ordinairement,
proverbiablement.
Quar l'on sielt dire en reprovier ,
Qui le pendu despendera ;
De sor son col le fais charra.
Castoiement , Conte i, vers no.
Reprovier : Ne pas recevoir le
témoignage ; reprobare.
Repu, repus y repust^ repnz : Ca-
ché , secret , couvert. En repu : Se-
crètement, en cachette.
Et trestuit cil qui là estoient ,
Moult volen tiers le regardoient ,
La comtesse et ses damoiseles y
Et les dames et les puceles ,
NH a celé n'en feist son dru ,
S'ayoir le peuist en repu.
Fabliau du Chevalier quifaisoit
parler y v, 4^0.
Repurgation : Action d'enlever les
immondices. Foy. Belleneur.
Requeik : Reçu, recueilli, d'où
requeillir , ramasser, reèueillir.
REQtJELiGE : Racine de réglisse.
Requereor : Solliciteur , deman-
deur.
Requeux : Droit seigneurial en
grains, dû au chapitre de Toul.
Requirande : Demande en justice.
Rescousse : Rencontre, recherche^
Rese : Jetée 5 lancée.
Be la floiche très-fors le fust ,
Mes la sajete est ens remese ,
Qui de novel ot este rese.
Roman de la Rose y vers 1876.
RÉSERVATION : Exception , réserve.
Resgnable : Sage, équitable, juste,
raisonnable ; rationahilis,
Chcli avoue bon garant qui met avant
resgnable cause , et comment le chose li
vint qui li est demande'e.
Coustume de Beauvoisis , ch, zxzrf ,
pag, 182.
a66 RE S
RésibC EMKNT : D'une manière ri-
sible; d(; risus.
Si tu vois autre genz
Parlicr résibiement
NVii aies jà ennui ;
Kat - mauvais se sent
Ki croit kc tote gent
Pai oient de li.
E 'i^erard de Ktrkam , Distiques de
CaioUf fol. 200 , A" col. 2.
Keso'crs ( à ) : En abondance.
Rèspitgr : Suspendre , donner res-
pit y dilTérer la peine , tirer de la
mort. Respiter la vie _, faire grâce ,
sauver quelqu'un , lui accorder la
vie.
J\.^svmi^respitier : Retard, délai.
Respoindre : Cacher, celer, d'où
rcspoignes; qne tu caches; et répli-
quer, répont^re ; res pondère.
Respons ; Réplique 5 réponse, ré-
partie.
RESPOtrssER ; Cribler des grains ,
les faire passer au crible.
A RaCful Garde! pour avoir respoussé
le ble' tiu grenier, lequel avoit été' attaing
' des c^tlendrcs , où il fut par sept jours ,
à 4 $• le jour , sont 28 s.
Compte de Vhospital des Cliartriers ,
de i525.
RESPUNSEidENT : Secréteuient ; en
cachette, furtivemenL
RESQtJÉANCE , resquéanche : Rente,
droit, échéance.
Resquigner , resquignier : Crier ,
gronder, être de mauvaise humeur;
dédaigner , refuser, dont nous avons
fait le verbe rechigner.
Dehait qui tant vous laisse vivre ,
Puisque preudons por vous s'esvelle î
Knsi dist , mais molt s'^esmervelle
Dont il n« les ose resquinier ,
Usler ne braire , ne wingnier.
Fabliau de la Longue Nuit. y
fers lo-j-j.
R£S
Ressolbr : Réparer une moraife
en bois et en terre , depuis le sol,i
jusqu'à une certaine hauteur; j:
mettre un nouveau seuil. V, Sevui.
Le darain jour de septembre «Tan 1^
recognut Jenan de Gramet avoir reen
quinze sois de Ricard Desmolins , et die
à cause d^avoir este par deux jours et de-
mi , à six gros le jour , à ressoler an des-
soub du hecquet joignant à rbérita^ede
Saint-Julien , et replacquier en plosiears
lieux. Item, et se a esté paiet à Flipartde
Gant pour une sealle , onze sol$./fai,
pour deux fais de vergues , quatre sik.
Item f pour un benel et demi d^aqple,
trois sols. Item, pour estrain, neu(i^
niers.
De seize pies de Iobc , douze sols, /ton,
a Jehan Lawersin , carpentier , pour tsar
le seuUe , deux sols. Item y poar dm
fais , eic.
Registre aux emhrièvements ,fol j(.
Resson : Goûter , troisième repas
du jour. Cloque du resson : Cloche
des ouvriers, foudvie en 1 471 ^ et ain-
si nommée à Douai , parce qu'on la
sonnoit de nouveau raprès-Jîner,
pour les faire remettre à l'ouvrage.
Que nulz uc laisse courir au dedensda
viescs fortresses , au luarquiet au bled oa
ailleurs aulcuoes truyes ou pourcheaalii
sur le fourfait de vingt sols pour cUacui
pourchel y qui seront trouvés et arrestés,
se ne sont pourcheaulx appartenais t
S*. Anthoine : bien pourront aller et eslre
audit marquiet et ailleurs, depuis le clo-
que des ouvriers du resson sonnée, de
une heure chacune journée y et nient d^
vaut.
Keg, aux ordonnances et briefs , ar\> 80.
Ordonnance renoevellée k le bretesqoe
de Douay, le jœudi 20 janvier i457- ^^^*'
que les tisserans soient teuus de i^arder
les heures qui sont servans audit mestier,
c'est assavoir de venir à l'œuvre à leclocqnc
des ouvriers au matin , et laissier ^œu^rf
à le clocque du disncr ; eulx remettre'
l'œuvre à le clocque du resson ^e\ ouvrertii*
ligamment jusques à le clocque du vespre-
Ban de le Drapperie^ art. jQi
xt* siècle.
à
»'.i
iiCI
RET ]^ET 267
Voici l'inscription que porte cette forfait kî l'escondiroit. Et sî venge-on les
C^loche : veneus à Douisiens ou à Artisiens.
. *- , _ . , r ' ^^s bans fu criés en l'an 1246, à le
Te SUIS le clocque des ouvriers , six fois Candeler.
Me jour sonne , et premiers , au point du
Î"'our, et le matin , aisner, resson , vespres
ç derraine. Faite aveucq autres par la
jpeine "Willem Hoerhke et Gobelin Moer.
Registre aux Bans et Ediis ^fol, 18.
Retasseler : Calandrer une étoffe,
lui donner du lustre. Voyez Ren-
VASER.
Retenail 5 retenoye^ retenue .* Res-
Kessourdre : Saillir, jaillir, lever,
sortir, paroitre , soulever ; resurgere.
Eest: Il est, elle est; rfif^e^^ vous titution , réserve , protestation ,
êtes; resui^ je suis encore; resunt, amendement; retentio.
ils sont. Et de ce me met-je en Fesgard de la
Restât, rest , resta : Arrêté de cour sauf mon re^maiV.
compte , reliquat , restant. Assises de Jérusalem , ck. LII ,
Du 18 décembre 14^7 , se fut mis en P* 4 ^ •
terme que à Toccasion des guerres , les RetenaGE , retenaige : Entretien,
revenus de Thospital des We* , estoient ployez QuEIR.
tellement diminue's , qu'il estoit impos- ' , , , ,
sible entretenir les Beghincs en leur* pi- „ ? do°ne au retenage de le cappelle
tances anchiennes : car par le restât dix Sainte -Catherine Espahut, pour v avoir
darrenier compte rendu où mois de no- "^^^ verrière apmoye des armes dudit Col-
.vepibre darrain , il estoit du au recepveur l^rt et de se femme , dix frans.
de 4 à 5oo fr. de restât. Testament de Collart Tange, bourgeois^
Reg, aux Cofisaux ,fol. 77. ^^ ^<>"«' » «^^ * 7 sepUmbm 1 4oo. •
Et quant au reste des parties dëclaréez Retenancbe : Poteau , pieu, gaule,
mes légats pieux, services faicts et dettes latte, Osier et tout ce qui scrvoît à
payëe^s, si »^*«« y a^',iel« donne à Jac-. retenir les vignes plantées autrefois
en Flandre, pour faire du vin.
aS s. ad. pour estâtes, veerck, pel ,
et osières pour retenaiiches pour les
wingnes.
Compte de Vhospital des Wez ;
de i35o.
Retenir : Réserver , mettre de
côté.
Soies Seignor de quanquc g'ai ,
Jà sor toi riens ne retenrvai :
Et se tu vels mielx retoruer
Que en éest païs demorer
De Irestoz les biens que ge ai ,
La moitié , ou plus te donrai.
Castoiement, Conte II, v. 279*
Retenir de mariek ( se ) : Rester
veuf.
Il donne à demîselle Jaque Bataille se
il n'est faus u reiailté fous cent §ols de femme.... et si elle se tenoit de se rema-
' ques Legrand , mon fils.
Testament du 12 octobre i6aa.
Reswardeur : Gardien , inspec-
teur, surveillant. Voy. Reward.
Retaille : Rognure , coupure ,
morceau, fragment. Voy* Sarpeil-
LIERE.
Retailler : Rogner, recouper.
Voyez Renvasé.
On fait le ban que à tous cens et a celés
ki waignerout deniers à lor bras et k leur
force , que on pait leur loier de tele mo-
noie qne on les aura loueis u en autre
mouoie sans esterlins paier. Et Vi à tous
gens paieront esterlins , il seront à cent
sois et de toutes les marchandises , et les
veneus ke on vendera et acatera aval ceste
ville à artisiens ke on ne pregne esterlins,
ai advenant de 35 s. le marc à artisiens se
a66 RE S
RésibCemknt : D'uue manière ri-
sible; d(; ris us.
Si tu vois autre genz
Par.'icr résibiement
NVii aies jà ennui ;
Kai - mauvais se sent
Ki croit ke tote gent
Pal oient rie li.
E'i^erard de Ktrkam , Distiques de
Caioiif fol. 200 , A" col. 2.
Kesotrs ( à ) : En abondance.
Rëspitgr : Suspendre , donner res-
pit y dilTérer la peine , tirer de la
mort. Hespiter la vie _, faire grâce ,
sauver quelqu'un , lui accorder la
vie.
Respitik, re5^p4//er : Retard, délai.
Respoindre : Cacher, celer, d'où
respoignes ; qwe tu caches; et répli-
quer, répont^re ; res pondère.
Respons ; Réplique ; réponse 5 ré-
partie.
RESPOtrssER : Cribler des grains ,
les faire passer au crible.
A Rarml Gardel pour avoir respoussé
le ble tiu grenier, lequel avoit été' attaing
des c^lendrcs , où il fut par sept jours ,
à 4 S- le jour , sont 28 s.
Compte de Vhospital des Cliartriers ,
de i525.
RESPujïSEiaENT : Secrètement; en
cachette, furtivement
Resquéance , resquéanche : Rente;
droit, échéance.
Resquigner , resquignier : Crier ,
gronder, être de mauvaise humeur;
dédaigner , refuser, dont nous avons
fait le verbe rechigner.
Dehait qui tant vous laisse vivre ,
Puisque preudons por vous s'esvelle î
Eusi dist , mais molt s'^esmervelle
Dont il n« les ose resquinier ,
Usler ne braire , ne wingnier.
Fabliau de la Longue Nuit.,
fers 1047.
RES
Ressoler : Réparer une mnraill»
en bois et en terre , depuis le sol,
jusqu'à nue certaine hauteur; j
mettre un nouveau seuil. V. Seulu,
Le darain jour de septembre , Tan ilf^
recognut Jenan de Crramet avoir recci
quinze sois de Ricard Desmolins, et die
à cause d^avoir esté par deux jours et de-
mi , à six gros le jour y à ressoler au dd-
soub du necquet joignant k l'héritage de
Saint-Julien , et replacqaier en plaswan
lieux. Item, et se a eh té paiet à rlipartde
Gant pour une seuile , onze sols. Itm,
pour deux fais de vergues , quatre lak
Item , pour un benel et demi d^arjpBe,
trois sols< Item, pour estrain, ]lettfd^
niers.
De seize pies de Iobc , douze sols. Ifeoi
k Jehan Lawersin , carpentier , pour mt
le seuile , deux sols. Item , pour don
fais , eic.
Registre aux emhrièventeiUs jfoL'j^
Resson : Goûter , troisième repu
du jour. Choque du resson : Clocbe
des ouvriers, foudvie en i47i?eta'*
si nommée à Douai , parce qu'on k
sonnoit de nouveau l'après-dioer,
pour les faire lemetlre à l'ouvrage.
Que nulz uc laisse courir au Jedensds
vieses fortresses , au marquiet aubled«i
ailieurs aulcuues truyes ou pourcheaub,
sur le fourfait de vingt sols pour cliacii
pourchel y qui seront trouvés et arresléi
se ne sont ponrcheaulx appartenans t
S^ Anthoine : bien pourront aller et est»
audit marquiet et ailleurs, depuis le cW
que des ouvriers du resson sonnée, ^
une heure cbacune journée , et nient d^
vant.
Reg. aux ordonnances et briefs , art. 8*'
Ordonnance renonvellée k le bretesqœ
de Douay, le jœudi 20 janvier i457. l^^
que lus tisserans soieut teuus de ^^ardet
les heures qui sont servans audit mestier,
c'est assavoir de venir a l'œuvre à le clocqw
des ouvriers au matin , et laissier rœa^"
à le clocque du rlisner ; eulx remettre»
l'œuvre à le clocque du resson^ei ouvrerdi-
ligamment jusques à le clocque du vrsprf-
Ban de le Drapperie^ art. 59i
xf* siècle»
R E T ]^ E T 267
Voici rinscription que porte cette forfait li Tescondiroit. Et si venge-on les
cloche ' veneus à Douisiens ou à Artisiens.
. ' . . - . Cis bans fu criés en l'an 1246, à le
Je SUIS le clocque des ouvriers , six fois Candeler.
le iour sonne , et premiers, an point du -, , „ r'. »• /. , «
jour, et le matin , disner, resson , vespres liegistre aux Bans et Ldils Jol. 18.
^ .^"™°^- «*'**uf ^"f ?^ ^kH^"* J?" ^* Retasseler : Calandrer une étoffe,
peine Willem Hoerhke et GobelinMoer. ..^ 11. rr i>
--^ lui donner du lustre. Voyez Ren-
Kessoued&e : Saillir, jaillir, lever^ vaser.
fortir , paroître , soulever ; resurgere. Retenail , retenoje, retenue • Res-
&E8t: n est, elle est; re^/e;^ vous titutîon , réserve, protestation ,
êtes; resui^ je suis encore; resuntj amendement; retentio,
ils sont. Et de ce me met-je en Tesgard de la
JElESTAT, rest, resta : Arrêté de cour sauf mon reteuaiV.
compte , reliquat , restant Jssises de Jérusalem , ck. LU ,
Du 18 décembre 1487 , se fut mis en P* 4 ^ •
•rme que à Foccasion des guerres , les RetE5AGE , retenaige : Entretien,
rrenos de Pliospital des Wex , estoient VoYCZ QuEiR.
tellement diminués, quHl estoit impos- , , ,,
sîbU entretenir les Beghincs en leur» pi- ^ R donne an reUnage de le cappeUe
tances anchiennes : car par le restât àfi Sainte -Catherine Espahut, po"'-v avoir
darreuier compte rendu où mois de no- ?»« vernere annoye des armes dudit Lol-
^e|pd>re darrain , il estoit da an recepreur l^rt et de se femme , dix Iraus.
de 4 À 5oo £r. de restât. Testament de Collart Tange, bourgeois^
Reg. aux Coiuaux ,foL 77. "^ ^^««* > ^" ' 7 sepUmbre 1 400. •
Et quant au reste des parties dédaréez Retenakcbe : Poleau , pieu, gaule,
mes légats pieux, services faicts et dettes latte, osier et tout ce qui servoit à
payées, si resta y a, je le donne à Jac- retenir les vignes plantées autrefois
- ques Legrand , mon fib. ^^ Flandre , pour faire du viu.
Testament du 12 octobre i6aa. 111
aS s. la. pour estakes, werck, pel ,
et osiéres pour retenanches pour les
wingnes.
Compte de Vhospital des JVez ;
de i35o.
. &E8WARDECR : Gardien , inspec-
tear, surveillant. Voy, Reward.
Retauxe : Rognure , coupure ,
morceau, fragment. Voy. Sahpeil-
I^lEHE.
Retailler : Rogner, recouper.
f^oyez Rbucvasé.
On fait le ban que à tous cens et à celés
IlÎ craigne ront deniers a lor bras et à leur
force , que on paît leur loier de tele mo-
noîe qne on les aura loueis u en autre
monoie sans esterlins paier. Et kiii tous
gens paieront esterlins , il seront à cent
0ois et de toutes les marchandises , et les
veneus ke on Tendera et acatera aval ceste
TÎlle à artisiens ke on ne pregne esterlins,
al advenant de 35 s. le marc à artisiens se
il n^est faus a rttaiUé foas cent sois de femme.... et si elle se tenoît de se rema-
Retekia : Réserver , mettre de
côté.
Soies Seignor de qiianque g'ai ,
Jà sor toi riens ne retenrrai :
Et se tu vels mielx retonier
Que en cest païs demorer
De trestoz les biens que ge ai ,
La moitié , ou plus te donrai.
Castoiement, Conte U^ v. 279*
Retehir de marier ( »e ) : Rester
veuf.
Il donne à demiselle Ja^e Bataille se
368
REU
rier, la maison que on disi de Pangle,
fiëans en le rue de Bellain Après la
mort de sadite femme , la moitié de ces
dons , si elle se retient de marier, appar-
tiendra à Jehan AVatier et Franque cPEs-
caillon , frère et sœur germains , enfans
de ladite démuselle Jaque qu^elie eut de
feu Watier d^Escailion, jadis son mari.
Testament Ju la juUe i4oo.
Retour : Moyen.
Lors Va. par parole assaillis :
Gars, porquoi es-tu si hardis.
Qui bien velz estre d'un garçon
Dont î'ai mauvèse sonpeçon ?
Bien pert que tu crois les losenges
De legier as sarçons estranges.
Ne me voil plus en toi fier :
Certes ge te ferai lier
Ou enserrer an une tour,
Car je n'i vois autre retour.
Roman de la Rose, vers 3554*
Hetovr de compte : Arrêté de
compte. F'oy- Appaus.
Ensi appert que ledis Wages doit par
le retour de cb este compte 57 uv. lo s. gd.
obole.
Compte de la Table de Panières
del^S.
Retaaire : Ressembler à quei->
qu'un 9 en avoir les traits.
Retbavailleb : Travailler encore 9
se donner de la peine.
Mais celc fist avant covrir
Les pastez soz une touaille ,
Et puis après se retravaille
De répondre le cbantéor
Qui de soi avoit grant paor.
Fabliau du Prestre et de la Dame ,
vers 38.
Revbe : Robe 5 vêtement d« fem-
me. P^oy. Cotte et A.
Item donne a l'œuvre de l'e'glise St,-
Jaqueme se reube de trois pièces , mou-
rëe de Brésil.
Testament du 26 auril i346.
Reule : Règle, conduite; régula.
En govcrnemcnt de bcivre saciez
RE W
Ke ceste renie tenir devez ,
Ke eve , vin , pas ne bevez
Jcske tant ke vas ëez mangez ,
E jesque les parties deV y entre a-mnnt
Aukes alegie après serrant.
LesEnseignemenz d'uiristoUp
fol. 193 , A'» col. a.
Revancrier : Venger , laver une
injure.
Revelow : Réveil ; joie , gaieté ,
plaisir, amusement.
Pï^avoit mie cuer de félon
Autans le baiUiu Nevelon
Mai ait li goûte ki Penferre,
Ki si son cors destraint et serre.
Que jamais n^ert de ration.
lÀ Congie Baude JFtutoul d'Aras ^
vers 69.
Reveesable : Qui retourne} cpi
revient.
REVEEsi ( satin ) : Satin broché.
5o liv. parisis, monnoie de Flandres
de vingt grOs, pour vente de une robe de
satin reverse , bordée de deux bendes di
velours, i5a8.
Registre aux minutes des ActeSt
Jol. 107, A^o,
Revestitube , reifes tentent j rêves-
iissement , revesture : Droit dû aux
seigneurs par les nouveaux proprié-
taires d'un bien.
Revigobeb, res^igourer. Voyez Ri-
VIGOBIB.
Reviseleb : Joindre, unir, atta-
cher , mettre ensemble.
Rewaigner , rewaingner : Rega-
gner. Voyez Agekgessir.
Rev^aing , rewaine , re\\^aing :
Regain d'un pré , seconde coupe de
foin.
Rewabd , rewardeur : Adminis-
trateur. Voyez Resw^aedeub.
Chcst li comptes que Wagcs Boîne-
broque fait et rent pour feu^Yagon Boine-
brogue sen fil as rewards de le taule du
Sl,-Esprit de St.-Pierrc , i348.
Rewarder , rewaurder : Considé-
rer, regarder, surveiller.
Rewit, ruwit : Présent de noces.
Item, donne k Colinet du Sauchoy et
Nicolle se seur , enfans dudit Thomas , à
chacun un ridre , pour le rewit de leurs
nopces.
Testament du l'y juin i452.
La huictiesme pièce de vaisselle , je la
laisse pour la donner et présenter en
nwit au festin honorable et nuptial de
Annette Wion , fille dudit Maurand , ma
filleulle.
Testajnent dui3 octobre i58i.
Rez : Rasé, tondu; de rasus par-
tie, de radere.
Rhecme : Rhumb de vent dans la
traduction de V. F. Vegece. De Re
mîlitar. Dans plusieurs provinces,
on dit rheume , pour rhume et en-
rheunié , pour enrhumé , que des
étymologistes dérivent du grec
ifiufAu ; cours , fluxion qui vient de
fÏMj couler, se répandre. Gela tien-
droit-il à ce qu'on attribue souvent
cette maladie à l'influence de l'air.
RiRAN : Ruban de (il ou de soie.
Que ni les cotes yiolctes.
Les ribans , ni les ceinturetes.
Bx)nsard,
RiBAuix ( roi des ) : Espèce d'a-
gent de police et de valet , en titre
d'office, chargé des travaux les plus
rudes et les plus abjects de l'hôtel
de ville de Douai. Il a voit le privi-
lège exclusif de tenir les jeux de
dez, de brelan , de cartes, de han-
duites , et autres de hasard ou d'a-
dresse. L'an 1422, que l'on mit en
ferme ces différents jeux , on lui
donna pour indemnité des droits
qu'on établit sur les maisons de
débauche, sur les filles publiques»
•t sur les ladres qui avoieut tou->
RIV 269
jours été sous sa surveillance. Il
n'est plus question du roi des Ri-
baulx , après le règne de l'empe-
reur Charles V. Voyez ëspouuea et
Permveb.
RiGHOiER : Amasser des richesses,
entasser. ^
Il sunt chaste par veu, povre et obéis-
sant :
Tu es riches et sires , mes en seignoris-
sant
Et en mal richoier, c'est bien apparissanty
Vas ton ordre et les autres auques parver-
tissant.
Testament de Jehan de Meung,
vers Q^S-
RiDRE : Rixdale, sorte de mon-
noie. J^oy, Revoit.
RiEREFié : Arrière-fief.
Ries d'oingnons : Tresses d'oig-
nons.
RiGOR, rigour : Rigueur, sévé-^
rite; rigor.
RiOTE, riotte : Dispute, querelle.
Ris : Filet, réseau.
Lacië sommes une ris
Andui, ne sai que prions hui.
JFabliau de Piramus et Tisbé^
vers 395.
RiSTEi : Réduit , endroit caché.
Mes ceo n'atent a nul espleit ,
Ki autre cunseil en saveit ;
Cil ii dient , Sire , par fei ,
Prés de cel bois en cel ristei^
La ad une estreite charriére ,
Par unt-il repeireot arriére.
Marie de France y Lai d'Éliduç,
V. 174.
RivÉïER : Pèche dans la rivière^
là , se pur ostier ne fust ,
Pur nul busuin ki li créust ,
Li Reis ne laissast sun chacier,
Sun déduire , sun ritfèier.
Marie de France, Lai d^EquitOH^
ver* a8.
S7a
SAC
TergcUes. Item , et k le troisième rojre ,
que ledit censier sera tenu gasquierer, la-
bourer et remettre de ble en Fan 1466 ,
pour despouiller , k Paoust 1467 , conte-
nant neuf muis , trois rasières , trois qua-
reaulx de terre.
Bail de la censé des Chartriers
de i463.
RoYivE : Reine, la femme du Roi;
regina,
RoxiE : La Moscovie» aujourd'hui
l'empire de Russie.
Assez perdirent puis si oir
De son conquest par non pooir.
Des Ghereborc trusqu^an Roxie ,
Estoit en tote sa baillie.
Roman de Parthonopex de Blojrs ,
fol, 124, /^» col. 3.
RoxiGNOus y roxingnous : Le ros^*
iignol.
Li rossignous ses lais organne,
Qiy. de chanter fortement s'ahanne ,
Li roxignous dit sa raison
£t nuit et jor en sa saison ;
Cil nos semont d^aimer adés.
Rom* de Parthonopex de Blojrs,
fol. \ii\,R^ coL I.
RuÀGE : Confrérie composée des
des habitants d'une ou de plusieurs
rues.
SAC
Si fait -on defiense à tous mestien,
fruries et mages de faire convives, coi-
ârégations et assemblées à paine de 5oL
l'amende et pugny k descrëtion de loj.
Ban du 8 aoust i565.
RuBRiGREm: Discuter, débattre,
disputer.
RvGHOT., ruîot : Ruisseau delà
rue ; riviUus. Yoy. Gauuee.
Item, qne les haions an herencq le
mettront k double rencq derrière le as-
chande de mollues, à commencherdepû
lé ruchot devant la porte du saumon.
Ban du marché au poisson,
du 13 mars i56a.
Rue : Marché. P^ojr. FossicLEg.
RuME , ruielle , ruyelle : RueDe,
petite rue ; cul de sac. Voy, Caio,
Le vile a doneit à Erambaat Bram-
mont à tous-jours le ruine, ki est en oostét
se maison et le pièce de terre wide a
avant com ses tenemens dure ; sauf chou
ke xels ki a sen te ne ment encontre doit i
avoir se goutiére, et pour cbou il pâ
4 liv. parisis à le vile Tan 1 261 en mart.
Reg. aux Briefs ,foll^.
S.
ÔACH j sas , saz : Sac 9 formé de
saccusy d'où le verbe saccager ^
piller , mettre en sac. Faire sac du
drap à pucelle , l'envelopper dans
les draps de son lit. Anciennement
on se coucboit nud et sans chemise,
et l'action de faire sax: de drap étoit
sévèrement défendue, elle étoit con-
sidérée comme tentative de viol.
Je donne à Nosti^e-Dame des Porteurs
au Sach du marchiet au Bled , trois livres
de chire pour augmentation du luminaire.
Testament du 10 novembre i38<).
Sacquoir: Poignée de fer qui sert
à tirer à soi une porte qu'on veut
fermer.
A Pierot Descamps , fèyre et serurier
pour ung crampon , uug menton , aoe
clencque et ung sacquoir pour Phuvs dfi
le cuisine de le censé , pour tout ce a s.
Compte de Vhospital da
chartriers de i^Sa.
Sackementea : Jurer , faire la pro-
messe , prêter sçrmeut ; de ^acra-
SAL
Sadàiee La bouche : Faire des mi-
nauderies. V* MèSALEH.
Saient : Sachent y apprennent*
V* Glosius.
Saillie: Promenade, sortie , dé-
part.
Sailue ( faire ) : Sortir y s'en
aller.
A &K% enfans ausquels il ordonna
De mettre à mort paix qui prince allie ,
g'aant paix le sceut de France ^Jt saillie^
t d'Aliemaigne eut sa place en Lorraine,
Dieu moyennant et le bon duc Anthoine.
Mère sole, A. m /?•.
Saillie : Sortir , jaillir.
Saineresse : Femme pratiquant
la médecine. Dans le fabliau de ce
nom « la saineresse apporte des ven-
touses et des lancettes pour saigner.
Sajbtte : Flèche , trait d'arba-
letre ; sagieta.
SàmmKj sakier, saquier: Tirer avec
sffbrt 9 arracher avec violence , en-
lever en secouant; d'où le mot^oc-
zade; élancement.
Cfaii ont fait grant mortel pechiet
Qui tant ont a rive sakiet
Que tes viviers est esseue's.
Li Congiés Adatis d'Ara , t;. 35.
Sakiaus, saqueleti Petit sac.
J^. Desmanevé.
Salade : Cascpie fort léger , qui
ètoit d'abord eu fer battu , et puis
ensuite fut en cuir bouilli.
Sallettb: Petite salle, arrière-
bontique. V. Caudeblach.
SALvi : Échappé y retiré, sauvé;
fOlvcUus,
Suant fine amour me semont
ouït me piait et agre'e ,
Que c'est la riens en oest mont
Que f ai plus désirée ; .
Or la m^estuet servir ,
lie m'en puis pliu tQiûr ,
m.
SAP. 375
Et du tout obéir
Plus que riens qui soit ne'e \
S'ele me fait languir ,
Et vais jusqu^au luorir ,
M'ame en sera sals^ée.
Poésies du roy de Navarre ,
Chanson !'• , stroph. 3.
Sanlable , sahlaule, sannable :
Semblable 9 pareil ; similis ; d'où
sanlablement , saulaublenient , sari'^
noblement ; de môme , pareillement ;
similiter,
Sanctés : Sainteté. ^. Psalmb.
Sanglee-deffens : Yieux sanglier
armé de ses boutoirs.
Ours , leus , lions , sanglers-deffens ,
Ne chaciez pas sor mou deliens.
Roman de la Rose , v. iSgig.
Sannee: Prendre soin, conserver;
sanare*
Ils ( les prévôt , jurés , echevins ) doi-
vent avoir le reward , warde , adminis-
tra tiou et gouvernement de la loi , fran-
quise , usnigc et liberté de noditte viUe ,
et que meisme font cascun an serment
solemnel en Téglise de Saiut-Jean , seur
Saiuts Évangiles de entotes cosses sanner
et warder no signorie , haulteur , droic-
tures et hiretages et le franchise , usaige e%
liberté de noditte ville , comme moyen et
rewart en ces cas.
Prii^iléges de la ville de
Valenciennes ,
Santain ; lisez s'aintain : Syncope
de sa antain , sa tante.
Il donc à Marien Brisehare s'antain
ao s. parisis , à Margot , à Mitouche s'an^
tain ao s. parisis , as deux tilles Marit-n de
Paris , s'antain à casciine 5 s. parisis.
Testament du 8 /èurier i.^'Og.
Sapiekt : Sage , instruit , pru-
dent ; sapiens.
Il me suffit '\v croire seult-ment,
Sun de tous biens este« commencement ,
oyen et fin. en tous temps iuimunble ;
Puissant , bon , b*îau , sapient , véritable.
La Jfar^^erite des JJargueriU!9t
Omûon à J*-C' p* i37,
s
n-'.
274 S A R
SABciirL , sarchiaiis : Croissant
coupant y lequel est attaché au
bout d'une flèche ou d'un trait d*ar«
balétre.
En^herrnns de leWalIe , con^telier fut
navro h plaie de loi où chief , d^une vire à
sarchcl que aiiifti que il estoit à le treric
de le ville , et qae on treoit par esbate-
ment à cauper un pict de bœf k vire à
sarchely un sarchiaus le ftfru par derrit^re
•u chicf et ne set qui ce iist. 99 novem-
bre i39{.
Registre aux plajres de ioi ,
fol. 8-1.
SifLCVf sarcusjsargueji : Tombeau 9
cercueil, sépulcre; du grec nepi,
raù»9t : Tableau peint sur bois ,
9vec des vollets également peints
en dedans et en dehors que Ton
plaçoit dans les églises, vis-à-vis
des épitaphes, ou pour en tenir
lieu.
Trcis jars les unt tenu sur terre
Sarcu de marbre firent querre
Les deux Enfans unt mis dedenz
Par le cunseii de cel^ genz ,
Sur le m unt si les enfuirent ,
£ puis à-tant se départirent.
Marie de France^ Lai des Deu9
Amanz, i;erra34.
En un riche sarqueu Pont mise ,
Par dessus une pierre bise ,
£t sor lui des fioretes misèrent ,
£t ces duis vers sor lui escristrent :
Ici est Fiorance enfoïe
Qui au Chevalier iu amie.
Fabl. de FloixiJice et de Blanckeflor ,
zfers 343.
Il volt avoir se sépulture et chîmentière
en le nef de l'église Saint-Pierre auprès de
feu....*, ses père et mère , et s'il ne pooit
estre mis là , il vo]t estre mis au sarcus de^
sen taion et taie qui est sçitur^z et assis
sur le chimentière de leditc église et que
ichils ^arcii^ soit ordonnez en Doioe poin-
ture d'u?ic personne esbochie' à le sem-
blancedudit sire Jacques estaiis à genouls
devant Pimagc Koshe-Dame qui là e5t \
sur un costé et sur l'aiiltre , et tous ]idis
êaitus repoinlurcz dedens, les images et
S A a
remembranches rçnoaveliiés tant de Sains,
comme de ses frères et sereuis qui là
gissent. '
Testament du i^ dècenibre i3^.
SarmE) lisez s'arme : Son âme.
/^. Oes, euTAa et PECHiET.
Saefbilliere , serpelièrCf serpil'
Hère : Couverture 9 housse d'aï
cheval ; grosse toile dans lacpelle
on ensevelit les trépassés. To9e
propre à la tenture des papiers.
Fiiz, fet-il, k Dieu te commast
Puisque tu veus que je m'en ailki
Por Dieu me done une retaille
D'un tronçon de ta sarpeillière^
Ce n^est nue chose moait chiére;
Que je ne puis le froit soufrir.
Beniier , Fabliau de UHm»
partie , v. a^.
SAmAADnr: Sarrazin; d^ohsarrû'
zineschCj du pays des Sarraziosy qô
concerne les Sarrazins.
C'est cil coi est cest biax jardins 1
Qui de la terre as Sarradiiis
Fist qa ces arbres aporter ,
Qu'il fist par ce vcrgier planter.
Roman de la Rose , v, Sgfi.
Largesse ot robe toute fresche
D'une porpre sartYizinesche,
Même Roman, v, 1170.
SAAn& : Déplanter , arracher*
Si ne pora rien copper ni sarur lufi
gardin aarbroierie , qui ne soit sec.
Bail du 16 nuirs logi.
Sassixghe , lisez s'assenchc : QqI
donne consentement.
Et jou prie et rACfoiert Monseipe*
Âmourv de Landtiist , chevalier, qaetfj
ces choses s^assenche et voeDe à ces lettiif
pendre ssn saiel ayoec le mien /
Loi de Brillon du mois d'auril iA\
au Cjirtulaire de Tabbaye de Saii*j
Amand , dit Liàer AliusJoL fi
s AU S CE 275
Sateffaction : Satisfaction ^ con- Qui à tous crestîens est communs et
tenlement; satisfactio. coursaus.
Escheviiis delà ville de Douay , à Simon Testament de Jehan de Meung,
Catton ou autre exerçant le fait de le '^^^ ^^49-
basse justice de le prevosté de Douay , g^^g ^Ej^g. ^ ^^^^^
ffalut : Nous vous mandons que ces fiio *
lettres vous mettiez k exécution deuc , ^"1«'**^-
en_ contraignant quant à ce le dit.... par Lors est tout maintenant venus
prinse , vendue et explectation de ses Li Diex d^amors leç saut menus,
biens tant que plain payement et sat^ffac-^ R^man de la Rose , v. 1892.
tton soit fait audit de la sonmie de ^^
in liv. 17 s. 5 d. Donné le cinquième jour A li s^en cort les sauts menus ,
d^octobre. Van 1 435. Tant qu^il est jusques-là venus.
Sattmab : Petit satyre. ^^'^'^ '^'"^''' ^r ^^^9'*
S A V G H , saulz : Saule , arbre ; ^^^s salestgres : Espèce ^e saule
salix. Voy. Mahisson. à feuilles larges , qui croît fort vite.
Saughgi , sauchoy , saulchoie , '. ^^ *'
saûlchoy : Lieu planté de saules. Sautre , lisez h'autre : Syncopé
^, Plahtiks. de son autre.
SaudÉe: Solde. V. HoNGTORIE. Elle donne à Grart Deleville , sen fiU
, , se grande maison et s autre maison d en*»
Saudee : Paire. V. Ces» costë au lès derrière le puch Filory ; les«
SaullerB : Souliers. ^"*'*^^,^ ^^""'^ maison» sont toutes d'u»
membre.
A Jaqnemars Lefèvre , cordonwainicr Testament du lO mars \5iQt^
pour sauUers aus dits enlFans, a8 s.
Compte de Vhospital de Saint- ^/tf^^^* (pierre): Pierre brute»
Jean^es'Trouvés de 1460. ^« OuKiE. Eaux sauvages , celle»
, qui proviennent d'un débordement.
SAVLMEjsaume,seaulme, seaume: //*. Porré.
rsaume,;?^ mus. Sauvechine, sauvegine: Béteg
SAUPTiERj^flMttcr.* Instrument de sauvages, toute espèce de gibier,
musique : psautier, livre contenant pr^ Cenele.
les psaumes ; ,.^a/^m«/i.. Fpyez Sate , ^^yo/i : Tunique , sorte d«
Catmahieii et PsALTERioi. casaquc miUUÎrc.
Et si X ot à ffrsint niante
Estrument le divers mestîers. . ^AYEt : Seau à puîser de Peau;
Estives, harpes et ^autierf, situlus. Gacbet , SCeau ; sigiUum.
Vieles, gygues, et rotes» Voy. Guvier.
Qui chantoient diverse» n^es. s^„„^ , g^^j^ ^.^^^^ ^^ j^.^^ .
Roman de la Poire ,foL 66 , R: ^^^^ sayétteur^ ouvrier qui fabrique
Saus: Sauvé, échappé au dan- cette étoffe; sayeiterie, œuvre de
«r; salvatus. sayeterie, ouvrage de tisse, et de
Et por ce qu'en ne scet qui est dampnès ^«tes espèces d'étoffes de laine , à
ou saus , ' Texception du drap.
Qrdena sainte Église qu'en priast por Satme : Filet à pêcher.
Qui ^t"tt^dent merd. c'e«t K wieldre , ScÉiERi : Méchant , dissimulé ,'
consaus fourbe, caché.
9
.nV.
%^
SEC
SçÉiiE : Connoissance , instruc-
tion.
Vierge sur toutes esléuë ,
De toutes vertus pour^ëuë.
Voir est que saint Père et Marie
Magdalaîne orent la vcuë
De ton saint filz et la s^éue
Tantost qa^il vint de mort à vie.
Le Trésor de Jehan de Meung,
versai,
ScEVRETÉ : Sûreté, tranquillité ;
securitas.
Scient : Docte, sage, prudent,
inslruit , avisé ; sapiens.
Père Aristote en la philosophie ,
Et de tous ars et naturelle vie ,
Cn tous les faitz se snbmist à raison y
ParquoY scient fnt sans comparaison ;
Par icelle enquerant vérité ,
Magnifia vertus et équité :
Et doit marcher sur Thomme et le garder
De trop menger , parler et brocarder.
Et refréner sa voulenté mobilie ,
De fourvoyer aux champs et à la ville ,
Pour non tomber au danger des brigans j
Ténébreux lieux du monde latitans.
Mère sote , A, ii , f^».
ScrLE : Escalier , échelle; scala
Voy. Resoler.
SiciL^fSesile, sezile : Le royaume
de Sicile.
Segorcier : Relever , retrousser
ses vôteuients.
Et se sa robe li traîne ,
Ou près du pavement s^encline ,
Lî la liève encoste ou devant
Si cum por prendre ung poi de vent ,
Ou por ce que faire le sueille ,
Ansinc cum secorcier se vueille ,
Por avoir le pié plus délivre.
Roman de la Rose, v, i3754*
Segorre : Aider, secourir ; suc-
currere.
Segourjon : Escourgeon, p^. Ka-
NERVJiSE^ SIORTUIi&A et S0UÇ0V»J0N.
SÉ6
SscREBiiEFr : En cachette, secrè-
tement ; secretb.
Seculer : Laïque y séculier ; se-
cularis.
SÉEL : Tonneau qui n'a qu'un
fond, avec lequel on tire de l'eau au
bouriquet; de situlus.
Audit Pierot Descamps fèvre et sero-
rier pour plusieurs aultres menues parties
qui ne se comptent point à poix , c^est as-
savoir pour une serrure à verel , 6 s. potir
une noeve orelle au séel de la cuisine.
Compte de Vhospiuié»
Cnartriers de i^
SéER : Siéger , s'asseoir, se pla-
cer; sedere,
Eliduc est alez avant
Li Reis li fist mut bel semblant ,
De juste lui séer le fist ,
Sa nllé apele , si li dist :
Dameisele , à cest Ghevaler
Vus devriez bien aquinter ,
E fère lui mut grani faonur ,
Entre cinqcenz n^en ad meil lur.
Marie de France, Lai d^Èliiuc^
vers 491.
Segloutir : Sanglotter, verser des
larmes.
Le jovencel ot ségloutir ,
Plaindre , giendre , trere souspire j
Vit sa guimple comme il la touche
D^eures en eures à sa boucbe.
Fabliau de Piramus et de Titbé^
vers 778.
Segne , Seigne : La rivière , ou
plutôt le fleuve de Seine.
Al jur quant tuz furent yena
Le D meisei premier i fîi ,
Sun beivre ni ublia mie ,
Devers Seigne en la praerie
Eut la grant gent tut assemblée
Li Reis ad sa fille menée.
Marie de France , Lai des Dm
Amanzy vers 168.
Segnerie : Seigneurie , apanage
d'une personne dite de qualitii
SEN
Sécva : Certain , assuré 9 en re-
pos , tranquille ; securus^ .
Le ior s^en va , la nais repère ^
Et li termes de Ior afére ,
Montent les gaites sor les murs ,
Cil se dorment qui sont tégurs»
Fabliau de Piramus et de Tisàé,
vers 586.
Sieus: Sureau.
Et qui nos bos coperoit sour rue et
Boar kemin , il seroit à cinq sols et ren-
droit no damage sauf chou k'il pueent
ronsses et espines cauper , séhus et saus
Balcngres sour leur ticre et faire leur preu
sans mefiaire au seiguenr.
Loi deBrillon de ia66: au Cart,
de Saint-uâmand,
Seigvbvrir: Commander, ordon-
ner, gouverner.
Nous ne te voulons point tenir comme
chamberiére , mais seigiieuriras en mon
royaulme comme Roy ne de beaultë es-
lev^e.
Xa Légende dorée iratislatêe par
frère Jehan de Vignay^ fol. ao6 ,
R^ col. I , Édit. de i/^gg i/i-4<^.
Sek : Sec , qui n'est point hu-
mide ; siccus» Yoy. Kjlisnk.
S'ei, si le, se le : S'il le ; sele,
lisez s'eie; si elle. Sele, lisez s'ele;
son aile.
Selik : Terre amenée par les eaux
et qui emplit les rivières. Voyez
SOYEEE.
SiMBLANCE , semblaunce : Façon ,
manière, vraisemblance, ressem-
blance , similitude ; similiiudo.
Semoiid, semons, semont : Porté,
engagé, invité , sollicité ; de sub^
monere.
Ser : Son , pronom possessif.
V. Cbius*
«
Sbnef: Le sénevé, l»emence de
moutarde»
SEP
177
Et pour faire batre trois conpes do
semenche de colës et trois livres de seiuf
Compte de Vhospital des Wez ,
de i36o.
Senle : Simple ; simplex»
9 liy. sour letenement de Saint-Sanson,
les 60 sons pour 6 liv«. seules pour les ans
35 , 26 et 37 , et les autres 6 iiv. pour les
ans 37 , 58 et S9.
Compte de la Table des pauvres
de i338.
Sens du pats (aller au) : Aller
prendre conseil. Vçy» Entriaux.
Sentron : Petit chemin , sentier ;
semita.
Deux rasières de terre séans au sentron
de le nokiére , au terroir de Lambres.
Compte de Vhospital des Wez
de i36o.
Sentise: Écluse.
Se fist-on une neuve senuise au dit
molia de Dcuwieul.
Compte de Vhospital des IVez
de i36o.
Seoir : Convenir , être agréable.
Car c'est chose bien congnëuë ,
Que pour fait doit estre tenue
La youlcnté qui ne se mile ;
Ce sçet Dieu fors , poissans et justes^
Qui puet dedens les cuers vëoir ;
Quant de donner n^avez pouvoir ,
Autant lui doit plaire et seoir
Le vouloir que vous en éustes.
Codicile de Jehan de Meung^
vers 56.
Sepmaine, septniaine : La semaine
ou l'espace de sept )Ours. On disoit
alors, dilun, dimar, dimerc , d£^
fou , diver , disah , diman ; en an-
cien provençal lus, mar , mecre ,
jhoou y vente, sale et merglie ,
auxquels on ajouta la syllabe di ,
contraction de dies ; sepmaine dou'
hU , celle qui suit le dimanche de
la Trinité : sepmaine lie ', celle de
3
s^S S £ R
Noël ; scpmaine peneiise , la semaÎDe
Sainte. AJalt septnaine, temps où
les lu mines ont leur écoulement
périodique.
En la oouit de cbrcttieiitë ne semont
IVii ; ..ts tn jour defeste, ne ne tient-on plés,
et s\ Ten s<nnont <*n feste§ , que Fen ne
sVn doigue garde, nepléde Peu pas quant
on vici?t »\i jour , ne en la saison d^aoust ,
•ne de vcndar^rs , no eu la sepmaùic pe^
neuiit , ne eu la sepmaine de Pasques , ne
en la sepmaine de Pentecoste , ne en la
scpittaiiie du Nouei.
Couitames de Beauwoisis , ch. HT,
ptJi^' aa. •
Septah^e : Le nombre sept.
CV.vt If» verlueu.se septaitie ,
CVîi. h Tni.«rcrail sepmaine
Oui i>irfi«ictement signifie
Le cour» de nostre\ie humaine.
Trèior de Jehan de Meung f
vers 97.
Sekeillttn , sequillon : Branches
de buis fort sec^ fagot de menu
bois.
Mes quant Pestomac veirement
Est freil è fiebles ensement ,
A tel estomac mieuz vaut mangers »
Ke sulil seieiit è légiers ;
Kar le feu resemble par reisun
Ke estuble art, è sekeiliun.
Pierre de P^enion, Enseisnemenz
dAristotc ,foL 188, A^» col, i.
Serain, serein, serin : Calme 5
tranquille j en paix ; commence-
ment de la nuit; du latin sero>
Voy. Spatiee.
Se&eit: Contre. F. Fosseit.
Serment : Nom donné aux quatre
compagnies bourgeoises d'arbalé-
triers , d'archers, de canonniers et
de maîtres en fait d'armes, parce
que chacun des membres ou con-
frères de ces compagnies étoit
obligé de faire serment d'observer
les statuts et règlements qui leur
«É S
ëtoient propres , etd^ohélrauxéche-
ViuS. y. DB8*BOimS-MA19.
Seroitdbi : Abonder^ regorge,
déborder 9 excéder.
Oiei qui tous repentens piteasemeit
escontes ,
A toy donne mou cuer «t mes penséa
toutes ;
Doulz Diex qui de dottleeor stranda^
dégoûtes ,
Sur mondur cuer dégoûtes de ts doskenr
deux goûtes.
Testament de Jehan de MetMfi
vers 2091.
Sbeie : Prison 9 lieu de déten-
tion , lieu secret et fermé; de
sera.
Porqaoi la prison remiâsse ,
Ne cuit-ge pas que g^ fausisse.
Voire par Diex et sans reqnerrt
Me metroît Ten eu quelque sentf
Par quoi Pen me pëust baillier ;
S^en me devoit tout dëtaillier >
Ne me leroit-Pen eschaper.
Se Pen me pooit entraper.
Roman de la Rose , v, i5i8o.
Sereéement: D'une manière très-
serrée.
El pavement fud de prîmes li marbra
culchiez è de sur tables de sap xerreemest
juin tes é bien assis.
III«. Livre des Rois , chap, V.
Serve 9 féminin de serf: EsdaTC)
femme de main-morte.
SésiLB, Sézile : L'île de Sicile dans
la Méditerranée; Sicilia.
Ces chou ses ainsi faites , tontes les r^
gions et les provinces dou royaume <U
Sézile f o^est assavoir, Puille, Calabre et
terre de Labour , fnrelit et demouréresl
en pays sous le roy Charle ^ excepté li
terre de Sézile qui est de mer enclose, que
uns malvays hons qui Conrrars Caboce
avoitnon, et autre semblable à li, s'eiïot-
soient à dcOendre de tout leur povoir.
Annales du règne de S. Louis, p, 267 •
SE Y
SEI
279
Siv : Suivi, accompagné ^ pour- nier, cliirurgicn sermenté en i ce Ile pour
certaine épreuve par euJx faite le 2a oc-
tobre 1574 » à Pordonnance de Messieurs
les Ë<tchevins et Rewards dUcelle bonne
inaiAou en la présence d« Anne Julien,
fille de Michel , native de ceste Tille , la-
quelle ils jugèrent cstre seymy truble y
suivant Quov elle fut pourveu de la mai-
son de GaroigneS) se fut payé audit doc-
teur 4o s* > audit chirurgien ao s. et k
SUIVI ; secutus.
Tant fui à destre et V senestre.
Que j^oi Tafère et tout Testre
Da vergier cerchié et véu ,
£t li Diex d^amors m'a séu
Undementiers eu agaitanty
Cum li venières qui atant
Que la beste en bel leu se mete
Por lessier aler la sajete.
ce receveur y assitant ^ aussi ao s. ; et k
Roman de la Rose, v. i^^S. Regnault Bertoult sergeant des ladres ,
ajant assemblé lesdits personnages, 10 s.;
SevIXHT : Ils ont coutume ; soient, et au curé de S'-Albin qui a fait le service
seuU; il a coutume, il est d'usage; 5^ s. 9ont61îv a s.
solet.
Sevixb ; Pièce de bois dans la-
qiiene sont enchâssés les poteaux
qui forment la carcasse des maisons
de village ; marches de pierre »
seuil d'une maison. Vojr, Rbssolee,
R01TLLE.
^ SBDàBAT&B : Battre à outrance.
SfirEB (mettre) : Accuser, taxer,
dénoncer.
Sbuepbessub'e : Mauvaise foi , dis«
simulation.
liés sHl prennent les riches, et des povrcs
n'ont cure ,
Compte des malades de i574y
foL 5o, /^».
Si : Excepté, à l'exception de.
En la nef entrent demaneis ,
Ni ot hum si les suens nun
E sa raie Guilliardun.
Marie de Fraitce, Lai d*Eliduc^
vers 81 4*
SiAKT, siaunt: Moissonneur. F^oy.
QiJILLIR.
SiCLB : Le monde, la société;
sceculum.
Ce qui s'ensuit trespasserois a lire de-*
seurpressure.
Testament de Jehan de Meui^g^
%feng56.
Il semble ou puet sembler que celé s^- ▼«»* gens de rolieion et mesmement de-
Dulture van t ordres mendiens; car il suntsotif,
ITcst mie porchaciée de dévocion pure, artilieux , si vous porroient tôt grever ou
Ains me doubt cni'il n'i ait une pou de nu^e et devant gcnz di^ sigle que 1 en los
^ porroit mestre en erreur.
Cette note extraite d'un exem-
plaire du Roman de la Rose montre
Sbitwb : Corde de puits. nue chezles moines, pendant l'heure
6 s. 6 dcn. pour deux seuwes mises k oes repas , on lisoit , non pas des
deHn puch doudit liospital haut et bas , prières , mais des contes , des fa-
dont Aenj heut sept toises au haut hos- bliaux , des romans, etc. Cette foule
pital , et SIX toiw au bas hospital. ^^ ^^^^^^ ^^^^^ ^ composés dans le
Compu de l'hospital des Wezy de i36o. ,.,„• gjècle, n'avoit pas d'autre des-
Setbb, seoyr, seyoir : Être assis,
siéger, s'asseoir; sedere.
Setut tevblb : Degré de ladrerie.
A M. Nicolle de Meurcatclles, médecin
pensionnaire de ccstc ville et Bon Prou-
tinatiou que c<)llc d'amuser les reli*
gieux.
SiENGHE : Science, savoir, talent;
scientia,
SiBNT : Situé, assis; sedens.
4
■8o SIN
SiFBGBANT : Seniteur, valet , do-
mestique ; apprenti, compagnon;
serviens. Yoy. Cakeban.
SiEREANT , sieret : Proche » tou-
chant, contre, contigu, tenant.
Yrnte clo doux maiiuius me St-Jehan; ien
deux itnmeraintfi sierrant le maison Jehan
Pir(;notte. fl mois de june i303.
8i ]iiT«f sen deux henden 1;'' sient sieret
le tenement , Ro')iert le Blont....
Testament du mois de march 1369.
SnvLT 9 sietist : Il a coutume; ^-
let; siejr , tu as coutume.
SicLE : Yoilc d*un vaisseau.
M^s quant il durent an ver,
Tne fur? <eTtc eurent en la mer;
Fi un v<*?it i)evant eus leva;
Ou** luin del hafne Ips geta.
^jur vt rpi* brusa è fî^ridi ,
Ê tut lur si/^le desrumpi.
JMarie de Frarice y Lai d'Éliduc ,
vers 824»
Signé : Marqué, désigné, scellé.
SiGMFiATicE : Signe, marque, in-
dication ; signiflcatio.
SiHULAGiON : Déguisement, dissi-
mulation, feinte; simulatio,
SiN , im féminin sin , sine : Sien ,
son ; suus, Yoy. Aine.
Li vile doit aquiter de tous coust , de
tous frais et de tou» doiuages ki sont
meus u poroient mnvoir à Foqnoison de
l'archcvcsque de Rains u par aine de le
sine partie, Jakemon Porciel..... et si lors
doit aussi aquiter de Tafiaire de Piiost ,
als et lors clers et ior mausnies sermentés
à je vile. Ce fut fait Tan la^S el mois de
avril.
Grand Registre y cotté Nt,foL 42, f^*.
SiNG , sin j sint : Cloche ; de sig'
num , d'où est venu le mot tocsin ,
formé de tangere et de signuni. Les
anciens n*o:>t point connu de clo-
ches ^ mais bien les sonnettes qui en
SUT
sont le diminutif; leur invention
parott dater du v* siècle, car ki
mots de aimpana et de nola ne se
trouvent point auparavant. Grégoire
de Tours, livre V'j chap. i3, dit
que du temps de Sidonius Apollioa-
ris, qui vivoit en 4^09 les Anver-
gnats usoient de petits singSj êtes
610, c^est-àrdire au vu* siècle 9 eUa
étoient encore rares suivant ce pu-
sage de Vincent de Beauvaîs en soi
Miroir historique , livre XTm,
chap. 9 et 1 o , où il parie de Loopi
évèque d'Orléans. Ispulsando ca»
panas in templo StepluLni, apudSt^
nonas (quo signo eonvocare sdeliit
^pulum} ejcercitum ClotharU,(fÀ
muros obsidione cinxerat , adèo ur*
ruity ut omnes sese in fugam ver-
terint.
Voici une inscription mise m
une cloche qui m'a paru contenir
tous ses emplois.
Laudo Deum verum, plebem ifocoy «on-
grego clerum ,
Defunctos jHoro , Ju/men fugo , fts\a.
decoro.
SiKGLE : Simple; sîmplex. Voy.
ACQtEl.
SrrrYE : Suivre , pratiquer ; sequi;
en italien , seguirc ; dans la Nor-
mandie et le Perche, siuivir.
Ghascun bourgois manens dedens Oisj
doit au seigneur six crouéez , chascone
crouée par un jour en le terre le seigneur
chascun an de ce meisme labeur dont il
vit , et si li sires veut faire faire celli crouée
en aultruy terre , et s'il rebelles ni veolt
aler; s^il est semons par li prouTOStet par
le sergent le seigneur , ly eschevins pe-
vent mettre à ycelluy raisonnable pris , et
lors il converra li bourgois situyrXt dit
d'eschenns.
Chartre de la commune d^Oisy, du S des
Kalendes de mai la 16.
Sit : Suif, graisse* y. Candaille.
SOE
SoBiBiAS : Dessus ^ par dessus ;
tuperius,
SocfiiKE : Société. Pain àsochi^
nés , pain que différents particuliers
cuisent dans le même four , et qui
n^étoit soumis ni au poids ni à la
taxe.
A tous ceulx Eschevins de la ville
le Douai les boulaugers nous ayant
»pose qu^ils ne pouvoient faire cuire pain ,
BDon au pris ordonné par les esgards du
narchiet au bled , ce neanmoings que plu*
deur« de ceste ville s^advanchant de cuire
[tain à..sochiites et en pareil, vendre et
iStaler pains de toutes sortes tant en leurs
BÛsoiis que es placts et rues publiques ,
MHS observer le pris. i3 janvier i585.
Registre aux Edits ,fol. 198.
S0DEUR9 soudéer, soudeur : Che-
(ralîer, homme de guerre qui est à
La solde d'un seigneur ; de.solidus.
Cil eurent envëié avant ,
Un esquier esperunant ,
Qui Paventure lur raustra,
£ deF soudeur li cunta.
Marie de Frajèce , Lai d'Eliduc y
vers TLlfi,
Je eîm le novel soudéer
Eliduc li bon chevaler ;
Uncques à nuit n^en ai repos ,
Ne por dormir les oils ne clos.
Même Lai, vers SSg.
SoBOiRÀirr : Séduisant, aimable.
Trop par est vuide et trop est vaine,
La chetive vie mondaine ;
N'y a fors que travail et luîcte ,
N'y a fors que paour et paine ,
De toutes les misères est plaine :
C'est Fombrage qui sa desvite ,
C^est le temps qui toujours annuité ,
C^est Tarbre qui tost se defiruicte ,
C'est ly espis qui point ne graine ,
Chose sodoirant et sous duicte ,
De grever tous ses âmes duicte ,
£t à ses prouchains moult vilaine.
Trésor de Jehan de Meung, vers 1^34*
SoBL : Sceau 9 cachet; gigillum;
SOL
281
d'où soeller : Apposer son cachet,
sceller.
SoER : Sœur» F'oy. Dovblier.
SomskvcEjsqfisance : Suffisance-
L'ung ne demandait riens à Pautre,
Quant Barat vint lance sor fautre ,
Et pecbiés ot ma]e aventure
Qui n^ont de snjffisaiice cure.
Roman de la Rose, vers 9666.
S0FFEETEU8 , sofretéus .* Pauvre 5
malheureux, indigent.
SoFiMB : Sophisme 5 argument
captieux ; sopliisma.
SoicH , au féminin , soiche : Sec,
aride 9 desséché ; siccatus.
SoiLB , saille : Seigle. P^> Tibesain
et Kanebuise.
Soldée : Valeur d'un sol.
Et que nulz poissonniers ne ame de leur
partie n'acatte poisson de doulche eaue
pour yaulx ne pour aultruy , moins de
auarante soldées artiziens sur le fourfait
e 100 Jiv.
Ban du poisson de doulche eaue ,
XV* siècle.
Soldée : Résoudre , d'où le par-
ticipe solu : résolu; de solx>ere.
Je ne se'usse soldre très-bien cest argu-
ment,
S^il prëissent les cors sans antre émolu-
ment ;
Mes nul , tant saiche bien jouer de Pins-
trument ,
Ifara , s^ii ne leur donne , avec euls mo-
nument.
Testament de Jehan de Meung ,
vers 937.
S0LEMPVEIJS9 sollempneus : Célè-
bre , de grande réputation ; d'où
solempneusement ; d'une manière
solennelle ; etsolempnité; solennité)
grande fête.
SotEtiiîi y solers : Souliers ^ chaus*
sures; de calceus.
s84
SOY
8PI
suàicgcre, en bas. lat., subtile, sorte fenores d^eanwe qui sont es yentéllesii
de tUDÎaue. baille de cette ville : que «{uelaues-om
" " des BIX hommes ayant portnon es tatres
Par grand hideur fa aoutilUe^ moulins, les tiennent ferme'es. Le consefl
Et SI estoit entortiUëe déclare qu'icelles soyères n*ont jamais
Hideusement d'une toaille. este ouvertes que la nuit de St.-Jehan de
Roman de la Rose ^v. j/^^ chaque aniiée seulement; que si on le
permettoit plus souvent , ce seroit au pré^
SovsTEBnr : Souterrain , qui est judice de la chose publique et de k
sous terre ; sublerraneus.
Por vous sui en ])rison mis
En ce celier sousierin
U je fac moût maie fin :
Or m^i convcnra morir.
Fabliau d^Aucassin et de Nicolete^
pag. 39a.
South : Le Midi , le Sud , le Pôle
austral.
A - tant s'en vait Abraham hors de
Ef^'pte , cil et sa femme à totes riens qu'il
out , et Loth od lui à la partie viers le
souùi.
Bible y Genèse , ch, XIII , v. .
grande rivière qui seroit du tout emofie
au moyen du selin qui y verroit (nn<
droit ) cheoir des ravines et petite» n-
viéres et préjudiciable , grandement m
manans ayant leurs planqniers sur ioettei
riTiéres. a aôust i5a4.
Reg, aux ConseauXy yW.65.
SozpLÀHTCA : Supplanter, rejeta.
SozRiANT : Souriant.
Spatieb : Promener.
adresse.
SouvENTEFOis : Fréquemment ,
très-souvent.
Souvenue : Mémoire , souvenir.
SovENiÈREUENT : Souverainement.
Aiez en mémoire
Les vers de ceste estoire
Souenièrement f
Choses i troveras
Ke eschivre devras
Par mun enseignement.
(IL
h
Petit lehan Breton, homme de ghene...
cstoit venu en le bonne ville de Doua/,
pour s'y rabituer et recréer y comme £»t
joumeliemeut gentilz compaignons , d»
Ascendit ergQ Abram de Mgyato , 4"^ advint que sur le serain ainsi qae à
ipse et uxor ejus et omnia quœ hatebat neuf heures, s'en vînt juer et spatitr tar^
et Loth cum eo , ad anstralem plagam. tour le visnette, tellement qu'il cil m-
cune parolie à un compaignon de ledite
SoUTlVEE : Faire les choses avec bonne viUe , estant de la garnison, et fut
féru en le poitrine.
Testament du darrain Juing, ilfii.
Spàtiosité: Augmentation, agran-
dissement. Voy. Ràgbakgeuent.
Spirituaul : Spirituel , qui tient
à l'esprit ; spiritualis. D'où spiri"
tuaument, d'une manière spirituelle;
spiritualiter et spirituauté; spiritua-
lité ; spiritualitas,
Voirs est que li prélat dé sainte Eglise
Éuerard de Kirkam , Distiques de «* ^^ chapittre des Eglises , et plu
Caton . fnl. ann . h cnl^n tres religions ont bien hiretages_cj
Caton y fol. 207 , y^ coL 2.
Liiez an-
_ cxquieZ)
ils ont toute justise et toute' seigneurie ,
SoYARDE : Scie, instrument de et chil qui en telle manière les ont puent
charpentier. ^f '^ ^^'' ^«*"*' ' P/^f *' ,** ««nf^^Pg'
* fère che qui appartient a la laie junsdi-
SoTÈRE : Écluse. tion , et se il avient c^s qui appartiegnent
*yr^„ . 1 «««„« jîA««««, «• à la spirituauté en ichaus liex la cou-
Monseigneur le gouverneur d Arras ex- ^^^j^g^^^hc apartient k rÉvéquc.
pose qu il a deux niouliDS a eauwe , pour """'«•"^"*' "f"' 1 ^
lesquels fournir suffissaraent deaue se Coustumes de Beaut^oisis,
ouyroient passé longtems deux soyères et cA. XI , f?. 67.
s UI
SprsE : Femme 9 épouse; sponsa.
Jeo sui sa spuse vereiment
Mut ai pur li mun quer dolent ,
Pur la dolur ke il menot.
Marie de France , Lai d'Éliduc ,
vers 1097.
Stiek : Setîer, mesm^e au vîn de
{uatre lots de Douai, ray. Muta-
ÏStil : État , profession , art. Foy.
MÉET.
Stultveb : Folie , chose ridicule.
Voir, qui youdroit prendre Targent
Commun et Tor , puis en mercure
Les remettre , seroit slulture,
Kicolas Flamel y Traicté d'Alchjrmie ^
vers 5 16.
Stcy : Celui. F'oy. Ostiyez.
SvBGiET : Sujet 9 soumis; subjec"
tus.
SuBBASTATioN .' Enchère 9 encan ,
proclamation faite par un crieur
public.
SvBséANGE : Surséance.
Succédée bien : Réussir ^ être fa-
vorable à quelqu'un.
SvcvR , sueurs : Aide j besoin ,
secours. F', Bonevoulance.
SiTEYEB 9 lisez s'uevre .* Son ou-
vrage.
Suffisance du gouvsevea : Le
grand art et la science de bien gou-
Temer , de bien administrer.
Suiant: Suivant, allant après;
sequens.
f oions en combatant , combatons en
fuiant ,
Et espérons que Diex nous va de pré«
suiant :
Et s^il tarde aucun pou , ne nous yoise
ennuiant ,
Aios soions viguerous contre le sondoiant.
Testament de Jehan dç Meung ,
wers aoyo.'
SUP
aSS
SuiTEEssE : Servante 9 gouver-
nante.
Testament de demissele Marie Lasonne ,
dit TEutailleresse, jadis suitresse k Mes-
sire Jehan Pappegay , doiien et canone de
S'.-Amë. Du 17 march 1426.
SuMUNTER : Surmonter , s'élever
au-dessus.
Quant tu auras poer
De autre sumunter
Dune veineras par suffirance ;
Kar de estre pacient
Est grant afietement
Ki meint home avance.
Everard de Kirkam , Distique^
de Caton ,fol, 101 , jK* col. 1 .
SuMUNSE : Avertissement y som-
mation 9 commandement , injonc-
tion , ordre 9 invitation ; submo-
nitio.
Cil virent Elidnc mnnter ,
Par les osteus se vient armer ,
Fors de la porte od li eissirent y
Que sumunse ni atendirent.
Sire , f unt-ii , od vus irum
£ ceo que vus ferez ferum.
Marie de France , Lai d'Flidue ,
vers 162.
SupEEFiCE : Enveloppe 9 exté-
rieur; superficies. Parlant de la
toilette des femmes:
Ne porlorluisans5u;7e7y?ce5
Dont eus resembient arte6ces
Ne por chapiaus de fleurs noveles 9
Ne lor semblassent estre bêles.
Roman de la Rose, v. 8975.
SupEEVE : Qui est né depuis ; ^u-
pernatus.
SUPPELLATIF9 au féminin suppet'-
lative: Céleste, par excellence.
Car Marthe mena vie active ,
Et Marie contemplative ,
Dont tout le monde enluminastes y
L'une fu vie positive ,
Et Pautre fu suppellative :
Dieu vivant tel vie menastes.
Trésor de Jehan de Meung ,
vers 995.
986 TAB
Sut : Le gr^nd désert de TArabie
Pélrée.
Svi-ÂÀci^ sur-oagié : Très-vieux ^
chargé d^années.
SvKFETos : Qui augmente , qui
amplifie, qui surfait, f^oy. Gan-
€LBOK.
Sus : Ainsi 9 contre 9 vis-à-vis ,
sur, au-dessus; super. Courir-sus,
marcher contre ; saillir sur piez ;
se lever 9 se tenir debout ; mettre
sus; organiser, établir, dénoncer,
accuser.
SvsPBis ( en ) : En suspens , sans
savoir à quoi se résoudre.
Par ceo les descunut li Heis ,
Si fu en dute é en suspeis ,
Les portes camaude à fermer ,
£ les genz sur les murs munter.
Marie de France , Lai d^Eliduc »
ver* a38.
Sustentation : Nourriture, entre-
tien, f^. Cagbmbiit.
TA B
. Sinnv , au féminin^ mtive : Tin,
adroit, subtil; subtiUs. D'où nt-
tillée ; adresse , subtilité , finesse;
subtilitas. Y. Agvtib.
. SunvBMBKT : Adroitement , subti-
lement , finement ; subtiliter.
Une pur rien que il yélst ,
Joie , ue bel semblant ne fist.
Ne jamés joie n'en avéra y
Desi que s'amie verra ;
Mut se contient sutii/ement ,
Se feme en ot le qaeir dolent »
Ne sot mie que ceo deveit,
E à sei mesmes se pleigneit.
Marie de Fratice, Lai d'ÉUht,
vert 721.
Stdoivb : Sidon , ancienne ville
de la Phénicîe en Syrie.
St : Comme , ainsi de même.
Vingt moids de bled y tant de resta
comfaie de censés , sjr quHl appot ci
Testât dont chuys comptes naist.
CompU de l'hospital du Wek^
de i53o.
T.
Tabelet, table, tablet: Petit ta*
bleau , image , portrait ou reli-
quaire qu*on donnoit à baiser pen-
aant la messe. Morceau de toile ou
de bois préparé pour recevoir une
peinture; de tabula.
Oisiaus prives , bestes dom esches ,
Baceleries , dances , tresches ,
De bêles dames bien parées ,
Bien portrétes , bien figurées ,
Soit en métal, en fust , en cire ,
Soit eu quelconque autre matire f
Soit en taules , ou en parois ,
Tenans biaus bachelers as dois y
Bien iigurés et bien por trais |
Jk por figure ne por trais
Ne les fera par eus aler j
Vivre , movoir , sentir , parler.
Roman de la Rose y v. i6a59«
Je veuîlt estre enterra prés da A
Robert , mon premier marit , en le di-
mentiére Saint-Pierre au devant de ing
tablet de mabre là où est la représenta*
tion du dit Robert
Testament du 10 a%nil 1447.
Item, Je donne à ma niepce , scmt
Jehanne de Montmorency , un tabeUt de
le nativité Nostre Seigneur.
Testament du la mai i5i8.
Table ( jeu de) : Cet amusement
est fort ancien , puisqu'il en est faK
mention dans Grégoire de Tours t
dans Frédei^aire, dans Aimoin et
autres bistoriens. C'étoit une espèce
de li'ictrac ; et Ton se servoit de def
pour en jouer. Gueulette , dans sei
TAB
otes sur le Roman de Gérard de
revers 9 Jault 9 dans son édition du
dictionnaire étymologique de Mé-
lage ; les divers éditeurs du Roman
le la Rose , et de poésies anciennes
e sont trompés , lorsqu'ils ont dit
[ue c/étoit le jeu des dames d'au-
ourd'hui.
On donnoît aussi le nom de jeu de
\able aux tours d'adresse ^ au talent
i'escamoter. De là tàbleteur ^ au
réniinin tableteresse , pour désigner
les joueurs de profession et les fai-
seurs de tours , les gens qui amu-
sent le peuple sur la place publique.
Bien sai joer de Tescanbot ,
Et faire venir Tescharbot
Vif en saillant desus la table ;
Si sai meint beau jeu de table.
Fabliau des Bordéors ribaus.
Un {our demanda (Loois IX} que le
comte d^Anjou faisoit , et on li dit que il
jouoit aus tables à Monseigneur Gautier
d'Anemoés ; et il ( le Roi^ ala là tout
chancelant pour lafeblesce ae sa maladie ,
et prist les dez et les tables et les geta en
la mer , et se courouça moult fort k son
frère de ce que il s^estoit sitost [>ris à jouer
aus deiz : mais monseigneur Gautier en
fu le miexpaië , car il jeta touzles deniers
qui estoient sus le tablier , dont il Y avoit
grant foison , en son geron , et les em-
porta.
JomuiUe , Histoire de Sainte
Louis , p. 85.
Tables : Tablettes à écrire , l'en-
droit secret de ces tablettes; de
ladula.
Et s^à eus ne poés aler ,
Faites i par aucuii parler
Qui soit messagiers convenables ,
Par Yois , par ietres , ou par tables ,
Mes jà B^i metes propre nou ; ^
Jà cil n'i soit se celé non.
Roman de la Rose y v. ^SSo.
Tablier , au féminin tablihre :
Pensionnaire payant sa taUe ; de
iaùuia.
TAI
5187
Cliez le docteur Ferrarius» trois ta-'
bliers.
Recensement des habitants de
Douai en i66a.
Jacques de Montmorency escuier , fils
eagé du seigneur de Malboutry , compa-
rant en balle , a consenti que le oours de
la rente de quarante florins dix-huit patars
trois deniers obole à lui deue sur le corps
et communaulté de la dite ville , soit
convertie au paiement de la table et nour-
riture de demes Loyse de Montmorency
sa sueur tablière à Tabbaye de Nostre
Dame de Beaulieu -lez-Sin , depuis le
a8 novembre 1610.
Registre aux Mémoires .
Taillant (moillin à) : Moulin &
aiguiser toutes sortes d*outib ; espée
à un taillant , épée à demi-espadon.
V. Barbetèees.
Don à rente durant trois vies à Jehan le
Bobert ouvrier de taillant du moUin de
taillant assez prés du pont à Terbe à
Toppositie de ung aultre molin à bled, va
payant huit par an.
Taillaule : Sujet à la taille^ qui
paie la taille. V. Pocsié.
Taihdre : Gbanger, devenir pâle >
perdre sa couleur ; tingere.
Quant li Priés est repairiés
Sa huge ouvri por dras ataindre ,
Mais li vis li commencha à taindre
Quant le Prestre illuec a trové.
Fabliau de la Longue Ifmlf
vers 904*
Taiiidib ek gjrainb : Consolider ^
assurer 9 rendre immuable.
Amour d'omme en vers famé n^est mi*
tainte en graine ,
Por trop pou se destaint , por trop pou se
desgraine ;
Car se li boms n^a fimie vive , servant et
saine.
Testament de Jehan de Meung ^
vers 437-
TiisxEiUBB: Potier d'étain; d»
a88 T B H
ttamnum. TiUntenier s^est dit aussi
pour teintivier ; tinctor.
Tamboubih : Tambour, homme
qui bat la caisse ; de l*arabe tambur.
Bon Dubon et Nicolas Wenrlin tom-
kourina de la compaguie Pierre Lemire.
KisitU des maisoiu de la
X« Compagnie i6o5.
Tartiesmi : Trentième , le nombre
trente.
Taab : Défectuosité, décliet.
Tabque , tashieu , tasquieu : Td-
che , devoir, besogne, ouvrage con-
venu. Voy. Advalvi.
Las , or est coio
La bone vile où je véoie
Chascun d^onneur faire taskieu,
Li Congié Adan d^Aras ,
vers lag.
Tavkchea : Tenir taverne, fré-
quenter les tavernes ; de taberna.
Gomme au traicté de mariage entre
Thomas Hongnars et demissele Jehene
du Clerc , deJFuncte demissele Marie^ de
Pives, mère de ladicte demissele eust
donné à ycelle le moitié de le maison.....
où elle demeure où lesdits con joins pou-
rront demourer pendant quatre ans pour y
tavretïer , marcander et faire tout leur
boin pourfict , avec ce tous les hostieux
servans au fait de taverne , est assavoir ,
nappes , pots , mesures , hanaps , bans ,
taules et autres coses que leur preste par
le terme de quatre ans.
Chirographe du i^j Jëurier iSqo.
Tate, tayen : Grand'mëre,
ayeulle. Voy, Sarcus et Esgaib.
Telle : Écuelle , vase de Derre
dans lequel on dépose le lait pour
en tirer la crème , espèce de ga-
melle ou de terrine plate. Voyez
^lAGE.
Temples : Les tempes.
Temporiex : Temporel , qui ne
dure qu^un temps; temporcUiSm
TEN
Et lor ajoute à darapnement
Larreciu et parjurement «
Avec toutes antres durtës
Dont chaacuns est griement hurt
Ce que mort ne vot mie faire ,
Mes ainçois les en fait retraire ,
Et si lor fait en son venir
Tous temporiex tormens fénir^
Roman de la Rose , i;. 8^
Tbmpioiks : Sorte d'outil. V
Meube.
Tendaeua: Mollesse, tendre
Tbhellbs : Pincettes. V, Ahs
Tbnéuis : La voix de taille <
ténor.
Temia : Estimer , penser ,
sumer , croire. — Aultres y
qui tiennent que ce fust Kon
qui fonda Rome.
Tenir de MAaiEa : Rester v&
veuve, y. Retenir.
Tenrrement : Tendrement ,
tendresse; tenerè.
Quant li malades Pesgarda
Du cuer soupira tenrrement ,
Et dist molt escorde'ement :
En cest est ma vie u ma mort ,
D^autre ne puis avoir confort :
Qui de ceste saisi m^aroit ,
De toz mes mauz gari m'auroit.
Castoiement , Con
vers 124.
Tententb , lisez t'entente : T<
tention.
Tentorie : Tente, pavillon
torium.
Et Ada engendra Jabel que fust 1
des pasturs habitauntz en tentoria
Bible Ms. #*» 7601 , c
ver, 20.
Genuitque Ada Jabel , qui Jui\
habitantium in tentoriis atque pas
Tenvre : Délié , menu y dd
tzi il s*
TER Tin aSg
TiBCHivL, terchoeul: Son 9 ce qui Teesoir^ tersouer, tersour: Mou-
reste de la farine après l'avoir ta- choir 9 essuie-maiu, serviette^ linge
misée. Foy, Brassih et Càugquier. propre à essuyer ; de tergerc.
Que nulz masniers n'acate bled , ne Car jadis li messonneour
terchoeul, ne se entremette du fait de O eus porloient un teroour
marchandise de bledt sur estre empri- Dont ils terdoient leur suour.
sonné et 5o liv. à Tissir. Miserere du Reclus de Maliens.
Ordonnance sur les Mousniers r^ ^ ^' • ^ï i- r*i.
jg j/3_ iBSsiER, lissier, thelier : Tisse-
rand de toile. Voy, Fillitier.
Terme f mettre en ) : Mettre en t-.»-,. „««,„„«.. . t? x * * .
JIA1-UX «*-i ^^*i ^ \ i« Ai» Testamenteur : Exécuteur testa«
délibération , soumettre à la dis- ^^„f^. ^ ry^ ic „- . ,.A
. mentaire. Kojr. IHibnt-aijtres et Oez.
ai juUlct 1473 , fut mis en terme corn- ^ESTiN , letin : Le bout de la ma-
«sent plusieurs gens s'entremettoient du nielle.
Mt de marchandise en ceste ville , est ThibÉrudE : Cafte hydrographi-
"■"**^ • , que.
Reg, aux Consaux, fol, ^S, r^ i o ^ l è» i 1, ,
^ ^ £t le a8 octobre iSgo, les députes
TbrmwahCE: Bdme, limite; ter- d'Arras présentèrent un écrit , ensemble
deux chartes (cartes j et tm6eriaae« dres-
minatio. ge^g sur ja caducité de ladite navigation»
Terminé : Certain , assuré, décidé, proche de la ville de Douay , sans entrer
* Terminéement : Définitivement • ' ^ r^^ tj-
décidément. ^"^* ^"* ^^'"^"' ' ^^'- 7i , r-.
Terminé : Débarrassé , quitte , Thibers : Nom donné au chat par
acquitté, affranchi. nos anciens poètes , et particulière-
^ • i* •* V 1. •« • -»v u^v A^ ment dans le Roinan du Renard»
Guer quice fait n'iertja SI embaboïnes **•**.
D^amour ne d'autre vice , tant soit enra- ThieuUE , tieule : Tuile à couvrir
cinés , ..!.»• ^es toits. Foy. Esteulle.
Ou en asses petit d eure ne soit enlumines
Et de sa maladie garis et terminés. Thoidz : Toit , couverture de mai-
Testament de Jehan de Meung , Wn ; de tectum.
vers 2044 • A condition que le dit acheteur ne polra
m ^ . rx » • ^^^^ liulz thoiaz au boult de ladite cour
Terreus, terrien, au témmm etnuUes vues ayant regard audit gardin.
ierreuse, terriene terrienne : Ter- y^^^^^^ . .„ .,^ ^53^ ^ .^^^ ^„^
restre , qui tient de la terre ; ter- ^ctes , JhL 148.
Terrieh • Pronriétaire de terres Thoiiette , toilette: Batiste, toile
lERRiEN. Propriétaire ae terres, fi^edelin. Foy. Ourmiilage.
41 V mens ruraux.
. ^ , , , , „ , j Tierchon: Tiers, troisième partie
A Grard de Lanelc , collecteur des ,, . - df- fer
.tulles et «des, k Sin pour le portion ^^ '®"*> ^^ '^•
d'une aide accordée où temps de ce compte Ladite Peronne Lecarlier apporte au-
par les manans , habitans et terriens dit mariage un tie rcAori qu'elle a séant en
cncelle ville , à monseigneur le duc de Peschevinage d'Orchies , à prendre en
Bonrgongne , comte de Flandres , 36 s. deux demi-bonniers , allencontre de ses
Comvte de Vhospital Saint-Jean ^^^ •«""*
des Trouvés , de 1460. Contrat de marias^ du 10 mat x444^
111. • V
•90 TI& TOL
TiEiG POINT : Troisième degré.' Tihpàii , timpane : Tambour; tym-
Lesdits exifcuteuT» mettent en denier» P^^wn. Voy. Oac^HOV.
comptant 60 liv. de parisis en la main de TiMTiBB : Fabricant de lîretaîne.
friirneur Jehan de CanteJeu.... pour donner /c •. j 1 •,.,.• 1 ^
et départiras parents et as parentes dudit (Sutfe de la Citation employée au
Jehan de France jusque* au tierc point et mot CàNENB. )
ment plus. Et si ne mece pus homme ne feme boare,
Délit^iiee des exécuteurs du ^g flocon, ne laneton, ne gratuise de
testament de Jehan de pgaus , ne estontiére batue ne k balre, et
France , du 7 jum i5o6. li onkes feroil tiretaine U ù U eust mesié
• # • « auvœc auqnne de ces coses , il perderoit
TlERIsniï : Propriétaire de terre. tote le tiretaine malvaise et boine toaten-
A Jehan Foufelin, collecteur de le taiUe ••'^l* ' ?* *î**'?,'î: "'î ^P^^^^ ''%".u' '*
du prince à Sin pour le procuration du- «î/"?' '^'l Çî*?' tireUme ki ne fustboine
dit hospital de une aiàe accordée oh «tloialsetkin'eust deux aunes de Ur««
tamps Je ce compte, par les manans, «fros...... ilseroit en forfait de lolif.,
habiUns et tierestem cfe ledite yiUe , à «' F^^^àtoit sen mesUer un an.
notre très-redoubfé seigneur et prince Bam des lïretaines , de i^
monseigneur le duc de Bourgogne , comte
de Flandres , a esté payé , pour neuf ra- TiSIQVB : La phthisie 5 maladie de
•iéres de terre , 20 s. 4 d. laugueur , et phthisique , qui est
Compte de la Bourse commune attaqué de la phthisie ; du grec^(^
-TiEKME : Délai , terme. ToELUi , touelle ( courte) : Nappô
TiEESAiN (blé) : Mélange corn- de toile non ouvrée,
posé d'un tiers de froment et de J^^ 4?"?« ^ Alixandre qui fu fille W-
deux tiers de seigle. chaiseLefevrc un ht de un quartier estoffc
W.XAJK •. w o %«^ o^. g V jg kouque , de keute , de kavechil, de
Saiche tuit que pardeyant nous vint en deux paires de lincheulx y un orilliet,BB
propre personne Messires Jehans , sires keuvrekief et une keutepointe, une nappe
de Monciaus seur Perron , cheraliersy de deux annes et demi , et une longhede
et reconnut que Messire Ansîaus trois annes , une courte toelle de trois
▼endit à Aubri de Brissi , bourjois de annes , et six annes de toelle pour faire des
Laon , dis muis de blé tiersain à le mesure kemises.
de La Ferté , en tele manière que les deux Je donne k Jehannette, fille Hennin de
pars soient de soile , et la tierce partie du Goy , fil Jaquemont, deux nappes et deox
froment. wiurtes toueUes des meilleurs.
Titre de Vhospital de Nostre^Dame Testament du a6 janvier i35^.
de Laon , de Van 1216.
T01GHB& : Toucher 5 prendre avec
TiESTE : Tète. Foyez Cohme. la maiu.
TttTiER : Conférer, causer, parler. Toie : Taie , toile d'oreiUer. Voy.
Voy. CORDAMENT. QuiETY.
TiREGHEc : Poulet qui est le der- Tounier, tordier , tonloier , ton-
mer éclos dune couvée; le poussin nelier , tonnelières : Receveur du
d une poule. tonlieu , ou des impositions que de-
TiRETAiiiE : Étoffe grossière dont voient les marchands forains pour
la chaîne étoit de lin ou de chanvre le débit de leurs marchandises. Vof^
^ la trame de laine. Foy. GAn«NG« Utts fit Faouyakcs.
T OR
T0BIBEAX9 tombel^ tonbel, tumbel:
Tertre , colline , hauteur, éminence,
élévation , tombeau , sépulcre ; tu-
miUus ; du grec TVftQos*
La Duschoise ert dolente assez
Quant le tombel vit atornez \
N'en ose plorer , ne duel faire
Quar li Roi& crt trop de put-aire ,
Icei jor fu &lz le tomheax
L'endemain i vint li Damoiseaz.
Roman de Floire et Blanchefor ,
fol. 198, JK'»co/. 3.
ToNDv (estre ) : Avoir manqué une
entreprise 9 avoir échoué dans un
projet.
ToNiEL : Tonneau, ^oy. IUke-
BIÉ&BNT.
ToNiEU , tonnieu : Droit d'entrée
et de passage sur diverses marchan-
dises.
ToKHE : Égoût , décharge.
Le jardin de ladite maison tient au jar-
' din par derrière , de Pierre Delemotte ,
dont les eaux vont en une tx>nne du loing
le jardin dndit Pierre Delemotte , sans le
pouvoir empescher.
Reg, aux Testaments,
i5 janvier 1616.
ToEMEKTÉOE , tormentcouT : Qui
' tourmente, qui fait souffrir ; le Dé-
snon ) le Diable.
Braire , crier , huler, complaindre
£t forsener, maldire , et plaindre,
Est ly usaiges des dampnezj
Car leur feu ne se puet estaindre
Ne leur tormentéours refreindre
Qui les tiennent enchaiennez.
Le Trésor de Jehan de Meung ,
vers 1457»
TosQVEs^ torquis : Sorte de col-
lier que les dames portoient au
col^
TOO tgi
ToESE : Trajet , course , traite.
TosT : Sur-le-chanip, aussitôt.
ToRTEEOLE I Tourtcrclle. f^oyez
KOIETEL.
TouCQUiEE , touquier , tousquier :
Toucher , prendre avec la main.
Et pour tous les cas qui touquent au
Roy et pour che que il est souverains par
desseur tous , nous le nommons quant
nous parlons d^aucune souveraineté qui ^
li touche.
Coustume de Beauuoisîs y chap* XXXIY^
pag. 181.
Gomme en temps passé ils eussent ven-
du cascuu en droit soy ci autant que tou-
quier leur pooit , pour neuf vingt frans.
Chirographe du i^féurier i4oa.
TouMEREAu , tumereau : L^une de$
pièces d\m carillon.
TouQUEiT ( à plain ] : En mûre dé-^
libération.
TouQUET : Angle, encoignure ,
tournant. P^oy> Meulin.
TovE : Tournant) angle , coin de
rue.
Ki metteroit estai pour cose nule ven-
dre encontre le maison Gillain Masenghe»
au tour de le rue de Belain , si comme oi|
va à Saint-Pierre , il seroit à 5 s.
Ban du mou déjeuner i^6m
ToviBU : Trouble^ mouvement;
de iurbado.
Et fut crié où Heu et pour la manière
dite et ne vint avant aucuns durant iesdits
jours doudit cry oui plus donner en voul-
sist ne qui où uit vendage mis aucun
tour6/e, contredit,!^ emjpeschement et
ainsi demoura le oHché terme audit Ja-
quemart.
F'ente du aa novembre 1377.
TovBEULB : Espèce de fourneau ,
nu-dessus duquel les brasseurs fout
0cher leurs grains germes.
)9a T R A
TouaiLLCR : Faire sécher le grain
germé sur la tourelle.
TouENiGLE : Tunique. Voy» Diàque.
TouBSEL, toursicl, toursiau : Bal-
lot composé de dix pièces de draps,
ou de cent cinquante livres pesant
de marchandises. Voy. Plate.
TovATEAV, tourtel : Marc de graine
grasse quand on en a extrait Thuile,
et quUl a acquis -par la pression sa
forme et sa solidité. On s'en sert
pour nourrir les bestiaux , et pour
fumeries terres. Foy. Pabque.
TouBTEAU , tourtel : Galette , gâ-
teau plat , petit pain , diminutif de
tourte, grand pain bis fait en rond,
qui est en usage dans le midi de la
France. Dans la Champagne, et
principalement dans les Ardennes ,
on donne le nom de tourtelets à cer-
tain petit gâteau que la ville de
Rhétel se flatte de faire d'une ma-
nière parfaite. Dans les règlements
de l'hostellerie de F alenciennes , on
Toit que le tourtelet étoit une pâtis-
serie fort estimée, et d'un prix assec
élevé.
/lent , k la maistresse , à la meschine et
{>ortier , pour leurs tourtelets , xxx sols
tournois.
On jugera du prix accordé pour
l'achat des tourtelets , lorsqu'on ap-
prendra qu'à la même époque le lot
de vin , contenant deux pmtes de
Paris , ne se vendoit que quatre sols.
Tousé : Tondu.
Tous ses membres jusques au faste',
Piez et mains , bras , coste et teste ,
Furent tuit de sanc arrousé
Pour laver sa gent et sa geste ,
Qui par leur coulpe manifeste
Estoient par-tout si housé ,
Et si ort , et si embous^ ,
Que se le sanc dont dit vous é
W fttftt » jawaljs $ain A'çuist %%Xi ,
TÏIÉ
N'anx nopces du saint espousé
N'entrast iiomme rez ne tousé ,
Pour prière ne pou« requeste.
Trésor de Jehan de Meungf
vert 347*
Tbage, trache : Route » chemin.
Tbageboh : Espèce de bague de
dévotion , dixain.
Item, donne à le femme de feu Enge-
rand Piliatte , un traceixtn de ptrtrenoste
d'ambre , à an bouton de perles.
Testament du la décembre i38i.
Tbaf, tref: Poutre, solive, travée;
trabs,
Tbaibub, trayère de vin : Tireur
de vio, marchand de vins en détail.
U donne as compaîgnons traieurs de
vinà broque» pour boire ensemble , après
quULs auront porté son corps à se sépul-
ture , 100 s.
Testament du m, Juin i4oa
Vente d'une maison , en lequelle de-
moura d'anchiennement Jakes Dormans,
trayères de vin , se'ans à Deuyeul. 4 juin
i383.
Tbairiavs, tramis : Sorte de filet
pour la pèche.
Tbaquebovzes : Bottines de draps,
sorte de guêtres.
Une paire de trttquehouzes ou bottiott
de drap d^Angleterre. at mars 1606.
Re§, aux Mémoires de lavilk
de Douai ,/bl. 2.
TiiAimÉE : Troaée , percée , ou-
verture.
M' Yaast de le Rachie s^oblîge de payer
chascnnan k Paumosne de ceste ville trois
sols douisi^ens , lesquels se prendront sar
son héritage , pour certaine tranwée faite
par ledit M* , et de Tusance qu^il prend
an mur de. pierres de Tanchienne forte-
resse de la ville. Du 9 novendire iSo;.
Kee, aux mémoires ^foL 109,
T R E J R E 293
TkàVERSEINE : De travers 9 de côté. Ion , Brac-de-fer , et Colart de Gommes ,
Voy, BOUGBE DE CELIEA. *' *^ tremhaisèi^nU
r^ t ^ ^ - •'^^o • ^"^ Bans et Édits y fol. lO,
Trb : Corde , cordage.
rr TiT * r . X. Tremeur : GraÎDte. tremblement,
Tbecie. : Nater , faire un tissu ; ^^^^. ^^^;^
tresser les cheveux, les relever avec -, \^
un peigne, les attacher avec un Trenquis: Coupure, section. To^.
ruban ; d'où treçon j ruban pour *'*^^*
tenu* les cheveux. Trewtkux , trentier : Chose com-
Q»«,- j' ,«« ^x. ^ 1* 1. * posée de trente : trentaine, nombre
s ai d une cho«e moult bon tens * j » ^ .
Car k nul riens je ne pens °® trente.
Qu'àmoi joefetsolacier, Se les famés «rovassent leurs maris si
Et mon chief pignier et trecier, entiers ,
Roman de U Rose , v. 5oo. SJ«« ^} «poîassent espoir plus Tolcntiers;
Mes si-tost com h cors en gist sur les
M'ayJs sor cliief , sor cors, sor hanche, . chantiers ,
C'une coiffe de toQe blanche , ^ P^?« "«>"** ^"'« po' * *™« ^«"* ^^^
Et les treço/w yndes ou vers tiers.
Espoir sous la coifie couvcrs. Testament de Jehan de Meung ,
Roman de la Rose , v. «goî. . '*^' "^'
Elle veut qu'après son trespas il soit
Treillie : Fenêtre garnie de bar- célébré un trenieux de messes.
reaux de fer ou d'un treillis de fil Testament du i**" ootohi^ x5o4.
d'archal. F'oy. Porlikciier.
_ m 1.1 ir • Trehie : Actiou de tirer à Tare ou
Tremiltdr : Tremblement, effroi, ^ l'arbalôtre. Lieu où l'on lire de
cramte, frayeur, épouvante; trt- y^^^ y^^^ Sarchke.
Tresbvgheiz , treshuckement s
Quant jo rais la main al puchier Chute , action de tomber.
Tut le firmament vi troubler ; „, _ ^ -
Quant foi nuchië , lor vi dubler. ^ RESCHEUR : Danseur , amateur de
Celé tremblur en quatre doubles danSC.
E si fudmUtanznoir.è troubles. Treschier : Tresscr , faire Un
Huon de Meriy Tournoiement tiggu ; àu figuré , travailler , se
d'Antecnst , fol. 214 , /î« donner de la peine , intriguer. Foy.
col. I • nn
Tregier.
«
Thekce , trencJie : Taillé , coupe , Trescieks : Très - savant , fort
brisure , fracture. instruit.
Tbelle , treille : Corde servant à Je sçay par vostre enseignement
tirer les bateaux ; d'où treilleur , ti- 9»*>n ne doit praticaWent
1 Piir Hp hatPaiiT Vnv Cbinclk Suivre les dictz des anciens ,
1 eur de DateaUX. #^ oy. L.HI^CLK. ^^^ philosophes tresciens ;
TreMBAKER (si) : S'embrasser ré- Ains seulement leur théorique
ciproquement , se donner mutuel- fâtî" «^/eHst^dVe .
lement un baiser. gj q^i ç^l Nature réale.
En Fan 124? » en-mi avril , en le halle La Response de Vjllchymisie à
devant eskevins , pais fut faite entre Gil* jSaturcy v. Ifii.
dg4 TRE TR T
TncsciTéuiiEs : Ornements de Tbespebçaht : Pénéfrant; d'où
sculpture et d'architecture. Voyez iresptrcer , passer au travers,
Peintueb. Teestibe : Traiter. P^oy. en us,
Te£sib : Poussée d'herbe très- de les«
abondante ; ^d'où trésir , pousser
TJgoureusement.
Tbespabbet : Clair , transpairent ,
TEBSTEARBiEm : Sursauter , tres-
saillir.
diaphane.
Si com li yoirres tresparat*
Où li rais nVn passent par ens,
Qai par dedens ne par derriéi*e ,
N'a rieiis espés qui les reliére.
Roman de la^Rose^ ven 17057.
Teespas : Passage. F. Repas.
TBESPEEsé , trespenssé: Nesîgni*
lient pas avantageux j orgueilleux ,
présomptueux ; ils désignent un
nomme réfléchi, absorbé, entière-
ment livré à ses réflexions.
Un prêtre ayant fait des proposi-
tions déshonnétes à la dame Cons-
tant Duhamel , cette femme les
rejette et lui dit :
Certes mies vodroie morir ,
Que j''e'usse fait itel saut ,
Vostre sermon noi vous i vaut ,
Et vos deniers bien les gardez.
Que Dans Gonstans me trueve|assez ,
Qui moult doucement m^a norrie.
Et je feroie grant folie ,
Se je por bien mal li rendoîe.
A-tant le guerpist en la voie ,
Et il remest toz trespeiisez.
Moult fu dolenz et abosmez ,
Quant il ne la puet convertir
Quant je me gb ens en mon lit ,
Guidiez que souef me délit ,
Dont sui en paine et en efiroi j
Et dont me sui qu# je vous voi
Que ne poez touchier à moi :
Lors si m^effroi et si tressail ,
Treatranhle de joie et de travail ,
liors get le& mains que le vous bail
Et quant vos cuit prendre , si fail.
Fabliau de Piramus et luU ,
vers 5^'i»
TBEtus , iretuz j tretut : Tout en-
tièrement , sans réserve , en géné-
ral, sans exception.
puicunles vie pure
È honeste è séare ,
Désires amener ;
E le tien corage
En tretut tun aage
De vices garder.
Everard de Kirkam , Distiques de
Caton , fol, 207 /^o , col. 2.
Triblees : Trompette^ instrument
k vent.
Al houre qe vous orrez le sonn des
triblers , de frestei , de harpe , de bosi*
nés , et de psaltries , et de sympbans et
de symphonies et de totes manéres de
Fabliau de Constant Duhamel 9 musikes.
^'«^ 7^- Bible 7*« 7601 ; Daniel, chep. DI,
Tae8psî7sez , trespenssez : Absorbé "i^^rs 5.
par les réflexions, soucieux, in- Jn hora , quâ audieritis sonitum iuh»
quiet, triste, abattu. Trespenser, elfistulce, etcitharœ , sambucœ ,etpsal^
réfléchir, estre trespensez, remettre terii et sjrmphoniœ, et unit^rsi gemris
irespensez^ être absorbé dans les »»«*»<?«^*'»-
réflexions , avoir de l'inquiétude
Li Beis o'ï le mandement
E qu'il remcindra nient ;
Moult est dolent è trespensez,
Marie de France y Lai d'Eliduc ,
vers 627.
Trieclle : Truelle. On nommoit
ainsi les maçons du nom du pria-
cipal outil de leur métier. Voyez
EXPTILLÉS.
Si fut mis en terme d^, à diligence,
TRI
faire déblayer les matëriaulx tombes et
€.Vy asseoir deux ou trois trieulles. i544*
^eg: aux Consaux yfoL 34.
Triffure , trifoire , triphoire
( tailler à ) : Mettre en œuvre , mon-
ter le diamant, les perles 5 les
pierres précieuses , incruster.
Enmi la nef aveit un lit
Dunt il pecun é ii limun
Furent al overe Salemun ;
Taillié à or et à trifoire
De cifres et de blance ivoire.
Marie de France^ Lai de
Gugemer,
TArRB : Trinité ^ nombre de trois ;
trinus.
Moult a cy vertueux baptesme
Qui enta sanz huile et sanz cresme
Salut d^invocation trine.
Trésor de Jehan de Meung ,
vers 257.
Tbiovois : Sorte de carrefour di-
visé en trois routes ou branches»
Dame , fet-il , delez cel bois ,
Lez le chemin , par un trio'uoia ,
Upe vielz chapele i esteit ,
Ke meintefeiz grant bien me feit*
Marie de France , Lai de
Bisclayaretf v. 90.
TaiPLE, Trihle : La ville de Tripoli
de Syrie sur la côte de la Méditer-
rannée ; Tripolitain ^ habitant de
Tripoli.
Et, Sire , elle doit bien faire; car se je
demeure en la cite de Triple avec li^ ce
u^ert pas sans grans despens.
Joinville , Histoire de Saint»
Louis, p, 109.
TRiTjMpnAiiTBMBifT : D^uuc manière
triomphante. Accoustré triumpkan-
iement, ajusté avec des ornements
de triomphe.
Teives : Trêves. Voy* EscoHDitts
et Fàuie«
T R ^95
TaoïNE : Le troëue y espèce de bois
blanc.
TfiOMPET : Mesure pour le vin :
quatorze trompets formoient le lot
ou le pot de Douai.
Trokgee , troncher : Mettre en
pièces 9 couper par morceaux, rom-
pre , briser ; truncare.
Quant vrai religieux en son cloistre s'en-
fonce ,
Monde et mondaine vie par veu si de soi
troTèce y
Que s^il en i remaint le pois de demie
once ,
Sa vie est périlleuse , s'il ne la ret an
ponce.
Testament de Jehan de Meung ,
vers ^So.
TRON(i, tronchy tronche: Souche »
gros morceau de bois.
Trongq de FoviLON : Cuve dont se
servoient les foulons , avant Téta^
blissement des moulins à foulon
Voy. F0171N1E1.BT.
Taopoi 9 tropoy : Trop peu.
Assi s'acordent trestut li sage ,
E dient tut par un corage
Ki ke ceo seit k'issi le face ,
Ke utre due mesure trespasse
En trop ou tropoi beyvre oumangep.
Trop ou tropoy dormir ou veiller ,
Trop ou tropoi reposer ou mouver ,
Trop ou tropoy le ventre voider
En trop ou tropoy sanc lesser,
K'isi le fet ne puet eschaper.
Pierre de Kernon , Enseignemewz
d'Aristote y fol* 187 , /i^ col. a.
TiossER : Trousser , retrousser.
Trousse : Carquois à mettre de&
flèches.
Pas nV faillit: car par trop ardente ire
Hors de sa ti^yusse une sagette tire
De bois mortel, empenne de vengeance,,
Portant un fer for^é par desplaisance
Au feu ardeat do rigoureux refus.
Marot f Opuscules, />. q.
sg6 VBL
Tbvâcc 9 truaige : Droit de pas-
sage , droit d'entrée , affranchisse-
ment ; de tributuni.
Cest article aai est derrains ,
Si doit estre li prcincrains
En cuer d''omme et de femme saige ;
Car quant homs pense qa^il n^est riens
Fors pourreture et viez merrien »
Et qu^il lui estuet ce passaige
Passer et paier son tniaige ,
Et quHl aura au feur Templaige ^
Et trop plus de maulx que d« biens,
Cuer qui la fin de ce damaige
ITa pas tousjours devant i»on yisaige ,
Est presqu^ensevelis en fiens.
Le Trésor de Jehan de Mewig ,
vers 1327.
Tavbls (scymy): Degré de la-
drerie ou de lèpre. Fqx* Smmt.
Trueve : Rencontre , trouvaille.
He ! Dicx, dist-il • iceste trueve
"MVa. de mon sens si destomë.
U a cis canlans sejomë
Que fai icbi trovë pendant?
Tes novieles vois aprendant ,
Onques en tiere de Bretaingne
^e n'avint nule si estrainge.
Fabliau de la Longue Nuit y
vers 83o.
TfttJiWE : Truie, femelle du co-
chon.
28 d. pour dix-sept petits pourchelcs
amender et pour une truiwe.
Compte de Vhospital des Wez
de i35o.
TciTiou : Défense, soutien; tuitio.
U E V
ToMvLTUBft : Causer du trouble,
du scandale.
TriEÂV : Masse , chose lourde et
pesante.
TuEiiLHOH : Tourbillon de vent,
ouragan ; de turbo.
Rome ne sera pas desgateie par les gens,
mais par tempz, é spoudres et turUU
hotu.
Dialogues de Saint-Gri^ire,
Lii^. II y ch, i5.
Roma à Gentibtis non exterminateur j
iêd tempettaMuM , eoruseis et turbinibas.
TvTikiKS, tuiierres .'Tuteur;
tutor.
Uoncques quant tele partie estreqnise,
ele doit estre requise au seignear doa
soubz-aagié , et li sires doit fère tàOuns
au soubz-aagië et lui donner pooir de fére
la partie souffîsammentpar le serementde
de bones gens , et Gbii le tutierres doit
estre fez don plus prochain parent à
Tenfant.
Coustutnes de Beauîfoisis y ch. XVI ,
pag, 95.
Ttubearesse, tymbrerese: Femme
qui joue du tyzubre ou tambour de
banque.
A ssez î ot table terresses
Ilec entor, et tjrmberresses
Qui moult savoient bien joier ,
Et ne finoient de ruer
Lctjrmbre en haut, si recueilloient
Sor ung doi , c^onques vlï failloient.
Roman de la Rose , vers ^58.
U.
Ublunce : Oubli.
Et filz si jeo averoi dit al justes qe cil
vive vie et cil affiaunt en sa justisc avéra
fait eugressetee touz ses justices serrount
donez a ubliance^ et en la malveiseté qc
il avéra overée, en ceo morra-il.
Bible , N° 7601 , Ezéchiel , c, XXXni ,
vers* i3.
Etiam si dixero justo quod vica vivats
^t confisus in justitia sudjecerit iniquita-
tem : omnes justitiœ ejus oblivioni traden-
tur, et in iniquitatesuay quant operatus
est , in ipsa morietur.
UevAE : Œuvre; fabrique d'église
ou de chapelle; d''opera»
ULT
Elle donne à Vuet^re de S* Pierre de
Aile en Touneur Nostre Dame a le Trelle
o s.
Testament du mois d^avril 1275.
conception que je di
t en décembre Yuisme di ,
Ugekie : Menuiserie.
Je donne à Pabbaye de Sin une table à
|uatre pieds à^ugerie.
Testament du iZ mars 1669.
' UiSACE : Coutume, habitude,
usage, emploi; usas.
En la cambre ù ii Vesqnes dort ,
Qui encore ronchoit molt fort,
Com cil lu à plenté le large
Fist au soir d un fort vin uisage.
Fabliau de la Longue Nuit , v. 980.
UiSME : Le nombre huit, le hui-
tième; octo.
La
Est
Uuisme jor devers l'entrée
Doit la feste estre célébrée
Quel servise , âist-il, ferons
Quant nul servise n'en avons?
ILi Angles respont à FAbbé ,
Tout cil de sa Nativité
Qui est huit jors dedenz septembre.
Gel même dis en dccembrfB ;
Tout le service sanz muance
Fors seul le nom de sa naissance
Là où Nativitas dit-Pon ,
Illuec diras Conception ;
Conceptio illuec diras
Là où Ten dit Nativitas.
Bxfhert Wace , Estahlissement de
la feste de laConceptionj Mss.
it<» 20 ,fol. ^o, fonds de l'Es-
glise de Paris,
UissBT : Petite porte; à'ostium.
Quant H Dus vitclourre ï^uisset,
Tantost ii la voie se met ,
Tant que ie Chevalier ataint
Qui k soi roéiftmes se plaint
De la nuit , si comme il a dit
Qui trop lui a duré petit.
Fabliau de la ChasUlaine de Fergi^^
vers 477.
UtTRÀCE : Insulte, outrage )d'ii/-
tràagere.
USE 997
^i dampnez es k tort
(rardes que soies fort
E ferm en tun curage ;
Ne se esjoït Inngement
Ki par faus jugement
Yemt é par uitrage,
Everard de Kirkam , Distiques de
Caton y fol. 204 9 R^ col, 1 ,
TJmagb : Engagement que Ton pre-
noit envers son seigneur de le servir
en toute occasion et de le défendre
dans le cas où il seroit attaqué ;
formé d^homo et à'agere.
For son grant busuin le mandot ,
Ë suniuneit, è cuniurot.
Par Taliance qu^il. fi fist ,^
Quant il Vumage de li prist
Que s^en venist pur lui aider
Kar mut eu veit grant mester.
Marie de France , Lai d*Eliduc ,
vers 668.
Urohës : Jamais; unquam.
Al besuin est truved Pami é épruved.
Unches ne fud ami , qui al buising failli.
Pur cel di ne targez mes ma raison o'ïez:
Prel vus deP esciuter , é deU amender.
Philippe de Than, Livre des Créatures.
Uhbe : Eau , rivière , vague ; unda.
Mesure aies
De petit liez soies
Kar c'est mesure ^
Nef ki va sur unde
Kc gères ne est parfunde
Plus est séure.
Everardde Kirkam, Distiques de
Caton, fol, 2o3, R"* col. 2.
Uw PBTiT : Un peu ; un petit de
temps ^ un peu de temps, en peu de
temps.
Uht : Où, par où ; ubi. F> Ristei.
User : Faire usage, employer ^
se servir ordinairement ; à^usus.
En Saleme ai une parente
Riche feme , mut a grant rente;
Plus de trente ans i ad esté
L'art de pbisike ad tmt usé
5oo TER
Yebdb BrE : Rue écartée j éloi-
gnée. F'o^'cz Belleneva.
Yerdob : La verdure des champs;
d*ou verdoier, devenir verd ; vires-
cere.
Li cîex est rlers , li air» est purs ,
Adès s'en vai» H tons oscurs ;
L^eare ert et soef et série ,
La terre esmuet de mort à vie ,
L'herbe verdoie et la flor naît
Vie et verdor toz bois revaist.
Rom* de Parthoîiopex de Bîojrs ,
fol. 124» ^** *<>'• *•
Vebei, vero**^ verois, au féminin,
vereie ^ veroie, veroye : Vrai, sin-
cère véritable ; verus.
Yebgelle : Mesure de superficie
de soixante et quinze pieds de onze
pouces carrés, f^oyez Roie.
TEBGONDÉ,t;er^om^ez: Déshonoré^
couvert de honte ;^ verecundus,
Cointement celez
Ke ne soit vergondez
Le fet tun cumpaignim ^
Ke plusurs par toi
Blâment en droit soi
Ses méfiez en commun.
Everard de Kirkam , Distiques de
Caton ,fol. ao3 , R^ col. 2.
Vergue, verge : Anneau^ bague,
boucles d^oreilles faites en anneau ,
mais sans pendants.
Et met à ses deus oreille tes
Deus verges d'or pendans grêle tes.
Roman de la Rose ,v. 21 234»
Elle donne h. maistre Jehan de Paris,
dianoine de St. -Ame , son nepycu , un
Laoap d'argent à piet doré.
Item , à Dame Mourëe de Perin, reli-
|[ieuse à Flines , une vergue d^or.
Testamens du ni décembre 147 3,
Vebgve, verghe: Baguette pliante,
osier. P^oj. Ressoleb.
Vebisiviutude : Vraisemblance.
«.ER
VÉBiTELMEfiT : Véritablement ,
vraiment, parfaitement; verisimi-
Hier.
Et sachiés bien vcn'telment
Qu'ele ploroit profondément ;
Nus, tant fust durs, ne la ve'ist,
A oui grant pitié' n'en préist.
Roman de la Rose , v. 3a3.
VEBMiifETE : Petits vers, petits in-
sectes.
VEBiTACVtus : Esclave né dans la
maison de son maître.
Et Abram enoyta sa parole : Ta de-
certes ne moy as donnée semoil et th
vemaculus ert monn heir.
BibUf n* 7601; Genèse y ch, XV, v. 3.
Addiditque Ahrant : 3fihi autem nw
dedisti semen ; et ecce vemaculasjnfltfi
hœres meus erit.
VEBSBiLtnoi : Lire des psaumes.
Celé a sun coumandement,
En une autre chambre s^en fet ;
En sa main portoit un sautier»
Où ele voleit verseillier,
Marie de France , Lai d'Ywence,
v.6^.
Vbbtu : Courage , force physique
et morale. F'irtus d'oïl vertuus,îoii)
vaillant, courageux. ^o^.LETUJAiit
Amis , fet-ele , jeo sai bien
Que ne me porteriez pur rien )
I^^estes mie si vertuus
Si jo m^envois ensemble od vos]
Mi pères avereit è doel , è ire ,
Ne vivereit mie sanz martire ;
Certes , tant Taiin et si fais chier
Jeo neP vodreie curucier.
Marie de France y Lai des Dtiti
Amanz , 'v, 85.
Vebtcgalle : Espèce de gros bour-
let destiné à se grossir le derrière,
et que par cette raison on appeloit
aussi cuL Ce bourlet avoit été in-
yenté par les courtisanes pour ca-
cher leurs grossesses. J^oy. la S<U)'^
Ménippée, tom. Il, p. 35i.
VIE. VIE »bl
Verv : Vue de lieu ^ descente de loîent du vîôlon et non de la vièle
lieu. Voyez Ekssi. qu'ils appeioient rôle. Les citai ions
Vesié : Fin , rusé , adroit ; ver- suivantes ne laisseront aucun doute
^nlus^ à cet égard. Au surplus, le violon
«r ' TT uMi A.* étoit monté à trois, quatre, cinq et
Vesteb : HabiUer , vêtir, orner, ^j^ ^^^^^^ '^ ' ^
•^^ ' . ' . J'alaî o li el praëlet
Jk de 81 que revenu seie O tofe la vièle et l'archet ,
N'avérai joie de rien que veie ; Si li ^j chanté le muset.
Kar ne voil ma feie trespasser , « • • j -*^ i . «.r
A-tant le lest la Dame vesUr, Poésies de Colin Muset.
Marie de France , Lai d'Elidi^c , JA uns tient une vièle, Tarçon fu de saphir
1/. 744* ^^ ^ autre une harpe , moult fu bone à
YlÂULRE, viaure : Côte de laine^ ' Roman d* Alexandre.
toison.
Jehan de Potes , fermier des tônlieux ^^^^ ^f.« ™^''^^!f ^ ^^. ^^ ^}^^^, »
dcubz sur les laines vendues par gens de P^^ Gautier de Comci , liv. Il ,
forainetnon bourgeois, fait ad)oameF.... ch. XIV, Ms., fonds de l'église de
pour eslre payé du tonlieu de Zioo yiaul- Paris, Ms. n* 20, fol. l66, R' Col. 1.
res de laine venaui de Bapahne...... est i\ en est un intitulé : Du cierge que
ordonne guil payera pour îi88o viaulres j^ostre-Dame de Rochemadour en^
de lame, a raison d'un demer par viau/re, "^ , , a •*^*'*'"'^"''«*«**'**' *''*
ainsi qu'est dit où tonlieu. ^oia sur la VIELE au ménestrel qui,
Extrait des Sentences , '^^^^^^ ^^ chantoit devant surnage,
du u.% octobre i^^. Ce mencstrier nommé Pierre de
- . « ^ ., t.*rû • Sygelart , ne passoit jamais devant
•7o3 viauresi dont il y en a 558 viaures, „„^ :«.««« aJ^i^ v->-J1« «« - r««
»î l daT«iUgi un vàun, sur le cent , "«>« image de la Viarge sans y faire
ainsi demeure de reste 552 viaures , au ^oe prière et Sans Ciiauter. Un
feur de 9 s. le piéche , et le sourplus qui jour :
porte à viJ"v viaures à A sAe pièohe* ^ , .
aa novembre 1447. Quant s'oroison a dite et faite ,
« . T t •^ . . . Sa vièle a dou fuerre traite ;
Registre , Jehan Grégoire, notaire L'arçon as cordes fait sentir
et sergent a verghe , fol. 7 , ^o. ^^^ ^.^^ ^ retentir ;
Vu.x , viel : Veau, ,W bœuf, ft^lbllntrur^
genisse ; vUulus, Voy. Heus.
a5s.payésàJehan(leMachelier)pour La vignette placée en tète du
tuer vingt-trois pourchiaux et deux viaus miracle représente le menestrier
qui ont esté despensé et frayet oudit hos- tenant son violon de la main gau«
pital , sont cascun la d. parmi les deux che et poussant l'archet de la main
^"""- droite.
Compte de Vhospiud de» Wez ,
de i35o. ViEVOTEiBA : Fripier.
Vie: Tète, personne, individu; .Ay •q'J«tre personnes pour exercer
j_..^i7m« 1 omce de la prisene , un vie^orner, bb
de vUa. Voy. MEKAWIBâ. caudrelier, un orfebv^ et une femmk!^
V1EILOTTB : Femme âgée. ï^ ?***^ PO"^ leur prîserie d«ux deniers de
.,,,.. . le livre, et des enfans menre-d'ans , demi
ViELE : J'avois annoncé que tous pri^çn^. ^^
cette démomioatioD, nos pères par- Registre «u^ Droitures ,/>/. 3S.
Sol TIN
ViGHB&ON y vingneron : Jardinier
ayant des vignes dans son jardin ,
dont il faisoit du vin qu*ii vendoil en
gros et en détail ; d*où vient que dans
plusieurs provinces, on appeloit la
cloche de la retraite bourgeoise que
Ton sonnoit à dix heures du soir,
cloche de vigneron ; elle avertissoit
qu*il étoit temps de sortir de ches
le vigneron , comme elle avertit au-
jourd'hui dans les villes de guerre
qu*il est temps de sortir du cabaret*
'Wiilaume Warin , vingneron , et Marie
Hobart sa femme , recogooissent devoir à
Nicaise Delecroîii , George Harpin , Jehan
Muret et GUles Muret, fermiers de l'assis
da vin de gardio de ces te année présente,
la somme de cinquante livres, monnoye
de Flandre , de reste de plus grande
somme pour racat de assis dudit vin de
gardin. Du 28 mai i454*
Beg, aux Contrats et obligations ^
JoL 68 , y-.
Inscription qui se trouve sur la
cloche du vigneron 9 à Douai.
Je suis nommé le JVigneron
Faict avec cinq du carillon
Blanpain fondoit ceste
En juin 1667.
ViGiHEVEStJs : Fort , robuste , vi-
goureux.
ViLENÀiLLE : Canaille , gens de
basse extraction ; de villanus.
Mes posons , ce qui ue puet estre ,
Que g^en face aucun gentil nestre,
Et que des autres ne me chaille,
QuM vont apelant vilenaille.
Roman de la Rose, v, 18990.
Visage r vinaige : Voisinage 9
proximité ; vicinia, vicinitas.
Car je tieng d'aus entièrement
Amour et vinagc ensement,
Dont j à départir ne cuidoie....
Salués moi sans nui séjour
De vo vinage le mellour.
Li Congié Baude Fastoul d^Jlras ,
VIT
Si hourgeois ne boargeoise « a paitii
terre ly ung envers Paultre que \y ca^
Dentier de le ville , le partisse bien et
loiaulment par le tesmoienages despreud.
hommes del\ vinage qui en sachent et si
soit aveucq ly justice, et quand ce est
faict , ly carpentjers ne prendent de cha-
cun que demy septier de ^in et sonr le
fourfait de 100 s.
Registre aux Bans et Édiu ,
Viow ( ki) : Qui veut.
Ki vîolt venir manoir au pooir de le
ville de Vi et d'Escaupons , doit 12 d. an
Seigneur d^entfée : pour en sortinad.
issue.
Loy d'Escaupont du mois d^octemke
ia38.
V1NGE8TAE : La ville de Winches-
ter dans la Grande-Bretagne.
Et dist , Sire desloiaas Prestres,
liiiex vous amasse à Vincestre ,
U el foas de la Rouge-Mer.
Fabliau de la Longue Nuit,
V. 930.
ViBETO» : Flèche légère qui se
lançoit fort loin ; verutum.
En ce dit temps il y eut deux souldars,
gui mirent sus guidons et estandars,
n esmouvant une folle querelle
Alors Discorde empoigna lance et dars,
Les pourvoyant de picques aussi de arcs ,
Dont fit prësens à gens pareilz à elle ;
Ainsi se esmuet guerre non trop cruelle ,
Car se n'esioit que pour ung uii-eton,
Maint est bâta de son propre baston.
Mère Sou, ^.m,iîo.
Vis, au féminin 9 *vise : Vieux,
ancien ; velus.
Vente d'*unlieu et placbe en lequel avoit
nagaire une vise grange où est édéffîé de
n04ivel une maison . 3i aoast 14^9.
YisROT, lisez vis-Roy : Vice-Ror.
ViviFiCATEca : Qui donne la vie;
vivéficator. Au figuré, le Père-Éter-
neL
. VOL
Car àe vice vous estes destrueteur ,
El de vertus Tentier restaurateur ,
Tant qu'une ame , pis que morte on l'a-
dresse ,
Vous guarissez. O Pacificateur ^
Voyez un peu Pestât ou est Aion cœur
Aride , sec, sans grâce, ne sans gresse.
La Marguerite des Marguerites ,
- Oraison à J^-C^ ^p. 13^.
1
YoBiiLAKT : Voulant 5 désirant ;
actif, vigilant.
VoiEE : Mener , conduire , diri-
ger ; viare,
VoreaiER , voirereur , voirier :
Vitrier, peintre de verre , verrier ;
wtrarius.
A Gisle Dams, voierier, pour avoir
réparé les verrières , vingt-six gros.
Compte de Vhospital de Nostre-Dame
des Sept'Vouleurs y 1647*
A Gille Dansse, voirçreur^ pour les
parties de verrières par lui faites , 70 liv.
I sol.
Compte de Vhospital de Chartriers ,
ae i6a5.
A Charles Merlin , voirier , pour avoir
faict et levé une verrière de peincture ,
en la chappelle dudit hospital , payé 7 1.
10 s.
Même compte , de 1620.
VoiNB : Veine ; vena. ,
N*y ot emplastre , ne ciroine ,
Ne n'y at nerfs, ne os, ne voùie
A estendre n'a estrener.
Drésor de Jehan de Meung, v, 335.
VoLDAB : Tourner, faire tourner^
rouler, tourner en rond;voli^ere,
*volutare.
Voler: Volonté, vouloir, projet,
dessein.
A la Pucelc ira parler
E tuf mun afere mustrer \
•Ele me dira sun voler
£ \oV ferai a mun poer.
Marie de France , Xai d'Élidue ,
V. i5i7.
V R 5o3
Volet : Flèche, dard, javelot,
trait d*arbalète; de volatilis. Vola-
tileferrum, ruban de fil ou de soie.
Le mot volet, fermeture de cloisée
vient de valvula,
VoLGHAiREMENT : Ordinairement.
Voyez PocQTJEs.
VoLiLLE : Volaille ; de volatilis.
Qu^il ne soit anlcuns poulletiers , boul-
lengniers , cabareteur , noslelain, coche"
riaulx , revendeurs qui acaMent et ne
fâchent aquater en le rue de BcUaiii à le
Croix as poulies ne ailleurs , aucuns pi-
geons ne volille quelque elle soit que le
noure de prime ne soit sonnéa à St. Ame
ou St. Pierre , sour 10 liv.
Ordonnance sur le fait de VEsward
du yenel , xiv * siècle.
VoBiiTE : Médecine, vomitif.
Une fille ot de bel cors gent ,
Qui molt estoit mignote et bêle :
Ne voloit oïr la Pucele.
De f..... parler à nul fuer,
Qu^elle nVn ëust mal au cuer,
Com s^el éustt;omiCe prise.
Fabliau de la Pucele qui ahei^ra la
Polain, vers 17.
VoRB : Allée , passage.
Et fut devisé expressément que ladite
vore se feroit au deseure de la rivière de
trois à quatre pie's de largue , et à durer
ledicte vore , tant que ladite Oemiselle
sera vivans. 10 mars i435.
Sur le contenu desquelles Lettres , a
esté accordé pour honneur, en faveur
et amour de Monseigneur le comte ( de
Ligny ) , que ladite alée demeure en Pes-
tât qu'elle est au présent, non-obstant
2ue quand ledit alée fu accordée, ledit
moul se compris de le faire démolir et
abattre prestement que leditedemiselle...
seroit terminée vie par trespas Ainsi
accordé par le conseil, le 11 janvier i436.
Grand Registre de l'html de vilL de,
Douai , coté N, fJÊ^ , ^•.
VoRM, vorme : Petit, p^u , en
moindre quantité.
So4 WAa
VoTU : Fait en voûte, arqué.
Après tous ceos se tint Francliise ,
Qui ne fn hrune ne bise ,
Ainft erc bUnclie comme nois 9
Et si n'ot pas nës d^orlciiois ,
Ainrois Tavoit loue et traitis ,
\e\ \airs rians , sorcis votis :
SVt lct> cbevous et blons , et Ions ,
£t fu simple comme un coulons.
Jtom, de la Rose , vers iao9.
YouGBiEm : Rendre; expectorer ^
cracher, saliver.
Je ne sai se ce fu nature,
Prist mal au cuei a Tescuiruel,
Si cooMpeuce à plorer de duel }
Et puit après a escopi ,
Et a vouchié et a vomi :
Tant a vouchié Je fol , le glout ,
Que celai senti le dégoût
Aval ses liages dégoûter.
Fabliau de VEseuml^
V, 186 et 187.
Tovmift : Outrager , rouler, re-
tourner ; voWere,
Toutes Yous os ter ai ces tmflei*,
Qu^el Yoos donnent occasion
De faire fomicacion.
Se ne tous irez plus monstrer
For TOUS faire as ribaua vouttrtr.
Roman, do la Rose versf g35L
sou
W
Waac^er , waigner : Gagner ,
profiter, f^oy. Pechiet et Retailler.
Wàghe : Mesure de charbon de
terre pesant cent quarante -quatre
livres, poids de marc.
Waike : Gaîne , enveloppe ; de
vaglna. Yoy. Afaitie et Ameure.
Walois : Gallois , qui est du pays
de Galles.
Wandes^ wandlcj ^vandele, wan-
dres , M'oudres , wuandes ^ ^viutn-
dons : Vandale , nom d'une peu-
plade d'Allemagne. Au figurée pil-
lard, voleur, barbare, prussien,
anglois , etc.
"Wans : Gain , profit , remise. F^oy.
Amasueb.
yrARANT : Garant, caution. D^où
tivaranlie , garantie , protection ;
Avarantir^ garantir, préserver, pro-
téger.
yn'itiks : Fèves et vesces semées
et recoltédi ensemble , fourrage
téd|
qui en pfVfient.
"Wardage : Action de garder, de
|)rendre soin. Vo^ez Ntage*
Warder : Observer, garder. Vo^
RlSSON.
'Warrmakchb : La gérance, herbe
pour la teinture. Voy. KAHEium.
Wari : Garanti y exempt , dé*
chargé.
Vente de la moitié d'une maison....
pour cent deux escus d'or soleil du coiog
et forge de France , francs deniers et
w«m, tant en droicts seîgneuriaulx, a-
cus et boute hors comme aultrement. 18
février iStiS.
Registre aux miaules des AcUtt
^ JoLg5,f>.
Waria : Guérir, présarver.
A CoUart Acart , barbier , pour une
G«roye de drap pour Hauette, la sotte,
pour warir de la vennine , payé a s.
Compte de Vhospital Sv-JAui
des Trouvés , de iz|6o.
Warisseni (qui se) : Qui s^entre-
tiennent, qui pourvoyent à leurs
besoins. Foy'. Êspijsoir.
WARirEMENT , womesture : Orne-
ment, garniture, provision, amas.
O Alisandre prenez en cure
K asez eiez de waniesturs
De blé ^ d d'antre chose profitable } pieux» les échalas. Voyez Rste-
Ke ktooe seit é a geat mangàble NlK<!ftE<.
Ke suffire BuasenteBTOsti^i terre. .. •• » .v
z>«.^\i^#r^^^^ ir^^.>»>»iu»M^ Weue : Guerre, action de battre
éFArisum ,foL <8a., #^« coZ. a. et de combattre, /^ojez Morteus.
Hem domne à Hanette de Bcaumont le 1^*»P : tford d'une rivière; teu-
^iliear wairHément qu^eDe ara att jour de ton qui s'est conservé dans le nom!
on trespas. flamand de la ville d'Anvers ant
Testament du i5 jant^ ter i^i^. werpen : ant , contre , proche, et
Waste : Inculte, en friche; "T^P^ ^^f.^' P"*^^^^ ^^ ^«.'^^' ^^e»-
„.,,,. . ,., . du , en latm par a/ii -vverpi^.
Rogiers de Yi , reconnoit qu'il ne puet, ^ '
^éffiitêe eA fief..-- H* «e^ f uet le Wie (▼oie) querqueuts deSdîts feisseaus^ , ont 6 d. de
U le grMige enoombrCT. Noreiàbre r^S^ le oarée , c'est deux grotf du cent.
Cart. de St. Arnaud , ditXf^r RegUtreauxDroieiurés de i56îrf
Albus ,fol. i4o. « i566,/o/. 27.
WASTKtfa, waitdttz: t^efîts gâ- Wérpïh : Donner, céder, traiw-.
:eaux. Voy. ADHEifrAE et CuiciïOfcEs. porter, (faitte^, abandonner.
'WikfTELlEA : Pâtissier, marchand O» fait le ban que nus soit si hardis
de râteaux. ^<Mi ne feme en tote ceste ville ki wer^
^ ' ^ 4 «4 •• pisse Ikiretage ki soit dedens le pooir de
\VASlAEIIO«STlEli : L âbDàye de ceste vile , se il ne le werjfist en pLiino
WestminsCer à Londres. haàSko devant les Eschievins , et ki onkes
WabfWI (fera): GauflMéf. For. ^^Piroh hiretoge eu autre manière, ii
^ „ caroit en forint de 5o livres et seroit
AiTBiBH. Ijanis de le vile. Ce fu fait en l'an 124^,
*W£DDES : Le pastel, herbe pour la huict jour en feverier.
teinture en bleu. Foyez Kanebvise. it»«-. aux Bans et ÉdUs ,fol. 16.
WÉDENGE- , Mndenge : Sortie. Wbepissemeht : Abandon , cession.
19 iuilJet i58a. Oh refuse aux pères et \u>^„ ...^v a*^-^».,^:* ry
quatre hommes de. marchand, de graii» . ^^ ' "^^ ' Abreuvoir. Ployez
la wédenge des grains , savoir : soiUe et ^ACHIMAGE.
ftcourjon pour le double que Ton a de des- WÉTi«tt : Actîott dfe VOir, cFe re-
poiuUer les despouilies de l'aoust pro- gj^^r,- de surveiller. Foy. Ntage.
cham a cause de la guerre , ils prendront 0~*^^* ^ "^ xT^«it» . r vj, l^ lAut.
patience. WtfiVÈ : Celut cjtd regdt*de , sûr-
Regi9treau:ùCo7uaux,Jol. 16, feiUaikt , factionnaire. FofezUiÉ-^
yf ta : Veuve; vidua: ioiRW.
Elle donne as weis del hospital de Dcu- ^^« ' ^^*^ clieniîn ; via. VoyiyÀ
yeul /^o s. , as oovreà beghines de le Wastb.
maison Angniès de Corbie 20 s. , as po- ^ r-n .p^t sîHifi 'F Mminw
vrcs clers de Douay qui à Paris vont à WW . Wt y est SltUe. ^. JUCaotr.
«schole , 20 s. "Wis : Yaocant. Fay* Ajuasuex.
Testament du mois d*aoust 1273. -^^^^^^ . n«fesîei*; OStOriUs.
"Webek : Outil pour enfoncer les Pou à Tehan de Wailly,w««crd'armcjL
m.
r.
So5
YS A
»
TVE
da Roi no&tre Sire , de ccize maisons et M. le baron de R^^seapliieB de-
cûnq gardins , tout d^un membre, lëans mande qa^on mètre , en ceste ^ille , an*
«nLannoy. compagnie de gens de cbeyauz.... pen-
Chirographe du 3o janvier i4i3. ^*».* ^^^ ^ ^^ d'AUenchon sera à Cam-
brai , pour empescher. es pilleries et
"WoASTAT, wouastai : Dégât, dé- wouastats. 29 juin iSSa.
vastatloD ; vastatio. RegUtre aux Comaux^foL la, F*-
Y.
Yaulx : Eux ; ////.
YcHBULX, y'chieulz ,ychils : €eux.
'TcBiL : Celui-ci , celui-1^.
Ydefficb : Édifice 9 monument ,
bâtiment ; œdificium^
hem donne k Jeliannet Senellart son
fils , la maison, gardin et li^ritage et tous
les jrdeffices situes à Ostricourt.
Testament du \** mart i5o3.
YGA.LER : Égaliser 9 égal , rendre
pareil , semblable, f^oj^. Cakhée.
Ymàgete : Petit tableau , ' petite
miniature 9 petite image 9 petite fi-
gure ; à'' imago.
Cil dui pîlers d^i^ire etoient ,
Moult gent , et d^argent sostenoicnt
Une ymagete en leu de chasse ,
Qui n^iert trop haute ne trop basse ,
Trop grosse , trop gresle non pas ,
Mes toute taillie à compas ,
De bras , dVspaules et de mains ,
Qtt^il n^i failloit ne plus ne mains.
Roman de la Rose, v.^àiooi,
Ysancrik 9 ysengrin : Nom que
les auteurs du moyen à^e ayoîent
donné au loup. Dans le Roman
du Renard, et dans celui du Nou-
veau Renard 9 par Jac()uemar Gic-
lée 9 les principaux acteurs sont :
Ysangrin , le loup ; Bernard l'ar^
chiprestre , ou Varchiprestre Ti^
mers , Tâne ; Belin , le mouton ;
ffcr^ent, la louve ; Thibers, le cbat ;
Messire Noble, le lion ; Ferpil,
renard ; Brûlant, le taureau; Bière
et Masquelée, la vacbe ; Grùnbers,
le blaireau ; Somilleux , le loir;
Agaxxy la pie; Vanemers , le pour-
ceau.
En leur monstier ne font pas fère
Sitost Tyiuaige nostre Dame
Com font Ysangrin et se famé.
En leur cliand)re , et de Renart.
Fie des Pères.
Qui de la toison Dant Belin,
En leu de mantel sebeL'n ,
Sire I^a/j^m afableroit,
Li Leu qui Mouton sembieroit,
S^il o les Brebis demorast ,
Cuidiës-vous qu^il nes^ dëvorasf?
Roman de la Rose, v, iii63.
YsNEL : Vif 9 prompt 9 actif, léger,
agile ; ignitus. L^auteur parlant d»
Marthe.
Car jusqu^au cuer fu entamée.
Et SI ardamment enflamee
Que tousjours ardoît Festincelle;
Par quoy elle fu visitée ,
Et de Dieu premiers conforte'e ,
Car charité est tropjrsnelle.
Le TrJsor de Jehan deMeutigy
v. loao.
YvEEN 9 ivern : L'hiver ^ la froidt
saison.
K'ar d'iVen* orc prenez cure ,
Eant om seit k^avendra grant freidura,
La gent devant mieux se purverrunt
Da dras, da biyche, dunt mester ont.
PRO
Et pur çeo quant yt^eni Tendra ,
Pas trop ne lur grèvera ;
Et pur la cbaline ausi d^eaté ,
Par freide yiandes k'ont porcluLGéy
PAO
E par fireit espèces eschapemnt
Les fervurs Ven est^ serrant.
5o7
Pierre de F'emon , Enseignement^
d'Aristote^foL i86 , R\ col. ai.
Z.
ZlSBaOlf : Ceinture. g^nt avec an pendant de clef d*argent
A ma cousine Marie Magdelaînc de Tutament du a6 teptemBn 1662.
Couronnel , femme à M. Poucques Je
jiidoBne mon M«erti*«u ceintare à^u> ZlUBUX : Zélé 5 Ompresié*
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